Hello! Tout d'abord, bonne rentrée à tous et à toutes (et adieu les vacances, ces douces vacances qui me manquent déjà...) Pour vous encourager, voici la suite avec de l'émotion et des révélations, bien sûr! Mais pas tout d'un coup sinon ça ferait trop à gérer!
Merci encore pour toutes vos reviews, je les apprécie même si je n'y réponds pas toujours (un grand défaut que j'essaye d'arranger, je vous assure!)
Sans plus tarder, bonne lecture (:
Lorsque son poing frappa à la porte du bureau du directeur d'entreprise, Dean crut un instant qu'il allait défaillir et s'étaler sur le sol comme une vieille chaussette en fin de vie. Pas qu'il était peureux, au contraire, il était le plus courageux des psychiatres, mais maintenant qu'il était sur le point d'avoir la solution à son problème sur patte et au regard bleu, une petite inquiétude lui venait naturellement. Et s'il découvrait une chose...horrible ? Cette pensée le fit frissonner. Castiel lui cachait tant de choses que maintenant, il s'attendait au pire pour la vérité sur le passé de son patient. Alors qu'il ruminait et songeait à démissionner de cette affaire, le tout dans sa tête remplie, une voix l'autorisant à entrer lui parvint, le faisant sursauter.
-Courage, murmura-t-il pour lui-même avant d'entrer.
La main sur la poignet, le psychiatre se décida et laissa ses jambes le guider dans la pièce. Une pièce éclairée par une baie vitrée donnant une magnifique vue de la ville. Cliché, sourit-il mentalement. Les patrons avaient bien le droit de contempler la ville du haut de leur tour, non ? D'ailleurs, où était le patron ? Dean se retourna avec le plus d'assurance qu'il put, et fit enfin face à celui pour qui il avait affronté sa plus grande peur. Balthazar Novak se trouvait assis à son bureau rempli de dossiers. Il ne portait même pas de cravate. Dean se sentit rassuré. Ce Balthazar devait être un homme décontracté, quelle joie !
-Oui ? invita d'ailleurs ce dernier.
-Hein ? Oui, Mr Novak ?
-Oui, aux dernières nouvelles je suis toujours un Novak ! Qui êtes-vous ? Pas un employé si j'en crois votre tête inconnue et les cernes sous vos yeux..., commença Balthazar, son regard vert scrutant avec curiosité le nouveau venu.
-Non, je ne viens pas d'ici en effet.
-Je le savais, mon garçon. Ecoutez, je ne crois pas avoir de rendez-vous avec vous, donc si vous pouviez repasser un peu plus tard, ça serait moins gênant, avoua-t-il.
-Oh, oui bien sûr, mais...je suis désolé, mais j'ai fais tout le chemin pour venir vous voir, et...pour tout vous dire, cette rencontre là est vitale, souffla Dean, ne sachant comment réagir.
Pas très accueillant finalement, ce bonhomme là ! Même si le blond comprenait parfaitement l'homme en face de lui. Les emplois du temps surchargés, il connaissait, mais cette fois, c'était vital.
-Ah bon ?! C'est la première fois qu'on me dit ça...bon, pour vous sauver la vie, je veux bien vous accorder un petit rendez-vous ! Allez-y, prenez un siège et dîtes-moi tout, à commencer par qui vous êtes et si vous aimez Titanic de James Cameron, parut plaisanter Balthazar.
Dean s'assit presque timidement en face de son interlocuteur, et se demanda un instant si le patron n'avait pas un peu disjoncté. Lui, aimer un film pareil ? Beurk !
-Je m'appelle Dean Winchester, et je déteste ce film ! Et si je viens, ce n'est pas pour vous parler du film en question, mais pour que vous m'aidiez à sauver votre frère, décida-t-il d'être sincère.
Tourner autour du pot ne servirait sûrement à rien, et le blond ne pouvait se permettre d'attendre. Peut-être bien que la menace était sérieuse, après tout. Il doutait de plus en plus depuis que, chaque jour, après avoir vérifié si on lui avait laissé des SMS, il s'inquiétait de ne plus voir de message venant de Castiel. Ce dernier semblait avoir arrêté tout contact avec lui. Certes, il l'avait cherché, mais il ne s'était pas attendu à ce que son ancien protégé ne le harcèle pas. C'était étrange, et inquiétant, encore une fois.
Dean devina d'ailleurs que Balthazar était du même avis. Un rictus apparut lorsque le patron comprit de quel frère parlait son invité. Castiel, encore. Il n'y avait que lui et ses soucis. Il fut tenté pendant quelques petites secondes d'envoyer bouler ce pauvre individu qu'était le médecin de son frère, mais l'inquiétude revint à grands pas. Il accepta tout de même de parler.
-Oui, je vous connais maintenant. C'est moi qui ai placé Castiel dans votre service pour...l'aider. Alors, qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-il d'un ton froid montrant bien sa réticence.
-J'ai...j'ai arrêté de suivre Castiel, annonça simplement Dean, toussotant de gêne.
-Ah. Ca ne me surprend pas vraiment. Mais parce que je suis curieux, pourquoi vous avez arrêté de suivre mon têtu de frère ? interrogea-t-il, les yeux froncés.
-Comment dire...votre frère a fait des progrès. Il commençait à s'ouvrir et à sourire à nouveau, mais...il me fallait des réponses pour pouvoir l'aider. Il n'est inscrit nulle part dans le dossier qu'on m'a fourni pourquoi il est aussi atteint. Je veux dire, son mutisme, et cette maladie du cerveau dont on ne veut pas me parler...il me fallait des réponses, et il refusait de me les donner, alors j'avoue avoir pété un câble et lui avoir dit que je ne le suivrais plus, avoua piteusement le blond.
Balthazar écouta avec attention jusqu'à la fin, la curiosité ayant décidée d'éliminer sa raison qui lui disait de faire dégager cet individu. Castiel, encore...encore ce mutisme...et ce médecin osait dire qu'il faisait des progrès ? Moyen, comme pronostic...
-Oui, euh...n'essayez pas d'obtenir des réponses de Castiel, il ne les donnera jamais. Je savais que cette thérapie ne lui servirait à rien mais je voulais essayer de l'aider..., souffla Balthazar entre ses dents, minaudant contre son frère.
-Je sais qu'il y a un traumatisme là-dessous, Mr Novak, et j'ai fais ma propre enquête. J'ai dû demander des informations à des personnes compétentes, mais l'histoire de Castiel est tellement cachée que je n'ai pas réussi à trouver le quart de ce que je cherchais. Je sais que votre père est mort, que votre mère est dans le coma, et que vous prévoyez d'adopter votre plus jeune frère...et je sais que Castiel en souffre, qu'il a une maladie du cerveau...mais rien d'autre.
Balthazar serra discrètement les poings sous son siège, s'empêchant de se lever. Il fit taire ses sentiments lui dictant de faire partir cet inconnu, et tenta de formuler clairement ses réponses pour ne laisser paraitre aucune émotion.
-C'est déjà pas mal d'informations, ça. Castiel ne souffre pas d'une maladie de cerveau cependant. C'est une maladie de la mémoire. C'est suite à ces...traumatismes dont vous me parlez. Il est muet et en plus il perd de plus en plus la mémoire. J'ai reçu des résultats de ses tests, les plus récents, et pour tout vous dire, je crois que vous avez bien fait d'abandonner.
Dean releva la tête, sourcils arqués et cœur battant la chamade. Il crut un instant avoir mal entendu, et rembobina la machine. Non, tout était vrai, ces paroles froides à l'encontre de Castiel. Alors même Balthazar abandonnait son frère.
Bon sang, mais dans quoi s'était-il engagé ?
-Excusez-moi, mais vu la façon dont vous parlez de Cas'...Castiel, ahem, on dirait que...vous lui en voulez et que vous êtes heureux de son malheur, toussota-t-il, se rattrapant.
-N'osez jamais prétendre que je suis heureux de ce qui lui arrive, jamais. J'aime mon frère, plus que j'aime cette entreprise. Et cette thérapie, toutes ces choses que j'ai faites, je les ai faites pour l'aider. Sa douleur allait droit à mon cœur, et je ne pouvais plus supporter de le voir dans son état. Alors ne dîtes plus jamais ça, compris ? Mais...il ne fait aucun effort, il ne voit pas le mal qu'il nous fait, il nous assassine un par un. Oui, je lui en veux, et maintenant je le laisse se débrouiller tout seul, même si je l'aime et que je déteste le voir souffrir, grincha Balthazar, le regard plein de colère envers son interlocuteur.
-Excusez-moi dans ce cas, Mr Novak. Je suis un peu exténué moi aussi. Exténué de voir que Castiel refuse mon aide, et c'est en dernier recours que je viens vers vous. Pourquoi lui en vouloir autant ? Et quels sont les résultats de ces tests dont vous parlez ? demanda alors Dean, se redressant sur son siège, mal à l'aise.
-Les tests disent que les traumatismes sont trop présents pour Castiel, et qu'il perd de plus en plus vite la mémoire. Les souvenirs s'en vont..., répondit partiellement le frère dudit Castiel, essayant de paraitre à nouveau calme et froid.
Mais Dean n'était pas dupe. Il vit la colère toujours présente dans les yeux verts du patron de l'entreprise. Il sut que toutes ces paroles cachaient une autre révélation. Peut-être était-il finalement proche d'atteindre son but ? Le jeune homme l'espérait, en tout cas. Il ne pourrait espérer sauver Castiel de ses démons si on ne lui donnait pas de réponses.
-S'il vous plaît, dîtes-moi pourquoi vous lui en voulez. Qu'est-ce que votre famille cache ?!
-Une petite famille..., concéda-t-il seulement à répondre.
-Mr Novak ! La sœur de votre mère est venue me voir ! Elle m'a dit de vous trouver, que vous pourriez tout me dire. Je sais qu'il y a un drame familial dans votre vie, dans celle de Castiel. Je sais aussi que mon ami et patient est peut-être entrain de se morfondre dans son canapé, à songer à mourir ! Je sais que j'ai fais une connerie en le laissant tout seul pour affronter ses démons et ses maladies, mais je suis venu pour avoir des réponses. Pourquoi Castiel a si peur de parler ? De quoi a-t-il honte ?! Car je sais qu'il a honte, à chaque regard qu'il pose sur moi, je vois qu'il a honte et qu'il ne veut pas me dire la vérité parce qu'il aurait peur de mon regard après ça. A chaque ligne qu'il écrit, je sens son hésitation à me parler, à chaque geste...de quoi devrait-il avoir honte ? Y a-t-il un rapport entre l'accident de sa fiancée et le coma de votre mère ? questionna Dean, incapable de se retenir plus longtemps.
La peur soudaine pour Castiel lui était venue comme par enchantement. L'idée que son ami puisse en ce moment même songer à mourir lui revint en même temps. Il avait une mission, découvrir la vérité pour sauver Castiel. Pendant sa longue tirade, il s'était levé. Désormais, ses mains étaient posées sur le bureau, son regard encré dans celui d'un Balthazar ahuri qui ne comprenait plus rien à rien.
-Ne parlez pas de ça, Mr Winchester. Vous ne savez strictement rien...
-Justement, je cherche à savoir. J'ai rarement eu autant besoin de réponses, et croyez-moi sur parole, je n'ai jamais été aussi en colère et inquiet de ma vie, mais là, il s'agit de la vie de votre frère. La vie de mon ami !
-Si vous tenez tant à lui, pourquoi avoir arrêté de le suivre ? sourcilla encore une fois Balthazar, cherchant à écourter la conversation.
-Je...j'ai été con sur cette affaire, je le sais. Et maintenant, j'essaye de me faire pardonner et de nettoyer mes erreurs. Dîtes-moi, Mr Novak. Dîtes-moi tout, je vous en prie. Votre frère risque de ne pas tenir longtemps. Pourquoi, lorsque je lui parle de sa mère, il se crispe autant ? Ca a un rapport avec elle, j'en suis conscient maintenant que j'analyse toutes nos discussions.
-Ne parlez pas d'elle...
-Alors ça a un rapport avec votre mère. Son coma, comment...comment ça a débuté ? demanda doucement Dean, ne voulant plus brusquer l'autre homme.
Hélas ce dernier était déjà trop en colère pour parler. Tout était de la faute de son frère. Tout. Une envie de le laisser se tuer à petit feu s'insinua en lui. Castiel paierait pour avoir tant déchiré sa famille.
-Vous n'avez pas à le savoir. Sortez ! s'énerva le patron.
-Pas avant d'avoir des réponses. Je regrette, Mr Novak. Il faut que je sache, je dois aider Castiel !
-Vous ne pouvez rien faire pour l'aider, il est perdu !
-NON ! Si vous me dîtes tout ce qui s'est passé, je pourrais l'aider. Balthazar, je vous en prie ! supplia Dean, son cœur commençant à battre de plus en plus rapidement jusqu'à lui faire mal.
Il devait savoir. La vérité l'obnubilait, il avait besoin de la connaitre. Besoin...besoin pour aider son ami. Pour le sauver. Le sauver de ses démons...des démons qui risquaient de l'anéantir entièrement.
-Il a détruit notre famille si vous voulez le savoir ! finit par céder le Balthazar en question, serrant tellement fort les poings que les jointures de ses mains en devinrent blanches.
-Comment a-t-il fait ?!
-Son traumatisme, celui vécu à cause de l'accident de Megan...et il a détruit tout ce qu'on avait réussi à sauver de sa peine ! Castiel ne mérite pas d'être sauvé, il a tout déclenché !
Les cris se mirent à fuser dans la pièce, aucun des deux hommes ne se souciant cependant qu'on les entende. Leur colère commune dépassait leur peur. L'un cherchant la vérité, l'autre la haïssant profondément. Finalement, après des refus et des cris incessants, Balthazar ne tint plus. La vérité était trop grande, et les blessures trop saignantes pour qu'il les referme. Et comment mentir après tout cela ? Comment...
-C'est lui qui l'a plongé dans le coma ! hurla-t-il, à bout, vidé de toute volonté de taire la vérité.
-Q...quoi ?!
-Castiel, celui que vous essayez éperdument de sauver pour une cause qui n'en vaut même pas la peine, a plongé notre mère dans le coma ! Il l'a poussé au suicide, il a détruit notre famille. Et si Castiel meurt, honnêtement, cela me fera plus de bien que de mal. Qu'il meurt s'il le souhaite tant, car c'est ce qu'il mérite ! lâcha Balthazar en un nouveau cri.
Castiel. Lui, la vérité...c'était ça, la vérité. Ca, son terrible secret enfoui.
Dans quel drame s'était-il engagé en croyant sauver son ami ?
Avant de vous voir arriver avec vos haches et vos outils de torture, je tiens à vous avertir que j'ai avec moi un très bon avocat, et que je n'ai commis aucun crime!
A lundi prochain pour la suite (:
