Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont issus du jeu Amour Sucré créé par ChinoMiko. Seule Hisae Amari et quelques autres sont issus de mon imagination.
Rating : T
Bonne lecture !
Esilia
Chapitre III
Le lundi suite à cette soirée catastrophique et l'appel déstabilisant de mon frère, je n'étais pas au mieux de ma forme. J'avais cogité tout le week-end en repensant à tous ces derniers évènements. D'après mon frère je devrais plus m'ouvrir aux autres. C'était plus facile à dire qu'à faire, surtout après avoir si magnifiquement ruiné mes chances de m'intégrer dans le groupe d'amis de Rosalya. Il me restait toujours Nathaniel et Rosalya sans ses amis. Je pouvais peut-être aussi tenter une approche vers cette fille... Melody je crois. Je préférais éviter Ambre et compagnie autant que possible, je n'étais pas encore aussi désespérée, même si Charlotte avait l'air d'une fille bien sous ses airs supérieurs.
La journée se déroula dans un climat tendu. La rumeur comme quoi j'avais définitivement un problème avait dû se répandre comme une traînée de poudre dans le lycée. Le dernier cours arriva, c'était Maths. J'allais retrouver Rosalya si elle voulait encore me sociabiliser, et j'avais bon espoir qu'elle ne lâche pas sa proie comme ça. Elle avait l'air du genre coriace comme fille. Et j'ai eu raison, lorsqu'elle est entrée dans la salle elle n'a pas hésité une seule seconde et s'est dirigée vers moi, malgré les protestations de Castiel qui ne voulait pas qu'elle traine avec « quelqu'un comme moi qui était une vraie saloperie ». Charmant. En entendant ces paroles je me suis retournée vers lui en lui lançant un de mes regards les plus noirs. Il ne s'y attendait certainement pas et me lança un faible « Qu'est-ce que t'as toi ? » avant de s'asseoir à côté de Lysandre malgré les jérémiades du prof.
Rosalya me regarda avec un air suspicieux, mais elle ne dit rien de plus. Je ne savais pas comment engager la conversation, surtout après ce qu'il s'était passé vendredi soir. Elle voyait bien que j'essayais de me lancer mais à chaque fois je m'arrêtais avant de prononcer le moindre mot. Pour passer ma frustration d'être aussi impuissante je regardais dehors. J'étais tellement absorbée par mes problèmes et mon manque de confiance en moi que je n'avais pas remarqué que le prof me posait une question et surtout qu'il l'avait déjà répétée quatre fois. Je ne me suis seulement aperçue de sa présence une fois qu'il s'était placé à côté de moi et me demandait si j'étais encore parmi eux. La façon dont je l'ai envoyé balader n'a pas dû lui plaire et c'est ainsi que je me suis retrouvée dehors, sous les rires de pintade d'Ambre et Li. C'était un mal pour un bien, vu la façon pitoyable dont je me comportais auprès de Rosalya.
En passant devant le bureau de la directrice j'ai évidemment eu droit à ma deuxième engueulade de la journée.
- Mademoiselle Amari. Puis-je savoir ce que vous faîtes hors de votre salle de classe ? Demanda la directrice avec une petite voix aigüe insupportable.
- Je fais un tennis, ça ne se voit pas ? Lançais-je sarcastique. J'en avais marre, je voulais seulement rentrer chez moi et me vider la tête de tous mes questionnements incessants.
- Non, ça ne se voit pas. Me répondit-elle sans le moindre sens de l'humour. Mais en revanche, je vous verrais certainement mercredi après-midi nettoyer les couloirs du lycée accompagnée d'un de vos camarades également en retenue pendant cette période. Vous allez vous entendre à merveille, j'en suis sûre.
- Le rêve de toute ma vie. J'en trépigne d'impatience.
- Continuez comme ça mademoiselle, et nous aurons également le plaisir de voir revoir samedi matin.
Je préférais ne rien rajouter et partis du lycée en direction du parc. J'avais besoin de me ressourcer un peu avec mon groupe préféré sur les oreilles. Arrivée sur place je consultais mes deux portables. Rien pour celui sur lequel j'avais reçu l'appel de mon frère. Par contre j'avais déjà trois messages en attente sur celui que j'utilisais au lycée. Je savais déjà qui était l'expéditeur. Il n'y avait que Rosalya qui avait mon numéro suite au texto que j'avais dû lui envoyer vendredi dernier.
17h15 : Hisae, ça va ? Tu n'avais pas l'air dans ton assiette en cours. Allez réponds-moi pour une fois.
C'est vrai que ça faisait déjà trois messages qu'elle m'avait envoyés et qui étaient restés sans réponse de ma part.
17h32 : Tu voulais me dire quelque chose pendant le cours pas vrai ? J'ai essayé de ne pas parler pour que tu arrives à me le dire, mais le prof ne t'en a pas laisser le temps. Tu sais que tu peux me raconter ce qui va pas hein ?
17h39 : Bon, ce soir je viens chez toi ça sera plus simple. Tiens-toi prête, j'ai les moyens de te faire parler !
Son dernier message m'a fait sourire. Elle ne me laisserait jamais tranquille.
En entrant dans mon appartement je recevais un nouveau message de Rosalya.
18h01 : J'arrive !
Quoi, déjà ?! C'est le soir pour elle 18h ?! Elle devait être dévorée de curiosité et devait avoir une envie monstrueuse de me tirer les vers du nez pour venir aussi tôt. J'avais à peine eu le temps de remettre un peu d'ordre dans mon appartement quand elle sonna à l'interphone. Quelques instants plus tard elle était chez moi.
- Waouh ! S'extasia-t-elle avec les yeux grands ouverts. Qu'est-ce que c'est grand chez toi ! Et c'est joli ! Ahh, j'adore la vue ! Moi j'habite de l'autre côté du parc alors ça fait bizarre de le voir comme ça. Et j'adore la super grande baie vitrée, et la pièce de vie qui regroupe la cuisine et le salon comme un loft ! Et...
Elle continua comme ça encore quelques instants. Je ne l'écoutais plus que d'une oreille, et m'installais confortablement dans mon canapé en posant mes portables sur la table basse. Une fois qu'elle avait épuisé le sujet de monologue qu'était l'appartement, elle s'installa à côté de moi.
- Tiens, t'as deux portables toi ? Comment ça se fait ? Dit-elle en tendant le bras vers mes téléphones.
D'un geste vif je me saisis de mon deuxième portable laissant celui du lycée sur la table. Je me suis levée et me suis dirigée à grand pas vers ma chambre pour le déposer en lieu sûr avant de revenir sur le canapé devant les yeux grands ouverts d'étonnement de Rosalya. Bien sûr qu'elle ne comprenait pas pourquoi j'avais réagi ainsi.
- Je suis désolée. J'ai l'habitude de faire comme chez moi. Pardonne-moi, je n'aurais pas dû.
- Non, c'est pas grave.
- Bon, si tu le dis... Changement de sujet ! Qu'est-ce que tu voulais me dire en cours ?
Elle ne perdait pas le nord, ça c'était sûr.
- Je... Tu veux boire quelque chose ?
J'essayais de gagner du temps comme je pouvais.
- Non merci. Allez dis-moi, de toute façon tu n'y couperas pas. Affirma-t-elle bien sûre d'elle.
Je poussais un soupir, pris une grande inspiration et... soupirai de nouveau. Je n'arrivais pas à démarrer.
- Allez, je t'aide, me proposa-t-elle. C'est à propos de quoi ? Du lycée, de cet imbécile de Castiel, de cette cruche d'Ambre, de moi, de toi, de...
- Oui.
- Euh... Oui à quoi ?
- De toi et moi. Je suis désolée.
- ... De quoi au juste ?
Elle en faisait exprès je le savais. Elle allait me faire avouer tous mes états d'âme, jusqu'au dernier.
- Je suis désolée d'avoir été aussi froide et distante vendredi soir. Je suis désolée d'être aussi renfermée. Je suis désolée d'avoir rejeté tes amis comme ça l'autre jour, de décliner toutes tes propositions pour que je mange avec toi, de ne jamais répondre à tes sms, d'avoir été aussi méprisante envers les autres, de ne jamais parler de moi, de vivre seule, de passer mon temps au parc à écouter de la musique, de parler à Nathaniel, de pas aimer Ambre, de...
- STOP ! Arrête ! Je suis d'accord sur les premiers trucs mais sur la fin tu commençais à dérailler un peu non ?Railla-t-elle gentiment.
- Oui. Confirmais-je en riais nerveusement.
- Je t'ai jamais autant entendue parler, ça m'a fait un choc. Je suis sérieuse.
- Désolée.
- Arrête de t'excuser. Je te demande pas de changer du jour au lendemain, mais laisse-moi t'approcher un peu. Arrête simplement de faire ton chat sauvage à griffer et mordre tout ce qui bouge autour de toi. Arrête de...
- D'accord. La coupais-je en plein élan.
Elle me lança un regard étonné. Elle devait se dire que le combat allait être plus dur pour me faire sortir de ma bulle, mais elle ne savait pas que mon frère était déjà passé par là et m'avait arraché la promesse de m'ouvrir aux autres.
- Bon, alors on va battre le fer tant qu'il est chaud.
Ça ne sentait pas bon. J'appréhendais ce qui suivrait cette phrase.
- On va faire une nouvelle soirée avec la nouvelle Hisae.
Je confirme, je n'aimais pas du tout ce qui suivait.
- Rosalya... Tu es sûre que c'est une bonne idée ? Je veux dire par là que je ne leur ai pas laissé une super impression, surtout à Castiel. D'ailleurs tu as bien entendu ce qu'il disait de moi tout à l'heure.
- Justement ! On ne va pas les laisser avec cette fausse impression sur toi.
- Mais Rosalya... Tentais-je en oubliant à qui j'avais à faire.
- Il n'y a pas de « Mais Rosalya » qui tienne ! Demain soir, il y a une soirée de prévue chez moi, tu viendras. Les autres ne seront pas au courant et quand tu arriveras ils ne pourront pas se défiler, et là tu dévoileras ta véritable personnalité. Ou du moins un bout, parce que je me doute bien que tu ne vas pas changer aussi radicalement de comportement et de personnalité en seulement deux jours.
- Mais...
- J'ai dit pas de mais ! Déclara-t-elle d'un ton qui n'admettait aucune réplique.
La fin de soirée se déroula calmement. Je lui ai raconté mon entrevue avec la directrice dans le couloir pendant qu'elle riait en imaginant la tête de celle-ci.
Le lendemain se passa dans la même ambiance que la veille. Tendue. J'entendais régulièrement des commentaires sur mon passage, la plupart provenant d'élèves que je ne connaissais même pas. Je n'avais pas revu Castiel depuis la veille et j'appréhendais plus sa réaction ce soir que celle de n'importe qui d'autre. Il allait être furieux contre Rosalya et il va encore m'engueuler comme la dernière fois, j'en étais certaine.
Pendant la journée, j'avais échangé quelques paroles avec Nathaniel et nous avions eu une conversation portant sur un sujet autre que le lycée, une première. J'avais bien essayé d'entamer une discussion avec Melody, une fille qui a l'air agréable, ouverte, prête à aider les autres, du moins c'est ce que je croyais. Quand je me suis approchée d'elle, elle m'a lancé un regard dédaigneux et m'a esquivée, me laissant sur place sous le regard moqueur de Castiel qui se trouvait non loin.
A la fin des cours je rentrais chez moi, perdue dans mes pensées quand soudainement j'ai heurté quelqu'un l'entraînant à ma suite dans ma chute. Quand j'ai rouvert les yeux je me suis rendue compte que j'avais renversé Nathaniel et nous nous trouvions maintenant nez à nez par terre, l'un contre l'autre. Dans la chute il m'avait enlacée par réflexe, pour essayer de se retenir à quelque chose.
- Je suis désolée Nathaniel. Je ne regardais pas où j'allais.
- C'est rien. Tu ne t'es pas fait mal au moins ?
- Je ne pense pas, c'est plutôt à moi de te poser la question ! Répondis-je gênée d'être dans une telle position sous le regard des autres élèves.
- Non c'est bon ne t'inquiètes pas. Me rassura-t-il.
En me relevant je sentais que mes joues devaient être rouges écarlate et un rapide coup d'œil vers lui me confirma que je n'étais pas la seule dans ce cas. J'allais repartir quand quelqu'un hurla mon nom dans la foule d'étudiants qui s'étaient amassés autour de nous.
- Hisae ! J'ai deux mots à te dire !
En cherchant d'où venait la voix, je croisai le regard brûlant de colère de Melody. Au même moment, une main parfaitement manucurée se posa sur mon épaule et me fit pivoter sur moi-même.
- Oh ! Je te parle ! S'écria Ambre.
- Quoi ?
- Ne t'approches pas de mon frère, c'est bien compris ? Vu que tu es nouvelle dans ce lycée, je te le dis. Tu as deux mecs à qui il ne faut pas toucher ici, Castiel et mon frère. Tu t'approches un peu trop d'eux et tu le regretteras.
- Tu sors avec Castiel ?! J'étais carrément stupéfaite.
- C'est tout comme, alors ne fais pas de conneries ! On s'aime mais il veut pas l'avouer c'est tout.
- Génial. Bon maintenant si tu le permets, tu retournes jouer avec tes amies et tu laisses les grands faire ce qu'ils ont à faire, d'accord ? Viens pas m'emmerder pour des trucs comme ça, tu seras gentille.
Je repartis sans attendre sa réponse. Cette grande gamine certainement couvée par ses parents ne méritait pas que je lui accorde plus d'attention que ça. Et cette Melody devait être de mèche avec Castiel pour me détester autant.
Il était huit heures et demie quand je me présentais devant la porte d'entrée de l'appart de Rosalya. Elle m'avait prévenue par sms que je pouvais venir, et depuis je faisais des allers retours au bas de son immeuble, puis devant sa porte d'entrée. Je ne me décidais pas à sonner, je les entendais discuter et rire tous ensemble et j'avais horriblement le trac. Je ne savais pas comment me comporter, je savais aussi pertinemment que dès que je ferais mon entrée un silence pesant s'installera et j'aurais trop peur pour articuler le moindre mot. Castiel me dirait encore des horreurs et bien qu'intérieurement je bouillirai je ne laisserais rien transparaître. J'ai failli faire plusieurs fois demi-tour mais à chaque fois ma promesse me revenait en tête. J'étais coincée.
Tremblante, j'avançais la main pour appuyer sur la sonnette et me dégonflais au dernier moment. Mais une sonnerie retentit quand même. En relevant la tête je m'aperçus que quelqu'un d'autre avait appuyé à ma place.
- Elle ne va pas te mordre tu sais, ce n'est qu'une sonnette. Dit-il en souriant.
- Je sais.
Extérieurement je paraissais calme mais intérieurement c'était panique à bord. Non, non, non, je n'étais pas encore prête. J'avais envie de prendre les jambes à mon cou et partir d'ici avant que quelqu'un ne vienne ouvrir, mais j'étais paralysée par la peur.
- Leiiiiiigh ! Tu as pu venir !
Et elle lui sauta au cou pour l'embrasser. Bon les choses étaient claires, c'était lui ce fameux Leigh dont elle me vantait les qualités à longueur de temps. Je connaissais tout de sa vie alors que je ne l'avais jamais rencontré.
- Hisae ! Vous êtes arrivés en même temps ?
- Oui ! Répondis-je à toute vitesse.
J'avais coupé Leigh dans son élan, je n'avais pas envie qu'il lui raconte dans quel état il m'a trouvée devant sa porte. Il ne rajouta rien de plus, brave gars. Je le remerciai d'un regard et il me sourit.
J'entrais dans son appartement cachée derrière ce fameux Leigh, je voulais retarder le plus possible le moment où ils s'apercevraient de ma présence. J'avais le cœur au bord des lèvres et un étrange sentiment de légèreté me donnait l'impression d'être invisible ou de pouvoir être soufflée pas une bourrasque de vent. Tout le monde se leva venir saluer Leigh et Kim fut la première à me remarquer.
- Rosalya, une explication pour sa présence ? Demanda-t-elle d'une voix glaciale.
A ces mots tout le monde se tourna vers moi. Je me tenais à présent droite, la tête haute, le regard assuré, montrant une décontraction que j'étais bien loin de ressentir. Je les regardais chacun dans les yeux espérant qu'ils y verraient un petit changement. Violette et Lysandre restèrent impassibles en croisant mon regard, Kim me lançait clairement un regard empli de défi quand à Iris elle semblait simplement très surprise. Je gardais le meilleur pour la fin : Castiel. Il était tout simplement à deux doigts de sortir de ses gonds. Il m'a tourné le dos et est parti sur le balcon en chopant un paquet de cigarettes au passage. Je crois qu'il avait fait ça pour ne pas perdre le contrôle même si tout le monde voyait bien à quel point je l'indisposais, ce qui est je l'admets un bien faible mot. Une fois qu'il ait fait sa sortie fracassante, les regards se posèrent de nouveau sur moi. Leigh lui, semblait un peu perdu.
- Bonsoir à vous tous... Je sais que... nous sommes vraiment partis sur ce qu'on pourrait appeler de bonnes bases et c'est entièrement ma faute. Je suis désolée... d'avoir eu un tel comportement la dernière fois. Rosalya m'a ouvert les yeux et m'a fait prendre conscience de l'importance d'avoir des amis. Je m'excuse pour tout ce que j'ai pu vous dire ou faire qui aurait pu vous blesser... J'aimerais réellement que nous recommencions sur de meilleures bases tous ensemble.
Je passais du baume sur les plaies et les caressaient dans le sens du poil, mettant mon changement de comportement uniquement sur le compte de la discussion avec Rosalya, bien qu'elle n'ait joué qu'un rôle minime dans ce processus. Ils se détendirent un peu, et me pardonnèrent. Ils avaient tous bon fond et enclin à pardonner assez facilement. Nous nous sommes tous assis et je passai les trente prochaines minutes sous le feu croisé de leurs questions personnelles mais pas trop. Ils se doutaient bien que j'avais fait un pas en avant mais que je n'étais pas encore entièrement transformée.
Rosalya en profita pour me reposer sa question fétiche.
- Hisae, tu étais où avant ?
Je sentis que c'était sur cette question que beaucoup d'entre eux jugeraient si j'avais réellement envisager de changer ou non. Je n'avais pas le choix, je devais y répondre.
- J'étais en Grèce. Ce qui était vrai.
- Ahh bon ?! Mais c'est super loin ! Mais tu parlais quelle langue là-bas, du grec ? Et pourquoi tu y étais ? Et pourquoi tu en es partie ? Et...
- Laisse-la répondre Rosa entre deux questions, et... n'insiste pas trop quand même. Recommanda Lysandre.
Je remerciais Lysandre d'un sourire, qu'il me rendit. Il avait bien compris que ça faisait trop d'un coup pour moi.
- Je parlais Anglais surtout, je ne baragouinais que deux trois mots de Grec c'est tout. J'aime bien voyager, c'est pour ça que j'y suis allée et pour ça aussi que j'en suis repartie.
Ça, c'était bien évidemment la version officielle.
Je leur posais à mon tour des questions sur leur vie au lycée, comment ils s'étaient connus et deux trois autres choses. Au bout d'une heure de conversation nous nous connaissions mieux et je me sentais plus détendue. Nous n'avions pas revu Castiel pendant tout ce temps, il était resté sur le balcon. Je n'avais pas envie d'aller le voir plus que ça, mais nous ne pouvions pas rester dans cette situation.
Je pris ma veste et me dirigea vers la baie vitrée donnant sur son refuge. Il était accoudé à la rambarde comme la dernière fois.
- Je t'ai déjà dit de me laisser tranquille Lysandre.
- Raté, c'est pas Lysandre.
A ces mots il s'est redressé et m'a lancer un regard mauvais. Ça n'allait pas être de la tarte.
- Qu'est-ce que tu me veux encore ? Tu viens faire ami-ami avec moi aussi ?
- Hum... C'était l'idée...
Il me regarda, éclata d'un rire sans joie, et me détailla de la tête aux pieds.
- Non, je crois pas. Déclara-t-il d'un ton définitif.
Il allait partir, mais je le retins par le bras. J'avais agi sans réfléchir.
- Un conseil, lâche-moi. Tout de suite.
- Non.
Il se retourna vers moi, et ses yeux s'étaient de nouveau enflammés sous l'effet de la colère.
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Non je ne te lâcherais pas avant de savoir pourquoi tu m'en veux à ce point. Je ne t'ai rien fait.
- Me fait pas chier, sérieux. Dit-il en essayant de garder son sang froid.
- Alors réponds-moi une bonne fois pour toute.
- Tu m'énerves.
- Je répète, pourquoi ?
- Tu... tu...
Il resta quelques instants sans me répondre et je voyais dans son regard qu'il réfléchissait. Il ne savait même pas pourquoi il ne me supportait pas.
- Tu m'ignorais la dernière fois et tu te laissais approcher par personne. Ça m'a gonflé, c'est tout, pas besoin d'une raison supplémentaire. T'es chiante pas besoin de chercher plus loin.
- Je m'excuse, mais laisse-moi alors te montrer que je veux changer. Vas-y pose-moi une question, n'importe laquelle.
- OK, mais le regrette pas après. Alors... Tu dis que tu as choisi de vivre seule, mais est-ce que tu es heureuse comme ça ?
Sa question m'avait prise de court, je ne m'attendais pas à ce genre de question.
- Oui.
J'avais toujours vécue plus ou moins seule, j'avais appris à être heureuse dans ces conditions. Ce que je n'avais pas connu ne pouvait pas me manquer. A ce moment, je pensais réellement que j'étais heureuse ainsi.
Il me regarda en méditant ma réponse.
- Mais toi aussi tu es émancipé. Tu l'as choisi ?
- Plus ou moins. Mes parents sont tout le temps en voyage alors ça arrangeait tout le monde. Maintenant lâche-moi.
Mon emprise se desserra et je relâchai son bras qui retomba le long de son corps. Nous nous fixâmes un moment avant de rentrer tous les deux dans l'appartement et finir la soirée tranquillement. La tension entre nous était encore présente mais bien moins forte qu'auparavant.
En rentrant chez moi j'étais épuisée émotionnellement et m'endormis comme une masse, un léger sourire aux lèvres.
Et voilà pour le chapitre III !
Donnez-moi vos impressions !
