Note du Jour : J'ai faim. Ben comprenez, je n'avais pas de note du jour et j'avais faim alors... voilà.

PS :Ai-je dis dans l'un des chapitres que l'enlèvement de Tsuna n'avait duré qu'une seule journée ? Si c'est le cas, veuillez m'excuser mais je viens de laisser entendre dans ce chapitre que ça avait duré plus longtemps.

C'est un peu dur de boucler ce chapitre sachant que j'ai pas mal de révisions à faire. En fait, j'avais pas mal avancé sur ce chapitre en février, mais j'ai commencé à bloquer au passage Bel-Fran. C'était difficile de faire une ''confrontation'' même si ça n'en est pas réellement une. Err... j'espère que vous aimerez quand même. Théoriquement – si je suis mon plan approximatif, il reste un chapitre et un épilogue ( qui ressemble davantage à un chapitre dans ma tête ).

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DÉSOLÉE POUR LE RETARD. J'aurai fait la totale. Panne d'inspiration, donc je n'ai pas posté en mars comme prévu initialement. Puis j'ai eu des problèmes de santé, puis la gastro et la grippe ( qui ne vont pas dans le même panier que ''problèmes de santé'' ). Bon, assez parler de ça, je m'excuse tout de même pour le retard engendré.

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Merci à tou(te)s celles/ ceux qui suivent, un grand merci en fait =D

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Réponses aux reviews et merci pour les commentaires :

Alexandra919 :

Je t'avoue que je demandais au début qui choisir comme otage même si mon choix était déjà très orienté vers Futa et que je regrette que leur relation n'est pas été un peu plus creusé dans le manga ( même si je comprends et que j'aime tout autant le travail d'Amano-san/sama ). c'est sûr que c'est difficile de trouver qui si on ne le remarque pas x) Ahah ~ arrête, je suis en train d'imaginer une inconnue ( ou plutôt toi sous forme de personnage manga ) en train de sautiller/ te tortiller à un mètre du mur. C'est assez amusant et légèrement troublant.

Yep, tout le monde de présent. Je me suis demandée si ce n'était pas trop mais après tout, Dino est venu squatter quand il a su que la neuvième génération et les Shimon venait. C'est Dino quoi, toujours arriver à l'improviste. Et puis, c'est le ''grand-frère'' de Tsuna. Pour Bianchi, et bien c'est simple, elle devait arriver quand on ne s'y attend pas. Sooooo ~ Enjoy !

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Tahury :

Hey ! Et bien, je crois que c'était la phrase de Tsuna mais moi aussi j'ai ri en la relisant. On a beau s'appeler Reborn, on ne peut être parfait en tout.

Le Drarry est assez caché c'est vrai mais c'est parce que.. ben en fait, c'est plus un truc de second plan, de plus err, je dévoile des choses que je devrais pas dire là, tu le sais ? J'ai prévu de faire un OS ( quand j'aurai terminé la fiction ) et c'est là-dedans ( je crois ) qu'on parlera plus de leur couple. Avant, dans cette fiction, c'est rapprochement léger et un Harry-extrêmement-rougissant-merci-les-Dursley-pour-le-manque-de-confiance-en-soi ! Je vais essayer d'écrire quelques passages dans le prochain chapitre. Je pense que ce serait pas mal en effet. Bah, tout le monde a des coups de blues j'imagine donc Tsuna n'y échappe, surtout au vu de ce qui lui est arrivé. Bonne chance pour tes partiels ( err, j'ai du retard mais j'imagine que tu vas peut-être en avoir dans quelques temps ). et merci.

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Julia13verseau :

Salut ! Merci à toi et contente que ça t'aies plu.

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Toudra Aka' Mari :

Salut !

Waou tu me flattes ! Je suis heureuse de voir que tu aimes tant cette histoire, j'espère qu'elle ne te décevras par la suite. La fin de l'histoire était prévue dès le début, j'ai néanmoins peur qu'elle laisse les lecteurs sur la faim. Je ne vois cependant pas d'autres fins possibles pour une histoire comme celle-ci et un auteur comme moi. Bref, la fin n'est de toute façon pas pour tout de suite – désolée je divague un peu. Bonne lecture.


/!\ Vous allez me tuer à la fin de ce chapitre /!\

Bon sinon, je vous dis rendez-vous au prochain chapitre.


« I risk everything if it's for you

I whisper into the fight

Telling me it's not my time and don't give up

I've never stood up before this time

Demo yuzurenai mono itta kono te wo hanasanai. »

One Ok Rock – The beginning

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Anglais - Italien

PARTIE 7 – Pressentiment

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Une grande main caressait ses cheveux. C'était une certitude. Ce n'était pas la main de Reborn. Ça aussi, c'était une certitude. Ça n'était pas non plus Xanxus ou l'un de ses gardiens. Xanxus avait une poigne plus ferme, même quand il était 'doux'. Mais ça n'en restait pas moins une main d'homme. C'était doux. Agréable. Comme lorsque sa mère venait le border le soir, quand il était plus jeune. Il appréciait de sentir cette main passer dans ses cheveux indomptables. C'était comme... retomber en enfance. La main frotta doucement son visage et son bout de nez et Tsuna le retroussa en repoussant une soudaine envie d'éternuer. Une délicieuse odeur de pancake fait maison vint lui chatouiller le nez et un micro-sourire étira ses lèvres. Sa mère aussi aimait lui faire des pancakes le dimanche. Cela faisait un moment à présent qu'il n'avait pas goûté les pancakes de sa maman. Ça lui manquait un peu. Bien sûr, la nourriture à Poudlard était excellente, mais ça n'était pas la même chose. Fon l'avait déjà taquiné une ou deux fois à ce sujet en lui disant qu'il avait le mal du pays. Tsuna n'avait pas compris. Fon avait juste sourit en réponse. La conversation avait déviée sur un autre sujet.

Ses cauchemars s'étaient calmés depuis que Mammon lui avait offert un chasse-rêve. Honnêtement, Mammon ne croyait pas à ce genre de babioles mais si Tsuna y croyait, il y avait plus de chance pour que cela fonctionne. C'était quand même sacrément psychologique ce p'tit truc. De même, il ne s'agissait pas d'un vulgaire objet quelconque. C'était un chasse-rêve magique. Les jumeaux Weasley lui avaient certifié que cela fonctionnait bien qu'ils lui avaient confié que l'objet avait lui-même ses propres limites. Mammon était prêt à déterminer quelles étaient les limites de cette étrange chose. Quoiqu'on en dise, Mammon – anciennement Viper, était très protecteur envers sa famille et il ne se pardonnerait jamais de ne pas avoir su protéger l'un de ses ''petits-frères''. Il s'agissait de sa Famille bon sang !

Hayato avait été terrifié quand il avait vu Tsuna être à nouveau emporté dans les profondeurs de l'eau. Le responsable de cela avait de la chance de s'être enfui avant son arrivée à lui et Takeshi parce que sinon, sybille (nda : désolé mais je n'arrive vraiment pas à l'écrire ''sibylle'' je crois que je l'ai écris avec la faute pendant tout mon cours d'HDA ) des eaux ou pas, il le lui aurait fait payer chèrement. Enfin, cette créature avait de la chance que la santé du Dixième le préoccupe plus que le sort de cette misérable chose sinon il ne se serait pas fait prier pour la traquer et l'achever. Il avait déjà tué. Ça n'était pas un problème. Il était né dans le monde sombre de la Mafia. Et pour survivre alors même qu'aucune famille ne voulait de lui, il avait du se résigner à faire le sale boulot, celui réservé aux plus bas de la hiérarchie de l'Underground. Le monde des Souterrains était ainsi. Tous les tueurs à gages n'étaient pas au niveau des ex-arcobaleno. En fait, la plupart était au bas de la hiérarchie, seuls un tiers des tueurs à gages se spécialisaient dans les contrats d'exécution et montaient ainsi dans les rangs. Gokudera avait arrêté tout cela lorsqu'il avait rencontré le dirigeant de la Vongola Famiglia, Timoteo Nono. Et puis il avait fait la rencontre de Reborn par le biais de l'actuel dirigeant des Vongola. Celui-ci avait laissé traîner la possibilité de devenir boss des Vongola en battant le candidat, un petit japonais de son âge. Hayato ne voulait pas vraiment devenir boss. En fait, il était juste incroyablement perdu et n'avait pas de chemin tracé pour lui. S'il était vraiment juste, il pourrait dire qu'il aurait pu faire carrière n'importe où, dans la musique – mais bosser quatorze par jour sur son piano ne l'intéressait pas_, ou dans n'importe quelle autre affiliation tant qu'il se servait de son cerveau. Mais Hayato voulait servir un boss. Un grand boss. Quelqu'un capable de diriger ses hommes sans être cruel. Il voulait servir quelqu'un comme Timoteo Nono. Alors il s'était introduit dans le bureau des archives des Vongola – ce qui n'avait pas été une mince affaire_, et avait récupéré l'adresse du collège de Tsunayoshi Sawada, le candidat au titre de Decimo. Il se souvenait s'être demandé comment cette adorable gueule d'ange pouvait faire parti de ce monde sombre avant de se souvenir que la Mafia n'épargnait personne... et accessoirement, que les Vongola n'étaient pas exactement comme n'importe quelle autre Famiglia. Hayato avouait sans mal s'être montré très immature lors de sa rencontre avec le Juudaime. Dès le début il avait hostile avec le garçon, le trouvant indigne d'intérêt. Autant s'intéresser à cet enfoiré d'préfet qui – lui au moins, aimait se battre ( ' c'était la seule qu'il aimait ' pensa Hayato ). Y avait aussi cet imbécile de sportif. Gokudera l'avait détesté dès le début. Trop insouciant. Le brun avait une vie normale, bien loin des soucis de la Mafia. Hayato les avait un peu détesté pour ça. Le Juudaime avait une mère aimante et Yamamoto, ce stupide baseballeur s'entendait très bien avec son père et était l'un des meilleurs de joueurs de baseball de la préfecture d'Akita. Il y avait beaucoup de choses que Hayato leur enviait, néanmoins, l'argenté ne pouvait mentir sur certaines choses. L'une d'entre elles étaient extrêmement importante : sa rencontre avec eux était la meilleure chose qui lui soit arrivée. Lorsque la Tempête avait perdu contre Tsuna, Reborn avait agit comme s'il s'en doutait et c'était probablement le cas. La flamme de détermination de Tsuna était si puissante que Hayato se demandait comment il avait pu ne pas la sentir plus tôt. Le manque de confiance du Juudaime probablement. Les autres gardiens s'étaient peu à peu ajoutés. Le caractère emporté de Gokudera lui avait valu nombre de remarques mais il pouvait ainsi s'assurer que le Dixième ne soit pas en danger. Le bras posé sur son ventre se resserra autour de sa taille et Hayato laissa échapper un soupir d'aise. Heureusement que l'autre bienheureux dormait encore. Il aurait sûrement ri de bonheur. Stupide baseballeur. Hayato ne contrôlait pas tout-à-fait les réactions inattendues produites par son corps. C'était pas sa faute. C'était ce stupide corps qui refusait de l'écouter. L'argenté ne voulait pas réagir ainsi autour du sportif. À vrai dire il ne voulait pas réagir du tout. Mais c'était plus fort que lui. D'ailleurs, ils étaient quoi au juste ? Un an plus tôt, il avait eu des sentiments pour la stalkeuse du Juudaime, Haru, mais c'était bien vite passé. Pourtant, avec l'Autre, ça ne passait pas. C'était plus fort, plus intense et plus que probablement réciproque. Qu'est-ce que c'était au juste ? Hayato connaissait parfaitement tout ce qui touchait à la théorie. Mais dès que l'on entrait dans la pratique, tout foutait le camp. Une jambe vint se frotter contre les siennes et les draps glissèrent sur leurs corps dénudés. Hayato déglutit. Il sentait dans le bas de son dos la réaction matinale du sportif. Yamamoto aussi avait été inquiet pour Tsuna lorsque la sibylle de l'eau l'avait entraîné plus profondément dans le lac. Hayato le savait. Il avait vu son regard briller d'inquiétude alors que tous deux se ruaient vers la rive pour plonger à la rescousse de leur meilleur ami. Les adultes-sorciers n'avaient pas été assez rapides, pas assez réactifs. Si les autres Vongola n'avaient pas été présents, si Tsuna avait été seul, il serait probablement mort. Gokudera frissonna à ce constat. Il savait que la création d'une flamme de la brume avait épuisé son boss. Il savait que le futur Decimo avait puisé dans ses dernière forces pour ramener Futa à la surface en toute sécurité. Il savait que si lui et Takeshi n'avaient pas réagit aussi rapidement, le petit châtain serait probablement mort. Et Hayato avait peur. Il ne voulait plus perdre de proches. Il savait pourtant que c'était inévitable. Ils évoluaient après tout dans le monde sombre de la Mafia. Ce n'était pas rien. Surtout pour des adolescents. Autrefois, on ne pouvait pas rentrer dans la Mafia avant d'atteindre ses dix-sept ans – exception faite pour les enfants de mafieux_, mais les choses avaient changées et Tsuna était – de toute façon, une exception à la règle.

Hibari ne dormait pas. Il se contentait de fixer le plafond, allongé sur son lit. La respiration régulière de l'ananas sur l'autre lit lui indiquait que celui-ci dormait, les légers ronflements ne faisant qu'appuyer cette hypothèse. Kyoya avait été tenté de lui balancer un tonfa pour l'assommer, histoire de faire taire ses incessants ronflements. Bien que légers, ils troublaient le silence de la pièce. Et Hibari Kyoya aimait le silence. Il l'aimait tant et si bien qu'il s'était souvent battu pour l'obtenir. Il se souvint d'un jour, environ un an et demi plus tôt, où il avait mordu à mort Tsunayoshi à l'hôpital, lorsque celui-ci avait été déplacé dans sa chambre. Ça avait été tellement drôle, un peu moins pour le châtain qui s'était transformé en momie et avait à nouveau changé de service pour les cas désespérés. Néanmoins, Hibari ne regrettait pas ses actions, le petit châtain était tellement divertissant. Hibari avait abandonné l'idée de le battre à mort sexuellement parlant. Il avait beau être un carnivore, il savait reconnaître une chasse gardée par – et ça faisait mal de l'avouer_, un carnivore plus puissant. Et puis, Tsuna le voyait comme un grand-frère apparemment. Kyoya ne pouvait pas lutter contre ce genre de lien. Et Tsunayoshi se trompait rarement sur ce genre de choses. Après que les scores aient été affichés, le Cheval Ailé avait porté Tsunayoshi sur son dos et l'avait ramené dans les appartements privés des Vongola ( Poudlard avait d'ailleurs rajouté des chambres pour l'occasion ), escorté par les autres Vongola et Romario. Il avait ensuite déposé Tsunayoshi sur son lit et avait veillé un moment sur lui avant de laisser la place à Reborn. Ça n'était que tôt dans la matinée que le tueur à gages en était ressorti, affirmant que Tsuna ne s'était pas une seule fois réveillé. Le Neuvième boss des Vongola avait alors demandé à voir son successeur. Kyoya grogna doucement. À part savoir que le petit carnivore dormait toujours, personne n'avait rien su de la santé de ce dernier. Il ne devait pas être en trop mauvais état puisque Reborn n'avait pas paru inquiet. Pourtant, le gardien des nuages ne pouvait s'empêcher d'être inquiet. Il avait beau être un nuage solitaire, il était l'un des plus proches du ciel. Et il savait que Tsunayoshi souffrait. En silence. Il n'était pas sûr de savoir pourquoi, bien qu'il soit certain que cela ait un rapport avec un certain événement. Et depuis l'incident avec Mammon, il en était plus que sûr. Cependant, même Reborn ne savait pas exactement de quoi il en retournait et tous savaient d'ores et déjà que Mammon ne parlerait pas, même sous la torture. Quelle misère...

Ryohei enroula ses bras autour de la taille de la jeune fille à ses côtés afin de l'attirer dans une étreinte serrée. L'inconvénient dans ce ''voyage scolaire'' était que Kyoko, sa petite sœur, n'avait pas été autorisée à venir. Il n'avait jamais vraiment été séparé de sa famille, de sa sœur plus précisément. Ça avait été un coup dur, mais Ryohei savait que son ptit frère aurait plus besoin de lui pendant ce voyage. Kyoko pouvait s'en sortir sans lui, elle le lui avait déjà prouvée mainte fois. Kyoko était populaire. Elle n'avait pas de problème à l'école et savait quel quartier éviter pour ne pas avoir d'ennui. En fait, s'il devait être honnête, Ryohei avouerait que c'était lui qui avait besoin de sa petite sœur et pas l'inverse. Pourtant, il s'était toujours débrouillé pour lui être indispensable. Le parfait grand-frère – quoiqu'un peu stupide sur les bords. La jeune fille avait grandi et s'était épanouie à Namimori, dans la préfecture d'Akita. Ils n'avaient pas toujours habité là-bas. Ils avaient vécu à Kagawa dans la préfecture de Shikoku. Kyoko s'en souvenait à peine, Ryohei un peu plus. Kyoko n'avait que trois ans lorsqu'ils avaient quitté la région de Kagawa pour s'installer dans leur petite ville-plus-si-paisible-que-ça. Le père Sasagawa était un homme d'affaire, pas si riche que ça, mais suffisamment occupé pour les faire déménager à l'autre bout du Japon. La mère Sasagawa avait été femme au foyer pendant un long moment avant de reprendre le travail et d'ouvrir un café dans le quartier sud de Namimori. Kyoko aimait beaucoup le café. Hanika Sasagawa leur donnait souvent des pâtisseries à manger au collège. Kyoko aimait beaucoup les pâtisseries, c'était son pêcher mignon. Ryohei aussi aimait beaucoup, mais moins que la jeune fille. Kyoko était le rayon de soleil de sa vie. Ryohei était prêt à tout pour la protéger. Et la laisser seule à Namimori avait été l'une des choses les plus difficiles qu'il eut à faire. Pourtant, il savait que c'était la meilleure chose à faire. Il devait aussi prendre soin de son ptit frère de cœur qui était si fragile depuis quelques temps.

Lambo et Futa dormaient d'un sommeil agité. I-pin à côté d'eux, les observait tendrement. Elle savait ce qui les tracassait au point de leur donner des cauchemars. Tous ici étaient liés d'une certaine façon à Sawada-san. L'adolescent était adorable et I-pin, qui était pourtant jeune, savait beaucoup plus que ce qu'elle ne montrait. Âgée de sept ans, elle savait que le châtain s'approchait chaque jour un peu plus de la cérémonie de succession du Titre de Parrain des Vongola. Elle savait que Sawada-san n'avait jamais voulu cela mais avait fini par se résigner à ça, sachant que c'était l'unique façon de protéger sa famille et ses proches. Le garçon était unique. La jeune fille le savait bien. Il agissait en pensant d'abord à sa famille, qu'importe combien il était effrayé, il ne voulait décevoir personne. Comme s'il le pouvait . . Tsunayoshi Sawada était un jeune homme plein de surprises. Avec sa part de ténèbres. I-pin savait bien que son ''grand-frère'' dormait mal la nuit. Elle l'avait entendu crié quelques mois plus tôt, avant le départ de la Dixième Génération pour Poudlard. Elle savait que le châtain avait demandé l'aide de l'illusionniste de la Varia. Elle ne savait en revanche pas ce que cela avait résulté, hormis que Sawada-san n'avait plus crié la nuit.

Skull enfouit son nez dans le cou de son jeune amant. Il était assez inquiet pour le jeune Ciel des Vongola. C'est pourquoi il était venu voir le Serpentard. Celui-ci avait un don incroyable pour l'apaiser de tous ses tourments. Il ne faisait rien de spécial. Mais il était là pour lui et ne l'embêtait pas comme l'aurait fait Reborn pour se décharger de sa frustration. Pourtant il savait Theo curieux. Mais le garçon ne l'interrogeait pas, ne le questionnait pas, ne fouinait pas. Il était simplement présent à ses côtés.

« Il ne s'est pas encore réveillé. »

Theo leva les yeux de sa tasse de thé pour dévisager l'ancien arcobaleno des nuages.

_ Il dort encore. Il était épuisé.

_ Verpey a dit que son illusion avait demandé beaucoup de travail. Chuchota le vert et argent.

Skull acquiesça.

_ Ouais. La flamme de la brume n'est pas son élément. Je savais même pas que c'était possible d'allumer une flamme qui ne correspond pas à son élément. Enfin, j'imagine que c'est l'avantage des porteurs de la Flamme du Ciel.

Skull se tut quelques instant et hocha la tête pour lui-même.

_ Comme la brume n'est pas son élément, Sawada a du utiliser beaucoup d'énergie pour la consumer et la maintenir.

Skull se redressa pour s'asseoir et posa ses coudes sur ses genoux avant de changer à nouveau de position pour se rallonger.

_ Tu es inquiet, nota l'héritier Nott.

_ Je le suis. Sawada est... et bien, ce n'est pas seulement mon... boss en quelques sortes.

Leonardo secoua la tête, ne trouvant pas ses mots.

_ Et bien... Sawada a un certain pouvoir naturel sur son entourage. On ne peut pas le détester bien longtemps je crois. La preuve, presque tous ceux qui ont essayé de le tuer sont devenus ses alliés et/ou lui ont juré allégeance.

Theo rit doucement : il n'avait pas entendu parler de cela, bien qu'il s'en douta à partir du moment où il apprit que Xanxus – le type aux nombreuses cicatrices_, avait essayé de tué Tsuna presque un an plus tôt. Le garçon aux cheveux ébouriffés se redressa, laissant les draps glisser pour dévoiler son corps pâle et fin, seulement vêtu d'un boxer. L'adolescent se déplaça à quatre pattes sur le lit avant de venir s'installer sur les genoux du tueur à gages.

« Je suis sûr qu'il va bientôt se réveiller, Leo. »

Un fin sourire étira les lèvres du tueur. Theo était le seul à pouvoir l'appeler ainsi. En fait, il était la seule personne encore vivante à connaître son véritable patronyme. Et Leo espérait que cela continue ainsi. Theo était devenu, en l'espace de quelques semaines, la personne la plus importante pour lui. Le centre de son univers. Bien sûr, il n'oubliait pas la Famiglia à qui il avait juré allégeance, mais à côté, il savait que si Theo venait à être mis en danger, il n'hésiterait pas à partir en plein milieu d'une mission pour retrouver son amant. Parce que Theo était la personne qui comptait le plus pour lui. Le tueur à gages déposa un baiser papillon sur les lèvres du plus jeune, puis sur le bout de son nez avant de descendre dans son cou. C'était agréable, de commencer ainsi la journée.

Belphegor fronça les sourcils en relisant une énième fois le contrat que Xanxus venait de lui faire passer. Il voulait du sang. Il voulait tuer. Mais se concentrer.. alors que d'un côté il y avait le chaton qui ne s'était toujours pas réveillé et de l'autre, la Recrue qui ne lui causait plus... c'était impossible ! Des excuses !? Il était un prince nom de dieu ! Il n'avait encore jamais eu à s'excuser !Et franchement, Bel avait beau se repasser ses récentes ''conversation'' avec la grenouille, il ne voyait pas ce qui avait pu différer par rapport à d'habitude. Il s'était contenté d'agir comme toujours, en parfait prince prétentieux vis à vis de la grenouille. C'était ça où il oubliait volontairement le jeune âge de la recrue pour faire des choses qu'un adolescent de quatorze ans ne devrait pas faire (Fran était l'adolescent en question). Il l'avait juste rabroué quand le vert avait commencé à parler. Y avait rien de mal avec ça.

« Personne ne veut de toi. »

Bel sursauta. Il se souvenait de cette phrase. C'était pendant la sortie à Pré-au-Lard, lorsque Bel s'était débarrassé du bébé grenouille. Il n'avait pas vraiment voulu être méchant – faux, il était méchant ! C'est ce qui faisait de lui ce qu'il était_, mais comment repousser quelqu'un comme Fran à part en se montrant vexant ? De toute façon, c'est pas comme s'il avait pu prévoir un soudain changement de comportement chez Fran. C'était pas sa faute !

« Même tes parents t'ont abandonné. »

Bel n'était pas sûr, mais Fran avait semblé réagir à cette phrase. Enfin, de son avis il avait aussi réagit quand il lui avait dit le détester donc peut-être n'était-ce pas vraiment une réaction ? Fran ne l'appréciait pas et ne cherchait donc pas son approbation pour quoique ce soit.

« Tu ne vaux rien. »

Le blond se recroquevilla dans son lit. Fran ne dormait plus dans leur chambre commune ou peut-être se levait-il plus tôt puisque Bel tombait toujours sur un lit impeccablement fait lorsqu'il se réveillait. Belphegor n'aimait pas ça. Il n'aimait pas savoir le vert loin de lui alors même qu'il savait que c'était uniquement de sa faute. Belphegor détestait ça. Il détestait ce sentiment d'impuissance, ce sentiment de culpabilité et... et cette douleur dans la poitrine. Cette douleur omniprésente. Le prince déchu haïssait son état. À cet instant précis, il était faible. À cet instant précis, il ne méritait pas sa place dans la Varia. Il avait fait pleurer l'un des siens ! Il avait aussi mis en colère le (futur) grand boss.

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Timoteo Nono, le Neuvième Parrain Vongola avait toujours su qu'un immense pouvoir sommeillait en ce jeune et timide garçon qu'était Tsunayoshi Sawada. Il l'avait su à la seconde où son regard s'était posé sur l'enfant. Et il n'avait jamais douté. Il savait qu'entraîner un enfant aussi jeune dans ce monde sombre était un paris risqué, mais il savait aussi que le jeune garçon ne faiblirait pas. L'adolescent allongé à côté de lui était unique. Et sa volonté brillait aux yeux de tous, forçant le respect aux plus réticents. Tsunayoshi avait un pouvoir unique et Timoteo savait qu'il s'en servirait pour protéger et servir sa Famille, tout comme lui l'avait fait dans ses jeunes années et continuait encore de le faire aujourd'hui. Tout en caressant la chevelure indomptable de son successeur, Timoteo songea qu'ils avaient là une belle et grande famille. Et qu'il aimerait avoir encore un peu de temps pour la voir grandir et s'épanouir.

Lorsque Gokudera descendit au rez-de-chaussée avec la Famiglia, il ne s'attendait pas à faire cette découverte là. Déjà, lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle ce matin-là ( qui était bien pleine pour une fois ), ils furent accueillis par une nuée d'applaudissements. Enfin, Tsuna fut accueillit par une nuée d'applaudissements. Le Gardien de la Tempête remarqua que les rares élèves de Durmstrang et BeauxBâtons présents semblaient bouder. Peut-être n'avaient-ils pas eu droit au même accueil. Puis tout-à-coup...

« Hayato ? »

L'argenté se figea. Face à lui, à une quinzaine tout au plus, il y avait... son ventre eut un gargouillis. étrange, et il se recroquevilla avant de s'effondrer au sol.

« Aniki... »

Il n'y eut tout à coup plus un bruit alors que Gokudera agonisait au sol, juste à côté de son boss.

« Hayato ! s'exclama ce dernier en s'accroupissant à côté de lui, avant de se tourner vers la jeune femme inconnue au bataillon ( du moins pour les sorciers ). Bianchi ! Pourrais-tu mettre tes lunettes s'il te plaît ? »

Une jeune femme se tenait au milieu de la Grande Salle, indifférente aux nombreux regards qu'elle recevait. Elle était belle, de taille moyenne, peut-être même relativement grande et possédait une longue chevelure parme qui détonnait tant dans la masse de cheveux châtains-blonds-bruns des sorciers. Ses yeux en amande luisaient et renvoyaient la lumière du soleil qui filtrait par les fenêtres. L'inconnue haussa un sourcil à la demande de Tsuna puis soupira en sortant une paire de lunettes de soleil :

« Je croyais qu'il avait dépassé ce traumatisme.

_ Je ne pense pas qu'il y parviendra un jour. » rumina Tsuna en redressant doucement son bras-droit avec l'aide de Yamamoto.

Il avait parlé doucement. Pourtant, dans le silence religieux de la Grande Salle, on l'entendit comme s'il l'avait crié. Tsuna ne se redressa que quand Takeshi lui eut assuré qu'il veillait sur l'argenté, et se tourna vers la demi-sœur de ce dernier.

« Que fais-tu ici, Bianchi ?

_ J'avais une mission dans le coin. Je suis juste passée pour te féliciter et m'assurer que Hayato était toujours vivant. »

Tsuna hocha la tête et laissa son regard dériver vers les élèves, s'attardant un moment sur Cédric qui regardait avec curiosité une assiette de pancakes. Il allait reprendre la conversation lorsqu'il remarqua quelque chose d'étrange avec l'assiette de pancake. Et alors que Cédric allait porter un morceau à sa bouche, Tsuna se déplaça d'un bond et balança son bras à la rencontre de celui du plus âgé. La fourchette vola et atterrit avec un cliquetis assourdissant sur le sol de la Grande Salle.

« Tsuna ? » fit Cédric, abasourdi.

Tsuna prit un air gêné et se passa la main dans les cheveux.

_ Hum ouais.. désolé pour ça. Bianchi -

Il désigna la jeune femme d'un geste vague avant de poursuivre.

_ Est hum... en quelques sortes une... une professionnelle en poisons culinaires.

Un ange passa. Et Cédric devint blanc en repoussant doucement l'assiette qui était demeurée devant lui.

_ Une – une de tes amies ? Hasarda Cédric.

Le Poufsouffle vit le Champion des Vongola grimacer et en déduisit donc que ce n'était pas cela.

_ La sœur aînée d'Hayato.

_ Demi-sœur, le corrigea Hayato, toujours agonisant.

Tsuna acquiesça distraitement puis releva la tête vers la jeune femme.

_ D'ailleurs, si tu pouvais éviter de tenter de tuer nos camarades... c'est – c'est vraiment une mauvaise habitude que tu as de vouloir tuer tout le monde avant d'apprendre à les connaître.

Bianchi haussa un sourcil moqueur.

_ Je te signale que tu es toujours vivant toi. Alors que tu as pourtant fait l'expérience de mes poisons cooking.

Harry se figea en entendant cela. Cela voulait-il dire que Tsuna aussi était un Survivant ? Et bien, il s'en doutait un peu déjà lorsqu'il entendait des bribes d'anecdotes venant de la Varia – ceux-ci dînant et déjeunant toujours à la table des lions. Mais de là, à le dire... et bien, peut-être que les Survivant couraient les rues finalement.

_ Peut-être, mais j'étais techniquement déjà mort donc ça ne compte pas vraiment.

Minute quoi ?!

_ Tu devrais remercier Reborn pour cela dans ce cas. Fit la dénommée Bianchi.

Attendez... Pourquoi le tuteur sadique aurait-il à voir avec le cas de résurrection de Tsuna ? D'ailleurs, comment ce dernier avait-il pu le ressusciter ? Ça n'était pas possible ? Même la Magie ne pouvait pas faire cela ! Si c'était le cas, Harry aurait déjà ramené ses parents à la vie.

_ Si je devais le remercier à chaque fois qu'il me tue pour me ranimer ensuite avec une balle de dernière volonté, je pense que je n'aurais fait que ça de mes journées durant les premières semaines qui ont suivi l'arrivée de Reborn. Marmonna Tsuna.

Dans le silence pesant on l'entendit à nouveau comme s'il l'avait hurlé.

_ Attendez, quoi ?

À ce cri – qui reflétait d'ailleurs la pensée de tous, on se tourna vers la table des lions pour dévisager prudemment le gamin Finnigan qui semblait enregistrer difficilement les informations.

_ Comment ça ''mort'' et ''vivant'' ? Ça veut dire quoi tout ce charabia ?!

_ Oh ça ? Fit Bianchi.

Tsuna commença à trembler, imaginant déjà le pire. Bianchi – comme la plupart de son entourage, pouvait vraiment faire preuve d'un manque de tact flagrant.

_ C'était juste les premiers mois de formation de Tsuna. Mourir et revivre. Maintenant qu'il s'est amélioré, Reborn n'a plus besoin de lui tirer dessus.

À ce stade, Tsuna comprit qu'il n'y avait plus rien à faire et partit s'asseoir à côté de Cédric qui fixait le vide, bouche bée, et en profita pour laisser cogner sa tête contre la surface lisse de la table.

« Merde les gens. » maugréa-t-il.

Il dut se cogner la tête à trois reprises avant que Cédric ne se reprenne et ne le rattrape alors qu'il entamait son quatrième rendez-vous galant avec la table.

_ Tu vas avoir une belle bosse, Tsuna.

Tsuna lui offrit un regard vide et Cédric frissonna presque. Parfois il plaignait vraiment Tsuna. Son statut devait être lourd à porter certains jours. Néanmoins, à chaque fois qu'il revoyait le sourire du châtain lorsque celui-ci regardait sa Famille, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux et peut-être même d'envier le jeune homme qui semblait avoir trouvé sa place.

« Hum, qui sont ces personnes, Tsuna ? l'interrogea le septième année en désignant d'un geste vague les deux jeunes filles qui accompagnaient la dixième génération Vongola.

_ Oh ! »

Tsuna se retourna vivement vers ses deux amis et rougit d'embarras.

_ Désolé, s'excusa-t-il. Voici Kyoko et Haru, nos meilleures amies. Kyoko est la petite sœur de Ryohei.

Les deux jeunes filles s'inclinèrent en saluant les étudiants dans un anglais légèrement timide et hésitant que leur rendirent plusieurs sorciers.

« Ce sont des sorcières ? »

Ce ne fut pas vraiment une surprise – pour Tsuna en tout cas, de découvrir que la question ne venait pas d'un Serpentard mais d'un Serdaigle de sixième année dont il ne connaissait pas le nom.

_ Non, répondit calmement Tsuna. Mais elles sont tenues au secret.

Puis, avant que quiconque n'ait eu le temps de récriminer les étudiants Vongola, Tsuna recula de deux pas pour placer devant les deux jeunes femmes.

_ Et elles sont sous la protection des Vongola.

Ses yeux couleur caramel semblaient désormais être de la lave en fusion et le Serdaigle déglutit et se maudit d'avoir laissé ses pensées dépasser la barrière de ses lèvres. Parfois, il maudissait sa curiosité. Alors, pour calmer le châtain – qu'il savait bien plus fort que lui malgré les apparences, le sixième année hocha la tête et se ré intéressa à son petit-déjeuner. Les grands yeux de Tsuna reprirent leur teinte d'origine et il rosit délicatement. Il n'avait pas l'habitude d'être aussi sérieux. L'autre gars n'avait fait que poser une question, mais Tsuna avait décelé une pointe de dédain et n'avait pas apprécié. Pour se secouer, Tsuna se retourna vers les deux jeunes filles et les invita à prendre place, bégayant légèrement. Kyoko rit doucement. Tsuna restait malgré tout Tsuna. Et c'était pour le mieux.

« Au fait Tsuna, intervint Bianchi en s'arrêtant derrière lui alors qu'il se servait un verre de jus d'orange ( le jus de citrouille n'était pas vraiment sa tasse de thé bien qu'il en buvait parfois pour faire bonne figure. Après tout, ne dit-on pas ''À Rome, fais comme les romains'' ? ). n'aurais-tu pas vu Reborn ? »

Le ton suave employé par la jeune femme ne laissait aucun doute de ce qu'elle ferait – ou voudrait faire_, une fois qu'elle aurait retrouvé l'hitman et Tsuna plissa les yeux en serrant les dents. Jaloux ? Lui ? Tss pas du tout. Comme si c'était son genre. À la place de la réplique bien sentie qu'il avait retenu de justesse, Tsuna se retourna vers le scorpion avec un sourire innocent et lui répondit avec le plus de douceur qu'il put :

« Désolé, Bianchi. Je n'en ai aucune idée. »

Seuls des yeux avisés ou des proches vraiment proches ( au sens émotionnel ) auraient pu remarquer que le masque qu'il portait révélait en fait l'expression aigre d'une personne ayant avalé un citron pressé.

De toute façon, quoi ? Tsuna s'en fichait de la vie privée de son tuteur. Ça ne le concernait pas le moins du monde. Il pouvait bien continuer à fricoter avec la tueuse, pour ce que ça changeait. Absolument rien ! Tiens, ils pouvaient même se bécoter dans la Grande Salle, ça ne lui faisait rien du tout. Pas le moindre frisson de dégoût. Pas le moindre tiraillement dans la poitrine, ni de colère rien qu'en n'y pensant. Non madame ! . . . . . . . . . . . . . Bon. . . peut-être un peu en y repensant. Mais rien qu'un peu.

« na. . . Tsuna ? »

Tsuna sursauta et plongea dans le regard assombri du Poufsouffle qui le dévisageait avec inquiétude. Ça allait devenir une habitude si ça continuait. Honnêtement, il devait arrêter d'effrayer ses proches.

_ Désolé. J'étais dans mes pensées. Oui ?

_ Je me demandais combien de temps tes amies allaient rester.

Tsuna tourna la tête pour voir ses deux amies discuter avec quelques jaune et noir de troisième années et plus. Elles souriaient et semblaient heureuses de faire ces rencontres. Tout-à-coup, Tsuna trouva profondément injuste qu'elles ne puissent vivre cette aventure avec eux alors qu'elles avaient toujours été là lors de leurs combats contre de puissantes familles et contre touts les ennemis qui se dressaient contre eux et leur survie. Tsuna aurait tellement aimé qu'elles soient là elles aussi et qu'elles vivent ce qu'ils vivaient chaque jour depuis leur arrivée dans le monde magique. Il connaissait cependant les raisons du refus du Neuvième. Faire louper aux jeunes filles toute une année scolaire, ils ne pouvaient se le permettre. Et les parents de Kyoko n'étaient au courant de rien. Pas plus que ceux de Haru. Bien sûr, Reborn avait toujours su inventer de bons mensonges, mais là, ce n'était pas la même chose. Tsuna n'aimait pas mentir aux parents de ses amis. Naturellement, Tsuyoshi Yamamoto était parfaitement au courant des réseaux du Souterrains. Et il savait que son fils trempait – ou tremperait, bientôt dedans. Tout comme lui avait trempé dedans depuis sa plus tendre jeunesse. Bien que lui appartenait au réseau japonais. Ils étaient épéistes et tueurs à gages de père en fils, bien que Takeshi ne l'ait appris que bien tardivement. Tsuyoshi avait longuement hésité à parler de ce monde à son fils, mais finalement, quelqu'un d'autre l'avait déjà fait et, voyant la détermination briller dans le regard de son garçon, Tsuyoshi n'avait pu que faire ce pourquoi il avait travaillé depuis la naissance de son ptit garçon. Il voulait assurer l'avenir et la survie de ce dernier. C'était tout ce qui comptait pour lui. Et il savait que Takeshi tremperait tôt ou tard dans ce monde. C'était écrit. Et on n'échappait pas à son destin.

Pas sans conséquences.

.

« Tsunayoshi-kun, puis-je te parler ? »

Tsuna leva les yeux vers le vieil homme en entendant une voix l'interpeller. Il traînait dans les couloirs, se demandant quoi faire de son temps. Il avait passé la matinée avec les filles, la dixième génération et les Shimon dans les appartements privés des Vongola à apprendre et à leurs apprendre les dernières nouvelles puis Kyoko et Haru étaient parties retrouver des Poufsouffles avec qui elles avaient échangé leurs numéros de téléphone tandis que Julie et Adelheid se disputaient comme un vieux couple et que les autres... se battaient. Tsuna avait fait passer le temps – et avait par la même fui le champ de bataille, laissant Enma se charger du reste_, à la bibliothèque pour en ressortir une heure plus tard. Et maintenant, il se traînait dans les couloirs en compagnie de quelques Poufsouffle de cinquième années qui lui avaient proposé d'intégrer le cours de métamorphose, son cœur battant irrationnellement vite.

« Bien sûr, grand-p – Kyuudaime. »

Le Neuvième Parrain des Vongola sourit avec indulgence. Il aimait bien quand Tsuna l'appelait grand-père. Cela lui faisait oublier que Xanxus ne l'avait jamais appelé ''papa'' ou même ''père''. Tsuna s'excusa auprès des jaune et noir, leur proposant de les retrouver en salle de métamorphose si l'heure le lui permettait et les quitta avec l'assurance de ne pas les avoir froissé. Les deux Vongola se promenaient tranquillement dans les larges couloirs du château, croisant tantôt des étudiants qui les saluaient chaleureusement, sourires auxquels ils répondaient bien évidemment, quand Nono prit la parole :

« Je voulais savoir si tout allait bien. Mammon m'a parlé de tes cauchemars. Il m'a dit qu'ils étaient revenus. »

Le ton était calme, empli de douceur, mais Tsuna sursauta tout de même. C'était un sujet délicat, les cauchemars... Il n'aimait pas vraiment parler de cela. Et il savait bien que le vieil homme ne le forcerait pas. Néanmoins, Tsuna devait beaucoup au neuvième et il avait entièrement confiance en lui. Pas que ça ne soit pas le cas avec les autres ! C'était juste... différent. Nono était comme – comme un grand-père pour lui. Comme une personne de son sang, ce qui, à bien y réfléchir était un peu le cas. Mammon et Enma connaissaient déjà toute l'affaire, Fran dans les grandes lignes, presque entièrement ( Tsuna avait juste éviter les passages qui pourraient faire replonger Fran dans de mauvais souvenirs ) et Tsuna savait bien qu'il devait en parler au Neuvième du Nom. Rien que pour satisfaire sa conscience. La petite voix fluette de Futa lui rappelait de bien lui en parler avant le départ de la Neuvième Génération.

Leur rythme de marche ralentit considérablement et ce fut une promenade toujours calme même si une onde de sérieux se répandit dans le couloir.

« Je les ai revu. » annonça doucement le châtain, les yeux rivés sur le sol dallé sur lequel ils marchaient.

Nono inclina la tête bien que Tsuna ne le vit pas, pour l'inciter à poursuivre.

_ Ils m'ont enfermé dans le coffre d'une voiture. Un 4x4. Je m'souviens d'avoir crié et hurlé. Pendant un long moment.

Tsuna n'osa pas lever les yeux pour rencontrer le regard compatissant du vieux parrain.

_ Ils ont du en avoir marre de m'entendre crier. Puisque la voiture s'est arrêté et que l'un d'eux m'a fait respirer dans un mouchoir.

Il y eut une pause.

_ Quand je me suis réveillé.. j'étais dans un vieil entrepôt désaffecté sur le bord d'une route à la campagne. Je ne me souviens pas de tout ce qui s'est passé. C'est encore assez flou, mais, je sais que, après avoir été passé à tabac, ils m'ont endormis et -

_ Et ? L'encouragea doucement Nono.

_ J'étais dans un poulailler. Il y en avait plein. Plein partout !

La respiration de Tsuna se coupa et il prit une brusque inspiration alors qu'il s'arrêtait en plein milieu d'un couloir extérieur désert. De là où il était, Tsuna voyait parfaitement les élèves en ''perm'' profiter de leur temps libre dans la Cour de Métamorphose, et peut-être eux-même les voyaient-ils.

_ Calme-toi, Tsunayoshi. Tu n'es plus là-bas. Et tu n'y retourneras pas.

Malgré le ton léger et rassurant du vieil homme, Tsuna n'en était pas certain. Il se garda bien de faire part de ses doutes mais Nono l'avait senti. Hélas, il ne pouvait rien faire de plus à part être présent pour l'enfant et l'encourager tout en l'aidant à se reconstruire après cet événement traumatisant.

_ Il y en avait plein. Elles étaient partout. Elles voulaient me tuer. Je le sais ! Elles volaient partout. Il y avait plein de plume. Et du sang et – et – et elles se sont jetées sur moi.

_ Qui ça, Tsunayoshi ?

_ Les – les boules de plumes les – les poules ! Elles me picoraient le visage et le corps et – et j'avais mal. Vraiment mal. Je saignais et elles continuaient. J'avais peur. Et puis, au bout d'un certain temps, alors que je croyais que j'allais mourir dans cet endroit, la porte s'est ouverte. Je n'y croyais pas au début. Mais quand j'ai passé la porte, rien ne m'a retenu. Alors j'ai couru. J'avais mal partout et je saignais beaucoup, mais je ne voulais vraiment pas rester là, alors j'ai écouté mon instinct et je suis parti vers le sud.

Tsuna s'interrompit un instant lorsqu'il avisa dans un coin reculé Marcus Flint, Serpentard de sixième année et une certaine Gabriella de l'année de Cédric se bécoter dans un coin ombragé du couloir. Les deux ne semblaient pas les avoir aperçu et Tsuna parlait en italien, mais il était gêné de parler de cela devant eux, quand bien même ils n'en comprenaient pas un traître mot. Il attendit de les avoir dépassé de plusieurs mètres pour reprendre la parole.

« J'ai couru pendant plusieurs heures je crois, mais je n'en suis pas sûr. Je sais qu'ils étaient sur mes traces. Et je sais que c'était un jeu pour eux, mais.. j'ai continué à courir. Je n'avais pas assez de force pour utiliser mes flammes alors courir, c'est tout ce que je pouvais faire. Puis je suis tombé sur la route. J'ai cru que j'étais sauvé. Je n'avais plus qu'à marcher et à prier pour qu'une voiture s'arrête avant qu'ils ne me retrouvent mais...

_ Que s'est-il passé, Tsunyoshi ? »

Tsuna se tut. Que s'était-il passé. Il se souvenait vaguement et dans un flou constant la suite des événements. Rien de clair cependant, juste des flash et quelques moments comme ça. Que s'était-il passé ? Il savait qu'il avait été drogué, mais pourquoi ? À quel usage ? Que s'était-il passé quand il était dans les vapes ? Il restait tant de zones d'ombres..

_ Quelqu'un s'est arrêté alors qu'il était en voiture... ou peut-être m'a t-il rencontré dans la forêt et m'a-t-il proposé de m'emmener, je ne sais plus. Et je l'ai suivi. Quand on est arrivé devant la voiture, mon hyper-intuition s'est réveillée, mais c'était trop tard et la seule chose qu'il m'a dit, c'est de dormir. C'était le second homme. Celui qui ne parlait jamais. Je sais qu'ils étaient bien plus que deux, mais ce sont les seuls qui m'ont gardé pendant... tout ce temps. J'ai er... un trou de mémoire à partir de là et la prochaine chose dont je me souviens, c'est que j'étais de retour dans le poulailler et qu'elles ont .. elles ont... recommencé à se jeter sur moi.

C'était douloureux pour Tsuna de raconter ses souvenirs hachuré. Mais ça l'était tout autant pour le Neuvième, qui comprenait peu à peu ce par quoi était passé l'adolescent à ses côtés. Il savait bien sûr que l'horreur ne se résumait pas qu'à cela, les trous de mémoires de Tsunayoshi laissant présager bien plus que ça, mais pour l'instant, c'était déjà bien assez. Il devait se concentrer sur la guérison de son successeur.

_ Ils me parlaient parfois. Surtout pour m'insulter en fait.

_ T'insulter ?

_ De fils de pute entre autre, avoua doucement Tsuna en rosissant délicatement.

Il n'était pas le genre de garçon à jurer de la sorte, non. Ça, c'était plutôt le truc de Gokudera.

_ Parfois le matin, ils me résumaient le programme de la journée. Ils me disaient ce qu'ils allaient me faire, et ils riaient quand je réagissais. Ils ne parlaient pas beaucoup... mais ils riaient beaucoup entre eux. Je ne crois pas qu'ils étaient italiens d'origine. Des fois quand ils parlaient et qu'ils pensaient que je dormais, ce n'était pas de l'italien qui sortait de leurs bouches. C'était bien plus... nordique.

Tsuna se tut. À partir de là, les blancs se faisaient plus nombreux. Il avait du mal à se remémorer du reste. Des flash passaient dans ses esprit, trop rapides pour qu'il en comprenne le sens. Quelle était au juste la signification de tout ceci ? Est-ce qu'il se souvenait même de ce qui s'était passé après qu'ils l'aient amené dans cette salle de... dans des sortes de cave. Elles avaient plus attrait à des cachots en fait. Les fines cicatrices qui scarifiaient son corps approuvaient l'hypothèse de la torture, mais rien ne lui revenait. Peut-être était-ce pour le mieux ? Il savait qu'il en revoyait des passages lors de ces cauchemars, mais il ne s'en souvenait que très vaguement au réveil. Malgré l'absence de cauchemars – et ce grâce à l'intervention direct de Mammon, Tsuna avait peur de la solitude. C'est pourquoi il ne rechignait que pour la forme lorsque des carnivores s'invitaient dans sa chambre. Il savaient que ceux-ci ne tenteront de trop... glauque, dirons-nous. Tsuna le savais, même Mukuro, qui était le plus entreprenant de ses gardiens, n'avait fait que l'enlacer en lui murmurant des propos salaces lorsqu'il avait été chargé de veiller sur lui quelques jours après l'Incident. Les autres étaient relativement calmes et se contentaient d'une relation platonique si ce n'est quelques allusions – et bien sûr on omettait Byakuran parce que lui c'était un véritable pervers fana de pratiques BDSM_, même les membres de la Varia se comportaient maintenant comme des grands-frère ( petit dans le cas de Fran ) et en ''maman'' quand il s'agissait de Lussuria. Tsuna devrait d'ailleurs penser à demander à ce dernier de cesser d'effrayer les étudiants quand il partait à la ''chasse au beau mec''. Tsuna frissonna. Il ne pouvait qu'imaginer ce que Lussuria avait tenté de leur faire.

« Yoshi ? .. Tsunayoshi ? »

Tsuna sursauta et leva les yeux vers le Neuvième. Il s'était laissé emporter trop longtemps dans ses pensées et avait inquiété le parrain Vongola. Se secouant mentalement, un fin sourire étira les lèvres du Dixième du Nom quand il regarda Timoteo :

« Kyuudaime, vous ne voudriez pas un chat par hasard ? »

.

.

Après avoir longuement discuté et ri au sujet de l'affaire du chat que Tsuna voulait offrir à Nono ou peut-être même à Xanxus ( afin de faire ressortir la douceur du chef de la Varia ), Tsuna vint rejoindre les Poufsouffles de cinquième année avec qui il avait pu être vu plus tôt. Comme il l'avait pensé, le cours de métamorphose était terminé depuis longtemps, aussi, Tsuna vint s'excuser de ne pas être venu bien qu'il les ait prévenu de cette possibilité, et leur proposa de les suivre pour leur prochain cours. C'est donc un groupe enthousiaste de jaune et noir accompagné d'un Vongola qui parvint aux serres pour un cours de Botanique avec leur directrice de maison.

Le cours fut agréable bien que Tsuna faillit un perdre un doigt tant la plante carnivore dont leur groupe s'occupait semblait l'apprécier. Le jeune homme se fit charrier là-dessus durant tout le trajet du retour, jusqu'à leur arrivée dans la Grande Salle à l'heure du déjeuner. Ils retrouvèrent leurs camarades et Tsuna s'étonna de ne pas y trouver ses amis et grands-frères. Étaient-ils en formation ? Son regard balaya la tablée dans l'espoir de voir les autres Vongola mais il dut se résoudre à l'évidence ils n'étaient pas là. Avec un soupir, le jeune homme s'apprêtait à s'asseoir avec les Poufsouffles avec qui il avait passé la matinée lorsque son regard accrocha quelque chose et qu'il se figea. Danny, l'un des poufsouffles de cinquième année le vit blêmir et tanguer dangereusement. Il le rattrapa de justesse par le bras et l'aida à se redresser, recevant un regard reconnaissant de ce dernier, accompagné d'un sourire piteux. Malgré tout, son regard hanté revint se poser sur la source de son malaise et son teint vira cadavérique.

« Tsuna ? Tu m'entends ? »

Son pouls s'accéléra et le jeune homme s'affaissa contre le plus âgé en fermant les yeux avec force. Il ne devait pas se laisser submergé par ça. Surtout pas ! Pas ici ! Il était trop vulnérable. Son corps trembla malgré lui et ses yeux s'écarquillèrent alors que les souvenirs lui remontaient. Les bruits incessants, les plumes qui volaient partout et le bruit, le bruit. Toujours plus fort. Toujours plus irritant. À vous rendre fou.

« Tsuna ? »

La voix qui l'appela, celle du cinquième année, semblait devenir de plus en plus inquiète, mais Tsuna n'arrivait pas à rester concentré dessus. Tout ce qu'il voyait c'était cette cage dans laquelle on l'avait enfermé. Quelques Poufsouffles levèrent les yeux vers les deux élèves en remarquant que l'un semblait anxieux et fixait l'autre qui était complètement hagard, inconscient de ce qui l'entourait. Gabriella, la fille en septième année fronça les sourcils à cela :

« Danny, que se passe-t-il ? »

Danny ouvrit la bouche pour parler mais une sensation de picotement parcourut son dos et il se retourna à temps pour voir l'un des gars – Mammon, venir vers eux, d'une démarche impérieuse. L'encapuchonné vint se poster devant les deux garçons et dégagea doucement Tsuna du Poufsouffle en le remerciant d'un hochement de tête. Danny le comprit et se recula un peu, anxieux pour l'autre adolescent. Ce n'était pas la première fois que le Vongola était pris de malaise, surtout depuis quelques jours et les poufouffles ne trouvaient pas cela particulièrement rassurant. Mammon prit le visage de Tsuna en coupe et le força à le regarder.

« Tsuna. Tsuna regarde-moi. Tsuna ? »

Tsuna, bien que plongé dans le regard du plus âgé, ne semblait pas le voir. Il semblait complètement ailleurs. Mammon ne comprenait pas ce qui avait pu déclencher une crise de panique chez le petit châtain mais le plus important pour l'instant était de le faire sortir de cet état pré-panique.

« Tsuna. Tsunayoshi tu m'entends ? »

Mais rien à faire, Tsuna n'écoutait pas. Mammon soupira, espérant que la formation des autres Vongola durerait encore un peu il ne manquerait plus qu'ils arrivent maintenant pour que la journée soit définitivement foutue en l'air. Mammon balaya la salle du regard, notant que quelques uns les regardaient avec curiosité ou appréhension, ayant sans doute remarqué le teint blanc et la respiration sifflante du plus jeune. Son regard tomba soudain sur une deuxième année de Poufsouffle, assis non loin d'eux et, lorsqu'il vit que le regard de Tsuna avait suivi le sien et qu'il tanguait un peu plus, Mammon jura bruyamment dans sa langue maternelle, faisant sursauter les plus proches. Se concentrant à nouveau sur le plus jeune, le Gardien de la Brume resserra sa prise sur le visage du gamin, sans pour autant venir à lui en faire mal.

« Tsunayoshi, écoute-moi. Ce n'est pas réel. Il n'y a rien.

_ Elles... elles sont là. Chuchota doucement Tsuna. j- j'les vois. Elles sont partout ! »

Son éclat lui valut quelques regards curieux mais aucun des deux Vongola n'en eut cure.

_ Tsuna, ce n'est pas réel. C'est une illusion, un souvenir. Il n'y a rien ici. Tu me fais confiance n'est-ce pas ?

Le regard de Tsuna était un peu moins voilé, mais il était toujours à moitié plongé dans les limbes de son esprit, dans ses souvenirs passés.

« S'il vous plaît... susurra doucement Tsuna en clignant des yeux.

_ Tsuna, ne replonge pas.

_ Je – J'peux pas. J'arrête pas de les voir. Je suis sûr qu'elles sont là. »

Un soubresaut plus violent le prit et Mammon fut contraint de s'écarter un instant avant de reprendre en coupe le visage du petit garçon.

_ Tsunayoshi. Je peux t'assurer qu'elles sont pas là. Ce que tu as vu, commença-t-il doucement, est le fruit de ton passé. Tu dois apprendre à faire abstraction à cela. Tu dois passer à autre chose. Tu dois le faire, Tsuna.

Tsuna tremblait. Mammon le sentait et le voyait.

_ Ouvre les yeux.

Mammon se montra patient et grand bien lui en prit. Il fallut une longue minute avant que le jeune Vongola se décide à ouvrir les yeux, et ce ne fut que pour quelques secondes puisque son regard retomba immédiatement sur la source de son malaise. Tsuna chancela, s'appuyant sur l'illusionniste pour ne pas trébucher et enfouit son visage dans la cape de ce dernier.

_ J'peux pas. Murmura-t-il piteusement.

Mammon hocha la tête. Il s'en doutait, mais le gamin avait déjà fait beaucoup d'effort et le plus dure était passé la crise était réprimée. Le souffle contre son cou retournait peu à peu à la normale et, bien que les larmes qui menaçaient de s'écouler plus tôt roulaient désormais librement sur les joues rebondies du jeune homme ( qui cachait par ailleurs son visage contre le torse de Mammon ), il paraissait un peu plus calme. Presque apaisé. Presque hein. L'encapuchonné enroula un bras autour de la taille du châtain et lui chuchota à l'oreille :

« Je crois que nous devrions nous retirer. Tu dois être épuisé et.. je doute que tu puisse manger face à ça. »

Tsuna se raidit dans ses bras, puis acquiesça en silence et les deux ne tardèrent pas à quitter la Grande Salle, tête basse pour Tsuna.

/

Théo bouquinait en silence à la table des Serpentards en attendant le début du repas – ce qui n'était pas pour tout de suite_, lorsqu'il remarqua le silence anormal à la table de sa maison. Et bien, les Serpentards n'étaient pas bruyants de nature (ou s'ils l'étaient, ça ne sortait pas de la salle commune), mais tout de même, il y avait des limites à ne pas frôler. Il releva donc la tête et s'apprêtait à poser une question lorsqu'il remarqua que la majorité de ses camarades de classe et aînés semblaient fixer quelques chose face à eux. En suivant leur regard, il tomba sur le profil de Tsunayoshi Sawada, champion des Vongola, futur boss de son amant, et jeune homme très sympa à côtoyer. Naturellement, il fronça les sourcils, se demandant pourquoi beaucoup d'yeux étaient rivés sur lui et l'autre Vongola qui lui faisait face. Son froncement de sourcils s'accentua lorsqu'il prit compte de leur gestuelle. Tsunayoshi était tendu comme un arc et secouait de temps à autre la tête en murmurant frénétiquement. L'autre semblait le rassurer et parler calmement sans jamais relâcher son contact physique avec lui. Le plus âgé – Mammon s'il se souvenait bien de ce que lui avait dit Leo (Skull)_, ramenait désespérément l'attention sur lui lorsque l'Héritier Vongola se concentrait sur... quoi ?!

Marcus Flint était perplexe. Pas quant à la soudaine plus ou moins bonne entente inter-maisons. Pas non plus quant à son intérêt pour une Poufsouffle de Septième année, Gabrielle-Quelque-Chose – une très belle jeune femme soit-dit-en-passant. Non. C'était la scène qui se jouait devant lui qui le rendait perplexe. Un instant plus tôt le Vongola était.. et bien, normal. Aussi normal qu'il puisse être. L'instant d'après il paraissait sur le point de s'évanouir et tout ça à cause de quoi ? À cause d'une poule ! Une peluche ! Alors comprenez-le. Marcus était perplexe. Très perplexe. Surtout que l'autre encapé semblait semblait très sérieux. Bon, cette histoire ne le concernait pas mais en une période de paix comme celle-ci ( entre maison cela s'entend, Marcus était tout-à-fait NEUTRE dans la guerre qui se profilait, même si le Petit-Potter serait parfait au lit /SBAF/), il fallait bien s'occuper. Et observer les autres était une assez belle occupation pour les étudiants poudlardiens. À la table des Serpentards on se concerta. Les Vongola étaient des personnes vraiment.. mystérieuses et étranges. Et, le plus normal du groupe se révélait finalement être le plus mystérieux de tous. Le pire étant qu'il ne laissait rien paraître. Il ne disait rien quant à ces soudaines crises. Il n'expliquait pas et ce n'était pas comme si quelqu'un avait eu le courage d'aller le lui demander. Lorsque l'adolescent se fut retiré avec l'illusionniste de la Varia, un léger bourdonnement envahit la salle, seulement apaisé par l'arrivée des délicates jeunes filles de Beaux-Bâtons.

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Lorsque Reborn rentra dans la chambre ce soir-là, après avoir brièvement parlé avec Mammon, ce fut pour la trouver déserte. Suspicieux – l'illusionniste lui avait dit que Tsuna était déjà à l'intérieur_, il fit quelques pas et ouvrit la porte sur la gauche, celle qui menait à la salle d'eau. La porte n'émit aucune résistance et s'ouvrit dans un faible grincement. Personne. Son froncement de sourcil s'accentua et il recula pour venir se poster devant le lit en croisant les bras. Quelque chose lui disait qu'il faisait fausse route mais pour une fois, il ignora la petite voix de sa conscience ( pourquoi avait-elle la voix enfantine de Luce ? ) et se baissa pour regarder sous le lit. Rien. Pas même un mouton de poussière. Y a pas à dire, les elfes de maison faisaient vraiment bien leur travail. Tsuna n'aimait pas être enfermé dans le noir. N'aimait plus pour être exact. Est-ce que par hasard... ? C'est davantage soucieux et inquiet que le trentenaire se redressa et fit son chemin jusqu'à une autre porte. Il ne savait pas s'il devait être soulagé ou inquiet lorsqu'il trouva Tsuna roulé en boule dans le dressing de leur chambre. Le jeune adolescent était recroquevillé, ses bras ayant ramené ses genoux contre sa poitrine et sa tête plongée dans ses genoux, se balançant doucement d'avant en arrière, comme lorsqu'il se réveillait d'un cauchemar. Le tueur à gage pouvait entendre les sanglots durement retenus par le petit châtain alors qu'il se balançait. Tsuna – s'il avait perçu sa présence_, ne leva pas la tête et ne montra aucun signe de l'avoir entendu venir. En fait, il ne semblait s'être rendu compte de rien. Reborn s'approcha lentement du garçon, sans jamais faire ni de bruit ni de gestes brusques et se laissa glisser le long du mur pour s'asseoir à côté de l'adolescent.

« Tsuna ? » l'interpella-t-il doucement.

Tsunayoshi ne réagit pas. Alors, il l'avait bien entendu venir. Err.. la porte ne faisait pas de bruit mais la lumière provenant de la chambre avait probablement du suffire.

Le tueur, qui avait retiré son fédora depuis un petit moment à présent, se passa une main dans les cheveux en un geste fatigué et posa doucement sa grande main calleuse sur l'épaule du jeune homme à ses côtés. Tsuna, une fois de plus, paraissait si frêle et si fragile. Personne, en le voyant ainsi, ne pourrait être amené à croire qu'il s'était battu pour vivre et pour protéger sa famille. Personne ne pourrait croire qu'il était le futur parrain d'une des plus grandes Famille, de l'un des clans les plus puissants. On ne croirait pas comme ça, que Sawada Tsunayoshi, l'Héritier des Vongola, était ce jeune garçon en larmes, enfermé dans le dressing de sa chambre. La grande main de l'assassin descendit dans le dos du châtain, et le réconforta silencieusement par des gestes tendres, quoiqu'un peu maladroits.

Tsuna se crispa en entendant la porte s'ouvrir. En fait, il ne l'entendit pas réellement, mais il distingua la lumière derrière son rideau de cheveux et la protection de ses bras dans lesquels il avait enterré son visage strié de larmes. Il entendit les pas légers et discrets de Reborn. Il avait toujours trouvé que son ''professeur particulier'' ressemblait à un félin. Il avait certaines de leurs caractéristiques c'était un homme discret et plein de mystères. Sa démarche était gracieuse et légère, féline en somme. Son sourire avait quelque chose de carnassier – particulièrement lors des formations en fait, et la crinière qui lui servait de tignasse était plus épique que celle de Tsuna. Il sentit la main de l'homme presser son épaule avant de descendre lentement dans son dos, pour ne pas l'effrayer, traçant de légers cercles apaisants qui firent déglutir le plus jeune. Tsuna commença à se calmer et les larmes se tarirent peu à peu. C'est dingue comme la simple présence de l'homme pouvait lui être positive. Il voulait, cherchait la présence de l'ancien arcobaleno du soleil. Il avait en avait besoin ! La main qui était dans son dos descendit plus bas, et bientôt, c'est un bras qui vint s'enrouler autour de la taille de l'adolescent, l'invitant à se lover contre le plus âgé des deux.

« Je suis là, Tsuna. Susurra Reborn en embrassant son front. Je suis là. »

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Février passa tranquillement, et avant même que l'on ne s'en rende compte, Mars était déjà bien entamé. Les invités présents lors de la Seconde Tâche étaient repartis depuis longtemps déjà et la vie au château avait repris son cours. Les élèves de Beaux-Bâtons suivaient leurs cours dans leur ''maison'' qui ressemblait davantage à une grosse calèche qu'à une maison_, et ceux de Durmstrang dans leur bateau. Les étudiants Vongola Belphegor tenta plusieurs approches afin d'avoir une conversation sérieuse avec la recrue de Varia Quality mais rien à faire, le jeune homme continuait de l'éviter. Et Bel commençait sérieusement à péter un câble. Deux mois.. DEUX MOIS que cette histoire le hantait. Il avait fini par comprendre la cause de leur... froid. Et maintenant il cherchait – et ça le tuait de le dire_, à s'excuser à tout prix. Mais c'était bien parce que c'était Fran, hein ! Ces mois passés loin ( et pourtant si près ) de Fran l'avaient rendu irritable et le prince de la Varia pouvait à présent s'énerver à la moindre occasion. On avait vite compris qu'il valait mieux éviter de laisser les plus violents ( et titilleurs ) membres de la Xème Génération Vongola à côté de lui parce qu'il avait eu tôt fait d'envoyer Gokudera et Byakuran dans l'aile de l'infirmerie. Comprenez-le aussi, devoir se coltiner à longueur de journée des emmerdeurs de première qui passaient leur temps à lui rappeler la raclée qu'il s'était pris face au successeur des Vongola, c'était gonflant à la fin... même au début en y réfléchissant. En parlant du chaton, Tsunayoshi s'adressait à nouveau comme avant avec lui .. err... pas tout-à-fait normalement avant il était effrayé et tout timide face à lui, à présent il agissait comme il agirait face à Hibari ou Mukuro. Et Belphegor devait s'empêcher d'essayer de l'embêter ou de le taquiner pour le faire rougir, sachant que ses mots blessants à l'encontre de Fran n'étaient pas encore tout-à-fait passés. Pour dire vrai, Bel doutait qu'ils passent un jour. Il se demandait pourquoi Tsuna lui reparlait même. Bah ! La réponse était simple : c'était Tsunayoshi.

Fran c'était... c'était compliqué à dire. C'était un gamin. Un gamin très étrange en fait mais, pouvait-il lui en faire la réflexion alors que lui-même avait tué son frère à un très jeune âge... ainsi que le reste de sa famille ? Et puis, Fran n'avait aucun lien avec la Mafia avant que la Varia et Mukuro ne viennent à sa rencontre. Il vivait simplement à la campagne avec sa grand-mère. La pauvre femme n'avait rien pu faire pour garder Fran elle était très âgé, elle le savait. Même si elle avait pu le garder, elle serait décédée peu après, emportée par sa maladie et Fran aurait été envoyé on ne savait où. À la place, Fran envoyait encore parfois une lettre à sa grand-mère maternelle, de plus en plus malade. Belphegor le savait il avait lu par dessus l'épaule de la jeune recrue un jour, juste pour l'embêter. Err... le prince se mentirait à lui-même s'il disait ne pas avoir voulu en savoir plus sur son jeune coéquipier en faisant cela, mais bon.

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C'est le 21 mars que les choses évoluèrent entre les deux membres de la Varia. Belphegor avait enfin réussi à coincer le plus jeune au détour d'un couloir habituellement désert et l'avait traîné à sa suite dans une salle confortable lorsque la porte était apparue. À présent, ils se trouvaient tous deux dans une salle identique à la chambre qu'ils partageaient au manoir. Étonnamment, Belphegor avait eu un peu de mal à traîner Fran jusque-là. Il fallait bien le dire, le plus jeune avait immédiatement commencé à se débattre en reconnaissant son ''agresseur''. Le prince déchu n'en avait cure,il s'était contenté de le traîner à sa suite et l'avait jeté sur le lit une fois dans la pièce.

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Fran tourna la tête de gauche à droite, légèrement désorienté. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait là. Peut-être avait-il également un peu peur. Quelques secondes plus tôt il saluait Tsuna qui avait accepté de suivre un cours de Divination avec la classe des jumeaux Weasley ( en commun avec les Serpentards de sixième année ) et à présent il était là. Dans une salle sombre et désaffectée. Allait-il se faire violer ? Le commandant Squalo disait toujours que ce genre de situation était un coup à se faire violer pour les frêles petites créatures comme lui. De l'avis de Fran, c'était plutôt l'argenté qui risquait ce genre de choses, mais il s'était bien gardé de le lui dire. Par par choix certes, il avait choppé la grippe lorsque cette pensée l'avait effleurée et il s'était muré dans un silence forcé. Sûr que cette réplique aurait pourtant plu aux autres. À présent, il était guéri, mais n'avait plus eu l'occasion de la sortir, cette phrase. Dommage...

Un frisson le parcourut lorsqu'une longue main froide glissa sur son bras avant d'attraper son poignet. Son bras reposant auparavant le long de son corps, ses doigts enserrant les draps du lit, fut levée puis reposer sur ses genoux. La silhouette qui le tenait – et Fran ne se faisait pas d'illusion quant à son identité_, vint s'accroupir, un genoux à terre, entre ses jambes et le dévisagea sans parler.

Belphegor était hypnotisé par les yeux du jeune gardien de la Brume. Il n'avait jamais vu autant d'émotion dans le regard du plus jeune et ne savait plus s'il devait se cogner la tête pour en être responsable ou au contraire être heureux. Rester impassible en toute circonstance.. Fran... ça le tuait. Maintenant, il y avait autre chose qui empêchait Fran de parler. Il ne savait pas quoi dire... Il s'était déjà retrouvé dans maintes situations extrêmement dangereuses où il ne s'en était réchappé que de justesse, mais là, ce n'était pas du tout la même chose. Là, là il devait présenter ses excuses au jeune illusionniste. Ce n'était vraiment pas la même chose. Il y avait aussi un minuscule – mais vraiment minuscule, sentiment qu'il ne s'avouait pas. Il avait peut-être un peur également. Ouais, peut-être. La Varia était sa famille, quoiqu'il en dise. Même Tsunayoshi et ses abrutis-de-gardiens-possessifs l'étaient peut-être devenus aussi, mais Fran.. Fran et bien, c'était plus. Vraiment plus. Beaucoup plus.

Lorsqu'ils s'étaient rencontrés tous les deux, Bel avait tout de suite commencé à le détester. Pas parce qu'il n'était plus le plus jeune du groupe, non. Ça il s'en fichait. Non. Ce qui le dérangeait, c'était ce visage impassible. Rien ne le faisait réagir. Belphegor, qui avait toujours su faire mouche ne lui faisait rien. Il ne l'agaçait pas – tout du moins le morveux ne le montrait pas_, ne le blessait – là encore même chose, rien ! Et le Prince de la Varia détestait cela. Il détestait cette indifférence. Il détestait que ce garçon ne le remarque pas. Il était un prince ! Il était un génie ! Il l'avait haïs pour cela et parfois, parfois, il le détestait encore. Malgré tout, il ne pouvait plus le haïr. Fran était, Fran était Fran. Bel en était parvenu à un point où il ne pouvait plus penser à autre chose que ce regard blessé et trahi lorsqu'il avait chassé le jeune homme de l'auberge à Pré-au-Lard. Et penser à ça... lui faisait mal. Ouais, penser à Fran alors qu'ils ne se parlaient plus, ne se regardaient même plus, c'était douloureux. Peu importe ce qu'il disait ou essayait de croire au début. Alors certes, il devait s'excuser, mais comment faire ? On ne lui avait encore jamais imposer une chose pareille ! La meilleure chose à faire était peut-être.. de se lancer. Oui, il allait y arriver :

« Hey... »

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Sa voix rauque et basse provoqua un frisson chez le plus jeune gardien de la Varia. Même si cela attisa un léger sourire sur les lèvres du prince déchu, ce n'était pas exactement ce qu'il était censé dire.

Fran lui, était de plus en plus perdu. Être enfermé il ne savait où avec le prince déchu n'était clairement pas dans ses projets d'un futur proche. En fait, depuis deux mois il essayait constamment de retarder au plus possible ce moment. Apparemment, le blond avait atteint ses limites et ne supportait plus d'avoir perdu son jouet. Parce que c'était ça, n'est-ce pas ? Le blondinet couronné ne pouvait pas avoir réalisé le caractère de merde qu'il traînait depuis toujours ! … si ?

La main froide qui tenait auparavant son poignet desserra sa prise et vint se poser sur la joue du plus jeune, dans une caresse presque aérienne, comme s'il avait peur de briser son cadet ( NdA : Okay, ce qui va suivre est clairement dégoulinant de guimauve mais – hey ! Ils s'ignorent depuis trois mois ! Et savez-vous seulement depuis combien de temps j'essaie d'écrire ce passage ? ). Quand Fran leva finalement les yeux vers son aîné, ce fut pour avoir le souffle coupé. Fran n'avait jamais vu les yeux de son sempaï, il n'avait fait qu'entre-apercevoir un éclat pendant des combats particulièrement violent. Et là maintenant, son sempaï avait passé une main dans ses cheveux pour les décoiffer et ceux-ci dévoilaient les plus beaux yeux qu'il n'ait jamais vu. Bien sûr, Tsunayoshi-nii avait de très beaux yeux et Enma-san aussi. Même le bruyant gardien de la tempête du Decimo avait des orbes vertes étonnantes. Mais ce n'était en rien comparable à ceux de son sempaï. Il avait un jour entendu Lussuria dire qu'il ne comprenait pas pourquoi Bel cachait ses yeux sous sa frange car ses yeux étaient magnifiques et Mammon avait même approuvé ! Maintenant, Fran comprenait et approuvait lui aussi. Les yeux de Belphegor étaient les perles les plus rares, les plus belles qu'il n'ait jamais vu. Belles. Magnifiques. Ça n'était pas assez pour décrire la Beauté de son regard. Le prince avait de très beaux yeux verts. Verts, cerclés de rouge. Un mélange détonnant mais très agréable visuellement parlant. L'assassin n'avait jamais montré volontairement ses yeux à quelqu'un. Seul Fran pouvait maintenant connaître ce privilège. Et il serait le seul. Une vague de chaleur envahit le visage du prince qui se retint de grimacer. C'était quoi ça ? Il ne pouvait décemment pas rougir ! Pas même rosir. Il était un prince ! Ce genre de .. err... choses, ne lui arrivaient pas en temps normal. Naturellement, grâce à Fran – ce sale gosse !_, les choses normales le restaient rarement. Au moins, il avait la satisfaction de voir ce doux visage troublé par leur proximité. Et ça c'était vraiment délectable.

Fran dévisagea le prince déchut accroupi devant lui. Le jeune homme était – sans mauvais jeu de mot, à genoux entre ses jambes et Fran devait bien avouer qu'il était assez mal-à-l'aise compte tenu de leurs positions respectives. Il n'était pas très connaisseur, diable, il était même novice en la matière, mais Squalo lui avait dit que quand un couple était dans cette position, c'était pour les ''préliminaires''. Fran n'était pas certain de ce qu'était ces trucs-là, mais il avait bien une petite idée. De toute façon, ce n'était pas comme si lui et son sempai étaient... quelque chose. Et puis, depuis quand le commandant Squalo disait-il des choses intelligentes ? Fran était gêné aussi, un peu. Ses yeux étaient rivés dans ceux de Belphegor, même s'il était tenté de détourner le regard, et même si parfois ce dernier s'égarait un peu plus bas, vers les lèvres du blond. Ce n'était pas de sa faute à Fran, il était curieux. Belphegor l'avait toujours rendu curieux.

« Tu.. »

Fran se mordit la lèvre inférieure et reporta son attention sur Belphegor. Intérieurement, il ne put cependant pas retenir l'exclamation de surprise 'Putain !' Il avait appris au fil des années à être calme et impassible, mais mentalement, il en était parfois tout autre. Et là, le regard du prince blond exprimait tant de choses ! Une myriade de sentiments que Fran ne comprenait pas forcément. Malgré tout, la domination qu'il avait sur le blond de par sa position, ne le ravissait pas comme il l'aurait cru autrefois. Cela le rendit encore plus mal-à-l'aise, alors, tandis que le blond fouillait dans son courage, Fran le poussa légèrement pour se laisser tomber par terre devant lui. Là, au moins, assis sur les fesses et les jambes écartés, il était à la hauteur du prince couronné. Et puis, il le savait bien. Un prince ne s'excuse pas.

Belphegor écarquilla les yeux en se sentant doucement poussé en arrière. Si Fran avait réellement été en colère ou voulait le voir partir, il aurait poussé bien plus franchement. Puis un corps tomba devant lui et il réalisa que c'était Fran, qui était à présent à sa hauteur. Bel profita sans gêne de la situation pour l'étudier un peu plus en profondeur. Il y avait une autre raison pour laquelle il était décidé à faire de Fran un... ben, un partenaire. Divers. Pas que pour les missions. Err, outre le fait que l'adolescent lui porte sur les nerfs ( et ça signifiait forcément quelque chose ! Ça ne pouvait qu'être ça ! ), il y avait naturellement le physique du jeune homme. Fran était le type de beauté typique du Japon. On aimait l'androgynie là-bas. Et Fran avait un corps assez androgyne. On le reconnaissait comme mâle, mais il avait un corps fin, frêle, presque féminin. Des courbes maniérées, des jambes pâles et fuselées, pas beaucoup de muscles. Fran était beau. Ça n'était même pas une question. Et s'il ne s'était agit que de cela. Son regard était quelque chose de magnifique. Certes, Bel l'avait presque toujours connu vide, mais ses yeux verts avaient toujours été qualifiés de ''merveilles'' et à présent que l'illusionniste ne se cachait plus tant derrière un masque, ils l'étaient bien plus. Fran était ce genre de personnes auxquelles on ne faisait pas attention jusqu'à ce qu'il soit prêt à se faire remarquer. Mais Belphegor l'avait toujours vu. Quelque chose d'humide roula le long de sa joue, né de son œil gauche et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il comprit ce qu'il se passait. Ça ne lui était pas arrivé depuis... depuis combien de temps au juste ? Et puis pourquoi maintenant d'ailleurs ? Il n'était pas triste, il était juste, juste tellement frustré. Il n'arrivait même pas à s'excuser convenablement. Une main froide se glissa dans sa nuque et Bel retrouva ses sens, se demandant pourquoi le visage de la recrue était tout-à-coup aussi proche. Allait-il - non ! Il ne pouvait pas ! C'était à lui de faire ça, Fran ne pouvait pas faire le premier pas ! En plus, Bel voulait vraiment s'excuser ( et pas uniquement à cause du chaton Vongola ). Mais Fran ne l'embrassa pas. Fran lui fit baisser la tête et le prit juste dans ses bras. Comme un enfant qu'on console après l'avoir durement engueulé. Mais Fran n'avait rien dit, pas même prononcé un mot. Il s'était contenté de le regarder, de le laisser faire, de lui laisser le temps. Parce qu'il savait. Il savait qu'un prince.. ça ne s'excuse pas.

« Je suis désolé, Fran. »

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Tsuna ne savait pas trop comment il s'était retrouvé à suivre les jumeaux Weasley pour leur cours de Divination. À vrai dire, les cours d'option était communs aux quatre maisons donc il faisait actuellement son chemin avec les Gryffondors et les Poufsouffles alors que les Serdaigles et les Serpentards arrivaient ensemble à la trappe menant à la salle de cours. Tsuna grimaça et se retint de se boucher le nez en entrant dans la pièce. Ce n'était pas que ça sentait mauvais, mais ça sentait juste tellement fort que c'en était désolant. Le jeune homme en serait presque venu à regretter sa décision d'assister à ce cours s'il n'avait pas été aussi curieux de connaître cette matière. Malgré tout, la pièce circulaire était plutôt pas mal selon le petit châtain. Elle avait quelque chose d'orientale, qui reflétait peut-être un peu les goûts hindous de la femme... ou peut-être était-ce juste censé faire ''mystique'', Tsuna n'en était pas sûr. On lui avait juste spécifié que la femme, Trelawney, était un sacré phénomène. Cependant, Tsuna préférait se faire sa propre idée, alors, c'est en s'asseyant avec les sixième année qu'il scella son destin.

La femme qui se présenta à quelques mètres de lui était l'une des personnes les plus étranges qu'il lui eut été données de rencontré. Tsuna ne parvenait pas à la mettre dans une tranche d'âge mais ce n'était pas ce qui le dérangeait. À vrai dire, rien ne le dérangeait vraiment. Le style vestimentaire de la dame n'était pas ce qui allait lui permettre de la juger, quoiqu'il ne se permettrait certainement pas de juger quelqu'un à part peut-être inconsciemment. Non. Sybille Trelawney avait un visage sec et pointu mais de grosses lunette rondes qui lui bouffaient la moitié du visage grossissait comiquement ses yeux clairs. Elle avait une aura étrange, de celle des devins mais Tsuna n'en avait encore jamais rencontré et tout le monde lui avait certifié qu'elle n'avait aucun vrai talent. Seul une minorité d'élèves avaient pris la défense de leur enseignante. Trelawney n'en disait rien, elle s'en fichait, était ailleurs. Dans cet état, elle lui faisait légèrement – très légèrement, penser à Luna. Luna, qu'il n'avait pas beaucoup croisé durant le mois dernier. Il avait eu l'occasion de lui parler un peu quelques jours plus tôt. Et Luna avait eu ce regard à la fois rêveur et mélancolique. Comme si elle connaissait des choses que personne d'autre ne savait. Tsuna savait que Luna n'était pas comme les autres filles, elle était plus calme, plus rêveuse. Plus excentrique aussi. Luna avait une vision du monde qui lui était propre, des connaissances épiques, diverses et variées. Mais Luna voyait aussi des choses que personne d'autre ne pouvait voir. Et parfois, parfois il valait mieux ne pas savoir. Mais on ne donnait pas ce choix-là à Luna, et elle devait vivre avec. C'était son destin. Tsuna était conscient de tout cela. Il y avait des choses dans le monde magique, qui le dépassait complètement et il ne pouvait rien y faire. Le don de Luna faisait parti de ce genre de choses. Et cette femme aussi visiblement. Le don de Luna était parfois dangereux. Honnêtement, Tsuna en avait un peu peur. Il pouvait révéler des choses terribles et Luna devait faire un choix. Parler ou laisser faire le temps. Et quelque chose lui disait qu'elle était au courant d'une terrible nouvelle les concernant, qu'elle ne pouvait annoncer. Il ne lui en voulait pas. Il comprenait. Cela faisait parti des quelques trucs du monde magique qu'il comprenait. Il y avait des fois où même la magie avait ces limites, et où l'on ne pouvait entraver l'avenir au risque de devenir un pantin aux mains des dieux.

Trelawney parlait beaucoup. De cette voix rêveuse et mystique, quasi délirante. Elle se promenait à travers la salle ou se prélassait sur son fauteuil au centre de la pièce et les avisait d'un regard paresseux, vitreux. Elle leur donnait des conseils sur comment lire les feuilles de thé et autres joyeusetés. Tsuna devait avouer être curieux vis-à-vis de cette discipline. Ce n'était après tout pas comme si la Divination était une science. On n'était jamais sûr de rien avec ça. Tsuna ne savait pas trop s'il devait aimer ou non cette matière. Luna aimait bien, mais Luna avait un don, alors que la plupart des autres élèves avaient choisi cette option à défaut d'autre choix, ne voulant pas s'encombrer de matières complexes comme l'Arithmancie ou les Runes Anciennes. Harry avait dit ne pas trop comprendre le truc avec la Divination. Il avait dit qu'avec du recul, il aurait préféré prendre Runes Anciennes, mais que maintenant, c'était trop tard. Tsuna comprenait : lui aussi voudrait changer si on lui prédisait tout le temps sa mort et toujours des situations plus douloureuses encore. Tsuna n'aurait pas voulu, lui non plus, si ça avait été le cas. Malheureusement, quand on s'appelle Tsuna et que l'on a un jour été un Dame, il arrive parfois que la malchance resserre son emprise sur soi. Et cela fut vérifié lorsqu'une ombre se dressa devant la table qu'il occupait avec un poufsouffle de sixième année et les jumeaux Fred et George. Tsunayoshi leva des yeux interrogateur vers l'enseignante mais elle avait le regard vitreux et le visage dénudé d'expression, comme perdu dans les limbes d'un ailleurs. Les battements du cœur d'Harry s'accélèrent brutalement alors que Sybille Trelawney baissait les yeux vers lui :

« Héritier du Pouvoir. »

' Oh merde ! ' songea Tsuna. C'était bien à lui qu'elle s'adressait.

« En cette bataille le sang sera versé. La Victoire est importante et les pertes inévitables. La décision est décisive pour triompher de l'Ennemi. »

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Il n'y avait plus un seul bruit dans la salle de Divination. On ne savait pas trop à qui était destiné ceci. Était-ce réellement une prédiction. Ryan, un Serdaigle assis à proximité de la table prise d'assaut, remarqua le teint pâle du japonais.

« Tsuna, est-ce que ça va ? »

Il ne connaissait pas personnellement Tsuna ou peut-être juste un peu. À vrai dire, ils s'étaient juste parlés au détour d'un couloir lorsque Tsuna s'était perdu mais la discussion avait été sympathique et le garçon était très poli. Normal pour un japonais, se dit-il avant de se fustiger pour le cliché ancré dans son esprit. Le Serdaigle tendit le bras pour secouer doucement le champion Vongola. L'effet désiré eut lieu lentement, Tsuna leva un visage hagard vers lui, le teint pâle et le regard terrifié. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Il devait avoir été prévenu que le professeur était une folle dingue. Malgré tout, lui-même n'avait pu s'empêcher de réagir. Rien ne s'était passé comme d'habitude et à l'entente de la voix rauque, Ryan s'était figé, le cœur battant et ses poils s'étaient hérissés sur sa nuque. Était-ce bien une prédiction ? Trelawney avait beau être totalement cinglée, elle ne l'était pas assez pour agir ainsi de son plein gré. De plus, maintenant, elle semblait désorientée en dévisageant les élèves. Ryan n'aimait pas ça. Encore moins lorsqu'il vit Tsuna lever un main tremblante.

« Oui mon cher ? Fit la voix du professeur.

_ Puis-je sortir professeur ?

_ Bien sûr mon cher, bien sûr. »

Tsuna ne se le fit pas dire deux fois et quitta son siège à la hâte, le teint cadavérique et quitta la pièce sans un regard en arrière, tête basse. Ryan cligna des yeux puis se leva à son tour.

_ Je l'accompagne, professeur.

Il n'attendit pas la réponse qu'il savait positive et partit à son tour, le regard lourd.

Quoiqu'on en dise, la famille Camaro avait toujours servi les Vongola et avait toujours fait de leur mieux pour les protéger et les aider. Et Ryan ne comptait pas décevoir ses ancêtres.

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Tsuna avait passé son après-midi enfermé dans les appartements Vongola à clarifier les derniers événements avec sa famille et Ryan. Rayan Delornay. Il n'aurait jamais imaginer se retrouver face à un Camaro. Les Camaro était une famille mineure qui avait juré allégeance aux Vongola, bien des décennies plus tôt. Et bien, c'était une surprise de taille. Surtout qu'il ne s'attendait pas à en retrouver un à Poudlard. À vrai dire, il n'était même pas étonner d'entendre que sa famille était sorcière. Il savait de source sûre que les Camaro étaient réputés pour leurs dons pour le moins étranges. Il était cependant étonné que le Camaro ait attendu aussi longtemps pour venir le voir, mais c'était sans doute pour le mieux. Ryan devait se protéger lui-même des autres et ne pas attirer trop l'attention sur lui durant ses études. Dès qu'il serait diplômer de Poudlard, il pourrait rentrer chez lui ou faire d'autre études avant de rejoindre les siens en Italie.

Autre fait à marquer dans la pierre : Fran et Bel semblaient s'être réconciliés. Ils avaient passé la totalité de la réunion collés l'un à l'autre ce qui était assez comique ( et adorable ! ) à voir quand on connaissait le caractère des deux. Tsuna était heureux pour eux. Voir ces deux-là se déchirer sans rien faire était assez difficile à supporter comme cela. Maintenant au moins, Fran semblait renaître et Bel... Bel paraissait différent. Toujours aussi cinglé certes, mais ça l'aurait inquiéter si ça n'avait pas été le cas. Si après cela il pouvait aussi cesser de l'appeler ''Chaton Vongola'', ça l'arrangerait. Mais bon ! Il n'avait pas trop d'espoir pour ça.

Lorsqu'ils se présentèrent dans la Grande Salle ce soir-là, on remarqua des changement dans leur formation. Tsuna marchait en tête de file avec Yamamoto et Gokudera à ses côtés et le reste de leur famille. Lambo avait réussi à se faufiler entre Bakadera et son Tsuna-nii et tenait la main de ce dernier en suçant son pouce. Les anciens arcobaleno n'étaient pas là chacun étant parti dans l'après-midi pour une mission quelconque et la Varia traînait derrière, Bel et Fran en bon dernier. Ils étaient proche l'un de l'autre, se touchaient presque même et ils regardaient droit devant eux avec suffisance – pour Bel, et indifférence pour Fran. Harry fut le premier à remarquer l'attitude de ces deux-là et à concéder le fait qu'ils s'étaient probablement 'réconciliés'. Tsuna se laissa aller à glisser un regard vers Nikolai et Gorgi(1), deux élèves de Durmstrang qui l'avaient accosté quelques jours plus tôt pour réaffirmer leur fidélité aux Vongola. Tsuna était toujours aussi étonné du nombre d'étudiants plongés dans le monde Souterrain.

Honnêtement, Tsuna ne savait pas vraiment quoi faire. C'était la seconde fois qu'il recevait un avertissement concernant une ''bataille''. Étant donné le monde dans lequel lui et ses amis évoluaient, il pouvait aisément comprendre qu'un conflit avec une autre famille était en jeu, mais il ne voyait pas laquelle. Sempreverde, probablement. Le Neuvième avait déjà prévu un meeting avec les familles alliées pour renforcer leurs défenses et éviter une attaque. Après tout, les Sempreverde étaient à moitié responsable de son enlèvement. D'autres familles étaient impliquées, mais les Sempreverde étaient la plus connue de toute.

Tsuna pensait encore à cela lorsqu'il vint s'installer à la table des Poufsouffle après avoir envoyé un sourire à Harry et aux jumeaux Weasley. Il écouta Cédric lui raconter une blague au sujet d'un nifleur et d'un skrout et acquiesça légèrement, heureux mais non moins inquiet.

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Dans un manoir en ruines, Antonin Dolohov, tueur à gages à la botte du Ministère russe, avala une nouvelle gorgée de son verre de whisky. Grand, mince, une barbe de trois jours et des yeux assombris par les dernières nouvelles, le ressortissant russe retira d'un geste négligeant la veste qu'il portait encore. Les nouvelles n'étaient pas celles qu'il avait espéré. Il avait même sincèrement espérer à une blague. Le Seigneur des Ténèbres voulait faire son grand retour ? Foutaises ! Il ne voulait pas lui ! Il avait rejoint le mage noir lors de la première guerre parce que c'est ce que le gouvernement russe lui avait demandé. Ils voulaient espionner les sorciers puissants et particulièrement ceux d'Angleterre, dont ils soupçonnait le Gouvernement de vouloir les attaquer.

Antonin, jeune espoir du Ministère et alors âgé de 18 ans à cette époque, s'était empressé de répondre aux ordres. Sa proposition avait semblé plaire au Lord Noir bien que celui-ci se soit renfrogné en apprenant qu'il ne pourrait le marquer comme propriété avec la Marque des Ténèbres puisque son appartenance était à l'Underground, autrement dit, les Souterrains. Il s'en était fichu à l'époque, mais maintenant, il était bien heureux que son tatouage lui apporte ce privilège. Il ne l'avouerait jamais, mais le Lord Noir l'effrayait un peu. À vrai dire, il était très heureux de savoir que le Ministère russe s'était lassé de l'Angleterre et le considérait comme beaucoup trop important pour mourir maintenant. Comme ça, il ne serait plus obligé de retourner voir le Mage Noir. À la place, le Ministère voulait l'envoyer – dans quelques temps_, discuter d'une possible alliance avec le successeur des Vongola. En repensant au pouvoir qu'avait dévoiler l'adolescent lors des épreuves du Tournois, Antonin sentit un frisson électrisant le parcourir. Il aimait bien ce pouvoir-là, contrairement à celui de Voldemort qui l'avait rendu malade à l'époque – et continuait toujours d'ailleurs.

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Avril pointa le bout de son nez et bientôt, nous étions déjà presque en mai. Les tensions s'étaient apaisées, à tel point que les Vongola en étaient presque venus à croire que toute cette histoire de danger n'était que pure paranoïa. Presque. L'Hyper-Intuition de Tsunayoshi travaillait beaucoup ce dernier, au désarroi de ses compagnons. Tsuna et ses amis passaient beaucoup de temps avec les élèves de Poudlard, Durmstrang et Beaux-Bâtons, mais aussi à la bibliothèque où ils en profitaient pour en apprendre davantage sur la culture du monde sorcier et le monde des sang-purs avec les traditions ancestrales qui avaient été interdites ou oubliées au fil du temps. Reborn avait entraîné la jeune génération grâce à l'aide des autres anciens arcobaleno mais avait à nouveau du partir avec ses collègues pour une mission en Norvège. La neige et le givre avaient déserté depuis bien longtemps le paysage magique de Poudlard et les jours s'effilaient sans que l'on ne puisse les retenir. Tsuna et ses amis s'étaient bizarrement retrouvés à davantage parler avec les jeunes sorciers notamment Harry et les jumeaux ainsi que Lee à l'occasion. Il leur arrivait de débattre avec les aînés Serpentards, d'étudier avec ceux de Serdaigle et de s'amuser avec les Gryffondors. Malgré tout, Tsuna éprouvait plus de plaisir à se poser dans un coin avec les Poufsouffles qu'il avait appris à connaître et rire un peu avec eux. C'était simple, mais Tsuna avait des plaisirs simples. Et puis, beaucoup de Poufsouffles avaient été persécutés par le passé, plus que dans n'importe quelle autre maison, aussi, Tsuna se sentait naturellement plus proche d'eux que des autres.

Aujourd'hui, à midi, Tsuna, la Dixième génération et la Varia profitait du déjeuner, bien qu'une légère migraine gâche un peu le tableau de l'Héritier Vongola. Cédric était à ses côtés et Tsuna profitait simplement de la présence du Poufsouffle. Cédric lui avait avoué qu'il le considérait un peu comme un petit frère. Étant fils unique, Cédric n'avait jamais eu l'occasion de se comporter vraiment comme un grand-frère. Alors, Tsuna avait bien été obligé de reconnaître qu'il ressentait la même chose. Cédric, c'était comme Dino ou Ryohei, le grand-frère par excellence. Ce n'était pas exactement la même relation qu'il avait avec Gokudera et Yamamoto, ça ressemblait davantage à celle qui le liait à Dino. Cédric avait été heureux de ce constat, se frottant le crâne avec gêne et riant comme un imbécile ( Tsuna l'avait bientôt rejoint dans son rire d'imbécile heureux ).

Lambo se goinfrait en face de lui, sans faire attention à la grimace dégoûtée de Draco Malfoy, dont la table des verts et argents était juste derrière celle des Poufsouffles. Quand il le croisait dans les couloirs, Tsuna avait encore du mal à retenir le rire qui le menaçait en repensant à leur conversation avec Ryohei, Gokudera, Mukuro et Malfoy. Lambo avait eu l'air un peu triste quand Futa était reparti avec les Shimon et la Neuvième Génération. Il faut dire que Futa et I-pin étaient les plus proches de Lambo niveau tranche d'âge. Lambo s'entendait relativement bien avec les élèves de Poudlard, mais il aurait préféré être avec quelqu'un de son âge. Tsuna le savait, c'est pourquoi Lambo avait été si câlin et possessif avec lui ces derniers temps. Tsuna-nii était SON grand-frère. Et Tsuna-nii DEVAIT passer du temps avec lui.

« Peux-tu me passer le pain s'il te plaît ? »

Tsuna leva lesy eux pour voir Kalid le dévisager, attendant une réponse. Se secouant mentalement, Tsuna acquiesça, un doux sourire aux lèvres. Il devait arrêter de rester plonger dans ses pensées ainsi, ça n'allait pas l'aider. Il étendit un bras pour attraper le morceau de pain, et le donna au Septième année.

« Tiens.

_ Merci, Tsuna.

_ De rien. Lambo, mange plus proprement. » le réprimanda Tsuna en agitant doucement l'une de ses baguettes en direction du plus jeune.

Son geste se suspendit brusquement et Lambo le regarda, interrogateur avant de se tendre à son tour. Des pas précipités se firent entendre et les Vongola tendirent l'oreille tout en gardant un air désintéressé. Sait-on jamais, il fallait toujours être sur ses gardes. Personne autour ne semblait entendre le bruit. C'était normal. Ils n'avaient pas été formés pour. Seul Ryan, à la table des aigles et Gorgi et Nikolai, les élèves bulgares, assis à la table des Serpents semblaient s'en être rendus compte si l'on prenait garde à la contraction de leurs muscles. Le cœur battant la chamade, Tsuna se força à boire un verre d'eau, la gorge sèche. Gokudera et Yamamoto échangèrent un regard inquiet, alternant entre Tsuna et la porte. Hibari et Mukuro grondèrent doucement, leurs mains planant au dessus de leurs armes et Byakuran étira un sourire narquois. Une occupation était plus que bienvenue. Chrome se tortilla sur son siège, assise à côté d'un Ryohei aussi énergique que d'habitude. Du côté de la Varia, à la table des lions, les jumeaux Fred et George étaient occupés à faire parler Xanxus qui bizarrement ne trouvait rien à redire à leur présence. Squalo arborait une magnifique tresse réalisée par Parvati et Lavande. Lussuria s'extasiait sur la nourriture alors que Bel et Fran mangeaient tranquillement, l'un à côté de l'autre. Pourtant, tout se figea. Toute cette bonne attitude disparut brusquement quand les portes s'ouvrirent sur un un jeune homme terrifié.

Les élèves avaient bien noté l'atmosphère étrange dans la Grande Salle mais avaient mis ça sur le compte de l'excitation la Troisième et dernière tâche aurait lieu dans deux semaines. Malheureusement, cette tension dans l'air n'était pas due à cela et l'on eut tôt fait de le découvrir lorsqu'un jeune homme débarqua dans la Grande Salle, l'ouvrant à la volée et débita quelque chose d'incompréhensible qui figea tous les Vongola présents dans la salle et achevèrent de les rendre curieux. Blaise Zabini, qui était assis à sa table hoqueta en entendant l'exclamation de l'homme. Non..

La curiosité fut noyée par sentiment plus sombre lorsqu'une larme roula sur la joue du Decimo.

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Lorsque la porte s'ouvrit à la volée, tous les membres des Vongola se levèrent comme un seul homme et tournèrent la tête vers l'individu. Sa tenue d'uniforme était formelle c'était une Vongola. La crête sur la combinaison de l'homme ne pouvait pas mentir et était infalsifiable. Mais pourquoi était-il là ? Le Neuvième l'avait-il - ? L'homme ne prit pas la peine de s'annoncer et, le regard hanté et terrifié, chercha du regard le jeune Héritier avant de faire quelques pas chancelants, essoufflé, et d'annoncer des nouvelles chaotiques :

« Le manoir est attaqué ! Le Neuvième du Nom est mort ! »

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À suivre...


Je vous avais prévenu, vous allez me tuer.

= Err, Ryan, Nikolai et Gorgi ne sont pas des personnages importants, j'en ai parlé mais je ne pense qu'ils réapparaîtront de nouveau. Peut-être juste pour l'OS ou l'épilogue mais voilà.

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* Pas de Bonus pour cette fois, je n'ai pas été inspirée.

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PUBLIÉ LE : 03,04,2016

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