Hello! Très tôt, voici un nouveau chapitre qui s'ajoute à cette fic! Chapitre rempli de révélations et de tension!
Merci encore pour toutes vos reviews, et bonne lecture!
Dean garda la bouche fermée, sa voix restant durement bloquée dans sa gorge. Il avait l'impression d'être paralysé, d'avoir la gorge incroyablement sèche. Ses yeux ne se détournaient cependant pas de Balthazar, refusant de le quitter du regard. Il pouvait ainsi contempler les sentiments de ce dernier, des sentiments qu'il ne tentait même plus de dissimuler sous un masque indifférent.
Un lourd silence s'installa entre les deux hommes qui s'accrochaient du regard, chacun plongé dans les iris de l'autre à la recherche d'une chose à dire pour briser ce moment rempli de tension palpable.
Finalement, ce fut le blond qui enterra le silence fort gênant. Il avait enfin reprit ses esprit, et se tenait désormais prêt à défendre son ami, bien qu'il doutait encore d'arriver à l'aider après autant de révélations fâcheuses.
-Vous ne pouvez pas dire cela de Castiel, déclara-t-il de sa voix la plus assurée.
Mais son assurance semblait s'être envolée depuis qu'il connaissait l'affreuse vérité que s'était évertué à cacher son ancien ami et patient. Ce n'était même pas son affaire, et il s'était aventuré trop loin dans sa quête de la vérité. Même en tant que psychiatre, il ne savait pas comment faire pour réussir sa mission, ni comment détendre ses muscles qui se contractaient à l'abri des regards, tendus par la situation.
Le regard que Balthazar lui lança ne l'aida pas non plus. Un regard empli de haine et d'une légère, très légère, lueur de tristesse, ou peut-être de nostalgie, il ne savait pas. Mais c'était une infirme petite lueur exprimant que le frère de Castiel ne voulait pas réellement sa mort. Cette pensée fit revenir à Dean des souvenirs qu'il aurait préféré oublier. Sam, son petit Sam qu'il avait involontairement tué. Ça, il ne l'avait pas oublié et ne serait pas prêt de l'oublier. Comment pouvait-on vouloir la mort de son frère ? Cette pensée là le mettait intérieurement en rage.
-Il a peut-être fait quelque chose de mal, mais il mérite d'être pardonné parce que tout n'est pas de sa faute, finit-il par dire, espérant faire prendre conscience à Balthazar qu'il allait sur la mauvaise voie en raisonnant ainsi.
Mais ça semblait peine perdue. L'ainé n'était apparemment pas prêt à se calmer, ni à pardonner à son petit frère. Au contraire, des pensées de haine s'échappaient de son esprit tourmenté. Il n'y avait pas que ce maudit gamin muet qui souffrait de sa situation !
-Vous ne savez absolument rien de ce qui s'est passé, vous savez juste que c'est lui qui a détruit ma famille.
-Que votre mère ait essayé de se tuer à cause de lui, ça détruit la famille ? interrogea Dean avec un ton plus dur.
-Ne jouez pas à ça, Dr Winchester. Vous ne savez pas ce qui s'est passé dans notre famille. Alors certes, je suis peut-être le plus horrible des frères pour vouloir la mort de Castiel, mais j'ai une excellente raison de la vouloir ! fulmina Balthazar.
-Très bien…écoutez, nous n'avons pas du tout les mêmes points de vue, et je sens qu'on pourrait se hurler dessus pendant des heures…
-Je refuse de continuer cette conversation, l'interrompit rapidement le patron.
-Laissez-moi finir ! Il faut que je sache au moins comment tout s'est passé, et si vraiment vous le désirez…vous n'entendrez plus parler de votre frère, je ne viendrais plus vous enquiquiner pour essayer de le sauver, ok ? Mais j'ai besoin de savoir, se radoucit le jeune blond, conscient qu'il n'avait plus qu'une chance.
Balthazar hésité. Ce petit là était têtu comme une mule ! Un peu comme Castiel, d'ailleurs…non, PIRE que Castiel, à bien y réfléchir ! Pas étonnant qu'ils étaient amis. L'homme le savait. Dean n'était pas venu jusqu'à lui uniquement pour un patient. Il avait dû sympathiser avec Castiel. Personne ne viendrait de l'autre bout du pays juste pour savoir un drame familial, sauf peut-être pour écrire un bouquin. Et encore…cela n'empêchait pas l'ainé des Novak de s'énerver. Anna allait entendre parler de lui lorsqu'ils se reverraient, oh ça oui ! De quel droit lui amenait-elle ce jeune homme qui remuait douloureusement le passé ? Un passé qui était sur le point d'être enfin effacé ? Pas effacé, en réalité. Un passé qui allait bientôt disparaitre du présent. Avec le débranchement obligé et nécessaire de leur mère, et l'adoption du petit Samandriel et de sa bouille d'ange.
-Très bien, puisque vous insistez et parce que j'ai comme l'impression que tant que je ne vous aurais pas tout dit, vous allez me harceler et camper devant mon bureau, me gênant moi et mes employés au passage, je vais tout vous dire, et ensuite, vous me fichez la paix. Mais avant de tout vous dire, je vais vous poser une question, consentit-il après mûres réflexions.
Dean écouta attentivement, une lueur d'espoir brillant dans son regard vert. Allait-il enfin connaitre la complète vérité ? Même s'il était conscient que la suite des évènements serait encore plus dure à gérer, la vérité faisant toujours mal, il ne s'arrêta pas. Il n'avait plus le temps d'arrêter cette affaire, elle était trop importante. Et la vie d'un ami dépendait de ce qu'il allait trouver. Il était trop tard pour reculer.
-Je vous écoute !
-Etes-vous sûr que vous pourrez 'sauver' Castiel ? tomba la question pleine d'interrogation de Balthazar.
Une question épineuse et pleine de sens à la fois. Et une question fatale, aussi. Dean s'apprêta à répondre, puis referma la bouche, surpris par la question. Pourrait-il sauver Castiel ? Excellente question, en fait. Il n'y avait pas songé.
-Je…, commença-t-il, doutant soudain.
-Et oui, Mr Winchester, vous ne savez pas. Vous n'avez aucune idée de ce qui se passera après. Savez-vous au moins si mon idiot de petit frère veut être sauvé ? Savez-vous s'il essaye au moins de survivre sans qu'on l'aide ? demanda Balthazar d'une voix presque triste.
C'était ça, c'était une voix triste. Il s'inquiétait aussi pour son frère en dépit de ce qu'il avait fait pensé au début de cette conversation. Dean en parut légèrement heureux, au moins il ne voulait pas totalement la mort de son petit frère. Pourtant, les questions le remplirent davantage de doutes. Castiel ne tenait pas tant que cela à être sauvé, en effet, même s'il s'accrochait à un petit espoir lorsqu'il était en présence de son psychiatre. Mais être sauvé, être réellement sauvé, était-ce possible ? Accepterait-il l'aide de celui qui l'avait jeté, d'ailleurs ? Pas sûr. Dean se frappa mentalement. Il n'avait pas pensé à ça non plus. Toutes ses chances se réduisaient peu à peu à l'état de néant. Une note positive aurait pu être mieux que des questions pessimistes, songea-t-il dans un grognement frustré.
-Honnêtement Mr Novak, je vais vous le dire, je n'ai aucune idée de si Cas' veut être sauvé. J'ignore même s'il acceptera encore de me parler après ce que j'ai fait. Le jeter alors qu'il avait besoin de mon aide. Mais dans le cas où il accepterait, me diriez-vous toute la vérité ?
-Je crois bien que je n'ai pas le choix…, grommela le patron, cédant enfin.
Il n'avait bien sûr pas pu s'empêcher de remarquer l'usage d'un surnom particulièrement mignon pour Castiel. Oui, son frère et Dean étaient vraiment amis, voire…plus ?
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« C'était une nuit de plus dans la vie de la famille Novak. Un an s'était déjà écoulé depuis la mort accidentelle de Megan, la fiancée de Castiel. Un an que ce dernier refusait de parler. Il maugréait ou murmurait parfois des petites choses, mais elles étaient si inaudibles que personne ne l'entendait. Il fallait tendre l'oreille très fort et souhaiter que le cadet parle correctement. Un soir de plus où il s'était retiré dans sa chambre, allongé sur son lit. Au salon, Balthazar s'occupait d'un bébé de quelques mois. Né juste après l'accident de Meg, en fait. Un petit Samandriel, dont les yeux bleus rappelaient ceux de sa mère. Cette dernière s'évertuait à régler des dossiers tout en vérifiant que ses enfants se portaient bien.
-Tu sais, tu devrais laisser tomber ces dossiers, c'est un vrai bazar ! tenta Balthazar entre deux jeux avec son petit frère tout minuscule.
-Pas question que j'abandonne, c'est très important ! défendit la femme, soupirant devant ces lignes infernales.
Bon, elle les trouvait peut-être infernales, ces lignes de dossier, mais les dossiers la passionnaient tellement en même temps. Elle songea quelques instants qu'elle aurait dû tenter sa chance dans la politique ou dans la bureaucratie. Là, il y avait des tonnes de dossiers, au moins ! Et des dossiers vraiment passionnants et fascinants à lire, en plus. Pas comme ce formulaire de 20 pages qui ne disait rien du tout…
-En attendant, on a reçu un nouveau courrier du dernier médecin de Cassie, avoua finalement l'ainé alors qu'il berçait son frère commençant à s'endormir.
-Que dit-il cette fois ? soupira la brune, se détournant de ses dossiers.
-Bah, le truc habituel. Castiel ne parle plus beaucoup, il préfère dessiner, lorsqu'il parle c'est uniquement pour décrire la ville avec des couleurs, et le médecin s'excuse de ne pas pouvoir continuer à suivre son cas qu'il décrit comme désespéré. Bref, retour au point de départ. Il faudra se faire à l'idée, maman. Cassie ne veut plus se battre, même pas pour sa famille. La mort de Meg l'a trop affecté en réalité, déclara Balthazar, tête baissée de voir son petit frère se décomposer autant.
Naomi eut la même réaction. Bien sûr que la mort de Meg avait affecté le jeune homme. Il passait presque tout son temps avec sa fiancée quand il n'était pas à la maison ou au travail. Megan était même un de ses deux modèles favoris lorsqu'il prenait des photos. Mais ce n'était pas une raison pour broyer du noir. Tout était mis à sa disposition pour qu'il retrouve le sourire. Pourquoi n'attrapait-il pas les mains que sa famille lui tendait désespérément ?
-Est-ce qu'on doit laisser tomber ? l'interrompit son ainé dans ses pensées.
-Ne plus lui faire voir des psychiatres, tu veux dire ? Qu'est-ce que ça change de toute manière...il ne fait absolument rien pour nous aider, ni pour s'aider lui-même. C'est tout juste s'il sort de sa chambre...qu'est-ce que je dois faire ? demanda-t-elle en quête d'une réponse, acceptant de laisser tomber son masque de femme sérieuse.
Balthazar voyait enfin la mère désespérée et incapable de gérer une telle situation. Lorsqu'il vit les yeux de Naomi briller de larmes, il partit avec Samandriel dans les bras de leur mère, pour la consoler. La situation n'était facile pour aucun d'entre eux.
-Ca va aller, maman. Il va bien finir par voir qu'il doit se reprendre. Il ne va pas rester comme ça indéfiniment.
-Je sais Bal', mais en attendant qu'il le voit, je ne sais pas comment faire...et toi tu ne peux pas rester ici indéfiniment non plus. Tu as un travail..., soupira sa mère.
-T'as qu'à déménager près de chez moi ! Si Cassie veut venir, il peut du moment qu'il accepte de sortir un peu. S'il ne veut pas, on trouvera bien quelque chose pour l'aider.
-Tu sais que ce n'est pas possible. Je vais aller lui parler un peu, et après on verra ce qu'on doit faire. Mais plus de psychiatre pour l'instant, d'accord ? demanda-t-elle.
-Ok, comme tu veux. Mais si tu as besoin d'aide, je suis là ! sourit son ainé pour la rassurer encore une fois.
Il sentait pourtant que la femme était à bout. Avec leur père mort un an avant, et la mort de Meg, son accouchement et ensuite les soucis rencontrés avec Castiel, c'était de plus en plus dur à gérer, même pour une femme d'affaires comme elle ! Incollable en matière de dossiers ennuyants comme tout mais fragile quand il s'agissait de sa famille. Balthazar savait qu'il ne pouvait pas quitter la maison comme ça, même s'il devait rater son travail et donc laisser les commandes à son adorable femme. Il l'appellerait plus tard pour lui dire sa décision de rester un peu plus ici, d'ailleurs !
Pendant que Naomi partait voir un Castiel toujours aussi peu bavard, elle lui laissait le soin de bercer un Samandriel très endormi qui gigotait pourtant dans son sommeil, rêvant sans doute d'un monde plus doux que celui qu'il connaissait actuellement. Balthazar s'installa avec son mini-frère dans les bras, lisant un magazine cinématographique et grimaçant devant les images d'un film qu'il haïssait par-dessus tout. 'Titanic'.
-Beurk ! Sammy, surtout, quand tu seras plus vieux, ne regarde jamais ce navet...et les chansons sont ignobles, en plus ! Brrr..., frissonna-t-il, serrant un peu plus fort Samandriel dans ses bras en le regardant avec une certaine tendresse.
Mais le bébé, si beau lorsqu'il dormait, ouvrit brusquement les yeux quand un cri déchira la tranquillité de la maison. Les cris de sa maman. Il jeta un regard apeuré à son frère, gigotant dans ses bras et s'y cachant presque.
-Du calme petit monstre ! Du calme ! tenta de le calmer son frère, le montant vite à l'étage.
Il n'entendit bientôt plus les cris qui s'étaient éteints aussi soudainement qu'ils étaient apparus. Rien qu'en entendant cette voix, l'ainé avait su que sa mère craquait littéralement. Il crut la sentir passer devant sa chambre, en pleurs, et se demanda s'il en était de même pour Castiel. Sans doute. Ils étaient tous les deux à fleur de peau, l'un par la perte de son amour, et l'autre par les évènements récents.
Ce fut sans une seule hésitation que le brun se dirigea vers la chambre de son cadet direct, comprenant qu'il devait aussi l'aider. Castiel était aussi en pleurs, en effet. Le photographe releva la tête vers lui quelques instants, puis rebaissa les yeux.
-P'tit frère..., soupira Balthazar, venant près de lui en prenant garde à ne pas écraser Samandriel non plus.
L'étreinte fut tout de suite acceptée par Castiel, qui se laissa aller dans les bras de ses frères. Il ne put qu'articuler un petit murmure.
-Pardon...
-C'est rien Cassie, tout va s'arranger ! Vous êtes à cran tous les deux. Faut que tu te reprennes, petit frère. Et tout va s'arranger, promis ! ne put que lui promettre son frère.
Mais un drame devait encore se produire, comme toujours dans cette famille. Le soir même, la promesse s'envola d'un seul coup lorsque, alors qu'il voulait se laver les mains suite à un problème de peinture, Castiel découvrit le corps de sa mère gisant au sol, une boite de médicaments ayant échoué plus loin, à quelques mètres de son corps. Il fit le plus de bruit possible pour prévenir un Balthazar endormi. »
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A peine quelques heures plus tard, après être rentré de son voyage jusqu'à Balthazar, Dean et Charlie avaient fini par arriver chez eux. Charlie n'avait rien pu obtenir de son ami, celui-ci bien déterminé à parler à un certain brun aux yeux si bleus, aussi bleus que le ciel souriant. Dean prit quand même soin de déposer son amie chez elle, et lui promit en quelques mots de venir la voir rapidement pour tout lui dire.
-Allez, dépêche-toi d'aller voir ton chéri ! finit-elle par lui dire, trouvant qu'il s'attardait trop.
Ce n'était pas elle qui avait le plus besoin de lui, après tout ! C'était une autre personne. Le blond ne releva même pas sa remarque déplacée, fonçant à travers la ville pour arriver à destination : l'appartement de Castiel. Par chance, il n'était ni trop tôt, ni trop tard, pour le voir. Et cette fois, il n'aurait pas d'autre choix que de tout lui dire...enfin, tout lui écrire !
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-Cas' ! Cas', ouvre-moi ! demanda le psychiatre une énième fois.
Saloperie de sonnette qui ne marchait même plus. Il patientait ici depuis au moins quinze bonnes minutes, alertant même les voisins. L'un d'eux lui hurla même dessus d'arrêter de tambouriner à cette maudite porte, et de repasser plus tard s'il voulait voir Novak.
-Eh, je ne vous ai pas sollicité, vous ! gronda alors Dean.
-On dort encore, nous !
-Vous dormez encore à 11h du matin ?! CAS' ! Ouvre ou je n'hésiterais pas à faire comme dans les films !
-Je vais appeler la police, menaça alors le voisin fort embêtant.
-Vous l'appellerez quand j'en aurais fini avec Castiel ! s'énerva le jeune homme.
Le voisin, mécontent, referma sa porte en la claquant bien fort pour signaler qu'il était également énervé. Dean ne s'en soucia pas, continuant à tambouriner à la porte pour que Castiel lui ouvre. Pourquoi ne venait-il pas lui ouvrir, d'ailleurs ?! Avait-il...commis une énième connerie ?
-CASTIEL !
Les commentaires sont les bienvenus comme toujours (:
Et...patientons encore jusqu'au nouvel épisode de Supernatural! (je compatis à la douleur de ceux qui désespèrent d'attendre!)
