Hello! Désolé pour la semaine de retard, mais j'avais des soucis :( Fort heureusement, tout s'est bien fini, par conséquent, voici le chapitre que vous attendiez! Veuillez encore m'excuser pour le dérangement.

Merci pour toutes vos reviews (:

Bonne lecture!


Lui dire ou ne pas lui dire ? Lui dire ou se taire ? Depuis que Castiel était parti, après lui avoir gracieusement avoué plusieurs recettes de sa propre mère pour les femmes enceintes, Lisa n'arrêtait pas de se poser cette fichue question, maudissant son esprit de répéter la même chose. Toujours le même disque, songea-t-elle avant d'engloutir une bouchée de son dessert. La situation devenait de plus en plus compliquée de jour en jour, mais cette fois, c'était vraiment la partie la plus complexe qu'elle abordait.

Castiel lui avait tout dit. Elle avait tenté de lui faire reprendre raison, utilisant même la méthode 'maman poule en colère', ce qui n'avait pas fonctionné. Le brun n'avait fait que se ratatiner sur son siège avant de tenter de lui expliquer calmement que sa décision était prise, et qu'il devait résister à tout ce qu'elle lui dirait. Le bilan de cet après-midi de rencontre entre les deux rivaux ? La décision irrévocable de Castiel pour son avenir. Les gentils au-revoir qu'il avait écrit à Lisa. Les pleurs silencieux de la femme enceinte. Et depuis que ce charmant et muet photographe était parti, Lisa n'arrivait pas à trancher pour sa propre décision.

Devait-elle informer Dean de la décision de Castiel, sachant que ce dernier lui avait demandé de le faire à sa place ? Ou alors, devait-elle laisser de l'espoir à son nounours de mari en ne lui disant rien de cette entrevue surprenante ? Elle était particulièrement attirée par la seconde solution, mais...la culpabilité. Encore la culpabilité.

Un bruit de porte la fit revenir à la réalité. Mince ! Son mari ne pouvait-il pas débarquer à la maison plus tard que ça ?! Il était trop tôt, par dieu ! 22h ! Dean ne pouvait-il pas lui donner plus de temps pour réfléchir ?! Même si elle réfléchissait depuis plusieurs heures.

-Salut..., souffla d'ailleurs son mari lorsqu'il entra dans le salon.

-S...s...alut ! toussota-t-elle, soudain gênée.

Embarrassée, gênée, terrifiée, tous les adjectifs pouvaient lui convenir. Dean remarqua son état, un état qui ne ressemblait pas à Lisa. Il s'inquiéta tout de suite, les nerfs déjà bien à vif. Une après-midi à pleurer avec Charlie sur plusieurs films romantiques, avec dans la tête l'image d'un beau photographe qui lui faisait tourner la tête. Il savait maintenant reconnaitre lorsque quelque chose n'allait pas.

-Lisa, dis-moi pourquoi tu es à deux doigts de faire une crise de nerfs ! quémanda-t-il, la rejoignant sur le canapé sans retirer sa veste.

-Euh...Dean...Dean..., répéta Lisa, se mordant les lèvres.

-Oui, c'est bien mon prénom ! Lisa ?

-Dean ? continua-t-elle.

-Lisa !

-Dean !

Conversation très instructive, songèrent les deux époux. Un léger sourire flotta sur leurs lèvres avant qu'ils ne reprennent entièrement leur sérieux.

Lui dire ou fermer sa bouche ? Lui avouer ou ne rien lui avouer ? Lui briser le cœur ou le rendre heureux ? Lisa grommela intérieurement. Parce que dire la vérité à Dean lui briserait le cœur, peut-être ?!

-Il est parti, lâcha-t-elle sans plus attendre, avant de baisser la tête.

Maudite bouche qui ne voulait pas l'écouter !

-Hein ? sourcilla le blond, ne comprenant pas.

-Il est parti ! répéta-t-elle naïvement.

-De quoi parles-tu ? s'enquit-il à nouveau, n'ayant pas l'air de comprendre.

Elle lui en voulut un instant d'être aussi peu motivé à lire son message, et réfléchit pour trouver une façon délicate de lui avouer. Le mal était déjà fait, mais tout de même, ne pouvait-il pas essayer de comprendre de lui-même sans qu'elle n'ait besoin de lui expliquer ?!

-Comment te le dire...déjà, reste bien assis sur ce maudit canapé, et ensuite...est-ce que tu te sens bien ? demanda-t-elle le plus gentiment possible du monde, s'attirant un regard presque blessé de son mari.

-Je vais mal, Lisa ! Nous allons mal !

-Parfait, comme ça nous ne tomberons pas plus bas. Castiel est venu me voir pour me demander de te dire qu'il partait et qu'il ne reviendra pas, finit par admettre la peintre, ne sachant comment y aller avec plus de douceur.

L'effet ne fut pas immédiat. Au lieu de se mettre à hurler ou à pleurer, Dean resta assis, sur le canapé, les yeux dans le vide. Il mit du temps à assimiler la nouvelle, n'y croyant évidemment pas au début. Castiel, s'en aller ? Castiel, venir chez lui pour discuter avec Lisa ? Lisa qui acceptait de parler avec son rival ? Lisa qui acceptait de transmettre un message ? Plus de Castiel ni de Lisa ?

-Q...Lisa ? murmura-t-il, perdu, ses yeux se mettant à briller sans qu'il n'arrive à contrôler le flot d'émotions qui le prenait soudainement.

-Je suis désolée de te l'avouer, Dean. J'aurais dû me taire, mais...tu me connais.

-Il doit sûrement faire une blague, ou...c'est le premier avril, c'est ça ? tenta-t-il de plaisanter, bien que son visage se décomposait au fur et à mesure.

-Non, on est en avril, mais le premier. Et je t'assure que quand il me l'a demandé, il ne riait absolument pas. Il va partir, Dean. Ne le retiens pas, il a été très clair à ce sujet. Ne pas le retenir, renchérit Lisa.

-Mais...pourquoi te le dire à toi et pas à moi ?! s'étrangla-t-il presque.

-Eh, pas de crise de jalousie, jeune homme ! Dans cette histoire, c'est moi qui devrais être jalouse ! Bref...il ne voulait pas te voir, et il m'a dit qu'il n'aurait jamais pu te dire ce qu'il prévoyait s'il te regardait dans les yeux. Il a préféré que je le fasse. C'est un homme sensible, en fait...

-Il sait que je l'aime, pourtant ! Pourquoi partir ?! ne put-il retenir, la mine interrogatrice.

Il n'y comprenait plus rien. Castiel lui avait pourtant avoué un amour réciproque, pourquoi vouloir partir alors que tout semblait maintenant possible ? Il restait encore le mariage entre lui et sa femme, mais ça n'aurait pas posé de problème. Castiel aurait pu rester sans qu'il n'y ait de débordements, songea Dean avec une mine de plus en plus désespérée. Son épouse s'en rendit compte, et se sentit l'espace d'un instant coupable. Jamais elle n'aurait dû lui avouer ! Mais le pire, elle ne l'avait pas encore dit. Le pire, ou le meilleur peut-être.

-Lisa, explique-moi ! Même sans être amants, on aurait pu rester amis, lui et moi ! Ca n'aurait pas gâché notre famille, ni rien du tout !

-Je sais, mais...il ne voulait pas te revoir, Dean. Je crois qu'il n'aurait pas pu se retenir s'il avait décidé de rester ici. Tu ne peux pas le faire changer d'avis, il va partir de cette ville. Il m'a aussi dit qu'il voulait sortir de sa maladie, qu'il voulait découvrir le monde, et qu'il était temps pour lui d'arrêter de voir la vie en noir, parce qu'il y avait des couleurs plus belles. Et...il ne voulait pas risquer de gâcher notre famille. J'ai essayé de le retenir, crois-moi, crut-elle bon d'ajouter.

-Ah oui ? Tu as essayé de le retenir ? Pourquoi, hein ? Pourquoi ? Tu le détestais, pourquoi essayer de le retenir ?! s'écria-t-il soudain avec colère, avant de se rendre compte de son erreur.

Ce n'était pas de la faute de Lisa, en aucun cas. Jamais sa faute. C'était lui qui avait commis une faute, pas sa femme. Lui qui avait accepté de laisser Castiel entrer dans sa vie. Lui qui avait forcé la vérité à sortir, aussi.

-Dean..., renifla Lisa, à deux doigts de verser quelques larmes.

-Excuse-moi, chérie...excuse-moi. Je sais que...ce n'est pas ta faute. Dis-moi pourquoi tu as essayé de le retenir, s'il te plaît, demanda-t-il plus délicatement, venant près de sa chère femme pour la consoler en cas de fuite de larmes.

-Tu vas trouver ça idiot, mais...au bout d'un moment à lire ce qu'il avait à dire, j'ai fini par comprendre. Ce type est bien, en fin de compte. Il a juste besoin que quelqu'un soit près de lui, et en voyant comment il parlait de toi, j'ai compris...disons...t'es sa bouée de sauvetage, hésita Lisa, se mordant les lèvres nerveusement.

-Et ? l'incita-t-il à continuer ses explications, voyant qu'elle avait du mal à le faire seule.

Et pendant que sa femme lui racontait ses raisons, Dean sentait son cœur battre encore plus fort. Bien plus fort. Castiel allait partir, mais avait admis l'aimer et avoir besoin de lui...mais le fait était là : c'était Dean qui avait besoin d'une bouée de sauvetage, pas son patient. Depuis le début. Et il s'était trompé de bouée de sauvetage, Lisa n'était pas son moteur, malheureusement. Et elle devait le savoir, car elle en arriva à la dernière raison.

-Je ne suis pas faite pour toi, et toi pour moi, conclut-elle difficilement. J'ai bien vu qu'entre ton patient et toi, c'est bien plus fort. Vous avez besoin l'un de l'autre, même s'il a dit avoir besoin d'être autonome et de reprendre une vie 'normale'. Notre couple n'avancera plus, même avec l'arrivée du bébé qui squatte mon ventre. Par contre, si j'avais pu retenir plus vivement Castiel, ça aurait fonctionné entre vous...

-Tu...tu veux dire..., commença le blond, ne sachant comment prendre ces confidences.

Lisa l'empêcha cependant de dire autre chose, posant un doigt sur ses lèvres. Elle reprit son souffle, puis débuta à nouveau.

-On en reparlera plus tard, de notre souci de couple, ok ? Je ne t'ai pas tout dit. Castiel va m'en vouloir, mais...il m'a dit qu'avant de partir, il avait quelque chose de très important à faire. Il a dit que c'est une affaire de vie ou de mort pour l'un de ses proches, mais j'ai beau avoir essayé de lui secouer ses mignonnes puces, il n'a rien expliqué.

-Mignonnes puces ?! s'étrangla Dean.

-Bref ! Une histoire de vie ou de mort pour l'un de ses proches...tu sais à quoi il fait référence ? demanda-t-elle rapidement pour changer de sujet.

-Non, je ne vois p...attends, si, je crois que...attends, il faut que j'aille vérifier un truc ! s'exclama-t-il, sautant hors du canapé pour aller se précipiter vers son portable.

Dean l'empoigna, le tenant tel un brave croisé tenant le Saint Graal. C'était son petit Saint-Graal, celui qui allait lui donner une réponse. Il croyait se souvenir de quelque chose de très important. Dans la famille de Castiel, il n'y avait qu'un seul proche qui risquait de mourir. Le psychiatre se remémora toutes ces fois où Castiel partait dans un hôpital pour rendre visite à sa mère. Il se rappelait les disputes du brun avec son frère, et les aveux de ce dernier sur son 'plan'. La malheureuse mère ne s'était pas réveillée depuis trois ans, et Balthazar avait déclenché le plus grand des bazars en avouant à Castiel qu'il allait la faire débrancher dans le mois s'il n'y avait pas d'améliorations.

-Je l'ai ! hurla-t-il littéralement, faisant sursauter la peintre.

-Dean ! grogna-t-elle, se tenant le ventre.

Mauvaise frayeur n'allait pas avec sa condition, combien de fois devrait-elle le dire à son intrépide futur ex-mari ?! Ou ex-mari tout court. Ou mari, peut-être...bref !

-Il va essayer de sauver sa mère, et je me souviens avoir vu le nom de l'hôpital dans son dossier...j'ai tout noté sur mon portable. Viens, faut qu'on y aille ! pressa-t-il, ne prenant que son manteau.

-Mais comment ça, allons-y ?! Où veux-tu qu'on aille, Dean ?! s'enquit-elle, perdue et encore secouée.

-On va aller le retrouver, il y sera sûrement avec son frère, ne put qu'informer l'homme, la prenant par le bras.

-Tu es cinglé, je ne vais pas là-bas avec toi ! Je ne sais même pas ce que tu veux dire...

-Lisa, fais un effort de compréhension, par pitié ! Castiel t'a dit qu'avant de partir ailleurs, il devait sauver sa mère. Elle est dans le coma, et son frère veut la faire débrancher. Cas' va le confronter, et nous, on sera là pour le cueillir ! Tu saisis ou je dois te faire un dessin ? ne put-il s'empêcher de minauder, sous l'œil rageur de sa femme.

-C'est pas inscrite 'femme enceinte con-con' sur mon front, Dean ! Pourquoi tu voudrais que je t'accompagne, en plus ?! C'est à toi d'y aller si tu veux l'aider et le retenir, pas à moi ! grogna-t-elle à son tour.

-Avec toi, ça sera mieux. Mais l'hôpital est un peu loin, il faut qu'on se grouille. Allez Lisa ! Mets un manteau et viens vite, il faut absolument qu'on y aille, ça urge !

-Ca va, j'ai compris, Monsieur qui stresse ! On t'a jamais dit qu'il ne fallait JAMAIS stresser et presser une femme enceinte ?! commença alors à le gronder la peintre, cherchant un manteau.

Dean la tira ensuite par le poignet, l'enlevant rapidement à sa tranquillité. Lisa dut le suivre sans faire d'histoires, moins bien heureuse de lui avoir avoué tout, finalement. Même si elle savait que la vérité était préférable, l'idée que Dean se précipite vers Castiel pour le retenir lui était douloureuse à accepter. Il n'y avait peut-être plus autant de complicité entre elle et son mari, elle aurait aimé qu'il prenne du temps pour réfléchir. Mais le photographe était sans doute trop important pour que Dean le laisse partir sans un mot. Et, au fond, peut-être que s'ils arrivaient à temps, ils pourraient aider le jeune homme à 'sauver' sa mère, même si elle semblait déjà être perdue...

Lisa soupira. Compliqué ! Tout devenait trop compliqué ! Elle n'y comprenait plus rien, et pendant que Dean conduisait furieusement, n'hésitant pas à griller des feux rouges, elle dut l'interrompre dans ses manœuvres pour tout comprendre.

-DEAN ! D'une, tu arrêtes de conduire comme un con, tu vas finir par nous faire avoir un accident, et au cas où tu ne t'en rappelles pas, c'est MA bagnole que tu conduis ! De deux, tu vas m'expliquer CALMEMENT quelle est cette histoire entre ton Castiel et sa mère et son frère et...tu vois ce que je veux dire. Et dernièrement...on verra après, grommela la brune.

Après un moment de réflexion, le blond se décida à lui avouer. Castiel avait sûrement dû oublier de lui raconter son histoire, songea-t-il. Bien sûr, comment le photographe aurait-il pu en parler avec Lisa s'il n'avait pas pu en parler avec son psychiatre ? Il avait fallu que ce soit Dean en personne qui aille chercher les réponses pour lui soutirer tout le reste !

-Ok, je vais tout te raconter. Cas' croit avoir détruit toute sa famille, c'est pour ça qu'il a de nombreux traumatismes. Ca a commencé par la mort de sa fiancée, il en a été très affecté. Au bout d'un an, il ne parlait plus beaucoup, et il s'est disputé avec sa mère d'après ce que m'a raconté son frère. La mère en question était déjà affectée elle aussi, et elle a tenté de se suicider. NE M'INTERROMPS PAS ! Donc, elle a tenté mais n'a pas réussi. Les médecins ont réussi à la maintenir en vie, mais ça fait trois ans qu'elle est dans le coma, et que Cas' a rompu tous les contacts avec sa famille. Son frère ne veut plus qu'il voit Samandriel, son plus jeune frère, et ils se disputent à chaque fois qu'ils se voient...

-J'y comprends rien ! Qui est Samandriel ?! Le petit frère de Castiel, c'est ça ? interrompit une Lisa de plus en plus perdue.

-Oui ! Il n'a que trois ans, et Balthazar, l'ainé, celui que je suis allé voir pour tout savoir, veut l'adopter, et Castiel ne veut pas parce qu'il craint de ne plus le revoir. Balthazar et lui ne s'entendent plus depuis longtemps, et si Cas' veut aller voir sa mère aujourd'hui, c'est parce que Balthazar veut la faire débrancher AUJOURD'HUI ! Je suis con ! Je suis con ! se lamenta-t-il, comprenant enfin.

Il avait totalement oublié cette histoire, heureusement que Castiel le lui avait indirectement rappelé. S'il y avait une chance qu'il revoit son cher photographe, c'était bien à l'hôpital ! Il jeta quand même un regard à sa femme, se demandant si elle comprenait enfin.

-Qu'est-ce que tu attends, Dean ? FONCE ! hurla celle-ci, prenant soudain la cause très à cœur.

-Il faut savoir, ma Lisa ! Soit je fonce, soit je ne coupe aucun feu rouge ! soupira-t-il.

-JE TE DIS DE FONCER, BORDEL DE DIEU !

-Ne jure pas !

-Si tu tiens à la vie, je te conseille de griller chacun de ces foutus feux rouges que tu croiseras ! On a une mère et un mignon jeune homme à sauver, là ! Ca urge ! s'écria la brune, solidaire.

Avant de lui obéir avec toute sa volonté de bêton, Dean se permit un léger sourire. Au moins, sa femme ne le laissait pas tomber. Il comprit qu'elle acceptait de l'aider, même s'il doutait de leur avenir ensemble. Mais le plus important, c'était d'essayer de sauver ce qui restait de la famille Novak, en ne perdant aucun membre de cette famille si possible ! Même ceux trop bornés ou ceux dans le coma.


Alors, que va-t-il se passer ?! QUE VA-T-IL SE PASSER?! Des idées, des avis, des tomates...oubliez les tomates!

A lundi prochain, normalement! Et bonne rentrée à ceux qui doivent retourner en cours.

(encore une semaine pour moi, nananère!)