Chapitre 3 ! Dean peut-être peu plus OOC que la normale. Toujours en POV.
Aucun personnage n'est à moi blablabla.
Merci encore pour tous vos retours !
Métro
POV Dean
Mercredi.
Je n'ai pas entendu mon réveil ce matin. Ou j'ai oublié de le mettre en rentrant du bar hier…
Résultat : j'ai presque une heure de retard ce matin.
Côté positif : il y a moins de monde dans le métro.
Côté négatif : il n'est pas là.
Mais dans un sens heureusement, je dois avoir une de ces têtes ce matin. On n'y est pas allé de main morte hier avec Benny.
Benny, surement le meilleur ami que j'ai jamais connu. Je sais que je peux parler de tout avec lui. Il ne me jugera pas. On s'est tellement sortit de la merde à tour de rôle…
Et hier soir, après quelques bières j'ai dû lui en parler. Parler de cet inconnu en trench-coat qui, en un regard, a foutu le bordel dans ma tête. Avec ses yeux bleus, ses lèvres fines, ses cheveux en bataille, ses petites rides sur son visage, sa barbe de deux jours. Ce qu'il a éveillé en moi, cette douce addiction du flirt à distance. Enfin, flirt pour moi. Pour l'ange j'en sais rien. Ce surnom l'a bien fait marrer d'ailleurs, l' « ange ». Il m'a dit d'aller consulter. Ou d'aller lui parler. Là c'est moi qui ai bien rit. Aller lui parler ? Il est malade ou quoi ? Il m'a dit que je ne risquais rien à l'aborder. Facile à dire, il est pas dans ma tête. Oui en temps normal je l'aurais fait sans même me poser la moindre question. Mais là…ce n'est pas comme d'habitude. Je ne veux pas d'une relation éphémère. Pas après m'être perdu dans ses yeux et avoir ressenti ce je ne sais quoi qui me rend dingue.
J'ai eu un mal de chien à m'endormir après notre discussion. Déjà que j'étais rentré vers 1h. Mais il m'en aura fallu une de plus pour pouvoir trouver le sommeil. Pour arrêter de penser à tout ça, arrêter de penser à lui juste un instant. Juste un instant.
C'est mon arrêt.
Jeudi
Ce quai commence à m'être familier. Je reconnais quelques visages mais je ne leur prête pas plus d'attention.
J'attends sagement que le métro arrive. Malgré tout mon brainstorming d'hier, j'ai décidé de ne pas changer de porte. Pas aujourd'hui tout du moins. Je ne me sens pas encore prêt. Et puis, qui me dit que j'arriverais à quoi que ce soit en sautant le pas ? Je ne connais rien de ce type. Il est beau gosse, ça ok. Mais après ? Si ça se trouve c'est un mec ennuyant, chiant, pointilleux, ou un psychopathe. Ou un hétéro pur et dur.
Je suis tiraillé entre en savoir plus sur lui et ne rien faire pour garder à jamais l'image que je fais de lui. Mais je me connais, je sais que ça ne suffira pas. Mais pas aujourd'hui.
Ça y est, la rame s'ouvre devant moi. Je laisse passer une personne âgée et je monte à mon tour. Je baisse la tête comme à chaque fois pour ne pas me prendre le haut de la porte, je cherche un endroit pour me poser. Il y a un peu moins de monde que d'habitude. Et dans un quasi réflexe, je tourne la tête sur ma gauche. Il est là, même endroit que d'habitude. Mais il n'a pas le nez dans son livre, mais sur son téléphone.
J'essaye d'accéder aux strapontins collés à la porte en face de moi. Comme ça je serais en face de lui, avec quelques sièges entre nous, mais je n'aurais pas à me faire un torticolis à tourner tout le temps la tête sur le côté. Opération réussi, j'ai le strapontin intérieur, avec une belle vue sur mon inconnu. Je m'y adosse.
J'ai le regard rivé sur lui. J'attends qu'il relève la tête. Mais il pianote frénétiquement sur son téléphone, toujours avec cet air concentré.
La luminosité de son écran lui donne un teint pâle. Oh et il s'est rasé. C'est bien aussi. Il fait plus jeune ainsi, plus dans le milieu de la trentaine.
Ça me fait penser que je vais bientôt devoir me raser également. Je passe la main dans ma barde de quatre jours.
Le temps me parait long. Tu vas lâcher ce satané téléphone et enfin me regarder ? Je dois plonger dans tes yeux bleus. J'en ai besoin. Il faut que je les vois… Juste une fois. Juste un instant.
Il lui aura fallu une station pour daigner relever la tête. Je ne sais pas s'il discutait avec quelqu'un par texto, mais si c'est le cas je hais cette personne.
Ma colère s'évapore comme neige au soleil lorsque nos regards se croisent enfin. En cet instant plus rien n'existe à part lui et moi.
Avec la lumière du téléphone, ses yeux ne sont plus du bleu sombre des océans, mais de celui des lagons. Un superbe bleu clair.
Il me semble lire la surprise sur son visage. Il ne devait pas s'attendre à me voir en face de lui. Il m'offre un sourire hésitant au début mais je lui souris en retour et le coin de ses lèvres s'élargit un peu plus. Je suis complètement addict de ce mec.
J'ai envie de bousculer toutes les personnes du wagon qui se trouvent entre nous. J'ai envie de fondre sur ses lèvres, tester voir si j'y trouverais le goût du café, glisser mes mains dans ses cheveux pour savoir s'ils sont aussi doux que je les imagine.
Je passe machinalement ma langue sur ma lèvre inférieure avant de la mordre en le fixant intensément. Son sourire s'efface, je le vois écarquiller les yeux.
Je dois arrêter de penser à ça, sinon je n'aurais plus le contrôle sur mon corps.
De quoi dois-je avoir l'air en cet instant précis ?
J'ai chaud, je crois que je rougis en réalisant que mes pensées ont peut-être pu être lues sur mon visage.
Je remercie la station à laquelle on vient de s'arrêter. Un flot de personne me coupe dans mon délire. Je les regarde monter et descendre. Ne pas relever la tête, ne pas croiser son regard. Je fixe la porte plus loin du ma gauche. Je vois mon reflet. J'ai cet air coupable d'un mec surpris à penser à quelque chose qu'il ne devrait pas. Il ne doit pas me voir comme ça. Je ne veux pas confirmer ce qu'il doit soupçonner quand il a ouvert en grand ses yeux. Je dois me reprendre, afficher cet air nonchalant que j'ai longtemps travaillé. Mais dû mal à le retrouver. Mon corps ne s'est pas encore remis de mes pensées. Je vois les lumières du tunnel défiler une à une. Je les compte. 12, 13, 14. 19, 20, 21. Je ferme les yeux un instant, ma mâchoire se crispe. J'inspire intérieurement et lui fais face à nouveau, le sourcil relevé, le coin de la lèvre étiré.
Il plisse les yeux, fronce les sourcils et penche la tête sur le côté. Visiblement il se demande ce que je fais, quels messages je lui envoie. J'ai l'impression d'attiser le feu pour mieux jeter un seau d'eau dessus juste après. Mais ça en vaut la peine, juste pour le voir faire cette tête. Il est trop… mignon. On dirait un chiot qui se demande ce que lui raconte son maître. Maintenant je l'imagine avec des petites oreilles de chien repliées. Cette image me fait rire. Les gens autour de moi me regardent comme si j'étais dingue. Je lui suis peut-être, allez savoir. Je réagis comme une collégienne, je suis loin de ma légendaire assurance qui m'a valu le titre de bourreau des cœurs depuis que je suis en âge de draguer. Et je peux dire que ça fait un bail.
Je simule une toux pour reprendre contenance à nouveau. Je lui refais face pour voir un brillant sourire amusé sur son visage. Oh God. Il est…
Le métro s'arrête à nouveau. Et devinez quoi ? Un putain de géant se met entre lui est moi. J'ai une vue imparable sur son dos. Il prend presque les deux places de strapontins en largeur face à mon ange. WTF ? Sérieusement ? J'essaye de me pencher à droite, à gauche. Rien à faire, le géant me cache sa vue. Je croise les bras sur ma poitrine, ma mâchoire est tellement crispée que j'aurais presque mal aux dents du fond. Je vais quand même pas passer la dernière station avec la vue bouchée ?
Une longue et interminable station. Je n'arrive pas à décolérer.
On s'arrête, je me prépare à descendre, je jette un dernier coup d'œil sur ma droite mais je n'arrive pas à l'apercevoir. Trop de personnes nous séparent. La mort dans l'âme je descends, direction le boulot.
A suivre
