Et de 4 ! Merci encore et toujours pour vos reviews. ^^ Chapitre très court mais la suite arrivera vite.
Blabla toujours rien à moi.
Métro
POV Dean
Vendredi
Le dernier jour de cette semaine éprouvante. Je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou non. Je dirais oui. Et non. Oui, finit tous ces gens agglutinés les uns aux autres et surtout agglutinés à moi. Finis les odeurs pestilentielles des couloirs de métro. Et non, parce que c'est le dernier jour de la semaine où je vais pouvoir le voir avant un long week-end.
Seulement, la vie est une vraie s***** parfois.
Il n'est pas là. Il n'est pas dans le métro. Et je me pose milles questions pour savoir pourquoi.
Est-ce qu'il est malade ? Est-ce que son réveil n'a pas sonné comme moi l'autre jour ? A-t-il changé de wagon ? Et dans ce cas pour quelle raison ?
Mais la pire des questions pour moi en cet instant est : est-ce que je vais un jour le revoir ? Après tout, rien ne dit qu'il était un abonné des transports, peut-être était-ce sa seule ou dernière semaine à prendre le métro. Peut-être a-t-il changé d'horaire. Peut-être… Peut-être… Mon estomac se noue. Et si j'avais loupé ma chance ? J'ai hésité à l'aborder hier, à changer de porte, à bousculer toutes les personnes pour me tenir près de lui. Je ne connais pas son odeur, ni le son de sa voix. Sucrée, fruitée, boisée ou musquée ? Grave ou aigüe ?
Ce trajet, cette journée, ce week-end, tout ça va me paraitre horriblement long. C'est bien la première fois que je regrette d'être bientôt en week-end. Pour oublier, je vais surement appeler Benny et faire le tour des bars avec lui. Et si ça ne va pas mieux, je verrais peut-être à draguer une personne qui me plaira assez en fonction de mon état. Homme, femme je m'en fous. Tant qu'ils auront des yeux bleus et les cheveux sombres. Peut-être. On verra ça.
Lundi
Ça doit être la dixième fois que je regarde le panneau indiquant l'heure d'arrivée du métro. Et le chiffre ne veut pas bouger. 4 minutes. 4 p****** de minutes. Après un week-end comme celui que je viens de passer….
On a fait la tournée des bars avec Benny. Mais il ne m'est pas sorti de la tête une seule seconde. Pas même quand on en est venu aux mains avec des mecs trop insistants auprès de Jo, mon amie d'enfance qui est serveuse. Ellen, sa mère, la gérante du bar nous avait déjà signalé ces abrutis. Et samedi avec Benny on s'en est occupé comme il faut. 5 contre 2, mais on a connu pire. On s'est pris quelques coups de ci de là, mais rien à côté de la branlée qu'on leur a mise.
Quand je portais mes coups à leur visage, à leur ventre ou tout ce qui passait sous la main je revoyais ce géant du jeudi, celui qui m'a empêché de le voir un peu plus longtemps. Et ça m'a fait du bien l'espace d'un instant. J'ai pu décharger la frustration cumulée durant la semaine. Mais sitôt le combat fini, ses yeux revenaient me hanter.
Et ce week-end j'aurais préféré ne jamais le rencontrer. Ça me bouffe, il me bouffe. Je ne sais même pas pourquoi, après tout c'est pas le canon de l'année, j'ai croisé d'autres mecs bien mieux foutus que lui. Plus jeunes, mieux sapés, mieux rasés, les lèvres moins abimées… Mais pas aussi désirables pour autant. Pas avec ces yeux, pas avec ces cheveux, pas avec ce sourire et cette tête penchée sur le côté.
Ça y est, ça me reprend.
Ma mâchoire se serre et me lance aussitôt. Je passe la main sur ma joue. J'ai réussi à me prendre un coup au visage, le seul. Mais l'enfoiré n'a pas fait semblant. J'ai pu glacer la marque rapidement pour qu'elle ne gonfle pas, mais je suis impuissant pour la teinte qu'elle a prise. Ce n'est pas très voyant mais quand même.
Le métro arrive enfin.
Je n'ai pas changé de porte. Pas avec la marque du poing sur mon visage. J'imagine bien la situation : je l'aborde, charmeur, il me regarde, fixe ma joue et me demande d'où ça vient et je devrais lui dire que j'ai fait le tour des bars ce week-end et que je me suis battu tout ça pour l'oublier ?
Bon bien sûr je serais pas obligé de lui dire tout ça, je pourrais simplement trouver une excuse bidon et le tour est joué.
Les portes s'ouvrent, je monte dans la rame, je le cherche du regard, et je ne le vois pas. Je regarde partout, je tourne la tête dans tous les sens. Mais il n'est pas là. Il n'y a pas d'homme en trench-coat, pas de cheveux sombres en bataille. Rien.
J'aimerais frapper quelque chose, n'importe quoi, mais je ne peux pas. On risquerait d'appeler les flics.
Je me colle à un strapontin, je fixe l'endroit où j'avais l'habitude de le voir. A la place il y a un gamin, un ado, avec un casque trop gros pour sa tête qui balance d'avant en arrière sous la musique.
J'essaye de visualiser mon inconnu à sa place, mais j'ai dû mal à me concentrer. Trop de choses me passent par la tête, trop de sensations. Son image a du mal à se matérialiser, je ne sais même plus de quelle couleur était sa cravate toujours mal mise. Bleue ? Noire ? Unie ou à motif ?
Trajet interminable, journée interminable. Une bonne suite à ce week-end pourri.
Mardi, mercredi
Toujours aucun ange à l'horizon.
Tu as loupé ta chance Dean.
Jeudi
Grèves. Métro en retard, quai noir de monde, rame déjà blindée.
Bienvenu en enfer Dean.
Baby me manque. Son ronronnement, son odeur, mon siège si confortable, ma musique, tout.
Et il me manque. Tout son visage me manque. Même son trench-coat trop grand pour lui. Mais je dois me résoudre : je ne le reverrais pas.
A suivre
