Voici un nouveau chapitre et j'espère qu'il vous plaira ! ^^
lapiaf8 : merci pour ton nouveau commentaire. Et oui, ya toujours des emmerdeurs dans The Walking Dead ! Donc j'essaye de suivre un peu le mouvement.
Jane : ton commentaire m'encourage particulièrement. Merci à toi ^^ Pour tout te dire, j'avais du retard dans le visionnage de la série. J'ai enchaîné la saison 4 et 5 à partir d'octobre de cette année. Le mid-season finale... je ne l'ai pas bien vécu. Je l'ai vu venir avant de voir l'épisode, j'en étais convaincue, après avoir lu ce qu'en avait dit Norman Reedus. Comme ces fameux épisodes de la saison 4 étaient encore tout frais pour moi, j'ai eu une énooooorme frustration et là j'ai tenté de combler le vide par la fanfic. Comme toi, je n'en ai pas trouvé beaucoup. J'en suis surtout quelques unes en anglais.
Du coup, j'ai vraiment eu envie d'en écrire une, mais à la base, je voulais juste faire 2 chapitres pour reprendre uniquement les épisodes 12 et 13 de la saison 4. Et puis, j'ai eu envie d'en dire un peu plus. Là, j'en suis au chapitre 5 et je compte en faire encore 2 ou 3. Mais je ne sais pas encore comment je vais la terminer...
Sinon merci pour tes compliments. Respecter le caractère des personnages, c'est ce qui me tient particulièrement à cœur. J'espère y arriver encore ^^
Enjoy !
Je n'ai pas vu à quoi ressemblait le mec qui me retient à la gorge. Il m'a l'air plutôt grand et très poilu, vu ses bras. Peut-être un latino.
Le type qui semble être le leader est plutôt petit, la trentaine et brun. Il porte un t-shirt avec une tête de mort, sûrement pour jouer les durs, mais il a quand même un regard de sadique. Il me donne la chair de poule. Le troisième, un chauve, a l'air plutôt calme et posé. C'était peut-être pas un sale type avant tout ça, mais les gens changent.
"J'vous laisse une chance de vous en tirer. Partez vite, sinon vous êtes mort." Dit Daryl.
Son regard est glacial, son visage complètement fermé. Même à moi, il me fait froid dans le dos. Néanmoins, je ne vois pas comment il peut nous sortir de cette situation, ces hommes ont l'air sans pitié et j'ai vraiment la trouille.
"Tu rigoles, mec ! T'es peut-être baraqué, mais on a l'avantage, tu vois. Alors, tu poses ta putain d'arbalète par terre, sinon je dis à mon pote de briser la nuque de ta p'tite nana."
Le type derrière moi resserre sa prise sur mon cou et empoigne ma tête de côté avec sa main de libre. Après plusieurs secondes, Daryl pose son arbalète, toujours en les fusillant du regard. Le latino retire sa main de ma tête pour m'attraper fermement les poignets. Je suis complètement immobilisée.
"C'est bien. T'es un peu moins con que t'en as l'air finalement. Et n'oublie pas, au moindre geste stupide…" Le nabot à la tête de mort s'approche de moi et me lèche le visage au niveau de la tempe. "Blondie va morfler."
J'ai le cœur au bord des lèvres, c'est dégoûtant. Putain de merde, qu'est-ce qu'ils vont nous faire ? Je ne peux pas bouger. Je ne peux rien faire.
"Si tu la touches encore une fois, t'es un putain d'homme mort."
"Ah ouais ? Fais-moi voir ça ?"
Il empoigne ma tête et me lèche ma bouche. Je serre mes lèvres de toutes mes forces, même si j'ai envie de hurler. J'essaye de me débattre, mais le mec derrière moi resserre encore sa prise. Mes poignets me font souffrir et ma gorge est compressée. Ces connards provoquent Daryl en m'utilisant. Bande de lâches !
"Bah alors ? Tu devais pas me buter ?" Et il éclate de rire en se tapant sur les genoux.
Daryl fait un pas vers lui mais le troisième type, le chauve, lui rappelle vite qu'il a aussi une arme pointée en plein sur sa tête.
"Écoute mon gars, si t'es malin tu vas faire ce qu'on te dit. On va t'attacher les poignets dans le dos avec juste une petite corde. Peut-être que t'arriveras à te libérer avant que des mordeurs n'arrivent. Nous, on va partir avec Blondie. Ça manque cruellement de femmes dans notre groupe ! En plus elle est encore jeune, ça va être… rafraîchissant." Dit-il en entortillant mes cheveux, un sourire carnassier sur les lèvres. J'essaye de repousser ma tête loin de lui avec une mine de profond dégoût.
Plutôt mourir que de les laisser me toucher. Je refuse de devenir leur… marchandise sexuelle. J'ai les larmes aux yeux. Putain, je ne veux pas leur montrer ma faiblesse, mais c'est plus fort que moi.
Je regarde Daryl intensément. C'est peut-être nos derniers instants ensemble. Lui aussi me regarde. Je sens chez lui une rage contenue. Je sais qu'il ne me laissera pas sans se battre, mais il risque de se faire tuer. Je ne peux pas le laisser mourir comme ça et je ne peux pas les laisser me prendre sans agir. Hors de question de devenir leur jouet.
Réfléchis Beth, réfléchis bon sang ! Tu peux pas les laisser faire ! Il faut trouver un truc. Tant que je suis prisonnière du latino, je suis fichue. Comment me libérer ? Je lui latterais bien les couilles mais je doute que mon pied aille jusque là. Dommage…
Par contre… Une idée me vient, ça me paraît jouable. Maintenant il faut trouver le bon moment pour tenter ce coup. Je fixe Daryl en essayant de lui faire comprendre que je suis prête à me battre.
"Il est hors de question que je vous laisse m'attacher. Je vous le répète, laissez-nous partir et vous aurez la vie sauve." Argumente Daryl.
"Tu sais que t'es un p'tit rigolo, toi ? T'en as d'autres des blagues ?" Le nabot a l'air extrêmement confiant. Il est arrogant et provocateur. Il jouit pleinement de sa position de force. Je suis sûre que c'est un sadique.
Il s'approche de Daryl avec son arme pointée droit sur lui.
"Alors ? Hein ? Tu vas faire quoi le bad boy ? Tu la ramènes moins, connard."
Daryl reste impassible.
Le mec continue de se rapprocher de lui. Il est suffisamment près pour que Daryl puisse se mettre en action, mais il ne s'en rend pas compte.
OK, à moi de jouer. Je vais faire diversion. J'espère que ça fonctionnera.
Plusieurs fois je quitte Daryl du regard pour montrer le bras sous ma gorge. J'essaye de lui faire passer le message. Il ne me quitte pas des yeux.
J'y vais ! Je penche ma tête juste assez pour placer ma bouche contre le bras poilu de mon agresseur et j'y enfonce profondément mes dents. Immédiatement, le cri qu'il pousse me vrille les tympans, mais il tient bon et ne me relâche pas. Le nabot et le chauve se retournent subitement pour voir ce qu'il se passe. En une fraction de seconde, Daryl se saisit de l'arme du chef et le frappe violemment à la tête.
Le chauve, n'a pas vu la prise de contrôle de Daryl. Trop tard pour lui, il reçoit une balle en pleine tête.
L'adrénaline afflue dans mon corps et je serre mes mâchoires de toutes mes forces. Sa peau se déchire et du sang chaud inonde ma bouche. Il hurle toujours comme un dément et finalement, il relâche un peu sa prise sur moi. Immédiatement, je me penche en avant le plus possible pour prendre mon élan et je renverse violemment ma tête en arrière jusqu'à lui percuter la mâchoire avec mon crâne.
La douleur qui jaillit dans ma tête me fait perdre l'équilibre et je tombe par terre. Je reste consciente, mais je suis incapable de voir ou de penser. Tout n'est plus que douleur chez moi. Seul le bruit d'une détente me parvient.
Je sens une main puissante me relever.
"Beth, ça va ?"
"Oui… je crois."
"Putain mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? J'aurais pu me charger de lui, t'avais pas à t'exploser la tête comme ça. Bouge pas."
Daryl retourne vers le seul type encore vivant, le nabot. Il est déjà bien amoché. Daryl a dû le cogner à nuveau pour avoir le champ libre. Il l'attrape par le col du t-shirt et le relève sans ménagement.
"Alors, sale fils de pute, tu te la ramènes moins maintenant ? Tes potes sont morts et tu vas bientôt les rejoindre."
"Non ! J't'en prie ! Laisse-moi partir ! S'il te plaît, non ! Me tue pas !"
Il est pitoyable. On dirait qu'il va se pisser dessus. Je m'approche et lui balance un bon coup de pied dans le ventre, avec mes nouvelles rangers. Le choc lui coupe le souffle, ce qui me donne beaucoup de satisfaction. Daryl pose le canon de son arme sur la tête de ce mec qui se met à chialer comme un gosse.
"Dis au revoir"
"Pitié !"
Daryl à l'air résolu. Je croyais qu'il voulait juste lui faire peur, mais je comprends que je me suis trompée.
"Daryl, non !" Je m'écrie. Bien que ce type me dégoûte, qu'il est sadique et pervers. Là, ça ressemble maintenant à une exécution. Je ne peux pas laisser Daryl faire ça. C'est pas un bourreau.
"Quoi ? Tu veux que j'le laisse en vie ? Ce porc t'a touchée et il voulait faire de toi…"
"Je sais. Mais j'peux pas te laisser le tuer de sang froid. J'veux pas que t'ai ça sur la conscience."
"Oh, t'inquiète pas, ma conscience s'y fera très bien !"
"Mais pas la mienne."
Il me regarde attentivement.
"Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse de lui ? Si on le laisse en vie, on peut dire au revoir à l'armurerie. On peut pas prendre ce risque. Alors, qu'est-ce que tu proposes ?"
"Je sais pas. On pourrait l'abandonner plus loin."
"Comme s'il ne savait pas dans quelle ville on se trouve. Il a dit que ça faisait deux jours qu'ils étaient là. Il retrouvera son chemin facilement."
"Alors on n'a qu'à l'attacher quelque part."
"Il finira dévoré par des mordeurs ou bien par mourir de faim. En quoi c'est mieux ?"
"Oh je vous en prie, laissez-moi quelque part" nous supplie notre prisonnier.
"Je sais pas, Daryl !"
"Rick aurait compris. Il serait d'accord avec moi."
Il pointe à nouveau le canon de son flingue sur la tempe du nabot et tire froidement. Son visage ne montre aucune émotion particulière, pas un sourcillement, rien.
Je suis sous le choc. Où est passé le Daryl sensible et humain auquel je tiens ? Comment peut-il décider d'exécuter quelqu'un sans aucun état d'âme ?
On ramasse silencieusement nos affaires et on rentre en moto. Je n'arrête pas de penser à ce qu'il vient d'arriver. Je revois Daryl tirer sans remord dans la tête de ce type. Même si c'était une ordure, il s'agissait tout de même d'un être humain. Les deux autres, il les avait tué pour se défendre, pour leur échapper, mais le dernier… non, c'était qu'une putain d'exécution.
C'est vrai que c'était la solution la plus sûre pour nous, pour notre avenir et c'étaient de vrais salopards, mais j'arrive pas à m'y faire.
En plus, j'ai du mal à digérer son "Rick aurait compris". Il n'est pas là Rick. On doit prendre nos décisions à nous, pas en fonction des autres. Et j'estime que mon avis compte.
On arrive à la maison et je laisse Daryl avec notre butin pour me mettre au piano. Je commence à jouer une chanson triste en chantant doucement. Une chanson qui est en phase avec mes sentiments actuels.
Ma tête me fait super mal à cause du coup que j'ai donné pour me libérer. Si on avait de la glace, j'en aurais volontiers mis dessus. Je dois avoir une belle bosse. En plus, mes bras me font toujours mal à cause des courbatures. J'arrête de jouer. Je n'en ai plus envie. Je gagne le canapé et m'y couche en attendant. En attendant quoi ? Ça, je ne sais pas.
"Beth ?"
J'ouvre les yeux, j'ai dû m'assoupir.
"Beth, il faut qu'on s'entraîne."
"Je passe mon tour, j'ai encore des courbatures." Et puis mon humeur maussade n'aide pas, mais je garde cette partie là pour moi.
Daryl n'est pas dupe et s'énerve.
"Conneries ! Tu fais la gueule à cause de ce qu'il s'est passé tout à l'heure."
"Je fais pas la gueule ! Arrête de me considérer comme une gamine ! Tu crois que parce que je voulais le laisser vivre, alors je suis qu'une gosse ? Tu crois que du coup je suis faible ?"
Je suis furieuse et me mets à lui crier dessus moi aussi.
"Ouais ! Ta putain de compassion va finir par nous faire tuer !"
Comment ose-t-il ? Je suis dépitée. Lui, entre dans une colère monstrueuse. Il se met à taper du poing contre un meuble.
"On avait dit qu'on devait devenir plus fort pour survivre ! Tu me l'as promis ! On était d'accord, putain !"
Il est comme enragé. Je me lève d'un bond et l'agrippe à son t-shirt.
"J'veux pas perdre mon humanité pour autant ! C'est pas moi. C'est pas c'que j'veux. Et toi aussi, tu vaux mieux que ça." Je le force à me regarder dans les yeux. "Ce que t'as fait, Daryl, ça n'avait rien à voir avec le fait d'être plus fort. Tu l'as exécuté froidement pour te venger !" Il me quitte du regard. Je refuse de le voir fuir. "Tu t'es fait ta propre justice et tu l'as tué !"
Il me repousse, mais me regarde à nouveau.
"C'est comme ça que tu m'vois, alors ? Un putain de bourreau psychopathe, hein ? Je l'ai fait pour toi, Beth !"
"C'est faux, tu l'as fait pour toi-même. Parce qu'il m'avait touchée et que tu ne l'as pas supporté."
"Non, j'l'ai pas supporté. Et si ça se reproduit, alors je f'rais pareil !" Il envoie une lampe valdinguer à l'autre bout de la pièce où elle se brise dans un grand fracas. "Tu voulais que je laisse mes sentiments pour toi prendre le dessus ? Bah voilà, c'est fait ! Si t'es pas contente et bah c'est que tu t'es gourée sur moi ! Chui comme ça, je laisserais personne te faire du mal ! Personne !"
Presque dans un sursaut, il récupère son arbalète, quitte la pièce et sors de la maison en claquant la porte.
Je suis en plein cauchemar. Encore une fois, je me demande où est passé le Daryl humain et sensible que je connaissais ? Il était implacable avec les mordeurs et nos ennemis, mais il ne me semble pas l'avoir déjà vu aussi… impitoyable et avide de vengeance. Et selon lui, c'est de ma faute. Il tuera quiconque me fait du mal ou tente de me faire du mal. Même si ces personnes sont hors d'état de nuire, il les anéantira. Comment je pourrais vivre avec ça ?
Ce que j'aimais chez lui, c'est que je pouvais toujours voir cette lumière au fond de lui. Peu importe comment la vie a été difficile pour lui… bon sang, ça se voyait qu'il était bon. Il aimait chaque personne de notre groupe. Je le revois venir m'annoncer la mort de Zach. Sa souffrance était palpable, alors qu'il lui parlait très peu.
Avec moi hier, il… il a été parfait. Son regard s'était adouci et ses lèvres souriaient. Et finalement, ses sentiments à mon égard font ressortir une noirceur insoupçonnée chez lui. Je suis déconcertée.
J'ai l'impression que des heures passent, perdue dans mes pensées. Mais quand même, je commence à m'inquiéter pour Daryl. Surtout le fait qu'il me laisse seule pendant si longtemps, après ce qu'il s'est passé tout à l'heure et surtout après ce qu'il m'a dit, ça m'étonne.
Je prends mon flingue et un couteau de chasse pour sortir. En ouvrant la porte, je vois Daryl assis sur la balustrade, le regard perdu vers la forêt. Ça me rassure. Je m'adosse à côté de lui.
"Beth… Tout ce que j'ai vu, c'est ce qu'il voulait faire de toi, putain. J'ai pas pu le supporter. Imagine si ce type s'était retrouvé un autre groupe de caïds et qu'on recroisait leur route, hein ? Cette fois, il m'aurait juste buté et il t'aurait prise. Regarde le gouverneur ! Il est revenu se venger, lui aussi, et ton père est..."
Un déclic se fait dans ma tête. Je revois le gouverneur trancher la gorge de mon père sans le moindre état d'âme. Notre paisible vie dans la prison, du moins aussi paisible que possible en ce monde, s'est terminée brutalement ce jour là. Et moi j'y ai perdu la famille qu'il me restait, de manière atroce.
Puis je revois Daryl, à la cabane de chasse, m'avouer se reprocher d'avoir arrêté de poursuivre le gouverneur.
Je commence à comprendre...
"J'peux pas laisser un truc comme ça t'arriver. Beth… je me suis autorisé à… franchir la ligne avec toi, même si je dois souffrir le martyr... si j'te perds un jour. Mais tu peux pas me reprocher de tout faire pour que ça n'arrive pas. C'est toi et moi ensemble contre le monde maintenant, non ?"
"Oui. Je comprends."
Et je comprends vraiment. Pour lui, avoir exécuté le nabot, c'est pareil que quand il a tué les deux autres. C'est pour notre protection maintenant et définitivement. Il ne veut laisser aucun risque pour notre avenir.
Je sais qu'il culpabilise d'avoir arrêté de chercher le gouverneur. Finalement, c'est cette erreur-là qu'il essaye de réparer. A-t-il vraiment tort ?
Je me rapproche de lui et le prends dans mes bras. Il n'est pas un bourreau froid et sanguinaire. Il fait ce qu'il faut pour notre survie. Pour avoir un avenir. Un avenir avec moi.
Tout à coup, je me sens aimée. Même si je déteste ce qu'il a fait, c'était par amour pour moi. Ou alors, ça y ressemblait.
"Je comprends, Daryl."
Il me caresse doucement la main et je le serre un peu plus fort contre moi. Je colle ma joue contre son bras nu et ferme les yeux un instant. Il se retourne, descend de la balustrade et se met face à moi. Nos regards se croisent enfin avec douceur. Il relève mon visage d'un doigt sous mon menton et m'embrasse tendrement.
Comme ses lèvres m'avaient manquées ! Je me hisse sur la pointe des pieds et passe mes bras autour de son cou. Ses bras m'enserrent la taille et mes pieds quittent le sol. Dans un élan passionnel, je croise mes jambes autour de sa taille tout en continuant de l'embrasser follement. Sans plus attendre, il me transporte comme ça jusqu'à l'intérieur de la maison et se couche sur moi dans le canapé.
Une vague de chaleur surgit dans mon bas-ventre. Ça faisait longtemps, me dis-je intérieurement. Il m'embrasse passionnément dans le cou et sur mon buste. Je sens le poids de son corps sur le mien et ça me donne l'impression de lui appartenir corps et âme. Nos caresses se font plus pressantes. Nos baisers sont brûlants.
Je passe mes mains sous son t-shirt pour lui caresser le dos, mais il se redresse brutalement en criant "Non !"
"Qu'est-ce qui ne va pas ? J'ai les mains froides ?"
"Non, c'est pas ça. C'est…"
Je le vois réfléchir longuement avec un air grave. Mille questions me traversent l'esprit.
"Tu peux tout me dire, Daryl. Tu le sais, n'est-ce pas ?"
"C'est juste que… j'ai… enfin disons que je ne montre jamais mon dos."
J'imagine qu'il y a quelque chose sur son dos qui doit le complexer. Je voudrais le rassurer.
"Je ne vais pas te pousser à me montrer ce qui te gêne, si tu ne le veux pas." Je pose délicatement une main sur sa joue. "Mais je suis prête à tout connaître de toi."
Il me regarde longtemps, intensément. Ce que j'aime ce regard…
"Chai pas Beth. C'est… plutôt moche."
"Fais-moi confiance."
Après plusieurs secondes de réflexion, il retire son t-shirt et se retourne. Ma première impression est le choc. Plusieurs boursouflures zèbrent son dos. Il a été durement battu et ça date apparemment. Ça me brise le cœur.
"Mais… qui t'a fait… ça ?"
"Mon père."
Je savais que son père était alcoolique et rude, mais je n'imaginais pas qu'il s'en prenait à son fils. L'image paternelle que j'ai eue est tellement différente de la sienne, ça me donne l'impression d'être un bisounours qui atterrit en enfer.
"Il frappait Merle, quand il avait trop bu. Ensuite Merle allait tout le temps en centre de redressement, alors il s'est trouvé un autre punching-ball."
Je m'approche de son dos et dépose un baiser sur chaque cicatrice. Doucement et tendrement. Je crois que j'essaye de guérir ses blessures, au fond de moi. Puis, je l'enlace et l'embrasse sur la nuque avant de chuchoter à son oreille : "Je vais devenir plus forte et je ne laisserai personne te faire du mal. Jamais plus."
Il se retourne, m'embrasse profondément, ses mains de chaque côté de mon visage et me dit :
"Je crois que je t'aime, Beth."
