Bonjour! J'avais prévu de publier demain, mais j'ai pas pu résister à vous servir le second chapitre maintenant. Merci à tous ceux et celles qui ont lu et commenté, ça me fait plaisir (:
Sans faire de baratin cette fois, je vous laisse lire et apprécier ce nouveau chapitre!
Castiel sortit du bus après avoir bien vérifié l'arrêt. Pendant que la pluie battait son plein sur les habitants de la ville, lui, sans parapluie ou capuche pour se couvrir, marcha jusqu'à sa maison. Maison était un bien grand mot. Il vivait dans un petit appartement qu'on pouvait confondre avec les vingtaines autres qui trônaient dans ce bâtiment lugubre. Lugubre car gris et vieux, mais ces choix de couleur ne le firent même pas frissonner. Il prit les escaliers en tenant ses paquets de course, et entra enfin dans ses petits appartements privés. Sans perdre de temps, laissant ses affaires trainer sur la petite table, Castiel se dirigea vers son bureau.
Un bureau rempli de papiers, de dessins, de photos. Il prit vite un cahier qu'il cachait dans un de ses tiroirs à clé, et l'ouvrit afin de se confier.
« Mercredi, 07 mars 2014,
Il pleut. Il pleut sans cesse sur la ville, mais la pluie me fait un bien fou. Je ne sais plus ce que je dois dire, je ne me rappelle plus. Je commence à perdre la mémoire, peut-être que l'hôpital pourra y faire quelque chose, mais je n'ai pas espoir. L'espoir est pour moi un mot oublié, un mot perdu depuis des années.
Aujourd'hui, pendant que je faisais mes courses à ce petit supermarché frétillant d'odeurs, j'ai sans le vouloir renverser des jeunes. Tu sais, ceux qui sont encore adolescents. Je voulais m'excuser, mais tu sais que je n'ai plus de voix. Je ne suis même plus blessé de les avoir entendu m'insulter, me traiter de loque, de bâtard même. J'aurais aimé répliquer, mais je ne peux pas.
Demain j'irais voir ce docteur Winchester, je n'ai pas trop le choix. Balthazar pense que ça me fera du bien, je pense plutôt qu'il ne veut plus me voir. Si tu savais ce que j'ai fais, après tout. Mais tu dois le savoir, toi qui me lit et qui me regarde d'en haut. Le Paradis est bien, j'espère. J'aimerais t'y rejoindre. Je vais t'y rejoindre bientôt, promis.
Tu sais, tout ce que dira ce docteur risque de ne pas me faire changer d'avis, mais je lui donne le bénéfice du doute. Je le trouve sympathique, même si son humour ne m'atteint pas. Je ne veux plus demeurer dans cette carapace de froideur, mais elle me protège. Je ne peux plus m'attacher.
A bientôt mon cœur. »
...
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Après avoir remis de l'ordre dans son bazar, et rangé correctement des dossiers sur ses étagères, Dean put terminer son café en soupirant d'aise. Ces moments là où il pouvait se détendre étaient les meilleurs de la journée. Jetant distraitement un coup d'œil à son agenda, Dean s'aperçut que le prochain client allait bientôt arriver. Il se hâta de reprendre une tenue correcte, s'asseyant convenablement sur son fauteuil noir douillet. Il soupira de soulagement en voyant son timing impeccable, car quelques minutes seulement passèrent que quelqu'un frappa à sa porte. A ce son, Dean sut déjà qui était là. Il fit entrer son patient et eut un haussement de sourcil à la vue de Castiel.
Ce dernier s'avança vers lui, des poches sous les yeux. Il s'assit confortablement sur une chaise et attendit que son homologue docteur parle.
-Bonjour Mr Novak. Alors, comment vous sentez-vous depuis la semaine dernière ? interrogea Dean avec courtoisie.
Muni de son carnet caractéristique et de son stylo, Castiel griffonna rapidement quelque chose que Dean put interpréter malgré la rudesse de l'écriture penchée.
« Bien »
-Vous avez du mal à dormir, n'est-ce pas ? Nous allons donc commencer par ça. Pourquoi avez-vous du mal à dormir à votre avis ?
« Insomniaque » fut sa seule réponse.
-Oui, mais pourquoi ?
« Aucune idée ça. »
Dean soupira intérieurement. Voilà pourquoi il n'était pas vraiment heureux dans son métier : parce que malgré tous ses efforts, certains patients refusaient d'être aidés, et ça semblait être le cas pour Castiel. Pourtant les poèmes qu'il avait fait et que Dean avait lu prouvaient le contraire. Préférant ne pas crisper son patient en continuant sur ce sujet, le docteur en choisit un autre. Il prit un siège près du brun afin de lui faire face, et amena le dossier et un cahier avec lui, notant le nom du patient.
-J'ai parcouru votre dossier et j'ai vu vos photos. Voudriez-vous en parler ?
« Si vous y tenez. Pourquoi noter ? »
-Eh bien je prends des notes pour analyser tout le soir, et comme ça je peux vous aider et diagnostiquer un éventuel soucis, mais si ça vous embête, je peux commencer par un enregistrement audio seulement.
Castiel sembla prendre le temps de réfléchir puis fit un non de la tête, décidant de se laisser aider. Il regarda les mains de Dean écrivant déjà des petites choses sur le papier blanc immaculé. De là il avait une jolie petite écriture, même si rapide. Attendant avec une certaine appréhension la suite, Castiel se tritura les doigts, montrant un signe d'inquiétude.
-Donc Castiel, je me permets de vous appeler par votre nom, d'accord ? Je vais commencer par vous demander si c'est vous qui avez pris ces photos.
Tout en parlant, Dean ouvrit le dossier et sortit les photos en question, celles avec un modèle féminin. En les voyant, Castiel baissa quelques instants la tête. Voyant l'insistance de Dean, il se leva et alla se poster à la fenêtre. Le blond foncé observa avec précision les gestes de son patient. Il en vint à la conclusion qu'il était arrivé quelque chose, et se leva à son tour.
-Castiel, il faut que vous me disiez. Avez-vous pris ces photos ?
Un hochement de tête léger lui répondit. Castiel garda cependant son regard sur l'extérieur. Il ne pleuvait plus depuis hier, les fleurs montraient doucement le bout de leurs pétales, formant une harmonie parfaite de couleurs qui aveuglèrent ses yeux bleus.
-Puis-je savoir qui sont ces femmes ? Elles sont...belles je dois dire. C'étaient vos modèles, vous ne les utilisez qu'elles comme modèles ?
Castiel se détourna de sa contemplation et hocha à nouveau la tête, puis écrivit sur son carnet quelques notes qu'il montra à l'homme intrigué.
« Plus de noms. »
-Comment ça plus de nom ? Elles font partie de votre famille ? N'hésitez pas, Castiel. J'aimerais en savoir plus. J'aime les couleurs de vos photos, et pourtant je ne suis pas très couleur, croyez-moi ! sourit-il, cherchant à mettre en confiance son homologue muet.
Le brun se mordit la lèvre quelques instants, hésitant sincèrement à en dire plus. Il ne sourit pas pour la remarque, mais à l'intérieur de lui, une petite brèche s'ouvrit. Cet autre homme là-bas, le scrutant comme s'il était un être normal, un des seuls à le faire sans doute, il voulait sans doute l'aider.
« Mère et fiancée. » inscrivit-il donc sur son fameux carnet.
-Wow, elles sont vraiment belles. J'aime beaucoup celle-ci, commenta-t-il alors, désignant une photo en particulier.
Castiel y jeta un regard intrigué, et reconnut son œuvre. Ses deux modèles posant contre un arbre, les feuilles n'étaient pas très visibles car l'objectif était centré sur les deux belles. L'herbe était verte autour d'elle, elles avaient toutes deux un beau sourire. En voyant ce détail, le regard du brun parut encore plus douloureux. Il redonna la photo à son docteur.
-Puis-je savoir où vous les avez prises en photo ?
« Angleterre, cathédrale. Me souviens plus autres détails. » indiqua Castiel.
-Oh, je vois. On peut dire que vous êtes un bon photographe ! Vous voulez m'en dire plus sur vos photos ?
« Pas intéressant. » lut Dean sur le carnet.
Il tiqua légèrement. Castiel pensait-il qu'il n'était pas intéressé, ou voulait-il juste cacher ses sentiments ? Car il était évident qu'en voyant ses propres photos, son patient avait des sentiments. Comme si revoir les deux modèles lui faisait mal...de plus, Dean n'avait pas vu que le brun avait une fiancée dans son dossier. Il allait devoir faire des recherches et lui en demander plus.
-Pourriez-vous m'en dire plus à propos de vos modèles ? Laquelle est votre fiancée ? se hasarda-t-il donc à demander.
Castiel refusa cependant de lui répondre, couvrant lui-même les photos. Dean parut surpris de ce geste, mais comprit et rangea finalement les photos loin de cet homme intriguant.
-Il est aussi dit dans votre dossier que vous avez un trouble de la mémoire et que vous devez vous faire diagnostiquer dans peu de temps. Est-ce que vous êtes angoissé ?
« Sans doute ? » fut la simple et courte réponse du brun.
Ce fut tout pour aujourd'hui, Dean voyant bien qu'il n'obtiendrait rien d'autre pour cette fois. Cette constatation le fit tiquer intérieurement, car il était désormais curieux d'en savoir plus sur cet homme bien mystérieux qui était en effet atteint d'une maladie. En attendant d'en savoir plus et de pouvoir l'aider, Dean se contenta de le raccompagner à la porte après lui avoir conseillé de bien dormir et d'aller se ressourcer.
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Après mures réflexions remplies de quelques doutes, Dean composa le numéro de ses secrétaires.
-Vous êtes sûr ? pouvait-il entendre au bout du fil.
-Oui, je le prends en charge. Veillez à ce qu'il soit prévenu, par courrier si possible.
-Pourquoi pas par téléphone ?
-Il ne pourrait pas vous répondre, il est atteint de mutisme.
-Mutisme sélectif, vous pensez ?
-Non, mais je vais essayer d'en savoir plus. Merci Amy.
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Deux magnifiques sourires trônaient sur leurs visages. Leurs cheveux bruns défiaient le vent ce jour là. Castiel s'en souvenait de ce moment, alors que les moments d'avant et d'après cette photo avaient déjà disparus de son esprit perturbé. Il se souvenait qu'avant de prendre cette photo superbe, il avait raconté une blague. Il ne savait plus laquelle, mais ses modèles avaient comblé son cœur avec un rire franc. Et il les avait fait poser contre l'arbre qui commençait à retrouver de jolies feuilles. Elles souriaient de bonheur. Et lui aussi.
Castiel essuya ses yeux et rangea cette photo qu'il trouvait la plus réussie, puis se concentra sur son cahier. Il écrivit jusqu'à pas d'heures tous les souvenirs qu'il avait de cette journée, priant pour que jamais il n'oublie un moment pareil.
« Mais ma maladie m'en empêchera... » glissa-t-il en petites lettres sur un coin de la page, dans la marge.
Et ça, même son docteur ne pourrait jamais rien y faire. Peut-être parviendrait-il à lui faire retrouver l'usage de la voix, même s'il n'en avait même plus la volonté, mais comment effacer une maladie pareille ? Comment vivre sans elles ? Comment vivre ?
J'ai déjà écris les 7 premiers chapitres, je débute le huitième et je m'attache trop à mon histoire...pfff...
N'oubliez pas que les reviews font toujours plaisir (:
