Hello! Avec un peu de retard, voici le chapitre 28, qui signe bientôt la fin de la fic. Plus que deux ou trois chapitres, et l'aventure sera finie...(et rien qu'en y pensant, j'ai le cafard!)

Merci encore pour vos commentaires (:

Bonne lecture!


Durant tout le reste de l'étonnante et dangereuse course contre la montre à travers toute la ville, Lisa avait fermé les yeux, le cœur risquant de s'autodétruire tant il battait rapidement. Ses mains se crispaient régulièrement sur son ventre. Entre des regards déterminés portés sur la longue route parsemée d'autres voitures, Dean la sentit se tendre, et prit encore plus peur. Il crut un instant que sa femme allait accoucher, bien qu'elle n'en était encore qu'au quatrième mois de sa grossesse. Accoucher dans la voiture que le psychiatre chérissait plus que les tartes, quelle calamité ! Quelle honte ! Elle n'avait pas intérêt ! songea-t-il e, gardant les yeux collés sur le par brise et son volant.

-Lisa, tu perds les eaux ? demanda-t-il doucement, se sentant soudain bête de poser la question.

-Tu es le mec le plus con de ce monde, Dean ! Tu veux que je perde le bébé, ou quoi ?! feula Lisa, se refusant toujours à ouvrir les yeux.

-Certainement pas, chérie, mai t'es trop crispée, là ! Je te préviens, le jour où tu accoucheras, on prendra ta bagnole !

-Je te rappelle à tout hasard qu'on est dans MA bagnole en ce moment même, crétin ! Roule, et dépêche-toi, ça urge vraiment, continua de gronder Lisa.

Dean ouvrit grand les yeux, soudain dépité. Oui, en effet. Ce n'était pas sa belle Impala qu'il conduisait avec aisance, c'était une autre voiture très inconfortable ! Il trahissait son Bébé d'Impala ! Le temps vint pourtant pour lui de se concentrer. Le blond reprit ses esprits sans refreiner sa conduite. Il espérait vraiment arriver avant que tout ne soit fini définitivement. Hélas, le temps ne jouait pas en sa faveur, ni les récents événements. En même temps qu'il reprenait tout son sérieux, Dean repensa à de lointains souvenirs. La nuit, avec son petit frère qui lui manquait tant. La musique à fond dans la voiture, des plaisanteries entre frères. Un camion déboulant sur la voiture qui roulait déjà trop vite. Une vitesse et une inattention fatales. Son petit frère n'avait eu aucune chance de survie, il était déjà mort. Sam l'avait quitté dans le monde des morts par son unique faute. Parce qu'il n'avait pas été, assez prudent.

-On arrive bientôt, dis ? lui réclama la voix lointaine de sa femme.

-Hein ? Oh, oui, Lisa ! Ce n'est plus très loin, t'en fais pas, indiqua-t-il, paraissant perdu et pensif.

Durant le reste du court trajet contre la montre infernale, la peintre garda un œil très attentif sur son mari, le surveillant étroitement. Elle remarquait le comportement de plus en plus agité du blond, et crut comprendre ce qui lui arrivait, mais elle n'intervint néanmoins pas, préférant le laisser avec ses pensées.

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Lorsqu'enfin la voiture fut garée dans le grand parking de l'hôpital, Dean et Lisa n'attendirent pas et coururent le plus vite que leurs jambes le leur permirent vers l'accueil. Dean s'occupa rapidement de trouver la chambre, après avoir passé de longues minutes à trouver le bon nom, voyant les secrétaires lever les yeux au ciel très souvent. Ce n'était pas de sa faute s'il n'avait plus en tête l'identité complète de la patiente, maugréa-t-il dans son esprit de plus en plus agité par l'anxiété. Quand, enfin, il trouva le bon nom, les secrétaires sans aucune manière lui déclarèrent que des visiteurs étaient déjà là, et qu'ils devraient se dépêcher s'ils voulaient voir une dernière fois ladite patiente dans le coma.

Les deux époux se lancèrent un regard, puis s'empressèrent de prendre le premier ascenseur disponible. Le cœur de Dean s'acharnait à s'enflammer au fur et à mesure que l'ascenseur montait vers le bon étage.

-Que vas-tu lui dire, quand vous serez face à face ? s'enquit soudain Lisa, tenant l'une des mains de son cher mari dans la sienne.

Dean la sentait aussi agitée que lui. Il comprenait parfaitement : cette confrontation déciderait, au final, de leur avenir entier. SI Castiel disparaissait de la vie du couple, alors le psychiatre finirait par s'enterrer dans une peine trop douloureuse pour lui, même avec la présence d'une famille qui ne manquerait pas de grandir avec le temps. Ou pire, Lisa ne pourrait peut-être pas lui pardonner d'avoir causé des ennuis dans leur couple, peut-être demanderait-elle le divorce…mais si Castiel restait, que se passerait-il ? Tout recommencerait, les disputes entre les époux, et les visites du photographe. Tout. Et Lisa s'en irait, peut-être bien que Dean ne trouverait pas comment s'en sortir, même avec Castiel à ses côtés pour l'aider.

Dans tous les cas, le blond prenait doucement conscience qu'il perdrait un proche. Perdu dans ses propres constatations, il mit un temps fou à répondre. Dieu, que le futur lui faisait peur, allant jusqu'à le paralyser. Lisa dut serrer fortement sa main pour qu'il revienne à la dure réalité.

-Je…je n'en sais plus rien, Lisa, admit-il finalement en baissant piteusement la tête.

-Dean ! Dean, tu voulais retrouver Castiel, tu veux toujours lui parler et l'empêcher de partir, alors décide-toi, on arrive bientôt à l'étage ! Et la décision que tu vas prendre, elle va changer une partie de ta vie, tu le sais…, lui souffla gentiment sa femme, bien qu'agacée de constater le comportement de son pauvre mari hésitant !

-Je sais, je sais tout ça, Lisa ! Mais…je sais aussi que quel que soit le choix que je ferais, je perdrais quelqu'un. Toi et notre bébé, ou Cas'…et je ne veux perdre aucun d'entre vous, tu le sais, soupira-t-il, encore plus perdu dans ses choix.

-Ahem…si ça pouvait t'aider, j'accepterais sans problème de faire un plan à trois, voire de laisser ce beau jeune homme rester avec nous, mais le truc, c'est que ça ne nous arrangerait pas. Si tu penses pouvoir vivre heureux avec lui, et si tu penses pouvoir lui donner ce qu'il souhaite aussi que tu lui donnes, alors vas-y, vas le voir, convaincs-le, et…reste avec lui. Visiblement, tu as vraiment besoin de lui, et sans lui, tu es perdu.

Dean parut un instant gêné par la première partie de la tirade rassurante de sa femme. Un plan à trois, et puis quoi encore ?! Mais il apprécia néanmoins la plaisanterie, aimant voir une Lisa plus détendue sur le sujet. Au tout début, c'était elle qui le sommait quasiment d'arrêter de voir Castiel.

-Mais si je pars avec lui, je sais que tu vas divorcer, s'obligea-t-il à admettre.

-Non, peut-être pas un divorce. Une séparation, peut-être. Tu dois comprendre que je n'aimerais pas être présente quand mon mari est avec un autre que moi, mais je peux accepter de rester liée à toi tout en étant séparée. Ecoute…dans l'immédiat, tu dois aider Castiel. Et, d'après ce que j'ai compris, c'est sa mère qui a le plus besoin d'assistance. Elle risque de mourir, il faut la sauver ! Et je verrais si ce…Balthazar est mignon. S'il l'est, je ne le giflerais pas. S'il ne l'est pas, on verra…, songea-t-elle à haute voix, provoquant un léger sourire au psychiatre.

Ils n'eurent hélas pas le temps de poursuivre leur conversation, arrivant enfin au bon étage. Dean et Lisa prirent rapidement les longs couloirs pour arriver à destination. En effet, à leur arrivée, ils découvrirent plusieurs personnes comme l'avaient dit les secrétaires. Balthazar, Anna, et…

-Castiel, bordel, ça fait longtemps qu'on te cherche, soupira Dean, essoufflé et le cœur battant plus d'anxiété que de fatigue !

Les deux frères et Anna tournèrent d'un même mouvement la tête vers le nouveau venu, tandis que Lisa préférait rester à l'écart, réfléchissant. Hélas, la main de son mari l'empêcha de s'éloigner. Elle prit conscience qu'il n'arriverait pas à grand-chose sans elle, et qu'elle se devait de l'assister. Ce fut avec une certaine timidité que la femme enceinte se décida finalement à épauler le psychiatre, sous les regards des autres.

-Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?! T'as invité tout ton monde, c'est ça ? grogna la voix de Balthazar, de mauvaise humeur.

Anxieux et atteint de douleur, c'était les mots qui convenaient parfaitement à l'ainé, alors que Castiel lui jetait un regard incendié ! Bien sûr que non, ce n'était pas lui qui avait convié les deux autres à leur bataille sans mots pour sauver la vie de leur mère ! S'il avait pu parler, Castiel aurait sûrement hurlé à son frère qu'il ne voulait plus voir Dean, même s'il l'aimait trop. Il aurait sans doute fait plus que dire cela, d'ailleurs. Anna dut réagir elle aussi, ayant fait un long chemin pour aider Castiel à se faire comprendre, et pour essayer de sauver la vie de sa grande sœur. Naomi restait dans le même lit, allongée, inerte. Elle n'avait pas encore été débranchée, mais le temps pressait, et sa sœur aux cheveux roux savait que rien ne changerait probablement la décision de l'ainé des frères Novak. C'était trop tard, il avait signé…

-Dites, avant de vous engueuler tous les deux, devant votre mère en plus, vous pourriez au moins écouter ce qu'ont à dire ces personnes ! Dean, comment avez-vous fait pour savoir où aller ? demanda-t-elle d'une voix qu'elle espérait apaisante, mais cette voix ne fit qu'énerver Balthazar, qui se terra dans son coin, poings serrés.

Avant de répondre, Dean aperçut le regard de Lisa. Ouch…elle le soupçonnait peut-être d'avoir des pensées pour Anna, ce qui était totalement faux ! Il se promit de lui expliquer l'histoire plus tard, après avoir réglé tous les problèmes actuels.

-Euh…je t'expliquerais, Lisa. C'est Balthazar qui m'a donné l'adresse, révéla le blond, soudain embarrassé.

-Après m'avoir harcelé, après m'avoir traqué jusqu'à mon bureau d'entreprise. Tu devrais quand même faire attention à tes fréquentations, Castiel, rajouta l'ainé, peu heureux de revoir le psychiatre censé aider son frère.

-Je te rappelle que c'est toi qui lui as permis de rencontrer Cassie, lui grommela la tante dudit Cassie.

Ce dernier ne bougea pas, ne put rien dire, il ne chercha même pas à communiquer. Dean allait tout gâcher, toutes ses chances d'espérer sauver sa mère d'une mort certaine s'envolaient d'un coup. A quoi s'était-il attendu ? Mais, avant que le désespoir n'ait pu frapper à nouveau à sa porte, Castiel se fit interrompre par la voix de Balthazar, une voix agacée.

-Peu importe, Anna. C'est le dernier moment que nous passons avec notre mère, j'aimerais ne pas le gâcher. Il ne nous reste plus beaucoup de temps. Mr Novak, vous et votre femme, pourriez-vous quitter cette chambre ? fit mine de demander l'homme, bien que ce n'était rien de moins qu'un ordre qu'il donnait, un ordre dissimulé.

Lisa n'osa pas bouger, bien qu'étant de l'avis de ce charmant monsieur. C'était bien dommage qu'il soit marié, songea-t-elle en avisant une bague au doigt de l'ainé des Novak, avant de se reprendre. Elle n'allait pas s'y mettre, elle aussi ! Tandis que Dean et Balthazar se lançaient des regards noirs, conscients chacun qu'ils avaient un but à atteindre, Anna eut un nouveau soupir, et Castiel avait empoigné son carnet pour inscrire furieusement quelques mots. Il tapota patiemment l'épaule de son grand frère, puis lui passa son message.

« Laisse-la vivre, on parlera de gâchis après ! »

-Castiel, je sais que tu m'en veux, mais je n'ai pas le choix, je crois que je te l'ai déjà dit, à moins que ta mémoire ne te fasse de plus en plus défaut ! siffla, excédé, Balthazar, avant de se rendre compte de son erreur.

Castiel, les yeux noirs de colère, faillit ne pas se retenir de donner un coup à celui qu'il devait encore considérer comme son frère. Il avait de ces mots pour faire souffrir les autres, ce maudit frère ainé…blessant à souhait. Anna tenta de canaliser les deux frères, intervenant en faveur du cadet.

-Ne parle pas de ça, Balthazar. Tu sais que ce n'est pas un sujet de plaisanterie, et encore moins maintenant ! gronda-t-elle, appuyée par les hochements de tête de Castiel.

-Bon, écoute-moi, Anna. Je sais que tu adores ton neveu cadet, mais ce n'est pas de ma faute s'il perd la mémoire à cause de ce qu'il a lui-même provoqué ! J'aimerais passer les dernières minutes qu'il nous reste avec notre mère, si tu n'y vois pas d'inconvénient !

-J'en vois un, j'en vois un très gros, même ! C'est quand même de ma propre sœur que tu parles, Bal'.

-Pas ce nom-là ! protesta vivement ce dernier.

Alors que lui et sa tante commençaient à se disputer, une nouvelle fois, à propos d'un sujet bien idiot, Castiel leva les yeux au ciel. Alors c'était comme ça, les adieux d'une famille envers une mère qui allait mourir par la faute d'une décision ridicule ? Son esprit se révolta, pas question que sa mère meurt, et certainement pas dans ces conditions. Tout sauf ça.

« Laisse maman vivre ! » récrivit-il rapidement.

De leur côté, Dean et Lisa se sentaient de plus en plus mal à l'aise. Impossible pour eux de faire quoi que ce soit, ce n'était pas leur famille, ni leur affaire.

-Il vaut mieux qu'on les laisse régler ça entre eux, finit par chuchoter la peintre à son mari.

-Je crois que tu as raison, chérie…mais Cas' va avoir du mal…

-Tu le sous-estimes, dis-donc ! Viens, on devrait s'éloigner, le rassura-t-elle.

Ce fut alors que Dean allait l'écouter que la situation dégénéra. Les époux se retournèrent, et virent Balthazar entrer dans une colère noire. Anna soupira une nouvelle fois, se demandant comment sa sœur avait fait pour tenir avec ses deux premiers enfants. Elle dut cependant s'en aller ailleurs, comprenant qu'aucun des deux frères ne la laisserait parler, même si Naomi restait sa sœur. Elle lui jeta d'ailleurs un regard empli de tristesse et d'inquiétude.

-Ils ne devraient pas se disputer devant toi, grande sœur…, murmura-t-elle, allant se réfugier près de la femme inerte, dont les signes vitaux ne bougeaient jamais d'un pouce, n'évoluaient jamais.

A côté, les cris commençaient à fuser, faisant sursauter et frissonner Castiel. Oh, si seulement il pouvait aussi user de sa voix, si seulement il pouvait hurler sur son frère. Lui hurler sa douleur, lui hurler sa culpabilité, lui hurler tellement plus. Et se réfugier dans ses bras, après, quand la dispute se serait finie, comme il le faisait dans sa jeunesse, quand lui et Balthazar se chamaillaient pour une quelconque histoire, et que leur mère les regardait d'un œil désapprobateur. Ils finissaient par se serrer la main puis par s'enlacer en se lançant dans de longues excuses. Cette fois néanmoins, Castiel douta que la fin de cette dispute se finirait aussi gentiment. Il craquerait sûrement avant la fin, d'ailleurs. Tout était de sa faute, bien sûr. Il avait laissé Meg mourir en ne l'accompagnant pas à cette maudite soirée. Il s'était laissé mourir quand sa fiancée était partie dans un monde meilleur, perdant chaque jour la capacité de parler. Il avait aidé sa mère à se suicider, et maintenant, il allait voir mourir ce qui restait de leur famille. Naomi et Samandriel lui seraient aussi retirés. Samandriel, ce petit bébé qu'il avait connu, et qui maintenant avait au moins trois ans. Trois ans que Castiel voulait revoir la petite bouille de son petit frère, trois ans qu'il attendait de le prendre dans ses bras et de lui faire comprendre qu'il était son frère, qu'il était toujours là. Mais personne ne lui en laissait la chance. Toutes ses pensées se mélangèrent avant qu'il ne se révolte pour de bon. Non, Balthazar ne le priverait pas de sa famille ! Ni de Naomi, ni de Samandriel, ni même de lui, Balthazar ! Le photographe en peine les voulait tous les trois.

Il essaya de se faire comprendre, faisant des gestes. Des gestes désordonnés, plein de détresse, mais que son frère ne pouvait au final pas comprendre. Ou ne voulait pas.

-Parle-moi au lieu de faire des gestes, Castiel ! répéta-t-il encore.

Dean, jusque-là effacé après avoir écouté sa femme, fut tenté de revenir dans la discussion pour défendre son ami auquel il tenait énormément, mais la main de Lisa le retint, l'empêchant de porter secours au brun.

-Laisse-moi l'aider, Lisa ! Il ne faut pas le brusquer ! protesta-t-il.

-Laisse-les régler leurs affaires, Dean. C'est le meilleur qu'ils puissent faire. Reste à ta place, et contente toi d'attendre.

-Comment peux-tu…

-Chut ! Tu comprendras peut-être plus tard, lui somma sa femme, lui lançant des regards noirs pour l'aider à choisir.

L'ainé des Winchester eut un long soupir. Comment en était-il venu à épouser sa peintre têtue, déjà ? Il finit néanmoins par rester à ses côtés, suivant son avis sans savoir dans quoi il s'engageait. Et si Castiel craquait ? Et si sa maladie s'amplifiait à cause d'un trop gros choc ? Toutes ces questions sans réponses qui risquaient pourtant d'en avoir une bientôt…

« Tu sais que je peux pas parler ! » eut le temps d'écrire Castiel, ses yeux bleus perdant leur lueur de colère progressivement.

Balthazar n'était plus concentré sur l'objet de leur visite dans cette chambre d'hôpital. Il ne regardait plus la brune profondément endormie. Son regard était exclusivement porté sur lui, son petit frère. Son regard azur se mit à briller, doucement, lentement. Oh, qu'il souhaitait pouvoir parler…juste dire un tout petit mot, un mot qui puisse apaiser la colère de l'ainé des Novak.

-C'est dans ta tête, ça ! C'est à cause de ce foutu traumatisme que tu as décidé de ne plus parler, Castiel. Et c'est ça qui t'a détruit, c'est ça qui a détruit maman, c'est ça qui a détruit notre famille ! Alors parle-moi, rien qu'un mot, et je t'aiderais ! Moi et les autres, on sera là pour toi, mais dis quelque chose !

« Peux pas ! »

-Bien sûr que si tu le peux, idiot ! grogna Balthazar, perdant patience.

Les arguments continuèrent, se répétant inlassablement sans que personne ne veuille stopper le massacre. Lorsqu'un médecin arriva dans la chambre, s'attendant à trouver la patiente seule, aucun des frères ne se stoppa. Il était pourtant l'heure de s'en aller, mais les frères Novak se battaient toujours avec leurs arguments, jusqu'à ce que Balthazar éclate, à bout.

-Je te déteste, Castiel. Je te déteste vraiment, tu n'as fait que détruire chacun d'entre nous en refusant de nous laisser t'aider. J'en ai assez de devoir attendre que tu fasses des efforts, ça fait si longtemps que j'attends alors que je pourrais m'éloigner de toi ! Je veux vivre normalement, moi, tu comprends ?! Je veux oublier ce petit frère si dépressif qui veut que les autres le tuent sans le savoir ! J'ai une famille, je te signale ! J'ai une femme, et j'aurais bientôt un enfant, même s'il s'agira de mon propre petit frère, mais je ne veux plus m'éloigner d'eux juste pour venir te voir alors que tu ne fais aucun effort ! Tu comprends ce que je te dis ?! Ce n'est plus la peine que je reste ici, de toute manière. Maman va s'en aller dans un monde qu'elle appréciera sûrement plus. Elle est forcée d'attendre que quelqu'un la débranche, et ça dure depuis trop longtemps, Castiel. Trois ans que tu me dis qu'elle va revenir, trois ans que j'attends qu'elle ouvre les yeux, et trois ans qu'elle doit endurer cette torture ! Rester dans le coma tout en nous entendant peut-être…et y a des limites à ce que je peux accepter. La voir souffrir fait partie des choses que je hais, alors c'est fini, maintenant. Cesse de m'en vouloir pour quelque chose que TU as provoqué ! Maintenant, je te dis ADIEU, et ne cherche plus à me revoir, ni à me contacter par quelque manière que ce soit ! Et si tu essayes de parler à Eve, elle ne te répondra pas, elle est de mon avis ! fulmina Balthazar, laissant son cœur se vider en déballant tout ce qu'il avait gardé pendant tant de temps.

Les autres restèrent scotchés devant cette longue tirade. La scène était figée, pas même une petite brise pour faire bouger quelque chose. Ce fut finalement Balthazar, au bord de l'explosion de ses sentiments confus, qui décida de briser le tableau. Il prit son manteau, installé sur une chaise blanche, et amorça sa fuite, prenant le chemin de la porte.

Castiel le regarda d'un air désespéré, ses yeux brillant plus qu'ils ne brillaient avant la confrontation si douloureuse. Au final, c'était bien son grand frère qui avait raison. Il se laissait mourir, et obligeait les autres à vivre…à vivre pour lui, surtout. Peu à peu, son corps se mit à trembler sous les pleurs qui vinrent enfin. Si longtemps qu'il cachait son cœur sous de fausses excuses.

-…, tenta-t-il d'articuler, ses sanglots le secouant totalement, mais il n'abandonna pas.

Il voyait son frère s'éloigner, et savait parfaitement qu'une fois la porte franchie, Balthazar ne reviendrait plus vers lui pour le voir. D'autres larmes jaillirent quand il s'en rendit compte. Non, il ne pouvait pas tout perdre. Que lui resterait-il si sa famille l'abandonnait ? Qui lui resterait-il quand il partira dans une autre ville pour échapper à son propre cœur ?

-P…pa…rs p…pas, chuchota-t-il, sa voix brisée se faisant malgré tout entendre.

En un seul mouvement, Balthazar se retourna, les yeux ronds.

Qu'avait-il entendu ?


Qu'est-ce que Balthazar (briseur de coeur au passage) a donc entendu, sauriez-vous répondre?

Vos avis sont les bienvenus (: A la semaine prochaine!