Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont issus du jeu Amour Sucré créé par ChinoMiko. Seule Hisae Amari et quelques autres sont issus de mon imagination.

Rating : T

Bonne lecture !

Esilia


Chapitre IV

Les jours suivants l'ambiance était globalement plus légère. Je discutais de façon quasi normale avec Rosalya bien que celle-ci ait toujours un débit de parole assez élevé. J'échangeais quelques phrases avec Kim et Iris qui semblaient accepter ma présence, et quand à Violette, nous parlions peu mais cela n'était pas dû à une mauvaise volonté de ma part mais plutôt à cause de la timidité maladive de celle-ci. Lysandre restait courtois et nos conversations étaient toujours strictement impersonnelles, il respectait mon espace personnel contrairement à une certaine personne aux longs cheveux d'argent. Et Castiel... Comment dire... C'était très conflictuel dirons-nous. Il semblait s'arranger pour toujours être en désaccord avec moi, critiquer mon comportement, mon mode de vie ou que sais-je encore. Donc l'ambiance entre nous était loin d'être au beau fixe.

Cela continua au cours des jours suivants et cela pesait fortement sur l'ambiance du groupe. Quand ils se rendaient compte que nous allions nous retrouver au même endroit en même temps, un soupir général se faisait entendre car ils savaient parfaitement nous nous disputerions encore.

Lors d'un repas pris tous ensemble, c'est-à-dire avec Rosalya, Iris, Violette, Kim, Lysandre et Castiel ; une conversation orchestrée par Rosalya s'engagea autour de ma petite personne afin de m'extorquer plus d'informations sur ma vie privée.

- Hisae, commença l'instigatrice, tu ne nous as jamais parlé de ta vie. Pourquoi est-ce que tu vis seule ?

Un rapide coup d'œil circulaire sur ceux attablés avec moi m'appris qu'ils m'observaient avec attention. Même Castiel.

- Je... J'ai choisi de vivre seule.

- Et pourquoi ? Continua Iris. C'est rare de décider ça de sa propre volonté. Tu es fâchée avec tes parents ? Et tu n'as pas de frères et sœurs ?

Je détournais le regard afin d'avoir le temps de me composer un masque d'impassibilité avant de répondre à cette question. Cela ne me prit que quelques secondes et je pus répondre à sa question.

- Mes parents sont morts peu après ma naissance et je suis fille unique. J'ai été placée sous la tutelle de mon oncle mais il était toujours en déplacement. Ce sont des nounous qui m'ont élevées.

- Je suis désolée ! S'excusa-t-elle.

- Tu ne pouvais pas savoir. Et ne t'inquiètes pas tu ne m'as pas blessée. Ajoutais-je pour la rassurer.

- Comment ça DES nounous ? Tu en as eu plusieurs ? Elles te supportaient pas et elles démissionnaient c'est ça ? Demanda Castiel d'un ton clairement railleur.

Je ne relevais pas sa dernière remarque et continuais.

- Je disais donc, que des nounous m'ont élevées et dès que j'ai été en âge de me débrouiller seule je suis partie. Mais comme on me considère encore trop jeune pour vivre seule, mon oncle est sensé vivre avec moi sur les papiers.

- Mais cet oncle, tu le voies souvent ? Me demanda Rosalya.

- Non. La dernière fois que je l'ai vu c'était à mes treize ans quand j'ai pris mon indépendance.

- Et à treize ans, il a jugé que tu étais capable de vivre seule ? C'est un peu inconscient de sa part si je peux me permettre. Fit remarquer Kim.

J'haussais les épaules. Je me moquais bien de ce qu'elle pouvait penser, si j'étais partie ce n'était pas sans raison.

- Mais tu as fait comment pour vivre seule à seulement treize ans ? Tu ne pouvais pas louer d'appartement et surtout, tu n'avais pas les moyens pour. S'inquiéta Violette.

- Il ne m'a pas laissée sans ressources, à mon treizième anniversaire il m'a ouvert un compte et depuis il me fait des virements qui me permettent de payer un loyer et à manger.

Rosalya avait les yeux écarquillés et la bouche entrouverte. Les autres paraissaient aussi très surpris et ne savaient plus quoi dire. C'était le but. Mais c'était sans compter Castiel.

- Tu t'es pas émancipée, il t'a foutue à la porte ouais ! T'as fait fort sur ce coup-là, tu arrives à te faire dégager à treize ans par quelqu'un de ta famille qu'en plus tu ne voyais presque pas. Je sais pas ce que t'as pu faire, mais ça devait être énorme. Remarque, il doit se la couler douce maintenant !

- Castiel, arrête tu vas trop loin ! Déclara Lysandre essayant de calmer ce dernier.

J'affichais toujours ce masque impassible que j'avais revêtu depuis que ce sujet avait été abordé. Je ne voulais montrer aucune émotion lors de ce récit. Mais je savais aussi parfaitement que si je ne réagissais pas à ce qui venait de se dire, cela paraitrait suspect. Je fis alors ce que je savais faire de mieux. Je me levai, pris mon plateau et me dirigea vers la sortie sans un mot, sans un regard pour ce pseudo rouquin. J'entendais derrière moi Rosalya qui m'appelait et qui disputait Castiel entre deux appels. Du coin de l'œil j'aperçus Lysandre qui semblait vraiment désespéré par ce dernier, qui semblait d'ailleurs très satisfait de lui-même vu son sourire goguenard qui était accroché à ses lèvres. Je me mis à marcher plus vite quand je me rendis compte que Rosalya embarquait ses affaires et son plateau, certainement dans le but de me rejoindre. Mais laissez-moi tranquille deux minutes! C'est trop demandé ?

Cette conversation avait remué plus de choses en moi que je ne l'aurais voulu même si mon visage continuait d'afficher une certaine froideur, une expression presque hautaine. Dès que ce sujet avait été abordé, le mur que j'avais commencé à fissurer entre moi et le monde extérieur s'était redressé de toute sa hauteur emprisonnant mes émotions qui ne demandaient qu'à s'échapper et s'exprimer. J'étais prête à me faire des amis, mais certainement pas à leur livrer mes états d'âmes. Je leur avais donné le strict minimum d'informations pour qu'ils ne cherchent pas à persévérer sur mon passé.

Je lançais des regards d'une froideur polaire à quiconque se plaçait en travers de mon chemin, bousculant avec une moue dédaigneuse tous ceux qui ne s'écartaient pas assez vite à mon goût. Je n'avais plus la patience de faire semblant que cette discussion ne m'avait pas touchée. Mes souvenirs de mon enfance remontaient violemment à la surface de ma conscience, comme des bulles d'air trop longtemps emprisonnées au fond de l'océan et qui étaient enfin libérées pouvant ainsi filer à toute vitesse vers la surface.

Les flashs de certaines périodes de mon enfance m'assaillaient de toute part. Les visages multiples de mes nounous plus que nombreuses. Les différents lieux où j'avais vécu. Les heures passées dans cette salle de cours spéciale à m'inculquer toutes mes valeurs si particulières. Mon deuxième portable qui m'avait été remis à mon treizième anniversaire. L'ouverture de mon compte. Mon départ. Tous ces souvenirs se bousculaient avec violence, ma respiration s'accéléra, mon cœur battit plus vite, ma tête commença à tourner légèrement. Le son de la voix de Rosalya me parvint plus proche que tout à l'heure. Je me mis à courir dans les couloirs écartant sans ménagement les importuns. Je ne voulais pas me souvenir, je tentais de me protéger de ces images avant qu'elles ne m'exposent la partie la plus douloureuse de ma mémoire. J'allais bientôt craquer, je sentais que j'étais à deux doigts de replonger dans cette partie de mon passé qui me faisait encore parfois cauchemarder aujourd'hui. Les premières images commencèrent à s'infiltrer à travers la muraille de volonté pure que je dressais devant eux. Les formes commençaient à se préciser, les odeurs devenaient plus présentes, les couleurs plus intenses. J'étais en train de perdre contre moi-même.

- Hisae ! J'ai besoin de toi ! Il me faut de l'aide pour trier les papiers je ne m'en sors plus et Melody est introuvable. Lança une voix qui m'arracha de force à mes souvenirs.

Nathaniel se dressait devant moi, les cheveux ébouriffés, la cravate légèrement desserrée et le premier bouton de sa chemise défait. Il semblait exténué et paraissait avoir déjà passé la nuit dans ses papiers. Une bouffée de reconnaissance me traversa. Il avait réussi à me ramener à la réalité sans s'en rendre compte, reléguant mes souvenirs non désirés à leur place c'est-à-dire au plus profond de mon être, verrouillés comme ils l'étaient avant que cet imbécile de Castiel ne parvienne à faire sauter ces protections.

Nathaniel me dévisagea avec curiosité attendant visiblement une quelconque réaction de ma part.

- J'arrive ! J'ai l'impression que tu es noyé sous la paperasse, pas vrai ?

- C'est ça ! Merci beaucoup. Pour te remercier, je t'emmènerais prendre un verre après les cours si tu veux.

- Pourquoi pas. Répondis-je en le poussant vers la salle des délégués sous le regard médusé d'Ambre.

Je souhaitais surtout disparaître à la vue de Rosalya avant qu'elle ne me mette la main dessus.

Après m'avoir expliqué sa méthode de classement, nous nous mîmes à la tâche qui s'avéra effectivement assez fastidieuse. Le temps passa pourtant relativement vite dans une ambiance détendue et amicale. Je vis passer Rosalya une fois ou deux devant la salle sans penser à jeter un coup d'œil à l'intérieur de celle-ci.

Alors que nous sortions de la salle en riant, les doigts tâchés d'encre, nous croisâmes Melody au détour du couloir. Elle me dévisagea longuement de son petit air suffisant et hautain avant de demander au délégué principal pourquoi sa tenue était aussi négligée. Nathaniel grimaça en entendant cette remarque.

En effet, Nathaniel n'avait pas reboutonnée sa chemise qui était d'ailleurs maintenant déboutonnée de deux boutons et non plus seulement d'un. Sa cravate pendait toujours aussi négligemment sur son torse et ses cheveux paraissaient encore plus emmêlés.

Après s'être rhabillé correctement, il lui demanda acerbe pourquoi elle n'avait pas pu assumer ses fonctions de déléguée et qu'il ait été obligé de me demander de l'aide.

Un coup d'œil dans la baie vitrée adjacente m'appris que mon apparence était elle aussi loin d'être irréprochable. Mes longs cheveux bruns étaient décoiffés à force de passer ma main dans ces derniers afin de les repousser en arrière. Les longues manches de mon chemisier étaient retroussées à la va vite et je sentais que mes joues devaient être légèrement rouges. Il faut dire qu'il faisait sacrément chaud dans cette salle avec le soleil tapant sur les fenêtres. Fenêtres impossibles à ouvrir malgré nos efforts conjugués à Nathaniel et moi.

Melody lui répliqua qu'elle était occupée et qu'elle était désolée mais que ce n'était pas la peine d'aller jusqu'à la remplacer même provisoirement.

Je murmurais un vague « A tout à l'heure » au blond avant de me diriger vers ma salle de cours sous le regard furieux de la déléguée.

Après avoir rassurée Rosalya sur mon état psychologique et lui avoir confirmé que Castiel était un bouffon, les cours se déroulèrent normalement, ou presque. Je sentais plusieurs regards peser sur mes épaules, dont celui d'Ambre et Melody qui semblaient tout deux pleins de rancœur à mon encontre. Castiel me fixait également, mais il paraissait plus perdu dans ses pensées qu'autre chose. Ce mec est vraiment atteint.

Quand je suis arrivée j'étais dans un état d'esprit particulier, je peux comprendre que ça l'ait énervé. Mais tous les autres ont tourné la page et nous sommes tous repartis sur de bonnes bases, sauf avec lui. Malgré notre petite discussion plus qu'étrange où il semblait se préoccuper de mon bonheur, notre relation n'a fait que s'empirer. En fait, il a tout fait pour qu'elle ne s'arrange pas, et nous en sommes arrivés là. Quoi que je dise, quoi que je fasse, ça ne lui convient jamais. Il trouve toujours quelque chose à redire, à critiquer, mais c'est la première fois qu'il est aussi brutal dans ses propos. S'il n'avait pas ajouté sa dernière phrase, cela ne m'aurait pas atteint plus que de raison, mais il avait fallu qu'il ajoute que mon oncle devait se la coulait douce maintenant. Ce type est vraiment un emmerdeur de première. Il me fera chier jusqu'au bout.

La sonnerie annonçant la fin des cours retentit enfin. Ramassant mes affaires, je me dirigeai vers la sortie accompagnée de Rosalya qui ne me lâchait plus.

- Tu es sûre que ça va Hisae ? Non parce que je pourrais comprendre que tu n'ailles pas bien. Mais tu sais que tu peux me le dire hein ? Si tu veux, on peut se faire une soirée entre filles pour te remonter le moral.

- Merci, mais j'ai déjà quelque chose de prévu ce soir.

- Mais oui, bien sûr. Tu as prévu de t'enfermer dans ton appartement et ressasser tes souvenirs et tomber à moitié en dépression. C'est vrai que c'est un super programme, je t'envie tellement. Déclara-t-elle en se moquant clairement de moi.

- Non, j'ai vraiment quelque chose de prévu.

- Je te crois pas. Je viens chez toi ce soir.

- Et tu n'y trouveras personne.

Nathaniel se présenta devant moi à ce moment-là.

- On se retrouve vers 20h devant le parc, ça sera plus pratique non ? Me demanda-t-il.

- Très bien. A tout à l'heure alors.

Rosalya me dévisagea avec des yeux grands ouverts. Dès que nous fûmes à nouveau seules, elle me questionna comme elle seule savait le faire.

- Alors comme ça c'était vrai... Tu sors avec Nathaniel ce soir... Vous allez où ? Et pourquoi vous sortez ensemble ce soir ? D'ailleurs qui a invité l'autre ? Et c'est juste un rendez-vous comme ça, ou un vrai rendez-vous, du genre « et plus si affinités » ? Tu vas porter quoi pour l'occasion ? Tu m'avais caché que Nathaniel t'intéressais petite cachotière...

- Rosalya, tu t'enflammes encore une fois.

- Alors réponds-moi ! S'exclama-t-elle au bord de l'hystérie.

- Il n'y a rien entre Nathaniel et moi. Il m'offre un verre ce soir en remerciement parce que je l'ai aidé ce midi à finir de trier ses papiers. Donc, non ce n'est pas un rendez-vous « et plus si affinités » comme tu dis.

- Mais avoue que t'es un peu intéressée par notre magnifique mâle grand et blond aux yeux mordorés qui nous sert accessoirement de délégué principal.

Un sourire se dessina sur mon visage.

- Mais oui c'est ça, lançais-je sarcastique.

Quelques heures plus tard, je retrouvais Nathaniel devant l'entrée du parc après avoir pris une douche et avoir mangé un morceau. Ses cheveux étaient humides et une odeur d'agrumes l'enrobait, certainement son gel douche. Nous nous dirigeâmes vers un petit bar convivial de Sweet Amoris à quelques pâtés de maison du parc tout en discutant de tout et de rien.

Il m'apprit qu'Ambre avait réagi bizarrement quand elle avait appris qu'il sortait boire un verre avec moi. Cela ne m'étonnait guère vu la petite discussion que nous avions eue elle et moi quelques jours auparavant.

Le bar était chaleureux, des alcôves munies de larges banquettes confortables à première vue étaient disposées le long des murs et de hautes tables rondes étaient parsemées dans le reste de la salle accompagnées par de nombreux tabourets de bars. Nous nous installâmes dans l'une de ces alcôves et commandâmes chacun une boisson. Une bière pour lui, un mojito pour moi, un classique. Le serveur n'ayant pas vérifié nos âges, nous n'avons eu aucuns problèmes pour être servis, mais pour sa défense il est vrai que nous faisions plus âgés. Nous étions encore tous deux mineurs pour encore quelques mois seulement.

La soirée passa assez vite. Nous avons beaucoup parlé, rit tout autant, et bu relativement raisonnablement. Avec Nathaniel, je n'avais pas l'impression de me forcer à être moi-même, c'était naturel et c'était vraiment reposant. Après quelques verres, nous étions plus enclins à la confidence et c'est ainsi que commença la série de révélations de la soirée.

- Tu sais Hisae, ma sœur je l'aime bien, mais elle m'étouffe des fois.

- Mmm... Acquiesçais-je vaguement.

- Elle est gentille dans le fond, mais elle n'a pas de limites c'est pour ça qu'elle est comme ça.

- Mais tes parents ils font quoi ?

- Ils lui laissent tout passer ou presque. Tout ça parce que quand elle était petite je la martyrisais.

Un gloussement m'échappa.

- Comment ça tu la martyrisais. Je te vois pas du tout faire ça.

- J'ai changé depuis le temps, mais les vieilles habitudes ont la vie dure avec mes parents.

- Je vois, je vois... dis-je d'un ton digne d'être employé par un psychologue.

- Te moques pas ! Ajouta-t-il en souriant. Mais comment ça se fait que t'es arrivée dans un trou perdu comme celui-ci hein ? J'ai cru comprendre que tu étais en Grèce avant. A ta place, je ne serais pas allée m'enterrer dans un bled comme Sweet Amoris.

- Franchement, j'en sais trop rien. Je connaissais même pas Sweet Amoris avant d'y arriver.

Il me lança un regard inquisiteur à travers ses mèches blondes.

- T'as choisi une ville au hasard ou quoi ?

- Un peu, répondis-je en gloussant.

Dès que j'avais un peu d'alcool dans le sang je gloussais et j'avais horreur de ça. Sérieusement, ça fait vraiment la fille de la campagne qui sort de chez elle pour la première fois.

Nathaniel se fendit d'un éclat de rire avant d'embrayer sur un nouveau sujet.

- C'est l'année dernière que j'aurais aimé partir d'ici, murmura-t-il.

- Pourquoi ? Répondis-je en murmurant également.

- J'étais trop gêné. Me souffla-t-il.

- Ah bon ? Parce que ? Demandais-je à voix basse.

Il grimaça avant de me répondre.

- L'année dernière Melody m'a coincé dans la salle des délégués et m'a avouer qu'elle aimait. J'étais tellement surpris que je n'ai rien pu dire. Elle a pris ça pour un oui et m'a embrassé. Sauf que je ne l'aimais pas, c'était juste une « collègue », du coup je l'ai repoussée sauf qu'elle est tombée et a renversé les tables. Ça a fait un vacarme pas possible, et ça a rameuté tout le monde. Il n'a pas fallu longtemps à Peggy la journaliste du lycée pour comprendre ce qu'il s'était passé. Du coup, ça a fait la une du journal du lycée pendant des semaines. Melody ne m'en a pas voulu longtemps mais j'étais trop embarrassé. C'était l'horreur.

- Tu m'étonnes... murmurais-je. Mais pourquoi on parle à voix basse au fait ?

- ... Je sais pas... Dit-il avant de me sourire. Mais c'est marrant, on dirait qu'on complote quelque chose. On est dans une alcôve au fond d'un bar nos verres à la main et on chuchote dans une ambiance tamisée. Ça fait vraiment film de gangsters. Ajouta-t-il avant de rire.

Je ris aussi, je ne sais pas où il était allé chercher ça, mais c'était terriblement vrai. Nous discutâmes encore un peu avant de déclarer mutuellement que nous ferions mieux de rentrer vu que nous avions cours le lendemain matin.

Cette nuit-là je m'endormis très rapidement, l'alcool aidant. Mon réveil fut en revanche plus difficile cinq heures plus tard, j'avais très peu dormi n'étant rentrée chez moi qu'aux alentours d'une heure du matin. La douche ne me réveilla pas ou à peine et ma boisson matinale n'étant pas du café, autant dire que j'étais encore à moitié endormie en arrivant au lycée. J'avais sérieusement songé à rester chez moi ce matin, mais ma conscience m'ordonnait d'assumer ma sortie d'hier soir.

En arrivant dans la salle de classe, je m'affalai sur la table, la tête plongée entre mes bras essayant de m'accorder quelques minutes de repos supplémentaires avant d'essayer de comprendre le cours de physiques à suivre. Un raclement de chaise se fit entendre à côté de moi, suivi d'un profond soupir. Je sentis la personne à mes côtés se mettre dans la même position que moi avant de pousser un râle de contentement. Un coup d'œil entre mes cheveux m'appris qu'il s'agissait de Nathaniel apparemment pas en meilleure forme que moi. Lorsque la sonnerie stridente retentit nous nous redressâmes en même temps en poussant un soupir de mécontentement nous faisant rire tous les deux. Il avait une mine aussi fatiguée que la mienne, aucun d'entre nous ne devait avoir l'habitude de traîner aussi tard visiblement. Rosalya qui s'était entre temps installée quelques rangs plus loin me lança un « Je vois que vous avez bien profitez de votre soirée » vraiment pas discret à travers la classe nous faisant rougir tous deux. Cette déclaration fut suivit d'un silence pesant pendant lequel Ambre et Melody auraient pu me tuer d'un seul regard. Je comprenais mieux le comportement de cette dernière envers moi, après tout même si elle avait été rejetée cela ne signifiait pas pour autant qu'elle ne ressentait plus rien pour lui et devait donc être jalouse des filles trop proches de Nathaniel à son goût. Apparemment d'après elle j'avais franchi cette limite invisible.

Le cours de physiques fut tout simplement abominable, je n'arrivais pas à suivre le raisonnement du professeur car je tombais littéralement de fatigue. Mes paupières lourdes se fermaient toutes seules et je me réveillais en sursaut de temps en temps. Entre deux micro siestes j'avais pu me rendre compte que Nathaniel s'en sortait mieux que moi, parvenant à prendre deux ou trois notes de la démonstration en cours, mais j'étais persuadée qu'il n'arriverait même pas à se relire lui qui avait d'habitude une écriture si soignée. J'ai arrêté de lutter en me disant que Rosalya me prêtera certainement son cours en échange de deux ou trois informations sur ma soirée.

Quand la sonnerie retentit de nouveau m'arrachant à mon sommeil, j'aperçus Nathaniel qui me regardait avec un air amusé.

- Je crois que la prochaine fois on fera ça un vendredi ou samedi soir, pour ne pas tomber de fatigue au lycée, me dit-il avec un sourire.

- Très bonne idée, marmonnais-je du bout des lèvres encore endormie.

Il se mit à rire faisant converger tous les regards vers nous. Castiel, visiblement énervé pour une raison inconnue, fit une sortie fracassante à ce moment, son sac volant derrière lui.

Rosalya se dirigea vers nous à la sortie de la salle, elle semblait un peu intimidée, chose rare chez elle.

- Euh, Hisae, Nathaniel, j'ai quelque chose à vous proposer.

- Tu as un problème ? Demanda le délégué inquiet.

- Pas du tout ! Répondit-elle en souriant. Je voulais savoir si ça vous intéressait de venir ce week-end à la plage. On sera assez nombreux, ça serait sympa que vous veniez !

- Qu'avez-vous fait de Rosalya ? Où est-elle ? Vous devez être un robot la remplaçant parce que jamais je n'ai eu le choix concernant les soirées et sorties avec elle ! Déclarais-je en riant.

Celle-ci me dévisagea avec de grands yeux, tandis que Nathaniel se fendit d'un éclat de rire.

- Et vous, qu'avez-vous fait de la Hisae que je connais. Celle qui ne parle pas, ne se mélange pas aux autres et qui surtout ne rit quasiment jamais. Vous voyez de qui je parle. Bon, en fait gardez la je préfère la nouvelle.

Le rire de Nathaniel s'amplifia.

- Sinon, si tu préfères, tu n'as pas le choix dans ce cas Hisae !

- Il y aura qui ? Demanda Nathaniel.

- Leigh, Lysandre, Kim, Iris, Violette, Moi et quelques-uns que tu ne connais pas Hisae.

- Ça me va, je viendrais certainement. Et comment on s'arrange pour y aller ? Demanda-t-il.

- Leigh peut emmener quatre personnes, et il emmène déjà Lysandre et moi. Kim, Iris et Violette s'arrangent entre elles mais je crois que la voiture de la mère d'Iris est complète. Donc je pense qu'il va falloir vous arranger ensemble.

- Je crois que ma sœur devait aller dans ce coin là ce week-end. Ma mère devrait pouvoir me déposer. Mais je suis désolé Hisae, je pense que la voiture sera pleine. Mais apparemment il reste une place avec Rosa.

- Euh... non. Répondis l'intéressée.

- Ah je croyais. Bon c'est pas grave la plage n'est pas très loin, je viendrais en vélo. Déclarais-je.

C'est sur cette décision que nous nous séparâmes pour finir notre journée séparément, chacun d'entre nous n'ayant pas les mêmes options. La journée me parut interminable et en fin de journée alors que j'étais affalée dans mon canapé, je reçus un sms de Rosalya.

18h56 : Si tu veux un cours de Physiques complet, tu sais ce qu'il te reste à faire ! Je veux un compte-rendu détaillé de ta soirée en tête à tête ! Bisous !

Je l'avais parié.


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