Je suis en retard, je suis vraiment désolée.
Minute pub : j'ai une nouvelle fiction, Hindsight, un Swan Queen. Venez jeter un oeil si ça vous intéresse.
Voilà, bonne lecture !
Disclaimer : Les personnages et l'univers de la série appartiennent à Edward Kitsis et Adam Horowitz.
Chapitre 6 : La vérité
- Mulan ! Où est-elle ? Je veux la voir IMMÉDIATEMENT !
La guerrière s'éveilla en sursaut. Elle regarda autour d'elle avec angoisse avant de réaliser qu'elle se trouvait sous sa tente, dans le campement des Joyeux Compagnons. Quelqu'un passa la tête à l'intérieur, et elle sortit vivement son épée.
- Hé ! s'exclama Will, levant ses mains comme pour se protéger.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
Mulan mit plus de temps que nécessaire à baisser son arme. Elle s'amusait de voir son compagnon si effrayé.
- Une femme est à ta recherche, lui apprit-il.
- Amenez-moi à elle ! hurla Aurore, quelque part à l'extérieur.
La guerrière poussa un profond soupir.
- Will, peux-tu, s'il te plait, faire patienter ma visiteuse ? J'aimerai pouvoir m'habiller avant d'aller à sa rencontre. A ce propos, si tu pouvais regarder ailleurs.
Le valet leva les yeux au ciel avant de sortir rejoindre Aurore. Restée seule, Mulan fouilla dans ses affaires à la recherche de vêtements de rechange. N'entendant plus de cris hystériques au dehors, elle supposa que Will faisait ce qu'elle lui avait demandé. Une fois vêtue des pieds à la tête, elle prit une profonde inspiration et quitta la tente. La princesse l'attendait près du feu. Dès qu'elle la vit, elle la saisit par le col de sa veste et la tira derrière elle jusqu'à la limite du campement. Mulan regardait autour d'elle en attente d'une aide quelconque, mais ses compagnons semblaient impressionnés par la colère d'Aurore. Celle-ci finit par lâcher son amie et lui fit face, le visage rouge, les yeux brillants.
- Comment as-tu pu me cacher une chose pareille ? explosa-t-elle.
- Je n'ai jamais eu l'intention de te cacher quoi que ce soit…
- Comme tes sentiments pour moi, par exemple ?
Réalisant qu'elle venait de remettre le sujet sur le tapis, Aurore poussa un soupir de découragement. Sa vie devenait un vrai champ de mines.
- Écoute, reprit-elle, maîtrisant sa colère de son mieux. Il est inutile de me mentir. Je sais que mon mari a des sentiments pour toi. Et d'après ce que j'ai compris, toi aussi.
- Non, je t'en ai déjà parlé ! Je t'ai dit la vérité !
- Difficile de savoir à qui tu mens, ces temps-ci, Mulan !
La guerrière s'approcha de son amie, qui faisait un pas en arrière à chaque fois qu'elle en faisait un en avant.
- Je ne te mens pas. Tu dois avoir confiance en moi, comme avant.
- Les choses ne seront plus jamais comme avant, puisque tu as tout gâché !
- Je ne suis pas responsable des sentiments de Philippe. Je ne voulais pas ruiner votre mariage, je n'avais pas l'intention de gâcher quoi que ce soit.
Aurore ravala ses larmes. Elle devait être forte, encore au moins un instant.
- Qu'est-ce qui vous a pris, à tous les deux ? demanda-t-elle plus calmement. Étiez-vous si malheureux à cause de moi ? Tout aurait été plus facile, n'est-ce pas, si Philippe ne m'avait jamais réveillé ?
Mulan saisit les mains de son amie dans les siennes. Elle fut surprise qu'elle ne tente plus de s'échapper.
- Philippe a voulu honorer sa promesse, expliqua-t-elle doucement. Il t'aimait et il voulait t'épouser, comme ce qui était prévu.
- Et maintenant, il ne m'aime plus ?
- Je n'en sais rien, répondit honnêtement la guerrière.
Aurore lui jeta un regard angoissé.
- Et toi, tu l'aimes ?
- Comme un ami. Juste comme un ami.
La princesse hocha lentement la tête.
- Très bien, murmura-t-elle. C'est ce que je voulais entendre.
Sans prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle faisait, elle attira le visage de Mulan contre le sien et pressa ses lèvres contre les siennes. La guerrière sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine. Elle s'attendait à ce qu'Aurore se détache d'une seconde à l'autre mais elle n'en fit rien. Au contraire même, elle passa une main dans son cou et approfondit le baiser. Mulan entoura son amie de ses bras. Elle ne se souvenait pas avoir été aussi heureuse un jour.
Finalement, Aurore se détacha pour reprendre sa respiration. Leurs regards se croisèrent et la princesse frémit. Elle ne s'attendait pas à voir une telle expression de bonheur sur le visage de son amie. Posant son front contre le sien, les yeux fermés, Mulan murmura :
- Je ne vais pas me plaindre mais… Pourquoi m'as-tu embrassé ?
- J'en avais envie, avoua la jeune femme dans un souffle.
Elle se pencha de nouveau sur les lèvres de son amie mais fut interrompue par un hurlement. Petit Jean les rejoignit et se mit à expliquer la situation à toute vitesse :
- La malédiction arrive ! Le sort de la vue brisée ! Au coucher du soleil ! Nous allons tous nous entretuer !
- Quoi, une autre malédiction ? s'énerva Aurore.
- Quelles sont les instructions de Robin ? interrogea Mulan.
Elle tourna la tête vers le camp et vit son chef serrer la Méchante Reine contre lui. Elle réprima un sourire triste. Apparemment, elle n'était pas la seule à avoir des problèmes avec un couple marié. Elle éprouva un élan de sympathie envers Regina.
- Nous devons nous éloigner les uns des autres, expliqua Petit Jean. Allez vous mettre à l'abri !
Il repartit vers le campement pour prévenir les autres.
- Qu'est-ce que nous allons faire ? s'exclama Aurore, angoissée.
Mulan la prit par les épaules, la regardant droit dans les yeux.
- Tout d'abord, nous allons nous calmer. Ensuite tu iras retrouver Philippe pour lui parler de la malédiction. Garde le bébé avec toi, aucun de vous ne lui fera de mal. J'ai entendu parler de ce sort, il nous pousse à voir le pire chez les personnes que nous aimons. Vous n'avez encore rien à reprocher à votre enfant.
- Mais je ne dois pas rester auprès de Philippe, c'est ça ?
- Absolument. Retournons à Storybrooke, allons trouver un endroit où nous cacher.
Aurore toucha le visage de son amie du bout des doigts.
- Tu restes avec moi, n'est-ce pas ?
- Je te le promets.
Elles prirent la direction de la ville tandis qu'approchait dans le ciel un immense nuage mauve d'origine magique.
OooOooOooO
Philippe, son fils dans les bras, attendait les femmes de sa vie devant le café Granny. Il avait hâte de revoir Aurore – elle n'était pas dans la chambre à son réveil – et en avait terriblement peur en même temps. Il n'était pas sûr d'être seulement capable de la regarder dans les yeux après ses aveux de la veille. Mais il n'arrivait pas à regretter de lui avoir dit la vérité. Il en avait assez de prétendre ne pas aimer Mulan. Ce secret avait fini par peser trop lourd sur sa conscience.
- Philippe !
Le prince se retourna. Aurore se précipita sur lui, s'arrêtant au dernier moment, le regardant avec émotion. Une émotion qu'il interpréta comme étant de la culpabilité, ce qu'il ne comprit pas. Mulan les rejoignit aussitôt, se tenant à bonne distance, incapable de regarder son ami dans les yeux. Elle commençait à se trouver plutôt douée pour ce qui était de se mettre dans les ennuis jusqu'au cou. Heureusement, l'horrible discussion à laquelle ils n'échapperaient pas devrait attendre. La malédiction frapperait bientôt, et elle ferait des dégâts, c'était certain.
La guerrière avait eu l'intention de se réfugier chez Granny. Mais elle dut trouver un autre plan car le restaurant était devenu le lieu de la mise au point d'un vaccin contre la malédiction. Belle et les fées travaillant d'arrache-pied dans ce but, Mulan jugea qu'il valait mieux les laisser œuvrer en paix. Avant de partir, elle demanda à Rumplestiltskin si elle pouvait lui emprunter la cave de sa maison. Sa femme se joignit à la conversation pour le faire céder, et il finit par confier les clés à Mulan.
En traversant la ville pour atteindre la demeure du Ténébreux, ils furent confrontés à une panique générale s'étendant à tous les habitants. Les gens couraient en tout sens, affolés, transportant des objets de toutes sortes. Aurore serrait son bébé contre sa poitrine, jetant des regards angoissés autour d'elle. A ses côtés, Philippe avançait, le visage vide de toute expression. Il s'efforçait de ne penser à rien, pas même à la menace imminente de la Reine des Neiges. Tant qu'il garderait tout son contrôle, l'illusion que rien n'avait changé resterait intacte.
L'après-midi touchait à sa fin lorsqu'ils atteignirent finalement leur but. Mulan, son épée à la main, éloignait les passants de son attitude agressive. Souvent, des gens s'arrêtaient pour leur demander de l'aide. Aurore avait longuement hésité avant de bien vouloir attacher une adolescente à un arbre de son jardin. La jeune fille ne cessait de répéter qu'elle ne voulait pas faire de mal aux personnes qu'elle aimait, et la princesse s'était sentie touchée par sa détresse. Tout ce temps, Philippe était resté calme, presque détendu en apparence.
Une fois devant la maison de Gold, Mulan fit le tour pour ouvrir la cave. Elle vérifia que la porte menant vers les étages était fermée à clé et proposa à Aurore d'y rester avec son fils. La guerrière sortit des couvertures qu'elle étendit sur le sol pour former un lit. Elle ignorait combien de temps la malédiction durerait. Tout le monde comptait sur Emma, la Sauveuse, pour y mettre fin. Alors Mulan essayait d'y croire elle aussi, ou du moins d'afficher un visage serein. Elle ne voulait pas céder à la panique, car elle savait que ça ne résoudrait rien.
Aurore prit la main de son amie dans la sienne, l'empêchant de refermer la porte. Leurs regards se croisèrent et seule la présence de Philippe les empêcha d'exprimer ce qu'elles ressentaient. Mulan sentit une dernière pression sur ses doigts, puis la princesse se détacha d'elle, reculant en direction des couvertures. Masquant sa peine et sa détresse, la guerrière referma la porte à clé. Elle s'en débarrassa aussitôt, la jetant dans les buissons. Elle y envoya également son épée, ne gardant que son fourreau vide.
La luminosité baissa tandis que le ciel était envahi par un nuage mauve qui couvrait de plus en plus de distance. Il se mit à pleuvoir des morceaux de verre et Philippe se protégea instinctivement les yeux. Mulan le fixa un long moment, incapable de se décider à fuir. Elle avait envie de croire que jamais elle ne ferait de mal à ses amis. Soudain, elle vit les bouts de verre entrer dans les yeux du prince, dont la surface sembla se briser. Elle ouvrit la bouche pour commenter cet étrange phénomène quand un sentiment nouveau s'empara d'elle.
Oh. Oui, cette fois, elle voyait les choses clairement. Sous son regard devenu froid, les bouts de verre se dissipaient dans l'air. Bientôt, il n'en resta rien. Philippe releva la tête et se précipita vers Mulan.
- Tu aurais pu m'en empêcher ! cria-t-il.
La guerrière plissa le nez.
- Pouah, je vois que tu n'as pas encore fait connaissance avec le dentifrice…
Philippe referma son poing, maîtrisant sa fureur à grand peine. Le voyant faire, Mulan éclata de rire.
- C'est mignon, commenta-t-elle. Comme si tu pouvais me blesser. Allons, Phil, tu sais bien que je suis la meilleure quand il s'agit de se battre.
- Si tu oses...
- Qu'est-ce que tu voulais dire par « tu aurais pu m'en empêcher » ? le coupa-t-elle.
Le visage du prince était rouge de colère.
- Tu aurais pu m'empêcher de réveiller Aurore. Tu as gâché ta propre fin heureuse, ta seule chance de connaître le bonheur ! Et la mienne par la même occasion.
La jeune femme éclata d'un rire moqueur.
- Oh, Phil… Tu penses toujours que TU es ma fin heureuse ?
Philippe sembla perdu pendant un instant, puis il crut comprendre.
- Oh, alors c'était Robin, n'est-ce pas ? J'en étais sûr ! Tu as décidé de rejoindre ces stupides Joyeux Compagnons, tu n'es même pas venue me dire au revoir ! Tu es tombée amoureuse de lui, reconnais-le !
- Comme si tu avais mérité que je te dise au revoir ! s'énerva-t-elle. Quand tu as découvert que le Spectre t'avait marqué, ou plutôt que tu t'étais marqué tout seul comme un imbécile, est-ce que tu es venu me dire au revoir ?
- Jamais ça ne serait arrivé si tu m'avais avoué tes sentiments ! TU es responsable de ça, pas moi !
Mulan était tellement énervée qu'elle avait du mal à respirer. D'une main, elle attira le visage du prince contre le sien pour pouvoir lui hurler dans l'oreille :
- TU connaissais mes sentiments pour toi, et TU es quand même allé réveiller ta princesse, et TU l'as épousé, et TU lui as fait un enfant, et TU es venu me voir quand j'ai décidé de vous laisser en paix, et TU m'as embrassé. Alors tu ne trouves pas que c'est un peu facile de juste décider que c'est MA FAUTE ?
Philippe se détacha de la guerrière, allant même jusqu'à la pousser en arrière. Il se frotta vigoureusement l'oreille sous le regard amusé de Mulan. Celle-ci reprit d'un ton plus calme :
- Mais ça n'a aucune importance, finalement. Tu n'es pas ma fin heureuse.
- Oui, étant donné que tu préfères les hors-la-loi qui dorment dans les bois et ne se lavent qu'à la saison chaude !
- Eux ne m'ont jamais déçue.
Philippe leva un sourcil dédaigneux. Vexé, il se réfugia au bout du jardin, s'asseyant en tailleur sur le sol. Il faisait totalement nuit maintenant. Au bout d'un moment, Mulan vint s'agenouiller devant lui, les lèvres étirées en un sourire sarcastique.
- Ben alors, tu boudes, Phil ?
Elle résista à l'envie de lui pincer la joue avec deux doigts. Sa colère éveillait toujours une autre facette de sa personnalité, un peu puérile. Le prince tourna la tête exagérément. On aurait pu croire qu'il s'agissait d'une querelle d'enfants.
- Je SAIS que je suis ta fin heureuse, reprit Philippe après un long silence.
Il ne reçut qu'un rire moqueur en réponse.
- J'étais là avant ce bandit des bois, ajouta-t-il.
- Je ne suis pas amoureuse de Robin, reconnut finalement Mulan, qui contre toute attente s'amusait beaucoup.
Surpris, Philippe tourna de nouveau la tête vers elle.
- Alors tu es bien amoureuse de moi !
La guerrière grimaça.
- Non, non, non. Pas du tout.
- Alors qui ? Petit Jean ? Will ?
Mulan fit semblant de vomir.
- Mais alors QUI ? s'énerva le prince.
- Si tu savais…
La jeune femme eut un rire diabolique. En désespoir de cause, Philippe se leva et se dirigea droit sur les buissons. La clé de la cave en main, il se précipita vers la maison.
- Aurore est ton amie, dit-il. Je suis sûre qu'elle sait, elle !
Mulan se redressa. Elle avait envie de le faire mariner plus longtemps et en même temps, elle avait hâte qu'il découvre la vérité. Il lui avait brisé le cœur, il avait bien mérité que le sien soit brisé à son tour. Philippe ouvrit la porte et disparut à l'intérieur. Deux minutes plus tard, Aurore sortait de la cave comme une furie, courant droit sur Mulan, à laquelle elle asséna une gifle sonore.
- POURQUOI A-T-IL FALLU QUE TU GÂCHES TOUT ? hurla-t-elle.
- C'est fou cette habitude que vous avez, ton prince et toi, de me blâmer pour vos problèmes conjugaux.
- Tout allait très bien avant que tu ne t'en mêles !
Appuyé contre le mur de la cave, Philippe regardait la scène en souriant.
- Ton mari était secrètement amoureux de ta plus proche amie. Tu as raison, tout allait bien !
- Philippe ne se serait jamais détourné de moi si tu n'avais pas tenté de le séduire !
Le visage d'Aurore était déformé par sa colère. Mulan s'amusait toujours follement de la situation.
- Il est vrai que l'accompagner braver le danger pour te retrouver était une nette tentative de séduction !
- Tu ne le nies même pas !
- Quoi ?
Mulan fronça les sourcils.
- J'étais ironique, expliqua-t-elle.
Aurore poussa un cri de rage, puis, sentant qu'elle perdait l'avantage, décida d'affronter quelqu'un d'autre. Son prince charmant se trouvait justement là, à quelques pas seulement, et elle avait beaucoup de choses à lui dire. Elle s'approcha de lui et saisit son bras, le serrant de toutes ses forces.
- On aurait pu être heureux ! s'écria-t-elle. On aurait pu être heureux si seulement tu m'étais resté fidèle !
- Ce n'était qu'un simple petit baiser…
- VOUS VOUS ÊTES EMBRASSÉS ?
Mulan s'approcha du couple, ne résistant pas à l'envie d'en rajouter :
- Il a raison, c'était trois fois rien. Il n'est pas spécialement doué pour ce qui est d'embrasser.
Le prince lui adressa un regard furieux. Aurore saisit son amie par le col de son chemisier et la plaqua violemment contre le mur.
- TU DISAIS QUE TU M'AIMAIS ! hurla-t-elle, ses yeux se remplissant de larmes.
Il faisait jour, maintenant. De la neige se mit à tomber, poussant la princesse à relâcher Mulan. Celle-ci, redevenant elle-même, se tourna vers Philippe avec crainte. Elle avait eu raison de penser que la malédiction ferait des dégâts. Elle le voyait clairement sur le visage de son ami. Une chose était sûre : Mulan n'avait plus le moins du monde envie de rire.
Voilà pour ce chapitre ! Encore un autre et probablement un épilogue et je pense qu'on aura terminé. N'hésitez pas à me donner votre avis, merci encore à ceux qui suivent cette histoire et encore pardon pour mon retard. A dans deux/trois jours, une semaine maxi !
