Hello! Comme promis, voici le chapitre 12, en espérant qu'il vous plaira!
Merci pour vos reviews, et bonne lecture (:
« -Allô ?
-C'est qui ? demanda la voix d'un Castiel moins âgé à sa mère.
Cette dernière lui demanda gentiment de se taire, puis se tourna vers la fenêtre devant la cuisine pour pouvoir parler en paix sans son adorable fils trop curieux à son goût. Le brun eut un sourire et se servit un verre de lait avant d'aller vers la télévision. Il salua au passage Balthazar, qui rentrait du travail avec une mine...affreuse.
-Oh tu peux parler toi ! grommela le plus âgé en avisant le verre que tenait son frère dans sa main.
Sans attendre, il le lui vola sous les yeux ébahis de son ancien propriétaire. Mais quel goujat ! Castiel fut tenté d'aller se plaindre malgré ses quelques 27 ans, mais il finit par ne pas le faire, heureux de voir qu'au moins son frère exaspérant ne le décoiffait pas comme il le faisait toujours. La joie fut de courte durée cependant, quand un bruit se fit entendre de la cuisine.
Balthazar et Castiel sourcillèrent puis allèrent voir en même temps, tombant sur leur mère qui se retenait visiblement de pleurer et qui avait raccroché le téléphone. Castiel ne comprit pas immédiatement, mais son ainé sut à l'instant même ce qui se passait. Il attira la brune à lui, la serrant fortement.
-C'est les risques du métier, maman..., souffla-t-il.
-Je sais...ils n'ont pas pu le sauver.
-Qu'est-ce qui se passe ? interrogea le dernier né, inquiet par ces paroles.
Il n'eut cependant pas besoin d'avoir une réponse clairement formulée. Leur père, Patrick, était policier et intervenait souvent dans les affaires sur le terrain. La réponse était là : une poursuite avait dû mal tourner et prendre la vie du policier au regard malicieux. Et ce n'était que le début du drame familial. »
...
0o0o0o0o0o0o0o0o0
...
Castiel se leva encore une fois tard, pris dans son souvenir qui devenait de plus en plus flou tellement il faisait mal. Il n'avait même plus envie de se lever car il n'y avait pas de motivation. Aucune motivation à sortir son corps frêle du lit dans lequel il dormait toujours seul. Sa peine disparut était revenue en flèche, le tuant lentement et il n'avait aucune idée de comment la faire taire. Plusieurs fois avant de s'endormir il avait été tenté de se faire du mal pour se concentrer sur la douleur physique, mais à chaque fois sa raison l'empêchait de commettre ce crime.
Dieu que ça faisait mal, même se lever faisait mal maintenant. Ou la sensation que se lever ne ferait qu'en finir de le tuer. Le pire, c'était finalement qu'il y avait non pas une mais deux douleurs qui brisaient la joie qu'il avait réussi à ressentir. Et laquelle des deux le faisait plus souffrir ?
Castiel fit une légère moue. Cette question là, c'était la plus difficile. Et pour y répondre, il devait se confier. A n'importe qui, mais il devait révéler ses pensées les plus dures. Prenant son courage en main, l'homme sortit ses jambes du lit et se hissa finalement jusqu'à son petit bureau. Ses mains se saisirent de son journal intime, celui qui restait dissimulé aux yeux des autres et qui gardait bec et ongles tous ses secrets enfermés.
...
0o0o0o0o0o0o0o0o0
...
« Ma chérie, je n'avais pas prévu de me confier maintenant, mais tu sais à quel point je ressens la souffrance. Il faut que je parle, que je me confie, acceptes-tu de m'écouter encore une fois, ma petite Meg ?
J'ai passé de bons et doux moments en compagnie de Dean, je l'appelle seulement Dean parce que j'ai l'impression que nous sommes amis, et ces moments sont si beaux que je les regrette tous. Je connais mon docteur depuis assez peu et me sens pourtant si proche de lui. Ce qui m'amène pourtant à l'accabler de mes histoires. Je sais qu'il a une vie et que sa femme n'a pas l'air heureuse de me voir. Je me dis parfois moi-même que je n'ai pas ce droit de gâcher sa vie et celle de son épouse.
Mais tu sais, j'ai aussi peur, car même si nous nous lions de plus en plus, je m'inquiète de son soudain silence. Il ne m'a pas appelé, il n'a pas demandé de rendez-vous. Je sais que j'en ai un dans peu de temps, mais ce qui m'intéresse maintenant, ce n'est plus de guérir, c'est de le voir. Peut-être peut-il me comprendre ? Je sais qu'il veut que je lui dise tout, pourquoi j'ai perdu ma voix, pourquoi mes souvenirs s'effacent, que je lui dise ce que j'ai déclenché, mais je ne veux pas l'affliger de l'horreur que j'ai commise.
Meg, tu dois le savoir, ma chérie. Je ne lui ai rien dit sur mon trouble de la mémoire. Ca n'en vaut pas la peine, il ne pourrait rien faire. La vérité que je refuse de lui dire car je la connais déjà, c'est que...ce sont mes souvenirs qui s'effacent lentement. Les plus beaux d'abord, les plus durs ensuite. Je crois que c'est un traumatisme, les médecins le croient aussi. Ils disent que je suis trop traumatisé pour arrêter le processus et que je risque d'arriver au stade de la maladie d'Alzheimer, mais Dieu sait combien je tiens à mes souvenirs, ils sont tous ce que j'ai de plus beau.
Je veux me souvenir de toi, de ma famille, de Dean, de tout ce que j'ai déclenché car c'est ma punition. Même si ça fait mal en un sens. J'aimerais tant revenir en arrière, pour ne pas à avoir à subir tout cela, mais je ne peux pas.
L'autre chose qui fait que mes yeux voient à nouveau le noir à plusieurs endroits, c'est Bal'. Je l'aime, mon grand frère, mais ce qu'il me dit, ce qu'il me force à entendre...ça fait tellement mal que j'ai l'impression que je vais exploser d'ici peu. Sait-il que je me hais d'être encore en vie ? Tu aurais dû vivre, mais c'est moi qui ais survécu, c'est moi qui aurais dû tomber dans le coma, mais c'est maman qui y est tombée. Tout s'inverse, pourquoi ? Ma famille est-elle aussi maudite que ça ?
Et Balthazar veut débrancher maman, mais il n'en a pas le droit. Il dit qu'elle n'est plus là et que je dois la laisser partir, mais je ne veux pas. Je sais qu'il y a toujours un espoir quelque part, je l'espère de mes maigres forces. Et j'aimerais tant revoir mon tout petit frère. Samandriel, tu t'en souviens ? Son petit regard malicieux, celui de papa. Tu n'as pas connu papa, il était arrogant et plaisantin, mais ça le rendait encore plus attachant.
J'ai mal, ma petite Meg. Depuis que Dean et Bal' ne me parlent plus, je revois tout le noir que je ne devrais plus voir. Dois-je aller voir Dean tout de suite ? Je veux guérir, pour lui, pour sauver ce qu'il reste de ma famille aussi, mais comment le faire ? Peut-être que je dois en effet accepter de tout dire à mon docteur...
Mais sera-t-il seulement mon ami après ça ? J'ai peur, ma chérie. »
...
0o0o0o0o0o0o0o0o0
...
-Oui Amy ? interrogea Dean, le téléphone à l'oreille.
-Castiel Novak voudrait te voir, il écrit que c'est urgent, déclara la femme à travers le combiné.
Dean se mordit quelques instants les lèvres. Et dire qu'il avait essayé de ne plus penser à son ami, et qu'Amy venait de briser plusieurs heures intenses de concentration pour y arriver ! Etrange surtout que Castiel veuille le voir d'urgence alors que leur prochain rendez-vous n'était planifié que pour la semaine prochaine...c'était sans doute très urgent en effet. Et puis mince, Lisa ne serait pas au courant, et il resterait dans le cadre de son travail, promesse de Winchester !
-Fais le venir s'il te plaît, finit-il par accorder.
Quelques minutes à peine passèrent avant que le brun n'arrive, entrant timidement dans la salle et prenant soin de ne pas le regarder directement. Encore plus étrange...avait-il peur de lui ? Dean se posait la question, espérant que la réponse n'était pas positive.
-Bonjour Castiel ! Que...qu'est-ce qui se passe ?
« Besoin te voir. »
-Euh...tu sais Cas', quand on est au bouleau, vaut mieux garder...les relations de travail, essaya d'expliquer le blond avant de laisser tomber.
Il aurait bien continué sa phrase si Castiel ne l'avait pas enfin regardé dans les yeux, lui prouvant qu'il avait besoin d'aide. Ouch, ça commençait mal. Quelque chose devait donc vraiment s'être passée et ce n'était pas bon pour le photographe. Dean s'inquiéta de suite et referma la porte de son bureau avant d'inviter son cher patient à s'asseoir sur le canapé. Castiel s'y dirigea mollement, l'air peu motivé, ce qui en finit d'intriguer Dean. Ce dernier, tout en s'asseyant près de son patient, oublia totalement sa discussion avec Lisa et contempla son ami. Plus son patient, comment cet homme qu'il aimait tant pouvait être son patient ? Aimait..il l'aimait comme un meilleur ami, voir comme un frère d'ailleurs. Ou même plus. Et ça, malgré qu'il soit psychologue à ses heures perdues, il n'arrivait pas à détecter de quel amour il s'agissait, et pourtant ce que lui disait son entourage aurait dû faire clic dans sa tête.
-Cast...Cas', je veux bien te parler en tant qu'ami et oublier les convenances de travail, mais il va falloir que tu m'expliques pourquoi tu as une mine aussi peu motivée, commença-t-il doucement pour ne pas brusquer son patient.
Le brun hésita, ne sachant que dire. S'il disait quelque chose, Dean allait lui en demander plus, et il voyait d'ici sa réaction. Son ami le pardonnerait-il pour ses fautes ? Serait-il encore son ami après avoir découvert que c'était lui qui avait causé la mort de sa fiancée, lui qui avait poussé sa mère à une tentative de suicide, lui aussi qui avait brisé le reste de la famille ? Finalement, il décida de dire son mal être à son ami sans lui raconter son horrible vie qu'il avait parfois envie d'abréger. Prenant un peu de temps pour savoir ce qu'il allait marquer sur la feuille que lui tendit généreusement Dean, le photographe commença son petit récit en écrivant du mieux qu'il pouvait.
« Mal parce que mon frère me dit des choses qui me donnent des envies. »
-Quels genres d'envies ? Et que te dit-il ? interrogea tout de suite le docteur, intrigué.
« Il menace de m'enlever mon frère si je ne parle pas. Veux mourir, Dean. » ajouta-t-il après avoir une fois de plus hésité sur la dernière partie.
-Cas', non, t'as pas le droit de dire ça ! Tu vas rester ici, on va t'aider ! Et...attends, tu as un frère ? sourcilla le blond.
C'était quelque chose qu'il ne savait pas, ça...alors comme ça, Castiel avait un autre frère que ce...Balthazar ? Il lui fit comprendre qu'il voulait en savoir plus, tout en vérifiant bien que l'autre homme n'allait pas se refermer sur lui-même à cause d'une maladresse.
« Sammy. Samandriel. 3 ans, en foyer. Bal' veut me l'enlever. »
-Merde...mais qu'est-ce qui s'est passé, Cas' ?! Pourquoi Bal'...Balthazar je présume, veut t'enlever ton petit frère ? Surtout qu'il doit être mignon, à 3 ans on est tous mignon !
« Bal' m'en veut de plus parler. »
-Ca va revenir, Castiel. Tu parleras à nouveau, ne t'en fais pas. A mon avis ce que tu fais n'est qu'un blocage temporaire qui s'en ira lorsque tu te sentiras mieux, expliqua doucement Dean.
Son ami se contenta d'hocher la tête, mais au fond, il se culpabilisait encore plus de mentir. Pourquoi mentir au seul être qui voulait encore de lui ? Qui ne lui disait pas d'horribles choses pour le débloquer ?
-Cas' ? A quoi ressemble ton petit frère ? finit par lui demander le docteur, curieux de savoir.
Pour réponse, le brun sortit son portable et chercha dans ses photos celle qu'Anna lui avait passé. Un petit bonhomme tout joyeux qui souriait à grandes dents, ses yeux bleus éclatant de bonheur. Dean nota sa ressemblance avec les cheveux décoiffés de Castiel. Ils étaient bien des frères, ces deux là ! Et puis ce jeune garçon était mignon, comme son grand frère...oui, très mignon. Castiel était surtout très mignon...mais alors pourquoi ses yeux commençaient à briller d'une lueur que Dean n'aimait pas voir ? Pourquoi une petite larme coulait d'un œil, faisant fulminer son propriétaire.
-Castiel ? s'inquiéta le blond.
Intérieurement, il admirait les progrès de son patient, car malgré qu'il n'y ait pas encore de vraie vérité, Castiel commençait à se montrer sous son vrai jour. Il pleurait, c'était peut-être douloureux à voir mais en un sens c'était aussi beau, car il progressait vers la communication. Dean, pris d'un sentiment culpabilisant, enleva le portable des mains de son ami et le serra doucement dans ses bras. Une légère étreinte se voulant réconfortante et attentive aux réactions du beau brun.
-Il est très beau ton petit frère..., murmura-t-il à Castiel.
Un léger sourire apparut sur le visage de celui-ci. Oh que oui, son petit Sammy était beau et amusant, même s'il ne l'avait plus revu depuis 3 ans. Il n'avait en fait que connu Samandriel durant ses premiers mois avant de briser la famille Novak. Il aurait tellement aimé en parler à son docteur, celui qui essayait en ce moment même de le rassurer sans savoir les crimes qu'il avait commis. Il serait bien dégoûté, ce même docteur, après avoir su la vérité. L'entière vérité jalousement gardée.
-Tu te sens mieux ? s'enquit Dean, brisant doucement l'étreinte qui lui procurait à lui-même mille frissons dissimulés.
Un petit hochement de tête lui répondit. Il savait que Castiel ne lui mentait pas cette fois, qu'il se sentait déjà un peu mieux. Peut-être était-il temps de parler d'autre chose pour en finir de le détendre. Hors de question que ce charmant photographe ne rentre avec la tête remplie de lamentations ! Non, il rentrerait avec un bon souvenir malgré la peine qu'il avait eu. Mais de quoi parler...et puis Dean n'avait même pas envie de parler, juste envie d'aider son ami, de le consoler, d'apprendre à le connaitre...d'entendre sa voix, peut-être ? Oui, d'entendre sa voix. Elle devait sans doute être douce et merveilleuse, gracieuse, remplie de joie et convaincante.
Un regard interrogateur le ramena à la réalité. Ah oui, Castiel devait se demander pourquoi son cher docteur l'observait un peu trop. C'était que son regard se faisait insistant sur ce bel homme mystérieux. Un mystère à lui seul. Un mystère rempli de souffrances, un mystère qu'on devait découvrir à petit feu et qu'on devait aider. Castiel était un être plus que mystérieux et intriguant, voire même fascinant. Et Dean n'était pas seulement fasciné par son métier. Il y avait quelque chose chez ce photographe muet qui le rendait...différent ? Plus voyant que les autres ?
Le blond secoua légèrement la tête. Et le voici qui venait de partir dans des pensées indécentes et qui n'avaient rien à voir avec son travail ! Mais il s'approchait de la révélation finale, celle qui lui montrerait jusqu'où il pouvait tenir à cet homme.
-Cas', je peux te confier un truc personnel ? demanda-t-il finalement, arrêtant rapidement ses pensées avant qu'elles ne deviennent trop philosophiques et énervantes.
Un sourire fit office de réponse. Quel doux sourire, d'ailleurs. Sincère, vrai, petit mais plein de joie.
-Voilà...je viens d'apprendre que ma femme est...enceinte..., toussota-t-il, pas sûr d'être si heureux que ça finalement, ce qui n'échappa pas à son confident.
Celui-ci eut les yeux brillant de joie, et serra la main de Dean pour le féliciter, puis lui demanda sur le papier pourquoi il n'avait pas l'air très enjoué par une telle nouvelle ! Avoir un enfant, ça devait être magnifique...
-Ouais, mais...on s'entend pas très bien avec ma femme, en tout cas plus maintenant. On se dispute...
« Grossesse qui joue là-dessus ? » suggéra naïvement le brun.
-Peut-être..., fit mine de songer l'autre, ne voulant pas avouer à Castiel que c'était lui le supposé problème.
« Peux t'aider en quoi que ce soit ? »
-Si tu me promets qu'une fois que tu seras guéri, tu ne partiras pas..., plaisanta Dean.
Castiel, le regard vibrant de bonheur intense, une chose qu'il n'avait pas ressenti depuis trop longtemps à son goût, accepta sans même hésiter, ne relevant pas la plaisanterie ! Son docteur parut étonné. Alors comme ça, son Castiel serait prêt à rester près de lui, même s'il n'y avait plus de raison de se voir ? Cette fois ce fut à son tour de sourire. Sans même contrôler ses gestes, son visage se rapprocha de celui du photographe. Il le voulait. Il ne savait pas pourquoi. Il devait juste le faire, faire ça. Juste une fois, ce n'était pas un crime. Ses lèvres effleurèrent celles de son patient, appréciant leur douceur. Dieu, que c'était doux et bon. Meilleur que les lèvres de sa femme. En fait, avait-il vraiment une femme ou rêvait-il ? La pensée de Lisa se tenant devant lui, le sourire aux lèvres, disparut totalement de son esprit alors que, sans s'en rendre compte et fermant même les yeux, ses lèvres se tendirent davantage vers celles de Castiel pour approfondir le contact.
Un commentaire ne prend que quelques minutes et réchauffe les cœurs (qui doivent supporter le froid, la pluie et les tempêtes de la nuit, ouin!)
On se retrouve lundi prochain, avec la suite de ce...cliffhanger? (:
