Bonjour !
Et c'est parti pour un chapitre 5, dont j'espère qu'il vous plaira.
Pour répondre à un guest (que je remercie infiniment pour sa review *coeur*) oui il y aura un cinquième chapitre que voilà et une suite et une fin. Je suis en train d'écrire le prochain et je pense qu'il en faudra au moins un autre et un épilogue pour terminer. Et je sais où je vais donc tout va bien !
Merci à tous pour vos encouragements vous n'imaginez pas à quel point ça m'aide à prendre confiance.
Bonne lecture !
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
Chapitre 5 : Quiproquo
Le jour suivant sa discussion avec Philippe, Mulan décida de retourner à Storybrooke affronter Aurore. Affichant une assurance qu'elle ne ressentait pas, elle prit le chemin de la ville. Histoire de reporter l'inévitable confrontation à plus tard, elle s'arrêta à la boutique de Gold pour saluer Belle. Celle-ci semblait plutôt en forme malgré la menace de la Reine des Neiges. Mulan se fit la réflexion que les gens d'ici commençaient à s'habituer à vivre sous la menace perpétuelle d'une quelconque sorcière.
En entrant au café Granny, la guerrière tomba sur Ruby qui prit une pause pour discuter avec elle.
- Tu as l'air soucieuse, remarqua la louve.
- Je suppose que je devrais l'être.
Ruby sourit doucement.
- J'ai confiance, répondit-elle. Les héros vont vaincre les méchants et tout rentrera dans l'ordre.
- Je suis contente de voir que quelqu'un est de mon avis !
- Alors pourquoi es-tu soucieuse ?
Mulan n'osa pas répondre. Elle avait trop peur de ce qu'elle était capable de dire à partir du moment où elle se sentait en confiance. De plus, elle ne se sentait pas vraiment le besoin d'en parler, du moins pour l'instant. Elle salua son amie et prit le chemin du « salon ». A cette heure de la journée, il était occupé par les femmes du groupe « maman pour la première fois ». Elle attendit, n'osant pas entrer et les interrompre. Elle s'appuya contre la porte, écoutant au travers la chanson d'au revoir. Finalement, Ashley ouvrit.
Très vite, la guerrière fut entraînée dans une conversation sur les dernières nouvelles de Storybrooke. La plupart des femmes présentes ne la connaissait pas mais n'hésitaient pas à parler avec elle. Elle fut ravie de constater que le climat de peur instauré par la Reine des Neiges n'empêchaient pas les gens d'ici de se montrer bienveillants. Peu à peu, les mamans s'éloignèrent et elle se retrouva seule face à Aurore, qui serrait son fils dans ses bras.
- Blanche n'est pas ici ? demanda faiblement Mulan, disant la première chose qui lui passait par la tête.
- Il y a eu un problème avec Emma, répondit Aurore, sans oser la regarder.
- Oh, j'espère que ce n'est pas grave ?
- Une histoire de magie, je crois. Je ne suis pas vraiment au courant des détails.
- Ah.
Le silence retomba, pesant. Puis Aurore reprit la parole :
- Comment as-tu su où me trouver ? demanda-t-elle d'un ton un peu sec.
- Tu avais envoyé Philippe à une de ces réunions. Tu m'en avais parlé.
Maintenant que le nom du prince était prononcé, leur accord tacite était brisé.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Aurore, lasse.
Mulan passa une main dans ses cheveux, laissant son regard errer sur le salon. La pièce lui semblait différente de jour. Les souvenirs de sa déclaration d'amour lui revenant, la guerrière sentit le rouge lui monter aux joues. Eh bien, cela n'allait pas être une discussion facile.
- Philippe est venu me voir, annonça-t-elle. Tu l'ignorais ?
La princesse fronça les sourcils mais ne répondit pas.
- Il m'a dit qu'il ne me voyait pas souvent, poursuivit la brune. Et j'ai réalisé que cette situation était ridicule. Que nous pouvions parler, arranger les choses.
Aurore pesa silencieusement le pour et le contre. Elle sentait bien, au fond d'elle, que cette discussion lui était nécessaire. Elle avait besoin de retrouver sa paix intérieure, et accessoirement le sommeil. Mais surtout, l'amitié de la guerrière lui manquait terriblement.
- J'aimerai que nous puissions redevenir amies, formula-t-elle à haute voix.
Mulan posa un regard triste sur elle.
- Je le voudrais aussi.
- C'est possible, n'est-ce pas ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Dès lors qu'il y a des sentiments amoureux, l'amitié n'existe plus.
La princesse sentit son cœur s'arrêter. Elle n'avait jamais voulu cela. Elle ouvrit la bouche pour protester, mais la guerrière l'interrompit :
- Qu'est-ce que tu ressens pour moi, Aurore ? J'ai besoin de savoir.
Mulan s'assit en tailleur sur le sol, n'osant plus rien faire si ce n'est regarder par terre. Elle n'avait pas prévu de poser cette question. Elle en devinait la réponse et elle ne voulait pas l'entendre. A son grand étonnement, Aurore vint s'asseoir près d'elle. Elle tenait toujours dans ses bras son bébé endormi. Puis, sans regarder son amie, elle répondit :
- J'y ai beaucoup pensé, ces derniers temps. Le jour, la nuit, en permanence.
- Et quel est le verdict ? interrogea Mulan, qui retint son souffle.
- Je ne sais pas. Je n'arrive pas à y voir clair. Et je t'en veux beaucoup pour cela. Avant, tout était facile. Malgré la malédiction, le nouveau monde, mon rôle de mère auquel je m'habituais doucement. Je savais exactement quel était mon devoir. Mon devoir de mère et d'épouse. Mais depuis que tu m'as parlé, tu as ouvert comme une brèche dans mon cœur, et j'en suis toute bouleversée. Je n'ai plus aucune idée de ce que je dois faire.
- Je suis désolée. Je le suis vraiment. Je ne t'ai pas confié mes sentiments pour que tu te mettes dans cet état.
- Pourquoi as-tu fait ça ? s'énerva Aurore, toujours sans la regarder. Nous aurions pu être amies, tout aurait pu être comme avant. Tu as tout gâché.
La princesse se mit à pleurer, au grand désespoir de son amie. Mais Mulan n'osa pas la consoler. Elle craignait trop sa réaction si elle se risquait à l'approcher.
- J'en ai eu assez de vivre un mensonge, murmura-t-elle en réponse.
La guerrière se leva et quitta la pièce, laissant Aurore seule avec son bébé.
OooOooOooO
La nuit tombait sur le campement des Joyeux Compagnons. Assise devant sa tente, Mulan regardait ses amis boire et s'amuser. Près du feu, Will faisait le pitre pour faire rire Roland. Elle aurait dû se sentir heureuse. C'était ce qu'elle se répétait tout le temps. Elle avait de merveilleux compagnons, elle faisait partie d'un groupe, elle s'était adaptée à ce nouveau monde. Qu'attendait-elle pour prendre ce nouveau départ pour lequel elle avait tant sacrifié ? La vérité, c'était qu'elle n'en voulait plus. Elle voulait seulement se complaire dans sa douleur.
Ainsi, lorsque Petit Jean vint lui tapoter l'épaule, elle l'ignora. Qu'il aille au diable. Qu'ils aillent tous au diable ! Elle n'avait pas envie qu'on la regarde souffrir.
- Mulan ?
La guerrière ferma les yeux.
- Mulan, je suis désolé de te déranger, mais quelqu'un te demande. Il a dit qu'il s'appelait Philippe.
La brune soupira. Aurore lui avait probablement tout raconté. Elle ne se sentait pas prête pour cet affrontement. Mais elle n'y serait jamais prête alors autant y aller tout de suite. La jeune femme se leva, marchant jusqu'à la limite du campement pour retrouver son ami. L'expression de son visage l'alarma.
- Philippe ? Est-ce que tout va bien ?
- Viens avec moi, répondit-il. Allons marcher.
La guerrière accepta et ils s'éloignèrent lentement du campement. Finalement, le prince s'appuya contre un arbre et contempla l'horizon. Le soleil avait disparu. Il baissa les yeux, cherchant ses mots.
- Que s'est-il passé, Mulan ? demanda-t-il finalement.
- De quoi parles-tu ?
- Ne fais pas celle qui ne sait pas.
Il semblait las. Un nœud d'angoisse et de culpabilité se forma dans le ventre de Mulan.
- Je me suis disputée avec Aurore, commença-t-elle.
- Elle a découvert ton secret, n'est-ce pas ? Elle a découvert que ton cœur souffrait d'un amour interdit. Tu serais surprise de constater comme ce mal est répandu.
La guerrière se figea. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Aurore avait raison, elle avait tout gâché. Elle aurait dû se taire.
- Philippe, je suis désolée.
Le prince se tourna vers son amie, la regardant avec tendresse. Il était fatigué de se raconter des histoires. Il était temps pour lui de faire face à la vérité.
- Ne le sois pas, répondit-il. Je t'aime aussi.
Puis il se pencha sur Mulan, emprisonnant son visage entre ses mains. Ses lèvres se pressèrent avidement contre les siennes. La jeune femme ne lui résista pas. Elle le devait, en quelque sorte, à la personne qu'elle avait été avant. La personne qui aurait tout donné pour qu'une telle chose se produise. Mais, lorsque le prince se détacha, plongeant ses yeux brillants de larmes dans les siens, elle recula.
- Comment peux-tu faire ça à Aurore ? demanda-t-elle.
Elle avait conscience de son hypocrisie. Mais elle au moins n'était pas mariée à la princesse. Ce qui ne l'empêcherait pas, elle le savait, de payer le prix fort.
- J'étais persuadé que je l'aimerai toute ma vie, répondit Philippe. Je pensais qu'il n'y aurait jamais une autre femme. Et puis je t'ai rencontré. Mais je ne suis pas le genre d'homme à laisser son cœur choisir. J'étais fiancé à Aurore. Je lui avais promis de toujours l'aimer et je lui avais promis de l'épouser. De plus, je n'allais pas la laisser plongée dans un sommeil éternel.
- Peu de choix s'offraient à toi finalement, réalisa la guerrière.
- Aucun, en vérité.
Mulan resta silencieuse un instant. Puis un détail remonta à sa mémoire.
- Comment se fait-il qu'Aurore se soit réveillée lorsque tu l'as embrassé ? Il ne pouvait s'agir que du véritable amour ! Et tu dis que tu m'aimais…
- Je l'aime elle aussi. Je vous aime toutes les deux d'un amour véritable.
Philippe s'assit sur le sol recouvert d'aiguilles de pin. La tête en arrière, il fixa la voûte céleste, savourant la sensation de son cœur brisé. La douleur devenait agréable lorsqu'il s'y abandonnait. Il sentait qu'il la méritait, et cela le satisfaisait. Il ne put s'empêcher de penser qu'il y avait quelque chose de tordu dans tout ça.
- Je suis désolée, murmura Mulan.
Elle ne savait pas exactement de quoi elle s'excusait, mais elle ressentait le besoin de le faire. Lentement, elle se laissa tomber au sol, son dos heurtant celui de son ami. Ils demeurèrent ainsi un long moment, écoutant les bruits de la nuit. Puis Philippe poussa un soupir et dit :
- Je ne sais que faire maintenant.
Mulan ferma les yeux. Elle réfléchissait. Passait leurs options en revue.
- Tu pourrais rentrer chez toi, dit-elle finalement. Tu pourrais retourner auprès de ta femme et de ton fils. Prétendre que rien n'est arrivé.
- Cela ne serait pas honnête.
- Elle souffrira si tu le lui dis.
Mulan réalisait bien qu'elle avait surtout peur de la perdre pour toujours.
- Elle souffre déjà, murmura douloureusement Philippe. Nous souffrons tous les trois.
- Pourquoi as-tu fait ça ?
La guerrière sentit la colère et le désespoir l'envahir. Elle comprenait tout à fait ce qu'Aurore ressentait, maintenant.
- Je crois que j'ai voulu tout gâcher.
- Comment as-tu pu le vouloir ?
- Je suis malheureux. Ce n'est pas à cause d'Aurore. Elle est merveilleuse. Mais je ne peux pas rester à ses côtés en me contentant d'aimer son souvenir, sans pouvoir l'aimer elle. D'une certaine façon, c'était plus facile lorsqu'elle était endormie et que nous la cherchions. Je savais ce que je devais faire.
Mulan se laissa peser de tout son poids contre le dos du prince. Avoir cette conversation deux fois dans la même journée était tout bonnement éreintant.
- Tu sais encore ce que tu dois faire. Quel est ton devoir envers elle. Et tu as un enfant, Philippe ! Vous avez eu un enfant ensemble. Tu ne peux te contenter de jeter par la fenêtre tes beaux principes parce que tu en as assez. Il fallait y penser avant de fonder une famille.
Le prince baissa honteusement la tête. Il savait que son amie avait raison. Ils restèrent encore un instant comme cela, dos contre dos, à regarder le ciel. Soudain, des feux d'artifices apparurent à l'horizon.
- D'où est-ce que ça vient ? s'étonna la guerrière.
- Je n'en sais rien. Je devrais rentrer chez Granny.
Philippe se releva, aidant son amie à en faire autant. Ils s'enlacèrent un bref instant, pour se donner du courage. Puis le prince disparut dans les bois en direction de Storybrooke. Restée seule, Mulan réalisa qu'elle ne lui avait pas dit de qui elle était réellement amoureuse.
OooOooOooO
Aurore attendait son mari. Il était parti prendre l'air au moins deux heures auparavant. Elle tenta de se souvenir de son humeur à ce moment-là. Mais elle avait été trop concentrée sur elle-même et sur sa discussion avec Mulan. Un sentiment de culpabilité s'insinua en elle. Elle n'avait pas été une épouse très présente ces derniers temps. Toujours perdue dans ses pensées, ne s'enquérant jamais de l'état de son prince. Elle se promit de lui présenter ses excuses à l'instant même où il passerait la porte.
Ce moment n'arriva qu'environ une demi-heure plus tard, alors que la jeune femme se décidait à prévenir le bureau du shérif. Elle avait saisit le téléphone de sa chambre, se demandant si elle saurait comment s'en servir. Ashley le lui avait montré, une fois, mais elle n'avait pas été très attentive. Alors qu'elle composait prudemment les numéros, la porte s'ouvrit dans un grincement.
- Philippe ! s'exclama-t-elle.
Son éclat réveilla le bébé, qui se mit à pleurer. Elle se précipita aussitôt sur lui, le prenant dans ses bras en le berçant doucement.
- Il va réveiller tout l'hôtel, s'inquiéta la princesse.
Elle se tourna vers son mari, surprise qu'il ne se soit pas excusé de rentrer si tard. En voyant l'expression grave de son visage, elle comprit que quelque chose d'horrible se tramait. Un sentiment de panique l'envahit, si puissant qu'il lui coupa la respiration.
- Philippe, que se passe-t-il ?
Toujours sans rien dire, le prince s'approcha d'elle et lui prit l'enfant des bras. Le bébé se calma au contact de son père, qui put bientôt le reposer dans son berceau. Ils s'installèrent sur le lit, l'un à côté de l'autre.
- Où étais-tu ? demanda Aurore.
Elle sentait confusément qu'elle ne voulait pas vraiment connaître la réponse.
- Dans la forêt.
- Avec Mulan ?
- Oui.
La princesse prit une profonde inspiration. Elle avait cru que Mulan garderait le silence, mais sa culpabilité avait dû être la plus forte.
- Je suis tellement désolée, murmura-t-elle.
Des larmes coulèrent sur ses joues sans qu'elle puisse les retenir.
- J'aurais dû lutter davantage, reprit-elle courageusement. Je lui ai dit de ne plus s'approcher notre famille mais je crois… Je crois que je n'ai pas su être aussi claire que je le voulais.
Philippe se tourna vers sa femme. Elle était si douce, si belle, si compréhensive. Comment pouvait-elle être si compréhensive ?
- Ce n'est pas de ta faute, répondit-il finalement. Tu n'es responsable de rien. Et sache que Mulan non plus. Personne n'est en mesure de contrôler ses sentiments. Nous pouvons les taire, mais à quoi bon ? Ils reviennent toujours nous hanter.
Aurore ferma les yeux. Elle ne comprenait que trop bien.
- Tout est de ma faute, ajouta Philippe.
- C'est faux ! Tu es un mari exceptionnel et un homme bon.
- Comment peux-tu dire cela ?
Aurore sentit que quelque chose clochait. Pourquoi son époux était-il si abattu ? Certes, Mulan était amoureuse d'elle et c'était une tragédie. Mais il réagissait comme s'il était coupable de tout. Pensait-il que sa femme éprouvait des sentiments pour la guerrière ? Croyait-il que cet amour impossible était partagé ? C'était la seule chose qui lui semblait expliquer cette expression de tristesse sur le visage de Philippe.
- Nous allons nous éloigner, dit-elle vivement. Nous allons trouver une petite maison à l'écart de la ville et nous serons heureux ensemble. En famille.
- Que fais-tu de Mulan ?
- Ne plus nous voir lui fera du bien. Elle oubliera ses sentiments.
Philippe se redressa. Plongea son regard dans celui de sa femme.
- Mais comment pourrais-je oublier les miens ? murmura-t-il.
Aurore fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que…
Elle s'interrompit. Elle venait de comprendre.
- Philippe. Est-ce que tu as des sentiments pour Mulan ?
Elle n'avait pu empêcher sa voix de trembler.
- Oui.
Il y avait une once de provocation dans sa voix. C'était comme s'il la défiait de se mettre en colère contre lui. Aurore aurait voulu réagir. Elle aurait voulu être en colère. Mais elle était seulement malheureuse. Elle se releva, retournant s'asseoir sur la banquette sous la fenêtre, à l'endroit où elle passait la plupart de ses nuits. Elle entendit Philippe se glisser dans le lit. Au bout d'un moment, elle osa un regard en arrière et vit qu'il lui tournait le dos. Elle se tourna de nouveau vers la fenêtre, regardant le ciel à travers ses larmes.
Un de ces jours, va falloir que j'arrête de leur en faire baver comme ça. Les pauvres. Si vous avez un quelconque commentaire à faire, en bien ou en mal, laissez donc une petite review ! On se revoit dans deux/trois jours par la suite. Tout dépend de ma motivation à écrire, et de mon inspiration un brin fluctuante. Bref, à bientôt !
