Hello! Comme prévu, voici un nouveau chapitre! Merci à vos reviews, elles sont toutes très gentilles (: Je vous adore, vous le savez ça?

Attention, mettez de la musique triste et prévoyez les mouchoirs (pour les larmes, petits pervers, pas pour autre chose!) et...vous êtes priés de laisser vos armes au port d'embarquement!

Sur ce, Jana vous souhaite la bienvenue à bord de "Forever Changed" et passez un bon voyage!


Deux regards suspendus, plantés l'un dans les iris de l'autre, ne se quittant pas jusqu'à ce que Castiel baisse le regard le premier. D'ordinaire, il pouvait tenir longtemps lorsqu'il jouait à ce jeu enfantin. Cette fois, il avait abandonné avant la fin de la première minute. Cette lueur dans les yeux de Dean lui faisait…peur ? Oui, il avait peur. Terrifié était même le mot exact pour décrire ses sentiments en cet instant. Pourquoi être terrifié par un simple petit regard, cela, le brun n'aurait su y répondre. Ce n'était qu'une lueur après tout, et le photographe savait qu'il pouvait aussi se tromper. Peut-être n'était-ce pas une lueur d'amour, mais une petite lueur amicale qu'il voyait dans les yeux de son ami ?

Non, pas d'espoir. Il ne se trompait pas. Pas pour ça.

-Cas', je t'en prie, arrêtons de nous en vouloir, reprit Dean, craignant secrètement d'avoir les joues rouges d'embarras.

Ledit Cas' ne fit aucun mouvement, restant droit comme un I, n'enlevant même pas les mains de son ami sur ses épaules, des mains qui l'empêchaient de s'enfuir ou de revenir dans ses rêves. Toujours choqué. Au début terrifié, il était maintenant choqué par ce qu'il croyait avoir compris.

Dean lui-même sembla troublé par ses propres paroles prononcées quelques minutes plus tôt. Tout était clair dans l'esprit du psychiatre. Tout. Plus besoin de se poser des questions sans cesse, car il venait de comprendre. Et ça lui faisait peur. Il n'était pas aussi terrifié et bouleversé que Castiel, mais les élans de son cœur lui faisaient vraiment peur tout de même. Comment pouvait-il être tombé aussi bas ? Pas que cela était vraiment une grande honte, mais le blond n'avait jamais cru cela possible. Une chose aussi inattendue, embarrassante, et…non-désirée.

L'image de sa famille lui revint en tête alors qu'il avait presque tout oublié. Non, il ne pouvait pas aller aussi loin, n'est-ce pas ? Ca ne serait ni respectueux, ni moral. Pour sa femme, pour leur enfant qui pourrait les aider à sauver leur couple de leur première -et dévastatrice- dispute sentimentale. Pourtant, lorsqu'il pensait à Castiel, il ne pouvait pas contrôler son cœur. Comment contrôler un foutu organe qui n'en faisait qu'à sa tête et qui l'énervait à chaque minute de son existence ? Entre Lisa et Castiel, son cœur ne pouvait pas, ne voulait pas, choisir.

-Oh bordel…, soupira-t-il.

Castiel fut surpris et presque soulagé quand il sentit les mains de son supposé ami disparaitre de ses épaules tendues. Il se recula légèrement pour retrouver une distance qu'il jugeait raisonnable. Repli stratégique en cas de souci, bien sûr ! Mais son souci actuel, Dean Winchester, n'avait pas vraiment l'air de vouloir lui dire ce qui se passait ni pourquoi ses yeux s'agrandissaient comme des soucoupes. Venait-il lui aussi de réaliser…ce qui sautait maintenant aux yeux ?

-Cas', ça va très mal…, se mit à murmurer Dean, sentant déjà la crise cardiaque venir.

Ou une crise liée au cœur, car celui-ci allait vraiment le tuer à tambouriner ainsi dans sa poitrine ! Le photographe comprit cependant. Plusieurs fois il avait déjà connu ces crises. Des crises d'angoisse. Il en avait connu une lorsque son psychiatre l'avait embrassé, et ça, il s'en souvenait sans faire d'effort de mémoire. Il prit donc les bras de Dean, et le mena à la cuisine, se fichant que du sang barbouillait encore son pull. Il le changerait plus tard, mais d'abord, son souci sur pattes avait besoin d'eau et de détente !

-Merci, mec…, sourit l'autre homme, osant lever le regard vers son patient.

Celui-ci n'osait en revanche pas soutenir ce regard émeraude, et baissa à son tour la tête avant de filer préparer un verre d'eau au malade. Ne pas céder et ne pas parler -écrire- ce qu'il pensait avoir compris, se hurla-t-il dans sa tête. Pourtant, après avoir bu son verre, Dean le retint doucement par le poignet. Il avait les mains moites, ce qui intrigua Castiel. Il sourcilla pour faire comprendre au blond qu'il s'interrogeait.

-Vaut mieux t'asseoir, Cas'.

A son soulagement, Dean constata que le Cas' en question acceptait de s'asseoir, et donc acceptait une conversation. Il jeta tout de même un regard prudent à la blessure bandée de son ami, et fut rassuré de voir qu'elle n'était pas trop grave. L'idée que Castiel souffre plus qu'il ne souffrait déjà lui faisait…aussi mal que peur, bizarrement. Non, pas bizarrement. Plus maintenant que Dean comprenait tout. Maudite Charlie qui n'avait pas voulu lui faire comprendre ! Avec elle, ses réactions seraient passées rapidement ! Saloperie de rousse geek qui avait osé le laisser s'interroger tout en jouant innocemment avec lui en lui posant des questions bien choisies.

-Je ne sais pas…par où commencer, mais je crois que le fait de revenir sur ce fameux baiser doit être une bonne chose. Ou une mauvaise, puisque tu m'avais repoussé, et je te comprends très bien. Un mec qui embrasse un autre mec, et en plus si le mec n°1 est le psy du mec °2, c'est encore pire, fit mine de plaisanter le blond.

Mais aucun sourire n'apparut sur le visage de Castiel. Juste une grimace. Mal à l'aise, il était mal à l'aise et gigotait déjà sur sa chaise. Dean observa avec attention chacun de ses gestes, et reprit lorsqu'il fut sûr que son ami n'allait pas avoir de réaction violente et soudaine.

-Il faut vraiment qu'on en parle, Cas', sinon…je m'en voudrais, et je crois que tu t'en voudrais aussi. Tu dois bien te poser des questions sur notre…nouvelle relation, non ?

Un petit hochement de tête positif lui répondit simplement, lui accordant en même temps le droit de continuer le chemin de ses pensées.

-Je suis le plus con de tous les psys pour ne pas m'être rendu compte de ce qui se passait, honnêtement ! lança Dean avec amertume dans la voix et dans les yeux.

Si bête de ne rien avoir compris alors que tout le monde avait l'air de comprendre depuis le début. Si bête d'avoir poursuivi une relation qu'il savait dangereuse, et voilà le résultat. Un horrible et embarrassant résultat. Horrible et beau à la fois, étrangement.

-Ce qui se passe, Castiel, c'est que je suis tombé dans ton piège.

Sourcils arqués. Castiel s'interrogeait sur la phrase de son ami.

-Un type ordinaire et muet qui débarque grâce à son frère, ma curiosité est éveillée tout naturellement. Le type ne parle pas et ne veut pas me dire qui il est, et je fais des recherches. Sauf que…je n'aurais jamais dû faire des recherches sur toi, Cas'. Je suis tombé dans ton piège, un piège que tu as ficelé inconsciemment, je le sais, j'en suis conscient et je ne t'en veux pas, mec. Parce que c'est moi qui ai fait des recherches, moi qui ai voulu t'aider en t'obligeant à t'ouvrir à moi. Et, putin de merde…

Gros yeux de la part du muet. Ah, oui, le langage. Il n'avait jamais entendu Dean parler avec autant de…élégance. Le blond leva les yeux au ciel quelques instants, appréciant le petit moment de détente entre le sérieux de la situation. Ca le débloquait un peu.

-Les disputes avec Lisa, le fait que je te laisse entrer dans ma vie, c'était…c'était pas toi le responsable, Castiel. Toi, tu n'as fait qu'écouter les ordres silencieux que je te donnais. Cas', je suis le responsable de tout ce qui s'est passé. Je prends conscience peu à peu que…peut-être que ma vie avec Lisa n'était pas vraiment ce que je souhaitais, et encore plus maintenant. J'aime Lisa, je l'aime toujours, mais faut que je sois réaliste. Je n'aime pas cette vie, cette vie de psy, cette vie de routine…et c'est toi qui me l'as fait comprendre.

Castiel gigotait de plus en plus nerveusement sur son siège, attendant avec anxiété le moment où viendrait la révélation finale, car sous toutes ces confidences qu'il savait sincères, il y avait quelque chose de plus grave, quelque chose habilement dissimulé. Quelque chose qu'il ne pouvait pas accepter. Voler le cœur d'un homme déjà marié, le voler devant la femme de cet homme. Non, jamais, encore moins lorsque le couple allait avoir un enfant. Plutôt perdre Dean plutôt que de le laisser emprunter la mauvaise voie.

-Reste, Castiel ! le retint une nouvelle fois le psychiatre lorsqu'il tenta son repli stratégique en se levant.

Le brun hocha frénétiquement la tête négativement, ne voulant pas, ne pouvant pas. Il devait stopper tout ça avant que ça n'empire. Bon, ça avait déjà empiré, mais s'il refusait ce qui semblait être l'amour de Dean, alors ce dernier pourrait peut-être…se libérer de lui et reprendre une nouvelle vie avec Lisa et leur enfant, un enfant qui serait sûrement magnifique et aussi intelligent que ses parents. Et aussi têtu, sans doute…

-Je t'en prie, laisse-moi finir ! Je ne sais même pas comment te le dire, mais…

-…

-Qu…quoi ? Cas', tu essayes de parler ?

-…, tenta d'articuler Castiel, avant de gémir intérieurement de rage.

Si seulement il pouvait retrouver sa voix, si seulement ! Il pourrait alors empêcher Dean de commettre la plus grosse connerie de sa vie ! Ou la seconde…bref, une des plus grandes erreurs de sa vie ! Mais sa voix lui faisait défaut depuis tant d'années déjà, quel espoir y avait-il pour qu'il la retrouve un jour ? A sa mort, sans doute…ou au Paradis, plutôt en Enfer.

-Je sais que tu veux me parler, Castiel. Fais un effort, je te laisse le temps, alors articule quelque chose. N'importe quoi, mais dis quelque chose. Même un son ! Tu guériras après ça, c'est promis ! l'encouragea Dean, le retenant par le poignet.

Castiel ne tenta même pas de s'interposer, voulant juste hurler sa colère envers son ami. Il le traitait comme une vieille chaussette, l'embrassait, l'abandonnait, et maintenant il lui disait qu'il tenait à lui et qu'il voulait peut-être continuer leur relation, voire plus si affinités ?! Et en plus, il refusait de voir sa connerie monumentale ! Un cri, vite, un cri !

Un cri de rage, un cri qui dérangea ses oreilles. Un cri mental. Pourquoi ne pouvait-il plus communiquer ? Etait-ce l'une de ses nombreuses punitions pour tous ses crimes ?

-Cas', je t'en prie…je peux t'aider, mais parle. Parle, ou crie, je sais que t'en es capable. Tu n'es pas muet définitivement…

Mais rien ne sortit de la gorge du photographe. Des lamentations et des cris dans son esprit tourmenté et troublé, oui, mais aucun son ne voulait sortir de sa maudite bouche. Et dire qu'avant, il fallait presque lui clouer le bec pour l'empêcher de parler…quoi que Balthazar était une pire commère que lui !

Le plus jeune des deux hommes abandonna, et referma la bouche. A quoi bon se battre quand il n'y avait plus de raison de se battre ? Il se retira de la poigne délicate de son ami, et alla se réfugier loin de l'homme qui lui causait des dilemmes. Ce dernier se leva, légèrement soulagé de savoir que sa crise était passée. Désagréable, ces crises. Il s'approcha à nouveau du brun, lequel s'obstinait à ne pas le regarder dans les yeux.

-Castiel, s'il te plaît…je…je suis perdu, mais je viens de comprendre ce qui se passe…à deux, on pourra s'en sortir, tu sais ?

Un premier hochement de tête négatif. Le brun aux beaux yeux bleus ne voulait pas coopérer, ne voulait pas d'aide. Ou de lui…

-Je ne vois aucune autre formule littéraire pour te dire ce que je vais te dire, et je te prie de m'excuser pour ce que je vais infliger à ton esprit, car je ne veux pas te faire encore plus de mal que ce que tu ne subis déjà, mais il faut que je le dise, ou je vais devenir dingue…encore plus dingue que je ne le suis déjà, se rattrapa Dean après réflexion.

Mais Castiel n'eut pas l'air d'être son avis. Il boucha ses oreilles, mimant un gamin qui ne voulait pas entendre la vérité ou comment se terminait son film favori. Dean ne céda pas, et enleva les mains avec douceur. Il prit garde de ne pas brusquer le photographe quand même.

-Ecoute-moi, Castiel, s'il te plaît. Une dernière fois.

Non. Il disait non avec sa tête, ses cheveux emmêlés courant derrière lui à chaque passage. Lorsque Dean tenta de le retenir, il dut se résoudre à se débattre pour faire comprendre à cet idiot qu'il ne pouvait pas accéder à sa requête, qu'il devait reprendre ses esprits avant d'atteindre le point du non-retour. Ils devaient déjà l'avoir atteindre tous les deux, mais quelque chose pouvait encore être sauvé. Uniquement si ce maudit beau psychiatre acceptait de le laisser s'en aller de sa vie, puisqu'il avait accepté de l'y laisser entrer !

-Cas' ! appela désespérément le blond, tenant fermement son ami dans ses bras, ses mains sur son torse pour ne pas lui causer de mal.

-… ! essaya en vain de prononcer Castiel.

Peine perdue, il ne pouvait plus reculer.

-Je t'aime, Castiel…je suis désolé, je suis tellement désolé, mais je t'aime…

Trop tard.


LÂCHEZ VOS ARMES!

(et à la semaine prochaine si personne n'a essayé de tuer l'auteure -qui avoue l'avoir bien cherché et qui est fière d'être sadique, mais ça vous devez le savoir-)