Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont issus du jeu Amour Sucré créé par ChinoMiko. Seule Hisae Amari et quelques autres sont issus de mon imagination.

Rating : T

Bonne lecture !

Esilia


Chapitre VIII

Nathaniel me lança un petit sourire en pouffant légèrement comme pour se moquer gentiment de moi.

Soudain une sonnerie familière retentit.

Je sortis mon premier téléphone de mon sac, mais rien ne s'affichait sur l'écran. Pourtant la sonnerie continuait de jouer sa mélodie envoûtante. Soudain la lumière se fit dans mon esprit. Enfin, on m'appelait ! Dans la précipitation je jetais le portable que j'avais en main pour mieux fouiller dans mon sac à la recherche du deuxième. J'avais les mains qui tremblaient d'excitation quand je me saisis enfin de l'objet. Je m'excusais vaguement auprès de Nathaniel avant de m'éloigner. Je n'en revenais pas. Enfin, mon attente allait peut-être prendre fin en ce jour. Je décrochais et répondis d'une voix tremblante d'anticipation.

- A... Allô ?

Une voix préenregistrée me répondit.

- Veuillez décliner votre identité.

- Mademoiselle Hisae Amari.

- Votre identité n'est pas valide. Il ne vous reste que deux essais.

- Mademoiselle Hisae Eleonora Athénaïs Amari.

- Veuillez donner votre mot de passe. Vous n'avez qu'un seul essai.

- Yacono.

- Vous allez être mise en relation avec votre correspondant, ne quittez pas.

Aucune musique d'ambiance, seul un silence pesant se fit entendre. J'espérais que cela être elle qui allait décrocher, mais je n'osais y croire. Allais-je parler à ma mère, à qui je n'avais pas adressé la parole depuis des années ?

Soudain, j'entendis une respiration calme et posée au bout du fil.

- Hisae ? C'est bien toi ?

- Mère... Lâchais-je du bout des lèvres.

- Je n'ai pas beaucoup de temps. Je voulais juste te tenir informée de la situation.

- Hum...

- J'ai annoncé ton existence auprès de mes plus proches collaborateurs. Je ne leur ai pas encore dévoilée ton identité. J'attends de voir leurs réactions dans les semaines à venir avant de leur dévoiler ton nom. Le jour où cela se fera, j'annoncerais ton existence au reste du monde. Mais avant de faire cette annonce tu devras revenir chez nous, sous notre protection. Je te préviendrais quand cela sera le cas.

- Hum...

Des gouttes de pluies roulaient le long de mes joues me déconcentrant.

- Tu seras bientôt de retour à la maison, je te le promets.

- Hum...

Je n'arrivais pas à formuler de pensées cohérentes. J'avais ma mère au bout du fil. Ma mère me parlait. J'entendais sa voix.

- Je voulais te l'annoncer en personne.

- Merci.

Un silence s'installa entre nous mais il fut rapidement rompu par ma mère qui reprit la conversation avec un ton différent.

- Tu sais... Je suis vraiment désolée de t'avoir fait vivre ainsi... Il ne s'est pas passé un jour sans que je ne pense à toi... Bientôt, tout reviendra à la normale et nous reformerons une famille.

- ... Oui. Vous me manquez à moi aussi.

- Tu me manques aussi ma fille. Je te dis à bientôt.

- Au revoir Mère.

- Au revoir Hisae.

Longtemps après la fin de l'appel je fixais encore mon portable comme si je voulais me persuader que ce n'était pas un rêve. Ma mère m'avait appelée. Elle avait commencé à faire son annonce me concernant. Je pourrais bientôt rentrer chez moi, avec ma famille au complet. Ma vie de nomade solitaire prendrait bientôt fin. Je levais les yeux vers le ciel qui était d'un bleu limpide. C'est à ce moment que je me rendis compte que ce n'était pas des gouttes de pluies qui roulaient sur mon visage, mais des larmes que j'avais versées sans m'en rendre compte.

Avoir eu ma mère en ligne m'avait bouleversée. Je n'arrivais toujours pas à aligner deux pensées correctes. À un instant j'étais folle de joie à l'idée de bientôt revoir ma famille, le moment d'après j'étais folle d'inquiétude car elle avait entamé son annonce. Cet ascenseur émotionnel avait eu raison de moi et j'avais craqué sans même m'en apercevoir.

Je m'étais repliée dans un coin du club jardinage, derrière la serre, afin de me ressaisir tant bien que mal. Mes larmes ne tarissaient pas même si elles étaient entrecoupées de petits rires. Ma vie allait devenir encore plus chaotique dans les semaines à venir.

J'allais devoir gérer une demie annonce de ma mère et donc me montrer encore plus prudente qu'à l'accoutumée, jusqu'à son annonce finale où elle révélera mon identité à ses collaborateurs ainsi qu'au reste du monde au passage. Cette nouvelle apportait son lot de stress avec elle, ce qui s'en ressentirait certainement sur mon humeur. Rosalya sera encore plus à l'affût, Nathaniel encore plus inquiet pour moi et Castiel ne s'en mêlera toujours pas.

En parlant de Castiel, celui-ci hésitait à ce propos. Il avait vu Hisae pleurer au téléphone puis il l'avait observée s'en aller les yeux un peu dans le vague. Il avait évidemment remarqué que quelque chose d'important c'était passé dans la vie de son panda mais il ne savait pas quelle conduite tenir. Devait-il faire comme à son habitude, c'est-à-dire ignorer ce fait et laisser les problèmes des autres là où ils se trouvent, ou au contraire devait-il aller la voir et essayer de lui remonter le moral ?

Il n'avait jamais fait ça pour quelqu'un d'autre que Lysandre, mais il se sentait prêt à essayer pour elle. Elle avait eu l'air tellement bouleversée par ce qu'elle venait d'apprendre qu'il avait eu envie de prendre soin d'elle.

Mais il n'en fit rien.

Premièrement ce n'était pas son genre de faire des trucs comme ça, et deuxièmement il était quasiment sûr qu'elle n'apprécierait pas le moins du monde.

Elle était comme lui. Solitaire.

Et quand on est ainsi, on règle nos problèmes par nous-mêmes.

On est fiers.

On est orgueilleux.

On ne montre pas ses faiblesses aux autres.

Et par-dessus tout, on ne quémande pas d'aide.

C'est donc d'après ce raisonnement qu'il en était venu à conclure qu'il valait mieux ne rien faire et attendre de voir comment elle réagirait.

Mais ce n'est pas parce que Castiel la laissait tranquille pour l'instant qu'il ne se questionnait pas à propos d'elle. Pourquoi une fille comme elle, qui paraît si insensible au premier abord, qui n'avait même pas poussé un cri de douleur lors de ses chutes à vélo et qui d'après la rumeur n'avait même pas bronché lors de l'explosion de la vitre, se mets soudainement à pleurer au téléphone ? Ça ne collait vraiment pas au personnage.

Castiel s'éloigna donc, pensant avoir pris la bonne décision en laissant Hisae seule. Si cela avait été lui, il n'aurait pas apprécié qu'elle se mêle de ses problèmes.

Seulement la vision de cette Hisae bouleversée le perturbait. Il savait qu'il avait fait le bon choix mais il se surprit plusieurs fois à se questionner sur la raison de son état. C'est ainsi qu'il se mit à écouter une conversation entre Rosalya et Nathaniel l'enquiquineur constant, qui étaient assis juste devant lui en cours d'Histoire.

Il savait par Hisae que ces deux-là s'étaient alliés pour extirper des informations à celle-ci.

- Je ne sais qui elle a eu au téléphone, mais ça l'a retournée. Tu aurais dû voir comment son visage s'est éclairé quand elle s'est rendue compte que c'était son portable mystère qui sonnait, déclara l'empêcheur de tourner en rond alias Nathaniel.

- Il y a un truc louche avec ce portable, murmura Rosalya l'air pensive.

- Et puis, quelle est l'utilité d'avoir deux téléphones ?

- Toi et moi on a le numéro du portable qu'elle utilise tous les jours, le portable blanc. Mais elle a un deuxième portable noir, le portable mystère, sur lequel elle reçoit des appels qui la chamboulent. Qui peut bien l'appeler dessus ? Je ne comprends pas. Encore si elle travaillait, on aurait pu croire que c'était pour son boulot, mais même pas. Dit Rosalya en réfléchissant à voix haute.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ? Demanda le blondinet irritant.

Il ne pouvait pas la laisser tranquille tout simplement ?!

- On active le plan B ! S'exclama Rosalya affichant un air conspirateur. La récolte d'informations ne fonctionne pas, on passe à l'étape suivante.

Le délégué propre sur lui hocha la tête pour signifier son accord en soupirant l'air contrarié par ce qu'il venait d'accepter.

Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien mijoter tous les deux ? Pour que Nathaniel soit réticent, cela ne devait pas être autorisé. Castiel se dit qu'il serait utile de les surveiller dans les jours qui viennent.

Pendant ce temps, Hisae était inconsciente à ce qui se tramait dans son dos. En fait pour être plus précis, elle était à peu près inconsciente de tout ce qui se passait autour d'elle aujourd'hui. Elle flottait sur un petit nuage. Elle était submergée par tant d'émotions qu'elle donnait la vague impression d'appartenir à un autre monde.

Elle était heureuse, pressée que l'annonce finale de sa mère ait lieu afin qu'elle puisse retrouver sa famille qu'elle n'avait pas revue depuis cinq ans. De temps en temps elle se mettait des claques mentales, il fallait qu'elle garde les pieds sur terre, maintenant plus que jamais.

L'engrenage s'était ébranlé, le mécanisme commençait à se mettre en marche, elle devait dès maintenant ne plus rien laisser au hasard, faire attention à ses moindres faits et gestes, surveiller ses arrières et observer le comportement de chacun afin de détecter le moindre geste ou parole suspecte.

Tout ce qui sera inhabituel devra la mettre sur ses gardes.

En sortant des cours, son esprit ne flottait plus sur un océan de bonheur mais il était livré à un combat intérieur violant. Son cœur et sa raison exprimant tous deux des opinions contraires.

Elle avait toujours su qu'à un moment donné de son existence elle serait amenée à devoir tout laisser derrière elle pour vivre la vie à laquelle elle était prédestinée. Ce moment approchait à grands pas. Sa raison la poussait donc à rompre tout contact avec Rosalya, Nathaniel et Castiel dès maintenant. Il valait mieux prendre les devants afin que les opposants de sa mère ne puissent l'atteindre à travers eux. Son cœur quant à lui hurlait de faire l'opposé. Il voulait qu'elle continue sa vie comme elle l'avait découverte grâce à eux, d'en profiter jusqu'au dernier moment. Son argument de poids était qu'il ne lui était rien arrivé au cours de ces cinq dernières années, elle pouvait donc en profiter l'esprit tranquille.

Hisae se laissai jusqu'au soir pour prendre une décision, même si la balance penchait sérieusement en faveur de sa raison qui était de loin la plus sage des deux.

Elle arriva donc au parc dans cet état d'esprit. Elle aperçut Castiel déjà présent sur leur banc, plongé dans sa musique en compagnie de son chien. Elle l'observa de loin et son cœur se serra à l'idée de l'abandonner prochainement. Elle observa ses doigts s'agiter sur la tête de son chien en rythme avec la musique de barbare qu'il écoutait, et elle trouva ça étrangement attendrissant. Soudain il releva la tête et la vit.

- Tu comptes rester plantée là encore longtemps ?

Tel un automate je me mis en mouvement jusqu'à lui et m'assis à ses côtés sans un mot.

Castiel me jeta un coup d'œil acéré. J'étais persuadé qu'il savait que quelque chose n'allait pas chez moi aujourd'hui, mais comme à son habitude il n'en fit pas mention. Quant à moi j'avais bien remarqué que quelque chose semblait le tracasser vu la manière dont il faisait trembler sa jambe, mais je ne lui en parlais pas. C'était notre accord tacite. Chacun ses problèmes, chacun se débrouille avec de son côté.

- Je préfère te prévenir pour Rosalya et l'enquiquineur constant. Ils ont prévu de passer au plan B, vu qu'ils n'arrivent pas à te soutirer d'infos.

- Et c'est quoi leur plan B ?

- Aucune idée, soupira-t-il en se s'appuyant contre le dossier.

- OK, merci de l'info.

Démon, son beauceron, se coucha à mes pieds demandeur de caresses. Ce chien était en réalité un gros nounours malgré son apparence agressive.

- Il me fait penser à toi des fois, déclara Castiel.

- Je ne me couche jamais à tes pieds pourtant. Dis-je avec un sourire.

- Ça viendra avec le temps. Murmura-t-il avec un sourire carnassier.

- Sinon, pourquoi je ressemble à ton chien ?

- Non mais regarde-le sérieux ! S'écria-t-il en levant les yeux au ciel l'air désabusé. Normalement c'est un chien qui fait peur, super imposant et tout. Et là qu'est-ce qu'il fait ? Il se dandine par terre comme une larve dès qu'il te voie. Quand on le connait un peu on se rend compte qu'il n'est pas du tout ce qu'il prétend être.

- Je ne me dandine pas par terre dès que je te voie. Dis-moi, c'est un fantasme pour toi d'avoir une femme littéralement à tes pieds ? Ça fait deux fois que tu me le dis quand même.

- C'est pas un fantasme, regarde Ambre, elle le ferait certainement pour moi. Ce que je voulais dire, c'est que la première impression que tu donnes c'est que tu vas nous tuer sur place si on te parle alors qu'en fait... t'es plutôt sympa.

Je ne répondis rien et continua de grattouiller Démon d'un air absent.

- Oh ! C'était un genre de compliment là !

- Hum...

- C'est pas une tare d'être appréciée tu sais.

- Hum...

- Ça te fait pas plaisir on dirait.

- C'est quoi l'avantage d'être appréciée ? On en profite sur l'instant, mais après ? Il se passe quoi après ?

Castiel prit un court instant de réflexion avant de me répondre.

- L'avantage d'être apprécié par quelqu'un, en sois même, y'en a pas. Mais c'est la sensation que ça t'apporte. Tu dois le savoir autant que moi, vu qu'on est des solitaires. Ça fait du bien de savoir qu'on compte pour quelqu'un. Et pour l'après, je ne vois même pas pourquoi tu t'en préoccupes. Quand ça s'arrêtera, t'auras mal et voilà c'est tout. C'est comme ça, y'a rien à faire.

- Alors il vaudrait mieux rester dans son coin pour ne pas souffrir après.

- Si tu pensais vraiment ce que tu dis, t'aurais jamais sympathisé avec personne, alors ne te mens pas à toi-même. On en a tous besoin, toi aussi. T'es humaine après tout.

- Je commence à regretter un peu.

Il me lança un regard acéré avant de continuer.

- T'as peur d'avoir mal ? Toi l'insensible de service ?

- Je suis humaine après tout.

- C'est complètement débile. Ça sert à rien d'anticiper la douleur. Profites-en tant qu'elle n'est pas là, et quand elle arrive il faut la gérer. Ça sert à rien de vouloir l'éviter, tu la rencontreras forcément un jour. Il faut y faire face quand elle est là et ne pas s'en préoccuper avant.

Pour clore cette discussion à laquelle je n'avais pas de réponse à fournir, je sortis mon IPod et lança une chanson au hasard. Les premières notes de musiques parvinrent à mes oreilles m'isolant du reste du monde. Ma raison flanchait sérieusement devant les arguments de Castiel, mon cœur quant à lui battait plus fort dans ma poitrine.

Nous restâmes près d'une heure dans le parc, assis l'un à côté de l'autre, sans nous adresser un mot.

Quand la nuit commença à tomber, nous partîmes. Comme d'habitude, j'accompagnais Castiel jusqu'à chez lui. C'était sur mon chemin et bien qu'il m'ait proposé à plusieurs reprises de me raccompagnait, je m'y refusais. Après l'avoir laissé chez lui, je repartis vers mon immeuble. Je croisai Annabelle dans l'escalier qui m'invita à venir boire quelque chose chez elle. Je n'eus pas le temps de refuser poliment puisqu'elle me traîna chez elle avec une force relativement surprenante pour son âge.

L'intérieur de son appartement était à son image. Il respirait la bonté et la gentillesse même si je suis incapable d'expliquer comment cela est possible pour un lieu d'exprimer ces sentiments. Elle me fit asseoir dans un canapé au drapé fleuri en face d'une petite table basse en bois ancien, puis elle disparut dans la cuisine après m'avoir demandé si un chocolat chaud me conviendrait.

Elle revint quelques instants plus tard, deux tasses fumantes dans les mains et en posa une en face de moi. Je la pris délicatement et respira le fumet délicieusement chocolaté qui s'en dégageait.

Annabelle se tenait en face de moi, droite dans son fauteuil qui semblait pourtant confortable. Elle me regarda avec un air attendri sur le visage puis commença un étrange discours.

- Tu sais, Hisae, la vie est un bien précieux. Elle s'écoule plus vite que l'on ne le pense, crois-en mon expérience. Elle est faite de hauts et de bas, de moments de joie et de peine, de rires et de larmes. Une bonne vie c'est fait de tout ça. Mais est-ce que tu sais comment savoir si tu as vécu une bonne vie ?

- Hum... Non.

- Une bonne vie, c'est avant tout une vie sans regrets. C'est quand on a des regrets que l'on sait qu'on a raté quelque chose à un moment, tu comprends cela ?

- Je pense.

- Si tu as compris ça, tu as compris la vie.

- Mais comment savoir si l'on a pris la bonne décision ? Comment savoir que l'on n'aura pas de regrets ?

- Tu veux que je te dise mon secret pour ne pas avoir de regrets, même si tu prends la mauvaise décision ? Le secret, c'est d'en profiter. Quel que soit ton choix, profite de ce que cela t'apporte, ainsi tu ne le regretteras pas. Si tu arrives à apprécier les conséquences de ton choix, alors jamais tu ne le regretteras. C'est aussi simple que ça. Même si par la suite cela te fais de la peine, tu ne le regretteras pas longtemps.

Je ne répondis rien, laissant le temps aux paroles d'Annabelle de s'ancrer en moi et d'en comprendre pleinement le sens. C'était d'une simplicité enfantine.

Une fois ma tasse finie, elle me congédia gentiment mais fermement.

Arrivée dans mon salon, je cherchais encore la signification de cette conversation. Pourquoi Annabelle m'avait-elle entraînée chez elle pour me faire réfléchir à la vie ? Pourquoi le faisait-elle ? Pourquoi aussi abruptement ? Et surtout pourquoi aujourd'hui, comme si elle avait su que j'étais face à un dilemme trop grand pour moi ? Comment avait-elle deviné cela ?

Annabelle était une grand-mère plus qu'étonnante.

Je m'installai sur mon lit et alluma mon ordinateur. Ce soir comme tous les soirs de ces deux mois précédents, je faisais le tous des sites spécialisés et autres forums à la recherche de la moindre trace d'une annonce de ma mère. Comme tous les soirs, je ne trouvais rien. Mais ce soir contrairement aux autres, cela me soulagea. Ma mère avait entamé une petite révolution et rien n'avait fuité, cela était de bonne augure pour elle et moi.

La conversation avec Castiel qui m'expliquait qu'il ne servait à rien de fuir la douleur, la discussion avec Annabelle sur comment éviter les regrets et le fait qu'il n'y avait rien de compromettant sur internet acheva ma raison et l'envoya au tapis. Mon cœur prit définitivement le dessus. Il ne servait à rien de craindre la douleur, cela ne ferait que m'épuiser avant l'heure. Il ne me servait à rien de craindre les regrets si je m'arrangeais pour ne pas en avoir. Je n'avais pas encore à avoir peur des opposants de mère puisque tout se passait bien pour le moment.

Ma décision était prise. J'allais profiter de ces derniers instants en leur compagnie. J'allais m'imprégner de leur gentillesse, de leurs rires, leur attention envers moi. J'allais m'en gaver jusqu'à n'en plus pouvoir. J'allais absorber tout ce qu'ils avaient à me donner pour que je n'aie rien à regretter. Toutes ces émotions allaient pouvoir me remonter le moral quand je devrais les quitter et cela pansera mes plaies lors de mon départ.

Le lendemain en relevant mon courrier, une enveloppe épaisse attira mon attention. C'était une enveloppe de papier kraft, sans timbre, sans adresse et sans expéditeur. Je savais parfaitement ce qu'elle contenait.

Ma future adresse.

Cette enveloppe avait toujours été synonyme de déménagement. Je la recevais en général tous les six mois. Je ne connaissais jamais l'adresse à l'avance. Lorsque je recevais ma nouvelle destination, j'avais une semaine pour m'y rendre.

Je devais donc déménager dans moins d'une semaine. Ordre de ma mère.


C'est tout pour cette semaine !

Si ce chapitre vous a plut/intrigué, parlez-m'en ! :)