Hello everyone! Voici le nouveau chapitre qui suit la lignée des derniers, c'est à dire...rempli d'émotions et d'envie de trucider l'auteure. (je n'aurais pas dû le dire, ça...) Donc pour garantir ma sécurité, veuillez déposer vos éventuelles armes avant d'embarquer à bord de ce prochain vol en destination de "Forever Changed"

A tous les passagers du bord, merci encore pour vos reviews (et vos adorables menaces :p )

je vous souhaite un agréable moment à bord de "Forever Changed"!


Trop tard pour que ses oreilles n'entendent pas. Trop tard por que son cœur ait le temps de se protéger par une carapace solide comme le roc. Trop tard pour s'échapper de ces bras si doux et vicieux à la fois. Castiel cessa de se débattre lorsqu'il fut obligé d'entendre la phrase si meurtrière et innocente du psychiatre. Il avait agi trop tard, et désormais il était piégé. Avec Dean comme geôlier et comme compagnon d'infortune, car le piège ne fonctionnait pas sans deux âmes bien bêtes. Dean continuait de le serrer dans contre son torse, le retenant avec douceur lorsqu'il comprit que son patient arrêtait de vouloir se débattre.

Impossible. Ce qui se passait là était impossible. Et pourtant, le blond venait bien d'ouvrir son cœur à un homme qu'il ne connaissait même pas depuis moins d'un an. Comment en quelques mois seulement cet homme dénué du don de parole avait-il pu faire battre avec autant d'intensité son cœur au point de lui faire voir tout ce que Dean s'était refusé à admettre ?

-Je suis désolé, Cas'...je t'aime..., murmura le psychiatre, ne sachant que faire ou dire d'autre.

Il tenait toujours le brun dans ses bras, lui demandant silencieusement d'accepter sa déclaration. Castiel tremblait dans les bras si doux et mauvais de Dean, le suppliant intérieurement de s'en aller et de ne jamais revenir le voir. Aucun d'eux n'avait conscience du message de l'autre, malgré que plusieurs fois, leurs yeux se croisèrent. Ce ne fut qu'au bout de quelques longues minutes que le plus âgé sentit une vraie réaction chez Castiel. Des tremblements qui se transformèrent en légères convulsions, tandis que soudainement et mystérieusement, son cou se retrouva humide, inondé, quand l'autre homme y nicha la tête. Des larmes, bien sûr. Des larmes et des pleurs que le brun ne parvenait plus à retenir. Ses mains s'accrochèrent subitement à la chemise de son psychiatre. Il avait l'air désemparé et en colère. Surtout en colère, en vérité. En colère de ne pas pouvoir exprimer ses sentiments, en colère de ne pas pouvoir repousser Dean par des mots et non par des gestes.

Lorsque le blond se retrouva avec son patient pleurant dans ses bras, il crut ressentir une étrange douleur au cœur. Etait-ce lui qui avait fait mal à Castiel ? Sans aucun doute, mais il ne pouvait plus retenir son cœur ni ses sentiments. Plus maintenant dans tous les cas. Il se contenta alors de glisser vers le sol, prenant un mur contre appui sans toutefois quitter le corps tremblant de son ami. Il chercha plutôt à le réconforter, caressant avec tendresse le dos tendu du photographe. Rien ne parvenait hélas à calmer l'autre jeune homme perdu dans ses sanglots.

-Je te fais du mal, hein Cas' ? Je sais que je te fais du mal, et le pire, c'est que je ne peux pas l'empêcher. Je suis humain, et je le regrette parfois…, admit Dean sans lâcher l'homme se tenant contre lui.

Sur lui aurait été plus exact, mais le blond ne s'en formalisa pas. Le plus important à ses yeux était que son ami lui dise quelque chose, qu'il ait une réaction qui pourrait l'aider sur la réponse à avoir. Castiel ne semblait cependant pas vouloir le laisser voir à travers lui. Il ne voyait que des larmes et une envie de parler, c'était déjà un progrès ! Son patient voulait enfin communiquer. Ne restait peut-être plus qu'à le pousser à bout pour qu'il parle ? Non, Dean ne s'y résigna pas. Castiel était déjà assez secoué comme ça !

-Je sais que tu as mal aussi, je ne sais pas pourquoi, mais je ressens ta douleur. Je ressens aussi…ta colère. Es-tu en colère contre moi, Castiel ? demanda-t-il avec une certaine douceur perçant dans sa voix.

Lui qui n'était jamais tendre, préférant parler avec son naturel inégalable, il s'étonna d'être aussi délicat. Il n'aurait pas été délicat avec sa femme, même si celle-ci pleurait. Il avait même déjà testé. Et éprouvait des remords. C'était injuste envers Lisa, elle qui ne lui cachait rien et l'aimait d'un amour sincère et profond. Et à la place d'être un mari aimant et doux, il se comportait de manière ingrate et indigne, préférant regarder d'autres personnes que la femme avec qui il allait avoir une famille. Mais dès que fut passée sa colère rapide sur sa famille, ses pensées se réorientèrent instinctivement vers Castiel, lequel ne cessait pas de pleurer. Il tremblait moins, mais les larmes continuaient de couler librement sur ses joues déjà bien rouges.

-Pourquoi pleures-tu, Castiel ? Je te fais trop mal, c'est ça ? Je sais que je ne devrais pas t'enfoncer, mais…j'ai le sentiment que si je te dis tout, tu iras mieux, tu comprends ? monologua-t-il alors que ses mains ne cessaient leurs douces caresses sur le dos moins tendu de son ami.

Un nouveau progrès, parfait ! La seule chose qui aurait manqué à ce moment émouvant, en plus d'une musique romantique comme dans les superbes films à l'eau de rose, c'était la parole de Castiel. Des aveux mutuels, ou au moins des réactions sur les aveux d'un seul homme.

-J'aimerais que tu me parles, tu sais ? Que tu me dises quelque chose, que je puisse savoir si tu acceptes mes déclarations, ou si tu ressens la même chose…et j'aimerais t'aider à te calmer. Te voir pleurer me fait mal, Cas', avoua-t-il encore.

Mais dès qu'il eut prononcé la fin de sa première phrase, Castiel se mit à hocher frénétiquement la tête de gauche à droite, signifiant une négation bien assurée. Dean ne le prit pas en compte, c'était une réaction d'enfant ! Du moins son cœur battant la chamade l'espérait. Mais l'agitation soudaine de son ami lui fit reprendre son inquiétude, visiblement, Castiel était décidé à ne pas s'ouvrir à lui.

-Cas', ne commence pas à t'agiter s'il te plaît ! Je veux tout mettre au clair, et être celui qui t'aidera à te relever si tu me le permets !

-… ! tenta en vain de parler l'autre homme, avant que de nouvelles larmes de rage ne viennent souiller le cou de son ami.

-Qu'est-ce que tu veux me dire ?!

-… !

-Cas', parle, je ne peux pas te comprendre ! Ou fais-moi un signe que je puisse comprendre, un signe autre qu'une négation ressemblant à ce que ferait un gamin de 8 ans ! essaya de le faire réagir le psychiatre, bien que conscient que brusquer son patient ne l'aiderait franchement pas.

Il eut raison, Castiel se bloqua, et voulut s'échapper une nouvelle fois des bras le retenant vers ce foutu blond qui occupait ses pensées depuis un long moment. Il réussit finalement après s'être débattu dans les bras de son geôlier. Dean ne voulait pas le blesser, et le laissa partir quand il comprit qu'il ne ferait que blesser le photographe à essayer de le garder contre lui. Il se releva en même temps que le brun.

-Cas', dis-moi juste un truc ! pria-t-il vainement, ses yeux plongeant dans ceux troublés et bouleversés de Castiel.

Celui-ci accéda finalement à la requête de son ami, et griffonna quelques mots sur les bandages frais de son bras.

« Ne pense plus à moi ou je m'en irais définitivement. »

-Tu ne peux pas me demander ça, Castiel, pas après ce que je viens de t'avouer ! protesta Dean, un poil blessé et surtout vexé.

« Tu as une famille, reste avec elle »

-Et si ce n'était pas cette famille que je cherchais depuis le début ? questionna donc l'homme.

Un haussement d'épaule lui fit office de réponse, mais il refusa cependant de s'avouer vaincu.

-Dis-moi juste si tu m'aimes ou si tu tiens à moi, Cas'. Juste ça. Et sache que quoi qu'il arrive, je ne me moque pas de toi, je suis sincère avec toi et…c'est la première fois que je m'ouvre autant à quelqu'un. Même Sammy ne recueillait pas mes confidences, alors qu'il était mon frère. J'ai changé grâce à toi et peut-être un peu pour toi aussi, alors tu dois au moins être sincère avec moi aussi.

Attentif aux paroles de Dean, Castiel ne put rien écrire sur le moment, réfléchissant à toutes ces paroles. Le psychiatre avait changé, en effet, et il n'était pas le seul à l'avoir vu. Mais il avait trop changé, il n'était plus ce que sa famille aimait de lui.

« Ne perds plus ton temps. »

-Qu'est-ce que ça veut dire, hein ? Tu crois que je perds mon temps à essayer de décoincer ta voix ? Une réponse sincère, c'est tout ce que je te demande !

Après d'autres réflexions, et de ses mains à nouveau tremblantes, Castiel finit par se pencher vers son bandage et y inscrivit des mots presque illisibles, mais que Dean parvint à voir néanmoins.

« Ils sont partagés. Va, maintenant. »

Ce n'était pas qu'une demande. C'était une supplication. Quand il vit que Dean avait tout lu et qu'il assimilait tout, Castiel se réfugia hors de la vue de celui qui fut un moment son ami. Il ne pouvait malheureusement plus y avoir d'amis lorsque leurs sentiments étaient…partagés, car ils l'étaient.

-Cas'…, murmura simplement Dean, n'arrivant plus à parler correctement.

Mais le temps qu'il relève la tête après avoir repris ce qui restait de ses esprits troublés, Castiel avait disparu.

...

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...

Ce fut secoué et le cœur ne cessant de battre furieusement que le blond rentra chez lui, sûr d'avoir oublié son cerveau dans l'appartement du muet. Il ne devait d'ailleurs pas qu'avoir oublié son cerveau. Sa capacité à parler semblait avoir disparu. Temporairement, évidemment. Les lumières étaient allumées, signe que Lisa était rentrée et qu'elle devait l'attendre. En se mordant les lèvres, l'époux partagé entre deux cœurs ouvrit la porte d'entrée, et se dirigea vers la cuisine après avoir jeté ses maigres affaires sur une chaise trainant par là. Il n'osa au départ pas entrer dans ladite cuisine, ne sachant quoi dire. Devait-il tout dire, ou devait-il feindre d'avoir accompagné Charlie à un événement qui n'avait pas encore eu lieu ? De toute manière, elle ne saurait pas voir le mensonge dans le second cas, n'est-ce pas ? Et pourtant, le mari aimant qu'il était ne pouvait se résigner à blesser davantage la femme qui portait son enfant. Leur enfant.

-Lisa ? finit-il par interpeller, essayant de prendre l'air décontracté quand il entra dans le lieu le plus coloré de la maison.

Avec un peintre à la maison, ce n'était pas véritablement une surprise, et il aimait beaucoup toutes ces couleurs, c'était la seule pièce à être aussi vive et remplie. Même son bureau ne l'était pas autant ! Ni la salle de bain, ni…bref, la cuisine était mieux décorée que toutes les autres satanées pièces de cette maison typiquement américaine !

Lorsque ses yeux tombèrent sur la femme brune partageant sa vie, Dean crut avoir une défaillance. Bien trop d'émotion aujourd'hui ! Lisa lisait un livre tout en pleurant, inondant les pages remplies de divers symboles venant d'un langage extrêmement compliqué pour le psychiatre : le langage littéraire, pire que le langage mathématique.

-Lisa ? demanda-t-il encore.

Celle-ci releva finalement la tête après l'avoir fait patienté une autre minute. C'était un regard déchirant, un regard rouge aussi. Tout comme Castiel, elle devait avoir beaucoup pleuré, ce qui inquiété son mari.

-Qu…qu'est-ce qui se passe ? ne put-il s'empêcher de demander, venant vite auprès d'elle.

-C'est toi qui devrais me le dire, Dean…, murmura-t-elle, ne le regardant pas dans les yeux.

Ca faisait trop mal de le regarder droit dans les yeux et de savoir qu'il allait mentir sur son séjour, comme il le faisait depuis longtemps. Elle se prépara déjà à recevoir un énième mensonge, tout en restant calme. Il n'y avait plus une seule once de colère qui parcourait son être fatigué par ce début de grossesse.

-Bah…t'aurais dû venir avec moi et Charlie, on s'est…amusé !

-A New-York ?

-Euh…non, sa convention se passait à…

-New-York, et si tu arrêtais de mentir, je pense que nous pourrions avancer dans nos soucis. Ce n'est pas étonnant que nous ne puissions pas régler nos problèmes, tu les détournes toujours, soupira-t-elle sans que la colère ne la gagne.

Elle avait raison, Dean mentait encore. Mais lorsqu'il prit conscience du fait qu'elle savait tout, un soupir las sortit de sa bouche. Il accepta de s'asseoir près d'elle, se tenant juste la tête entre les mains. Trop d'émotions en un jour, oh ça oui !

-Lisa…

-Je te promets que je resterais calme cette fois, Dean, du moment que tu me dis la vérité. La colère ne fera que nous éloigner de ce qu'on veut, non ? Maintenant, dis-moi toute la vérité s'il te plaît. Il faut que je sache, il faut que ce soit toi qui me le dise, toi et personne d'autre.

-Lisa, répéta-t-il sans rien trouver d'autre à ajouter.

-Parle, Dean.

-Ce…c'est vrai, je t'ai…menti. Je suis allé voir quelqu'un qui pouvait me donner des réponses sur l'un de mes patients en difficulté, essaya-t-il de formuler sans que sa voix ne tremble.

-Castiel Novak, tu peux le dire. Son frère habite bien à New-York, non ?

-Qui t'a…je vois…Amy devrait apprendre ce qu'est le secret médical, grommela-t-il contre lui-même.

-Elle n'a pas pu résisté. Tu as donc su toute la vérité sur Castiel, et maintenant que tu la connais, que vas-tu faire ? Aller le voir et lui dire que tu ne lui en veux pas, que ce n'est pas de sa faute ? Tu as raison, ce n'est pas de sa faute, quoiqu'il ait fait.

-Tu sais ce qu'il a fait ? sourcilla son mari.

-Non. Donc tu vas aller le voir pour lui dire la vérité, pour lui dévoiler ce que tu ressens…oh non, bien sûr, tu viens juste de le faire ! haussa-t-elle le ton avant de reprendre son calme.

Stupide grossesse, saloperies d'hormones, salopard de Dean, pensa-t-elle très rapidement.

-Je suis désolé, Lisa…tellement…je…

-Ne te fatigue pas, Dean. Ca ne fonctionnera sans doute plus entre nous, et je ne peux pas totalement tout mettre sur toi. C'est juste moi qui ne me suis pas rendu compte de l'ampleur que cette relation prenait, tu n'as pas à t'en vouloir. Si tu veux le rejoindre, va-y, qui t'en empêchera ? pleura-t-elle, libérant enfin la peine qu'elle avait encore réussi à stopper quand son mari était rentré.

Et encore une fois, Dean se retrouva incapable de parler, ou de bouger. Lisa lui offrait d'elle-même la possibilité de s'en aller, d'être avec Castiel. Quand il eut repris sa voix et qu'il l'eut contrôlé, le blond se décida à parler, enlaçant ses doigts avec ceux de sa femme.

-C'est vrai que je l'aime, Lisa, mais…je veux cette famille, je te veux toi aussi.

-Ne me blesse pas plus encore, Dean. Tu sais que je n'accepterais pas qu'un autre ou une autre te regarde, et que tu sois intéressé. Ce n'est pas que je sois possessive, c'est juste que…tu es mon mari, je suis ta femme, et j'avoue être jalouse et avoir peur de te perdre. Et je déteste ma grossesse de me rendre aussi vulnérable ! compléta-t-elle pour elle-même.

-Pardon, Lisa…il faut que tu me pardonnes…je ne sais pas comment je peux me sortir de cette situation tout seul, admit-il avec difficulté, posant une autre main sur le ventre légèrement arrondi de sa femme.

Cœur partagé entre Lisa et Castiel, voilà ce que son esprit répétait en lui. L'Amour était cruel.

-Si tu l'aimes, aide-le et reste avec lui. Je ne pourrais pas t'en empêcher indéfiniment.

-Ne me laisse pas partir, Lisa, l'interrompit presque Dean.

-Q…quoi ?

-Ne me laisse pas partir.


QUI N'A PAS DEPOSE SES ARMES A L'ENTREE?! (je vais demander à me faire accompagner par un garde du corps, je vous le jure!)

Des...avis? Des tomates? Du chocolat? Un meurtre? (non, oubliez le meurtre sinon vous ne pourrez pas avoir de suite, et l'histoire n'est pas finie!)

A lundi prochain si on ne retrouve pas mon corps en lambeaux causés par des katanas ou autres ustensiles forts dangereux!