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Votre choix
[Arrêter de se battre]
Clementine se résigna. Elle regarda Garry dans les yeux, ayant décidé d'arrêter de se battre. Il ne méritait pas qu'elle leur offre ce qu'ils voulaient. Elle ne leur donnerait pas.
Elle encaissa alors un autre choc qui rouvrit son arcade.
- Tu ne vas même pas te défendre ! S'époumonna Garry.
Une autre giffle vint faire vaciller ses tête. Elle entrevit Jack dès que le choc fit virevolter sa tête sur le côté. Il s'avançait mais fut retenu par son sergent qui lui barra la route et l'empêcha d'aller plus loin.
Elle reçut un coup dans l'estomac lui faisant cracher violemment l'air de ses poumons.
- Défends-toi ! T'as pas survécu si longtemps dehors si tu n'en étais pas capable ! Bats-toi !
Il l'attrapa par le col, lui cracha presque au visage en expulsant ses mots. Elle regarda droit au fond du regard de ce jeune garçon en colère, terrifié, obéissant…
Et alors que le silence régnait tout autour d'eux, que la confrontation avaient attirée d'autre regard, Clementine lâcha dans un cri féroce, acharné… invincible :
- NON !
L'écho de sa voix résonna partout dans le camp. La surprise envahit le visage de chacun. Plus encore celui de Garry qui était le plus proche témoin de sa détermination.
- Je ne te combattrai plus. Personne ne m'y forcera.
Le garçon baissa le bras, soudain peu prompt à vouloir aller plus loin. Son expression avait changé. Comme s'il avait pu entendre le lointain écho d'un cri d'autrefois qui était aujourd'hui aussi silencieux que le souffle du vent.
Sous les murmures des autres, Garry se releva, obnubilé par le visage de Clementine. Le garçon empli de confiance plus tôt semblait soudain très hésitant, plutôt confus.
Il déclara alors sous la stupeur des autres :
- J'arrête là. Ça ne vaut pas le coup d'aller plus loin.
Garry rejoignait les rangs tandis que Clementine eu alors la force de relever sa tête pour observer le capitaine.
- J'espère que tu n'es pas trop déçu ?
L'homme ne dit rien et s'approcha d'elle. Elle sut qu'il allait l'aider à se lever alors enragée, elle cracha :
- Ne t'approche pas de moi. Je préfère encore ramper jusqu'à votre infirmerie plutôt que de te laisser poser la main sur moi.
Un silence suivit sa réplique. Les gens étaient surpris par le tempérament de la jeune fille face au capitaine qui garda tout son calme.
Soudain on entendit la voix d'un garçon qu'elle connaissait :
- Je peux la soutenir jusqu'à là-bas si vous le souhaitez capitaine.
Jack sortit du rang pour se porter volontaire. Il eu droit à un regard de profonde gratitude de la part de Clementine.
Le capitaine acquiesça à sa demande et le jeune garçon vint donc jusqu'à elle pour l'aider à se remettre debout.
Les deux gamins et le capitaine se mirent en route. Et sur leur passage, Clem fut très surprise lorsque la quasi-totalité des cadets hochèrent la tête sur son chemin. Elle reconnut ce geste comme celui d'un évident respect. Et malgré la situation, elle fut très touchée par cette attention
Après une minute, Dalton, Jack et Clem débarquèrent sans se faire connaître dans la salle d'auscultation qu'elle avait déjà visité plus tôt.
Lorsque Louie remarqua l'état de Clementine, elle déclara furibonde :
- Ça fait deux heures qu'elle est partie ! Qu'est-ce que vous avez avec elle ?!
Jack l'aida à s'installer sur la table avec l'aide du médecin qui jetait déjà un coup d'œil à ses plaies et hématomes. Elle virevolta alors vers Dalton puis confessa d'un ton acerbe :
- J'apprécierai Capitaine que vous arrêtiez de pomper sur nos réserves de médicaments pour des futilités !
Ce dernier fit semblant de ne rien entendre et déclara simplement à l'attention de Jack :
- Retourne à ton poste.
Ce dernier observa Clementine avant de partir. Les prunelles envahies par une douceur apaisante.
Puis, dès qu'il eut quitté les lieux, la fillette s'adressa virulemment à Dalton :
- Je veux voir AJ, maintenant ! J'ai fais tout ce que vous vouliez jusqu'ici ! Vous me le devez !
Le capitaine l'observa avec la même intensité que Clementine. Une lueur de défi vibrait dans les prunelles de Dalton. La haine comblait celles de Clementine. Sans rien dire, l'homme s'en alla alors refermant calmement derrière lui.
- Ne bouges pas, je vais soigner tout ça. S'exprima Louie calmement.
- Désolé de pomper vos réserves.
- Je disais ça seulement pour que lui et ses gorilles se calment un peu sur le traitement qu'ils réservent aux gens de ce camp. Je veux dire, regarde dans quel état ils t'ont mise... Je me demande pourquoi le capitaine semble autant intéressé par toi.
Alors le traitement qu'elle subissait n'était pas réservé à tous les nouveaux arrivants.
- C'est déjà plutôt rare qu'il fasse lui-même visiter le camp. C'est arrivé mais pas souvent. Et puis, je ne sais pas… La façon dont il te regarde, c'est bizarre.
Clementine ne réussit pas à s'inquiéter autant qu'elle aurait dû de ces paroles. Elle était trop éreintée pour trouver la force de songer sérieusement aux mots du médecin.
- Il m'a toujours mise mal à l'aise. Sois très prudente avec lui.
Sur cet avertissement, Louie se tut pour soigner convenablement Clem.
Quelques minutes passèrent où Clementine se sentit envahie par le sentiment apaisant de ne pas avoir laissé libre cours à ses pulsions. Elle se sentait fier d'avoir su y résister...
Toutefois, ses pensées restaient toujours confuses. Elle se sentait furieuse. Triste. Désorientée.
Mais elle ne put aller plus loin sur les émotions qui s'emparaient d'elle. Elle sursauta subitement lorsque la porte s'ouvrit encore une fois sur la silhouette de Dalton.
Mais la haine s'effaça soudain lorsqu'elle vit qui il tenait dans ses bras.
Son amour pour AJ envahit ses traits. Le bonheur de sa présence lui fit oublier tout le reste. Au point où elle essaya de lever de la table pour se précipiter vers lui. Seulement le médecin la retint et d'un pas tranquille, le capitaine vint jusqu'à elle et lui tendit le petit avec une surprenante délicatesse.
Le sourire de Clementine revint en même temps que le visage d'AJ s'anima dès qu'il fut dans ses bras. Il tendit ses petits bras vers son visage insinuant un bonheur nécessaire dans le cœur ravagé de Clem.
Clementine ne sut trop pourquoi mais malgré tout ce qu'il lui avait fait, elle se surprit à dire au capitaine :
- Merci de l'avoir ramené.
Elle ne se détesta même pas pour lui tenir pareil langage. A cet instant précis, elle était trop heureuse pour laisser la haine gâcher ce moment. En plus, en dépit de la façon dont il la traitait, il avait tenu parole.
Voir AJ était la seule chose dont elle avait besoin pour ne pas perdre espoir.
- De rien.
Elle fut étonnée qu'il réponde à sa brève gratitude. Plus encore dès qu'elle repéra la bienveillance de ses traits. Expression qu'elle ne pensait jamais voir sur son visage si stricte.
Après ça, sans autre mot, il reparti tout en déclarant qu'il repasserait la chercher ici plus tard. Il ne lui dit pas combien de temps elle pourrait espérer rester avec le petit. Mais Clementine s'en fichait pour le moment.
AJ était là… C'était tout ce qui comptait.
Quand elle fut seule en compagnie du gamin et de Louie, Clementine finit par remarquer enfin les œillades étrange de cette dernière.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je me demandais seulement pourquoi tu l'avais remercié ?
- Simplement pour avoir tenu parole.
Elle garda le silence un moment avant de la prévenir une fois encore :
- Fais attention Clem. Rien n'est gratuit avec lui. Surtout qu'il a l'air vraiment très intéressé par toi.
- Dans quel sens ?
- Je ne sais pas… Mais à ta place, je ferai tout pour éviter de le savoir.
Clementine écouta attentivement cette déclaration. Puis elle observa AJ et se fit la promesse de le sortir elle et lui d'ici. Dès qu'elle aurait une véritable occasion, elle la saisirait…
J'espère que votre choix vous a satisfait !
A bientôt !
