Dernier chapitre de cette fanfic. Merci 1000 fois pour vos messages.
J'espère que ce dernier chapitre clôturera brillament cette histoire.
Enjoy !

Métro

Mardi

Je suis crevé. J'ai à peine fait mes quatre heures de sommeil règlementaires. La scène d'hier n'a fait que tourner en boucle dans mon esprit. A ce rythme, je ne sais pas si je tiendrais jusqu'à jeudi.

Je monte rapidement dans la rame pour pouvoir avoir ma place fétiche. Je m'y adosse, je salut mon bel inconnu, le métro repart. Éternel recommencement.
Mais j'ai une sensation bizarre, quelque chose n'est pas comme d'habitude.
Fait chier, j'ai oublié d'enlever ma veste quand j'avais encore assez de place pour le faire. Je regarde de chaque côté, mieux vaut que je la retire tant qu'il n'y a pas trop de monde.

J'extirpe difficilement une première épaule, manquant de cogner une personne à côté de moi. Je dois vraiment me contorsionner pour y arriver avec ma musculature. Au moment où je m'apprête à faire sortir l'autre, je jette un œil en face de moi pour voir mon inconnu me fixer. Intensément. Il me mate ? Je ralentis le mouvement, je fais rouler chacun de mes muscles que je sais moulés par mon tee-shirt. Il continue de me regarder. Il lève les yeux, nos regards se croisent, il rougit et tourne la tête.

Il ne m'en faut pas plus pour me décider.

Le métro s'arrête à une nouvelle station, les portes à côté de moi s'ouvrent, je descends. Je fais quelques pas, je remonte par une autre porte, je pousse quelques personnes, et je me retrouve juste en face de mon ange.

Il n'a pas encore vu que j'avais changé de place. Il garde la tête baissée.
Vous savez quoi ? Il est encore plus beau de prêt. Je n'aurais qu'à tendre la main pour la glisser dans ses cheveux, je pourrais ensuite la laisser retomber et la passer le long de sa joue, toucher au passage sa barbe de deux jours.
Mais à cet instant précis, j'attends qu'il relève la tête.

Et c'est lentement qu'il le fit.

Une décharge électrique parcoure chaque cellule de mon corps lorsque je croise ses yeux. Ils étaient incroyables de loin, mais de près…je ne trouve pas de mot pouvant expliquer ce que je ressens.
Toutes ces nuances de bleu, cette intensité, cette profondeur.

Il a mouvement de recul réflexe en me voyant à quelques centimètres de lui. J'aurais eu la même réaction à sa place. Et après j'aurais capturé ses lèvres par les miennes… Mais je me trompe de scénario.

On se fixe intensément durant de longues secondes. Comme si on se voyait pour la première fois.

Je cherche en moi la force de parler. Les premiers mots sont terriblement difficiles à sortir.

Je me lance avec un simple :

- Salut.
- Salut. Me répond-il tout aussi simplement.

Nos voix sont hésitantes, la sienne me donne des frissons.
Elle est bien plus rauque que je ne l'avais pensé.

- Moi c'est Dean.

Je tends la main, il la saisit.

- Castiel.

Oh god. Tout chez lui a une consonance divine ?

- Cas-tiel ? C'est la première fois que j'entends ce prénom.
- On me le dit souvent.

Il esquisse un sourire gêné.

- Ravis de faire enfin ta connaissance Castiel. Cas.
- Moi de même.

Mon dieu sa voix. J'en ai des frissons le long de la colonne. Elle est si…sexy.
Je remarque qu'on ne s'est pas encore lâché la main. Et j'avoue ne pas avoir envie de le faire. La sienne est ferme, chaude, douce. Parfaite dans la mienne.

On continue à se regarder dans les yeux. C'est étrange mais on dirait qu'on n'a pas besoin de vraiment se parler, juste plonger dans le regard de l'autre.
Je le sens briser notre seul contact physique. Ses doigts glissent le long de ma paume, presque une caresse.

- Tu…

Le métro m'arrête dans ma phrase. J'essaye de garder l'équilibre sous les coups de freins, et le portes s'ouvrent à peine les wagons à quai.
Je regarde brièvement le quai. Il y a du monde.

Gabriel, t'ai-je déjà dit que je t'adorais ?
Je m'avance un peu plus vers mon inconnu pour laisser passer les personnes qui montent et descendent à notre porte. Mon espace personnel ? Qu'est-ce que j'en ai à faire ? Je sens de plus en plus la chaleur de son corps. Plus je me rapproche – innocemment ? – de lui, moins j'ai envie de lutter contre cette envie de le plaquer contre moi.
Je le regarde à nouveau. C'est moi ou il rougit ?
Je m'approche encore. Je sais que je n'ai pas l'obligation de le faire, j'ai un vrai boulevard derrière moi pour que les gens passent mais c'est plus fort que moi.

Je tends la main vers lui. Mes doigts frôlent son épaule et je saisie la barre horizontale du strapontin juste derrière lui.

- Excuses-moi.

Je lui susurre presque ces mots d'une voix grave à quelques centimètres de son visage.
Il évolue dans la teinte carmin et ne me regarde pas en face.

- Pas de soucis. Dit-il d'une petite voix. Hum, tu…tu disais ?

Il me lance un regard du coin de l'œil.
Je bloque. Je disais quelque chose ? Eh oh neurones wake up ! Faites marcher le haut du corps, pas que le bas !

- Ah euh oui. Je… Tu fais quoi dans la vie ?
- Je suis historien conférencier et toi ?
- Responsable adjoint d'un garage.

Notre discussion anodine semble lui faire rependre contenance, seules ses pommettes sont encore rosées.

- Historien conférencier avec une spécialité ?
- La mythologie.
- La seule période intéressante de tous mes cours d'histoire. Trop de dates à retenir après.

Il sourit, me jette encore des regards furtifs, j'essaye d'accrocher son regard.

- Tu étais à une conférence la semaine dernière ?

Là pour ce qui est de me fixer… Il me regarde de ses grands yeux bleus. Ils sont perçants, comme s'il cherchait quelque chose en moi.
Je réalise alors ce que je viens de lui dire.
OH.

- Oui en effet. Comment… ?

Maintenant c'est moi qui rougis.

- Eh bien je ne t'ai pas vu le matin pendant plusieurs jours donc…

Oui je sais je m'enfonce. Mais je m'en fous. C'est pas comme si j'avais tout le temps devant moi. Je dirais même que j'ai moins de deux stations. Erreur, bientôt plus qu'une.

Le métro ralenti. Pour mieux piler.
Je bascule en arrière, Castiel me tombe littéralement dans les bras. J'ai juste le temps de resserrer mes doigts sur la barre derrière lui et l'entourer de mon bras libre dans un réflexe, ma veste dans la main. La rame immobilisée, je bascule à mon tour en avant, prenant en sandwich le corps de mon ange entre le strapontin et moi.

Il nous faut quelques secondes pour réaliser ce qu'il vient de se passer. Et surtout constater que maintenant nous sommes collés l'un à l'autre.
Et je dois avouer qu'en cet instant plus rien d'autre n'existe que nous. Je ne sais pas si on est arrêté à une station, je ne sais pas si les portes sont ouvertes, si des gens montent, si un message du conducteur se fait entendre.
Je suis dans une bulle avec lui. Son corps pressé contre le mien, ses muscles qui bougent, sa tête dans mon cou, son souffle qui caresse ma peau au-dessus de mon tee-shirt, ses cheveux sombres qui me chatouille le visage. J'ai envie de les humer.
Je sens quelque chose de chaud sur mes flans, quelque chose qui me serre. Ses mains ?
Oh god, donnez-moi la force de ne pas l'embrasser sauvagement et de ne surtout pas avoir de réaction physique mal placée en cet instant.

Je ferme les yeux, j'essaye de faire le vide. 1,2,3,4,5,6,7,8.

Je m'écarte de lui. Vous n'imaginez pas à quel point ça m'est difficile, c'est comme m'arracher la peau à vif.

- Ça va ?

Ma voix n'a jamais été aussi rauque.

- Oui. Merci.

Ses mains quittent rapidement mes flans.

- Désolé. Me dit-il.

Mon bras quitte son dos.

- Pas de problème.

Il ne veut pas me regarder, il garde la tête baissée. Il tire sur sa cravate comme pour le laisser un peu plus respirer.

Il y a un long silence gêné entre nous. Je me passe la main dans la nuque pour me redonner courage. Ce n'est pas le moment de flancher Dean. Il te fait de l'effet et visiblement tu lui en fais aussi. Sois un homme merde !

1,2,3.

On en est où du trajet ? Je lève la tête et regarde avec effroi la lumière clignotante du prochain arrêt. Le mien. Shit !
Ok ok je fais quoi ? Vite quelque chose une idée, n'importe quoi ?

- Euh Cas ?
- Oui ?

Encore des coups d'œil.

- Je peux t'emprunter 30 secondes ton portable s'il te plait ?

Il m'interroge à nouveau du regard avant de plonger la main dans une des poches de son trench-coat et me tendre son téléphone d'une main peu assurée.

Nos doigts se frôlent.
On arrive à ma station.
Je pianote rapidement sur son téléphone.
Les portes s'ouvrent.
Je lui redonne son téléphone.

- Mon numéro.

J'ai chaud, très chaud.

- Si ça te dit d'aller boire un verre ou manger un morceau un de ces jours, genre ce soir si t'es dispo.

Un dernier regard échangé et je sors du métro en quatrième vitesse. Les portes se referment juste derrière moi et les wagons repartent.

Je passe une main sur mon visage.
C'était quoi ce trajet de fou ?
Mon cœur bat à cent à l'heure. Il tape tellement fort dans ma poitrine qu'il pourrait en sortir à tout instant.

Mon corps a dû mal à se diriger vers la sortie du souterrain, j'ai les jambes qui flageolent.

Putain qu'est-ce que j'ai fait ?
Si une quelconque force divine existe, j't'en conjure, fais qu'il m'appelle.

Il me reste 50 mètres à faire avant d'arriver à mon travail.
Mon téléphone vibre dans la poche de ma veste.
Mon cœur fait un bond, mon estomac se noue, mon corps s'immobilise. Je saisie fébrilement mon téléphone.

Appel masqué.
Je crois que je ne respire plus.

- Allo ?

Ma voix tremble.

- Dean ?
- Oui ?

Je ne reconnais pas la voix, la ligne grésille.

- Dean c'est Garth !

Évidemment, qui d'autre…

- Salut Garth.

J'essaye de rester stoïque.

- J'ai une bonne nouvelle !
- Dis-moi.
- Ta pièce devrait arriver cet après-midi, le fournisseur en a retrouvé une au fin fond de sa boutique et l'a envoyé en express.
- C'est sympa de sa part.
- Dean ?
- Ouais ?
- Ça va ?

Je me pince l'arête du nez.

- Oui t'inquiète.
-Ok.

Je sais que je ne l'ai pas convaincu au son de sa voix mais il sait que je ne dirais rien de plus.

- J'te laisse. On se voit un de ces jours ?
- Oui un de ces jours, j't'appellerais.

Je raccroche.
Je lève les yeux au ciel et un long soupir franchi mes lèvres.

Qu'est-ce que tu espérais Dean ?

Mon téléphone sonne à nouveau. Appel masqué.
Qu'est-ce qu'il me veut encore ? On peut pas déprimer en paix ou quoi ?

- Quoi encore Garth ?

Je ne peux plus cacher ma frustration. Mon ton est sec, trop, après tout il ne m'a rien fait.

- Non c'est… Castiel.

Oh my god oh my god !

- Hey Cas ! Désolé je croyais que enfin tu vois.

Je ne sais plus dans quels sens je dois mettre les mots. Mon corps vient de recevoir une décharge d'adrénaline un peu trop soudaine.

- Ce n'est rien.

Un silence se fait pendant quelques instants. Je n'entends que les bruits de fond de l'autre côté de la ligne. Une route ?

- Dean… Par rapport à ce que tu as dit tout à l'heure dans le métro…
- Oui excuse-moi c'était peut-être un peu précipité mais…
- 20h ça t'irait ?

Des millions de papillons dansent la salsa dans mon estomac.

- Avec plaisir. Tu as une idée de l'endroit ?
- Tu connais le restaurant italien « Chez Tony » ?
- Bien sûr. 20h devant alors ?
- Oui.
- Alors ce soir Cas.
- A ce soir.

La ligne coupe. Je fixe mon téléphone comme si je tenais un lingot d'or.
Je suis sûr qu'un sourire béat et stupide étire mes lèvres. Et m'en fout royalement, parce que ce soir je sors avec Castiel, mon ancien inconnu, mon ange sexy même en trench-coat.

- YES !

Les mains serrées, les bras en l'air, les gens dans la rue me regardent comme si j'étais dingue.

Allez savoir.

FIN

Petit épilogue :

Dean et Castiel se retrouveront comme prévu au restaurant italien à 20h. Dean volera un baiser à son ange avant de le quitter le soir même.
Baby a été réparée dans la journée et après quelques rendez-vous ensembles, Castiel ne prend plus non plus les transports. Dean le dépose chaque jour à son travail.
Dean a tenu sa promesse envers Gabriel, et après avoir fait comprendre à son frère que « oui Sammy tu as toi aussi des sentiments envers Gab, ouvres les yeux bordel ! », un nouveau couple s'est formé.

Voilà voilà, merci d'avoir lu jusqu'à la fin. J'espère ne pas vous avoir déçu.
Mon rythme de publication a été rapide parce que la fic était presque finie quand j'ai commencé à la publier, alors je suis désolée si je ne suis pas aussi rapide et régulière pour une prochaine. Merci de votre soutien ! Bisous plumés !