Merci pour vos commentaires !

Bon quand même, je dois vous dire que j'ai longtemps hésité à vraiment faire dire ça à Daryl. Je suis persuadée qu'à ce stade de la fic il est bien amoureux, mais il n'est pas le genre de type à dire les mots magiques dès le début. Néanmoins, leurs dernières mésaventures ont chamboulé leurs sens à tous les deux et ce que vient de lui dire Beth… je crois que c'est la plus belle chose qu'il ai jamais entendu. Voilà donc pourquoi il le dit, pourquoi il se livre un peu plus.

Merci encore pour les comms ! C'est hyper encourageant ^^

Est-ce que j'ai bien entendu ?

"Je crois que je t'aime, Beth."

Oui, il a vraiment dit ça. OK, il a commencé par "Je crois", mais quand même ! Je ne m'attendais pas à entendre un jour ces mots de la bouche de Daryl. Je me sens rougir et je sais qu'un sourire stupide est accroché à mon visage.

"Eh bien M. Dixon, tu me le feras savoir quand tu en seras sûr."

Il rit doucement et revient m'embrasser de plus belle. Je me sens aussi légère qu'une plume. Toutes mes contrariétés se sont envolées. Notre éteinte est à la fois douce et profonde. Je caresse longuement sa peau nue et me délecte de ses douces lèvres. Je le serre fort contre moi et parcoure son dos de mes mains. Je sens ses cicatrices sous mes doigts, mais ça ne me dérange pas. Ça fait parti de lui et j'aime tout ce qu'il est. Je sens sa peau frémir. Personne n'avait jamais dû le toucher là auparavant.

Je me fais douce et câline. Je veux qu'il sente à quel point je l'aime et à quel point il est important pour moi. Il est tout ce que j'ai et tout ce que j'ai jamais désiré. C'est une telle évidence maintenant.

"Daryl." Je plonge mes yeux dans le bleu de son regard. Je suis le contour de ses lèvres et de sa mâchoire d'un doigt avant de poursuivre. "Daryl, moi aussi je…"

Un cri strident déchire le silence extérieur. Dehors, une femme crie de toutes ses forces et appelle à l'aide. Un moment, on se regarde en se demandant ce qu'on doit faire.

"Ne bouge pas d'ici Beth, je vais voir." Dit-il en remettant son t-shirt.

Il prend son arbalète et sors prudemment de la maison.

"Au secours ! Je vous en prie, aidez-moi !"

J'ai envie de sortir à mon tour, mais je préfère respecter ce que Daryl m'a demandé. Alors, je me lève et me poste à une fenêtre. Entre les interstices des lattes de bois, je vois une femme courir dans le cimetière jusqu'à notre maison. Elle a aperçu Daryl et court à grandes enjambées vers lui.

Un homme à peine sorti des bois est poursuivi par des mordeurs. Daryl décoche une première flèche dans la tête du mordeur le plus proche, juste au moment où il lui agrippait le bras. L'homme continue de courir désespérément, la peur déformant son visage.

Daryl fonce pour aller l'aider. Il tire encore une fois et fait mouche. Il arrive enfin près de lui et commence à frapper un mordeur avec la crosse de son arbalète.

J'entends la porte d'entrée claquer et la femme pleurer bruyamment. Je vais vers elle pour la réconforter. Elle a l'air terrorisée et on voit qu'elle a beaucoup pleuré. En me voyant, elle a un mouvement de recul, mais est vite rassurée. C'est clair que je ne fais pas peur à voir. Elle a l'air gentille, mais quelque chose me chiffonne chez elle. Je ne sais pas bien quoi, on verra plus tard.

Dehors, on entend encore des hurlements, des grognements et des bruits de lutte. Je m'inquiète pour Daryl. Avec l'arrivée de la fille, je ne sais plus où en est l'affrontement.

"Venez vous mettre à l'abri, moi je dois voir ce qu'il se passe."

J'ouvre la porte et vois que les mordeurs gisent tous à terre. Je vois Daryl plonger son couteau dans la tête du dernier encore vivant. Puis, il relève le type et l'aide à marcher jusqu'à la maison. Il a l'air blessé. En revenant, Daryl me regarde gravement. Ça m'inquiète.

En entrant dans la maison, Daryl dépose le type sur une chaise dans la cuisine. Il souffre beaucoup, il gémit et crie. La femme et moi les suivons.

"Où est-il blessé ?" Je demande.

Daryl hésite à répondre. Je sens qu'il est mal à l'aise.

"Il a été mordu, c'est ça ?" Demande la femme.

Après quelques secondes, Daryl incline la tête. La femme se remet à pleurer de plus belle.

J'avoue que la première idée qui me traverse l'esprit c'est qu'une fois que l'homme sera mort, on va devoir garder cette femme avec nous, et ça ne me plaît pas. Je ne l'aime pas, mais je n'arrive pas vraiment à comprendre pourquoi.

Je vais chercher le matériel de soin que nous avons et commence à soigner l'homme blessé. Il a été mordu au bras droit, à l'omoplate et à la main gauche. Il a perdu pas mal de sang. Il est complètement accablé. Il sait qu'il va mourir et se transformer en mordeur. Et pire que ça, il sait qu'on le tuera avant. Il ne nous regarde pas, ne cherchant que le réconfort de sa compagne. Néanmoins, celle-ci lui tient seulement la main et ne le regarde même pas.

"Jenny, oh Jenny ! J'veux pas mourir ! Je veux rester près de toi." Pleure-t-il. Elle ne lui répond rien.

Décidément, elle ne me plaît pas. C'est leurs derniers instants ensemble, elle pourrait au moins lui témoigner son amour.

Daryl me fait signe de venir avec lui et on les laisse seul dans la cuisine. Aussitôt je le prends dans mes bras et il me serre contre lui en retour.

"Il faut que l'un de nous le surveille jusqu'à ce qu'il meure. Pas sûr que cette nana soit capable de finir le travail. Pas envie qu'il vienne nous bouffer."

"C'est sûr. On doit les surveiller."

Un bruit bizarre nous parvient et on retourne dans la cuisine. La femme venait de planter un couteau de cuisine dans l'oeil du type blessé.

"Mais vous êtes complètement tarée !" Je m'écrie.

"Il allait mourir !" Dit-elle en se remettant à pleurer compulsivement.

"Mais il avait encore plusieurs heures à vivre et vous auriez pu les passer avec lui."

"C'était trop dur… On aurait passé plus de temps, pour qu'à la fin..."

Elle sanglote et pleure bruyament. Moi, les mots me manquent. Je sais qu'on ne réagit pas tous de la même manière, mais quand même… Comment a-t-elle pu le tuer comme ça, aussi rapidement ? J'essaye de ne pas la juger négativement, mais son comportement me dépasse. C'est pas normal.

Daryl commence à s'occuper du cadavre et moi je sors de la cuisine. Cette scène me semble surréaliste.

Daryl vient me rejoindre peu après dans le salon.

"Daryl… tu ne trouves pas son comportement bizarre ?"

"Chai pas. Peut-être."

"J'arrête pas de me demander pourquoi elle l'a tué si vite. C'est pas normal."

"Bah c'est vrai qu'il était condamné de toute façon."

"Non, mais souviens-toi quand l'un des nôtres se faisait mordre. Aucun d'entre-nous n'aurait fait ça !"

"C'est vrai… Bon écoute, c'est toi qui voit toujours le bon côté chez les gens normalement. Laissons-lui le bénéfice du doute."

"Hum… Ok."

"Excusez-moi, vous auriez quelque chose à manger ?" Son intervention me fait sursauter. "Je n'ai rien avalé depuis des jours."

"On n'a pas grand chose, il faudrait qu'on aille se réapprovisionner. Je vais vous donner un peu de gelée de mûres."

Je l'accompagne à nouveau dans la cuisine. Il reste encore des traces de sang de son compagnon qu'elle vent juste de tuer et elle a faim ?! Bon, allez, Beth, keep cool. J'ai promis à Daryl de lui laisser le bénéfice du doute.

"Au fait, j'm'appelle Jenny." Dit-elle en me tendant amicalement la main.

"Moi c'est Beth et lui c'est Daryl." Je serre sa main en retour.

"Vous êtes ensemble ?" Elle est directe !

"Euhhh oui."

"J'veux dire, vous êtes vraiment ensemble ?"

"Hé bien, oui. Pourquoi ?"

"Oh ! Je n'étais pas sûre. Avec votre différence d'âge… enfin j'me demandais… tu sais."

Je reste perplexe.

"Et bien, disons que vous formez un couple… atypique ! Mais ne le prends pas mal, c'est juste une première impression."

Elle me sourit gentiment mais sa remarque me reste en travers de la gorge.

"Et cet homme, vous étiez juste amis ou…"

"Oh Steve. On se connaissait peu."

"Pourtant, il avait l'air de tenir à vous."

"Oui, il était très amoureux de moi, je crois."

Elle, pas du tout, apparemment.

A ce moment-là, Daryl entre dans la cuisine. Jenny lui fait un grand sourire et se présente à lui. Elle le remercie de s'être occupé de Steve. Son regard s'attarde longuement sur Daryl. Ça ne me plaît pas du tout.

"Vous êtes impressionnant avec votre arbalète ! D'une efficacité redoutable !"

"Humm ouais."

"J'ai eu énormément de chance de tomber sur vous, sinon j'aurais moi aussi… fini par me faire bouffer."

Et la voilà qui se remet à pleurer. Elle paraît très sensible, surtout pour quelqu'un qui abrège si vite les souffrance d'un ami. Non mais, attendez une minute. Je crois qu'elle a envie de se faire consoler par Daryl ou quoi ? En face de moi ? Elle se croit où cette garce ?! Sauf que c'est pas trop son genre de consoler les personnes qu'il ne connaît pas. Elle ne le connaît pas aussi bien que moi.

Le soir venu, elle décide d'investir la chambre où le lit est encore en place. Ça me convient très bien comme ça, car on peut rester en bas, seuls et à proximité de nos armes.

La présence de cette femme dans notre maison ne me rassure pas. Daryl me dit qu'il reste également sur ses gardes, mais c'est parce que c'est sa façon d'être. Quand bien même, je suis contente d'être enfin un peu seule avec lui et me blottie contre lui dans le lit. Il fait courir ses doigts sur mon dos en passant sous mon t-shirt. Je sens à nouveau cette douce chaleur dans mon bas-ventre et je grimpe au dessus de lui. Ma bouche s'empare de la sienne avec avidité. Son autre main m'agrippe par la nuque pour affermir encore notre baiser. Sans m'en rendre compte, mon bassin ondule légèrement et je sens rapidement… son membre dressé tout contre mon sexe, uniquement séparés par nos sous-vêtements.

La trouille s'installe encore en moi et je suis sûre que si cette Jenny n'était pas dans la maison, les choses pourraient être différentes. Je décide de ne pas écouter cette peur en moi. Après tout, j'en ai envie, je le sens. Et je veux que ce soit avec lui, ma première fois.

Sa main dans mon dos descend jusqu'à mon bassin et accompagne mon mouvement. La peur en moi monte d'un cran, mais je ne l'écoute pas. Je sens son excitation pressé contre moi et j'entends sa respiration qui se fait plus forte.

Il m'embrasse dans le cou, sur le buste, sur la bouche. Il mordille ma lèvre, mon menton, mon cou. Je sens que je suis excitée plus que jamais et que le moment est bientôt venu.

J'entends du bruit à l'étage. Le parquet a craqué et je crois avoir entendu une porte grincer. Je stoppe net notre parade amoureuse.

"Qu'est-ce qu'il y a, Beth ?"

"J'ai entendu du bruit. Je crois qu'elle s'est levée."

"Tu crois ?" Il tend l'oreille à son tour, mais plus rien ne nous parvient. "C'est rien, Beth. Laisse tomber."

Et il se remet à m'embrasser et me caresser. Malheureusement, ça m'a complètement bloquée.

"Non, Daryl. Chui désolée, mais là… j'me dis qu'elle peut débarquer n'importe quand. C'est pas comme ça que je vois ma... première fois."

Il soupire de frustration et j'me sens minable.

"Chui désolée Daryl. Excuse-moi."

"T'excuse pas, voyons. J'ai pas envie que tu te forces si tu n'es pas encore prête."

"Mais, j'me sens prête, je crois. C'est juste que les circonstances… me bloquent."

"Viens là ma puce." Et il me serre contre lui en déposant de doux baisers sur mes lèvres. Moi je me sens rougir, car c'est la première fois qu'il me donne un petit surnom.

"Daryl, est-ce que je t'ai déjà dit à quel point je me sentais chanceuse de t'avoir ?" Il rigole.

"Ah oui ? Je serai curieux d'entendre ça."

Je caresse doucement son visage et l'embrasse amoureusement.

"Oui, j'ai de la chance car j'ai trouvé en toi un homme extraordinaire. Attentionné et compréhensif, tu es aussi un homme bon. Je sens cette connexion spéciale entre-nous. J'aime quand tu me touches, tu peux pas savoir l'effet que ça me fait. Je suis si bien avec toi… Je t'aime plus que tout."

Je sens que je rougis plus fort encore. C'est la première fois que j'ouvre mon coeur à un homme, car c'est aussi la première fois que j'en aime vraiment un.

On s'embrasse avec une intensité nouvelle pour moi. J'ai envie de lui répéter que je l'aime indéfiniment.

Le lendemain, Jenny descend fraîche et reposée. Elle fait donc partie de ces femmes qui sont belles au réveil. Elle doit avoir dans la trentaine et a de beaux cheveux châtains assez raides. Elle est mince et est plus grande que moi. La peau hâlée, elle a peut-être des origines hispaniques.

Dans la matinée, on décide de s'entraîner au couteau. Daryl me montre quelques mouvements avec les couteaux d'entraînement qu'on a récupéré de l'armurerie. Daryl, lui, s'amuse à viser une cible avec les couteaux de lancer.

"Super ! Est-ce que je pourrais me joindre à vous ?" Demande Jenny.

"Pour sûr." Lui répond Daryl avant de lui montrer comment bien se servir d'un couteau.

J'ai envie de lui dire de lui filer un couteau de cuisine, puisqu'elle a l'air de bien se débrouiller avec, mais ce ne serait vraiment pas très gentil de ma part.

Encore une fois je me suis donnée à fond dans cet entraînement. Étant donné mon niveau de départ, je vois déjà quelques progrès. Bon, ça ne veut pas dire que je serai effectivement efficace si on rencontrait des adversaires aujourd'hui, mais c'est encourageant.

Jenny passe plutôt pour une gourde. Je me demande si elle ne joue pas sciemment les ingénues.

Le reste de la journée se déroule dans le calme. Mais Jenny m'énerve de plus en plus. Je l'ai surprise plusieurs fois traîner avec Daryl quand je ne suis pas là. Mais bizarrement, elle ne vient pas trop me voir quand moi, je suis seule. Et ce qui m'agace le plus, c'est que je n'ai pas de vraie preuve à apporter à Daryl. Elle minaude légèrement avec lui, mais rien de bien probant. Et puis, elle reste gentille avec moi et essaye de nous aider.

Le soir, je n'ose pas aller trop loin avec Daryl. J'ai peur de devoir me débiner comme la veille.

Le lendemain, la journée se déroule à peu près de la même manière. Je suis sur mes gardes avec Jenny. Je fais attention à ses gestes, ses paroles. Je n'ai rien de très concret à lui reprocher, c'est plus une intuition.

Daryl part un long moment à la chasse et je reste à la maison avec Jenny.

"Alors, Beth, comment ça se passe avec Daryl ?"

Elle me lance un regard aguicheur. Croit-elle sérieusement que je vais lui parler de ma relation avec lui ?

"Très bien."

"Est-ce que vous…"

"Nous quoi ?"

"Tu sais… Est-ce que vous l'avez fait au moins ?"

Mon visage s'empourpre immédiatement.

"Ça ne te regarde pas !"

"C'est que tu es tellement jeune. Tu as quel âge ? 16, 17 ans ?"

"J'ai 18 ans !"

"Oh pardon." Mais je suis sûre qu'elle m'a rajeunie exprès. "Tu sais, si tu lui refuses l'entrée de ta grotte secrète… il finira sûrement par te lâcher."

"Daryl n'est pas comme ça !"

"Donc, vous ne l'avez pas encore fait." La garce, elle me pousse à bout pour me tirer les vers du nez.

"Ça ne te regarde pas."

"Tu ne m'aimes pas beaucoup, hein ?" Je ne réponds rien. "Tu as peur de la concurrence, petite ?" Elle rigole d'un petit rire cristallin, très agaçant. "Hé bien, tu sais ce qu'on dit ? Que le meilleur gagne !"

Je la fusille du regard. Est-elle sérieusement en train d'insinuer qu'elle veut me piquer Daryl ?! Non, mais j'hallucine. Cette nana a un aplomb incroyable !

"Tu n'arriveras pas à te mettre entre nous, Jenny et je ne te conseille pas d'essayer."

Je me lève et retourne m'acharner au couteau d'entraînement, sauf que cette fois, la cible ressemble étrangement à son visage.

Quand Daryl revient de la chasse, Jenny le félicite à grand renfort de compliments et de sourires. Je crois que je pourrais lui décocher une flèche en pleine tête avec la deuxième arbalète. D'ailleurs, ça me fait penser qu'il faut aussi que je m'entraîne avec.

En passant près de moi, Daryl me demande si ça va. Je réponds évasivement. Je compte tout lui raconter, mais pas maintenant.

L'après midi se passe de la même manière. Je ne suis jamais tranquille avec Daryl et je la vois minauder avec lui quand je ne suis pas là. Plusieurs fois, elle me regarde d'un air provocateur. J'ai envie de l'étriper.

Le soir arrive enfin et je peux être seule avec Daryl. Quel bonheur !

"Tu m'as manqué."

"Ah ?"

"Je ne supporte plus cette Jenny. Elle est toujours là, elle se met entre nous."

"Ne dis pas n'importe quoi, personne ne se mettra jamais entre nous." Dit-il avant de m'embrasser tendrement.

"Tu sais, elle m'a fait comprendre qu'on était en concurrence toutes les deux… pour t'avoir."

"Quoi ? Sérieusement ?"

"J'te jure. Elle… elle prétend que puisque je suis jeune et qu'on n'a pas encore… bref, que tu allais te lasser de moi."

"Attends, elle t'a clairement dit ça ?" Il paraît très surpris.

"C'est pas exactement ces mots-là, mais c'est l'esprit. Et puis, je la vois constamment en train de te sourire et de faire la belle avec toi. Ça m'énerve !"

"Ahhhh mais tu es jalouse ?" Je rougis furieusement.

"Ce n'est pas drôle !" Mais il rigole un peu plus.

Je mordille sa lèvre inférieure et lui dit lascivement: "Et puis, j'aimerais être à nouveau seule avec toi."

"J'aimerais bien aussi. Mais on ne peut quand même pas l'abandonner dans un coin."

"Pourquoi pas ?"

"Oh, s'il te plaît, ça ne te ressemble pas."

"Il y a vraiment quelque chose de pas net chez elle. Qu'est-ce que c'est que cette attitude de défi envers moi ? On peut peut-être lui donner un peu de vivres, quelques armes et… la laisser dans un endroit sûr."

"Beth, tu ne penses pas ce que tu dis. Écoute, on verra comment se déroule la suite. N'en parlons plus."

Je laisse couler et profite des quelques instants que nous avons pour nous seuls.

Le lendemain matin, Daryl part en ville pour chercher une voiture. La moto ne va pas être pratique pour rapporter des vivres lors de notre expédition. Je me retrouve à nouveau seule avec Jenny et je prends grand soin de l'ignorer. Je regarde la carte à la recherche d'un endroit où nous approvisionner.

A son retour, on mange tous ensemble pendant que Jenny fait la conversation. Une fois terminé, Daryl nous distribue les armes et on se met en route.

Les trois premiers supermarchés que l'on visite ont déjà été dévastés. Au quatrième cependant, la chance nous sourit. Silencieusement, nous commençons le repérage, à l'affût du moindre bruit. C'est une petite boutique construite sur plusieurs étages. Daryl monte inspecter l'étage supérieur et moi l'étage inférieur, tandis que Jenny reste au niveau zéro.

En bas, c'est le stock et je trouve pas mal de choses intéressantes. Je me réjouis d'annoncer ça à Daryl. Il y a de la nourriture encore bonne à manger, du matériel de soin et d'autres trucs qui peuvent nous être utiles.

Je remonte et Jenny me dit qu'elle n'arrive pas à ouvrir un placard à pharmacie dans une remise. Je lève les yeux au ciel. C'est moi la gamine, mais c'est elle l'empotée. Je la suis dans la remise. C'est une petite pièce en bazar. Elle semble avoir été visitée auparavant, je ne vois pas ce qu'on pourrait y trouver d'intéressant. Au fond de la pièce se trouve le fameux placard avec une croix dessus.

J'essaye de l'ouvrir mais, en effet, la porte coince. Jenny ouvre une porte sur le côté de la pièce et j'entends des grognements caractéristiques de mordeurs.

"Vite, referme cette porte !"

Mais elle la laisse grande ouverte et s'en va par la porte principale en la refermant derrière elle. La pétasse ! C'est pas possible, elle veut ma mort ou quoi ?

Un mordeur sort du local et me barre le seul moyen de repli que j'ai, à savoir l'entrée de cette remise. Je me cache derrière l'armoire à pharmacie et sort mon couteau. Je ne fais plus aucun bruit.

D'un coup, je réalise ce qui m'avait choqué le jour où elle est arrivée jusqu'à nous. On l'avait entendu crier "aidez-moi", alors qu'elle était accompagnée d'un homme. Et elle a foncé vers notre maison sans un regard vers ce compagnon. En fait, elle ne pense qu'à sa propre survie et se fiche complètement des autres.

"Alors, Beth… tu t'en sors ? Ce serait tellement dommage que tu te fasses bouffer maintenant…" Sa voix est railleuse.

Le mordeur est attiré par sa voix, ce qui l'éloigne un peu de moi. Néanmoins, il va falloir que je trouve une solution, surtout qu'un deuxième mordeur vient de sortir à son tour.

"Mais ne t'inquiète pas, je serai là pour consoler le pauvre Daryl. Et je n'aurais pas besoin de trop me forcer avec lui, contrairement à Steve. Celui-là, c'était une vraie plaie. Beurk ! Mais j'ai toujours eu un faible pour les bad boys et Daryl est exactement celui qu'il me faut. Allez, amuse-toi bien, blondinette !"

La pétasse ! Elle a donc carrément fait exprès de m'enfermer avec ces mordeurs. Elle est encore plus timbrée que ce que j'imaginais. Je ne me laisserai pas faire comme ça. Oh non, hors de question que j'me fasse bouffer maintenant.

Je jette un coup d'oeil discrètement. Les deux mordeurs restent du côté de la porte d'entrée. Un instant, je me dis que je vais sortir mon deuxième couteau pour les tuer en même temps, mais je ne suis pas encore assez habile de la main gauche. Je sors sans bruit de ma cachette et m'approche du premier mordeur. Je lui plante mon couteau dans le crâne sans difficulté. Mais l'autre se retourne vers moi et tend ses bras pour m'attraper.

Je pousse son copain vers lui afin de le faire reculer et au moment où je m'apprête à le poignarder, je sens une main s'agripper à ma cheville. Un troisième mordeur est donc sorti de cette pièce, mais celui-ci n'a plus que le haut du corps et il rampe à terre. Voilà pourquoi je ne l'avais pas vu.

J'essaye de dégager mon pied tout en faisant reculer celui qui est debout. Lutter sur deux fronts en même temps est vraiment très difficile. Mes yeux passent de l'un à l'autre et j'essaye de trouver une stratégie. Si je me penche pour tuer celui qui est à terre, j'ai peur de laisser trop de marge à l'autre, et vice versa.

Bingo ! J'arrive à dégager mon pied et je retourne au fond de la remise, vers l'armoire à pharmacie. Le mordeur qui est debout me rejoint en premier. Je le retiens à la gorge de ma main gauche, tandis que j'enfonce profondément mon couteau dans son oeil.

L'adrénaline qui se diffuse en moi me fait bouillir le sang. En retournant vers l'entrée, j'écrase du talon le crâne du dernier mordeur, qui essayait vainement de ramper jusqu'à moi.

Evidemment, Jenny a verrouillé la porte de l'extérieur.

"JENNY ! Ouvre cette porte tout de suite !" Je donne de grands coups de pied dans celle-ci de rage, mais je ne réussis à rien.

J'entends le loquet qui est actionné et la porte s'ouvre finalement. Daryl est derrière et je me jette dans ses bras.

"Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce que tu faisais là ?" Me demande-t-il.

Comment peut-il ne pas avoir compris ? Je vois Jenny derrière Daryl, brandissant son couteau pour le poignarder dans le dos. Pas le temps de lui expliquer, il faut agir vite. Je pousse Daryl sur le côté aussi fort que je le peux et j'attrape le bras de Jenny au moment où elle l'abat sur moi. La lame m'entaille tout de même la joue.

Elle a plus de force que moi. J'ai du mal à la retenir, mais Daryl s'est relevé et s'est emparé d'elle. Il lui bloque les bras, alors elle crie comme une furie.

"T'es contente, connasse ?! Ton chevalier servant est venu à ta rescousse. Félicitations ! Tu t'es trouvé le parfait couillon pour sauver ton cul."

"Je ne suis pas avec lui pour qu'il me sauve, mais ça, t'es incapable de le comprendre. Toi, tu ne fais que te servir des gens. J'ai choisi d'être avec lui parce que je l'aime !"

Et je lui plante mon couteau dans le ventre.