Hello! Voici comme prévu le chapitre 13 qui fait suite au...cliffhanger du chapitre dernier? Avec quelques réponses, et d'autres questions!

Bonne lecture (:


Castiel ne sut que faire lorsque deux lèvres effleurèrent les siennes. La première chose qu'il se demanda fut s'il rêvait parce que son propre docteur l'embrassait. La seconde chose qu'il se demanda ensuite était 'devait-il se laisser faire ?' puis arriva la dernière question 'avait-il le droit d'embrasser un ami ?' Les dernières réponses furent un non catégorique, mais le cœur semblait l'emporter sur la raison. Non, il ne devait pas se laisser aller. Dean ne méritait pas qu'il le brise en allant trop loin. Et surtout, jamais le photographe ne pourrait trahir son amour infini pour Meg. Il l'avait tué, il n'avait plus le droit de toucher ou d'embrasser quiconque, il allait tuer le malchanceux. Pourtant ces lèvres qui demandaient un contact plus prononcé étaient si douces, se frottant tendrement aux siennes. Des petits papillons légers dansèrent quelques instants la lambda dans son ventre. Ce truc ne daignait pas s'éteindre. Il devait prendre les choses en main et se décider très rapidement.

Alors que Dean s'apprêtait à approfondir ce baiser, Castiel eut le courage et la force de reculer sa tête de là où elle se trouvait avant, empêchant son docteur d'aller plus loin. Une main partit doucement sur son torse pour le repousser gentiment. Dean rouvrit les yeux à ce moment là, quand il ne sentit plus un corps contre le sien, quand il ne sentit plus de lèvres se poser sur les siennes. Qu'avait-il fait de mal ?

-Cas' ? demanda-t-il, un sourcil se fronçant, imitant à la perfection un Jaffa venant d'une série médiocre...quoique.

Le brun hocha la tête négativement, comme pour signifier qu'il ne voulait plus que son docteur pose ses lèvres sur les siennes. Dean ne comprit cependant pas. Entendre la voix de son ami aurait été bien mieux...pouvoir savoir comment était faite sa voix, jusqu'où elle pouvait être séductrice et aimable, pouvoir l'écouter toute la journée...mais il n'y avait pas de mots, juste un geste de la tête qu'il n'arrivait pas à saisir. Que voulait Castiel ?

-Cas', j'ai fais quelque chose qui t'a déplu ? osa-t-il demander, la peur s'insinuant doucement en son être intérieur.

Mais de quoi avait-il peur, au fond ? Difficile de savoir. Le blond dut y mettre sa concentration extrême et oublier la douceur des lèvres de son patient pour trouver une réponse. Il avait simplement peur que Castiel le repousse. Pourquoi ? Ca, c'était encore flou dans son esprit embrumé par un petit goût de miel. Les lèvres de Castiel avaient le goût de miel.

« Non. » nota pourtant le photographe, ses mains tremblant légèrement.

-Cas', tu trembles..., remarqua rapidement Dean, très observateur.

« Rien de grave ! »

-Si, il se passe un truc ! Dis-moi...enfin, écris-moi ce que tu ressens. Pourquoi m'as-tu repoussé ? J'ai fais quelque chose de mal pour toi ? Ou alors tu trouves ce baiser déplacé ? interrogea-t-il, déterminé à avoir des réponses.

Il en oublia ses études : on ne devait pas brusquer ses patients au risque de les perdre. Mais en cet instant, Dean n'était plus le docteur de Castiel, il était son ami proche, son confident, et il se fichait bien de se souvenir de ses enseignements. Une seule chose lui importait : l'avis de celui lui faisant face. Ce dernier se renfrogna en entendant toutes ces questions. Il n'avait pas le droit de répondre. Pas le droit de parler de ça, pas le droit de briser la vie de Dean en lui donnant une mauvaise réponse, non, il ne pouvait pas se le permettre !

« Peux pas te répondre. » écrivit-il rapidement, sa respiration s'accélérant brutalement dans son cœur.

Un petit mal de tête lui vint naturellement. Le stress. Le stress le gagnait peu à peu. Ca faisait mal. Il allait faire du mal. Il ne savait faire que ça, briser ceux qui essayaient de l'approcher, mais il ne voulait pas faire de mal à Dean. Le blond sentit son malaise, et chercha ce qui n'allait pas. Les symptômes n'étaient pas durs à repérer. En observant la chemise de son patient, il put remarquer aisément sa poitrine se soulever irrégulièrement, signe de stress. Il lui semblait que Castiel commençait aussi à éprouver des vertiges.

-Cas', dis-moi ce que tu as s'il te plaît ! s'inquiéta-t-il rapidement.

« Faut que je sorte » fut la seule réponse que put écrire l'autre homme, avant de poser une main sur son front, se retenant de partir tout de suite.

-Castiel ! l'interpella Dean, venant vite près de lui et prenant une de ses mains pour le réconforter.

Il se posait déjà des questions sur ce qui pouvait provoquer un tel comportement. Castiel n'avait jamais été stressé au cours de leurs entretiens ou de leurs visites. Pourquoi alors était-il comme ça soudainement ? Ce n'était tout de même pas à cause du baiser, n'est-ce pas ? Dean s'en voulut de penser à ça. Pourtant, le photographe l'avait repoussé...peut-être alors était-ce lui qui était à l'origine du mal de son ami ?

-Pardon Cas', je ne sais pas ce qui te fait du mal...laisse-moi t'aider, ok ?

« Peux pas le dire ! Dois partir ! »

-Partir où ? Tu veux qu'on arrête là cette séance ? s'enquit-il.

Un hochement de tête positif lui répondit. Sans en dire davantage, Castiel quitta la salle, n'adressant plus un seul regard à son docteur. Il devait s'isoler, ne plus jamais essayer de croiser ce regard émeraude qui pourrait se briser en mille morceaux à tout moment. Pas question de faire de cette vie innocente un enfer. Dean ne méritait pas ça ! Le bus arrivait quand Castiel sortit de l'hôpital. Il se hâta de le prendre, et alla s'installer le plus loin possible de tous les voyageurs pour calmer son cœur.

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Dean resta là, dans la même position qu'avant le départ de Castiel. Que venait-il de se passer, il ne le savait même plus. Il avait juste embrassé Castiel, sans même le remarquer. Son corps l'avait poussé à le faire, mais quant à savoir pourquoi, cela demeurait un mystère en lui. Il se contenta de regarder l'endroit où s'était tenu son ami quelques minutes auparavant. Il allait vraiment devoir rattraper le coup s'il voulait pouvoir aider le photographe, mais comment faire ? Castiel devait de nouveau ne plus vouloir se confier à cause de lui...

-Mais pourquoi je l'ai embrassé aussi ?! Je suis con, parfois ! jura le pauvre docteur, se passant une main dans les cheveux.

Son assistante arriva alors, après avoir soigneusement frappé contre la porte du bureau. Dean la laissa entrer après s'être rassis sur son siège. Il prit son air le plus sérieux, et vit Amy débouler jusqu'à lui.

-Dean, pourquoi ton patient est parti en courant ?! s'inquiéta-t-elle de suite.

-On parlait et j'ai dû faire un truc qui a dû le brusquer, et il est parti, révéla seulement Dean, encore blasé.

-Tu mens un peu, n'est-ce pas ? devina facilement Amy.

Elle ne connaissait pas tellement Dean, mais travaillant avec lui, elle pouvait être capable de sentir quand il mentait ou cachait quelque chose. Et là, il cachait quelque chose. Et pas qu'à elle, il se cachait cette chose là à lui-même. Refus de la vérité, sa spécialité...et c'était dans le domaine sentimental, car il se cachait tout dans ce domaine.

-Je ne mens pas, démentit alors le docteur, bien qu'au fond il doutait de ses propres paroles.

-Bon...au fait, Lisa a appelé.

-Qu'est-ce qu'elle voulait ?! s'intéressa Dean.

-Pas grand-chose. Elle m'a dit qu'elle était enceinte. Félicitations d'ailleurs ! sourit la blonde.

-Merci...

-Dean, tu sais que tu peux me parler un peu ?

-Non, ça ira. Elle t'a dit autre chose ?

-Elle voulait juste savoir comment tu allais, répondit Amy, acceptant le choix de son ami, mais elle ne résista pas à le mettre sur la voie cependant. Dean, il faudra bien que tu regardes la vérité en face un jour.

-De quoi parles-tu ?! soupçonna son patron, un sourcil arqué.

-Tes sentiments. Je te laisse, j'ai encore du bouleau...et ton patient pervers a aussi demandé un nouveau rendez-vous !

Sur ces mots peu encourageants, Amy s'en alla rapidement, laissant Dean remettre ses pensées en place et y réfléchir. Mais il n'avait pas besoin de ça à l'heure actuelle. Ce qu'il lui fallait, c'était déjà parler avec une amie, puis avec sa femme.

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Castiel avait pensé à revenir chez lui après ce rendez-vous qu'il regrettait, mais il avait besoin de se calmer au risque de s'évanouir rapidement, et ça, il ne le souhaitait pas. Le brun décida donc de revenir voir sa mère. Aujourd'hui, Balthazar ne viendrait pas, il pouvait donc être sûr d'avoir son modèle de photo à lui tout seul. Pas besoin de se présenter à l'accueil, on le connaissait déjà et on savait ses habitudes. Castiel put atteindre rapidement la chambre de sa mère. Le bruit du respirateur le fit frissonner. Des frissons qui le parcoururent entièrement. Dieu ce qu'il haïssait ce bruit, c'était pire que tout ! Savoir que s'il arrêtait cette machine ne serait-ce qu'une seconde, celle qu'il avait forcé au suicide disparaitrait sans se battre. Non, il ne pouvait pas se résoudre à laisser son ainé la tuer définitivement.

Le photographe s'avança vers elle, la détailla quelques instants puis se posa contre son corps inerte, sa tête allant se caler contre la poitrine de la brune, comme lorsqu'il était plus jeune. Il sentait à peine son cœur battre, et sa main vint se glisser sur son ventre, doucement, comme s'il avait peur de la briser. C'était bon d'être avec sa mère, même si elle ne voulait sûrement pas qu'il reste à ses côtés. Si Castiel avait pu parler, ses simples mots auraient été une courte phrase « Pardonne-moi pour tout » car c'était bien lui qui avait tout déclenché. La mort de Meg, la tentative de suicide de sa mère, le départ de Samandriel, la haine de Balthazar...que devait-il donc faire d'autre pour que le monde comprenne qu'il était le plus maudit des hommes ?!

Et puis cet après-midi, il avait tant de choses à dire sur cet après-midi là. Et sa voix ne lui permettrait pas de conter à sa mère ce qu'il avait vécu, et pourtant, avant elle aimait bien qu'il lui raconte des anecdotes sur son travail. Maintenant, elle ne pouvait plus l'entendre, il y avait juste des gestes qu'elle ne pouvait pas non plus voir. La seule chose qui restait, c'était les écrits de Castiel. Des petits textes relatant quelques histoires, parfois quelques poèmes sur ce qu'il pensait, sur ses sentiments. Et cette fois encore, le brun allait se confier. Il sortit doucement des bras si froids de son modèle préféré, puis empoigna une feuille blanche qui trainait sur le rebord de la table de chevet, enfin il se saisit de son stylo noir, et commença son récit, cherchant les mots les plus doux et vrais pour s'exprimer. Une infirmière viendrait les lire à sa mère. C'était sa méthode, il demandait toujours à ce que quelqu'un prenne soin de lire ses textes devant la femme pour qu'au moins elle ne se sente pas seule.

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«Maman, tu sais, je n'ai pas l'habitude de parler de ça avec toi, parce que je ne veux pas t'accabler plus que tu ne l'es déjà. Ca me fait mal de te voir comme ça, et je sais que tu as mal aussi, mais j'aimerais que tu saches ce qui se passe en ce moment. Tu as le droit de m'en vouloir, car moi-même je m'en veux plus que tu ne peux l'imaginer. Si tu as trop mal, fais-moi un signe, tu sais que je ferais tout pour te ramener parmi nous.

Ce qui me pousse à te troubler, c'est...c'est Dean Winchester. C'est mon docteur. Balthazar m'a obligé à aller en voir plein, mais aucun n'acceptait vraiment de m'aider, et Bal' m'a envoyé à Dean. Tu le verrais, il est charmant. J'aime regarder ses yeux. Ils sont verts, comme ceux de papa. Il a de beaux cheveux blonds qui lui vont très bien, et il a toujours une petite barbe sur le visage. Dès la première séance, j'ai su que je pourrais me confier un peu à lui, mais je me rends compte que je ne dois pas le faire.

Tu me demanderais sans doute pourquoi. J'ai peur, maman. Peur de lui briser sa vie à lui aussi. Tu sais que je suis maudit, je suis sûr que tu te le dis toi-même dans ton esprit, et bien tu as raison. Je suis l'homme le plus maudit sur cette planète, parce que je détruis tous ceux que j'aime. Oui, je l'aime. J'aime Dean comme un frère, voire plus, mais c'est ça qui me fait peur. Plus j'analyse mes sentiments et plus je comprends que je suis attiré par mon docteur, celui qui m'a laissé entrer dans sa vie privée sans avoir conscience qu'il était tombé dans un piège invisible. Ils y tombent tous. Meg, toi, Bal'...et si Dean mourrait aussi à cause de moi ? Et si sa femme mourrait par ma faute ?

Oui, il est marié. Il m'a appris qu'il allait avoir un enfant, mais je crois que sa femme ne veut vraiment pas que je devienne son ami. J'en suis même plus que sûr. Je suis artiste, et je décrypte les regards, les tableaux, tout. J'ai décrypté dans ses yeux sa méfiance envers moi, elle est tout à fait justifiée.

Pourquoi ne l'ais-je pas arrêté ? Pourquoi Dean m'a-t-il embrassé ? Tu sais, j'ai bien aimé le contact avec ses lèvres, même si ça n'a pas duré longtemps. Mon regret, c'est de l'avoir laissé me toucher, parce que maintenant il va mourir aussi, je le sens, je le sais. Maman, si tu savais comme je m'en veux. Je m'en veux de m'être laissé faire, parce qu'en plus de le tuer lui, je trahis ma fiancée que j'aime tant.

Meg doit me voir et avoir mal au cœur de voir que je l'oublie si rapidement alors que c'est moi qui ais provoqué cet accident. Je ne sais plus où j'en suis, en fait. J'ai peur de faire du mal, tu ne sais pas à quel point. Dean pourrait être victime de ma malédiction et ça je ne me le pardonnerais jamais. Pourquoi alors l'ais-je laissé m'embrasser, je me le redemande puisque je n'ai aucune réponse. Je trahis Meg, je détruis peu à peu Dean...pourquoi suis-je autant horrible avec ceux qui m'entourent ?

Même avec toi, maman. Regarde dans quel état je t'ai mis. Dean pourrait m'aider et t'aider aussi, je le sais, il est doué pour aider, mais je ne veux pas lui dire ce que j'ai fais. C'est égoïste de ma part, mais je ne veux pas lui dire pour ne pas le perdre. Me regarderait-il de la même manière en sachant que je t'ai poussé au suicide, et que tu n'as pas réussis ? J'ai peur de son regard sur moi, lui qui m'accorde tant de temps. J'ai peur de voir ton regard sur moi aussi. Je me souviens du dernier regard que tu m'as adressé. Je pleure, maman. Je voudrais revenir en arrière, empêcher l'accident de ma fiancée, t'empêcher de commettre cet acte qui te plonge dans la mort, empêcher tout le reste...que puis-je faire maintenant ?

Voilà, je pense en avoir déjà trop dit. Je devrais te raconter des histoires drôles plutôt que de te miner le moral avec ça. Il semble que je ne sois pas doué finalement. Je t'aime, maman. Tu es toujours aussi belle. Ma maladie emportera peut-être tous mes bons souvenirs à cause de mon traumatisme, mais elle ne m'enlèvera jamais tous tes sourires, tous tes câlins, tous tes mots doux pour tenter de m'aider.

Ne m'en veux pas de te tuer encore plus en me confiant à toi. Tu mérites de vivre en paix, mais je ne te laisserais pas partir comme ça. Je sais que tu vis encore. Balthazar ne te débranchera pas, je trouverais le moyen de te sauver, de sauver ce qu'il reste de notre famille. Même si pour ça je dois tout dire à Dean, car il pourrait nous aider. Mais peut-être aussi le perdrais-je... »

...

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...

Dean rentra plus tard encore que d'habitude du boulot, se rendant directement à la salle de bain pour se débarbouiller. Il attendit ensuite que Lisa veuille bien venir. Elle terminait juste son travail dans son bureau. Il put entendre ses pieds descendre les escaliers, et venir vers lui. Son regard se leva vers elle. Ouch, elle ne semblait pas ravie de le voir. C'était sans doute à cause de l'heure à laquelle il rentrait.

-Bonsoir, chérie ! tenta-t-il tout de même afin d'éviter une énième dispute.

-Fais un choix, Dean, s'écria simplement Lisa, le regardant droit dans les yeux.

Pas de dispute, pas de cris, pas de coups. Cette fois la confrontation allait être rapide et claire. Lisa détestait en venir à là, mais elle n'avait plus le choix. Son mari ne lui laissait plus d'autres possibilités que celle-là. Elle avait trop peur de le perdre, trop peur de perdre l'homme qu'elle aimait profondément, l'homme qui lui avait fait un enfant qui risquait de ne jamais connaitre le visage de son père. Ca, elle ne le permettrait pas.

-Mais de quel choix parles-tu, Lisa ? s'inquiéta à nouveau le blond, une boule dans le ventre.

-Moi ou lui.


Chers lecteurs et lectrices, vous êtes priés de faire la queue avec votre ticket numéroté si vous désirez tuer l'auteur si présente!

J'ai un peu de mal à écrire sur Supernatural en ce moment, disons que je commence à aller sur un autre fandom, mais j'essaye de terminer mes fictions en cours. Veuillez d'avance m'excuser si je suis en retard dans mon rythme de publication des futurs chapitres.

Forever Changed compte déjà 18 chapitres écrits et un qui devrait être écrit dans la semaine, donc je devrais pouvoir m'avancer! La fic ne fera sans doute pas plus de 25 chapitres en revanche.

En vous souhaitant une bonne semaine! Et attendez votre tour pour me frapper/tuer/zigouiller/massacrer!