Bonjour! En ce jour très spécial ou je deviens plus vieille, voici le 4ème chapitre de cette fic! On découvre l'arrivée d'un personnage récurrent dans les prochains chapitres (:

J'ai constaté que vous étiez nombreux à me lire mais peu à me laisser des avis, donc ayez pitié d'une pauvre auteure, j'aimerais vous donner le meilleur^^

Sur ce, passez un agréable moment de lecture!


La croisière entre Lisa et Dean se passa bien durant les premiers jours. Ils avaient embarqués comme prévu, il n'y avait eu aucun retard et le temps était radieux. On leur avait attribué une des chambres les plus spacieuses avec tout le confort dont ils avaient besoin, et ils avaient été accueillis comme des rois. Lisa avait amené tout son matériel de peinture pour s'amuser un peu. Elle déballa toutes ses affaires avant de se tourner, un sourire heureux aux lèvres, vers son mari. Son sourire disparut quand elle le vit portable en main.

-Dean, range-moi ça ! gronda-t-elle, croisant les doigts.

-Ranger quoi ? interrogea-t-il, surpris.

-Ton portable. Nous sommes en vacances, Dean.

-Je vérifie juste que personne ne m'ait envoyé de message ! se justifia-t-il.

-Mais t'as bien dit à ton personnel que tu étais en vacances, personne d'autre ne peut t'appeler, soupira-t-elle.

Dean préféra ne rien dire, lui laissant croire qu'elle avait raison. Il regarda une dernière fois ses messages, mais il n'y avait rien. Aucun appel de son patient pour qui il s'inquiétait sans avoir la moindre idée de pourquoi il pensait à lui. Pour rassurer sa femme, il vint l'embrasser, réussissant à la calmer.

-Je ne veux plus te voir toutes les deux secondes avec ton portable allumé, avertit-elle à la manière d'une maîtresse d'école.

-Oui maman, bougonna-t-il avant d'aller se changer dans la salle de bain tout aussi grande que leur chambre.

Le reste de l'installation prit une bonne partie de l'après-midi durant laquelle Dean jeta discrètement des regards à ses messages, mais il n'avait toujours aucune nouvelle. Avec le sourire, il partit rejoindre sa femme à la belle piscine sur le pont, heureux de passer du temps avec elle, mais une partie de son sourire n'était qu'une façade pour empêcher Lisa de voir sa petite inquiétude. Il la suivit dans l'eau, jouant avec elle. Lorsque le soir arriva, tous deux s'habillèrent élégamment et se dirigèrent vers le restaurant de luxe que le célèbre grand paquebot comportait en sa coque de titan.

-N'empêche, appeler ce paquebot Titania me fait penser au Titanic, et ça ne porte pas bonheur ça..., marmonna Lisa entre deux bouchés de son plat.

-Que veux-tu, ce nom donne des frissons alors on fait tout pour que le peuple en ait ! répondit avec un sourire amusé son mari.

-Dean, je t'en prie ! Ce nom me fout la chair de poule rien que d'y penser...

-Moi ce qui me fous la chair de poule c'est quand un homme se prend pour un ange, soupira le pauvre jeune homme.

-Laisse-moi deviner ! Tu parles encore de ton boulot ? demanda-t-elle.

Dean perçut une pointe d'amertume et d'exaspération dans la voix de sa femme, ce qui lui causa une petite lassitude. Lisa détestait qu'il parle bouleau quand ils étaient en vacances. A la maison, il pouvait lui confier ses anecdotes et pensées, elle acceptait sans condition de l'écouter, mais le travail était le travail, et n'avait rien à faire avec les vacances.

-Ecoute Lisa, je suis...désolé, ok ? N'en parlons plus..., finit-il par céder, sachant déjà où cette conversation pouvait le mener s'il continuait.

-Dean, ne te ferme pas. J'aimerais juste que tu penses à autre chose. Ces derniers temps tu es de plus en plus stressé je trouve, fit remarquer sa femme.

-C'est juste que...j'aimerais beaucoup les aider, ces personnes là.

-Une en particulier ? interrogea-t-elle avec un petit regard coquin, signifiant qu'elle voulait qu'il parle d'elle.

-Y en a bien un que je souhaiterais vraiment aider. Il n'est pas comme les autres et il ne peut pas communiquer facilement, et pourtant ça n'a pas l'air de le gêner..., confia Dean.

Lisa eut l'air déçue par le manque de réactivité de son amant. Comment pouvait-elle lui faire comprendre qu'elle voulait qu'il parle avec elle d'autres choses ? Où étaient passés ces doux moments où il n'y avait qu'eux...mais elle fit mine de s'intéresser à ce qu'il disait, et demanda curieusement.

-C'est pas le type muet ?

-Si, c'est Castiel...

-Castiel ? C'est un nom bizarre ça..., nota Lisa.

-Ouais, mais ça lui va bien je pense...ce type n'est pas comme les autres, Lisa. Il refuse de parler de sa vie passée, mais parfois je vois qu'il essaye de se débloquer. Il fait semblant de me faire croire qu'il n'y a plus d'espoir, mais je crois qu'au fond il a envie de s'en sortir. J'ai jamais ressenti ça pour un patient, le réel besoin de l'aider dans ses épreuves.

-Tu deviens presque trop attendri, Dean, souffla la brune, étonnée qu'il lui dévoile des émotions, lui qui était un vrai coincé des sentiments d'ordinaire...

-Je suis juste inquiet pour lui, Lisa...il a sans doute une histoire chargée et peu de choses sont marquées sur son dossier. Faudra que je me documente un peu plus à son sujet...et j'ai aussi vu sur son dossier médical qu'il avait un trouble de la mémoire.

-Mh ? Me dis pas qu'il a la maladie d'Alzheimer ! pria Lisa.

-J'en sais rien Lisa, mais j'aimerais savoir justement. Il doit bientôt passer un diagnostic, mais je crois qu'il sait ce qu'il a au fond...j'attends qu'il m'appelle.

-Dean ?! Tu...tu as donné ton numéro de téléphone à un de tes patients ?! s'étouffa-t-elle presque.

-Ouais, au cas où il voudrait parler, admit-il l'air dégagé.

-Mais tu n'as jamais fais ça avant...Dean, ton Castiel peut entrer dans ta vie privée, et ça je croyais que ça t'insupportait.

-Je sais tout ça, ma Lisa, mais j'y peux rien, j'ai peur qu'il fasse quelque chose de mal. Même si je n'ai eu que quelques séances courtes avec lui, je sens qu'il ne va pas bien et qu'il a envie de parler, mais qu'il ne peut pas encore se confier. T'en fais pas, quand il se sentira mieux, il partira et n'empiétera pas sur ma vie privée, rassura l'homme.

-Tu dis ça mais entends-toi, Dean. Tu parles de lui comme si tu avais envie de le connaitre plus, voire même que tu voudrais être son ami. Je ne comprends pas...tout ce que je te demande, c'est de ne pas gâcher nos vacances avec ce type inconnu qui se sert peut-être de toi. Fin de la discussion, ajouta-t-elle, ne voulant plus entendre parler de ce Castiel.

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...

Dean soupira intérieurement alors qu'il était allongé près de Lisa. Il se remémora la soirée qu'ils venaient de passer. Elle avait bien commencé pour se terminer dans une atmosphère presque suffocante à son goût. Lisa n'avait apparemment pas apprécié qu'il se confie à elle sur ses inquiétudes envers Castiel Novak. Pour éviter la crise, il n'en avait plus parlé de la soirée, mais son esprit était encore connecté à cet homme qui lui inspirait une fascination qui devenait peu à peu glauque, comme diraient les jeunes d'aujourd'hui.

Le blond se tourna vers sa femme, la regardant dormir. Elle se tenait le plus loin possible de lui, semblant le bouder même dans son sommeil. Pauvre Lisa, si seulement elle savait les doutes qui emplissaient en cet instant même son mari...Dean gigota un peu dans le grand lit, cherchant à rencontrer le doux sommeil auquel il aurait dû aussi avoir droit, mais Morphée ne vint pas. Soupirant, il sortit avec précaution des draps et alla chercher son sac de travail qu'il avait emmené en douce pour aller le feuilleter dans la salle de bains. Une fois sûr qu'il n'avait pas réveillé Lisa, Dean ferma la porte de la pièce à clé et s'assit contre la baignoire, son dos accolé au petit bêton

Sans perdre de temps, ses mains partirent chercher le dossier de Castiel et empoignèrent les photos et poèmes. Pendant une demi-heure au moins il observait contentieusement les photos que l'ancien photographe avait faites. Encore et toujours ces deux femmes. Brunes, yeux bleus. L'une sa mère et l'autre sa fiancée. Son regard glissa sur les papiers peu remplis d'informations sur Castiel. Si le dossier ne pouvait pas lui procurer de réponse pouvant le mener à la vérité, alors il était tant qu'il mène ses propres recherches. Demain, il appellerait une très bonne amie qui pourrait lui dire tout ce qu'il voulait. C'était la seule solution envisageable et surtout celle la moins dangereuse. Castiel ne serait pas au courant tout de suite, et son docteur pourrait comprendre ce qui avait causé ce mutisme.

...

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...

Quelques jours bien mornes passèrent lentement pour Castiel, qui passait le temps en regardant des films à pleurer de tristesse. Aucune larme n'avait coulé durant ses séances de visionnage. Le samedi, comme tous les samedis, son frère devait venir. Aujourd'hui était samedi, et son frère vint comme toujours. Balthazar, le genre de type toujours fêtard avec une petite barbe naissante et des cheveux châtains qui attiraient souvent des doigts attentionnés pour les caresser. Balthazar au regard aussi bleu que celui de toute sa famille. Balthazar, en somme, c'était son frère ainé.

« Bonjour Bal' » inscrivit-il sur son carnet.

-Salut, grommela son frère, allant directement à la cuisine.

Balthazar n'aimait pas particulièrement ce surnom, ça lui rappelait toujours des mauvais souvenirs. En soi, ils n'étaient pas si mauvais que ça car auparavant, ils étaient ses plus beaux souvenirs du passé, mais maintenant c'était une plaie que Castiel s'amusait à ouvrir à chaque fois qu'il venait le voir.

-Où ça en est ces séances chez un psy ? demanda-t-il de manière détachée, cherchant une bouteille de coca dans ce petit frigo abritant beaucoup de miel.

Castiel et le miel, une vraie histoire d'amour, songea-t-il avec une certaine nostalgie. Cette histoire de miel avait commencé lorsque le monde marchait droit, après tout...il se demandait comment son frère faisait pour garder autant de miel dans son frigo, cela dit. Pendant qu'il cherchait son bonheur, le plus brun des deux écrivait rapidement quelque chose. Balthazar jeta un coup d'œil concerné au papier.

« Le docteur gentil. »

-Cassie, je te demande comment ça se passe, pas si tu l'aimes bien...

« Son bureau joli. »

-Castiel, avertit-il, de moins en moins heureux, son sourire disparaissant à petit feu alors qu'il ingurgita son verre de coca en entier pour se redonner contenance.

« Ok ! Le Dr Winchester aide et moque pas. »

-Castiel, tu pourrais faire un effort et m'écrire ça correctement ?! C'est pas comme ça qu'on t'a appris à écrire il me semble...

« Crie pas dessus ! » écrivit rapidement Castiel avant de lancer un regard suppliant à son grand frère.

-Tu sais quoi Cassie, j'en ai marre ! Marre de tes conneries, marre de voir que quoi qu'il arrive tu refuseras qu'on t'aide ! Si jamais tu débloques encore même avec ce psy, cette fois je t'abandonne ! menaça-t-il, son regard bleu perçant indiquant au plus brun qu'il pouvait parfaitement accomplir ce qu'il avait dit.

« Non, t'en prie ! » se hâta-t-il alors d'écrire.

-Bordel Castiel, parle ! Dis un truc, je sais pas moi, dis que t'as envie de me claquer, dis que t'es en colère, mais ouvre la bouche ! s'énerva alors Balthazar, déchirant le papier que Castiel lui tendait.

Son frère sembla touché par ses mots, et baissa le regard. Balthazar était de moins en moins lumineux à ses yeux, son beau regard bleu se dissimulait peu à peu sous les couleurs sombres que le muet voyait partout. Il tenta de toucher une épaule, mais l'ainé se recula brusquement de lui.

-T'es fier de toi j'espère. T'as détruit une famille avec ton histoire de mutisme ! T'as détruit maman, tu es entrain de me détruire, et bientôt ça sera au tour de qui ? De Samandriel peut-être ?! T'en fais pas, tu l'oublieras bien vite, bientôt tu ne verras même plus son visage.

« Souviendrais toujours notre petit frère ! » inscrivit rapidement Castiel, ses yeux prenant une lueur colérique à l'entente du dernier monologue absurde de son frère.

-Ca fait trois ans que tu dis ça, trois ans que tu nous pourris la vie ! Trois ans, Castiel. Cette fois c'est fini. Sammy va rester avec moi, je l'adopterais. Je m'en vais, Cassie. Quand j'aurais signé les papiers pour l'hôpital et Sammy, je partirais. Je partirais loin de toi, tu devras apprendre à te débrouiller complètement, déclara Balthazar, prenant sa voix la plus dure alors qu'intérieurement, il souffrait atrocement de devoir dire tout cela à son petit frère.

Castiel, à l'écoute de ces affreuses paroles, réagit brusquement et empoigna les poignets de son frère dans l'espoir de lui faire comprendre ses pensées ! Voyant que ça n'avait aucun effet, il griffonna une nouvelle chose sur son carnet.

« Pas intérêt signer papiers ! »

-Si, Castiel, je vais les signer. Ca a assez duré, petit frère. T'as tout brisé en refusant qu'on t'aide. On y a tous mis notre cœur. Si tu veux réparer tes erreurs, laisse ce docteur t'aider, et retrouve ta voix. Là on pourra avoir une conversation entre hommes honnêtes, et là tu pourras me dire pourquoi tu nous as obligés à vivre ce calvaire. Et tant que tu n'auras pas retrouvé ta putin de voix, tu ne reverras pas Sammy. Si tu as une dernière chose à me dire, tu sais où me trouver. Je reste encore quelques jours, termina-t-il avant de prendre ses affaires et de filer, ne saluant même pas Castiel.

Dès qu'il fut parti, le brun s'effondra contre un mur, les larmes coulant librement sur ses joues. Il les retenait depuis tellement longtemps qu'il ne savait même plus les nommer, ces choses qui roulaient sur ses joues pâles. Comment appelait-on ça, déjà ? Des pleurs ? Des larmes ? De la peine ? Surtout de la culpabilité. Il se passa une main dans les cheveux tout en se laissant aller. Les paroles de son frère, si injustes pouvaient-elles être, étaient douloureuses pour lui, et le pire c'était qu'il n'avait pas pu s'exprimer pleinement. Comment un muet comme lui pouvait-il s'exprimer pleinement quand il n'avait pas l'avantage de la parole ? Sur une feuille, il écrivit en tremblotant ces mots :

« Ne m'abandonnez pas... »

Car toute sa famille l'abandonnait. Ses parents, maintenant Balthazar...et le petit Samandriel, maintenant âgé de 3 ans et quelques mois. La vie était injuste avec lui. Son regard brouillé de larmes tourna vers un innocent couteau qui passait par là. Non, il ne pouvait pas aller jusque là. Il avait promis à sa famille de mourir de manière naturelle, pas en se comportant comme un lâche. Il allait se battre pour ne pas poser sa main sur ce maudit couteau et l'enfoncer profondément dans sa chaire meurtrie.

Hésitant et encore barbouillé de sa peine liquide, Castiel se leva en tremblant dans le but d'atteindre son portable. Il chercha dans ses contacts peu nombreux. Dean Winchester, son numéro était là. Que devait-il maintenant faire ?


Non, ce n'était pas un cliffhanger!

Bonne journée à tous (: