Maple War
Rating : T
WARNING : Ascenseur émotionnel ? On peut vraiment prévenir les gens qu'ils vont ressentir des choses ? J'en sais rien mais je le fais !
Disclaimer : Je ne possède pas Hetalia, et je ne possède pas le Saule Cogneur non plus.
A/N : Merci pour le review sur le dernier chapitre :) Je m'étais dit que j'attendrais le quatrième review pour poster ce chapitre (je l'ai fini le même jour que le chapitre précédent), mais comme ça fait plus d'une semaine et que rien du tout, je le poste après l'unique review que je viens tout juste de voir :D Alors merci à Titachiin !
On continue ! Ce chapitre est la fin (enfin) du chapitre 7 sur mon plan. Il m'a fallu trois parties ! Et deux nouveaux titres du coup …
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Une amitié naissante
Voyager avec Cannelle et Maple avaient ses avantages. Pour commencer, plus de mal de dos pour Matthew. Ensuite, ils avançaient beaucoup plus vite, presque le triple de leur vitesse à pied. Et enfin, le fait de ne pas marcher mettait tout le monde de bonne humeur.
Il y avait quelques désavantages aussi … Ils étaient six et il fallait absolument éviter de mettre France, Angleterre et Amérique sur la même monture … Donc ces trois-là étaient installés à tour de rôle avec Gilbert et Matthew (tout le monde sauf Amérique était d'accord pour dire que les deux humains devaient toujours restés ensemble).
En ce moment, Prusse était assis entre France et Amérique (Amérique insistait pour être devant) et Gilbert menait Cannelle, derrière lui se tenait Matthew, Angleterre lisant un livre à l'arrière. Leurs sacs étaient posés de chaque côté des créatures grâce à des cordes de cuir trouvées une semaine auparavant.
En neuf jours de voyage, à la grande surprise de Matthew, Gilbert et lui était devenu de bons amis, partant souvent chasser ensemble et continuant de s'entrainer à l'épée l'un contre l'autre. Gilbert ne trichait même plus, sauf quand Matthew le faisait pour jouer.
La température avait chutée, mais il était impossible de dire s'il s'agissait de l'arrivée de l'hiver ou un simple caprice de la météo. Matthew sentait qu'il n'allait pas tarder à sortir les gros manteaux et les écharpes. Surtout si le vent se levait. Heureusement que Gilbert devant lui faisait barrière face au vent. Il n'était pas très fort, mais c'était tout de même dérangeant, surtout pour ses cheveux qui avaient bien poussés depuis son arrivée dans cet univers. C'était pareil pour la frange argentée de l'adolescent en face de lui qui lui obscurcissait désormais la vue alors que ses cheveux lui chatouillait la nuque.
Le canadien referma ses bras sur lui-même pour se donner un peu de chaleur. Il ne faisait pas aussi froid, mais comme il somnolait, son corps se rafraichissait un peu. Il avait du mal à garder les yeux ouverts et se concentrait sur le bruit que faisait les pattes de Cannelle en entrant en contact avec l'herbe. Cela faisait longtemps qu'ils avaient quittés la Grèce, et il espérait qu'ils parviendraient à atteindre l'Italie dans les prochains jours. Le paysage n'avait pas beaucoup changé, cependant, il pouvait remarquer qu'il y avait beaucoup plus d'arbre et de montagnes. L'herbe était haute et des serpents s'y cachaient (un nouveau jeu entre Gil et lui était de les chasser avec un simple bout de bois aiguisé. France avait une peur bleue des serpents, et s'était toujours marrant d'en glisser un sous sa couverture).
Matthew ferma les yeux un instant et se sentit tomber en avant. Un bras le rattrapa avant qu'il ne tombe de Cannelle.
- Be careful ! dit Angleterre qui avait sorti le nez de son bouquin pour attraper Matthew.
Le canadien rougit et s'excusa. Gilbert se tourna vers lui.
- Hey, Matt, fit-t-il, tu veux venir devant ? Comme ça tu peux te coucher sur moi et dormir un peu.
Matthew accepta et le remercia en souriant. Cannelle s'arrêta en ronronnant (apparemment il pouvait faire ça) et les adolescents échangèrent de place. Ce fut également au tour de France et Angleterre d'échanger de place car Amérique n'arrêtait pas de se plaindre qu'il voulait Iggy.
Ils repartirent deux minutes plus tard, Matthew confortablement installé contre le torse de Gilbert. Il ferma de nouveau ses bras autour de lui-même cherchant la chaleur. Il avait souvent l'impression qu'il lui manquait quelque chose pour s'endormir. C'était peut-être en rapport avec l'ours en peluche qu'il avait chez lui … Alfred avait l'air de dire qu'il dormait toujours avec en insinuant qu'il était un bébé. Il lui manquait son Kumakiko … Ou Kumajiri … Mmh … Pas moyen de retrouver son nom … Kuma-quelque-chose … Oh ! C'était pour ça que les monstres s'appelaient des Kumas ! Il se traita mentalement d'idiot pour ne pas y avoir pensé plus tôt. Il se demanda si Canada aussi avait un Kuma … Kumapiru …
Peut-être que plus de perles m'aiderais à retrouver son nom … Pensa-t-il en tombant légèrement dans l'inconscience. Son frère lui manquait terriblement … Et ses parents aussi … Ce n'était pas la même relation qu'avec les nations, car plus il leur parlait, plus sa famille lui manquait …
- Il dort ? demanda la voix de Francis … Non, de France.
- Ouais, je crois, fit Gilbert.
Bien sûr, en réalisant que l'on parlait de lui, l'attention de Matthew fut attirée. Il écoutait les yeux fermés.
- Tu ne le trouves pas adorable ? demanda France.
- Pas vraiment … répondit Gilbert tout à fait honnêtement. Mais tu sais Franny, la plupart des gens ne trouve pas leur potes adorables …
- Moi oui, dit le français.
- Mais toi t'es chelou.
Matthew dû se mordre la lèvre pour ne pas rire. France et Gilbert s'étaient beaucoup rapprochés aussi. Ils avaient la même relation avec Prusse et se charriaient souvent tous les trois.
- Tu m'offenses, Gilbert !
- C'est Gilbert ! Apprend à prononcer mon nom !
France prononçait le nom de Gilbert à la française, et l'albinos en avait horreur. C'est vrai que c'était plutôt vieux-jeu … Matthew préférait la prononciation allemande de son nom. Il aimait bien quand Gilbert l'appelait par son nom complet parce qu'il le prononçait différemment. Apparemment, il avait un truc pour l'accent allemand.
- Où est ton ombrelle ? demanda soudainement France.
- Dans mon sac, on est protégé par les arbres …
- Tu dois faire plus attention ! Tu pourrais faire une insolation ! Et si tu attrapes un cancer je -
- Hey calme-toi, Papa ! fit Gilbert en riant. On est à l'ombre pour encore longtemps et au beau milieu de l'automne ! Il ne fait même plus chaud et le soleil ne brille- Une perle !
Matthew se redressa immédiatement, et sa tête se mit à tourner violement. Lorsqu'il eut repris ses esprits, il remarqua que Gilbert était déjà au sol. La queue de Cannelle s'approcha de lui et Matthew le laissa le toucher, toujours inconfortable à l'idée que s'il le voulait Cannelle pourrait le tuer instantanément.
Ce sont les perles de souvenirs dont vous parliez l'autre jour ?
- Oui, ça faisait longtemps !
Gilbert et lui s'étaient inquiétés de ne pas avoir vu de perles pendant plus d'une semaine. Le canadien avait expliqué à Cannelle et Maple qu'ils en avaient besoin pour retrouver leur souvenir, mais Gilbert, méfiant des créatures, avait demandé à Matthew de ne pas révéler comment ils s'y prenaient pour les retrouver.
Matthew entendit France dire qu'il ne se sentait pas bien et voulut aller l'aider. Prusse et Amérique le regardait l'air inquiet et avec une main sur son front.
- Matt ! Grouille-toi ! dit Gilbert debout devant un arbre gigantesque dépassant d'au moins dix mètres les autres.
Matthew se tourna vers l'albinos et écarquilla les yeux devant l'impressionnante beauté de l'arbre. Ses feuilles étaient mauves et rouges et luisaient légèrement. Matthew s'imagina que c'était le travail de la perle. Cependant, il était incapable de dire à qui elle allait appartenir … Les couleurs étaient trop mélangées. L'arbre était vraiment magnifique. Gilbert toqua contre son tronc qui devait faire au moins cinq mètres de diamètre.
- La perle est au centre, il faut couper le tronc. Il est creux.
Une nouvelle fois, Matthew se sentit mal à l'idée d'abattre un tel spécimen. Mais ça pourrait être pire.
- J'espère qu'il ne va pas nous attaquer comme le Saule Cogneur, dit Angleterre en arrivant.
- C'est quoi un Saule Cogneur, demandèrent les adolescents en même temps.
- Pff, les jeunes de nos jours, ne connaissent même pas leurs classiques !
- On n'a plus de souvenir j'te rappelle, andouille ! fit Gilbert en levant les bras au ciel.
- Comment on va couper ça ? demanda Matthew.
Sans prévenir, Cannelle enfonça sa queue dans l'arbre, et d'un coup sec, l'arbre fut sectionné. Tout le monde se mit à tourner autour de l'arbre, effrayé de la direction dans laquelle il allait tomber.
- Ce monstre est fou ! fit Angleterre.
- Hey ! dit Matthew. Je n'te permets pas ! Il essaie de nous aider. Merci, Cannelle !
La créature grogna en hochant la tête comme pour dire « de rien ». L'arbre tomba vers le sud, mais fut retenu par les autres arbres, ne tombant pas entièrement. Cannelle
- Voilà la bille ! cria Gilbert.
Au milieu du tronc qui rétrécissait de plus en plus, se trouvait une perle bicolore. Les couleurs semblaient danser l'une avec l'autre, apparaissant parfois mauve, parfois rouge. Les adolescents se regardèrent, une question pendant à leurs lèvres : à qui appartenait ce souvenir ?
Ils avaient compris que le mauve était la couleur de Matthew et que le rouge était pour Gilbert. Alors quand il y avait les deux couleurs, pour qui était-ce ?
Gilbert fit la première démarche et ramassa la perle. Rien ne se produisit. Il souffla et se tourna vers le canadien.
- Je crois qu'on doit la toucher en même temps.
Matthew hocha la tête. Cette déduction avait beaucoup de sens. Il s'approcha de Gilbert qui avait la perle posée sur sa paume levée. Le canadien leva sa paume vers le bas et toucha la perle du bout des doigts.
Ils tombèrent en même temps, Matthew se faisant attraper par Cannelle et Gilbert par Angleterre.
XxXxX
Matthew hocha la tête à la demande de son Papa, et fit ce qu'il lui demandait. Il avait toujours eu du mal avec les étrangers, et le petit garçon devant lui ne faisait aucune exception.
- B-Bonjour, je m'appelle M-Matthew.
Le garçon en face de lui n'avait pas envie de se faire des nouveaux amis. Il était très heureux en Allemagne, et ne voyait pas pourquoi il avait dû déménager dans un pays aussi froid que le Canada.
- Je suis Gilbert.
Et en plus, son français n'était pas très bon. Il savait qu'il aurait dû écouter plus souvent quand sa mère lui parlait français. Il n'aimait pas du tout cette langue. Il ne savait pas parler avec des mots compliqués comme en allemand où la maîtresse lui disait toujours qu'il était très intelligent. Il se sentait idiot en parlant français. Les choses les plus compliquées qu'il savait dire, c'était des insultes.
Matthew lui, trouvait amusant l'accent du petit garçon. C'était la première fois qu'il rencontrait un européen, en dehors de ses parents bien sûr.
- Vous avez cinq ans tous les deux, dit son Papa. Vous allez vous voir tous les jours maintenant que Gilbert vit à côté.
Une brise légère se leva sur le parc et fit voler les cheveux de Matthew qui étaient beaucoup trop longs pour un garçon remarqua Gilbert.
- T'es un garçon ou une fille ? demanda-t-il en pointant les cheveux du canadien.
- U-Un garçon ! répondit Matthew en serrant les poings.
Il pointa à son tour vers les cheveux de Gilbert.
- Pourquoi tes cheveux sont blancs ? Et tes yeux rouges ?
- Parce que j'ai les gènes du génial ! Quand on les a, on me ressemble.
Matthew hocha la tête en écarquillant les yeux.
- Oh ! Je n'avais jamais rencontré quelqu'un de génial avant !
Le canadien lui sourit de manière innocente, ne voyant pas de mensonges derrière les propos de Gilbert. Il lui sourit en retour, mais en montrant toutes ses dents. Ce garçon était le premier à l'avoir cru quand il avait dit être génial. Les autres enfants, en Allemagne, se moquait de lui à l'école et le traitait de « vieux monsieur ».
- Vous devriez allez jouer avec les autres, dit le Papa de Matthew. Daddy ne va pas tarder, il est parti chez le dentiste avec Alfred. Ensuite on ira voir si les parents de Gilbert ont fini d'installer les meubles.
L'Allemand hocha la tête et attrapa Matthew par le bras. Il était glissant à cause de la crème solaire que son Papa venait de lui mettre. Il en avait également mit à Gilbert, mais une différente. Matthew se laissa tirer jusqu'aux balançoires. Puis s'arrêta net.
- J-je ne sais pas en f-faire ! dit-il en tremblant.
Le canadien avait l'air paniqué et se mordait nerveusement la lèvre inférieure.
- C'est pas grave, répondit Gilbert, je vais t'apprendre !
- O-on pourrait aller f-faire du t-toboggan p-plutôt !
Gilbert pencha la tête sur le côté, en souriant méchamment.
- Tu as peur ?
Matthew sentit son cœur s'arrêter sous cette humiliation.
- P-pas de la balançoire … avoua-t-il honteusement.
Gilbert perdit son sourire.
- De quoi alors ?
Matthew leva les yeux vers la personne assise sur la balançoire et mangeant un glace. C'était Carlos, un garçon de primaire, cinq ans plus âgé, qui l'ennuyait tout le temps à l'école. La dernière fois, il avait mouillé les devoirs de Matthew et il s'était fait grondé par la maîtresse. Carlos lui avait dit que s'il racontait, il lui prendrait son lunch tous les jours.
- C'est C-Carlos … I-il n'est pas t-toujours gentil avec moi …
Gilbert comprit immédiatement. Lui aussi avait eu droit à son lot de mauvaises blagues. Il connaissait le regard apeuré de Matthew. Il ne savait pas que des gens comme ça existaient aussi au Canada. Ses parents lui avaient dit que tout était mieux là-bas.
- On ne va pas jouer avec lui, dit Gilbert. Va t'assoir, je vais te pousser. Après c'est ton tour.
Matthew secoua la tête et le garçon fronça les sourcils en souriant en coin.
- Je croyais que t'étais pas une fille …
- Je suis pas une fille ! confirma Matthew en serrant les poings et en fronçant des sourcils.
Gilbert garda son sourire narquois et força Matthew à avancer jusqu'à Carlos. Le cubain arrêta deux secondes de manger sa glace pour toiser Matthew puis regarda dans la direction de Francis qui envoyait un SMS. Carlos retourna ensuite à ses précédentes occupations, et Matthew parut soulagé. Il s'assit sur la balançoire et Gilbert se mit à le pousser gentiment. C'était vraiment chouette. Matthew rit un peu puis regarda son Papa. Il marchait vers le camion de glace. Cette journée s'annonçait assez bonne !
Jusqu'au moment où Carlos attrapa la chaîne de la balançoire, mettant fin aux mouvements de Matthew. Le canadien sentit une vague de peur lui tomber dessus, et tentant de se lever, il se prit les pieds dans le sable et tomba en avant. Il en eut le souffle coupé. Du sable lui rentra dans la bouche et les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'il crachait par terre et tentait de respirer correctement. Carlos se mit à rire en se tapant le genou.
Gilbert ne riait pas du tout. Pourquoi ce gamin venait-t-il ennuyer Matthew ? Il n'avait rien fait ! Mais Matthew ne devrait pas réagir comme ça, il était à deux doigt de fondre en larmes ! Gilbert devait lui montrer comment réagir face aux enfants méchants avec lui.
- Hey ! dit l'albinos en aidant le canadien à se relever.
Matthew se cacha immédiatement derrière son nouvel ami, qui ne comprenait pas pourquoi le canadien ne se défendait pas de lui-même. Le cubain cessa de rire et regarda Gilbert l'air dégouté.
- T'es pas gâté par la nature, toi ! C'que t'es moche !
- Fils de pute ! répondit Gilbert.
Carlos n'avait pas l'air de s'attendre à ce genre de réplique de la part d'un enfant de cinq ans. Même Matthew regarda Gilbert en comprenant que c'était un gros mot. Et sans une autre seconde d'attente, l'albinos donna un coup de poing au garçon deux fois son âge et presque deux fois sa taille. Carlos reçu le coup dans le bas du ventre et recula. Ce n'était pas vraiment douloureux, mais il avait été surpris.
Gilbert maudit sa petite taille, mais en voyant Francis arriver avec deux glaces, il se dit qu'il valait mieux utiliser la stratégie plutôt que l'attaque. Il se coucha sur le sol, et quand Matthew le regarda sans comprendre, il le tira par le poignet, l'amenant à son niveau. Carlos était énervé maintenant et leva la main pour attraper les cheveux de Matthew qui cria un peu et se mit à pleurer.
- AAH ! hurla Gilbert alors que rien ne lui arrivait. ARRÊTE ! BITTE ! ÇA FAIT TROP MAL !
Les têtes des adultes se tournèrent vers eux. Carlos lâcha immédiatement Matthew alors que Francis courait vers eux. Le canadien soupira de soulagement, et le cubain s'enfuit dans la direction opposée. Gilbert avait vraiment espéré qu'il se ferait attraper ! Il n'aimait pas utiliser ce genre de technique qu'il trouvait lâche, mais c'était souvent assez efficace.
- Vous n'avez rien ? demanda Francis essoufflé.
- P-Papa~!
Matthew se jeta dans les jambes de son père et se mit à pleurer. Il avait eu si peur ! Il ne savait pas comment Gilbert avait fait pour trouver le courage de combattre Carlos. Matthew avait toujours trop peur de tout pour se défendre. Quand il n'avait pas trop peur, il essayait de persuader Carlos de le laisser tranquille, mais il était trop gentil, et le cubain n'avait jamais peur. Il sentit son père essuyer ses larmes avec ses pouces.
Gilbert roula les yeux au ciel. Quel comportement de fille ! S'ils allaient être voisins, l'albinos allait devoir lui apprendre à être un garçon. Francis consola son fils tant mieux que mal et lui donna une glace au chocolat. Gilbert eut droit à la même. Il remercia Francis, et tous les trois, ils allèrent s'assoir sur un banc pour que les enfants puissent manger.
Matthew léchait sa glace de haut en bas et s'en mettait partout. Gilbert secoua la tête, dépité. Il fallait vraiment tout lui apprendre !
- Comme ça ! dit l'albinos en mettant sa langue à moitié sur la glace et une autre moitié sur le cornet.
Il fit tourner le cornet, évitant de s'en mettre sur les doigts et empêchant la glace de tomber d'un côté.
- Oh ! fit Matthew en imitant Gilbert. Merci ! C'est plus facile ! T'as vraiment les gênes du génial !
Gilbert se sentit un peu coupable de lui avoir menti, mais hocha la tête en souriant fièrement. Il n'allait pas refuser un compliment. Matthew se sentait beaucoup mieux maintenant. Gilbert était vraiment gentil avec lui, même s'il l'avait traité de fille.
- Matthieu, dit Francis en mettant sa main sur l'épaule de son fils. Qui est le petit garçon qui vous embêtait ?
Il baissa tristement les yeux puis regarda Gilbert. Devait-il en parler ou non ? Il venait à peine de rencontrer Gilbert, et pourtant, quand le garçon hocha la tête, il savait que c'était la bonne décision.
- C'est Carlos. Alfred l'ennui tout le temps à l'école, alors il vient m'ennuyer. Au début il croyait que j'étais Alfred, mais maintenant il sait que je suis Matthew.
Francis hocha la tête.
-On ira en parler à la nouvelle directrice, d'accord ? C'est la Maman de Gilbert.
Matthew écarquilla les yeux. Gilbert devait être riche alors ! Sa Maman était chef de l'école ! Pourtant ils étaient voisins, et la maison de l'albinos n'avait rien de riche.
- Et s'il t'ennuie encore, répondit Gilbert, j'irai lui casser la gueule !
Matthew rougit sous le gros-mot et Francis réprimanda l'albinos pour son mauvais langage.
- Tu veux venir dormir à la maison ? demanda Gilbert. Je t'apprendrai des techniques de guerre pour que tu puisses te défendre !
Matthew leva les yeux vers son père lui posant la même question avec son regard. C'était la première fois que quelqu'un l'invitait à venir dormir. D'habitude, c'était Alfred qui avait plein d'amis. Francis lui sourit.
- Je pense que c'est aux parents de Gilbert de décider …
XxXxX
Matthew ouvrit les yeux en souriant. Il s'assit et vit que Gilbert aussi se relevait. Il avait le même sourire sur son visage. C'était le genre de souvenir qui faisait chaud au cœur …
- Et tu es venu dormir à la maison … dit l'albinos.
- Je venais tous les samedis, et tu venais tous les vendredis …
Ce souvenir était venu naturellement, le canadien commençait à se rappeler des petites choses de son enfance. Gilbert regarda le ciel ou le soleil se couchait. Il avait les mains posées derrière lui et avait l'air pensif dans cette position.
- On construisait des forts et on se battait avec des bouts de bois … dit-il.
Matthew hocha la tête.
- Et je devais te protéger de quelque chose … Je ne sais plus de quoi …
Gilbert rougit et baissa le regard.
- Des cafards … dit l'albinos d'une petite voix.
Le blondinet se mit à rire. Il se souvenait maintenant, Gilbert avait peur des cafards et des insectes à carapace en général. Qu'est-ce qu'il en disait déjà ?
- C'est pas normal d'avoir une protection quand on est aussi dégueu ! fit l'albinos en croisant les bras.
- Vous avez bientôt fini ?
Les adolescents sursautèrent à la voix d'Angleterre. Matthew ne l'avait pas remarqué.
- On a de plus gros problèmes que vos histoires !
Cannelle plaça sa queue sur le front du canadien.
France est en train de disparaître !
- QUOI ?!
Matthew se leva d'un coup. Gilbert ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais il avait assez de jugeote pour comprendre qu'il y avait urgence et se leva précipitamment. Le canadien se mit à courir jusqu'à l'endroit où ils avaient laissé France, Amérique et Prusse.
Le français était allongé sur le sol en sueur et haletant. Son corps était presque transparent. Matthew n'avait jamais vu un tel phénomène. Il s'agenouilla près de lui et lui saisit la main, il était bien solide.
Les deux autres nations baissaient les yeux, comme s'ils savaient ce qu'il allait se passer. Le canadien refusait de penser des choses pessimistes. Gilbert vint à côté de lui et plaça une main sur son épaule. L'albinos ne comprit ce qu'il se passait qu'en voyant France sur le sol.
- Il est … commença l'albinos. Qu'est-ce qu'il lui arrive ?
- Son pays est sous attaque … répondit Amérique les yeux vide de toute émotion.
- Pourquoi il disparait ?! demanda Matthew. Ça ne te fait pas ça à toi !
Amérique secoua la tête.
- J'ai eu le même problème quand Washington s'est fait prendre …
- Alors Paris-
- N-Non, grogna France.
Tous les visages se tournèrent vers lui. Matthew remarqua qu'Angleterre n'était pas là, il était pourtant le premier à se moquer du français …
- Ça fait l-longtemps que P-Paris- Huh … est t-t-tombée … C-C'est Calais …
Matthew avait envie que Cannelle ou Maple apaise les souffrances de France, mais ils avaient déjà essayé avec Amérique la première fois, et cela s'était avéré inefficace. C'était certainement lié au fait que la douleur des nations ne venait pas de leur corps humain, mais de leur terre.
- Ç-Ça va passer … dit France en portant la main de Matthew à son front brûlant.
- Pourquoi Calais ? demanda Gilbert. Il n'y a rien d'important là-bas …
France sourit en serrant les dents.
- C-Chaque ville a son histoire … J'y ai r-rencontré q-quelqu'un qui a c-changé m-ma vie …
Il y eut un moment de silence. Matthew pensa que tout le monde faisait comme lui et cherchait de qui il pouvait bien s'agir.
- Tu parles de moi, huh Frog ?
Le canadien se retourna pour mieux voir Angleterre qui croisait les bras alors que le soleil se couchait derrière lui, donnant des reflets roux à ses cheveux. Ses yeux étaient froids, mais Matthew y détectait aussi de la sympathie et de la tristesse. France rit légèrement puis porta la main de Matthew à son cœur, il battait à une vitesse folle. Le canadien sentit au fond de lui que ce n'était pas uniquement dû à la douleur …
- Ça d-dépend … O-On peut te considérer c-comme « quelqu'un » ?
Angleterre rougit et regarda ailleurs.
- On installe le campement ici, dit-il. Je ne voudrais pas risquer d'entendre Frog se plaindre si on continue une heure ou deux …
Il fit demi-tour et retourna se cacher dans les bois. Angleterre aimait bien rester seul quand France était impliqué … Et pourtant, Matthew était certain que la nation comptait beaucoup pour lui. Prusse et Amérique installèrent un lit pour le français et Gilbert partit chercher de l'eau.
XxXxX
La nuit était beaucoup plus fraîche que les précédentes. Matthew grelottait allongé sous sa couverture en cherchant le sommeil et se demandait s'ils allaient devoir voyager sous la neige à un moment donné. Ce n'était même pas encore l'hiver ! Il était censé être canadien et aimer le froid et tout ça, mais là, tout ce qu'il voulait c'était son ours en peluche et oublié les plaintes de France et d'Amérique qui lui aussi avait fait une poussée de fièvre.
France avait repris son apparence normale, mais souffrait toujours autant. Quelqu'un secoua son épaule. Matthew sortit la tête de sa couverture, mais le regretta tout de suite lorsque le froid vint lui mordre le nez. Gilbert se tenait à genoux à côté de lui.
- Il fait trop froid pour dormir ! Chuchota-t-il.
Matthew fronça les sourcils puis hocha la tête.
- Je sais …
- Tu veux pas faire comme eux ?
Gilbert pointait du doigt vers quelque chose que Matthew ne pouvait pas voir sans ses lunettes. Il crut reconnaître les formes de France, Angleterre, Amérique et Prusse collés l'un à l'autre pour garder de la chaleur.
Sans même que Matthew ne lui donne son accord, Gilbert s'installa dans la couverture du Canadien et mit la sienne au-dessus de l'autre. Ils se mirent sur le côté tous les deux de manière à se faire face et Matthew roula des yeux parce que Gilbert se croyait tout permit, mais accepta la chaleur de son corps avec joie. Il rit à sa pensée qui aurait pu être interprétée d'une autre manière.
- Pourquoi tu te marre ? demanda Gilbert à voix basse.
Matthew rougit et remercia le fait qu'il faisait trop noir pour que Gilbert le voie.
- Ça me fait penser à quand on était petits …
Il entendit Gilbert rire.
- Mais elle est pourrie cette cabane !
Matthew se mordit la lèvre pour ne pas rire trop fort. La respiration de France commença à se calmer au loin, et cela soulagea le canadien.
- Ma famille me manque … avoua-t-il. On était fort proche … Passer mon temps avec des gens leurs ressemblant ne fait qu'aggraver la chose …
Sa voix trembla un peu à la fin de sa phrase, alors qu'il sentait des larmes lui piquer les yeux. C'était horrible de voir son père et son frère dans cet état, mais il ne s'agissait pas de sa famille, seulement des personnes leur ressemblant. Ils étaient tout de même ses amis, et Matthew avait envie d'être avec eux. Cependant, il n'y trouvait la même ambiance familiale qu'il avait dans son univers. France ressemblait beaucoup à un père pour lui, mais il n'était pas son père.
Il sentit Gilbert enfoncé son doigt dans sa joue de manière répétée et agaçante.
- Arrête de pleurer comme une gonzesse ! Au moins tu sais que tu as une famille qui t'attend !
Matthew se sentit immédiatement coupable. Gilbert n'avait pas de souvenirs de sa famille. La perle bicolore indiquait bien que l'albinos avait une famille, mais il n'avait pas idée de ce à quoi elle ressemblait.
- Désolé … souffla le canadien.
- C'est pas la peine. Au moins, tant que je ne sais pas à quoi elle ressemble, elle ne me manque pas.
Matthew sourit.
- Je suis content que tu sois là, dit-il. C'est rassurant d'avoir quelqu'un de son univers avec soi … Merci Gil.
- Pas de quoi.
Une troisième voix vint interrompre leur conversation :
- Vous êtes adorables !
- La ferme, Prusse ! grogna Gilbert. Je croyais que tu dormais …
Matthew et Gilbert restèrent sous la couverture, ne voulant pas perdre la chaleur qu'ils avaient emmagasinée, mais la voix de Prusse portait assez bien, montrant qu'il n'était pas sous sa couette et qu'il était probablement assis.
- Je peux pas dormir à côté d'idiots qui se font un plan à trois …
Immédiatement Gilbert s'assit, pour voir de quoi Prusse parlait, et Matthew tapota à côté de lui pour trouver ses lunettes et les plaça sur son nez. Gilbert parut déçu en voyant que la seule action qu'il y avait, c'était qu'Angleterre était allongé sur le côté entre France et Amérique qui le tenaient tous les deux dans leur bras. Le visage de l'anglais était enfuit dans le torse de France, tandis qu'Amérique avait sa tête dans le cou d'Angleterre. Cette vue fit mal au cœur à Matthew tellement elle lui rappelait sa famille.
Une autre part de lui-même se rendit compte qu'Angleterre allait certainement perdre les deux personnes les plus importantes pour lui …
A/N : Dun dun dun !
C'est pas adorable ? Tout le monde a droit à un ami dans ce chapitre ! Sauf Prusse … ll est un poor, lonesome cowboy~! Je vais essayer d'écrire un chapitre triste pour le dixième, mais je ne promets rien … Je suis pas du genre triste qui pleure en mangeant du chocolat (je suis plutôt émo-punk qui se mutile quand je déprime) et ce sont des émotions inconnues pour moi.
Vous avez aussi un truc pour les accents ? Quand j'entends l'accent British ou Allemand j'ai un orgasme auditif … J'ai deux amis allemands ici à Taïwan, un gars et une meuf, et quand ils parlent je suis limite en train de baver … Et le nom de la fille c'est Isabel Billmeier … Je trouve que c'est super sexy, et je ne sais même pas pourquoi …
Et dans The Maze Runner un des personnages a l'accent anglais et j'étais littéralement en train de jouir dans le cinéma … Heureusement que le son allait fort, parce qu'à chaque fois qu'il parlait ou apparaissait je faisais « o-oh … huh~ ! » … J'm'imaginais son corps contre le mien et du coup j'ai pas bien suivit les scènes où il apparaissait x)
On se revoit la prochaine fois !
Review
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!
Merci :D
