Bonjour !
Je sais, je devais publier samedi. Je suis nulle pour tenir ce que je dis, apparemment, mais bon comme je poste plus tôt que prévu, normalement personne ne va se plaindre (la fille qui croit que tout le monde attend sa fic avec impatience
u_u)
Enfin bref, bonne lecture !
PS : Alerte publicité. J'ai un Red Beauty en cours, si vous voulez jeter un coup d'oeil.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.


Chapitre 3 : Retrouvailles

Mulan regardait fixement son chocolat chaud, perdue dans ses pensées. Au bout d'un moment, Ruby décida d'aller voir ce qui n'allait pas. Elle retira son tablier, passant une main sur sa jupe pour la défroisser, puis s'installa en face de la guerrière. Elles étaient deux jeunes femmes très différentes, mais cela n'avait pas empêché leur amitié de naître et de s'épanouir, surtout au cours des dernières semaines.

- Bonjour ! s'exclama joyeusement Ruby, faisant sursauter la brune.

- Bonjour…

Mulan posa une main sur sa tasse. Elle se sentait vide. Ni désespérée, ni inquiète, ni nostalgique. Seulement vide.

- On dirait que ça ne va pas, toi.

- C'est vrai. Depuis l'enterrement de Neal, tout est devenu… Étrange.

- Nous avons subi deux malédictions, perdu nos souvenirs, et une sorcière maléfique tente de remonter le temps pour obtenir sa fin heureuse. Rien de très surprenant à Storybrooke, finalement.

Cette remarque arracha un sourire à Mulan, qui renchérit :

- Les gens se vont enlever et transformer en singes volants. Toujours rien d'étrange.

- Tu vois, tout est très normal ici.

Elles éclatèrent de rire en chœur, puis le silence retomba. On était en milieu d'après-midi, et le restaurant était pratiquement vide. Ruby pouvait donc prendre quelques minutes pour souffler un peu. Elle se laissa aller contre la banquette, fermant les yeux. D'une voix ensommeillée, elle demanda :

- Alors, tu vas faire quoi aujourd'hui ?

- La journée est déjà bien avancée.

- D'accord. Tu vas faire quoi de ce qu'il reste d'aujourd'hui ?

- Je n'en sais rien. Je pourrais tenir compagnie à Belle.

Ruby se redressa, sa curiosité éveillée. Ces derniers temps, Mulan avait passé presque toutes ses journées dans la forêt. Pourquoi retournerait-elle s'enfermer dans la boutique de Gold ? Pour se plonger dans d'interminables et vaines recherches ? Il y avait anguille sous roche, la jeune femme le sentait.

- Pourquoi tu ne restes pas avec tes Joyeux Compagnons ?

- Robin passe beaucoup de temps avec la Méchante Reine.

- Oh, alors c'est ça. Tu es amoureuse de lui, n'est-ce pas ?

Mulan, qui était en train de boire une gorgée de chocolat chaud, manqua de s'étouffer.

- Non ? insista Ruby, déçue.

- Non, je n'aime pas Robin.

- Mais tu aimes quelqu'un d'autre ?

Mulan se sentit rougir. Au regard de son amie, elle comprit qu'elle venait de se dévoiler. Elle eut envie de creuser un trou pour s'y enterrer. Comment allait-elle rattraper ça ? Plutôt que de se défendre, ce qui lui aurait donné l'air encore plus coupable, elle décida d'attaquer :

- Et si on parlait plutôt de toi et du docteur Whale ?

- Oh non, non, non, non. N'espère pas t'en tirer comme ça. Je saurais tôt ou tard. Et il n'y a rien entre Victor et moi.

- Victor, hein ?

Ruby se leva, faussement en colère. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à répliquer, un souffle coloré passa sur elle, provoquant un mouvement de surprise qui lui fit presque perdre l'équilibre.

- La malédiction ! Elle est rompue ! s'exclama-t-elle.

Mulan sentit les souvenirs remonter en elle. Cette année interminable de fuite en avant, durant laquelle elle n'avait cessé de renier ses principes et de nier ses sentiments. Elle eut la confirmation de ce qu'elle suspectait : Aurore et Philippe étaient bel et bien devenus des singes volants. Les quelques personnes présentes chez Granny s'étaient levées et échangeaient des poignées de main et des étreintes. Le téléphone de Ruby sonna, et elle le sortit de sa poche pour lire un message.

- Que se passe-t-il ? interrogea Mulan, prenant le bras de son amie pour attirer son attention.

- Blanche va accoucher. Tout le monde se prépare à combattre Zelena.

- Je vais les rejoindre. Essaye de tenir les gens à distance, d'accord ? Il ne faut pas qu'ils risquent inutilement leurs vies.

- Oui et… Mulan !

- Quoi ?

- Prends soin de Victor.

Mulan acquiesça, et c'est l'esprit en paix qu'elle prit le chemin de l'hôpital. Elle était décidée à affronter Zelena, bien qu'elle sache que son épée ne ferait pas le poids contre sa magie. Elle était séparée d'Aurore depuis bien trop longtemps. Elle devait la retrouver et la sauver. Après tout, elle avait promis à Philippe de toujours veiller sur elle. C'était longtemps auparavant, et le prince avait finalement survécu, mais Mulan tenait toujours ses promesses. Et celle-ci lui tenait particulièrement à cœur.

Dans la rue, elle tomba sur Belle, qui sortait en courant de la boutique de Monsieur Gold. Elle tenait dans ses mains un énorme volume, qui lui échappa et heurta le trottoir avec un bruit sourd.

- Laisse-moi t'aider.

Mulan se pencha pour ramasser le livre. Il était ouvert sur une page traitant de la soumission de la volonté face à un objet magique. Elle comprit que Belle cherchait désespérément un moyen de libérer son amour de l'emprise de la sorcière. Elle lui tendit le volume, mais la jeune femme secoua la tête.

- Laisse ça ici. Ca n'est d'aucune utilité !

De toute évidence, ces longues semaines d'inquiétude et de recherches avaient épuisé sa patience. Elle semblait vraiment avoir atteint ses limites. Mulan comprenait ce qu'elle ressentait, c'est pourquoi elle n'insista pas. Elle lui demanda plutôt de l'accompagner à l'hôpital. Mais avant cela, elles retournèrent chez Granny pour récupérer l'armure de Mulan. La naissance n'était pas pour tout de suite, et Zelena allait probablement se montrer seulement au dernier moment. Cela laisserait aux héros le temps de préparer leur défense.

Les deux jeunes femmes traversèrent la ville à pieds, marchant vite et parlant peu. De temps à autre, Belle consultait son téléphone dans l'espoir d'avoir des nouvelles. Mais le temps passait et personne ne lui en donnait.

- Nous y sommes ! murmura finalement Mulan.

Elles passèrent devant l'entrée principale de l'hôpital, mais la sorcière s'apprêtait déjà à pénétrer dans le bâtiment, suivie de près par le Ténébreux. Belle fit le tour pour entrer par une autre porte. Mulan, elle, s'élança à la poursuite de son ennemie. Mais elle dû s'arrêter un instant pour vérifier que Robin allait bien. D'un geste, Zelena l'avait jeté à terre, ainsi que les trois hommes vaillants qui s'étaient proposés pour cette mission. Mulan comprit qu'elle ne pourrait pas grand-chose contre la sorcière. Mais elle devait essayer.

Elle vit Belle s'opposer à Zelena, puis perdre connaissance dans les bras de Rumple. Mais il fut vite forcé de la laisser et de poursuivre son chemin. La guerrière laissa Robin se relever tout seul et se précipita sur Belle. Celle-ci ne semblait plus respirer. Le cœur battant à cent à l'heure, Mulan tenta de la ranimer. Finalement, la jeune femme battit des paupières. Le soulagement envahit Mulan, mais ce fut de courte durée. Car un cri lui parvint :

- Non ! NON !

Elle reconnut la voix de Blanche et fila à travers le couloir, passant à côté d'une Regina évanouie sans prendre la peine de s'arrêter. Elle fit irruption dans la chambre d'hôpital à l'instant où la sorcière disparaissait dans une fumée verte. Elle vit l'horreur se peindre sur les traits de Charmant, et elle entendit Blanche pousser un cri déchirant. Elle s'approcha de son amie, qui pleurait à chaudes larmes. Zelena venait d'enlever son nouveau-né. Elle ne pouvait pas la réconforter, mais elle suivit Charmant lorsque celui-ci empoigna son épée et sortit avec la nette intention d'en finir avec la sorcière d'Oz.

Une fois dans le couloir, elle put constater que la Méchante Reine était revenue à elle. Crochet, Emma et son fils les rejoignirent et il fut décidé que Regina devrait affronter Zelena, car la Sauveuse avait perdu sa magie. Mulan avait envie de partir seule, mais elle savait qu'elle n'y arriverait pas sans aide. Elle avait vu la sorcière verte à l'œuvre et elle ne se berçait pas d'illusions. Mais le temps pressait, et elle en avait assez de discuter. C'était le moment d'agir. C'était le moment de vaincre.

Ils partirent finalement tous ensemble. Robin demeura à ses côtés, confiant et sans peur. Il avait apparemment foi en Regina, et semblait l'aimer sincèrement. Mulan se détourna d'eux et marcha plutôt aux côtés d'Emma. Qu'avaient les méchants, ces temps-ci, à passer du côté des héros ? Cela la perturbait. D'un autre côté, l'amour semblait être au cœur des changements qu'elle avait observé chez la Méchante Reine et chez Crochet, et elle était bien placée pour comprendre la force de ce sentiment.

Ils prirent la voiture de Charmant et celle du Shérif et roulèrent pendant une dizaine de minutes. Mulan ne se sentait pas vraiment à son aise, mais elle choisit de se taire. Le plus important était d'atteindre la grange dans laquelle Zelena préparait l'ouverture du portail temporel. Chaque minute comptait. Dans un crissement de pneus, la voiture s'arrêta. La guerrière ouvrit aussitôt sa portière et se précipita dehors. Elle avait hâte d'en finir avec toute cette histoire. Et elle avait hâte de venger la mort de Neal.

En pénétrant dans la grange, Mulan aperçut un étrange dessin sur le sol de terre. Elle aurait aimé l'examiner plus attentivement pour ensuite pouvoir le décrire à Belle, mais Robin lui fit signe de le suivre. Elle suivit son chef et Charmant un peu à l'écart pour laisser à la Méchante Reine la place suffisante pour affronter sa sœur. Mais la sorcière verte les vit et, d'un geste de la main, les envoya valser contre des balles de foin. Se relevant avec difficulté, la tête douloureuse, la guerrière vit ses compagnons se précipiter sur le bébé de Blanche, mais Zelena les repoussa avec sa magie. Alors que Mulan sentait l'espoir l'abandonnait, la Méchante Reine s'éleva dans les airs. La sorcière de l'ouest la tenait sous son emprise. Tout semblait perdu.

C'est alors qu'une lumière blanche illumina les mains de Regina. D'un geste, elle envoya son ennemie au sol. La Méchante Reine venait d'utiliser la magie blanche, Mulan n'en croyait pas ses yeux ! Mais son soulagement fut de courte durée, car un singe volant choisit ce moment pour se glisser dans la grange, aussitôt arrêté par Charmant, qui faillit lui trancher la gorge. Mais, Regina tenant entre ses mains le médaillon contenant les pouvoirs de sa sœur, les sortilèges furent rompus. Dans un nuage de fumée verte, la créature monstrueuse disparut, laissant place à Petit Jean.

Robin se précipita sur son ami, mais Mulan fut plus rapide. Des larmes coulaient le long de ses joues, mais la jeune femme s'en fichait complètement. Toute l'angoisse et la détresse accumulée ces dernières semaines menaçaient de l'engloutir, et elle avait désespérément besoin de se blottir dans l'étreinte réconfortante d'un ami. C'est alors que la nouvelle fit son chemin dans son esprit. Les sortilèges étaient rompus. Aurore !

Mulan se leva d'un bond et quitta la grange à toute allure. Elle courut sans s'arrêter, sans même savoir où elle allait. Elle avait la sensation que si elle prenait le temps de réfléchir, elle prendrait la mauvaise décision. Et elle refusait de laisser la peur l'éloigner d'Aurore encore une fois. Alors elle continua d'avancer, jusqu'à ce que son souffle se fasse si court qu'elle faillit s'étouffer. Heureusement, Storybrooke était en vue. Elle n'avait toujours aucune idée d'où se trouvait sa princesse, mais cela n'avait plus d'importance. Elle pourrait la retrouver, la reconnaître… La revoir.

Mulan s'arrêta brusquement. Une foule se pressait à la lisière de la forêt. Elle devina qu'il s'agissait des personnes qui avaient été transformées en singes volants. Une chevelure rousse attira son attention, et son cœur s'affola dans sa poitrine. La guerrière s'approcha en dissimulant son angoisse de son mieux. C'est alors qu'un visage familier entra dans son champ de vision.

- Philippe !

La jeune femme n'hésita pas une seule seconde : elle se jeta dans les bras dans son ami. Ravi, ce dernier la souleva de terre tout en la serrant contre lui. Leurs retrouvailles furent interrompues par un cri strident. Reconnaissant la voix d'Aurore, la guerrière s'élança vers elle. La princesse était assise par terre, une main posée sur son ventre rond.

- Le bébé arrive ! s'exclama-t-elle, paniquée.

Une contraction la fit grimacer. Aussitôt, son mari fut auprès d'elle, entourant ses épaules d'un bras protecteur. La jeune femme rousse leva les yeux vers Mulan et son visage s'illumina de joie. Leurs mains se trouvèrent, et la guerrière tomba à genoux. Il lui sembla que le temps s'arrêtait ; et que son cœur battait si fort qu'elle n'entendait plus que lui. Sa vision se brouilla. Son émotion était telle qu'il lui fallut plusieurs minutes pour revenir à la réalité. Puis Aurore posa une main douce et fraîche sur sa joue, attirant son visage contre le sien. Front contre front, les deux jeunes femmes prirent une grande inspiration, chacune réalisant à quel point l'autre lui avait manqué.

OooOooOooO

Mulan poussa la porte du restaurant. Les nains, accoudés au bar, la saluèrent joyeusement. Du coin de l'œil, elle aperçut Rumplestiltskin et Belle qui discutaient, se perdant dans le regard l'un de l'autre. Plus loin, la famille Charmant au grand complet s'était réunie autour d'une table. Une atmosphère de fête semblait s'être définitivement installée au café Granny.

- Mulan ! s'exclama Aurore, qui venait de descendre de sa chambre d'hôtel.

Les deux jeunes femmes s'enlacèrent, le cœur débordant de joie. La guerrière profita de cet instant pour faire le point sur ses sentiments. Chaque détail se marquait avec force dans sa mémoire : la main d'Aurore dans ses cheveux, son souffle dans son cou, son odeur délicieuse qui lui donnait le tournis. Chaque seconde lui semblait plus merveilleuse que la précédente. Oui, aucun doute, elle était toujours folle amoureuse. La princesse, inconsciente de l'effet qu'elle produisait sur son amie, se détacha d'elle après un dernier sourire et partit saluer Henry. Restée seule, debout au milieu de la pièce, Mulan sentit monter en elle une irrépressible envie de pleurer ; et elle ignorait si c'était de peine ou de joie.

Ruby capta son chagrin, et bien qu'elle n'en comprenne pas la raison, elle vint la rejoindre pour lui changer les idées. Elles s'installèrent sur des tabourets, commandèrent à boire et se racontèrent leurs vies pendant un long moment. La louve ne laissant jamais la conversation dévirer vers un sujet difficile, elle vit son amie retrouver peu à peu le sourire. Une fois rassurée sur l'état de son moral, Ruby la laissa pour rejoindre Blanche-Neige.

Mulan contempla sa princesse un long moment avant de se décider à aller voir Philippe. Ce dernier se trouvait auprès de son nouveau-né, dans la chambre d'hôtel prêtée par Granny. La guerrière avait été présente juste après l'accouchement d'Aurore, mais elle n'avait pu rester bien longtemps, le cœur brisé par l'image de famille parfaite que ses amis renvoyaient. Il y avait des choses qu'elle n'était pas encore prête à accepter, et pourtant, il le fallait bien. Ravalant ses larmes, elle frappa à la porte de la chambre du prince.

- Entrez !

L'apercevant, Philippe lui sourit, puis il se pencha sur le bébé et murmura, tout en lui chatouillant le ventre :

- Regarde, c'est ta tante Mulan !

La jeune femme réprima un éclat de rire désabusé. Tante, vraiment ? Voilà bien tout ce qu'elle pourrait être pour cet enfant. Et même si ce nouveau-né représentait à lui seul la fin de tous les espoirs qu'elle avait pu avoir, elle ne parvenait pas à le haïr. C'était un être innocent. Et il était le fruit de l'amour de deux des personnes que Mulan avait le plus aimé de toute sa vie. Alors, ignorant sa peine, la jeune femme se laissa tomber sur le lit. D'une main douce et chaude, elle traça de petits ronds sur le crâne du bébé. Elle l'aimait déjà.

- Alors, comment s'appelle ce petit trésor ? demanda-t-elle doucement.

- Philippe.

- Euh… Ça, c'est ton prénom.

- Une ancienne tradition de mon royaume voulait que l'on donne à un enfant royal le même prénom que son père.

- Je suis certaine qu'il deviendra un homme aussi gentil et doux que son père. Ce prénom lui ira très bien.

Le prince sourit puis il prit le nouveau-né dans ses bras… avant de le déposer dans ceux de Mulan.

- Pose ta main ici. Voilà. Tu t'en sors très bien.

La guerrière n'osait plus bouger. Au bout de quelques minutes, le bébé s'endormit. Philippe l'emmena jusqu'à son berceau puis il vint s'allonger sur le lit, épuisé.

- Alors, comment c'était d'être un singe volant ?

- J'aimerai m'en souvenir, répondit le prince, une envie de rire dans la voix.

Mulan s'allongea près de son ami, posant la tête sur son épaule. Être proche de lui ne la dérangeait pas ; c'était une sensation familière, qui la rassurait. Autrefois cela l'aurait rendue malheureuse, mais ce n'était plus le cas aujourd'hui. Elle se laissa aller, presque prête à s'endormir. C'est alors que la porte s'ouvrit, faisant sursauter Philippe, qui se redressa d'un coup.

- Qu'est-ce que…

Aurore les regardait depuis la porte, le visage fermé. Elle serrait sa cape si fort que les jointures de ses mains blanchissaient, et elle ne semblait même pas s'en rendre compte. Mulan se leva précipitamment.

- Je pense que je devrais y aller. Bonne nuit Philippe, Aurore…

Prononcer son prénom lui fut difficile, et elle ne put empêcher sa voix de trembler. Se maudissant, la guerrière quitta la pièce. Elle eut envie de parler à Belle, puis se souvint que celle-ci était en train de se marier. La cérémonie n'étant que pour la famille, la jeune femme n'avait pas été invitée. Elle aurait de toute façon eut du mal à supporter cet étalage de bonheur. Bien sûr, Belle méritait d'être heureuse. Mais cela lui faisait trop mal de penser à l'amour.

Mulan hésita à monter dormir dans sa chambre, mais réalisa qu'elle n'en avait aucune envie. Alors elle quitta le restaurant par la porte de derrière et prit le chemin du campement des Joyeux Compagnons. Les bois étaient un peu effrayants la nuit, mais elle était si bouleversée qu'elle n'y fit pas attention. Qu'est-ce qu'Aurore pouvait bien penser de la scène qu'elle avait surprise ? La guerrière se rassura en se disant que Philippe tirerait tout ça au clair avec sa femme. Elle ne devait pas s'en soucier. Elle ne voulait pas s'en soucier.

Mulan trouva Petit Jean assis près du feu. Il capta aussitôt sa détresse et lui proposa de s'asseoir avec lui. La jeune femme accepta avec joie ; il y avait longtemps qu'elle n'avait pas passé un moment avec son ami. Au bout de quelques minutes, il prit une couverture dans ses affaires et la lui mit de force sur le dos. C'était ces petites attentions adorables qui lui avaient manqué, pendant toute cette année où elle avait parcouru le monde en solitaire. Elle ferma les yeux, essayant de faire le vide dans sa tête.

- Tu devrais dormir dans ma tente ce soir, dit soudain Petit Jean.

La jeune femme lui retourna un regard incrédule.

- Euh, je veux dire, sans moi, bien sûr ! se reprit-il, gêné.

Il insista tant que la guerrière finit par accepter. Une fois enroulée dans sa couverture, il lui fallut user de toute sa volonté pour ne pas se relever et retourner voir Aurore. La savoir si proche, et sûrement énervée contre elle, lui était tout simplement insupportable. Elle ne dormit pas cette nuit-là.


N'hésitez pas à donner votre avis sur ce chapitre. On se retrouve bientôt pour la suite, maximum dans une semaine mais sûrement avant. A bientôt !