Hello! Voici le chapitre 22 que vous attendiez avec impatience (: (je l'espère en tout cas!) Merci à tous pour vos reviews! Qui sera la 100ème review de cette fic? :p
Nous approchons doucement de la fin, et ce chapitre devrait vous plaire! Je ne vous en dis pas plus, et je vous souhaite bonne lecture!
Ce n'était qu'un simple murmure qu'entendit Castiel, mais déjà son cœur commençait à battre plus rapidement, lui aussi. Sa bouche s'ouvrit à nouveau, et en cet instant, il regretta amèrement de ne plus pouvoir parler. S'il avait encore cette douce faculté bien utile de parler, sans doute aurait-il d'abord tenté de chasser Dean, mais maintenant, il ne pouvait plus le faire. Même avec une voix qu'il aurait pu posséder, le brun n'aurait pu hurler à son ami de s'en aller. Il ne voulut même pas retourner un message au blond, laissant tomber son portable sur le sol. Il ferma juste les yeux en souhaitant disparaitre.
De l'autre côté de la porte maudite, Dean attendait tout en essayant de calmer sa respiration saccadée. Ses doigts fébriles tremblaient autour de son portable, son cœur ne voulait pas se calmer, et ses yeux brillaient. Une lueur indescriptible tellement elle était pleine de sentiments.
-Cas' ? demanda-t-il, la peur perçant sa voix.
Avait-il dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Avait-il perdu la confiance de son patient ? L'avait-il déjà perdu, cette confiance en question ? La vérité lui sautait aux yeux : par manque de patience et de tact envers Castiel, il l'avait perdu. C'était la seule chose à savoir. Il avait perdu son ami et patient depuis un long moment. Sa faute, à lui seul.
-Castiel, s'il te plaît, dis-moi quelque chose. Dis-moi-même de partir si tu veux, mais dis-moi que tu es là, que tu as entendu. Ca me ferait bizarre de parler à un mur...même si techniquement, je parle à une porte...ok, la plaisanterie était nulle, mais tu sais que je suis une tâche en matière de plaisanterie, monologua le blond, ne sachant comment faire parler l'autre homme.
Le faire parler...plutôt qu'il envoie un message, car ce silence radio commençait à lui faire vraiment peur. Et les battements de son cœur aussi. Des battements qui ne ressemblaient à nulle autre. Jamais il n'avait autant ressenti de peur pour quelqu'un, sauf le jour où il avait perdu son petit frère. Le visage de Sam lui revint à la tête, partageant ses pensées avec le visage de Castiel. Les deux hommes qu'il avait perdu avec sa maladresse. Il en avait tué un, l'autre, il était sûrement entrain de l'aider à en finir.
Castiel ne répondit cependant pas, ne regardant même plus son portable. C'était autre chose qu'il tenait dans sa main, au lieu de cela. Il eut une légère grimace quand l'objet déchira la peau de son bras. Ce n'était plus aussi douloureux que les premières fois, songea-t-il avec une certaine amertume, mais au moins, ça le calmait. Ce n'était pas destiné à le tuer, juste à l'empêcher de se laisser aller à la peine. Il avait déjà bien trop pleuré et détruit de vie.
-Cas'...j'ai...j'ai besoin de toi, avoua doucement Dean à travers la porte, s'ouvrant un peu plus à son patient.
Ce dernier, tout en regardant son sang couler avec lenteur, écouta les paroles du psychiatre. Il en finirait plus tard, cette voix était si...délicate et tendre avec lui, si manipulatrice et mensongère. Personne ne pouvait avoir besoin de lui, personne. Et encore moins celui qui l'avait abandonné, à juste titre malheureusement.
-Je ne t'ai jamais dit pourquoi je suis devenu psy. Je ne sais pas si tu veux écouter, mais je vais te le dire quand même. Il y a une chose dont je n'aime pas parler, elle concerne mon petit frère. Tu sais, j'en avais un aussi. Toi, c'est Samandriel, et moi, c'est Samuel. Il avait les mêmes yeux que moi, et on se ressemblait assez, à la seule différence qu'il m'énervait à être trop sérieux ! débuta Dean, un petit sourire nostalgique sur son visage.
Les yeux pétillant de sérieux de son frère lui revinrent à l'esprit. Même lorsqu'il faisait la fête, Sam avait toujours une tête trop sérieuse pour être joyeuse. Il continua son récit, sans savoir si son ami l'écoutait. Il avait juste besoin d'en parler, de montrer à Castiel qu'il voulait partager des souvenirs avec lui. Peut-être que le photographe réagirait ?
-J'aurais aimé que tu le rencontres un jour, parce que...il aimait assez l'art, et pouvait s'extasier sur une photo quelconque. Mais, tu vois, j'ai fais une connerie, Cas'...j'en ai fais tellement, mais celle-là, c'est la seule que je n'arrive fichtrement pas à me pardonner. Je ne pourrais jamais me pardonner.
Castiel attendit patiemment la suite, décollant lentement son regard de son sang coulant sur son pull. Malgré qu'il faisait chaud, il gardait toujours des vêtements le dissimulant. Cette fois-ci, il ne sentit même pas la chaleur envahir son corps. Il voulait juste entendre l'histoire de Dean, intéressé et intrigué. Il en oublia sa plaie, et donna un petit coup contre la porte pour presser le psychiatre de continuer son récit.
-Je suppose que tu veux savoir la suite ? Bah, c'est simple, Cas'. C'était en soirée, Sammy et moi, on voulait sortir. En rentrant, j'étais trop bourré, lui pas assez. On était sur la route, la musique à fond et moi, j'étais totalement inconscient du danger. Et il a fallu que je quitte cette putain de route du regard pendant quelques secondes. Le temps que je comprenne pourquoi mon frère criait, c'était trop tard. Il est mort sur le cou, et moi, je pleurais. J'avais mal partout, mais je m'en fichais complètement. C'était son cri qui me terrifiait, Cas'. Le cri du frère que j'ai tué. Et ça, je peux pas me le pardonner, révéla Dean, tentant de maitriser sa voix qui se coinçait déjà derrière des sanglots retenus.
Le brun hésita à ouvrir la porte, entendant parfaitement la voix étranglée de son ancien ami. Il comprenait parfaitement ce sentiment, celui de culpabilité. Son cœur lui disait qu'il n'y avait aucun mensonge dans les paroles du blond. Juste de la sincérité, et une histoire. Une histoire douloureuse à entendre, douloureuse à vivre. Mais il n'osa toujours pas prendre son portable pour envoyer un quelconque message à l'autre homme. Il n'osa même pas bouger, bouleversé par ce qu'il avait entendu.
-Pendant des mois et des mois, je refusais de parler, de voir du monde. C'est là que j'ai rencontré Lisa, je t'en ai déjà parlé. Elle m'a aidé à voir ce que je devais faire, elle était mon guide. Pourtant, j'avais toujours cette fichue douleur en moi. Elle me détruisait lentement, et chaque nuit je me réveillais en entendant le cri de mon petit frère. Tu sais, j'ai failli me tuer aussi. Un accident de voiture, mais personne n'a été blessé. Il s'est avéré que la personne avec qui je suis rentré dedans était un psy. Il m'a donné l'idée de canaliser mes sentiments en devenant psy. Mon problème, c'était que je n'arrivais pas à pardonner ni à écouter ce qu'on me disait. Tu me suis toujours ? interrogea-t-il après une autre pause, le temps d'arrêter les larmes qui coulaient silencieusement de ses yeux.
Un coup timide à la porte lui répondit.
-C'est en devenant psychiatre que j'ai réussi à me soigner. En entendant la douleur des autres et en les aidant, ça me permet de me sentir mieux, et de voir que parfois, je peux aussi faire des choses bien. Mais apparemment, je ne les fais pas assez bien, n'est-ce pas ? soupira Dean. Et y a des fois où je veux mourir pour rejoindre Sam, mais je me dis que j'ai encore des choses à faire. Depuis quelques temps, je me dis que tant que je ne t'aurais pas entendu chanter comme une casserole, ou tant que je n'aurais pas vu la fin des aventures des Avengers, je ne peux pas mourir. Tu vois ?
Castiel, de l'autre côté, eut un léger sourire. Fan de films, voilà ce qu'était le blond ! Mais Avengers, c'était moins bien que Star Wars, point final ! Il sourcilla cependant en ré analysant la phrase ambigüe de l'autre homme. L'entendre chanter ?! Comme une casserole en plus !
-Cas', je dois te dire merci. Tu me donnes une raison de vivre. J'aimerais seulement t'en donner une aussi. Je sais bien que tu penses que tu es un raté, que ta vie est fichue, je sais que tu culpabilises, mais tu dois savoir que tu n'y es pour rien dans la mort de tes proches. Meg et ta mère ne sont pas mortes à cause de toi, quoi que tu en penses. Laisse-moi te guider, ok ? Je suis sûr qu'à deux, on arrivera à faire dégager cette saloperie de noirceur qui plane sur nos têtes. C'est bien ce qu'a fait Vador, non ? Il a compris qu'il n'y avait pas que le mal en lui, et il s'est retourné contre ce qui le détruisait. Pourquoi tu ne ferais pas pareil ? Tu peux être Vador, et moi Luke. Et ensemble, on peut se battre contre le noir, sauf que tu ne seras pas mon père, et qu'aucun de nous ne sera obligé de mourir, hésita Dean, avant d'écarquiller les yeux.
Superbe ! Voilà que maintenant, il parlait d'Avengers et de Star Wars. Il pensa pendant un instant à arrêter de boire, pourtant, il n'avait que bu une petite gorgée de coca avant de venir chez Castiel. Juste une petite gorgée...et voilà qu'il se mettait à déblatérer sur des films alors que son ami -plus qu'ami- se vidait peut-être déjà de son sang !
-Ton manque de réaction me fait peur, Castiel. J'ai peur de te perdre, mec...ce fichu silence devrait me faire peur...il me faisait peur au début, parce que je n'avais jamais traité avec un homme qui ne pouvait pas parler. Mais même si tu n'avais pas ta voix, tu avais tes yeux pour me parler. Tes yeux sont...comment dire...ils parvenaient à me communiquer des émotions sans que tu n'ais besoin de parler. Quand je pense à toi, je me sens mieux.
Dean se mordit une fois de plus les lèvres, n'arrivant pas à croire à ce qu'il disait. Bon, ce n'était pas une déclaration d'amour, heureusement, mais ça pouvait prêter à confusion. Ne pouvait-il pas tout simplement dire que la présence de Castiel était une drogue depuis qu'il connaissait ce morveux aux beaux yeux ?
-Tu m'aides à vivre, mec, alors laisse-moi te retourner la chose. Si tu veux que je te supplie à genoux, je le ferais, mais laisse-moi t'aider, Cas'. Avant qu'il ne soit trop tard, murmura-t-il, oubliant vite ses précédentes pensées.
Merde, ça tournait à la dépendance, tout simplement ! Le blond était juste dépendant du photographe, et en oubliait même qu'il avait une femme et qu'il allait être père. Jusqu'à ce que la pensée d'une famille lui revienne à l'esprit. Double injure, pourquoi la vie était-elle aussi compliquée ? Pourquoi ressentait-il le besoin de choisir entre deux personnes qu'il aimait ? Aimait, c'était bien le mot. Il les aimait tous les deux. Lisa et Castiel. Normal d'aimer sa femme, mais aimer à ce point un patient qui ne voulait même pas lui parler, était-ce normal ? Et pire, commencer à aimer ce même patient avec un amour de cœur plutôt qu'avec un amour amical ?
Alors que son esprit se perdait dans des pensées dangereuses, Dean entendit la porte s'ouvrir lentement, et se leva en hâte pour voir Castiel apparaitre. La première chose qui sauta aux yeux du psy, ce fut les yeux rouges et brillants de l'autre homme. Son regard fut ensuite dirigé sur le sang qui perlait d'un des bras de Castiel. Du sang s'échappant aussi de sa manche. Il paniqua, et prit vite le bras en question, relevant la manche. Le brun ne voulut pas au départ, inquiet pour Dean.
-Non, Cas', laisse-moi voir ! ordonna pourtant le blond.
Il ne laissa pas le temps à son patient de se dégager, soulevant la manche et découvrant une entaille. Pas assez profonde pour atteindre une veine sensible, mais assez profonde pour que le sang coule un petit moment. Dean soupira mentalement. De sa faute, sans doute ! Il songea avec amertume que défoncer la porte aurait été une meilleure option, Castiel aurait pu faire pire, après tout !
-On va rincer ça, et ensuite je t'engueule ! promit-il, bien qu'un léger sourire rassurant flottait sur ses lèvres.
Il était simplement rassuré que Castiel lui ait ouvert sans avoir essayé de se tuer au préalable. Le photographe le laissa même le guider jusqu'au lavabo. Il grimaça quand Dean glissa son bras blessé sous l'eau, et tenta de se retirer.
-Je sais que ça fait mal, Cas', mais il faut passer par là, murmura son ami, se concentrant sur la blessure pour ne pas voir le visage plein de grimaces de douleur du brun.
Quelle idée aussi de vouloir se charcuter le bras ! Cela sonnait comme une plaisanterie dans l'esprit de Dean, mais au fond, il s'inquiétait encore et toujours. L'heure n'était même plus à la plaisanterie. Castiel avait résisté à l'envie profonde d'en finir, cette fois en tout cas, mais il pourrait vouloir recommencer une fois seul...
-Pourquoi tu ne m'ouvres que maintenant, Cas' ? s'enquit-il alors qu'il cherchait de quoi bander cette vilaine plaie.
Castiel haussa juste les épaules et baissa la tête, refusant de croiser le regard du psychiatre. A quoi bon ? Il ne voulait pas que Dean voit ses yeux qui menaçaient à chaque instant de laisser couler les larmes. Il ne voulait pas que l'on voit à travers lui.
-Cas' ? l'encouragea pourtant Dean, lui passant de quoi écrire pour communiquer.
Le photographe hocha négativement la tête, repoussant le stylo et la feuille froissée devant lui. Le regard de Dean le dissuada cependant de bouder plus encore, et ce fut avec mauvaise grâce qu'il accepta de dévoiler ses raisons.
« Je ne voulais pas que tu me fasses souffrir comme tu l'as fais en m'abandonnant. »
-Cas', je ne voulais pas...je...excuse-moi, ok ? Je me sentais mal, moi aussi, toussota le blond, ne sachant quel autre argument invoquer.
Oui, il avait été blessé de voir que Castiel ne lui accordait pas assez de confiance alors que lui, il pouvait tout lui déballer, mais il ne pouvait pas le dire au brun, n'est-ce pas ? Ca n'arrangerait certainement pas leur relation.
« Il faudra trouver d'autres explications, Dean. »
-Que veux-tu que je te dise ? Que je suis désolé de t'avoir abandonné parce que ma femme voulait que je choisisse entre toi et elle ? Que je ne sais plus où j'en suis avec toutes ces révélations, et que j'hésite entre te haïr et t'aider ? Merde...non, Cas', c'est...
Trop tard, le brun se reculait avec un air au départ vexé sur son visage. Cet air disparut rapidement cependant. Il comprenait. Enfin, non, il ne comprenait qu'une partie. Il voyait bien cette lueur dans le regard de Dean, une lueur qui exprimait son dégoût envers lui.
« Je sais que je suis un monstre. » inscrivit-il simplement avant de se retourner pour remettre en paix sa manche en place.
Il ne grimaça même pas lorsque le tissu se serra contre sa plaie bandée. La douleur ne l'atteignait pas autant que celle qui le brisait, celle au cœur. Mais quel genre de douleur ? Castiel ne saurait le dire, en vérité.
-Castiel...tu vois, je suis un nul en communication. Je ne sais même pas comment j'ai pu devenir psy. Excuse-moi, s'il te plaît. Je ne veux pas te blesser, pour rien au monde..., débuta le plus âgé.
Légèrement blessé que Castiel lui tourne encore le dos, le jeune homme le prit doucement par l'épaule, craignant de lui faire du mal ou de l'aider à se renfermer à nouveau sur lui-même. Il le tourna et le força gentiment à le regarder dans les yeux. Vert contre bleu. Un bleu magnifique, par ailleurs.
-La vérité, Castiel, c'est que je ne sais plus où j'en suis depuis...depuis un long moment, déjà. Mais ça a commencé depuis que je t'ai...embrassé. Depuis ce baiser, depuis que tu m'as repoussé...Cas', je sais plus quoi faire.
Un murmure, encore et toujours un murmure. Pourquoi chacune de leurs conversations devait tourner en un murmure, se demanda le brun pendant quelques instants. Il encra alors son regard dans celui de l'homme, et y vit une lueur...qui le terrifiait et animait aussi son cœur. Une lueur qu'il n'avait pas revu depuis la mort de sa fiancée. Une lueur...d'Amour ?
Veuillez vous assurer d'avoir laissé toutes vos armes à l'entrée avant d'embarquer dans le vol "à lundi prochain". Les passagers allant à destination de "je vais tuer l'auteur tout de suite" doivent présenter leur billet et leurs armes également!
Si personne ne me tue avant, je vous dis à lundi prochain pour la suite!
