Maple War
Rating : M
Warning : Zombie ! Ou pas …
Disclaimer : nope.
A/N : La nouvelle est tombée deux minutes après que j'ai posté le chapitre 4 ...
Si vous suivez mes petites péripéties depuis le début, vous savez sûrement que je pars étudier un an à l'étranger ... Je viens d'apprendre ma destination ... *roulements de tambour*
TAIWAN !
Je vais étudier un an à Taiwan ! :') Je pleure depuis une heure et demie ... Il est minuit vingt, on est le 6 mai, et ce chapitre ne sera pas posté avant un bon moment je crois ... Mais au moins je le commence :D
Bonne lecture~!
Chapitre 5 : Le Calme avant la Tempête
Matthew trouvait sa chute interminable. Il avait eu le temps de rejouer les épisodes de sa vie sur le camp ... Peut-être s'était-il écoulé une seconde, puisque la rumeur disait que l'on voyait sa vie défiler devant ses yeux avant de faire face à la mort ...
Il ne voulait pas mourir, et malgré le fait que tout indiquait que cela allait arriver assez tôt, le canadien sentait que ce n'était pas son heure.
Il faisait noir tout autour de lui, il ne voyait même pas son corps. La seule chose qui lui indiquait qu'il tombait était cette sensation dans son estomac que l'on ressentait sur des montagnes russes.
Il en avait marre de chuter. Il voulait que cela s'arrête. Il commençait à avoir mal au cœur, et sa tête tournait. Il pensait à Alice au Pays des Merveilles, dans lequel l'héroïne aussi avait chutée ... Si seulement il y avait quelques objets autour de lui pour le divertir ...
D'un coup, sans qu'il ne s'en rende compte, il s'endormit.
Il rêvait.
C'était quelque chose d'important ...
Mais très vite, son subconscient prit le relais, et il oublia de quoi il s'agissait.
XxXxX
- Pourquoi ça arrive toujours à Matthew ?
Hongrie haussa les épaules et regarda le corps du canadien allongé à l'entrée de la grotte.
- Il a juste pas de bol je crois ...
Gilbert grogna. Il y avait dix minutes que Matthew était tombé dans le trou. L'albinos et Hongrie avaient subi le même sort, et Gilbert avouait presque avoir paniqué avant de se retrouver sur la terre ferme.
Le sol de la grotte les avait en fait transportés jusqu'à l'entrée. Gilbert était plus qu'heureux de ne pas avoir eu à tout remonter.
La lune brillait à peine dans le ciel. Ils étaient restés plus longtemps que prévu dans la grotte, ou alors, le temps s'y écoulait différemment.
- C'est parce c'est une p'tite nature ... fit Gilbert en se passant une main dans les cheveux.
Hongrie donna un énième petit coup sur la joue de Matthew. Cette fois, il fronça légèrement des sourcils.
- Je crois qu'il revient à lui ...
Hongrie le secoua un peu plus fort. Une idée lui traversa l'esprit et elle se tourna vers l'albinos un sourire malicieux sur les lèvres.
- Tu crois qu'il se réveillerait si tu l'embrassais ?
Gilbert secoua la tête en la regardant de travers. Il ne comprendrait jamais cette fill- cette femm- ... cette ... chose.
- Pourquoi je ferais ça ? J'suis même pas homo !
Hongrie roula les yeux tout en tapotant les pommettes de Matthew.
- Je t'en prie ... Tu crois que je n't'ai pas vu loucher sur Prusse ?
- Ça n'a rien à voir, il est juste ...
- Canon ?
- Yep.
Gilbert trouvait ça normal de craquer sur Prusse. Bah, après tout c'était comme de fantasmer sur lui-même, et il fallait admettre que l'adolescent (tout comme la nation) était plutôt génialement sexy.
Il aimait bien regarder les corps de gars. Un peu moins, si pas autant qu'il aimait les filles. Cependant, il y avait une chose qu'il ne supportait pas : les hommes efféminés. Il n'arrivait pas à avoir une conversation avec Pologne. C'était pareil avec Matthew. Ce n'était pas que l'albinos était intolérant, mais en fait ... Bon, d'accord, il l'était un peu ... Beaucoup ...
Les yeux de Matthew s'ouvrirent légèrement alors qu'il reprenait connaissance. Il regarda timidement (comme il le faisait souvent, avait remarqué Gilbert) autour de lui, puis il s'assit en se tenant la tête.
- Ça va Mattie ? demanda Hongrie. Tu tiens le coup ?
- Où sommes-nous ?
La nation lui expliqua que la grotte les avait transportés jusqu'ici et Matthew parut soulagé. Gilbert le regarda se lever et s'étirer, ce qui fit lever légèrement sa chemise, dévoilant sa peau clair. L'albinos fronça du nez et détourna le regard. Il n'avait pas vraiment envie de voir ce genre de chose.
Matthew proposa de rentrer pour pouvoir discuter à l'intérieur. Gilbert haussa les épaules, cela ne le dérangeait pas de rester dehors, car il adorait la nuit. Parfois, quand le soleil était couché depuis longtemps et que la lune était haute dans le ciel, l'albinos sortait à l'extérieur pour pouvoir profiter des brises faisant frissonner sa peau sans avoir besoin de s'imbiber de crème solaire.
Sur le chemin du retour, Gilbert pensait à la scène dont ils avaient été les témoins dans la grotte. Il essayait de donner sa propre signification à la mosaïque dansante.
Pour lui, il paraissait évident que Matthew et lui allaient devoir s'allier pour combattre. Apparemment, il allait devoir se servir de son pouvoir bizarre qui lui faisait voir le sol en mode écran télé ... Et Matthew ... Bah ... Il n'en savait trop rien ... Peut-être se servir de la parole et faire des speechs de paix ... Gilbert avait remarqué qu'il était un excellent orateur. C'était con que personne ne l'écoutait jamais.
Soudain, à sa droite, un bruit de buisson que l'on fouille se fit entendre. Il remarqua que Hongrie et le canadien marchaient bien devant lui, et n'avaient probablement rien remarqué. Il regarda à sa droite et vit avec soulagement que ce n'était que Norvège qui se promenait.
Il soupira, et continua son chemin. Il se demanda un instant ce que Norvège pouvait bien fabriquer dehors au beau milieu de la nuit. Surtout que la direction qu'il avait empruntée était habituellement utilisée par les personnes quittant le camp.
Il haussa les épaules et continua sa route.
XxXxX
Le matin même à huit heures, une réunion ''de la plus haute'' importance fut tenue. Hongrie en était l'hôte et relatait les faits de la grotte avec une précision étonnante, donnant des détails qui n'avaient pas parus importants pour Gilbert. La plupart des nations étaient présentes, mais Gilbert pouvait observer quelques absents, comme Turquie, Grèce, Danemark ou encore Norvège.
- En conclusion, termina-t-elle, Angleterre avait raison, Gilbert et Matthew sont bien la clé pour la fin de cette guerre.
Un murmure de voix se leva sur l'assemblée et Gilbert sentait le regard des nations se poser sur lui. Il sourit et bomba le torse sous l'attention, alors qu'à sa gauche, Matthew s'enfonçait dans son siège. L'albinos roula les yeux au plafond en ricanant. Cet idiot ne savait même pas apprécier les bonnes choses ...
- Gilbert ? fit Allemagne, quelque chose à ajouter ?
Il se leva pour prendre la parole.
- Ja. Comme la vache l'a déjà dit-
- Hey ! Rouspéta Hongrie
- Comme la charogne la déjà dit, j'avais une tête d'œil et le chemin brillait. Ça m'est arrivé il y a pas longtemps, l'autre jour, quand j'me suis levé, le sol s'est mis à briller sous mes pieds.
Hongrie grinça des dents.
- Quand tu auras fini de te prendre pour Dieu ... Pesta-t-elle.
- Laisse-le parler ! Répondit Prusse.
- Comme je disais, reprit le garçon, en suivant la lumière, je suis arrivé en face de la chambre d'Allemagne et le sol est redevenu normal quand je me suis mis à écouter ce qu'il se passait derrière la porte.
- T'es vraiment un petit fouineur ! S'exclama Hongrie.
- Je n'ai pas fini !
Elle croisa les bras, ferma les yeux et leva hautainement le nez au plafond. Autriche soupira.
- C'était déjà bien assez compliqué avec un seul prussien ...
- Toi, répliqua Gilbert, va baiser un piano et ferme-la.
- Kesesese~! Bien dit !
- Ce n'est même pas physiquement possible, aru ! Coupa Chine.
- Comment tu crois qu'il garde les touches aussi blanches ?
- Ve, avec de la farine ?
- La ferme fratello !
Allemagne frappa les paumes de ses mains violemment sur la table en bois, ramenant le silence et faisant sursauter les plus froussardes des nations (les Italies).
Gilbert se gratta le fond de la gorge et reprit là où il en était.
- Voilà.
- Quoi c'est tout ? demanda Espagne.
- J'aime avoir mon mot de fin. Dit Gilbert en s'asseyant.
- Genre, moi aussi, quoi ! Fit Pologne. Et Angleterre je sais que c'est carrément toi qui m'a piqué mon après-shampoing ! J'peux genre, trop le sentir d'ici !
- Pologne, fit Allemagne, tu te plaindras quand ce sera ton tour.
- Mais c'est carrément complètement impossible de se trouver de l'après-shampoing en temps de guerre !
- Je n'ai pas pris ton bloody shampoing !
- Après-shampoing !
Gilbert regarda les mini-querelles éclater par-ci par-là. Matthew soupira et se leva, en ayant visiblement sa claque. Il quitta la salle sans que personne ne le remarque, même pas Prusse, occupé à ennuyer Hongrie qui discutait avec Hong Kong.
L'adolescent aussi en avait marre. Il avait envie d'aller pioncer, même si cela signifiait rater l'entrainement. Il écouta encore quelques instants pour pouvoir connaître le fin mot de l'histoire (en fait c'était Romano, assis à côté d'Angleterre, qui avait pris l'après-shampoing de Pologne), et sortit à son tour.
Il traversa le couloir principal et se rendit dans les chambres. À peine eut il fait un pas dans ce couloir que le sol se mit à briller. Il s'arrêta et regarda derrière lui. Le sol n'était illuminé que devant lui, ne laissant aucun doute quant à la route à prendre. La lumière s'arrêtait à la sixième porte à droite, la chambre d'Autriche.
Il entendit que quelqu'un arrivait derrière lui. Quand il se retourna pour voir de qui il s'agissait, il se trouva face à Matthew. Il tenait dans ses mains un seau d'olives noires, et un pot dans lequel il y avait déjà quelques noyaux. Gilbert le toisa, et Matthew baissa la tête.
- Alors t'es de ce genre-là, huh ? Fit Gilbert en croisant les bras.
Matthew fronça les sourcils, quelques mèches de cheveux tombant sur son visage. Il cracha le noyau qu'il avait en bouche avant de parler.
- De quoi tu parles ?
- T'es le genre de fille qui bouffe quand elle est sous choc émotionnel ...
- P-Pas du tout ! S'exclama-t-il l'air indigné. Et je suis ni une fille, ni sous choc émotionnel ! C'est Grèce et Turquie qui ont été en chercher ce matin et qui …
Gilbert rit et avança vers Matthew. C'était toujours marrant de l'ennuyer. Le canadien fit un pas en arrière quand l'albinos entra dans sa bulle personnelle. L'allemand lui sourit en coin et il surprit Matthew en train de rougir sous sa génialissime sexytude, alors qu'il se penchait de manière séductive au-dessus de lui pour lui prendre une olive.
- Je déteste quand tu fais ça ... fit Matthew entre ses dents.
- Kesesese ! Ton corps réagit autrement ...
Il lança l'olive noire en l'air et la rattrapa habilement avec sa bouche.
- Qu'est-ce que tu fais là, au fait ? demanda le canadien. T'es pas resté avec les autres ?
Gilbert secoua la tête, cracha le noyau sur le sol et expliqua qu'il en avait eu marre de les entendre s'engueuler. Matthew hocha la tête.
- J'sais, y sont d'vrais enfants parfois ... T'vas au litte ? Perso, je suis à plat, j'comptais bein m'pogner l'cul ...
Gilbert fronça les sourcils, il n'avait jamais entendu Matthew avec un accent aussi fort prononcer ... C'était peut-être dû à la fatigue ... Mais il y a deux secondes il parlait le français de France ... Pas son espèce de dialecte ...
- Euh ... Was?
Matthew leva les yeux au plafond comme pour dire ''J'vin da l'dire, niaiseux''.
- Qu'est-ce que tu fais ? répéta-t-il cette fois avec son accent habituel.
- Oh ! Euh, je vais tester une théorie ...
Matthew pencha la tête sur le côté, un air innocent sur le visage. C'était presque mignon
- Quelle théorie ?
- Je veux savoir si la lumière que je vois au sol est vraiment là pour nous aider.
- Tu veux dire que ...
- Ouais, ça brille.
Les yeux du canadien s'illuminèrent aussi.
- Je peux la suivre avec toi ? Elle mène où ?
Gilbert sentait que Matthew avait l'âme d'un aventurier. C'était dommage qu'il n'osait pas partir par lui-même, comme dirait l'autre. Ce n'était pas qu'il avait peur ou qu'il était timide, c'était plutôt que la plupart du temps, il n'avait pas confiance en lui et qu'il pensait que tout ce qu'il pouvait tenter finirait d'une manière ou d'une autre par foirer. Du moins, c'était ce que l'albinos avait analysé dans son comportement.
- Elle s'arrête à la porte d'Autriche. Tu peux me suivre si tu veux ...
Le canadien hocha la tête et ils marchèrent ensemble jusqu'à la dite porte. Sans même hésiter, Gilbert l'ouvrit, heureux qu'il ne soit pas possible de la verrouiller de l'extérieur. Matthew posa son seau d'olives et son pot de noyaux et regarda de droite à gauche pour voir s'ils pouvaient entrer sans être vus. La voie étant libre, il attrapa une torche qui était sur le mur et poussa Gilbert à l'intérieur.
- Wow, calme tes miches ! Rouspéta l'albinos.
- Désolé ...
Gilbert jeta un coup d'œil dans la pièce. Il n'y avait qu'un lit une personne vraiment très étroit (comment Hongrie et Autriche ont-ils réussi à dormir ensemble là-dedans ?), une table de nuit, un bureau et une garde-robe.
Il ne faisait pas très lumineux, or il y avait comme une espèce de ruban de lumière décollant du sol et flottant dans l'air. Il s'arrêtait devant la garde-robe.
- Matt, approche la torche de la garde-robe.
Le canadien fit ce qu'il lui était demandé sans rechigner. Gilbert suivit la lumière et ouvrit l'armoire. Le ruban passait entre les vêtements et s'arrêtait dans la poche d'un vieux manteau du dix-huitième siècle.
Gilbert y plongea la main, et lorsqu'il effleura une perle chaude, il s'évanouit.
XxXxX
Il en avait marre du froid et de la neige. Le vent lui giflait le visage avec une force incroyable. Ses joues étaient rouges d'irritation, et il se maudissait intérieurement de ne pas avoir pensé à emporter une paire de gants.
Il regrettait déjà d'être parti … Pourquoi s'était-il enfui déjà ? Il grogna en se souvenant de Matthew. Une chose était certaine, la prochaine fois, qu'ils se croiseraient, Matthew aurait droit à son point dans la figure.
Il avança encore un peu et soupira de soulagement en voyant une grotte devant lui. Il serait à l'abri du blizzard le temps de se remettre de ses émotions. Il n'allait pas tarder à rentrer chez lui, mais pour l'instant il avait besoin de se calmer les nerfs.
Une fois dans la grotte, il fut surpris par la chaleur qu'elle dégageait. Il y faisait bon. Il se retourna, et vit que dehors, la tempête persistait. Il eut des bouffées de chaleur, et se sentit obligé de retirer son écharpe, qu'il tapa par terre sous la colère.
Il marcha un peu pour se rapprocher de la source de chaleur. Il y avait des fleurs mauves et rouges sur le sol. Le mauve lui rappela les yeux de Matthew et ne fit rien pour apaiser la rage qui brûlait au fond de lui.
Il suivit les fleurs, comme enchanté, comme si ce qu'il se passait devant lui était tout à fait normal et logique. Il fit deux pas et fut frapper par l'odeur de délicieux pancakes. Son ventre se mit à grogner sous l'invitation de son met favori. Gilbert jura. Encore quelque chose lui rappelant Matthew.
Il hésitait à continuer. Penser au canadien le mettait dans une colère noire. Jamais il ne s'était senti aussi trahi de toute sa vie. En colère, il piétina les fleurs mauves qui se trouvaient sur le chemin, et continua à avancer.
Venant de nulle part, une voix douce se mit à chanter. La voix n'était qu'un murmure, et ses mots étaient impossibles à comprendre. Gilbert plissa les yeux, il ne savait pas s'il devait continuer. Cela ressemblait à un piège qui finirait par le conduire à Matthew.
En ayant assez, il fit demi-tour. Au moment où il fit un pas, il fut retenu par une force invisible le projetant en arrière, plus près de la source de chaleur, plus près de l'odeur de pancakes, et plus près de la voix qui cette fois était plus claire, plus forte.
« Prusse, reste avec moi, je t'en prie ! »
Le sol se mit à fondre sous ses pieds, il se débattit un instant, mais en vain, alors que son corps se faisait aspirer par le sol. Il cria, mais de la boue vint se faufiler dans sa bouche, l'étouffant. Il se mit à paniquer, et avant qu'il ne puisse réagir, il retomba sur un sol froid, la tête la première, lui faisant perdre connaissance.
XxXxX
Matthew lâcha la torche et se précipita derrière Gilbert pour ne pas qu'il s'écrase sur le sol. Il écarquilla les yeux alors que l'albinos ne répondait plus, comme endormi. Il le traina jusqu'au lit d'Autriche et alla ramasser la torche avant qu'elle ne s'éteigne. Il alluma la bougie située sur la table de nuit et se demanda ce qu'il devait faire.
Aller chercher de l'aide ? Il ne pensait pas que ce soit quelque chose, ou en l'occurrence quelqu'un, qui en valait vraiment la peine. Devait-il se concentrer sur la cause du malaise de l'albinos, alors ? Il regarda la garde-robe dont la porte était toujours ouverte. Qui avait-il dans la poche du manteau ?
Le canadien se leva pour aller voir, et plutôt que de plonger sa main dans le manteau, il préféra le décrocher et le mettre au sol. Il tâta le contenu de la poche avec la main et rencontra une forme sphérique. Matthew comprit tout de suite de quoi il s'agissait. Il fit rouler la sphère doucement en dehors de la poche et sourit en voyant qu'il avait eu raison.
Devant lui se trouvait une perle d'une magnifique couleur rouge écarlate. Il y avait des nuances de bordeaux qui dansaient à l'intérieur, comme si la perle était faite de fumée. Elle rappelait indéniablement les yeux de Gilbert.
Il avança de manière hésitante son doigt jusqu'à la perle et lorsqu'il la toucha, rien ne se produisit. Il la prit en main et, toujours accroupit, se retourna pour pouvoir l'observer à la lumière.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Matthew sursauta à l'intrusion soudaine d'Autriche dans la chambre. Il se leva, comme au garde à vous et se mit à bredouiller.
- E-euh, c'est p-pas … enfin, j-je … G-Gilbert il a … Euh …
Matthew avait un peu peur d'Autriche. Il était vraiment impressionnant, tant dans sa manière de parler que dans sa posture. Le canadien savait que techniquement, Autriche s'entendait à merveille avec Hongrie, et que donc, ce n'était pas un mauvais bougre, mais il n'arrivait pas à s'enlever de la tête l'image d'un Autriche agressant verbalement un Gilbert recroquevillé dans le coin de la honte la fois où l'albinos lui avait fait une blague qui ne li avait pas plu.
La nation avança jusqu'à son lit et s'arrêta devant Gilbert.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- I-Il a touché la perle e-et après il s'est évanoui …
Matthew tendait sa main montrant la perle, et Autriche l'a regarda un instant, le visage neutre. Il soupira en regardant le sol, puis il avança sa main vers le visage de Gilbert. Le canadien s'attendait à ce qu'Autriche soit brutal, et il fut surpris lorsque la nation prit délicatement le menton de Gilbert entre son pouce et son index. Il inspecta les deux joues de l'albinos.
- C'est fou ce qu'ils se ressemblent …
Le canadien ne voyait pas vraiment pourquoi la plupart des nations pensaient cela. Gilbert paraissait beaucoup plus jeune que Prusse, et avait le visage beaucoup moins marqué.
- J-Je ne trouve pas spécialement …
Matthew voulait faire la conversation, mais n'était pas à l'aise avec Autriche.
- C'est parce que tu ne l'a pas connu plus jeune. C'était exactement le même.
Le canadien ne savait même pas qu'une nation pouvait être jeune physiquement. Elles paraissaient toutes plus ou moins le même âge.
- Comment vous avez su que la perle était dans la poche de mon manteau ?
Le canadien lui raconta comment Gilbert avait suivi une espèce de lumière les ayant conduit jusqu'à la chambre. Autriche hocha la tête et demanda à voir la perle. Le canadien la lui tendit et il la saisit délicatement. Il la regarda, un sourire triste sur les lèvres.
- Sais-tu pourquoi j'ai gardé cette perle ?
Matthew secoua la tête.
- Elle me rappelle les yeux de Prusse.
Il attendit une réaction de Matthew, mais il n'en donna aucune. Il plaça la perle dans la poche du pantalon de Gilbert.
- Tu ne les trouve pas fascinant ? Tant de lumières, comme s'ils étaient constamment illuminés … Enfin … Ça, c'était avant … Avant qu'il ne rencontre Canada, avant qu'il ne le perde … Je pense que je dois être un des rares à me souvenir de Prusse avant qu'il ne devienne un idiot.
Matthew ne savait pas pourquoi Autriche lui racontait cela, mais il le laissa parler.
- Tu trouves qu'il est égocentrique ? C'était bien pire avant … Prusse est un guerrier, un chevalier, il n'est pas fait pour la romance … Du moins, c'est ce qu'il m'a dit … Il a changé en quatre-vingt-neuf … Je m'en souviens. Il est venu nous voir, Allemagne et moi, tout souriant, portant des morceaux de tissus en guise de vêtements. Il n'aurait jamais osé se présenter comme cela, il était bien trop orgueilleux. Après quelque temps, il a retrouvé du caractère, mais ce n'était pas comme avant, tout ce qu'il voulait, c'était de l'attention. Alors j'ai essayé de lui en donné, mais il n'en voulait pas … Il préférait
Hongrie, il couchait avec elle dans mon dos et pensait que je ne le savais pas …
Le blondinet fronça des sourcils, il pensait qu'Autriche et Hongrie étaient ensemble depuis toujours, et n'aurait jamais soupçonné qu'il s'était passé la moindre chose entre Hongrie et Prusse, ils avaient l'air proche, mais plus comme un frère et une sœur … Et à entendre, Autriche, c'était presque comme si lui-même avait des sentiments pour Prusse.
La nation soupira.
- Je ne pensais pas qu'un jour je me confierais à toi, Matthew. Je suppose que c'est parce que je n'aime pas trop la manière avec laquelle Prusse te regarde. Tu ferais mieux de l'éviter, si tu veux éviter les ennuis.
Matthew frissonna. Malgré le fait que cette phrase pouvait avoir plusieurs sens, elle ressemblait vaguement à une menace. Autriche avait l'air … jaloux. C'était trop compliqué pour Matthew, il ne comprenait rien aux histoires de cœur des nations en général … Il y avait une espèce de triangle amoureux entre Prusse, Hongrie et Autriche, mais si on incrustait Canada dans l'histoire, alors cela se transformait-il en carré amoureux ? Il y avait le même scénario entre France, Angleterre et Amérique, et même si Matthew n'était pas fan des petits ragots du matin, il avait entendu parler de Grèce et Turquie se disputant pour Japon.
Gilbert ouvrit soudainement les yeux et se redressa violemment sur le lit. Il se tourna vers Matthew, de la rage dans les yeux. Il leva le poing, comme pour le frapper, et Matthew se recula soudainement, ne comprenant pas ce qu'il avait fait de mal. Autriche attrapa le poing de Gilbert, et celui-ci sembla se calmer.
- C'est ce putain de flashback … fit l'albinos en se passant une main dans les cheveux. J'veux pas te frapper … Enfin, si, mais j'sais pas pourquoi … De toute façon, je frappe pas les filles …
Le canadien secoua la tête en soupirant devant les enfantillages de Gilbert.
- Qu'est-ce que t'as vu ? demanda-t-il.
Gilbert fronça les sourcils alors qu'il réfléchissait.
- Je me suis vu entrer dans une grotte parce que j'étais super énervé contre toi … Il y avait des fleurs et ça sentait le pancake et il y avait une voix. Le sol s'est effondré, et j'me suis réveillé. Je crois que …
- Crois que quoi ? fit Matthew.
- Je crois que c'était Canada … C'est lui qui m'a fait venir …
Matthew le regarda incrédule. Canada les aurait emmenés ici ? Mais pour quelle raison ? Pourquoi voudrait-il qu'ils viennent si c'est pour arrêter la guerre ? Il secoua la tête. Rien n'avait de sens.
XxXxX
Gilbert était assis avec une dizaine de nation dans l'herbe. Personne n'avait envie de s'entraîner. Matthew était parti faire une sieste, mais l'albinos n'en avait pas envie, il y avait suffisamment de nuages dans le ciel et il faisait suffisamment lourd pour qu'un orage éclate, et Gilbert ne voulait rater cela pour rien au monde.
Lors de sa première semaine sur le campement, il avait pu assister à un orage, c'était splendide, un véritable spectacle à voir. Les nuages avançaient vers eux, de manière menaçante, et Gilbert leur sourit. Il s'allongea et plaça ses mains derrière sa nuque, profitant du vent qui se levait. Alors qu'il commençait à somnoler, quelqu'un s'exclama :
-Oh mon Dieu !
C'était Liechtenstein. Elle avait l'air paniqué. Gilbert s'assit d'un coup, et faillit s'étrangler devant la vue. Au loin, Norvège et Danemark s'aidaient mutuellement à marcher. Ils étaient en piteux état, le bras gauche de Danemark était complètement arraché, et son pied était tordu dans une position improbable.
L'albinos réalisa qu'il n'avait plus vu Danemark depuis plus d'une journée, et que la dernière fois qu'il avait vu Norvège, c'était lorsqu'il partait dans les bois. Il se demanda si c'était lié.
Gilbert, et d'autres nations, se mirent à courir vers eux. Une fois à leur niveau, l'albinos pu observer l'horreur des dégâts. Norvège avaient les yeux crevés et la mâchoire fracturée, ainsi que les lèvres arrachées, il était couvert de sang et de boue. Sa tenue n'était que lambeau, et il n'avait pas de chaussures.
Danemark avait en plus de son bras manquant et de sa jambe cassée, le front ouvert largement, il perdait du sang abondamment, et il tenait miraculeusement debout. Il s'effondra d'ailleurs aussitôt qu'Hongrie et Roumanie vinrent le soutenir. Lituanie aida Norvège à se tenir. Gilbert ne savait pas comment réagir.
C'était absolument dégoutant, et tout le monde était en choc. Il fallait bien poser une question pourtant, elle brûlait les lèvres de tout le monde. Ce fut Roumanie qui la posa.
- Qu'est-ce qu'ils s'est passé ?
Norvège ne pouvait pas répondre, il n'émettait que des petits grognements de douleur. Danemark était à peine conscient, et pourtant, il réussit à articuler :
- Ils arrivent … I-Ils sont trop … nombreux pour … pour …
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase avant de s'évanouir. Un rugissement se fit entendre. Gilbert plissa les yeux pour voir ce qu'il se passait au bout du champ, derrière Norvège et Danemark. Il écarquilla les yeux en voyant une centaine de Kumagéants, chevauché par des ours polaire bipèdes et armés.
- Les tours de contrôle n'ont rien vu ? demanda Liechtenstein.
Gilbert savait qu'il y avait des tours de garde partout autour du camp pour pouvoir prévenir des attaques, cela c'était apparemment avéré utile plus d'une fois.
- Ils sont probablement morts, dit Angleterre en chargeant son arme à feu. Gilbert, va sonner l'alarme.
- On va se faire rétamer, fit Hong Kong.
Gilbert se mit à courir le plus vite qu'il pouvait jusqu'à l'alarme la plus proche. Elle était à plus de cent mètres et l'albinos mit un certain temps avant de l'atteindre. Au moment où il allait faire tourner la manivelle, un rugissement retentit dans le ciel. Il leva les yeux et tomba sur les fesses en découvrant la source du rugissement.
Cinq dragons-ours-polaires fonçaient vers le camp à toute vitesse.
A/N : J'me suis dit que j'allais m'arrêter là et commencer à étudier … Normalement le chapitre 5 aurait dû comprendre le résultat de cette bataille, mais je ça devient long alors …
J'aime bien m'imaginer Matthew parler québécois, ça lui ajoute un charme, ha ha. C'est juste pour lui que j'attends avec impatience un doublage de l'anime en français :) Matthew avec l'accent canadien et France avec l'accent parisien (marseillais quand il s'énerve, ardennais quand il se moque, parisien quand il drague …).
Vous savez quoi ? J'ai enfin un ordinateur digne de ce nom ! Je l'ai appelé Gérard :)
On se revoit bientôt pour la suite, mais pas trop tôt, je suis en pleine période d'examen. Je compatie avec tout belge lisant ses lignes et vivant la même chose, et je ris des français passant leur bac (Ha ha ! Alors c'est quel système le plus efficace ?!).
Je suis vraiment en manque d'amour, plus aucune de mes histoires ne me rapporte de reviews … Je sais que j'ai des problèmes de mise à jour mais ça me fait toujours super plaisir de recevoir un review …
Alors pitié ? Review ? Vous aurez droit à un cookie et un câlin de Zombie Danemark et Norvège ! :P
