Merci pour les reviews qui m'ont fait super plaisir ! C'est hyper encourageant.
Je pense que ce chapitre devrait vous plaire... Hummm du Bethyl un peu plus croustillant !
Sa main sur ma nuque plaque fermement ma bouche sur la sienne. Sa langue est douce. Je me délecte de son goût. Je me sens complètement défaillir. Je ne suis plus maître de moi, enivrée par tout son être. Il me possède complètement et je me laisse guider par sa fougue.
Ses dents s'emparent un instant de ma lèvre inférieure, avant de la sucer avec passion. Un vertige me saisit et une chaleur infernale se diffuse dans mon bas ventre. Je me sens si bien dans ses bras et j'en ai eu tellement envie que je nage en plein bonheur. Pendant cet instant, plus rien d'autre ne compte. Il n'y a plus de zombies, plus de massacre, plus de mort. Rien. Je voudrais que ça dure toujours.
Il me plaque encore plus contre lui, contre son corps. Je sens sa main sur mon bassin m'enserrer comme un étau. C'est une telle euphorie. J'existe. Je suis vivante, comme si je ne l'avais jamais été avant.
Encore. J'en veux encore. Je suis comme affamée. Mes mains glissent le long de ses bras musclés. Cette caresse sur sa peau nue m'émoustille encore plus. Elles gagnent sa nuque et mes doigts s'emmêlent dans ses longues mèches brunes.
Un bruit dehors. On stoppe net notre baiser en tendant l'oreille. Je reconnais le tintement des objets qu'on a suspendu devant la porte pour prévenir l'arrivée de mordeur.
"Ne bouge pas d'ici, je vais voir" me dit Daryl sur le qui-vive.
Il prend son arbalète et se dirige sans bruit vers la porte. Moi j'ai le souffle court, comme après un marathon et mes jambes sont fébriles. Je m'écroule sur le canapé. Pourvus que ce soit une fausse alerte, car je ne suis pas sûre de pouvoir courir ou me battre.
"C'est qu'un chien."
La curiosité m'a piquée au vif et je me lève pour aller voir. Ça fait tellement longtemps qu'on ne voit plus d'animaux de compagnie… Au moment où j'arrive, je vois un chien au poil clair en assez piteux état s'en aller. Daryl se tourne vers moi, l'air contrarié.
"Je t'avais dit de rester là-bas."
"Tu as dit que c'était juste un chien" je lui réponds en souriant.
Il me regarde un instant sans rien dire. Ses yeux parcourent mon visage, mes lèvres, mes yeux. Une nouvelle vague douce et chaude submerge mon bas-ventre.
"Allez, viens."
Il pose sa main sur mon dos et me guide jusqu'au salon. Le stress monte en moi. Comment réagir ? J'ai envie de reprendre là où on s'est arrêté, mais est-ce que je suis trop pressante ?
Il pose son arbalète contre le canapé et s'affale dedans, une jambe repliée contre lui. Je m'assois à côté de lui, ni trop près, ni trop loin. Il n'ose pas me regarder. Il semble perdu dans ses pensées. Pitié, faites qu'il ne change pas d'avis ! Je pense qu'il vaut mieux en parler plutôt que de laisser pourrir des non-dits.
"Est-ce que… tu regrettes ?"
L'attente de sa réponse est insoutenable. Il m'a déjà rejetée plusieurs fois, il peut le refaire. Après un long moment, il me fait signe que non de la tête. Je suis immédiatement soulagée.
"Tu as toujours des doutes ?"
Là, il fait signe que oui. Ok Beth, faut que tu te magnes de le rassurer...
"Tu as peur de trop souffrir, si jamais je… mourrais"
Je connais la réponse à cette question, mais je voudrais qu'il s'ouvre à moi là-dessus.
Il paraît fragile à ce moment-là. Troublé. Je ne peux pas lui assurer que je ne vais pas mourir ou qu'il réussira à s'en remettre. Je veux juste essayer de l'apaiser.
"Tu me l'as dit l'autre jour, à la cabane de chasseurs. J'ai perdu deux petits copains sans même pleurer. Eh bien, je le regrette maintenant. Pour Jimmy, j'étais surtout choquée. On avait tout perdu cette nuit-là. Mais j'ai beaucoup pleuré seule le soir. Pour Zach par contre… Je m'étais préparée à sa mort, surtout qu'il participait aux expéditions à l'extérieur de la prison. Je m'étais protégée dès le début pour ne pas souffrir au cas où… il mourrait. Mais… j'ai gâché mes moments avec lui. Je n'ai pas laissé mes sentiments s'exprimer et je n'étais pas vraiment moi-même avec lui. Notre relation était… pâle, fade."
Il me regarde enfin.
"Quand je voyais Glenn et Maggie… j'avais envie de connaître un amour comme ça, mais j'ai eu peur. Oui, j'aurais beaucoup plus souffert de sa mort, si je m'étais laissée aller avec lui, si j'avais laissé libre cours à mes sentiments... Mais au moins, j'aurais vécu quelque chose de vrai et de sincère. Mes souvenirs de lui sont sans saveur. Des ombres éphémères."
Je m'approche de lui et caresse doucement sa joue. Le bleu de ses yeux est un océan dans lequel je veux me noyer.
"Je ne veux pas refaire cette erreur, Daryl. Même si je souffre atrocement plus tard, je veux que chaque moment passé à tes côtés compte."
Je sens que mes paroles l'ont touché. Est-ce qu'ils suffiront ? Je le laisse maintenant venir à moi. La suite de notre relation dépend de lui.
Il s'approche lentement de moi et dépose ses lèvres sur les miennes avec une extrême douceur. Mon cœur s'envole et éclate en même temps. Comment un homme si rude peut-il être aussi doux ?
Mes mains reprennent d'assaut l'exploration de chaque parcelle de sa peau. Son visage, son cou, ses bras… J'investis son espace en grimpant sur ses cuisses. Je le bouscule contre le dossier du canapé en plaquant mon buste contre son torse musclé. Nos bouches se cherchent toujours avec fougue et ses bras m'enserrent violemment.
Encore cette douce sensation dans mon bas-ventre. J'ai envie de lui.
Jamais je n'avais connu une telle passion, sauvage et sensuelle. Avec mes précédents copains c'était plus doux, plus léger, plus… platonique. Là, c'est un chamboulement des sens, un vertige passionnel, une pulsion animale.
Une de ses mains passe sous mon t-shirt et caresse mon dos, tandis que l'autre empoigne mes fesses. La tension sexuelle de nos caresses est bien caractérisée. Vais-je perdre ma virginité aujourd'hui ? La peur me gagne, tout se précipite un peu trop vite et je suis partagée entre l'excitation et la peur.
"Attends Daryl."
Il s'arrête brusquement et me regarde d'un air interrogateur.
"Chui désolée, je… C'est un peu rapide là…"
"Désolé. J'me suis pas rendu compte."
"Tant mieux. C'est un bon signe" lui dis-je en souriant. "C'est juste que… je ne suis quand même pas prête à… tu vois."
Je dépose un léger baiser sur ses lèvres brûlantes et il me prend dans ses bras pour un tendre câlin. Je crois qu'il a compris où je voulais en venir. Je prends sa main dans la mienne et nos doigts se croisent. Nous sommes seuls au monde.
"Je pourrais rester comme ça pour toujours."
"Il faut faire attention à ne pas baisser notre garde, Beth. Ce monde est sans pitié et j'veux pas te perdre."
Je pense que je vais devoir m'habituer à ce genre de discours. Ça fait partie de lui, il ne pourra jamais vivre en tout sérénité. Mais il a raison, c'est pour notre survie.
"J'ai une idée. Viens avec moi". On se lève et je suis Daryl jusqu'à l'entrée. Il vérifie qu'il n'y a personne à l'extérieur pour ouvrir la porte et on sort.
"Maintenant on a beaucoup plus à perdre qu'avant, Beth. On doit être prêt à se défendre et pour ça, on doit devenir plus fort."
Il va chercher un bâton d'une vingtaine de centimètres.
"Ce sera ton couteau d'entraînement. Contre des mordeurs ou des ennemis il faut être plus fort et plus rapide. Je veux que tu frappes ce poteau de ton bâton le plus vite possible, sans y mettre de force pour le moment. Par contre, tu alternes les côtés à chaque fois. Comme ça." Il tient le bâton comme un poignard et frappe le poteau par la gauche, ramène sa main en arrière et frappe par la droite.
"Ton bras va se muscler et tu vas gagner en agilité."
Un large sourire envahit mon visage tandis que je récupère le bâton. Daryl tient à moi, vraiment. Et au lieu de me repousser pour se protéger de ses sentiments, il fait en sorte que je sache mieux me défendre. Il est génial !
Je m'applique dans cette tâche du mieux possible. Le couteau est une arme très efficace et silencieuse. Néanmoins, il faut apprendre à la maîtriser.
Daryl me corrige dans ma position, il me donne des conseils et m'encourage à aller de plus en plus vite. Il supervise donc mon entraînement et surveille en même temps les alentours.
Mon bras me fait rapidement souffrir, mais je continue en silence. Quand il se met à trembler et que je ne suis plus capable de faire l'exercice correctement, Daryl me fait changer de main.
"Mais… je suis droitière !"
"Justement, dans ce putain de monde, il vaut mieux ne rien laisser au hasard pour parer à toutes les situations."
Logique imparable et je m'entraîne donc avec la main gauche. J'ai beaucoup plus de mal à viser le poteau. Mon bras n'a pas du tout l'habitude de devoir effectuer ce genre de mouvements avec précision. Je me concentre et persiste. Je me répète inlassablement qu'il faut que je devienne plus rapide et plus précise. Je me sortirai de toutes les situations grâce à ça.
Au bout de ce qu'il me semble être des heures, Daryl arrête notre séance.
"Il faudra qu'on essaye de trouver une armurerie. Il nous faut du matériel d'entraînement, des munitions et si je pouvais remplacer certaines de mes flèches, je ne serais pas contre."
Je n'aime pas du tout ce genre d'expédition et je doute qu'il reste une armurerie avec des trucs intéressants dedans aux environs. Néanmoins, je ne le contredis pas. Maintenant, on n'est que tous les deux et il faut qu'on arrive à se débrouiller ensemble. D'ailleurs, je prends également conscience d'une chose : je dois pouvoir aussi protéger Daryl. Je ne peux plus me permettre d'être une faible femme qu'on doit sans cesse protéger. Et Daryl n'a plus Rick ou Michonne pour veiller sur ses arrières.
Le soir arrivé, je sens déjà une lourdeur au niveau de mes bras. Je crois que demain mes courbatures seront horribles !
On finit le lapin commencé ce midi et on va se reposer dans le canapé. Automatiquement, il me prend contre lui. Je suis aux anges. Il me caresse doucement le dos, les bras, le ventre. Des frissons parcourent mon corps, je sens une certaine excitation m'envahir, mais la peur me saisit également.
"Daryl, tu sais qu'il faudra être un peu… patient avec moi ? Tu sais, pour… tu vois ?"
"Pour qui tu me prends, putain ? Un connard qui ne pense qu'à sa gueule ?"
"Mais non."
"Alors dis pas de conneries. Tu es encore très jeune et je ne te forcerai à rien. Tout à l'heure, disons que… t'étais si désirable et sexy… J'me suis laissé emporter. Mais j'veux que tu saches qu'au moindre mot de ta part, je me ressaisirais."
Je me sens rougir au mot "sexy".
"Bon allez, faut qu'on se couche. Demain, on doit être en forme pour aller en ville."
J'ai peur. Peur d'aller en ville. Je ne veux pas le lui montrer. Je pense que j'aurais moins peur quand je deviendrai plus forte.
Et puis, une autre question me taraude… Va-t-on dormir ensemble ? Dans le même lit ? Je le regarde avec attention pour deviner ses pensées. Je ne sais pas ce qu'il en pense, mais je n'ose pas aborder le sujet directement.
Pour gagner du temps, je décide d'aller d'abord me laver avec cette putain d'eau qu'on a été chercher aujourd'hui. Je me retrouve seule à la salle de bain et m'active. Me regarder dans un miroir à nouveau, depuis qu'on a fui la prison me fait bizarre. Tout a changé maintenant. Et certaines choses ont évolué positivement. Je souris et rougis dans mon reflet.
Une fois ma toilette terminée, je redescends jusqu'au salon. Daryl s'est installé dans le canapé avec une couverture. Il ne comptait apparemment pas dormir avec moi. Je suis déçue. Peut-être qu'il ne peut pas envisager de dormir avec moi tant que je ne veux pas de sexe.
"Quoi ?" La question me prend de court. Est-ce que je dois lui avouer ma déception ?
"Non, rien, je… euh… bonne nuit Daryl." Je remonte les escaliers tristement. Vu qu'on est que tous les deux, c'est vrai que j'avais espéré qu'on puisse être comme un vrai couple. Même sans sexe.
J'entends ses pas résonner dans les escaliers. Il me rattrape et me saisit le bras.
"Beth, attends. C'est juste que j'peux pas dormir à l'étage. J'me sens pas en sécurité au cas où des intrus rentreraient la maison. Je préfère rester en bas. Tu comprends ?"
"Ah oui, bien sûr. Ne t'en fais pas pour moi." Je me force à sourire.
Ses yeux me scrutent attentivement. Je ne veux pas jouer les emmerdeuses, alors j'essaye de paraître normale. Puis, sans rien dire, il rentre dans la chambre et retire les oreillers et couvertures du lit.
"Tu fais quoi ?"
"Je résous le problème."
Il soulève le matelas tant bien que mal et commence à le transporter hors de la chambre.
"Je serais pas contre un coup d'main."
Je me précipite pour l'aider à le faire passer par la porte et descendre les escaliers. On le dépose dans le salon et on va chercher les draps et les oreillers. Un large sourire est incrusté sur mon visage. Il a vu que j'étais contrariée et il a cherché un moyen de nous satisfaire tous les deux. Serait-il donc aussi attentionné ?
Une fois le lit de fortune préparé, on éteint les bougies et on se prépare pour se coucher. J'ai pour habitude de retirer mon jean quand je me couche dans un lit, mais là j'hésite un peu. Je vois Daryl qui retire son pantalon et même sa chemise. Je rougis furieusement et me retourne. Allez, c'est ridicule, il faut passer cette phase de timidité avec lui. Je retire donc mon jean et rentre en culotte et t-shirt dans le lit.
Un instant, on se regarde dans la pénombre, sans un mot, sans un geste.
Je le dévore des yeux. J'ai toujours trouvé que Daryl était un bel homme, mais sans arrière-pensée. Quand on s'est connu je n'avais que 16 ans, en même temps. C'était un homme et moi une fillette. Les deux années qui se sont écoulées m'ont beaucoup fait mûrir. A la prison, je me sentais plus femme et je le trouvais assez sexy avec son côté badass, mais ça s'arrêtait là. Et maintenant, quand je le regarde… j'ai juste envie de le dévorer et de m'abandonner dans ses bras.
Son regard sur moi semble aussi avoir changé. Il m'intimide. Il me fait aussi me sentir femme et sexy. C'est très troublant. Excitant aussi. Son regard est perçant, même à travers ses mèches de cheveux. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Je tends ma main et caresse doucement sa lèvre avec mon pouce. J'écarte les mèches qui reviennent devant ses yeux et les ramène bien en arrière. J'arrive pas à croire que je peux le toucher comme ça maintenant.
Je laisse ma main dans ses cheveux et je m'approche pour l'embrasser. Immédiatement sa main se pose délicatement sur ma taille. La chaleur qui s'en dégage m'émoustille et je grimpe sur lui à califourchon tout en reprenant possession de sa bouche. Ma langue part à la recherche de la sienne pour une danse infernale. Ses mains caressent mon dos, mes hanches, mon visage, mon cou… Je fonds. J'ai l'impression de me dissoudre dans un tourbillon de douceur, de chaleur et de sensualité.
J'ose balader mes doigts sur son torse nu et je me délecte de découvrir son corps musclé et sa peau si douce. Je sens encore cette excitation qui s'empare de moi. C'est un délice.
Daryl me renverse sur le matelas et passe au-dessus de moi. Je me fais l'effet d'être une petite chose fragile en face d'un géant. Il me caresse le buste et descends jusqu'à mon ventre en passant entre mes seins. Le stress revient me hanter, mais Daryl fait attention à ne pas toucher mes atouts sexuels, même si notre étreinte y fait grandement penser. Je me laisse aller à ses caresses. Je me dis que je peux avoir confiance en lui.
Sa bouche délaisse mes lèvres pour descendre dans mon cou. Un frisson me parcoure la peau face à cette caresse si sensuelle. Je penche ma tête en arrière et exhale.
Les baisers de Daryl suivent le même chemin que ses doigts quelques minutes plus tôt. Je suis complètement excitée, mais j'ai aussi peur. Jusqu'où va-t-on aller ?
Ses dents attrapent l'élastique de ma culotte et je m'écrie "Daryl !"
"Je rigolais !" Et en effet, le voilà qui se met franchement à rire. Je ne me souviens pas l'avoir beaucoup entendu rire. J'en suis très heureuse. Ça veut dire qu'il se laisse aller avec moi et je rigole aussi. Il m'embrasse encore le ventre avant de revenir près de mon visage.
"Tu peux pas savoir l'effet que tu me fais Beth, mais je respecterai ta volonté."
"Ah oui ? Et je te fais quel effet exactement ?" Dis-je lascivement.
"Ah non, ne joue pas à ça avec moi, ma p'tite."
Je rigole encore une fois et l'embrasse tendrement.
Après un long silence, je lui demande : "tu as eu beaucoup de conquêtes ? Sois honnête s'il te plaît."
Je l'entends soupirer et j'espère que je ne l'ai pas vraiment énervé.
"J'en ai eu quelques-unes."
"C'est pas une réponse ça."
Il grogne.
"J'en ai eu pas mal, ouais. Avec Merle on allait souvent dans les bars et tout. Il y a pas mal de nanas qui aiment le style biker. L'alcool aidant… voilà quoi."
"Et est-ce que tu as eu des relations sérieuses ?"
"Pas beaucoup."
"Combien ?"
"Qu'est-ce que t'en poses des questions !"
"Répondez à la question, M. Dixon !" Fais-je de manière autoritaire.
"Deux. Et j'ai tout foutu en l'air à chaque fois."
"Raconte-moi, s'il te plaît." Je lui caresse le visage.
"Ben… La première, c'était au lycée. C'est avec elle que j'ai… pour la première fois... tu vois. Ça a duré 2 ans. Sauf qu'elle est tombée enceinte. Je lui ai donné de l'argent pour qu'elle se fasse avorter. Elle l'a pris et je ne l'ai plus jamais revue. Je n'ai pas cherché à la revoir. J'ai pas assumé."
Il regarde le plafond, perdu dans ses pensées. Je l'embrasse tendrement sur la tempe pour l'encourager à continuer.
"Avec la deuxième, ça a duré presque trois ans. A ce moment-là, je traînais toujours avec Merle et… on faisait des conneries. Elle, elle était gentille et compréhensive. Elle essayait de me sauver, tu vois. J'ai fini par la tromper et là… elle n'a pas pu me pardonner. J'sais pas pourquoi j'ai fait ça. Mais j'ai pas essayé de la retenir."
Je réfléchis longuement à ce que je vais lui dire.
"J'ai l'impression que tu avais un sacré instinct d'autodestruction de ton propre bonheur."
"Chai pas."
"Avec moi, t'auras pas le choix, Daryl Dixon. Tu seras heureux que tu le veuilles ou non." Répondis-je avec un grand sourire.
Il me sourit en retour.
Le lendemain, mes bras me font atrocement souffrir. Au moins, je n'ai pas négligé mon entraînement de la veille. On se prépare tranquillement et mettons au point notre stratégie.
"Beth, il faudra que tu marches, là où je marche et que tu obéisses dans la seconde à tous mes ordres. Tu es OK avec ça ?"
"Oui."
"Si je te dis de courir et de me laisser derrière, alors tu le fais."
"Là, non, chui pas d'accord."
"Putain, Beth, bordel de merde, j'veux pas que tu discutes ça. C'est non négociable."
"Est-ce que tu me laisserais pour t'enfuir, hein ?"
"C'est pas pareil."
"Si, c'est exactement la même chose. Je ne te laisserai pas. Je veux bien t'obéir aveuglément, mais pas là-dessus. C'est hors de question."
Il n'argumente pas tout de suite.
"OK… Mais si je suis vraiment foutu, alors tu sauves ta peau du mieux que tu le puisses. Ne recommence pas à argumenter ! Si je suis foutu de chez foutu, tu te casses et c'est tout !"
Je détourne le regard et hoche la tête.
"Bon, on n'a pas de voiture, ni de carte. Donc je ne sais pas si on pourra trouver l'armurerie aujourd'hui, mais la priorité c'est de trouver une voiture qui fonctionne et avec de l'essence et une carte des environs."
"OK."
"Tiens, tu prends ton couteau et ce flingue. Tu marches derrière moi et sans bruit. On ne prend que je strict minimum pour la route. OK ?"
"Oui chef !"
Il me lance un regard en coin pour rappeler que ce n'est pas un jeu. Si on n'a plus le droit de plaisanter maintenant… M'enfin, je préfère surtout qu'il croit que je prends ça à la rigolade, plutôt qu'il sache que je suis morte de trouille. Bizarrement, je me sentais plus en sécurité à traverser les forêts qu'à rester sur les routes et traverser les villes.
On se met en route et je redeviens sérieuse. On reste silencieux et on scrute toutes les directions. Au bout de dix minutes, on trouve quelques maisons et on commence à regarder les véhicules. Rien d'utilisable. Pas de chance.
On continue et on arrive à une rue plus importante. Daryl est plus que prudent. Arbalète à la main, il inspecte attentivement chaque recoin pour ne pas se faire surprendre. Par chance, on trouve un office de tourisme. On rentre sans difficulté. Daryl cogne un peu contre la porte pour faire sortir d'éventuels mordeurs, mais rien. On récupère une carte de la région et une plus détaillée des environs immédiats.
"Merde, ils ne font pas figurer les armureries."
"Pas étonnant. C'est pas franchement ce qu'il y a de plus touristique. Par contre… ça, ça devrait nous aider !"
Je déniche derrière le comptoir un bottin !
"Beth, t'es géniale !"
"Je sais." Je fanfaronne un peu.
Plusieurs armureries y figurent, mais sont toutes assez loin d'ici. Je déchire la page qui nous intéresse et on ressort de l'office en quête d'une voiture.
On en trouve encore quelques-unes, mais apparemment, les réservoirs sont tous vides. Pas de bol ! Des gens ont déjà dû tous les siphonner.
Daryl s'engage alors dans une ruelle. Ça ne m'inspire pas trop mais je le suis.
"Bingo !"
On tombe sur une cours intérieure à l'arrière d'une boutique. Plusieurs véhicules y sont présents. Daryl s'acharne à casser le cadenas du grillage qui nous en empêche l'accès. Moi, je regarde derrière nous pour vérifier que le bruit ne rameute personne.
Quand on arrive finalement à entrer dans cette cour, Daryl vérifie le fonctionnement de chacun des véhicules. La plupart démarrent et Daryl porte son dévolu sur une moto.
"Ouah euh… Chui jamais montée sur une moto. Et puis, on n'a pas de casque."
"Tu crois qu'on risque un accident de moto ?"
"Euhhh chai pas. Mais franchement, puisqu'on a le choix, pourquoi pas prendre l'une des voitures ?"
"Parce que la moto a le plein de fait ! Et puis… ça me démange d'en conduire une."
Ahlala les mecs ! Je lève les yeux au ciel, mais j'me rends.
On repère sur la carte les armureries indiquées sur la feuille que j'ai récupéré, puis on se met en route.
Daryl ne conduit pas vite, sûrement pour me ménager. Le vent fouette ma peau et me donne froid. C'est assez agréable vu la chaleur aujourd'hui. Néanmoins, la selle est rapidement inconfortable à mon goût. Mais sentir Daryl tout contre moi est un régal. J'accroche mes bras à lui et laisse ma tête reposer dans son dos. Ça me rappelle quand il m'a portée sur son dos quand je me suis blessée au pied. D'ailleurs, la douleur est toujours présente, mais très diffuse.
Sur la route, on croise parfois des mordeurs, mais Daryl les évite aisément. A l'approche de la première armurerie, on s'arrête pour repérer le chemin à prendre. Après plusieurs arrêts de la sorte, on finit par la trouver.
Évidemment, l'entrée est fracturée et celle-ci est dépouillée. Daryl récupère quand même un bon couteau de chasseur et d'autres pour l'entraînement. Pas de munition, pas d'arme à feu. Par contre, je déniche un gilet par balle, d'autres vêtements de protection, une paire de rangers et un talkie-walkie.
La pêche est donc plutôt bonne. Néanmoins, on décide de pousser plus loin. En effet, on a repéré une armurerie qui semble être installée dans un endroit assez isolé. Il y a des chances pour qu'elle ne soit pas complètement dévalisée.
On range nos trouvailles dans un sac à dos que je porte et on se remet en route. On a un peu de mal à trouver celle-là, mais au bout de presque une heure, on a le plaisir de la découvrir presque intacte. On est hyper content et on commence notre inspection.
Daryl me tend une arbalète toute neuve. "Ça pourrait aussi t'être utile". Je suis surexcitée.
Il prend également tout un stock de flèches et des cibles d'entraînement, des couteaux à lancer et du matériel de survie. De mon côté, je récupère encore deux couteaux de chasse assez long, du matériel pour pouvoir en accrocher un à ma cuisse et ma cheville. Pour les armes à feu, je laisse faire Daryl.
On repart très content de nos découvertes.
A peine sortie du magasin, je sens un bras puissant m'enserrer la gorge. Je n'ai plus pied. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Je ne peux même pas crier, respirer est déjà difficile.
Deux hommes nous font face juste à l'extérieur du magasin, armes à la main, et le troisième me maintient fermement.
"Merci les gars, ça fait deux jours qu'on est là et on n'avait même pas vu ce petit paradis." C'est un grand barbu au crâne chauve. Il nous toise d'un air victorieux, un sourire arrogant sur le visage.
"Et en prime, une petite mignonette à se mettre sous la dent ! Trop sympa, mon pote !"
Ses deux copains se marrent grassement.
Je vois Daryl qui ne bouge pas d'un pouce. Il les observe attentivement. Il fusille du regard le type qui me maintient.
