Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont issus du jeu Amour Sucré créé par ChinoMiko. Seule Hisae Amari et quelques autres sont issus de mon imagination.
Rating : T
Bonne lecture !
Esilia
Le reste de la semaine se déroula relativement calmement, j'avais pu de nouveau suivre les cours dans leur intégralité après m'être reposée convenablement. J'avais également dû lâcher quelques informations à Rosalya afin d'avoir un cours de Physiques digne de ce nom. Rien de bien compromettant mais apparemment une mine d'or pour elle qui affichait des yeux brillants d'excitation. Je ne lui avais pas non plus mentionné l'attitude plus que méprisante de Melody envers moi.
Durant cette semaine je n'avais quasiment pas croisé Castiel, ce qui n'était pas vraiment un mal après notre dernière discussion.
Le week-end arriva vite mais pas assez rapidement au goût de Rosalya qui avait trépigné d'impatience toute la semaine. La journée à la plage avait été fixée au samedi et un temps magnifique était prévu. Nous devions nous retrouver aux alentours de 10 heures directement sur place et chacun devait prévoir de quoi se nourrir.
Le samedi matin j'enfourchais donc mon vélo acheté quelques semaines auparavant, mon sac à dos sur les épaules qui avaient étés préalablement recouvertes de crème solaire. Mes lunettes de soleil sur le nez, je partis dans la direction que m'avait indiquée Annabelle ma chère voisine ce matin même, quand nous sommes descendues chercher notre courrier en même temps. Elle avait ajouté que j'en avais pour un petit quart d'heure de trajet à vélo et qu'elle était désolée de ne pouvoir m'emmener en voiture car celle-ci était en révision. Annabelle était vraiment une femme attentionnée.
La première partie de la route était goudronnée et était légèrement en descente, cette partie du trajet fut agréable. Mes cheveux volaient au vent et mon esprit divaguait en pensant qu'il y a plus d'un mois de cela, je n'aurais jamais envisagé de faire une sortie entre amis et d'y prendre du plaisir. La vie était une chose étrange. La plage était désormais en vue mais le chemin pour y descendre était beaucoup moins praticable. C'était plus un sentier qu'une route, particulièrement bosselé et recouvert de gravillons et cailloux de plus grosse taille. Je fis donc particulièrement attention lors de la descente de ce chemin et parvins jusqu'en bas sans la moindre égratignure.
Un petit groupe de personnes de trouvaient déjà là. Il y avait Kim, Violette, Iris et Nathaniel. Ils m'accueillirent avec joie et me montrèrent un endroit où déposer mon vélo pour la journée. Nous discutâmes un peu tous ensemble en attendant les autres. Peu de temps après, deux personnes que je ne connaissais pas arrivèrent. On me les présenta comme étant Dajan et Jade. Dajan était quelqu'un de vraiment grand, à la peau aussi foncée que celle de Kim et il avait un percing au sourcil. Jade était un garçon relativement bien musclé, mais pas autant que Dajan, et ce qui détonnait chez lui était sa chevelure verte assortie à la couleur de ses yeux. C'était assez étrange en réalité.
Comme il faisait de plus en plus chaud, nous avons décidé à l'unanimité d'aller nous baigner en nous disant que Rosalya, Lysandre et Leigh allaient bientôt nous rejoindre. Tout en profitant de la fraicheur de l'eau, nous continuâmes les présentations et j'appris que Dajan faisait partie d'une équipe de basket-ball. Jade s'occupait du club de jardinage du lycée bien que je ne l'ai encore jamais aperçu dans l'enceinte de l'établissement. J'ai trouvé ça un peu ridicule de se teindre les cheveux en vert tout ça parce qu'il s'occupait de plantes... Mais il faut avouer qu'ils étaient plutôt sympas et le basket-ball avait eu le mérite de tailler des abdominaux de rêve au grand métisse, chose que ne faisait pas le jardinage. Nathaniel n'était pas en reste en affichant un ventre plat et un torse délicatement sculpté qu'il cachait si bien sous sa chemise le reste du temps.
Je détournais mon regard de ces appels au vice pour entamer une discussion avec Iris. Cette dernière avait les joues rougies mais je ne pense pas que cela était dû au soleil. Il fallait croire que je n'étais pas la seule sensible à des torses bien faits dénudés. Un petit sourire se dessina sur mon visage quand elle tenta de bafouiller une excuse mais je l'interrompis en lui lançant de l'eau fraiche à la figure. Elle poussa un cri perçant avant de répliquer. Cela se termina en une bataille générale où chaque sexe s'était ligué contre l'autre. Violette qui d'ordinaire était si timide semblait s'amuser beaucoup, et Kim avait fait les frais de beaucoup d'attaques.
Au moment où la revanche s'organisait un cri retentit.
- Ah regardez, c'est Rosa. Ils sont arrivés. Fit remarquer Kim.
Tout le groupe se dirigea vers le rivage pour accueillir Rosalya, Lysandre et Leigh. Nathaniel et Dajan continuaient de nous asperger pendant que Violette et moi nous enfuyons en courant dans les vagues jusqu'à la plage. Au moment où j'allais arriver sur la plage, je me rendis compte que Rosalya était également accompagnée de Castiel, ce qui n'était absolument pas prévu. Nathaniel qui me poursuivait se rendit compte que quelque chose n'allait pas car j'avais cessé de courir, me figeant brusquement. Il suivit mon regard et étouffa un léger grognement de mécontentement. Dajan qui lui poursuivait Violette entendit son partenaire et remarqua à son tour la présence de ce crétin aux cheveux rouges. Du coin de l'œil je me rendis compte qu'ils se firent un petit signe de tête comme s'ils se mettaient d'accord. Le grand métisse me pris la main et m'entraîna à nouveau au large tandis que Nathaniel me poussait dans le dos.
- Je ne savais pas qu'il serait là celui-là ! Grogna Dajan.
- Moi non plus, Rosalya a bien caché son jeu. Répondis Nathaniel.
Le basketteur soupira et plongea sous la surface histoire de se rafraichir.
- Mais pourquoi vous m'avez embarquée ?
Nathaniel me toisa du regard avec amusement avant de me répondre.
- Tu avais vraiment envie d'aller le voir ? Sérieusement ?
- ... Pas vraiment non... Grommelais-je.
- Au moins on a un truc en commun, on n'apprécie pas vraiment Castiel. Constata Dajan.
- C'est rien de le dire. Ajouta Nathaniel.
- Mais toi pourquoi tu n'aimes pas Castiel ? Demandais-je au grand métisse.
- J'ai horreur des têtes brûlées comme lui. Kim est un peu du même genre mais ça va.
Nathaniel hocha vaguement la tête avant de se laisser flotter paresseusement à la surface de l'océan. Après nous être concertés du regard, Dajan et moi firent de même nous laissant guider par le léger courant.
J'étais bien comme ça. Je ne pensais plus à rien si ce n'est qu'à la sensation du soleil réchauffant ma peau et la fraicheur de l'eau qui circulait dans mon dos. Je sentais mes cheveux flotter autour de moi au grès des faibles courants marins. Les rayons du soleil transperçaient mes paupières pour imprimer de multiples dessins rougeâtres sur mes rétines. C'était terriblement reposant.
Soudain quelqu'un me sauta dessus, me faisant couler au passage. Quand je refis surface en crachotant lamentablement je braquais un regard noir sur la responsable. Rosalya riait de sa blague absolument pas hilarante tandis que Nathaniel et Dajan me regardaient avec un vague sourire moqueur accroché aux lèvres.
- Je suis trop contente de te voir Hisae ! S'exclama Rosalya.
- C'est pour ça que tu me sautes dessus ?
- Ça ne te fait pas plaisir de me voir ? Demanda-t-elle penaude.
- Laisse-moi deux minutes avant de te répondre. Grognais-je.
- D'ailleurs Rosa, continua Nathaniel, tant qu'on est dans les sujets désagréables, je ne savais pas que Castiel serait là...
- C'est parce que je me doutais que tu ne viendrais pas si tu étais au courant.
- Tout juste. Pourquoi tu as voulu que je vienne si tu savais que je ne voulais pas le voir.
- Parce que je veux revoir Hisae.
Nathaniel et moi nous dévisageâmes avec un ai perplexe sur le visage, sans comprendre ce qu'elle voulait dire par là.
- Mais tu sais, tu me vois tous les jours. Dis-je un peu hésitante.
- Je veux dire que je voulais te revoir comme l'autre jour. Poursuivit-elle.
- Euh... Quel autre jour ?
Rosalya rougit violemment avant de bafouiller deux trois mots incompréhensibles et sans logique apparente.
- Je t'ai ...vie au ...ar ...tre jour. Marmonna-t-elle.
- Quoi ?
- Je suis désolée, je sais que je n'aurais pas dû mais j'avais trop envie de savoir ! Et je pensais que tu ne me le dirais jamais ! Tu ne me dis jamais rien sur toi, j'avais juste envie de mieux te connaître même si ce n'est pas avec moi que tu parles ! Je suis désolée, je suis désolée, je suis désolée. Excuse-moi Hisae !
- Non, mais je n'ai pas compris ce que tu as dit.
- Je crois qu'elle a dit qu'elle t'avait suivie au bar l'autre jour.
Rosalya se tassa sur elle-même à ces mots, comme si en prenant moins de place la colère serait moins forte. Pendant ce temps je vis Dajan s'éloigner, ce qui valait mieux vu qu'il n'était pas impliqué dans cette histoire.
- Tu te fous de moi là j'espère ! Explosais-je. Tu me suis maintenant ! Je peux pas avoir de vie privée quand t'es pas là c'est ça ? J'hallucine Rosa. Je savais que Peggy pouvait faire un truc comme ça, mais toi...
Etrangement elle releva la tête, les yeux pleins d'espoir comme si je venais de la féliciter au lieu de m'énerver contre elle.
- Quoi ? Qu'est-ce que t'as ? T'es fière d'avoir les mêmes méthodes que Peggy ?
- Non !
- Alors qu'est-ce qu'il y a ?
- ... C'est la première fois que tu m'appelles Rosa... Tu m'appelles toujours Rosalya comme si tu mettais une barrière entre nous, mais là t'as dit Rosa...
Je soupirais fortement en me pinçant le nez pour ne pas m'énerver plus que ça.
- Donc si je récapitule. Quand tu as appris que Nathaniel et moi allions boire un verre, tu t'es dit que j'allais plus me confier à lui qu'à toi. Jusque-là j'ai raison ? Demandais-je sans attendre de réponse. Donc comme tu ne supportais pas l'idée d'en savoir moins que les autres tu t'es dit que tu allais me suivre et m'espionner.
Elle allait ajouter quelque chose mais devant mon regard glacial elle se ravisa. Je poursuivis donc.
- Donc, tu nous as observés pendant notre soirée. Et on ne t'as pas vue, tu étais où ?
- A l'autre bout du bar... Je n'ai pas entendu ce que vous avez dit, mais je t'ai vu sourire à tout bout de champ et même rire. Hisae, je ne te voies quasiment jamais comme ça.
- Donc au final, ça t'a apporté quoi vu que tu n'as rien entendu ? Lui demandais-je.
Elle réfléchit un instant avant de répondre.
- Ça m'a permis de me rendre compte qu'avec Nathaniel tu étais suffisamment à l'aise pour te laisser aller. Et que tu tiens à moi plus que tu ne le laisses entendre, tu m'as appelée Rosa parce que tu as perdu le contrôle en t'énervant. Alors ça me va. Conclut-elle en souriant timidement.
- Allez Hisae, ce n'est pas si grave. Passe l'éponge. Poursuivit Nathaniel.
- Ne recommence plus jamais Rosa, c'est bien compris ?
- Oui ! S'écria-t-elle.
- Et si tu veux savoir pourquoi je ne suis pas aussi à l'aise avec toi, c'est tout simplement qu'à chaque fois Castiel est dans le coin.
- Oooh... murmura-t-elle.
Après avoir réglé nos différents nous regagnâmes la plage pour de bon. Nous mangeâmes tous ensemble, Castiel le plus éloigné de moi possible. J'étais entourée par Rosa et Nathaniel et les discussions allaient bon train. Des rires se faisaient parfois entendre, Jade semblait très ami avec Violette. En début d'après-midi le groupe se dispersa en fonction des envies de chacun. Certains retournèrent se baigner tandis que d'autres préféraient prendre tranquillement le soleil sur le sable chaud. Parmi ceux qui restèrent bronzer avec moi, il y avait Rosalya et Leigh. Je n'avais aucune envie de leur tenir la chandelle et Nathaniel nous a rejoints suite à mon regard suppliant. Allongés sur le ventre Nathaniel et moi discutions en essayant de faire abstraction du couple à côté de nous qui se chuchotaient des mots doux. Je soupçonnais fortement Leigh d'avoir envie d'être seul avec Rosa, mais cette dernière ne devait pas comprendre les sous-entendus de son compagnon ou elle les ignorait ostensiblement. Lorsque Kim nous héla pour que nous nous joignons au reste du groupe, je n'hésitais pas une seconde et pris Nathaniel par le bras, lançant un regard appuyé à Leigh pour qu'il comprenne qu'il fallait qu'il retienne Rosa. Il me fit un sourire et porta Rosa pour l'emmener dans un endroit un peu plus isolé.
Arrivés à hauteur de Kim, je lâchais enfin Nathaniel et le laissait en compagnie de cette dernière. Je préférais fuir le reste du groupe, j'avais eu mon compte de contact social pour la journée. Je n'avais jamais autant discuté avec des... des quoi au juste ? Des connaissances ? Des amis ? Je n'en savais trop rien. Mais j'étais vidée émotionnellement bien qu'il n'y ait rien eu d'exceptionnel. Mais le fait est que je n'étais pas habituée à fréquenter autant de personnes amicales aussi longtemps et à interagir avec eux. J'avais discuté de tout et de rien avec chacun ou presque, j'avais évité Castiel toute la journée et j'avais eu une discussion assez houleuse avec Rosa. Rosa... Je soupirais en me demandant comment faire pour réfréner sa curiosité quasi maladive. Elle était quand même allée jusqu'à me suivre un soir pour voir si j'allais me confier plus à Nathaniel qu'à elle. Et après ça elle a « oublié » de mentionné la venue de Castiel aujourd'hui simplement pour être sûre que Nathaniel soit là et avoir une chance de me revoir comme l'autre soir. C'est-à-dire d'après elle, je cite « Souriante, amusante, plus bavarde que d'habitude, rieuse, l'air détendue ». A croire que d'habitude je tire la tronche toute la journée et que je suis un ermite.
Bref tout ça pour dire que j'avais eu mon quota de relations sociales pour la journée. Je pris discrètement mes affaires, récupéra mon vélo en mode « Mission impossible » et fila à l'anglaise. Je savais que si je me faisais surprendre à partir plus tôt que prévu j'allais me faire réprimander. Et pire encore, si Rosa me surprenait j'allais subir une scène impossible de sa part et j'allais même devoir rester après le départ de tout le monde comme punition pour ma tentative de fuite. D'où mes précautions et ma discrétion.
Je parvins jusqu'au sentier caillouteux qui grimpait jusqu'à la route sans me faire repérer par la majorité du groupe. Mais Lysandre très observateur, même s'il oubliait à peu près tout, s'était rendu compte de ma manœuvre et vint à ma rencontre tandis que j'enfourchais mon vélo.
- Hisae, peux-tu m'accorder une minute ?
- Euh... Oui du moment que c'est pas trop long. Je ne voulais pas être surprise par les autres et le risque d'être découverte augmentait à chaque seconde.
- Cela me convient parfaitement, je ne suis pas vraiment à l'aise ainsi.
- Comment ça ?
- Je me sens mal à l'aise par ce que je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Castiel et toi.
J'étouffais un grognement de mécontentement. J'avais réussi à l'éviter toute la journée, ce n'était pas pour en entendre parler juste avant de partir.
- Je suis désolé d'aborder ce sujet avec toi, mais si je ne le fais pas, personne ne s'en chargera à part peut-être Rosa. Ce serait profitable pour l'ensemble du groupe que Castiel et toi fassiez la paix.
De mieux en mieux.
- Vos disputes incessantes minent un peu le moral des autres. Je ne prends aucun parti, je ne désignerais pas de responsable de vos disputes mais je tenais à ce que tu le saches.
- Merci. Je vais essayer de faire un effort, mais tant que cet idiot se comportera de cette façon ça risque d'être impossible.
- C'est déjà ça. Merci. Ajouta-t-il avec un léger sourire. Une discussion entre vous pour mettre les choses à plat serait peut être profitable.
Je ne répondis rien et enfourcha mon vélo. J'attendis que Lysandre s'éloigne pour partir à mon tour.
Mais le chemin était en très mauvais état, empli d'ornières et de roches qui faisait déraper le vélo lors de son ascension. Ce qui devait arriver arriva. La roue avant dérapa sur un caillou plus fourbe que les autres et je perdis mon équilibre déjà précaire. Je m'étalai de tout mon long sur ce sentier sinueux les mains en avant pour tenter de protéger mon visage lors de la chute. Je vis plus que sentis mes mains rouler sur les roches suivis par mes coudes. Mon menton tapa contre le sol assez fortement, puis ce fut au tour de mes genoux.
La douleur mit quelques secondes à parvenir jusqu'à mon cerveau mais une fois mise en place, elle ne s'évanouit pas et mon visage se tordit légèrement sous l'effet de celle-ci. Une douleur lancinante irradiait de mes paumes en passant par mes poignets qui avaient encaissé le choc, suivi de mes coudes qui me brûlaient. Mes genoux étaient également en feu tandis que le bas de mon visage semblait comme anesthésié.
Sans un mot ni un cri de douleur je me redressai en position assise et m'emparais de mon sac qui était resté en place dans mon dos. J'en tirais une pince à épiler que j'emportais partout avec moi et commença à extraire les graviers qui s'étaient incrustés dans les écorchures de mes paumes. Cette opération fut relativement longue car après les mains je dus m'attaquer à mes genoux et mes coudes ce qui fut assez laborieux. Je sentais le sang perler sur mon menton mais je décrétais que cette partie de mon corps attendrait mon retour dans mon appartement tout comme la désinfection des plaies.
- Tu t'es pas ratée.
Au son de cette voix je me figeais avant de lever les yeux vers mon interlocuteur. Castiel.
- C'est pas le moment, dégage. Répliquais-je sèchement.
- Pourquoi t'as pas demandé de l'aide à Rosa par exemple, elle aurait été ravie de te secourir.
- T'as pas compris la première fois ? Dégage !
Il me regarda un moment en silence tandis que je rangeais rageusement mon matériel.
- Pourquoi t'as pas demandé de l'aide à tes supers nouveaux amis ? Demanda-t-il sarcastique.
- J'ai l'habitude de me débrouiller seule, moi. Lui rétorquais-je en lui lançant un regard appuyé.
- Tu crois que je sais pas me démerder seul ? Tu déconnes j'espère ?
- Qu'est-ce que j'en sais ? T'es collé à Lysandre à longueur de temps, t'as peur d'être seul ou quoi ? Dans ce cas, pourquoi tu t'es émancipé si t'es pas capable te t'assumer ?
Il haussa les épaules sans répondre. Son regard en revanche semblait en vouloir dire plus que son corps ne le permettait. Un sentiment que je ne parvins pas à identifier obscurcit son regard. Soudain il soupira et me tendit la main en évitant mon regard.
- Tu te fous de moi là, pas vrai ?
- Fais pas chier, je t'aiderais pas deux fois. Répondit-il en évitant toujours aussi obstinément mon regard incrédule.
- C'est bon je suis une grande fille, je gère.
- Je vois ça. Me lança-t-il avec un sourire goguenard croisant enfin mon regard.
Je me relevais sans son aide sous son regard moqueur, saisit mon vélo sans pour autant remonter dessus et fit un seul pas avant de m'écrouler à nouveau. Je suis tombée sur l'engin, la pédale de celui-ci s'enfonçant allègrement dans mes cotes m'arrachant au passage un grognement. Je ne m'étais pas rendue compte que je m'étais foulée la cheville lors de ma première chute. En me relevant, je constatais que Castiel se tenait toujours au même endroit et m'observait en silence.
J'empoignais de nouveau mon moyen de locomotion qui voulait ma peau et repris mon chemin cette fois en ménageant ma cheville défectueuse. A peine avais-je fais quelques pas que sa voix parvins de nouveau à mes oreilles.
- T'es ridicule, je vais chercher quelqu'un pour te ramener chez toi.
- Tu fais ça et tu vas vraiment le regretter, t'as bien compris ? Déclarais-je d'un ton plein de menaces.
J'avais déjà assez blessé mon orgueil en tombant deux fois devant Castiel, car j'étais sure qu'il était déjà là lors de ma première chute. Je n'avais pas besoin que quelqu'un d'autre me voit dans cet état.
J'étais extrêmement fière et c'était peut-être l'un de mes plus gros défauts. Je ne permettais jamais qui que ce soit de voir ma souffrance physique ou psychique. Je souffrais toujours en silence, obligeant mon corps à ne pas exposer ma douleur à la vue de tous, c'était pour moi une marque de faiblesse. On m'avait toujours inculqué que si je dévoilais un point faible comme la douleur par exemple, celui-ci serait utilisé contre moi d'une façon ou d'une autre. Je m'étais peut-être un peu ouverte aux autres, mais je n'en restais pas moins Hisae Amari, une jeune femme au futur parsemé d'embûches.
Toujours est-il que Castiel fit demi-tour et reparti vers la plage en marmonnant, quant à moi je retournais chez moi pour finir de panser mes plaies somme toute superficielles.
Lors de son cheminement jusqu'au groupe resté sur la plage Castiel ruminait ses pensées. Il trouvait qu'Hisae était vraiment étrange, mais pour la première fois il n'y avait pas de mépris dans ses pensées. Il avait réalisé que bien qu'elle se soit en apparence ouverte aux autres elle restait très solitaire comme elle venait de le démontrer en refusant toute aide à l'instant. Aussi étrange que cela puisse paraître cela le rassura d'une certaine manière, et lui qui ne parvenait pas à cerner cette fille fraichement débarquée, y trouvait un certain apaisement. Le fait de l'avoir vue dans cet état lui avait fait prendre conscience de certaines choses et inconsciemment son avis sur la jeune fille changea imperceptiblement.
Lors de mon retour au lycée Rosalya s'inquiéta de mes multiples égratignures visibles. Heureusement que j'avais pu cacher ma cheville légèrement enflée et bleuie. De même un hématome assez conséquent s'étalait sur mon flan et il me coupait parfois la respiration lorsque j'effectuais certains mouvements. Je pus constater que lorsque Rosa était inquiète, elle parlait plus et surtout plus vite. Sa voix rendue aigüe par l'inquiétude débitait les mots à une vitesse assez impressionnante. Je ne lui révélais pas l'origine de ces blessures, n'ayant pas envie de recevoir une réprimande supplémentaire. En réalité j'étais étonnée que Castiel ait tenu sa langue et qu'il n'ait pas profité de l'occasion pour me rabaisser un peu plus. Soudain les paroles de Rosa m'interpelèrent.
- Attends répète ce que tu viens de dire juste à l'instant.
- Euh... Le truc sur Castiel et Nathaniel ?
- Oui, oui ça. La pressais-je.
- Je te racontais qu'ils se sont disputés assez violemment.
- Pourquoi ?
- À cause de toi.
J'étais perdue. Je ne les avaient même pas vus se parler de la journée.
- Raconte-moi tout.
Elle ne se fit pas prier.
- C'était après ton départ, d'ailleurs on reparlera de ça, Castiel revenait du sentier par lequel on est arrivés et Nathaniel s'est précipité vers lui. Il lui a demandé ce qu'il t'avait dit et pourquoi tu étais partie. Il était furieux. Je crois qu'il pensait que Castiel t'avais encore agressé verbalement ou je ne sais quoi et que tu étais partie à cause de lui. Castiel a aussitôt répliqué que ce n'était pas ses affaires et qu'il ferait mieux de le laisser tranquille. Sauf que Nathaniel ne voulait pas en rester là et a commencé à prendre des gens à partie. Bon tu connais Castiel, à un moment tout ça l'a vraiment énervé et c'est là que c'est parti en vrille. Il a commencé à sortir ses quatre vérités à Nathaniel, notamment en parlant de sa « pétasse de sœur » ce qui ne lui a vraiment pas plu, tu le connais. Donc notre cher délégué au lieu de calmer les choses a sorti, lui aussi, de sacrés horreurs sur Castiel en lui balançant à la figure que ses parents l'avaient simplement abandonné quoi qu'il en dise. Après ils en sont venus aux mains. On a du s'y mettre à quatre pour les séparer, ce n'était pas joli à voir.
Je restais pensive après avoir écouté ce bref récit. Il y avait une animosité entre les deux garçons plus grande que je ne le pensais. Je ne sais pas ce qu'il s'était passé pour que ces deux-là en arrivent là, mais ça devait être du sérieux. Bizarrement, bien qu'il y ait eu une majorité de personnes du lycée qui était présents au moment de l'altercation, je ne m'en entendis pas parler. Si Rosalya ne l'avait pas mentionné, je ne l'aurais certainement jamais su. Nathaniel ne m'en parla pas et ignora mon regard appuyé sur sa lèvre fendue. Castiel quant à lui ne s'était pas montré les premiers jours mais lorsque je le revis j'avais pu remarquer que son arcade sourcilière avait également été entaillée même si elle avait plutôt bien cicatrisée entre temps. Aucun bruit de couloir sur la rancœur existante entre les deux hommes, même Peggy semblait ne pas y prêter attention. C'était comme si tout le monde s'était entendu pour fermer les yeux sur ce phénomène.
J'espère que ce chapitre vous a plut !
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