Et c'est parti pour un chapitre 4 un peu tardif. Je me suis pas mal concentrée sur mon Red Beauty dernièrement, mais l'écriture est terminée donc je vais pouvoir me concentrer sur celle-ci. Je pense qu'il n'y aura pas beaucoup de chapitres parce que mon inspiration est une sacrée lâcheuse et que je ne veux pas l'étendre indéfiniment si je n'ai pas d'idées. Mais je suis attachée à cette histoire et bien entendu je la finirai comme il se doit.
Sur ce, bonne lecture, et merci encore de suivre cette fic !
PS : Ce chapitre contient des spoilers sur la saison 4a.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
Chapitre 4 : Insomnies
En se levant le lendemain matin, Mulan découvrit son chef dans les bras d'une femme qu'elle ne connaissait pas. Ils se tenaient enlacés au beau milieu du campement. Curieuse, elle s'approcha du couple, ne sachant si elle devait signaler sa présence ou simplement s'en aller. Petit-Jean la rejoignit, souriant d'un air malicieux.
- Alors, tu as fait la connaissance de Marianne ? demanda-t-il.
La guerrière crut qu'elle avait mal entendu. Marianne était la mère de Roland. Elle était morte depuis des années.
- Qui ça ?
Un air de conspirateur sur le visage, Petit Jean entraîna son amie à l'écart pour lui expliquer toute l'histoire. Ainsi, Emma avait traversé le portail temporel de Zelena et ramené Marianne du passé ? Cette ville était décidément l'endroit où tout pouvait arriver. Un peu inquiète pour son chef, Mulan hésita à aller lui parler, mais il semblait plutôt occupé. Roland rejoignit ses parents en sautillant et s'accrocha à la jambe de sa mère. Tout devenait si compliqué à partir du moment où un enfant était impliqué…
Mulan reprit le chemin de Storybrooke, tandis que Petit Jean faisait le tour du campement pour annoncer la nouvelle du retour de Marianne à ceux qui ne le savait pas déjà. Tout en marchant d'un bon pas, la guerrière réfléchit à ce qu'elle allait dire à Aurore. Très vite, elle oublia son plaidoyer et pensa plutôt au parfum de sa peau, à la douceur de ses cheveux, à la couleur de ses lèvres, aux courbes harmonieuses de son corps…
Elle était tellement absorbée par ses pensées qu'elle faillit percuter Ruby, qui venait juste de prendre son service.
- Mulan ! Bonjour. Tu viens prendre le petit-déj ?
- Euh, oui, pourquoi pas…
Voilà qui lui laisserait le temps de se reprendre. La guerrière prit place au comptoir, juste à côté de Leroy, qui mangeait du bacon en solitaire.
- On devrait être au calme un moment, maintenant que Zelena est morte ! s'exclama le nain, relevant le nez de son assiette.
- Elle est morte ?!
Leroy étant obligé d'aller rejoindre ses compagnons, Ruby se chargea de lui faire un résumé des événements de la veille. Mulan fut rassurée d'apprendre qu'elle n'aurait plus à se soucier de la sorcière verte. Elle regretta seulement de n'avoir pu la tuer elle-même, bien qu'elle sache qu'il s'agissait là de vengeance et que ce sentiment n'avait pas sa place dans son cœur. Autrefois, elle avait mis Aurore en garde… « Il est dangereux de confondre vengeance et justice » avait-elle dit. Elle-même avait eu le plus grand mal à ne pas s'en prendre à Blanche-Neige et sa fille lorsqu'elle avait compris qu'elles étaient responsables de l'arrivée du Spectre dans leur monde.
Mulan chassa de son esprit ces événements du passé. Elle salua Ruby et se lança dans l'ascension de deux volées de marches, espérant qu'elle n'allait pas réveiller ses amis ou le bébé. Tout en marchant, elle réfléchissait. Elle comprenait ce désir qu'avait eu Zelena de remonter le temps, changer le passé, réécrire l'histoire. Elle-même aurait aimé pouvoir en faire autant, mais certainement pas à la manière de la sorcière. Non, il ne fallait pas qu'elle pense de cette façon. C'était égoïste et indigne d'elle. Elle se reprit, et frappa à la porte de la chambre.
Aurore lui ouvrit, le corps recouvert d'un long peignoir bleu ciel. Un sourire un peu forcé s'afficha aussitôt sur son visage. Elle tendit le bras et tira son amie à l'intérieur de la pièce.
- Tu tombes bien ! Blanche m'a prêté des vêtements et je suis un peu perdue.
La guerrière jeta un coup d'œil circulaire.
- Où est Philippe ? demanda-t-elle.
- Une certaine Ashley organise des réunions « maman pour la première fois ». Blanche m'a proposé de l'y accompagner, mais je suis fatiguée par ma grossesse et tous les événements qui ont suivi la malédiction. Alors Philippe a dit qu'il allait me remplacer pour cette fois.
- Philippe est à une réunion « maman pour la première fois » ?
- Oui.
Les deux jeunes femmes échangèrent un regard amusé avant d'éclater de rire. Cette brusque explosion de joie brisa la tension entre elles. Se détendant, Aurore se laissa tomber sur le lit, au milieu des vêtements prêtés par Blanche.
- Cette ville est vraiment étrange, soupira-t-elle.
- On y est bien, une fois qu'on s'y est habitué.
La princesse sourit.
- Il faudrait que je commence par m'habituer à ces vêtements. Et il est hors de question que je mette un pantalon.
- Regarde, il y a une robe mauve. Il me semble que tu aimes cette couleur.
- Ah, oui. Excellente idée.
Aurore se leva, retirant son peignoir. En-dessous, elle ne portait que des sous-vêtements, ce qui mit la guerrière mal à l'aise. Elle se détourna.
- Il y a un problème, je crois, s'inquiéta soudain la princesse.
- Attends, je vais t'aider. C'est la fermeture éclair.
Mulan posa une main tremblante sur le dos de son amie. Être physiquement proche d'Aurore lui donnait le tournis. De plus, elle sentait que les non-dits entre elles s'accumulaient et elle n'aimait pas ça.
- Voilà. C'est mieux, n'est-ce pas ?
- Cette robe est si légère ! s'émerveilla la jeune femme, arrachant un sourire à son amie.
Une fois qu'Aurore fut totalement vêtue, la guerrière lui proposa de l'emmener faire le tour de la ville. Elle lui montra la devanture de la boutique de Gold, la bibliothèque – qui était fermée tant Belle était en voyage de noces – et les différents commerces. Elles saluèrent Emma au bureau du Shérif, puis Marco et son fils dans l'atelier de menuiserie. Finalement, elles se dirigèrent vers la forêt pour rejoindre les Joyeux Compagnons. Elles s'arrêtent pour partager avec eux le repas du midi, Ruby ayant promis de dire à Philippe où elles étaient.
Sur le chemin du retour, tandis qu'elles slalomaient entre les arbres, les deux jeunes femmes se mirent à évoquer des souvenirs. Approchant de la plage, Aurore évoqua leur rencontre avec Neal et fut bouleversée en apprenant son décès. Elles s'installèrent dans l'herbe, à quelques mètres de l'océan dont elles entendaient toujours le grondement. La princesse posa sa tête sur l'épaule de son amie.
- Emma et Henry doivent être si malheureux. Je me souviens de ce jour affreux où j'ai perdu Philippe…
- Nous avons eu de la chance de le retrouver, répondit doucement Mulan.
Elles restèrent silencieuses un moment, chacune se perdant dans ses pensées. La guerrière se concentrait sur ses souvenirs les plus chers, évitant sciemment les plus douloureux. Aurore, quant à elle, était rongée par le doute. N'y tenant plus, elle posa la question qui la hantait depuis la veille :
- Dis-moi… Est-ce que tu es toujours amoureuse de Philippe ?
Mulan eut un mouvement de surprise. Elle ne savait pas quoi répondre. S'en apercevant, la princesse se redressa, les yeux brillants.
- Alors c'est oui. Tu es toujours amoureuse de lui ! crut-elle deviner, le cœur en pièces.
Elles se firent face, chacune essayant de déchiffrer les pensées de l'autre. Finalement, Aurore se retourna et fit quelques pas en direction de la ville avec la nette intention de retourner à son prince. Avant même de réaliser ce qu'elle faisait, Mulan lui avait attrapé le bras et la retenait.
- Non, attends ! Je ne suis pas amoureuse de Philippe.
- Tu mens ! Je vous ai vu, hier soir ! Et tu le sais très bien.
- Nous sommes amis.
Aurore posa une main sur son front. Elle sentait la colère monter en elle.
- Je me souviens du jour où je t'ai annoncé ma grossesse, reprit-elle. Je me souviens de la douleur dans ton regard et de ta décision soudaine de rejoindre les Joyeux Compagnons. Sur le coup, je n'ai pas fait le rapprochement. Mais maintenant toutes les pièces se mettent en place.
- Tu te trompes. Ce n'est pas du tout ce que tu…
- Arrête de me mentir ! la coupa vivement la princesse.
Ses yeux brillaient de larmes contenues.
- Tout ce temps, tu as prétendu être mon amie, continua-t-elle. Alors que tu me regardais droit dans les yeux en me racontant des mensonges. Alors que tu rêvais secrètement de mon mari !
Mulan sentit qu'elle atteignait ses limites. Elle ouvrit la bouche pour protester, mais Aurore la devança :
- Je ne veux plus te voir auprès de ma famille.
Un sanglot lui échappa et elle s'enfuit dans la forêt, rejoignant la ville au pas de course. Restée seule, Mulan se laissa tomber au sol. Perdit son regard à l'horizon. Elle eut envie de marcher jusqu'à l'océan et de le laisser l'engloutir avec son chagrin. Mais elle resta immobile, le cœur lourd, les paroles de sa princesse tournant encore et encore dans son esprit.
OooOooOooO
Aurore berçait son enfant. Philippe – le père – s'était endormi dès que sa tête avait touché l'oreiller. La princesse, qui n'avait pas eu le cœur à lui parler de sa dispute avec Mulan, avait longtemps cherché le sommeil. Finalement, son bébé s'était mis à pleurer, lui offrant une excellente raison de se relever. Cela faisait maintenant plusieurs minutes qu'elle tenait son petit corps chaud entre ses bras, lui murmurant une berceuse si bas qu'elle n'était pas sûre qu'il puisse l'entendre. Finalement, elle reposa le nouveau-né dans son berceau et décida de sortir prendre l'air.
Aurore descendit les marches qui donnaient sur une pièce commune que les habitants de l'hôtel appelaient seulement « le salon ». Elle fut surprise d'y découvrir Mulan, assise sur un fauteuil, en train de raviver les flammes dans la cheminée. La princesse s'arrêta net en l'apercevant, resserrant les pans de sa robe de chambre bleue dans un geste nerveux.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? murmura-t-elle, soucieuse de ne pas réveiller Granny, qui dormait dans une pièce adjacente.
La guerrière se tourna vers elle, surprise de la voir apparaître au milieu de la nuit.
- J'attendais le matin pour venir te voir, répondit-elle sur le même ton.
Sa colère pas tout à fait retombée, Aurore s'assit sur un fauteuil en face de son amie. Elle savait bien qu'il leur fallait poursuivre leur discussion, quand bien même c'était difficile à entendre.
- Je ne suis pas amoureuse de Philippe, assura tranquillement Mulan. Du moins, je ne le suis plus.
- Qu'est-ce qui a changé ?
- J'ai rencontré quelqu'un. Une personne qui m'a fait réaliser que, quels que soient les sentiments que j'avais pu ressentir avant, ils n'étaient rien en comparaison de ce que je ressentais pour elle.
- Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé ? s'étonna Aurore.
- J'ai essayé. Mais…
- Quoi ?
La guerrière quitta son fauteuil et vint s'agenouiller devant sa princesse. Elle était fatiguée de mentir et de dissimuler ses sentiments. Elle avait passé les dernières heures à réfléchir, encore et encore, tant et si bien que désormais elle avait la tête vide de toute pensée.
- J'ai essayé, répéta-t-elle. Mais tu m'as annoncé ta grossesse et j'ai eu le cœur brisé.
- Mais pourquoi ? Tu viens de dire que tu n'étais pas amoureuse de Philippe…
- Je ne le suis pas. C'est toi que j'aime, Aurore.
Il lui avait fallut tout son courage pour dire cela. Mulan s'inquiétait de la réaction de son amie et en même temps elle ne pouvait s'empêcher d'être soulagée. Elle ne pouvait plus supporter cette situation, ces non-dits. La vérité avait éclaté, et c'était de toute évidence un choc pour Aurore. Celle-ci fronça les sourcils, la bouche entrouverte dans une expression de surprise.
- Qu'est-ce que tu dis ? demanda-t-elle, sûre qu'elle avait mal entendu.
Les battements de son cœur résonnaient dans ses oreilles. Elle avait dû mal comprendre. Elle avait forcément mal compris.
- Je t'aime, murmura Mulan, plongeant son regard dans le sien.
Plus de doutes possibles, elle avait bien entendu.
- Tu… m'aimes ? Mais… mais c'est impossible.
La tête d'Aurore était douloureuse. Elle frotta son front d'une main, luttant contre la fatigue qui lui était brusquement retombée dessus, essayant de toutes ses forces de comprendre cette situation surréaliste.
- En amour, rien n'est impossible, répondit doucement Mulan.
Elle avait imaginé ce moment un nombre incalculable de fois. Elle avait cru qu'elle se sentirait angoissée mais il n'en était rien. Tout lui semblait incroyablement juste et vrai. Elle était là, elle était avec Aurore. Elle lui disait enfin ce qu'elle avait gardé en secret dans son cœur pendant si longtemps. Et la princesse ne s'était pas enfuie. Encouragée par cette curieuse absence de réaction, Mulan céda à son impulsion et posa ses lèvres sur celles d'Aurore comme elle en avait toujours rêvé.
La princesse mit quelques secondes à réaliser ce qui se passait. Puis soudain, tout se mit en place dans sa tête. Mulan était amoureuse d'elle. Mulan était en train de l'embrasser ! Aurore recula vivement, comme brûlée par le contact de son amie. Elle bredouilla des excuses incompréhensibles et se précipita dans les escaliers. Arrivée dans sa chambre, elle se colla contre la porte, le cœur battant à cent à l'heure. Elle vit Philippe, allongé sur le dos dans le lit, sa poitrine se levant et s'abaissant au rythme de sa respiration. Elle le fixa longuement, prenant des inspirations en même temps que lui, tâchant de reprendre le contrôle sur ses émotions.
Lorsqu'elle eut retrouvé un semblant de calme, la princesse s'approcha du berceau de son bébé. Voir ce petit être innocent profondément endormi lui apporta un grand réconfort. Encore un peu sonnée par les révélations de son amie, Aurore se glissa sous les couvertures aux côtés de son mari. Elle se colla contre lui, à la recherche de chaleur. Elle ne souhaitait qu'une chose : s'abandonner au sommeil. Hélas, il ne cessait de la fuir.
OooOooOooO
Philippe était inquiet. Il n'avait pas vu Mulan depuis plus d'une semaine, et Aurore refusait toujours de lui dire pourquoi elle ne voulait pas aller lui rendre visite au campement des Joyeux Compagnons. Sa femme était d'une humeur étrange ; il la trouvait souvent assise dans un coin, le regard perdu dans le vague, l'air totalement absente. Elle ne reprenait vie que lorsqu'elle passait du temps avec leur enfant, se réjouissant de ses joyeux éclats de rire, lui chantant des chansons à mi-voix. Mais, une fois le bébé endormi, elle retournait aussitôt à son attitude sombre, décourageant toutes les tentatives de son mari pour la forcer à s'ouvrir à lui.
Un beau jour, las de la voir dans cet état, Philippe décida d'aller retrouver Mulan. Aurore reporta à peine son attention sur lui lorsqu'il annonça qu'il allait faire des courses, retournant vite à sa tristesse contemplative. Il quitta donc la chambre d'hôtel, mal à l'aise à l'idée de lui avoir menti. Mais quelque chose clochait et il sentait que la guerrière avait un rapport avec tout ça. En fait, il avait bien une théorie, mais il évitait de trop y penser. Chasser les idées qui le dérangeaient était une seconde nature chez lui, et ça lui était bien utile à ce moment-là.
Le prince traversa rapidement la forêt, pressé de parvenir à destination. Aux abords du campement, deux Joyeux Compagnons le forcèrent à s'arrêter pour « contrôler son identité ». Philippe dut donner son nom et dire de quel royaume il venait avant qu'on le laisse rejoindre Mulan, qui se tenait près du feu dans une posture très semblable à celle qu'Aurore avait adopté ces derniers jours. Le prince soupira. Les femmes de sa vie lui cachaient quelque chose, il en était certain.
- Bonjour ! lança-t-il en s'asseyant près de son amie.
Mulan releva la tête, surprise de voir Philippe ici, dans cet endroit où elle pensait pouvoir lui échapper. Elle résista à l'envie de baisser les yeux ou même de s'enfuir en courant. Elle prit sur elle, se forçant à sourire.
- Bonjour ! répondit-elle. Comment vas-tu ?
- Bien, bien. Et toi ?
La guerrière réalisa qu'elle ne pouvait pas lui répondre honnêtement. Décidément, toutes les questions étaient dangereuses.
- Je vais bien, mentit-elle avec aplomb.
Depuis quand était-elle devenue si douée pour la dissimulation ? Elle craignait de trop bien connaître la réponse…
- Et le bébé ? demanda-t-elle. Et Aurore ?
Elle n'avait pu empêcher sa voix de trembler en prononçant le prénom de la princesse. Elle se détourna, se maudissant intérieurement.
- Ils vont bien. Même si Aurore est un peu… distante, ces temps-ci.
Mulan étouffa un grognement.
- Ah, répondit-elle évasivement.
- On ne t'a pas beaucoup vu ces derniers temps, reprit Philippe, qui ne perdait pas son objectif des yeux.
Il avait bien l'intention de savoir ce que sa femme lui cachait. Et s'il fallait pour cela soumettre sa meilleure amie à un interrogatoire eh bien, soit, il le ferait.
- J'ai été pas mal occupée. Tu as entendu parler de la femme de Robin ?
- Oui.
Mulan se redressa, contente d'avoir changé de sujet.
- Elle a été gelée par une sorte de Reine des Neiges. Sans parler du fait que la ville est entourée par un mur de glace infranchissable. Robin est au plus mal et je dois supporter son nouvel ami Will.
La guerrière montra du doigt un des hommes qui avait demandé à Philippe de s'identifier avant de rentrer dans le campement.
- Il a un humour douteux, commenta Mulan. Et il est un peu trop porté sur la boisson. Mais, pour être honnête, c'est le seul d'entre nous qui mérite encore de se faire appeler un « joyeux compagnon ». Tout le monde est tellement morose !
- C'est normal, non ?
- Oui et non. La Méchante Reine a maintenu Marianne en vie. Nous allons trouver cette Reine des Neiges et nous allons l'arrêter. Après tout, nous avons vaincu la sorcière de l'ouest, même si je n'ai pas aidé à grand-chose. Je suis sûre que nous saurons faire face à ce nouveau problème.
- Ton optimisme et ta force de caractère me manquent parfois, confessa Philippe, qui adressa un sourire sincère à son amie.
- Cela fait bien longtemps que nous n'avons pas affronté d'ennemis ensemble.
- C'était une belle époque, répondit chaleureusement le prince. Pourquoi nous as-tu quittés ?
- Oh, tu sais… Robin m'a fait une proposition. Aurore est tombée enceinte. Vous alliez devenir une famille, et j'ai eu besoin de changer d'air.
Mulan se donna une claque mentale. Elle se sentait si bien avec son ami qu'elle s'était tout naturellement lancée dans les confidences.
- Est-ce que tu éprouves une certaine jalousie envers notre bonheur ? demanda prudemment Philippe, qui ne savait pas comment formuler sa question sans paraître insultant.
- Vous méritez d'être heureux, répondit honnêtement Mulan. Bon, je vais te laisser, j'ai une patrouille à effectuer en compagnie de Will.
- Je te souhaite bonne chance.
- Je vais en avoir besoin.
Philippe se releva d'un bond et enlaça Mulan. La tête dans ses cheveux, il poussa un soupir de contentement. Une émotion montait en lui, qu'il préféra ignorer, comme il le faisait toujours. Après un dernier sourire, il s'enfonça dans les bois. Il rejoignit Aurore et leur fils dans leur chambre d'hôtel, de bonne humeur bien qu'il n'ait toujours pas obtenu de réponses à ses questions. Ce soir-là, ils dînèrent chez Granny, bientôt rejoints par Belle et Ruby, qui firent l'essentiel de la conversation. Une fois le repas terminé, Philippe monta se coucher d'un pas lourd.
Cette nuit-là, Aurore ne parvint pas à dormir. Cela n'était pas nouveau pour elle depuis la révélation de Mulan, elle n'avait pas fait une seule nuit complète. Elle s'installa sur la banquette au bord de la fenêtre et regarda longuement les étoiles. Perdue dans sa contemplation silencieuse, elle ne s'aperçut pas que la respiration de Philippe était différente de d'habitude. Roulé en boule sous les couvertures, le prince avait les yeux grands ouverts, essayant de refouler au plus profond de lui les émotions qui l'étreignaient lorsqu'il pensait à Mulan.
Et voilà c'est fini pour aujourd'hui. La suite dans maximum une semaine, sûrement avant. A bientôt !
