Bonjour ou Bonsoir à tous !

Je voulais m'arrêter une minute pour annoncer que cette épisode qui devait contenir au départ cinq chapitres en aura finalement six. Après ça j'entamerai enfin l'épisode deux qu'il me tarde d'écrire :)

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira en tout cas. Et si vous le pouvez, dîtes moi ce que vous en pensez.


Système de repérage des répliques lié à vos choix:

DANS LE CHAPITRE 3 "147 Days", SI VOUS AVIEZ CHOISI "PRENDRE L'ARME" : [C5] + caractère en italique

DANS LE CHAPITRE 3 "147 Days", SI VOUS AVIEZ CHOISI "LAISSER L'ARME A LOUIE" : [C6] + caractère gras

DANS LE CHAPITRE 2 "New Home", lors du combat contre Garry SI VOUS AVIEZ CHOISI "LIBERER SA COLERE" : [C3] + caractère en italique

DANS LE CHAPITRE 2 "New Home", lors du combat contre Garry, SI VOUS AVIEZ CHOISI "ARRÊTER DE SE BATTRE" : [C4] + caractère gras


The Walking Dead : Beyond Survival

Episode 1 : Into Wellington

Chapitre 4 : Hell Goes On

C'était le début de l'automne. Le second qu'elle allait passer dans les environs. Durant cette période, les températures étaient encore suffisamment élevées pour éviter les tenues chaudes et encombrantes. Il persistait toujours cette brise fraîche du Nord qui devenait néanmoins douce et caressante sous les rayons chaleureux les premiers rayons de cette saison.

Le paysage des champs, plaines et bois défilait à la vitesse du camion militaire dans lequel elle avait embarqué pour une énième mission en compagnie de certains camarades. Jack était là. Pablo aussi. Tous assis dans la remorque arrière au milieu de trois autres cadets.

Comme eux, elle était silencieuse, déviant la course de ses prunelles sur le décor qui s'étendait tout autour d'eux.

Depuis quand était-elle ici ? Un an et demi ? Deux ans ? Elle savait que la réponse se situait entre ces deux dates et qu'elle atteindrait sa quatorzième année dans peu de temps maintenant. Mais ces détails n'avait plus d'importance. Les jours, semaines et mois se ressemblaient tous à Wellington.

Elle n'était plus sûre de rien. Ni de la nature exacte du temps qui s'écoulait, ni de l'influence qu'il détenait sur sa vie. Dorénavant, elle préférait écouter les ordres, obéir et éviter les problèmes. C'était plus simple d'agir de cette façon. Elle et les gens à qui elle tenait ne souffraient plus. Enfin, plus à cause d'elle au moins. Parce que Wellington restait ce qu'il était. Ça, ça n'avait pas changé.

Contrairement à elle…

Clementine avait pris une dizaine de centimètre depuis qu'elle les avait « rejoint ». Une cicatrice bien dessinée marquait son front à présent : au dessus de son arcade gauche. Son regard était réfléchi, impénétrable et froid. Il avait vieilli plus vite qu'elle. Mais, à part ça, elle n'avait rien perdu de sa jeune beauté.

Son visage s'était affiné et légèrement allongé, prenant ainsi les traits d'une jeune adolescente. Son corps aussi se développait, affichant les prémices des courbes d'une jeune fille athlétique, forte mais néanmoins ravissante. Les derniers vestiges physiques ou spirituels de son enfance avaient presque tous disparu à présent. Et elle n'avait rien fait pour l'arrêter. Avait même été soulagée de s'en débarrasser une fois pour toute.

Certes, ses cheveux étaient toujours aussi courts – par sécurité - toutefois elle ne portait plus sa casquette. Elle la laissait dans sa cellule sans jamais la toucher.

Et depuis quand déjà ? Ah oui ! C'était arrivé après la mort de Louie. Un décès qui avait changé bien des choses pour elle… En elle.

La sensation de son chapeau sur la tête lui avait manqué au début. Mais après un peu plus d'un an, elle s'y était fait. Il lui arrivait de se passer la main dans les cheveux, caressant son crâne comme à la recherche de quelque chose qui ne s'y trouvait plus. Ça n'arrivait pas souvent mais c'était un des restes de sa vie d'autrefois… De celle qu'elle était. Gamine naïve, aux espoirs futiles qui auraient mieux fait d'admettre sa défaite, d'accepter les règles au lieu de lutter continuellement pour ce qu'elle pensait être juste. Si elle l'avait fait, peut-être que Louie serait encore en vie aujourd'hui.

Cela dit, en toute franchise, des remords ou des regrets elle n'en avait pratiquement plus. Pour en avoir, il fallait se soucier de sa vie, de son environnement. Ce n'était - presque - plus son cas. Pas après tout ce qui était arrivé. Les seuls lumières de son existence étaient certains des amis qu'elle s'était fait parmi les cadets.

Quant à AJ… Depuis quand elle ne l'avait pas vu ? Trois mois ? Quatre ? Elle avait arrêté de compter les jours il y avait bien longtemps. Être éloigner de lui était une autre des punitions qu'elle avait reçu pour avoir tenter de s'évader ; elle la payait encore aujourd'hui. Elle n'était néanmoins plus tout à fait sûre d'être aussi touchée par l'absence d'AJ qu'au début. Elle voulait s'en sentir coupable mais c'était difficile. Elle avait pris l'habitude de se détacher de ces émotions bien trop pesantes.

Brusquement, elle quitta ses songes lorsque le camion dans lequel ils avaient embarqué sauta virulemment dès qu'il progressa sur un morceau de route très abimé. Sous le sursaut, Clem préféra alors oublier définitivement ses précédentes pensées et se concentra sur la mission qu'ils allaient avoir à accomplir. Surtout que maintenant qu'ils avaient passé la petite ville d'Hillman, elle savait qu'il se rapprochait de leur cible du jour.

Ils devaient se rendre à Ginop Sales, une entreprise qui vendait par le passé tous types de véhicule agricoles ou de construction. Depuis que de nouveaux arrivants les avaient rejoints, il avait fallu agrandir le camp. L'un des deux bulldozers qu'ils utilisaient pour aplanir le terrain et déboiser la zone avait rendu l'âme quelques jours plus tôt. On les avait donc envoyé récupérer les pièces nécessaires à la réparation de l'engin. Si cela ne suffisait pas, ils reviendraient avec un véhicule adéquat pour embarquer l'un des bulldozers avec eux.

Ils arrivèrent enfin au lieu de rendez-vous, garant le camion sur le bas côté de la route. Au même moment que les cadets quittaient la remorque, le sergent Turner ainsi que deux autres soldats sortirent de la cabine du conducteur.

La zone était pratiquement déserte. Quatre à cinq rôdeurs visible à l'œil nu tournaient au milieu de cet immense parking rempli par toutes sortes de machines mobiles motorisés.

La blonde qui leur servait de sergent, toujours plus tyrannique et hautaine dans son attitude, commença à les répartir en groupe de deux.

Comme d'ordinaire lorsqu'ils étaient en équipe, Clementine était assignée sous la direction de Jack. Au moins, Turner était suffisamment maline pour former les duos ou groupes qui marchaient le mieux ensemble.

Le sergent et les deux soldats donnèrent à chaque duo une fiche avec le modèle à choisir et la forme exacte des pièces à rechercher. Ils leurs remirent aussi une petit trousse d'outil pour atteindre le moteur des engins.

Rien n'était laissé au hasard… comme toujours avec Wellington.

Le plus jeune des deux soldats resta en arrière près du camion tandis que le second et le sergent Turner accompagnèrent le reste des cadets jusqu'au parking.

Puis, avant de se séparer pour vérifier la zone, le sergent leur rappela :

- Pas d'imprudence. Restez sur vos gardes, agissez vite et précisément.

Ils acquiescèrent tous de la tête, telles des recrues bien obéissantes.

- Allez-y !

Clementine partit avec Jack fouiller parmi les véhicules postés au Nord Ouest du parking. Après quelques secondes, ils croisèrent un rôdeur tournant autour d'une pelleteuse, à une vingtaine de mètre. Il ne les avait pas encore repéré que Jack déclara :

- Tu veux t'en occuper ?

- Pourquoi pas... ça m'échauffera.

La jeune fille contourna par la droite le véhicule pour mieux rester caché du champ de vision de l'ennemi. A l'avant, elle tapota alors contre le fer attirant instantanément le rôdeur jusqu'à elle. Dès qu'il passa à ses côtés, elle envoya précisément un coup de pied dans le genou de son adversaire. Sa jambe fut arrachée sous la force de l'impact. Il tomba au sol, les bras tendus vers elle sans possibilité de pouvoir se relever.

Ce rôdeur était une femme autrefois. Mais plus rien sur son visage et son corps partiellement dévoré n'aurait pu permettre à qui que se soit de la reconnaître. Elle s'avança alors vers sa tête et utilisa le talon de sa botte pour exploser violement son crâne sur le bitume.

Elle détourna le regard vers Jack qui l'avait rejoint et regardait d'un œil blasé le corps inerte.

- Hmm… Charmant !

- J'n'y ai pas été de main morte...

- Ouais ! Je n'aimerai pas qu'un jour mon crâne se retrouve sous ton pied. Dit-il taquin.

- Reste en vie et ça devrait aller.

Il lui renvoya un clin d'œil sous le faible rictus de la jeune fille.

Jack s'était vraiment développé depuis la première fois où ils s'étaient rencontrés.

Même si Clementine avait pris plusieurs centimètres, il la dépassait plus encore qu'au premier jour. Son corps était élancé et plutôt bien charpenté. Son visage plutôt carré prenait de plus en plus les traits d'un homme atypique mais charmeur. Il avait cessé de couper ses cheveux en brosse laissant la raideur de ces derniers retomber sur sa nuque et sur son front. De plus, un petit duvet de poils commençait à pousser autour de sa bouche et sous son menton.

Jack était finalement entré dans sa seizième année. Tout comme Jessy et Pablo d'ailleurs. Dans moins d'un an, ces trois là quitteraient les cadets et seraient catapultés dans d'autres dortoirs ainsi qu'une autre section. Clementine se retrouverait alors bien seule.

Elle s'entendait avec la majorité des cadets qui étaient plus nombreux à présent. Elle se souciait de leur survie en mission néanmoins elle refusait de s'attacher à l'un d'entre eux. Elle trouvait déjà que l'affection qu'elle avait développée pour Jessy, Pablo et Jack était bien suffisante. Elle ne voulait plus offrir à Wellington de nouvelle possibilité de la blesser à travers les gens qu'elle aimait.

Si elle avait été maline, elle se serait éloignée de ses trois amis. Elle serait restée seul n'offrant plus aucun moyen de pression à Wellington.

Si elle avait été suffisamment courageuse, elle aurait…

Elle enferma immédiatement la pensée qui arrivait. Elle était comme un soupir abominable, comme un murmure honteux et pourtant si libérateur. Elle revenait plus souvent qu'elle ne l'aurait souhaité. Parfois elle la repoussait, parfois non…

Clementine savait pertinemment qu'elle cherchait encore à s'accrocher à des émotions et sentiments qui finiraient un jour ou l'autre par la consumer. Toutefois, elle aurait préféré mourir que de s'en débarrasser. Même si l'amour qu'elle donnait pouvait s'avérer très pesant, c'était bien la seule chose qui lui restait.

Elle et Jack atteignirent alors un Bulldozer du constructeur automobile qu'ils devaient rechercher. Jack alla alors vers le moteur et grâce aux outils qu'on leur avait donnés, il réussit aisément à ouvrir le panneau. Clementine surveilla la zone en attendant et repéra non loin de là, à l'Est de leur position, deux autres cadets qui se nommaient Hector et Soane. Hector était un jeune afro-américain de quinze ans qui était déjà là avant qu'elle ne rejoigne Wellington. Il avait été le plus touché par la mort d'Alexander à l'époque. C'était lui qui avait été son plus proche ami.

Quant à Soane, lui avait atteint le camp plusieurs mois après Clementine. Peu de temps après la mort de Louie à vrai dire. Il avait quatorze ans d'après les calculs du jeune garçon. Il avait des origines arabes de toute évidence. Ses cheveux étaient d'un noir profond, bouclant sur le sommet de son crâne. Son teint de peau était plus clair que le sien mais néanmoins d'une belle teinte. Il affichait un nez court en plus de sourcil très large sur un visage plutôt allongé. Clementine le trouvait plutôt mignon mais n'avait jamais vraiment parlé avec lui sauf lors des opérations. Il avait l'air plutôt calme et gentil. Peut-être trop gentil pour son propre bien… Ou celui des autres.

En tout cas, les deux semblaient eux aussi avoir trouvé un véhicule répondant à la définition de ce qu'ils cherchaient. Soane donnait un coup de main à Hector. Les deux avaient le dos tournés et'essayaient d'atteindre le moteur de l'engin certainement. Clementine se dit alors qu'ils auraient mieux fait d'agir comme elle et Jack : en laisser un couvrir les arrière de l'autre.

- Toutes les pièces n'y sont pas.

Elle pivota la tête vers Jack qui refermait le panneau qui ouvrait sur le moteur.

- Surement un modèle trop récent. Mais j'ai pu récupérer ça au moins.

Il lui montra un objet en métal qui faisait la taille de son poing et dont elle ignorait totalement l'utilité.

- Passons à un…

« AH ! »

L'écho du cri les fit virevolter vers la position des deux garçons qu'elle guettait précedemment. Un rôdeur les avait pris par surprise. Il se tenait derrière Soane, accroché à ses épaules pendant qu'Hector essayait de le libérer de la prise de cet adversaire d'une taille impressionnante.

Sans réfléchir, Clem et Jack accoururent jusqu'à eux, voguant le long d'un passage entouré d'engin agricole. Ils durent zigzaguer entre quelques véhicule se trouvant sur leurs route avant d'arriver jusqu'à leurs cibles..

A quelques pas, ils virent finalement Hector réussirent à tirer Soane dans sa direction, ne manquant pas dans l'élan de tomber au sol en arrachant les bras du rôdeur jusqu'alors agrippés à l'autre.

Le zombie s'avança de quelques pas vers les deux jeunes tombés par terre avant que Jack ne finisse par embrocher une dague dans son crâne. Le mort tomba inerte à leurs pieds.

- Vous allez bien ?

Ils se remirent sur pieds tandis qu'Hector répondait :

- Oui, plus de peur que de mal pour cette fois.

Soudain Clementine remarqua que l'oreille de Soane saignait légèrement au niveau du cartilage.

- C'est une morsure ? Elle demanda assez inquiète.

Les deux autres garçons regardèrent alors Soane qui finit par prendre conscience de sa blessure. La panique s'insinua sur son visage. Il resta muet si bien que Clem reprit fermement, à l'attention d'Hector cette fois-ci :

- Hector ?! Est-ce que c'est une morsure ?!

- J'sais pas… C'est possible. Le rôdeur était très proche de son cou à un moment.

Elle passa à côté d'Hector, attrapant le couteau qu'il tenait en main à la volée.

- Clem…

Soane n'eut pas le temps de poursuivre. Elle l'attaqua par surprise et l'obligea en une prise à se coucher par terre. Elle se tint au dessus de lui, ses genoux posés sur ses bras tout en ponctuant sévèrement :

- Maintenez-le !

Hector hésita un instant mais finit par la rejoindre maintenant les jambes de Soane qui gesticulait dans tous les sens. Clementine plaça la lame près de son oreille. Il gémissait, les larmes aux yeux, effrayé.

- Non ! Pas ça ! Laisse-la ! Je suis presque sûr que c'n'est pas une morsure !

- T'es sûr de ce que tu fais ? Déclara Jack avec une évidente austérité.

- On n'a pas vraiment le choix…

- Putain Clem, ce n'est peut-être même pas une morsure. Et si s'en était une l'entaille reste vraiment petite. Il est possible qu'il n'ait même pas été contaminé !

- Tu veux vraiment tester cette théorie Jack ?! Ou tu préfère venir nous aider à éviter d'avance un tas de problèmes ?!

Il la regarda d'un œil sombre, peu ravi mais vint finalement les aider à tenir la tête du garçon en place.

Clementine laissa alors le froid de la lame toucher l'oreille de Soane. Elle inspira fortement.

- J'ten prie Clementine. Le garçon pleurait. Il craignait la douleur, elle le sentait. Ne…

- Couvre sa bouche Jack !

Il obéit à regret avant que la jeune fille reprenne la parole en contemplant intensément les prunelles de Soane.

- Je suis désolé.

Sous cette déclaration, d'un geste décisif, Clementine lui trancha sauvagement l'oreille. La chair arrachée tomba sur le sol tandis qu'un flot abondant de sang se déversait des dommages qu'elle avait infligé au visage de Soane.

Jack réussit à couvrir de sa main le cri qu'il expulsa de ses entrailles. Ses larmes s'intensifièrent. La douleur apparaissait sur chaque ligne de son visage.

Elle l'observa avec une certaine tristesse mais ne ressentit aucune culpabilité pour son geste. Elle perçut alors l'œillade sévère de Jack posé sur elle.

- Il fallait le faire.

Il était sur le point de rétorquer quand le sergent Turner et le soldat en sa compagnie finirent par les rejoindre.

- Bon sang ! Qu'est-ce que vous avez foutu ?!

Elle se releva en même temps que Jack et Hector.

Turner s'approcha de Soane encore couché au sol. Il était en état de choc.

- Ils ont été attaqués pas un rôdeur. L'oreille de Soane était blessé et aucun des deux ne pouvait me dire si c'était une morsure faite par le rodeur lorsqu'il l'a attaqué par derrière. Alors j'ai préféré ne pas prendre de risque et lui ai coupé.

Turner observa de plus près l'entaille sans faire aucune remarque sur l'acte de Clementine.

- Tu as agis rapidement ?

- Aussi rapidement que possible.

Clementine lorgna Jack qui fulminait encore.

- Il va falloir vérifier sa température dans les prochaines heures. Elle se releva. Hector, ramène-le au camion. Il y a une trousse de secours qui permettra de panser la plaie. Vous deux, continuez votre ronde. On repart dans quinze minutes.

Ils commencèrent à obéir aux ordres quand le Sergent l'interpella :

- Clementine ? Elle pivota la tête vers Turner qui énonça platement, bon travail.

C'était probablement l'un des rares compliments que lui ferait Turner. Elle l'accepta en hochant de la tête puis repartit en compagnie de Jack vers la zone qu'ils avaient quittée.

Ils atteignirent un autre bulldozer sous un silence inconfortable. Elle sentait que Jack crevait de dire quelque chose et n'y tenant plus, elle s'exprima passablement irritée :

- Dis ce que t'as à dire qu'on en finisse.

- C'était son choix Clem ! Et tu lui as volé ! Il rugit entre ses dents sans jeter un coup d'œil vers elle.

- Je lui ai probablement sauvé la vie !

- Qui a dit qu'il voulait être sauvé ?! Il finit par s'arrêter et enfouir son regard dans le sien. Tu n'avais pas à décider pour lui ! On ne fait pas ça entre nous. Pas entre cadets. On est tous ce qu'ils nous restent et la moindre des choses c'est de respecter nos choix. Les soldats de Wellington nous enlèvent déjà presque tout alors si on s'y met, c'est plus possible.

- Tu parles comme eux…

- Peut-être. Mais toi, tu te mets à penser comme eux.

Il aurait pu lui cracher au visage, sa réplique eu le même impact. Elle se sentait insultée car elle savait que c'était la vérité.

Après ça, ils n'échangèrent plus un mot jusqu'à ce que le signe du rappel leur soit donné. Ils rejoignirent le camion avec l'ensemble des cadets. Soane était tombé dans les pommes mais la plaie était bandée à présent. Elle s'enquerra de son état auprès d'Hector qui ne sut trop quoi répondre. Au moins, le groupe avaient trouvés les pièces nécessaires et pouvaient donc dès à présent retourner au camp.

Ils furent sur la route pendant une petite vingtaine de minute. Ils passèrent les grandes portes d'entrée, se garèrent près d'autres véhicules légèrement plus nombreux que le jour de son arrivé.

Le campement ressemblait quasiment en tout point à ce qu'il était mais avait été allongé si bien que l'entrée principale avait été reconstruite trente mètres plus loin. De nouveaux baraquements de bois avaient été construis maintenant qu'il n'avait plus de container à leur disposition. Depuis que le campement avait été agrandi, une trentaine de nouvelle personne les avaient rejoint. Ils avaient eu quelques morts bien évidemment : maladies, rôdeurs et même un autre meurtre. Mais rien de trop conséquent jusqu'ici. Pas de perte massive.

Dès qu'ils descendirent du camion, Soane fut immédiatement transporté jusqu'en zone de soin ; endroit où elle ne mettait plus les pieds sauf quand elle y était obligée.

Le médecin qui avait remplacé Louie avait été récupéré dans un camp bien plus au sud. A plus de deux cent kilomètres d'ici. Une expédition de six soldats, experts des infiltrations, avait été envoyée pendant plus de deux semaines sur le terrain pour ramener le docteur.

Il n'y avait pas eu beaucoup d'incident le temps que quelqu'un soit ramené de force ici pour prendre la place de Louie. Certains des soldats et civils avaient pris la relève ayant des compétences médicales suffisantes pour soigner un certain nombre de blessures.

- Clementine, Hector, Jack, la jeune fille observa Turner qui venait tout juste de les appeler, vous venez avec moi. On va voir le commandant.

De toute évidence, ils n'allaient pas pouvoir espérer échapper à un rapport sur la situation qui avait coûté une oreille à Soane… jusqu'ici.

Ils la suivirent jusqu'au bâtiment de l'entrée principale. Ils errèrent dans ce couloir de containers jusqu'au bureau du commandant Caldwell. Une fois à l'intérieur, la chevelure blonde du sergent qui dépassait en partie de sa casquette s'effaça pour laisser apparaître le commandant.

Tandis que Turner lui faisait part de la situation, comme toujours, Clementine ne put contrôler ses pensées de profonds ressentiments lorsqu'elle se retrouvait devant Caldwell.

[C5] Cette homme avait toujours toute sa haine. Rien ne l'effacerait jamais. Pas après ce qu'il lui avait fait subir. Pas après l'avoir poussé à tuer Louie. C'était un être vil, cruel et bien trop malin pour espérer un jour le berner. Il savait comment obtenir des autres ce qu'il souhaitait. Après tout, elle n'avait plus jamais désobéis au règlement ou à un ordre après cette étape cruciale de son existence. Etape qui avait d'ailleurs été suivie par des châtiments physiques qu'elle avait subit le lendemain de la mort de Louie.

Connaissant Caldwell dorénavant, elle n'avait pas été très surprise lorsqu'elle avait compris qu'elle n'échapperait pas à d'autres sanctions pour avoir tenté de s'enfuir. Elle avait dû subir des sévisses à jamais graver sur sa peau. Elle avait reçu plusieurs coups de fouet devant l'intégralité du camp, de la main même du commandant. Il l'avait alors installé sur la paroi pendant une demi-journée. Douze heures où le mur avait frotté douloureusement chacune de ses plaies. Douze heures à ruminer toute sa souffrance et la malveillance qui grandissait dans son cœur.

Quelque chose en elle s'était brisée. Seulement, elle ne s'était pas attendue à être touchée de cette façon là. Elle avait pensé se renfermer, laisser la tristesse et le désespoir de sa situation prendre le dessus sur elle. Au lieu de ça, elle s'était transformée en quelqu'un qui cachait une profonde violence en elle. Qui était froide, qui évitait de toutes ses forces d'affronter la moindre émotion qui aurait pu la faire souffrir. Elle essayait de les laisser de côté. Avançant le plus souvent selon les ordres qui lui étaient donnés. C'était lâche mais tellement plus facile.

[C6] Le lendemain de la mort de Louie, elle avait été conduite jusqu'à lui. Le capitaine Dalton avait été présent. Elle s'était partiellement rappelée de ses mots énoncés la veille au soir comme si ceux-ci appartenaient à un rêve. « Tu acquiesceras à tous ce que je dirait concernant cette histoire »

Elle ne lui avait pas fait confiance et ne lui faisait toujours pas confiance. Pourtant, contre toute attente, Dalton avait défendu son cas en mentant délibérément à son supérieur devant ses yeux fatigués, rougies par les larmes qu'elle avait versées toute la nuit.

Il lui avait conté un récit d'événements parfois vrai, d'autre loin de la réalité. Dans son histoire, ce n'était plus elle qui avait dure mettre fin aux jours de Louie mais bien lui. Il l'avait soi-disant abattu pour se défendre. Et Clementine n'aurait pas cherché à s'interposer pour aider Louie.

Aussi, selon lui, il était en partie responsable car il était celui qui avait accepté que la jeune fille passe tant de temps avec le médecin. Médecin qui aurait soi disant poussé Clementine à tenter leur chance de s'enfuir ce soir. Selon Dalton, Louie s'était jouée d'elle, ayant tout fait pour gagner sa confiance afin de s'offrir l'opportunité de quitter Wellington.

Clementine n'avait pas eu la force de dire quoi se soit. Ni d'acquiescer et encore moins de démentir. Elle se rappelait seulement avoir repris partiellement conscience quand le commandant avait énoncé à la fin du discours :

"Dommage que le capitaine ai du abattre le doc. Ta punition aurait été bien différente si elle avait été ramené saine et sauve…"

Elle n'avait pas compris tout de suite jusqu'à ce que l'histoire de Jack et de la mère de ce dernier ne lui revienne en mémoire.

L'aurait-il réellement poussé à tuer Louie pour la punir ?

Qu'une telle idée ai pu traverser l'esprit du commandant l'avait révulsé. Elle ne l'avait pas vécu mais la pensée même d'avoir eu à commettre pareil acte l'avait pétrifié de terreur. Ce n'était pas arrivé pourtant elle haïssait le commandant de toute ses forces pour ne serait-ce qu'avoir eu de tels projets.

Mais en dépit de tout cela, Clementine n'avait pas pu échapper à un châtiment digne de ce nom pour avoir tenter de s'enfuir. Malgré les tentatives – soupçonneuses – de Dalton pour arrondir les angles sur son cas, elle avait dû subir des sévisses à jamais graver sur sa peau.

L'après-midi même, comme pour approfondir plus encore sa peine, elle avait reçu plusieurs coups de fouets devant l'intégralité du camp, de la main même du commandant. Puis, il l'avait alors installé sur la paroi pendant une demi-journée. Douze heures où le mur avait frotté douloureusement chacune de ses plaies. Douze heures à ruminer toute sa souffrance et sa malveillance.

Sa haine pour Caldwell, pour Dalton, pour ce camp l'avait consumé au point où tout autour d'elle avait un goût de cendre. Elle n'aimait pas ce qu'elle était devenue mais elle n'avait plus la force de se battre contre eux à présent. Ce qu'il restait de son énergie était utilisé pour sa survie ou celle des rares amis qu'elle avait ici.

Quant à AJ, son sort ne dépendait plus du sien depuis de nombreux mois déjà. Elle avait compris que les enfants si jeunes leur étaient extrêmement précieux car ils seraient les plus fidèles à leurs visions du monde.

Carver avait eu ce qu'il souhaitait finalement. AJ était élevé dans un milieu tel qu'il le concevait. Entouré d'hommes forts et aussi violents que lui qui s'assureraient qu'il devienne une recrue parfaitement obéissante et entraînée. Une recrue capable de tuer sans ciller.

- Clementine ?

La jeune fille secoua la tête. Elle avait presque oublié où elle se trouvait. La voix du commandant était néanmoins un rappel déchirant de la réalité.

- Pardon… J'étais ailleurs.

Il fronça les sourcils mais ne sembla pas réellement mécontent. D'un ton grave, il répéta alors :

- Je disais que tu avais bien agis. C'était la seule chose à faire dans cette situation. Je suis content de voir que tu débrouilles aussi bien parmi nous à présent.

- Merci Monsieur.

Il hocha de la tête en signe de satisfaction.

Depuis longtemps, elle avait abandonné son insolence et le mépris dans sa voix ou sur ses traits. Mieux valait ne pas irriter la bête. Elle se soumettait, acquiesçait, disait amen à tous ses dires et évitait ainsi de s'attirer ses foudres.

Le commandant pria Jack, Hector et le sergent de quitter les lieux. Il demanda cependant à Clementine de rester un peu plus longtemps.

Dès qu'ils furent seuls, il fit le tour du bureau pour s'approcher un peu plus d'elle. Il s'assit à moitié sur le rebord du meuble, prenant ainsi une attitude plus casuel. Moins officiel.

- J'ai pensé qu'il était temps de récompenser ton attitude.

Ses traits restèrent inchangés, impassible, tandis qu'il ponctuait naturellement :

- Si tu le souhaites encore, tu pourras revoir AJ lors de tes jours de repos.

Sa proposition la surprit mais ne l'enchanta guère. Pas depuis qu'une certaine pensée s'était insinuée en elle à propos d'AJ. Renouer un lien avec lui était dangereux. Elle avait peur que, en sa présence, ce qui la torturait depuis trop longtemps ne prenne le pas sur sa raison. Elle devait réfléchir sérieusement à cette opportunité.

- Est-ce que je dois vous donner une réponse tout de suite ?

L'autre lui lança un sourire en coin assez mystérieux. Elle ne saisit pas ce qu'il signifiait mais oublia bien vite ce détail quand il reprit la parole.

- Non. Tant que tu te conduis bien, je laisse cette opportunité en suspend. C'est à toi de décider. Mais si tu veux le voir, tu devras passer par moi ou par le capitaine Dalton, c'est clair ?

- Oui.

- Bien. Tu peux y aller maintenant.

Si elle venait à accepter, elle n'irait pas demander la permission au Commandant. De deux maux, elle choisirait le moindre. Certes, Dalton la mettait mal à l'aise. Son attitude étrange ne la rassurait guère. Mais elle préférait encore affronter le capitaine que de subir la présence du commandant. Malgré ses tentatives désespérées d'enfermer en elle ces émotions qui lui nuisaient, sa haine pour lui n'avait jamais faibli. Seulement, aujourd'hui, elle n'avait plus la force de lui retourner sa malveillance. Trop de risques.

Quand elle rejoint l'extérieur, elle s'avança sur la place, sous ce grand soleil qui illuminait les alentours. Le ciel était d'un bleu clair, presque pâle sous la clarté des rayons.

[C5] Elle marcha calmement et s'arrêta, comme souvent, à l'endroit même où elle avait pris la vie de Louie. Elle regarda la terre où le sang avait coulé suite à la balle qui avait perforé son crâne. Elle se rappelait avoir régurgitée le peu qu'elle avait dans l'estomac. L'image n'avait jamais disparu de son esprit et lui donnait parfois encore des relents comme à cet instant.

[C6] Elle marcha calmement et s'arrêta devant la paroi de métal, là où elle avait été châtiée il y avait longtemps maintenant. Elle dévisagea la plaque sombre où son sang avait coulé lorsqu'elle y avait été accrochée. Elle se rappelait s'être senti démuni, faible, vaincue…

Elle observa alors le camp : les soldats s'entraîner, les gens aller et venir d'un poste à l'autre. Ils cheminaient avec naturel sachant que pratiquement plus rien ou personne ne pouvait les atteindre – si ce n'était la vie à Wellington.

Même si les concessions étaient grandes, ils étaient en sécurité au sein du camp. Jamais encore ils n'avaient été submergés par quelconque horde ou attaque d'un autre camp. Même si certains venaient à les prendre d'assaut, cette communauté était bien trop puissante pour qu'ils aient la moindre chance. Les remparts étaient plus solide que le jour de son arrivé. Leur armement plus grand encore. Les habitants plus fidèles à leurs lois.

Parce que Wellington avait un étrange effet sur eux. Ils le craignaient au départ, l'abhorraient ou souhaitaient simplement le quitter. Puis, après un temps à subir sa suffocante pression, sa constante ferveur à vous faire plier, sa persévérance à briser votre passé, les gens acceptaient l'inéluctable, obéissaient au règlement et finissaient pas trouver un mode de vie qui se satisfesait d'eux.

Clementine sentait qu'elle faisait partie de cette catégorie. Qu'elle était une de ces personnes qui s'étaient faites à cet existence sans but concret. Elle s'était laissée happer par la volonté du camp jusqu'à se séparer de la sienne.

A quoi bon se voiler la face ? Elle savait ce qu'était réellement Wellington…

Ils vous enlevaient tout, vous dépossédaient de votre vie passé. Ils la remplaçaient par un mal permanent. Une douleur qui avait petit à petit pris les effets d'une profonde addiction.

Ces soldats… Non ! Ces mercenaires ! Ils les rendaient dépendant…

Ils avaient appris leur leçon bien avant que le monde s'écroule. Ils savaient que pour détruire un Homme il fallait s'en prendre au cœur avant de s'attaquer à l'esprit.

Pourquoi ?

Car, devenu fragile après tant d'abus infligés, l'esprit finît par accepter ce qui lui arrive. Il se fait à l'idée… Il arrive à s'attacher à cette dernière sans jamais réellement l'aimer.

Dalton lui avait dit lors de son premier jour « Nous te façonnerons à notre image. Tu ne le veux peut être pas mais ça arrivera. » Il avait tout compris. Parce que dès qu'on n'eut plus cru en rien, que votre entière existence eut été sous la coupe de quelqu'un d'autre, l'esprit ne trouvait d'autre choix que de se raccrocher à la seule chose qui lui restait.

Cela dit, de temps à autres, la survivante qu'elle était cherchait encore à tenir bon en dépit de ces conditions de vie. C'était fastidieux. Bientôt pathétique. Mais elle n'y pouvait rien. Elle n'était pas faîte comme ça. Elle ne savait pas lâcher prise sur sa « vie ».

Ou du moins, pas encore…


Presque un mois s'était écoulé depuis qu'elle avait coupé l'oreille du visage de Soane et que le commandant lui avait permis de revoir AJ. Le premier s'en était sortit avec une certaine rancune pour Clementine. Quant à Alvie, la jeune fille ne s'était toujours pas décidée.

Il avait presque deux ans d'après ses calculs. Il devait déjà commencé à ressembler à une toute petite personne. Un bambin et non plus un bébé. Elle se demandait ce qu'il était capable de faire maintenant. Elle l'avait vu marcher quelques mois auparavant mais avait-il appris à courir à présent ? Était-il devenu plus empathique ? Plus prompt à comprendre son environnement et les émotions ? Était-il capricieux ? Colérique ? Calme ?

Tant de questions auquel elle aurait aimé avoir réponse. Pourtant sa crainte de le revoir était plus grande encore.

- Gretchen, Garry, à vous !

Elle quitta ses réflexions aux noms du frère et de la sœur.

Les cadets de son groupe étaient en plein entraînement au corps à corps. Et comme toujours, lorsque les jumeaux étaient choisis pour s'affronter, leur attention étaient plus aiguisés. Clementine ne faisait pas exception à la règle.

Le but de l'exercice du jour était d'être capable de parer les coups et de contre-attaquer avec un seul bras. Pour rendre l'exercice plus difficile, leur sergent s'assurait de bloquer dans leur dos la main qu'il manœuvrait le mieux. Un droitier était forcé d'utiliser sa main gauche et inversement.

Clementine scruta les deux s'avancer sur le carré de combat. Une vive lueur de défi comblait leurs prunelles si semblables.

Le garçon avait grandi. Il faisait certes une demi tète de moins que Jack, toutefois, étant d'un an son cadet, Garry finirait certainement par être aussi grand que lui. C'était un jeune homme robuste mais néanmoins agile.

Son sourire en coin était toujours aussi large. Ses yeux plutôt grisâtre laissaient apparaître encore cette tinte bleuté, assez atténué, qui se dévoilait durant l'été. Ses cheveux noisette étaient plus courts qu'auparavant. Ils mettaient en évidence son visage qui s'était endurci et qui se développait pour se transformer lentement en celui d'un jeune homme charismatique.

Sa sœur, qui lui ressemblait toujours autant, avait pris quelques centimètres de plus elle aussi. Ses cheveux fins, indomptables comme ceux de son frère, étaient nouée mais virevoltaient toujours avec une certaine grâce. De plus, elle avait trouvé le moyen de les teindre d'un blond digne d'un éclair de tempête. Ses jambes étaient puissantes et vives en dépit de son corps plutôt menu qui avait été renforcé par des années d'entraînements. Elle compensait son manque de force face aux hommes par sa rapidité et sa précision.

Elle contempla les deux avec tant d'attention qu'elle sursauta légèrement quand la stature de Pablo apparut à ses côtés. Elle épia rapidement le brun du coin de l'œil. Elle savait très bien pourquoi il était venu jusqu'à elle. D'un sourire malin, il lui souffla alors à l'oreille :

- Un petit pari ?

- Tu ne changeras jamais… Elle répliqua faussement lassée.

- Allez !

- .

Bien sûr qu'il voulait parier avec elle ! Les deux adoraient ça !

- Sur Gretchen.

- C'était mon choix aussi. Clementine affirma sachant que Garry avait eu une mission plutôt rude hier après-midi.

- Alors vainqueur Gretchen, en quatre coups ?

- Six.

D'autres murmures que ceux de Pablo et Clementine enflèrent entres les jeunes. Tous de la même nature que les leurs.

Les paries étaient devenues une coutume chez eux depuis plusieurs mois. Leurs sergents et lieutenant n'avaient pas été très ravis au départ. Mais le commandant n'avait rien fait pour les arrêter. Tant que leurs petites affaires n'empiétaient pas sur leur vie au camp, il les tolérait.

Et bien sur, pour parier, il fallait avoir quelque chose à miser. La jeunesse du camp devait donc jouer avec les seuls choses qu'ils « possédaient ».

- Mission ou repas ? Reprit Pablo d'un timbre onctueux.

- Mission. Dans trois jours, au réservoir d'eau.

- Ok. Pour moi, celle de demain, à Hillman. Ah, et pari nul si Garry gagne.

- Ça marche.

Il hocha de la tête satisfait puis comme Clementine et le reste des cadets, son regard revint vers les jumeaux.

Garry et Gretchen se faisaient face, une main attachée dans le dos. Ils étaient prêts à donner le meilleur d'eux même.

- Commencez !

Sur l'ordre de Turner, le combat débuta. L'exaltation se lisait sur le rictus au coin de leurs lèvres. Garry se lança le premier et asséna son premier coup de poing de la main gauche que sa sœur évita assez facilement. Dans l'élan, elle put attraper son bras et profita de l'ouverture pour lui envoyer un coup de tête en plein thorax.

Garry encaissa le premier choc et répondit vite en lui assénant un coup de genoux dans l'abdomen. Gretchen lâcha prise. Elle se recula de lui, retrouvant un espace de combat satisfaisant. Ils se tournèrent autour quelques secondes jusqu'à se jeter au même moment l'un sur l'autre.

Ils se baissaient, sautaient, roulaient par terre pour éviter les attaques. La tâche était rendue difficile par leur main bloquée, influençant directement leur équilibre et précision.

Gretchen réussit à le toucher deux fois encore. Garry une. Seulement le coup de poing de ce dernier sur le visage de sa sœur avait été d'une force impressionnante. Elle avait tangué durant un instant si bien que le garçon avait tenté de l'asséner d'un vilain coup de pieds dans le ventre qu'elle avait esquivé de justesse.

Après quelques seconde, Gretchen réussit alors à le frapper une quatrième fois mais reçut en retour un vilain coup de pied latéral dans les côtés qui faillit la faire tomber sous l'impact.

Les deux étaient au coude à coude mais Garry semblait se fatiguer plus vite que sa sœur. Il avait de plus en plus de mal à tenir ses défenses face à la rapidité de la jeune fille.

- Si c'est cinq, c'est moi qui gagne. Pablo lui murmura à l'oreille.

Seulement, lorsque le cinquième coups de Gretchen fit tourner la tête de Garry sans pour autant en finir avec lui, Clementine sut que la seule façon pour Pablo d'éviter d'aller en mission à sa place aurait été que Garry remporte le combat.

- Et merde !

Pablo n'était pas très content. Son irritation fit naître un sourire narquois sur les lèvres de Clementine.

- Ne t'excite pas trop. Garry peut encore gagner.

Il avait raison. Le garçon ne voulait rien lâcher. Pas même face à sa propre sœur. Ils avaient tout deux le goût de la lutte et détestaient perdre.

Mais après quelques secondes, la sixième attaque de Gretchen survint enfin. Son poing frappa violemment le nez de son frère provocant un craquement qui retentit jusqu'aux oreilles de la foule. Le jeune homme s'écroula au sol, terrassé par l'assaut de sa jumelle.

Enfin, c'était ce qu'elle croyait jusqu'à ce que Garry se remette sur ses jambes, le pas tremblant, mais pas encore prêt à rendre les armes. Clementine trouvait sa détermination presque admirable. Il ne renonçait pas tant qu'il ne perdait pas conscience.

Mais, malheureusement pour lui, il ne gagnerait pas aujourd'hui. Il était trop faible à présent. Son nez était quelque peu cabossé. Du sang ruisselait abondamment de ce dernier. Il était épuisé, sa sœur aussi. Toutefois, cette dernière avait encore suffisament d'énergie pour continuer la lutte.

- Désolé frangin. C'est moi qui gagne aujourd'hui.

Enhardi par ces mots, il tenta une attaque. Seulement, il était trop déséquilibré, trop lent. Gretchen l'évita aisément et lui renvoya un autre uppercut qui toucha durement l'une de ses pommettes. Garry s'effondra de tout son poids au sol, perdant conscience sous le choc de la main de sa soeur..

Il avait été un adversaire redoutable - comme toujours - mais la victoire revenait à Gretchen.

[C3] C'était la seule cadette de sexe féminin à avoir jamais réussi à l'emporter sur Garry. Clementine avait gagné un combat contre lui le lendemain de son arrivé ici. Seulement cette unique victoire ne lui avait donné aucune satisfaction. A ses yeux, cette victoire ne méritait pas d'être félicitée.

[C4] C'était la seule cadette de sexe féminin à avoir jamais réussi à l'emporter sur Garry. Clementine n'avait encore jamais gagné un combat contre lui. Même si parfois elle se demandait si sa capitulation le lendemain de son arrivé ici n'avait pas été une victoire morale pour elle.

Le garçon finit alors par émerger après quelques secondes. Immédiatement, sa sœur vint l'aider à se relever, le laissant s'appuyer sur son épaule. Clem trouvait qu'il y avait une certaine beauté dans cette action.

- Tu penses pouvoir tenir jusqu'à l'infirmerie ? Lui demanda Gretchen.

- Tu t'accordes trop de mérite sœurette… Bien sûr que je tiendrai !

Toujours cette insolence. Toujours cette arrogance. Même dans la défaite. C'était des détails de sa personnalité qui énervait Clementine auparavant… Mais plus maintenant.

Grandir avait quelque peu assagit sa sœur mais Garry restait fidèle à ce qu'elle avait toujours vu de lui.

- Pourquoi j'ai demandé… Sa sœur s'exaspéra de sa réponse qui semblait néanmoins la rassurer sur l'état de son frère.

Ils s'éloignèrent jusqu'au bâtiment principal laissant les autres reprendre l'entraînement. Après quelques minutes la silhouette du Capitaine passa parmi les cadets et vint directement parlé au sergent. Elle ne put entendre leur conversation de sa position mais elle la vit pointer le bâtiment dans lequel se trouvait Garry et Gretchen.

Puis, aussi vite qu'il était apparu, Dalton quitta le terrain pour rejoindre le lieu indiqué par Turner. Cette dernière déclara alors après une dizaine d'autre minute.

- On arrête. Allez aux douches. Et je ne veux pas d'esclandre ou de problèmes.

Les cadets étaient fatigués, sales et furent bien contents d'en rester là pour aujourd'hui. Tout en se rendant aux douches, Jack qui n'avait pas perdu une miette du jeu de Pablo et Clem un peu plus tôt s'adressa à eux, découragé par leur lubie :

- Pourquoi vous participez encore à ces paries ? A quoi ça sert de parier sur les coups que l'on se donne aux autres…

Il n'y avait pas de ton accusateur dans sa voix. Plutôt de la tristesse et une certaine résignation.

- Ne sois pas rabats joies Jack ! C'est la seule chose marrante qu'il y ai à faire ici. Enfin ça et d'être avec Jessy.

- C'est plus trop possible pour toi en ce moment, hein ? "D'être" avec Jessy ? Jack compléta d'un timbre caustique et moralisateur en appuyant des guillemets sur le mot "être".

Clementine savait pertinemment qu'ils parlaient de sexe...

- Ne commence pas Jack ! Le latino le mis en garde.

Ce sujet là était sensible pour lui. Parfois Pablo faisait comme si cela n'était pas en train d'arriver. Mais les jours, semaines et mois qui passaient étaient un rappel brutal de ces choses là.

Quand on était enceinte, le temps ne vous attendait pas. Et Jessy entrerait bientôt dans son huitième mois.

- Toi qui aime tant les paries, tu sais que plusieurs cadets mises sur le sexe de ton gamin ? Pourquoi tu n'y participes pas ?

Brutalement, sans une once d'hésitation, Pablo se jeta sur Jack et lui envoya une vilaine droite en pleine mâchoire. Les deux tombèrent au sol sous les rugissements soudain des autres cadets. Ils se donnèrent plusieurs coups, échangeant sans cesse l'avantage qu'ils avaient sur l'autre.

Clementine ne chercha pas à interférer entre les deux. Elle avait compris depuis longtemps que les garçons aimaient bien se battre afin de décharger une partie de leur frustration. Jack l'avait cherché et elle se demandait même s'il ne l'avait pas un peu fait exprès.

Parce que même si Pablo ne le montrait guère, leur situation à lui et Jessy le tourmentait beaucoup. Il n'en parlait pas mais elle le connaissait suffisamment maintenant pour repérer ces choses là. En outre, son combat avec Jack n'était-il pas déjà une preuve suffisante de l'orage émotionnel qui vrombissait en lui ?

Après quelques secondes, la lutte entre les deux garçons fut vite interrompue lorsque deux soldats, un homme et une jeune femme, les séparèrent rudement de la poigne de l'autre.

- Vous allez arrêter vos conneries ! Depuis quand on vous permet de vous battre en dehors de vos entraînements ?! L'homme héla d'une voix rauque.

Ils les alignèrent devant eux. Ils ne saignaient pas mais allaient avoir plusieurs hématomes dans peu de temps.

- J'n'appellerai pas ça se battre. Lâcha la femme au teint très mat d'un ton moqueur. On dirait plutôt une bande de gamines qui se sont tiré les cheveux.

Leur rage ne s'était pas encore estompée. Tout dans leur comportement montrait que quelques minutes de combat en plus leur auraient fait bien plaisir.

- Vous avez la rage, bien. La femme reprit avec gravité. Ça vous servira. Mais pas ici ! Gardez-la pour ce qui se trouve dehors, pour vos missions ou lorsque vous devrez tuer des gens !

Un silence de roi suivit cette réplique. Ils n'étaient pas nombreux à parler si franchement de ce que signifiait réellement Wellington.

- Qu'est-ce que vous regardez bande de limace ?

L'homme se tourna vers chaque témoin de cette scène et poursuivit fermement, les sourcils froncés :

- Bougez-vous ! Allez !

Clementine et le reste des cadets rejoignirent aussitôt la plus grande bâtisse pour aller prendre leur douche. Pablo et Jack allaient à tous les coups être conduits devant leur lieutenant ou le capitaine. Pourtant, avant de passer la porte, elle entendit la jeune femme énoncée :

- On laisse passer pour cette fois. Mais si je reprends l'un d'entre vous faire un pas de travers, je me ferais une joie de lui apprendre ce que se battre veut vraiment dire.

La menace était sincère. Mais ils évitaient au moins d'autre remontrance. Cela la rassura.

Un peu plus tard dans la journée, quelques minutes avant le dîner, Clementine quittait la serre qui se trouvait au rez-de-chaussée, dans l'un des couloirs du bâtiment principal. Ils y avaient toujours du bruit ici, du mouvement et quelque chose à faire. Jamais le temps de s'arrêter sur ses pensées ce qui était bien là la raison pour laquelle elle n'allait plus donner un coup de main à l'atelier de couture. Les qualités qu'elle avait trouvées à l'endroit lui étaient devenues néfastes. Trop de silence. Trop de calme.

Elle préférait s'occuper au maximum l'esprit afin d'éviter de laisser ses pensées divaguer. Et être à l'atelier de confection ne l'aidait pas à accepter la vie qui était la sienne dorénavant.

Tout en se rendant au réfectoire, tout prêt du parcours d'entraînement, elle entendit alors une voix familière l'appeler. Elle pivota sur son flan gauche pour apercevoir Gretchen qui venait dans sa direction.

Elle s'arrêta et attendit qu'elle la rejoigne avant de se remettre en marche avec la sœur de Garry.

- Jolie victoire aujourd'hui. Commença naturellement Clementine.

- Merci. Garry ne voulait rien lâcher mais je l'ai eu à l'usure. Tu as parié sur le combat ?

- Oui. Répondit Clementine avec un petit sourire en coin.

- J'imagine que tu as gagné ?

- Pablo te mettait gagnante en quatre coups. En six pour moi. Tu l'as eu en sept donc j'ai eu le plaisir de lui refiler ma mission au réservoir.

Gretchen, Garry et Clementine n'étaient pas vraiment amis. Mais ils se respectaient maintenant. Avait de la considération pour leur tempérament qui se ressemblait plus qu'ils ne voulaient bien l'admettre. En outre, le fait que les deux aient arrêté de la narguer ou de la charrier dès qu'ils en avaient l'occasion avait grandement amélioré leur relation.

- Sinon, tu voulais qu'on parle de quoi ?

- Le capitaine est passé nous vous voir avec Garry tout à l'heure.

- Il a fait un arrêt au terrain d'entraînement tout à l'heure mais j'étais pas sûr que c'était pour vous.

- Il est venu pour nous assigner à une opération dans une semaine. Le commandant et lui veulent que nous choisissions les deux cadets qui nous accompagneront.

- Ce n'est pas au lieutenant de choisir normalement ?

- Si mais je crois que Caldwell veut nous tester. Voir si on pourra former une équipe compétente pour une mission de trois jours. C'est assez dangereux d'après eux. Le site qu'ils veulent atteindre est aussi utilisé par une petite communauté qui est installée dans un orphelinat tout proche.

- Il y a des chances de tomber sur eux donc ?

- Oui. C'est une possibilité. Ils nous donneront les détails une fois qu'on aura formé l'équipe au complet. On a déjà une liste de quelques cadets performants qui seraient intéressé. Mais honnêtement, on préférerait que toi et Jack veniez avec nous.

Clementine était consciente que malgré le danger que représentait la demande que lui faisait Gretchen, il y avait un évident compliment qui se cachait derrière. Elle se sentit fier pendant un bref instant. De plus, la possibilité de s'éloigner d'ici pendant trois jours lui paraissait très tentante. Nécessaire même.

- Quand vous faites équipes vous êtes presque aussi compétent que Garry et moi. Vous pensez à ce que l'autre ne pense pas. Vous confrontez vos idées et finissez le plus souvent par faire le meilleur choix. C'est pas sans risque mais je pense que vous vous en sortirez bien.

Les risques… Ils étaient nombreux. Clementine ne devait pas l'oublier.

Avec une petite communauté proche de leur point de mission, la situation pouvaient très vite dégénérer. Elle serait peut-être forcée d'agir dans l'intérêt de Wellington. Elle s'était habituée à beaucoup de choses mais certaines restaient tout de même difficiles à appliquer et encore plus à accepter.

- Je dois te donner une réponse tout de suite ?

- On doit leur donner les noms demain. T'auras qu'à me le dire au petit déjeuner.

- D'accord.

Elles se séparèrent dès qu'elles entrèrent dans le réfectoire. Clementine préféra rejoindre Jessy qu'elle repéra seule en bout de table. Elle s'installa face à elle. Elle ne semblait pas avoir repéré sa présence, trop occupée à contempler son ventre très arrondi à présent.

Elle avait l'air presque plus jeune qu'elle et avait pourtant au moins deux ans de plus. Ses cheveux clairs et lisses lui retombaient en cascade sur les épaules. Des cernes marquées apparaissaient sous ses yeux fatigués.

- Jessy ?

Son manque de réaction laissa penser Clementine qu'elle ne l'avait pas entendu. Pourtant, juste avant d'essayer d'attirer sa vigilance une seconde fois, Jessy prit la parole d'une voix doucereuse :

- Je n'arrête pas de me demander si ce sera un garçon ou une fille. Comme si ça avait son importance.

Jessy, tout comme Pablo, avait voulu s'en débarrasser. Mais le camp avait refusé la procédure d'avortement au grand dam des deux adolescents.

A Wellington, les naissances étaient parfaitement contrôlées. Ils décidaient du sort de chaque femme enceinte de ce camp. Ils s'assuraient même d'offrir une contraception – le stérilet - à celles qui en faisaient la demande. Mais c'étaient eux qui décidaient jusqu'à quand leur laisser.

"Stérilet" Elle se surpris à penser au mot une fois de plus.

C'était un terme dont la signification lui était encore étrangère avant que le sergent Turner ne lui fasse un cours sur la contraception, le sexe et tout ce qui s'en rapportait. Chaque jeune fille et garçon de ce camp devait un jour ou l'autre étudier ces choses là. Le reste, les petits détails moins théoriques d'une relation physique et sentimentales entre deux personnes, c'était de la bouche de Pablo qu'elle en apprenait le plus.

- On n'a pas un truc pour les échographies qui permet de savoir ça ?

- Si. Le médecin a déjà dû le noter dans mon dossier mais je ne veux pas savoir. Pablo non plus.

Elle soupira. Son visage pâle respirait un évident mal être. Si c'était possible, elle paraissait plus réservée que d'habitude. L'ironie était toutefois que, pour la première fois, elle se confiait bien plus que d'ordinaire.

- Ce bébé… Je l'aurai mis au monde mais il ne sera pas à moi. Il appartiendra au camp. À Caldwell. À Dalton. À tous leurs soldats. Mais pas à moi.

La tristesse de cette vérité insinua une vive compassion dans le cœur de Clementine. Elle ne comprenait que trop bien.

- Je sais ce que tu dois ressentir…

- Non, tu ne sais pas ! Son vif emportement la stupéfia. AJ n'est pas ton fils. Tu ne l'as pas mis au monde. Tu…

Elle s'arrêta là, sembla ravaler un sanglot et reprit délicatement :

- Désolé. Je ne devrais pas dire ça.

- Ce n'est pas grave.

Clementine ne pouvait qu'essayer d'imaginer la pression qui pesait sur ses épaules. Qu'essayer de deviner la peur qui envahissait son cœur et la confusion qu'engendrait cette situation.

- Pablo… Il veut qu'on...

Jessy s'interrompit soudain lorsqu'elle prit conscience que ce dernier arrivait.

Comme Clementine l'avait deviné, son visage était marqué par les coups portés par Jack un peu plus tôt. Il vint rapidement s'asseoir aux côté de Jessy, une jambe de chaque côté du banc afin de faire pleinement face au profil de celle qu'il aimait tant. Il posa sa main sur son ventre, le caressa délicatement et vint délicatement murmurer quelque chose à son oreille. Il réussit à lui tirer un sourire qui disparut plutôt vite. Il embrassa le coin de sa lèvre, attrapa sa main l'effleurant doucement de son pouce.

Leur amour était toujours aussi fort. Mais leur état émotionnel se ternissait au fur et à mesure que le jour de l'accouchement approchait.

Clementine espérait de tout cœur qu'il réussirait à affronter cette longue épreuve. Il le fallait !


Quand la porte de leur cellule se referma sur elle et Jack ce soir là, comme d'habitude, les deux allumèrent la lampe des lieux avant de s'installer sur leur couchette respective. Ils étaient assis, le dos appuyé contre le mur, et se faisaient face dans un silence apaisant que Clementine décida d'interrompre :

- L'un des jumeaux est passé te voir aujourd'hui pour te parler d'une opération ?

Ils n'en avaient pas parlé pendant le dîner qui avait été très silencieux. Jack et Pablo était encore un peu en froid après l'altercation qui avait eu lieu en fin de matinée. Jessy ne parlait jamais beaucoup et leur situation à elle et Pablo n'arrangeait pas l'atmosphère entre les quatre amis.

- Oui. Garry m'en a parlé. Il m'a dit que lui et Gretchen aimeraient bien qu'on les rejoigne pour celle-ci.

- C'est ce qu'elle m'a dit aussi… Tu comptes y aller ?

- J'ai déjà dit oui.

Clementine s'étonna qu'il ait donné son accord si rapidement et appuya aussitôt :

- T'as accepté facilement… Il t'a donné tous les détails ?

- Je crois…

Il lui relata alors les mêmes informations que Gretchen lui avait divulguées avant de lui demander platement :

- Est-ce que tu penses venir avec nous ?

[Choix 1 : Rester au camp - Chapitre 11]

- Je crois que je vais rester au camp. Même si j'aimerais bien quitter le coin pour quelques jours, j'ai trop de doutes vis-à-vis de cette mission. Alors ce n'est peut-être pas une bonne chose que j'accepte d'aller là-bas avec vous.

Au fond, même si elle utilisait le terme « croire », elle avait clairement pris sa décision.

[Choix 2 : Partir en mission - Chapitre 12]

- Ouais, je crois que je vais partir avec vous. Ça à l'air plutôt dangereux mais j'ai vraiment besoin de sortir d'ici pendant quelques jours. En plus je sais que si on fait équipe on s'en sortira mieux que si l'un d'entre nous y va sans l'autre.

Au fond, même si elle utilisait le terme « croire », elle avait clairement pris sa décision.


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