Hello! Comment allez-vous? (: Bonnes vacances à ceux qui y sont, et à ceux qui vont y être la semaine prochaine! (mon cas)

Sans trop de blablas, voici la suite! Avec une conversation attendue, et des risques de meurtre à la fin...ahem! Merci pour vos commentaires, n'hésitez pas à me dire ce qui ne va pas dans mon texte (:

Bonne lecture, et n'oubliez pas de laisser vos armes à l'entrée!


Lisa et Castiel se tenaient assis dans la cuisine colorée de la peintre. Pas un seul son ne leur échappait hormis les battements réunis de leur cœur. Le photographe trifouillait ses doigts, se sentant soudain mal à l'aise face à cette femme-là. Sa grossesse se voyait parfaitement. Le jeune homme ne put retenir une pensée pour sa défunte fiancée. Peut-être auraient-ils connu cette joie d'avoir un enfant s'il avait accepté de l'accompagner à cette soirée, songea-t-il rapidement avant de se reprendre. Ce n'était pas le moment de penser à ça. Il devrait plutôt se sentir heureux pour cette famille qui allait très vite s'agrandir, au lieu de se morfondre sur le passé qu'il avait provoqué !

-Ahem…vous voulez…boire quelque chose ? s'étonna à demander avec une grande timidité Lisa.

C'était elle qui habitait dans cette grande maison, et voilà qu'elle devenait timide devant un type qui lui pourrissait l'existence depuis presque un an ! Elle se tapa mentalement la tête. Faux, Castiel n'était pas entièrement coupable. Elle aussi avait une certaine responsabilité dans tous les derniers évènements, et elle ne s'en rendait compte que maintenant. Et dire que son mari était psychiatre, et qu'il n'avait rien remarqué. Comment avait-il eu son diplôme, ce beau gosse dépressif ?

Castiel hocha gentiment la tête, une petite lueur de joie trônant dans ses yeux bleus. Lisa n'avait pas l'air de vouloir lui trancher les parties intimes ou la tête, c'était bon signe. Il se demanda encore comment il avait pu oser sortir de sa tanière pour aller rencontrer la femme de son ami. Ex-ami ! La dernière fois qu'ils s'étaient vus, la brune lui avait semblé être tellement froide. Il la comprenait depuis que Dean lui avait exposé ses problèmes avec sa femme, mais tout de même, une telle froideur…

-De l'eau ou du coca, ou…, proposa Lisa, presque heureuse de voir l'homme réagir.

Un nouvel hochement de tête lui répondit quand elle prononça « coca ». Encore un féru de coca ! Quand le verre fut servi et qu'elle se fut retournée auprès de son invité surprise, Lisa se mordit les lèvres d'anxiété. Premier vrai contact avec son rival. Bien, elle n'avait pas tenté de lui arracher quoique ce soit, et maintenant ? Maintenant, la femme ne savait absolument pas quoi faire. Elle ne savait pas comment s'y prendre avec les patients de son mari, et encore moins avec ce patient-là. Castiel attrapa son verre et but une petite gorgée pour se donner du courage, puis il prit son portable et écrivit quelque chose avant de le passer à Lisa.

-Vous voudriez parler du crétin qu'est mon mari ? sourcilla Lisa.

Bon, il n'avait pas exactement marqué ça, mais son esprit en déduit que la femme de Dean devait en vouloir à son très cher mari. Et puis, c'était un peu vrai : Dean pouvait parfois agir comme un crétin pas fini ! Avec légèrement plus d'assurance, l'homme acquiesça, amusé par les charmantes insultes de la brune à l'égard du psychiatre.

-Je ne sais pas de quoi on pourrait parler, vous savez ? toussota Lisa, gênée.

« Le commencement ? » suggéra gentiment Castiel.

-Justement Mr Novak, je ne sais pas c'est quoi le commencement ! J'ignore tout de vous, la seule chose que je sais, c'est que vous êtes muet ! Et que Dean devient taré depuis qu'il veut tout savoir de votre vie, ne put-elle s'empêcher de rajouter, pestant.

Castiel se sentit immédiatement coupable. Son esprit lui disait d'essayer de révéler toute la vérité à cette jolie femme enceinte. Après tout, elle avait le droit de savoir comment il en était arrivé à rendre le blond cinglé. Elle avait le droit de tout savoir, vraiment. Mais…le repousserait-elle aussi après avoir appris ce qu'il avait fait ? Au-delà de cette histoire étrange avec Dean, le regarderait toujours avec ce petit regard maternel quand elle saurait qu'il avait à lui seul brisé sa famille ? Sa mère dans le coma, sa fiancée dans la terre, ses deux frères lui étant enlevés…l'un l'avait décidé de plein gré, mais c'était la même chose pour le brun : il avait poussé sa famille à disparaitre de sa vie. Par la mort ou par l'éloignement, tel l'être maudit qu'il était.

En attendant, il reprit son portable, et fit une demande pour le moins surprenante à la femme qui acceptait de l'accueillir.

« M'appeler Castiel ? »

-Si je vous décode, ça veut dire…vous voulez que je vous appelle par votre nom, c'est ça ?

Castiel acquiesça avec un sourire qui se voulait rassurant. Il crut avoir tout gâché quand aucune réponse ne vint, mais Lisa vint le rassurer à son tour en posant une main rapide sur son bras.

-Si vous insistez, Castiel. Dîtes-moi donc quel est ce commencement, que je sache au moins si c'est moi qui ais merdé dans toute cette histoire. Et excusez mon langage, c'est mes hormones ! se défendit-elle instinctivement, devant un nouveau regard amusé.

« Maman aussi avait ce comportement parfois. Commencement simple : je voulais pas me dévoiler à Dean, alors lui intrigué. »

Pendant un instant, Lisa fut surprise par l'écriture presque enfantine du photographe. Il faisait en sorte d'écourter les phrases, forcément, écrire sur un portable n'était pas aussi simple que de parler de vive voix. Depuis combien de temps cet étrange personnage était-il dénué de parole ?

-Il a toujours aimé les mystères, je suppose qu'il a adoré le vôtre…Castiel, vous pourriez me dire depuis quand vous êtes comme Ariel ? sourcilla-t-elle.

Ledit Castiel eut un énorme sourire en voyant la petite référence de Disney. La Petite Sirène, un dessin-animé qu'il n'avait pas particulièrement apprécié –il n'y avait pas de Dark Vador ou de Padmé Amidala se cachant dans le coin-. Balthazar s'était même moqué du film lors de leur premier visionnage, en famille. Et les blagues sur le Titanic et la Petite Sirène, le cadet des Novak s'en souvenait encore. Balthazar et sa haine effarouchée envers les paquebots supposés être insubmersibles. Le seul souci, c'était qu'il n'allait pas retrouver sa voix comme la chère Ariel. Il n'allait conquérir le cœur de personne. Il répondit pourtant à la question, agitant ses mains.

Lisa resta les yeux grands ouverts pendant quelques secondes. Dieu du ciel, trois ans que ce pauvre type n'avait pas parlé. Trois ans qu'il devait se débrouiller pour se faire comprendre.

-Je vous plains…

« Je l'avais mérité. »

-Justement, en parlant de mériter quoi que ce soit, dîtes-moi pourquoi Dean s'intéressait tant à vous. Quel était ce secret qu'il voulait vous soutirer ?

« Peux pas dire » inscrivit rapidement Castiel, incapable de se déballer.

Surtout pas à une femme enceinte qui avait un bel avenir de mère devant elle. Il ne pouvait pas lui montrer à quel point il pouvait être horrible, à quel point il pouvait empoisonner le cœur des autres par sa malédiction.

-Castiel ! gronda alors Lisa.

L'attitude d'une vraie mère ! Le jeune homme se ratatina un peu sur son siège, se souvenant de sa propre mère. Brune, grande, avec un chignon lorsqu'elle travaillait, elle faisait peur quand elle prenait ses airs de grondement ! Même un regard bleu suffisait à calmer ses fils, dans un ancien temps bien doux et loin…

-Si vous ne me dîtes rien, pourquoi être venu ici ? demanda-t-elle finalement, cette femme enceinte qui se retenait difficilement d'aller chercher quelque chose pour se calmer.

Un bon pot de glace, par exemple, malgré qu'elle en avait avalé presque un entier l'heure dernière. Elle avisa d'ailleurs ce qu'il en restait, et le reprit sous l'œil de l'homme. Les femmes enceintes…

« Maman adorait la glace avec du bacon » avoua-t-il à travers son texte, n'arrivant pas à répondre aux autres questions.

Lisa, s'apprêtant à lâcher sa glace, parut soudain intéressée. Bacon…

-Il faudra absolument que je goûte, ça a l'air intéressant tout ça ! Glace et bacon, quelle jouissance…ahem, pardon ! Au lieu de me narguer avec ce bacon, dîtes-moi pourquoi vous venez chez moi si ce n'est pas pour me parler du salopard de beau-gosse qui me sert de mari !

« Je voulais simplement parler. Je veux pas briser votre couple, Mme Winchester. »

-Si je vous appelle Castiel, je veux que vous m'appeliez Lisa, c'est clair ? Bien ! Je crois qu'en ce qui concerne le couple, vous arrivez un peu tard, hein…Dean et moi…c'est fini depuis un bout de temps, je pense. Il s'est détourné de moi depuis trop longtemps, admit la brune avec un sourire triste.

Elle aimait encore son nounours préféré, bien sûr. Elle l'aimait d'ailleurs encore plus depuis que ses hormones lui jouaient des tours : un coup, elle voulait le gifler et lui enfoncer la tête dans le puits le plus proche, l'autre coup, elle avait envie qu'il la serre dans ses bras et qu'il la console. Stupidités d'hormones sans queue ni tête ! Castiel parut attendri par le comportement de cette femme. Il avait déjà connu ça quand sa mère était enceinte de Samandriel. Pourtant, une pensée lui vint, une pensée envers ce couple. Non, pas question qu'ils se séparent, car c'était bien ce que Lisa voulait dire. Elle voulait se séparer de son mari. Castiel ne pouvait pas laisser passer ça, c'était de sa faute à lui, de sa faute uniquement ! Lisa ne devait pas payer pour lui et ses erreurs.

« Pas vous séparer de Dean, il vous aime ! »

-Mais il vous aime aussi, et sans vouloir vous vexer parce que vous êtes trop mignon, je suis mariée à lui, et en tant que Mme Winchester, je n'accepte pas qu'un autre, qu'il soit homme ou femme, ait le regard de mon mari sur lui. C'est comme ça, Castiel. Je ne veux pas qu'il soit infidèle, expliqua-t-elle.

« Je vous comprends, mais il n'a rien fait avec moi. »

Tout en écrivant cela, Castiel se sentit rougir. Mignon. Lisa le trouvait…mignon.

-Je me permets d'en douter…, toussota la femme enceinte, un regard suspicieux se glissant sur son rival.

« Il n'a fait que m'embrasser une seule fois, c'est tout. Promis, jamais fait rien d'autre et veut pas essayer ! »

-Tu m'étonnes, ça doit faire…bref ! rougit-elle de la tête aux pieds.

Parler de sexe anal avec un type dont elle ignorait presque tout, n'était-ce pas un peu trop pour un rendez-vous censé régler un problème de couple ? Lisa se frappa mentalement la tête une nouvelle fois. Nulle, elle était nulle, voilà tout.

-Ecoutez, je vais vous le dire. Je sais que Dean m'aime, et je sais aussi qu'il vous aime et que vous l'aimez, parce que sinon il n'essayerait pas de vous joindre pendant la nuit, et il ne parlerait pas à Dieu en attendant une réponse. Et je me suis rendu compte que je n'avais aucune emprise sur lui, et que je n'avais pas le droit d'en avoir. Il est libre après tout, non ? Alors je lui ai laissé le choix, c'est à lui de savoir. Mais s'il veut rester avec vous, je ne pourrais rien y faire. Je divorcerais, et j'essayerais de lui obtenir le droit de voir quotidiennement le Luke ou la Leïa qui danse la zumba dans mon ventre, mais je ne pourrais rien faire d'autre.

« Je comprends. J'ai dit à Dean d'arrêter de vouloir me voir, je sais que vous avez encore une chance de vous pardonner mutuellement. Avant de venir vous voir, j'ai pris ma décision : je quitte cette ville. Temps que j'apprenne à vivre à nouveau ! » écrivit lentement le jeune homme, soudain peu sûr de lui.

Lorsqu'il passa son portable à Lisa, celle-ci sentit les doigts du photographe trembler. Et elle comprit pourquoi. Castiel offrait de partir sans retour en arrière. Il offrait de la laisser seule avec Dean, et de sacrifier un bonheur qu'il pouvait avoir besoin de revoir pour vivre. Son cœur flancha un instant. Castiel acceptait de sacrifier ses sentiments pour un couple qui n'avait même plus lieu d'être. Loin d'être heureuse, Lisa montra son choc, incapable de bouger ou d'articuler un seul mot.

Un léger mouvement sur son épaule la fit revenir à la réalité. Le brun quémanda son attention, cherchant à croiser son regard noisette.

-Non, Castiel, non. Vous n'avez…vous n'avez pas besoin de vous exporter ailleurs…Dean a besoin de vous, et le fait qu'il en vienne à prier celui-qui-nous-pisse-dessus-quotidiennement-j'ai-nommé-le-céleste-papounet de lui donner des réponses le prouve bien. Vous avez sans doute vu en lui un moyen de vous en sortir, et même si je ne connais pas votre histoire visiblement dramatique, je crois que vous avez vraiment besoin de mon mari. J'aurais jamais cru en arriver à ça un jour, mais…Castiel, si vous aimez Dean, ne partez pas. Ça se voit que vous avez chacun besoin de l'autre, finit par déclarer Lisa après un temps de réflexion.

Ça lui faisait mal de dire tout ça. Mal parce qu'elle acceptait de perdre celui qui partageait sa vie depuis un petit moment déjà. Mal parce qu'elle acceptait que Dean puisse aimer une autre personne qu'elle. Et Castiel n'arrivait pas à choisir. D'un côté, il voulait se soustraire aux pensées de son psychiatre, lui faire comprendre qu'il stoppait leur relation, mais de l'autre, on lui offrait une chance. Une vraie chance de connaitre à nouveau la joie. Au prix d'une famille, encore.

« Non. Votre enfant aura besoin de ses parents. Moi, j'ai besoin de voir la lumière et les couleurs. Merci, Lisa. »

...

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...

A l'autre bout de la ville, Dean s'enterrait dans son oreiller rose à paillette, pleurant silencieusement devant un film trop romantique pour lui. Charlie et ses idées d'après-midi de détente après une grosse journée de travail emplie de tristesse. Et la catastrophe ambulante qu'était Marv avait encore frappé. Nouveau fantasme du jour, se faire visiter l'orifice par son dentiste féminin. Dean en avait failli vomir.

-Allez Dean, arrête un peu de chouiner ! C'est plutôt à Lisa de pleurer devant ça ! intervint une Charlie qui pleurait aussi.

Au lieu de rester sur son coussin à se lamenter, le blond alla consoler la rousse, la prenant innocemment dans ses bras pour un câlin réconfortant. Moral à zéro, moral à zéro négatif, même ! Pour les deux amis.

-Pourquoi ils peuvent pas être ensemble ? sanglota Charlie.

-Parce qu'ils sont maudits, Charlie…, renifla Dean, y voyant comme une sorte de message dans ce film trop romantique à son goût.

Etait-ce un message lui disant d'arrêter de vouloir aimer Castiel, ce beau brun au regard aussi bleu et pur que le ciel dégagé de tout nuage ? Etait-ce un signe que leur histoire n'avait aucune chance de fonctionner ?


La suite la semaine prochaine (:

Des commentaires pour réchauffer l'auteure? (si elle n'a pas été trop vilaine avec vous!)