J'apprenais à mourir…
Et nous voilà, vous et moi, à la dernière page! Le prologue qui a mis si longtemps à venir est enfin arrivé! Ca me fait bizarre de poster e dernier chapitre. C'est à la fois un soulagement et en même temps ça m'attriste. J'espère en tout cas que vous apprécierez ce dévoilement chez Severus! dévoilement qui reste quand même bien caché, puisque Hermione est la seule en possession de ces petites confessions! Bref pas de spoil pas de spoil, je vous laisse découvrir tout celà tout seuls!
Alors pour la dernière fois je vous souhaite une bonne lecture!
Prologue : J'apprenais à mourir / Les non-dits de Severus.
« Tu fais battre mon cœur
Enfoui dans tant de noirceur.
Tu illumines une âme
Sur laquelle je portais le blâme.
Tu as créé des sentiments
Là où il n'y avait que tourments.
Tu as su omettre
Tout ce que je faisais paraître
Pour me donner ce sourire
Qui fit renaître des souvenirs :
La tendresse d'une mère,
Un amour et une déception amère.
Mais grâce à toi
Enfin je vois
Que ce n'est pas parce que l'on est dans le noir
Que l'on ne peut pas allumer la lumière et trouver l'espoir. »
« J'aurais aimé te le dire,
Mais je ne sais que fuir.
J'aurais aimé te donner de la tendresse
Mais je ne veux pas montrer mes faiblesses.
J'aurais aimé t'embrasser,
Mais je t'aurais embarrassée.
J'aurais aimé te faire une place dans mon cœur,
Mais j'ai encore trop de peurs.
J'aurais aimé ne pas être un lâche,
Et te dire tout ce que je cache,
Que plus que tout
C'est de l'amour fou
Que je ressens pour toi ma lionne,
Que je ressens pour toi mon Hermione. »
« Mon amour,
Mon cœur se languit de toi. Il bat chaque seconde un peu plus fort, changeant de rythme au fil de mes pensées qui pourtant se ressemble toutes. A chaque moment tu es présente. Tu hantes mes rêves les plus inavouables, réalisant mes vils désirs cachés. Je t'écris ces mots que je ne saurais te dire. Je ne suis pourtant pas un romantique, mais je peux dire que chaque jour tu m'apprends à vivre alors que je n'ai jamais su. Sans toi pour faire battre mon cœur, il se serait arrêté. Sans toi pour illuminer ma vie, je me serais éteint. »
« Ma douce, ma chère et tendre,
Je ne sais que faire en ton absence. Même enlever des points à tes chers camarades de Gryffondor ne suffit pas à combler ce manque que tu as créé en moi. J'attends de te revoir avec impatience ».
« Ma précieuse,
Je sais que plus j'écris, plus j'ai l'air possessif. Mais le temps passe et mon amour grandit. Tu es chaque jour un peu plus belle, et pourtant je suis condamné à rester loin de toi. Ta silhouette svelte me marque un peu plus chaque jour, ton regard chaud fait fondre la glace de mon cœur, et ces sourires que tu n'offres qu'à tes amis me plongent dans une profonde jalousie dont il m'est impossible de remonter. L'air me manque, mais la surface est trop loin, je descends plus profondément, inexorablement. Tu es à la fois celle qui me garde la tête sous l'eau, et ma bouée de sauvetage. Mais plus que tout, tu es ma sirène, maîtresse de l'océan de mes sentiments. »
« Je ne sais plus comment faire chaque jour pour garder ce masque d'impassibilité alors que mon cœur comme mon âme ne demandent qu'à te retrouver. Les faux-semblants ne suffisent plus. Je ne peux plus me mentir à moi-même. Pour la première fois je désire quelqu'un, et cette sensation me déplait autant qu'elle me pousse à me réfugier dans tes bras. Tu ne saurais imaginer à quel point j'ai besoin de ta présence à mes côtés après mes rencontres avec le Seigneur des Ténèbres. Il est malheur et souffrances, et ne peut pas comprendre l'amour. Il en voit juste des conséquences, qui sont loin de lui plaire. Pourtant, il comprend qu'on puisse vouer un culte à quelqu'un. Du moment que c'est à lui. Mais la seule personne que j'adore, c'est toi. La seule qui mérite toute mon attention. Celle qui fait de moi un Homme. »
« Encore une insomnie. Et tu n'y es pas étrangère. Depuis quand suis-je capable de ressentir des tels sentiments ? Cela me trouble plus que de raison. Mon cerveau et mon cœur ne semblent plus jouer le même rythme. Alors que mon cœur entame une valse à trois temps, ma tête tourne au ralenti au son d'un slow. Je n'arrive plus à réfléchir. Moi qui suis pourtant connu pour mon self-control. Vois à quoi tu me réduis ! J'ai toujours assumé mes choix. Et pourtant aujourd'hui je n'ai de cesse de me remettre en question. Je me dis que pour toi, je pourrais tout arrêter. Juste un mot de toi et j'oublie ma fierté, ma profession, mon rôle, la guerre. Trois mots, et j'abandonne le masque. »
« Je sais bien que je ne pouvais pas espérer que tu te montres intelligente. Tu es partie. Malgré le danger, tu les as suivis. Malgré mes avertissements, tu m'as laissé. Mais je sais que notre différence d'âge m'apporte une maturité que tu n'as pas. N'aie crainte. Je t'attendrai. Et je garderai ce terrible secret : je vais aider un Potter. L'époque où je haïssais James est loin maintenant. Partie avec lui. Avec Lily. Et Lily voudrait que j'aime. Elle m'en croyait capable. Je l'ai crue. Je me suis attaché à elle. Mais avec toi, je me suis rendu compte que jamais je n'avais été amoureux d'elle, ce que je ressens aujourd'hui est bien plus fort. Tu as pu voir mon patronus : une biche, comme Lily. C'est le seul vestige d'une amitié que j'ai brisée en trois minables mots : sang-de-bourbe. Je ne promets pas d'être un amant parfait, ni de pouvoir te protéger de moi. Je te promets fidélité jusqu'à ma mort, et au-delà. »
« Mon Hermione, ma douce, ma belle,
Seul contre tous, je ne m'étais jamais rendu compte de l'ampleur de ma tâche. J'avais des amis et maintenant tous me haïssent. Mais celui qui me hait le plus, ne t'y trompe pas, c'est bien moi. Pourquoi ai-je écouté encore une fois Albus et ses brillantes idées ? Je n'étais pas d'accord. Je ne voulais pas le tuer. Mais sinon Drago serait mort. Et il m'a supplié. Albus Dumbledore m'a supplié de le tuer. Il était mourant. Il lui restait à peine quelques jours. Il était fatigué. De tout. Je ne pensais pas perdre un ami d'une telle manière, si horrible. J'ai aidé un de mes meilleurs amis à se suicider. Mais quel type d'homme suis-je donc ? Mon amour, si tu veux survivre à cette guerre, il semblerait qu'il faille que tu restes loin de moi. »
« Hermione, magnifique déesse,
Je t'écris, surement pour la dernière fois. Je le pressens, la guerre est proche. Tout a changé à Poudlard. Les élèves ont peur, plus qu'avant, mais ceux de l'AD se battent. Drago sait tout de mon histoire et je sais les raisons qui l'ont poussé à être sur le toit de la tour d'astronomie ce soir-là. Voldemort menaçait la vie de ses parents. Il en avait parlé avec Ariane, et Pansy, mais personne n'avait pu lui donner une réponse assez convaincante pour qu'il n'exécute pas les ordres. Mais Drago n'est pas un tueur. Je me devais de l'aider. Comme je te le disais, la guerre et proche. Je ne pense pas ressortir vivant de cette guerre. Avec le rôle que j'ai, autant du côté de Voldemort, qu'auprès des membres de l'AD, je n'ai aucune chance que cet espèce de vil serpent ne se rende pas compte de la supercherie. Il me tuera. Mais ma douce, ne sois pas triste. J'y préparé, et toi tu as tes amis. Tu es jeune, et belle. Tu survivras car tu es forte. Tu te relèveras car tu es Hermione Granger. Et tu aimeras, parce que c'est ce que je souhaite pour toi. Evite juste les crétins s'il te plait. Ma douce, je t'aime, je ne te l'ai jamais dit, tu ne l'entendras peut-être jamais de ma voix, mais je veux que tu saches à quel point je t'aime. J'écrivais ces lettres en pensant que tu ne les lirais jamais, mais finalement, puisque le destin veut nous séparer, tu les liras. Je ferai en sorte que tu les trouves. Tu les liras, seule, en larmes, avec encore en tête l'image de mon corps sans vie. J'espère que tu me trouveras mort, je ne veux pas que tu assistes à mon agonie. Je ne veux pas t'infliger un tel supplice. Car je sais que si je t'aime, tu me rends très bien ces sentiments. Nous aurions pu avoir un si bel avenir ensemble. Mais ma sorcière, je me suis fourvoyé. Je croyais que j'apprenais à vivre, mais j'apprenais à mourir. »
Hermione n'avait de cesse de lire ces lettres qui lui étaient si précieuses. Elles étaient ses seuls souvenirs de Severus. Grâce à elles, Hermione savait qu'il l'avait aimée. Son amour avait été la plus belle chose de son adolescence gâchée par la guerre. Et puis ensuite il y avait eu Ron. Ron qui l'avait soutenue malgré ses dépressions. Ron qui l'avait attendu pendant longtemps, le temps qu'elle oublie, le temps qu'elle guérisse. Et il l'avait aimée. Il lui avait accordé ce qu'elle n'osait demander : du temps et de l'amour. Il avait compris ce qu'elle voulait, ce dont elle avait besoin pour aller mieux. Il avait été son ami lorsqu'il lui avait fallu une épaule pour pleurer. Il avait été là quand Severus ne l'était plus. Elle avait enfin le sourire, elle était de nouveau forte. Grace à lui. Elle l'aimait. Il était celui qu'elle avait choisi d'épouser. Et il avait accepté la présence de la mémoire de son ancien amant dans l'esprit d'Hermione. Ron respectait l'amour qui avait un jour uni sa femme et cet homme courageux. Après tout, leur ancien professeur de potion les avait énormément aidés dans leur préparation à la guerre. S'ils n'étaient pas morts, c'était sans doute grâce à lui. Il les avait protégés, il les avait sauvés. Derrière ses aires froids, il avait su leur prouver son professionnalisme et sa capacité, sa compétence, en tant qu'espion.
Hermione l'avait vu. Bien avant les autres. Avant Ron bien sûr, et avant Harry, mais aussi avant Ariane, et même Drago ne se doutait pas à quel point son parrain était engagé envers Dumbledore. Il en avait surpris plus d'un, mais certainement pas Hermione qui croyait dur comme fer qu'il devait forcément y avoir du bon caché quelque part en Severus Snape. Et à force, elle leur avait montré à tous. Il était un homme bon. Pas bon comme Harry. Bon à sa manière. Discrètement, dans sa noirceur et sa froideur, dans son deuil qu'il n'avait jamais réellement surpassé. Il avait connu la perte et avait toujours cherché un moyen de se racheter pour avoir été la cause, l'élément déclencheur, le traitre qui était à l'origine de la mort de Lily Potter. Et Hermione lui avait donné cette occasion. Hermione et sa bonté d'âme. Tellement heureuse de vivre, toujours à défendre ceux qui ne voulaient pas être défendus, que ce soit les elfes ou Severus. Elle était entêtée. Et elle arrivait toujours à ses fins. Sauf cette fois-là, à Poudlard, où elle n'avait pas pu sauver Severus. Il était mort devant ses yeux, dans ses bras et toutes ses connaissances n'y avaient rien pu faire. Même avec la meilleure potion de soin elle ne l'aurait pas pu. Il était mourant et les mourants ne sont pas solvables. On meurt tous un jour, mais Hermione aurait préféré qu'il meure de vieillesse après avoir vécu une longue vie à ses côtés, et qu'ils aient eu leur propre famille. Mais la guerre avait fait son lot de victimes et Severus était parti.
Ariane avait souvent revu ses camarades de Poudlard, notamment Pansy, Ginny, et Hermione. Bien entendu elle voyait Drago tous les jours, ils étaient mariés à présent. Elle avait suivi attentivement les changements chez Hermione. Elle avait été fougueuse pendant leur scolarité, déterminée pendant la guerre, effondrée au décès de Severus, elle avait caché sa peine, le déni comme on l'appelle. Mais maintenant Ariane la voyait heureuse avec Ron qu'elle avait fini par épouser. Elle était même devenue ministre de la magie ! Une femme forte, qui s'était reconstruite petit à petit, au rythme des saisons et des années qui passaient, et finalement elle était la femme qui représentait les espoirs du monde magique. Forte, décidée, victime de la guerre, la sorcière la plus intelligente de sa génération, et elle connaissait tout de la vie depuis sa jeunesse. Le Monde Magique avait besoin d'un renouveau et cette née-moldue représentait ce besoin de changement. Elle représentait tout ce que les régimes précédents avaient persécuté. Elle était femme, heureuse, mariée, puissante, intelligente et par-dessus tout, elle était Hermione Granger Weasley.
