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Je sais que cela fait longtemps mais quand vous verrez la longueur que font les deux choix j'espère que vous comprendrez :) Aussi j'étais occupé sur la suite de mon autre fiction sur Walking Dead : The Game alors j'ai laissé celle-ci de côté pendant un bon mois.

NOTE : Je met cette histoire en hiatus car je veux finir le premier épisode de mon autre fic qui arrive bientôt à sa conclusion. Elle aussi d'ailleurs mais les chapitres sont bien plus long à écrire sur Beyond Survival.

Et n'oubliez pas, les reviews sont les seuls retours que peut espérer un auteur de fanfiction, alors n'hésitez pas !


Votre choix

[Rester au camp]


Système de repérage des répliques liées à vos choix:

DANS LE CHAPITRE 1 "Welcome to Wellington", SI VOUS AVIEZ CHOISI "CRACHER SUR LE CAPITAINE DALTON" : [C2] + caractère gras


C'était aujourd'hui que Jack, Garry et Gretchen allaient partir en opération durant trois jours. Clementine avait refusé leur requête une semaine plus tôt et ignorait encore si elle regretterait ce choix.

Pour le moment, elle préférait ne pas s'en soucier.

Elle était tout de même venue saluer les jumeaux et surtout Jack qui était sur le départ devant les portes principales. Le capitaine et trois autres soldats les accompagnaient pour une mission dont les détails lui avait été dévoilés par Jack trois jours plus tôt.

Ils devraient récupérer de l'énergie dans des générateurs de secours à un barrage, sur Black River, à plus de soixante-dix kilomètres au Nord-Ouest de leur position. Jack lui avait dit suite à leur réunion de préparation que ce n'était pas une infrastructure hydraulique de grande envergure. Mais le barrage était suffisamment important pour produire une bonne quantité d'électricité. Il était donc facile de comprendre pourquoi l'endroit était prisé par les gens qui s'étaient installés près de cet aménagement.

- Sois prudent, hein ?

- Autant que je le pourrai. C'est dommage que tu viennes pas. J'suis habitué à faire équipe avec toi maintenant.

- Cindy sera à la hauteur. Elle me surpasse dans un paquet de domaine.

Ils épièrent une seconde la jeune fille de quinze ans au dos légèrement voûté qui posait son sac à dos dans la remorque du camion militaire

- Tu restes la plus rapide. Et je t'ai encore jamais vu avoir peur de prendre des risques quand il faut. En plus, elle ne connaît pas mes réactions comme toi.

- Vous avez fait un topo, non ?

- Ouais, ouais... mais une fois sur le terrain, je ne sais pas si elle sera à la hauteur pour faire équipe avec moi. Il appuya sur une petite moue sensée la culpabiliser.

- Dis, t'en fais pas un peu trop là ? Elle dit d'un ton espiègle, en roulant des yeux. Elle savait pertinemment qu'il en rajoutait une couche, que cela n'était pas son genre.

- Un peu, j'admets.

Il lui renvoya le même sourire avant que Clementine ne vienne le prendre dans ses bras un court moment à travers une étreinte solide. Jack était un garçon sur qui se reposer, réfléchi et dévoué. La personne dont elle était le plus proche. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose.

Elle répéta alors aussi à l'attention des jumeaux qui fourraient à leur tour leurs affaires dans le camion :

- Faîtes bien attention, OK ?

- On sait ce qu'on fait. Gretchen lui assura pleinement confiante.

- Depuis un moment maintenant. Suivit Garry en partageant un clin d'œil avec sa sœur.

- Garde un œil sur Jessy et Pablo. Conclut alors Jack. Ils m'inquiètent un peu avec l'accouchement qui approche.

- Je le ferai.

Sur cette promesse, ils embarquèrent rapidement suivit de près par deux soldats.

Clementine repéra alors une ombre à ses côtés qui s'approchait par son flan droit. C'était Dalton. Il se tint bien droit, les mains dans le dos, à hauteur de son épaule.

Elle jeta un œil en hauteur, vers son visage toujours si bien rasé. Il regardait les quatre cadets intensément. Elle s'arrêta là sur sa contemplation du capitaine et observa de nouveau Jack et les jumeaux avec une inquiétude habituelle à chaque fois qu'ils partaient en mission sans elle.

- Si tu t'inquiètes tant pour tes amis, la voix de Dalton résonna comme un murmure à son oreille, pourquoi tu n'as pas voulu partir avec eux ?

Elle ne lui répondit pas. Non par insolence mais parce qu'il n'y avait rien à répondre. Le choix était fait.

- T'en fais pas. Je veillerai sur eux pour toi. Il conclut avec une étrange franchise en posant paisiblement sa main sur son épaule. Le touché de ses doigts s'évada furtivement alors qu'il rejoignait le camion pour monter par la porte du passager avant.

Clementine resta figée un moment face au geste du capitaine. Qu'est-ce qu'il n'allait pas chez lui ?

Ce n'était pas la première fois qu'il agissait de cette façon avec elle. Se montrant aimable, agréable tout en dévoilant une sincérité qui avait l'air si vrai qu'elle sonnait fausse.

C'était plus bizarre sachant qu'il ne perdait jamais une bonne occasion pour la mettre à l'épreuve. Il jouait avec elle et elle en avait plus qu'assez.

Elle espéra très fort que Dalton ne revienne pas vivant de cette opération. Comme à chaque fois que lui, le commandant et les pires des soldats qui se trouvaient ici se mettaient en danger, elle souhaitait de toutes ses forces qu'ils y laissent la vie.


Jack, Cindy et les jumeaux étaient partit depuis deux bons jours déjà. Clementine avait occupé son temps comme d'ordinaire et était une fois de plus en train de donner un coup de main dans la grande serre du camp, près de l'entrée secondaire. Ils avaient construit un système très performant et réussissait à produire une bonne quantité de légumes ou fruits.

Pablo était à ses côtés. Mais Jessy n'était pas avec eux. Si proche de l'accouchement, cette dernière avait l'ordre de ne pas se fatiguer et avait été interdite d'entraînement et de toute activité fatigante depuis le début de son sixième mois. Wellington s'assurait vraiment que les nouveaux nés soit en bonne santé car ils attendaient beaucoup d'eux.

Clementine et le latino entretenaient les plants de tomates, voguant d'un sujet à l'autre mais restant le plus souvent silencieux. Pablo était de plus en plus à cran. Il riait un peu moins à mesure que l'arrivé du bébé approchait. Lui et Jessy ne savait d'ailleurs toujours pas s'il serait un garçon ou bien une fille.

Une civile quelconque, d'une quarantaine d'année, passa alors l'entrée et se dirigea vers l'un l'homme et la femme en charge des lieux. Elle ne s'en soucia pas jusqu'à ce que l'homme a qui elle avait murmuré quelque chose annonce au milieu de la petite dizaine de personnes réunit ici :

-Pablo ?

Il leva la tête vers l'un des deux civils qui géraient la serre.

- Jessy est à l'infirmerie. Le travail a commencé. Tu peux y aller.

Il échangea un regard avec Clementine. Il était tendu, inquiet et doutait. Elle tenta d'une œillade et d'un hochement sec de la tête de lui renvoyer un peu de courage tout en lui promettant silencieusement que tout irait bien. Elle ignorait si cela serait le cas mais elle devait lui faire parvenir quelque chose.

Le garçon s'en alla alors conduit par la civile venue transmettre le message. Clementine dû rester à sa place, continuer son labeur alors que son anxiété augmentait graduellement à mesure que les minutes puis les heures s'égrenaient. Elle aurait aimé être au côté de ses amis. Leur apporter son soutien et s'assurer qu'aucune complication ne porte préjudice à Jessy ou au bébé... A son bébé !

Finalement, quand il fut presque vingt heures, l'ensemble des gens dans la serre eu la permission de quitter les lieux afin de rejoindre tranquillement dans la demi-heure suivante la cafétéria.

Néanmoins, Clementine préféra partir jusqu'en zone de soin, y faire une halte afin de s'assurer que tout se déroulait bien pour Jessy.

Elle rejoint dans une petite foulée le bâtiments principal du camp, là où pratiquement tous dormaient. Quand d'autres gens avaient commencé à rejoindre Wellington, quelques baraquements de taille convenable avaient été construits pour les accueillir. L'intimité n'était pas primordial pour Wellington. Les gens devaient faire avec et certains couples devaient ruser d'intelligence pour pouvoir passer du temps ensemble. Comme Jessy et Pablo; les conduisant ainsi à ce jour très spécial...

Elle arriva promptement à la porte de la bâtisse de containers, entra dans le hall terne et se dirigea en hâte dans le couloir qui l'intéressait.

Un souvenir aussi nostalgique que désagréable se rappela à elle. Quand Louie était encore en vie, Clem avait prit l'habitude de venir ici aussi souvent qu'elle le pouvait, retrouvant majoritairement son amie dans la première salle du couloir, son bureau faisant parfois office de salle d'examen pour les blessures « mineurs ».

Clementine n'avait jamais remis les pieds ici sans y avoir été obligé suite à quelques blessures ou incidents de parcours lors de deux trois missions.

Elle délaissa alors cette sensation et dépassa la première porte. Il en y avait trois autres dans ce couloir. Clementine rejoignit la deuxième encastré dans le mur de gauche. Cette salle était très certainement l'endroit où les risques infectieux étaient moindres. Wellington s'étaient assurés de créer un quartier convenable pour les blessures sérieuses qui méritaient parfois plusieurs heures de soins.

Elle perçut quelques gémissements par delà le rempart ainsi que la voix inaudible du docteur qui avait remplacé Louie.

Elle toqua à la porte, attendit une dizaine de seconde avant que l'homme dorénavant responsable de cette zone du camp ne vienne lui ouvrir. Il la regarda de haut en bas puis souffla d'un ton ferme :

-Qu'est-ce que tu veux ?!

Comme presque tout le monde ici, Julian était lui aussi captif de Wellington. C'était un chirurgien d'une cinquantaine d'année, au cheveux grisonnant mais toujours bien conservé. Il était plutôt désagréable, austère et avait presque des tocs lorsqu'il s'agissait d'être ordonné et méticuleux. Probablement que son caractère allait avec son métier.

Car, il fallait l'admettre, il était très compétent dans son travail. Il y excellait même. Il avait accompli à quelques reprises des miracles qui ne semblaient plus possible dans les conditions actuelles de leurs monde.

- Je venais prendre des nouvelles de Jessy.

Soudain, elle vit Pablo apparaître derrière le médecin, le visage très sérieux. Mais avant qu'elle ne puisse l'interpeller le médecin tonna froidement :

- Il y en a encore pour un moment. Reviens plus tard gamine !

Aussi vite, la porte se referma sur elle dans un claquement sec. Elle étudia la devanture avec colère, rêvant une seconde de pouvoir tordre le coup de Julian pour la renvoyer de la sorte.

Elle préféra ne pas appliquer sa pensée et reprit sa route. Seulement, au milieu du couloir, elle regarda en arrière au son d'une porte qui s'ouvrait.

- Clem.

Pablo sortit de la pièce, ferma derrière lui et vint rapidement rejoindre l'adolescente. Il n'avait vraiment pas l'air bien. Il était pâle et transpirait légèrement. Elle eu l'impression qu'il n'avait pas dormis depuis des jours.

Et c'était probablement vrai dans un certain sens. Ses nuits avaient dû être agitées par la pression de ce qui était en train d'arriver dans la pièce à côté.

- Comment ça se passe ? Elle va bien ?

- D'après le doc, tout est normal pour le moment.

Il réussit à afficher un faible réconfort à l'idée que Jessy s'en sortait bien jusqu'à maintenant.

- Ses contractions la font bien souffrir. Elles se rapprochent beaucoup. A ce que j'ai compris elle est en phase active.

- Ça veut dire qu'elle va bientôt accoucher ?

- Normalement oui. Je t'épargnes les détails techniques mais le vrai travail devrait commencer dans une heure ou deux d'après ce qu'a dit le doc.

La crainte s'insinua de nouveau sur les lignes du garçon aux cheveux sombres. Cette émotion n'était jamais bien loin ces derniers temps. Doucement, en effleurant délicatement son épaule de ses doigts, elle demanda :

- Comment tu t'en sors toi ?

- J'ai peur Clem. Ses yeux brillaient sous l'émotion. J'ai peur pour nous deux.

- Pour vous trois tu veux dire. Vous serez trois bientôt.

Il s'arrêta une seconde, lorgna un point invisible. Il lui renvoya alors un sourire contrit tandis qu'elle retirait la main de son épaule.

- Ouais, j'imagine...

Elle ne cherchait pas à raviver sa peine mais à lui rappeler que malgré leur situation, lui, Jessy et leur bébé formerait une famille. Wellington pouvait faire beaucoup de chose mais il ne pouvait définitivement enterrer l'amour des gens. Ils avaient beaucoup de pouvoir mais pas celui-là.

Elle même essayait souvent de s'en éloigner mais finissait inéluctablement par revenir vers lui. Car c'était bien l'amour pour ses amis et AJ qui la maintenait encore en vie.

Pablo et Jessy y arriveraient. Il surmonterait tout ça. Il le fallait.

- T'as besoin de quelque chose ? Si je peux, je le ferai !

- Tu peux détruire ce camp jusqu'à la racine ? Ça, j'aimerais beaucoup.

Elle aurait aimé. Au moins autant que lui. Mais c'était là quelque chose qu'elle ne pouvait faire. Elle n'en était pas capable.

- Désolé. Mauvaise blague. C'est sympa de demander mais j'ai besoin de rien.

- D'accord. J'essaierai de revenir dès que possible.

- Ok. Merci d'être passé en tout cas.

- Normal.

Il inspira à plein poumon, tentant d'afficher un visage plus serein sans trop de succès avant de repartir pour rejoindre celle qu'il aimait dans l'épreuve la plus longue et difficile qu'ils allaient devoir affronter.


Après le dîner de la veille, elle n'avait pas eu l'occasion de repasser voir Pablo et Jessy. Elle avait juste su que le bébé n'était pas encore arrivé lorsque les cadets et civils avaient dû rejoindre leur « chambre » à vingt et une heure.

Mais si tout s'était déroulé normalement, la fille ou le fils de Jessy et Pablo était née quelques temps après. Elle espérait de tout son cœur que Jessy et le nouveau née soit en bonne santé.

Elle aurait voulu parler de ses inquiétudes à Jack. Discuter avec lui dans la pénombre de leur cellule éclairée par la vague de lumière provenant de la lampe à huile. Elle n'avait plus l'habitude d'être seule la nuit. Elle trouvait dérangeant de se réveiller ou de s'endormir sans entendre la respiration de Jack à ses côtés. D'ailleurs, elle espérait que lui aussi se porte bien. En mission, un incident était si vite arrivé.

Après une heure à voguer d'une pensée à l'autre, le sergent Turner vint finalement ouvrir sa cellule et celles du reste des cadets. Elle essaya de repérer la présence de Pablo dans la ligne qu'il formait mais celui-ci était absent. Il était sûrement avec Jessy, profitant de la présence de leur bébé avant que son sort, comme celui d'AJ, ne soit remis entre les mains du camp.

Comme d'ordinaire, ils marchèrent tous d'une même cadence jusqu'à descendre les deux jeux d'échelle pour arriver au rez-de-chaussée. Toutefois, lorsque Clementine observa l'endroit où se trouvait très certainement ses deux amis, son envie subite de les voir prit le dessus.

Clementine avait quelques minutes avant qu'ils ne fassent l'appel à l'intérieur du réfectoire. Le temps suffisant de s'assurer que tout allait bien.

Elle s'esquiva de la ligne sans que le sergent ne la repère. Elle ne put toutefois pas passer inaperçue sous le regards de quelques cadets qui ne dirent pas un mot et agirent comme si rien n'était arrivé, comblant même le trou laissé par sa fuite. Elle les remercia pensivement et rejoint promptement le couloir de la zone de soin.

L'adolescente avança d'une démarche souple et discrète comme Wellington lui avait appris afin de ne pas être repérer par un ennemi. Humains ou morts.

Elle passa devant la porte du bureau de Julian puis finît par tomber devant celle qui l'intéressait. Là où avait été installée Jessy la veille. Elle ouvrit celle-ci et remarqua que la pièce était vide. Elle essaya alors la porte d'en face qui était l'une des deux pièces de soin et de repos des blessés.

Elle ne prit pas la peine de toquer une fois de plus et entra.

La pièce était éclairée par une lampe électrique au dessus de la porte – comme pratiquement toute les pièces de Wellington. La zone restait toutefois sombre mais elle put tout de même repérer Jessy couchée au fond de la pièce sur l'un des lits de camps. Pablo était absent, le bébé aussi de toute évidence. Probablement que ce dernier était sous la garde du médecin qui devait être au réfectoire. Il avait d'ailleurs dû emmener le nouveau papa avec lui laissant à la jeune maman la possibilité de se reposer.

Clementine s'avança alors vers le lit de son amie pour prendre un peu mieux conscience de la jeune fille qui semblait endormie. Mais dans sa marche, elle trébucha sur quelque chose... Ou plutôt quelqu'un quand elle remarqua qu'il s'agissait des pieds d'une personne. Elle regarda le haut de ce corps caché derrière le lit. Elle fut stupéfier de reconnaître Julian, le médecin.

En hâte, elle s'assura qu'il respirait, envahie soudain par une multitude de question. Elle perçut le battement de son cœur et remarqua un peu de sang frais qui coulait de son front.

Subitement, Clem se remit sur ses jambes et se précipita jusqu'au lit de Jessy. Elle secoua assez fermement la jeune fille tout en hélant son nom dans le but de la réveiller très rapidement :

- Jessy, réveilles-toi ! Allez !

L'adolescente un peu plus vieille qu'elle, au teint plus pâle encore que d'ordinaire, finit par ouvrir violemment les yeux dans un violent sursaut.

Clementine ignorait bien ce qu'il se passait mais craignait que Pablo ait fait une grave erreur.

- Clem ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Le médecin est par terre, assommé. Est-ce que tu sais où est Pablo ?!

Subitement, Jessy regarda à côté d'elle à la recherche de quelque chose qui avait disparu. Une panique qu'elle n'avait jamais observé sur ses traits et dans son regard s'empara d'elle. Elle se retourna vers Clem, s'exprimant le cœur au bord des lèvres :

- Il va le faire ! Je lui ai dit que je ne voulais plus ! Qu'il ne fallait pas !

- De quoi tu parles Jessy ?!

- Pablo va la tuer.

Elle comprit alors qu'ils avaient eu une fille. Elle comprit aussi que si elle ne faisait pas quelque chose, ils la perdraient.

- Où il est ?

- Je sais pas... La main de Jessy était posée sur sa bouche, trop choquée par ce qu'il se passait, réalisant ce qui était sur le point d'arriver.

- Réfléchis ! Où est-ce qu'il irait pour faire ça ?! Clem hurla sur la pauvre Jessy qui était déjà complètement bouleversée.

Mais elle n'avait pas le temps de la ménager. Il fallait agir vite. Tout de suite !

Elle obéit à l'ordre de Clementine et après quelques secondes qui semblèrent s'étendre sur des heures, elle finit par dire comme si la lumière s'était faite dans son esprit :

- La cellule d'isolement au fond du couloir, au deuxième ! C'est là qu'on allait toujours pour... C'est là-bas qu'elle a été conçut.

Clementine partit en trombe au milieu de sa réplique.

- Dis-lui qu'elle s'appelle Adelina !

Jessy remit tous ses epoirs dans cette phrase que Clem entendit au moment de passer la porte.

Elle détala comme une furie. Elle ne réfléchissait plus. Avançait vers un seul but : sauver Adelina.

Elle poussa ses muscles plus qu'elle ne l'avait jamais fait. Elle bondissait à une vitesse vertigineuse, poussée par l'adrénaline de l'horreur qui était sur le point d'arriver. Elle réussit à monter les barreaux des échelles deux à deux. Elle fut heureuse que tout le monde soit au réfectoire. Cela facilita son ascension jusqu'au deuxième étage.

Quand elle fut dans le hall, elle glissa et faillit tomber lorsqu'elle prit le tournant du couloir qui l'intéressait de façon trop empressée. Celui dans lequel elle avait été conduite dès le jour de son arrivé.

Elle traversa le corridor jusqu'à la dernière porte. Elle ne prit même pas la peine de souffler qu'elle débarquait dans les lieux.

La pièce était plongée dans la pénombre. La lumière du couloir derrière elle ne permettait pas de voir le fond de la pièce mais elle entendit distinctement le son de ce qui ressemblait à une berceuse.

Elle savait où se trouvait Pablo mais ne pouvait encore le voir.

- Pablo ?

Elle n'eut aucune réponse. Il continuait toujours à entonner la musique imposant un long frisson qui remonta dans l'échine de la jeune fille.

Au ralenti, elle finit par enclencher l'interrupteur qui se trouvait à ses côtés, le corps fébrile, les mains tremblantes.

L'ampoule au dessus de sa tête finit par éclairer faiblement la pièce lui permettant de repérer enfin Pablo.

L'adolescent de seize aux cheveux noirs était assis contre le mur, les genoux ramener contre son torse. Il tenait sa fille dans ses bras, enveloppée dans une petite couverture. Il était en train de la bercer, calmement, comme un père. Elle vit dans ses yeux qu'il l'aimait déjà.

- Pablo, ne le fais pas !

Il cessa de chantonner. Avec une lenteur terrifiante, il finit par relever son visage vers le sien, cessant d'observer sa fille un instant. Il avait pleuré : elle pouvait encore voir les traces humides sous ses yeux, roulant sur ses joues.

- Je ne peux pas imaginer ce que tu traverses, mais je sais ce que sont les regrets. Regarde-la Pablo ! Regarde-la ! Tu ne te remettras jamais de ça ! Jessy non plus !

Sa voix était désespérée soudain. Empli de suppliques et d'espoirs qu'il n'aille pas au bout de ce qu'il voulait faire. De ce qu'elle avait elle aussi pensée à faire...

Car, c'était bien là les songes et réflexions qui la rongeaient depuis des mois. Celles qui l'empêchaient de retourner auprès d'AJ.

Il lui était arrivé de rêver de le tuer et de se libérer enfin de la pression qu'exerçait ce petit bonhomme sur sa vie. De s'affranchir de son existence. Mais maintenant qu'elle se retrouvait face à quelqu'un qui avait eu la même pensée qu'elle, elle sut que jamais plus ces maux d'esprit ne viendraient la hanter.

- C'est vrai. Tu as raison. Il souffla dans un murmure à peine audible, terne, presque mort.

Il regarda à nouveau sa petite fille avec une douceur infinie. C'était là une bienveillance qu'elle n'avait jamais vu sur le visage de qui que se soit. Clementine en avait le cœur brisé. Mais ce ne fut rien jusqu'au moment où il avoua d'un timbre désincarné et pourtant tellement aimant :

- C'est trop tard Clem. Elle s'est déjà endormie. Personne ne pourra jamais la blesser maintenant.

Clementine se sentait aussi comprimée que si elle avait été enfermée dans une cages deux fois trop petite pour elle. Étouffée comme si quelqu'un s'était assis sur sa cage thoracique pour l'empêcher de respirer convenablement. Elle réfutait l'idée. Elle n'y croyait pas. Il n'avait pas pu faire ça. Pas lui.

Sans savoir comment, son corps commença à avancer plus près de la posture recroquevillé sur le sol qu'était Pablo. Chaque pas était plus pénible que le précédent. Elle approchait de lui et du bébé et sentait que la vérité viendrait, d'une seconde à l'autre, éventrer ses dernières espérances.

Quand elle fut à moins d'un pas de lui, elle se pencha en avant, tétanisée, et pris définitivement conscience de la réalité.

La petite était enfermée dans le nid de ses bras, les yeux clos, elle ne respirait pas. Son sang imbibait le pull du garçon et une partie de la couverture qui la maintenait au chaud. La lame ensanglantée qui avait perforé l'arrière de son crâne était posée tout à côté du jeune homme. C'était fini.

- Pour... Pourquoi ? Elle eut envie de régurgiter le peu qu'elle avait dans l'estomac.

Son regard devint noir, meurtrier. Pablo ne pouvait voir le dégoût et l'horreur qui comblaient ses traits. Il était trop hypnotisés par cette petite fille morte.

N'y avait-il donc plus aucun espoir dans leur univers ?

- Elle avait un nom Pablo. Clementine se surprit elle-même lorsqu'elle se mit à parler d'un timbre presque agressif. Son nom était Adelina.

Un silence plus pesant que tout ce qu'elle avait enduré envahit l'atmosphère. Pablo releva ses yeux vides, embués de larmes au fond de ceux de Clementine. Le choc suite à sa réplique était démesuré. Il tremblait, elle put voir son poing se contracter en même temps que sa mâchoire.

- Et tu l'as tué !

Elle ne put contenir la méchanceté derrière ces paroles. Elle avait eu soudain besoin de le blesser encore plus. Elle voulait qu'il sache à quel point il avait mal agit. Qu'il sache que le reste de sa vie, il devrait vivre avec cette infamie.

Elle se permettait de le juger. Mais ce n'était pas seulement lui qu'elle blâmait à cet instant. Si elle était franche envers elle-même, elle admettrait qu'elle avait l'impression de regarder dans un miroir. Que la personne assise par terre, tenant ce petit être mort aurait put être elle et AJ.

Elle comprenait pourquoi il l'avait fait. Mais elle ne pouvait pas l'accepter.

- Adelina. Il caressa du bout des doigts le peu de cheveux qu'elle avait, l'embrassa sur le front avant de susurrer comme la plus douloureuses des confessions. C'était le prénom de ma Grand-mère. C'est elle qui m'a élevé, qui m'a tout donné. Enfin, elle et Jessy.

La haine et la colère de Clementine s'évaporèrent aussi vite qu'elles étaient apparues. Maintenant, tout ce qu'elle ressentait c'était un poids si lourd sur le cœur qu'elle se demandait comment elle pouvait encore tenir debout.

- Vas-t-en. Il lui ordonna alors avec une fermeté qui l'étonna tant elle contrastait avec le ton qu'il avait pris jusqu'ici.

- Je... Tu... Elle balbutia sans savoir quoi dire.

- Pars ! Il éleva la voix, menaçant. Je veux rester seul avec elle. Avant qu'ils viennent la prendre.

Les larmes s'échouèrent de nouveau de son regard. Il y avait une telle détresse dans son cœur. Elle aurait voulu le sauver, l'aider à porter son fardeau mais quelque chose sur ses traits lui fit comprendre qu'il ne partagerait ce poids avec personne d'autre. Il lui appartenait et comptait bien le garder aussi longtemps qu'il pourrait.

Clementine marcha à reculons. Elle n'arrivait pas à détacher son regard du père et de la fille. Ce souvenir, comme tant d'autres, la pourchasserait le restant de sa vie. Pourtant, pour la première fois, elle voulut graver dans sa mémoire ce moment bercé de mélancolie, cette tragédie qui respirait un amour parfaitement pur.

Elle passa la porte et tituba dans les couloirs, se tenant au mur. Elle ne savait pas quoi faire, ni où aller. Mais de toute façon, ça n'avait pas d'importance puisque arrivée dans le hall, ses jambes flanchèrent. Elle réussit alors non sans mal à s'effondrer contre un des murs de tôles.

La tête lui tournait, des tâches blanches parsemaient sa vision. Son cœur battait si vite qu'elle crut qu'il allait lâcher. Pendant une seconde, elle le souhaita.

Et elle pensa brutalement que si son mal-être lui apparaissait si intolérable, qu'est-ce que cela allait être pour Pablo et Jessy ?

« Aucun parent ne devrait avoir à faire ça »

L'écho de la voix de Lee la remua plus encore. Elle se rappelait du train. Elle revit le corps faible de Duck proche de son dernier souffle. Les visages de Kenny et Katjaa face à l'impensable, l'innommable. Le souvenir était toujours net après tant d'années. Et c'était bien la seule phrase de ce funeste moment dont elle se souvenait parfaitement.

Elle comprit alors à se souvenir qu'en perdant leur fille, Pablo et Jessy disaient adieux à ce qu'avait été leur vie et cette idée la meurtrissait. Elle aurait préféré les coups de fouets que les lacérations invisible qui tourmentèrent son esprit, son âme. Dans cette tragédie, d'une certaine façon, elle perdait deux amis.

Et pour la première fois, elle put mieux comprendre la détresse de Kenny après la mort de Duck. Pablo lui avait ouvert les yeux mais elle aurait aimé rester aveugle.

Elle ignora combien de temps elle resta accroupie contre la paroi d'un container, souhaitant se fondre dans le décor qu'elle ne voyait plus jusqu'à disparaître et appartenir pour toujours à ce camp maudit. Elle réussit à reprendre néanmoins conscience lorsque le voile devant ses yeux d'un éclat vif s'effaça à une lenteur presque torturante.

Elle crut percevoir la voix de Lee qui résonnait dans les limbes de sa mémoire. Celle de Luke, de Louie et de tant d'autres qu'elle connaissait par le passé. La voix de ceux dont elle était sûr qu'ils étaient mort. Qui avaient quitté cette « vie ».

Elle croyait qu'ils l'attiraient vers elle. Vers la mort. Mais leurs murmures inaudibles devinrent clair. Ils lui disaient tous de repartir. De retourner se battre pour sa vie. Et parmi tous, le timbre de Lee était plus fort encore que ceux des autres.

Quand la pellicule blanche disparut pleinement, elle se surpris à cligner des yeux pour les ajuster à la pénombre de la pièce éclairée par une lampe qui lui était familière, près de sa casquette qu'elle ne mettait plus.

Elle était dans sa cellule, couchée sur le dos. Elle avait donc été déplacée. Quand ça ? Elle n'en gardait pas souvenir. Elle remarqua finalement une ombre en plus de la sienne qui dansait sur le mur sur son flan droit. C'était la silhouette d'un homme.

- Enfin parmi nous.

Elle reconnut immédiatement cette voix et comme d'ordinaire, ce timbre créa un léger frisson sur sa peau.

Dalton était assis sur la couchette de Jack, appuyé contre le mur, les jambes légèrement repliées vers sa poitrine. Il avait l'air parfaitement à l'aise, plus décontracté qu'elle ne l'avait jamais vu.

Elle se demanda pensivement lorsqu'elle déposa son regard sur son visage si la faible lumière des lieux étaient la raison pour laquelle, à ce moment précis, ses traits lui paraissait moins dur qu'il ne l'avait jamais été.

- Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelqu'un décrocher comme tu l'as fait. Rester inconscient tout en ayant les yeux ouverts... C'est pas commun.

Elle sentait un intérêt non dissimulé derrière ces derniers mots mais n'en eu que faire.

Elle se sentait lésée et encore anéantie par les derniers événements. Elle posa son bras devant ses yeux. Elle aurait pu repartir si ce n'était pour la voix de Dalton qui demanda d'un timbre assez intrigué :

- Comment tu es revenue ?

Elle mit quelque secondes pour répondre, sans ôter le rempart de son regard et s'étonna d'opter pour la vérité :

- J'ai juste écouté la voix d'amis. Ils m'ont dit de repartir alors je l'ai fait. Sa voix était terne malgré la réminiscence mélancolique du souvenirs de ces disparus.

Elle décida alors de jeter un coup d'œil vers lui. Une question la titillait :

- Je suis restée longtemps comme ça ?

- Presque treize heures d'après les autres. Mais je ne suis là que depuis quatre heures.

Elle ne fit pas attention à sa dernière remarque car elle prit enfin conscience qu'à travers la présence de Dalton, l'absence de Jack devint soudain plus étrange. Si le capitaine était là, c'était qu'ils étaient revenus. Alors pourquoi son ami n'était pas celui qui était assis sur la couchette qui lui appartenait.

- Où est Jack ?! Elle demanda vivement inquiète, d'un bond s'asseyant.

La panique s'insinua pleinement face au sérieux et la rigueur que retrouvèrent les lignes charismatique du capitaine. Elle n'aimait jamais lorsque son visage s'exprimait ainsi.

- Il n'est pas mort.

Cette phrase lui permit d'expulser un soupir de satisfaction qui ne dura pas alors que Dalton relançait avec flegme :

- Mais il a été salement blessé. Une balle dans le dos. Il est entre les mains du médecin pour le moment.

- Est-ce qu'il va s'en sortir ?!

- Il a toute les raisons de vouloir rester en vie. Il dit avec un infime sourire qui lui parut plein de malice.

Elle ne saisit pas le mystère derrière cette déclaration et ce rictus. Elle ne chercha pas à comprendre. Il y avait quelque chose de plus important à faire.

- Laisse-moi le voir ! Elle l'implora en avançant son buste vers lui pour tenir son avant bras.

Elle ne voulait même pas savoir comment c'était arrivé, qui l'avait blessé et pourquoi. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était être avec lui. Après ce qu'il s'était passé aujourd'hui, elle ne pouvait pas le perdre lui aussi.

- Non.

- Dalton, s'il te plaît ! Sa prise se raffermit d'abord inconsciemment autour de son poignet au point où ses ongles laissèrent probablement des marques sur sa chair.

Jamais encore elle n'avait supplié le capitaine de cette manière. Elle était désespérée. Elle voulait être avec Jack.

- Non. Il ôta délicatement la main de Clem accrochée à la manche de son uniforme kaki. Le médecin est encore en train de le soigner.

- Je m'en fiche, j'attendrai dehors jusqu'à ce que Julian ait fini. Mais ne me laisses pas ici comme ça ! Elle tenta une fois encore en se réajustant sur sa couchette.

- Je ne te laisse pas. Cette tirade la laissa perplexe. Mais je ne te laisse pas y aller non plus. Dors, il est tôt encore. Tu iras plus tard.

La surprise s'effaça, remplacée par une envie dévorante d'expulser toute la rage contenue au fond d'elle face à cet homme qui avait toujours pris plaisir à la voir souffrir. De ça, elle en était persuadé !

- « Dors » ?! Elle reprit par ironie, d'une voix pernicieuse. Parce que tu crois que je peux réellement dormir sachant que mon ami lutte pour sa vie ?! Elle le pointa agressivement du doigt. T'es peut-être insensible mais ce n'est pas encore le cas de tout le monde !

Elle avait tellement de tristesse et de colère en elle qu'elle se fichait bien de s'attirer les foudres du capitaine. De heurter sa fierté et son ego.

- Wellington essaie toujours de nous briser, de nous enlever tout ce qu'on a. Mais tant que des gens ici continueront à se soutenir, ça n'arrivera jamais !

C'était un discours implacable, forgé par le poison de ressentiment qui s'écoulait dans ses veines.

- Je te déteste ! J'aimerai que tu sois mort ! Elle s'arrêta un moment dans son regard pour s'assurer qu'il croit à ses paroles. Je déteste tout ce que ce camp fait ! Mais il y a encore des gens que j'aime et ça, vous ne me l'enverrez jamais !

- Je sais. Mais ce n'est pas très grave.

Elle ignorait à quoi s'appliquait sa réponse. Au fait de le détester et de le vouloir mort, d'exécrer ce camp ou au derniers mots qu'elle avaient prononcé. À vrai dire, c'était une réponse qui pouvait tout aussi bien faire référence à tous ces sujets.

Elle en avait assez. Assez des mystères qu'il faisait. De ses réactions qui était bien trop différentes de tous les gens qu'elle avait côtoyé jusqu'ici.

Dans un effort cornélien, elle réussit à se contenir de se jeter sur lui et d'essayer de le tuer avant qu'il ne prenne le dessus sur elle. Elle appuya sa tête contre le mur, ferma les yeux, contractant autant son poing que sa mâchoire.

Elle n'aurait jamais cru par le passé, lorsqu'elle était encore avec Lee, qu'une telle violence pourrait un jour naître en elle. Elle espérait qu'il n'était pas trop déçu là où il était...

Elle finit par retrouver en partie son calme à travers sa dernière réflexion et préféra l'interroger sur l'autre sujet qui l'avait mis tant à mal qu'elle s'était littéralement déconnectée de cette réalité :

- Qu'est-ce qu'il est arrivé à Pablo et Jessy ?

Elle était persuadé qu'il savait déjà tout de l'affaire et s'interrogeait donc beaucoup sur ce qui allait arriver au couple. En plus de ça, elle ne voulait pas parler de Jack, de ce qui avait conduit à sa blessure. Il lui raconterait lui-même ce qui lui était arrivé. Il serait en vie pour lui conter son récit.

- On ne fera pas de mal à Jessy. J'ai appris qu'elle avait admit qu'elle et Pablo pensaient tous les deux à la tuer après l'accouchement mais d'après le commandant il était plutôt clair qu'elle avait changé d'avis quand on lui a dit après coups ce qui était arrivé. Elle n'a pas dit un mot depuis qu'elle a appris la nouvelle.

Cette dernière déclaration intensifia la peine de Clementine.

- Oui... Elle m'a dit qu'elle ne voulait plus ça. Elle m'a demandé de l'arrêter. Sa voix n'était qu'un soupir amère.

- Pour Pablo, moi et le commandant devons encore prendre une décision. Pour le moment il a décidé de le laisser dans le cachot dans lequel il se trouvait quand il a tué son bébé. Il n'en est pas sorti depuis que c'est arrivé. Lui aussi n'a pas prononcé un mot.

- Adelina.

- Quoi ? Il sourcilla sans comprendre.

- Elle s'appelait Adelina.

- Oui, si tu veux.

Elle n'aima pas particulièrement son ton qui montrait qu'il se fichait bien du sort de la petite ou de ses amis. Elle se forçait à ne regarder que rarement dans sa direction, lui préférant le plafond ou le sol.

Ils restèrent silencieux de longues minutes, assis l'un en face de l'autre. Elle sentait son attention sur elle mais essayait de l'éviter dès qu'elle le pouvait. C'était difficile. Elle connaissait bien l'intensité dont était capable le capitaine. Elle s'interrogeait d'ailleurs sur sa présence entre ces quatre murs. Elle se rappelait qu'il avait dit avoir passé quatre heures ici, avec elle, lorsqu'elle avait dérivé, inconsciente de son environnement. Pourquoi faire ? Qu'est ce que cela lui apportait ?

- Pourquoi tu restes ? Elle finit par demander froidement mais néanmoins curieuse de sa réponse.

- Parce que j'en ai envie.

Elle secoua la tête par frustration face à ses réponses pourtant simples mais qui lui paraissait bien trop souvent manquer de sens. Ou alors était-ce juste un moyen de plus pour lui de se jouer d'elle. Comment savoir avec lui...

Ils ne dirent plus mots après ça. Leur regards se croisaient parfois, restant alors plus longtemps accrochés que la fois précédente.

Elle avait l'impression qu'une conversation passait entre eux sans qu'elle n'en saisisse son sens véritable. Et cette sensation perdura un long moment jusqu'à ce que quelqu'un ne vienne toquer à la porte de sa cellule, entrant lorsque le capitaine lui permis.

C'était un des soldats du camp, Porter, un jeune d'à peu près vingt cinq ans, aux origines difficilement identifiable. Sa peau tendait vers un teint des îles. Il était plutôt petit affichant néanmoins des larges épaules. Ses yeux était aussi noir que la nuit et ses cheveux étaient d'une couleur plutôt cendré. Ses joues étaient plutôt saillantes et s'harmonisait étrangement avec sa bouche aux lèvres fine qu'il avait l'habitude de souvent mordiller comme à cet instant.

[C2]

Ce soldat là, Clem ne l'oublierait jamais. C'était lui qui avait suivit les ordres de Dalton lorsqu'elle avait été fouettée pour son premier jour.

Lorsqu'il vit que l'adolescente était consciente, Porter cilla de surprise avant de déblatérer à l'attention de Dalton :

- Le commandant souhaiterait vous voir dans ses quartiers Capitaine.

Dalton ne cessa jamais de lorgner Clementine tout en ponctuant casuellement :

- C'est urgent ?

C'était la première fois qu'elle voyait Dalton interroger un ordre.

- Euh... Il ne m'a pas dit de quoi il était question. Le soldat aussi semblait étonné. Mais il a demandé à vous voir tout de suite.

- Bien.

Il se remit sur ses jambes. Il interpella le soldat en lançant avant de passer l'entrée :

- Porter, veille à ce qu'elle soit conduite près de Jack lorsqu'il reprendra conscience.

Il clama platement, comme s'il parlait du temps qu'il faisait.

- À vos ordre, Capitaine.

Puis, sans autre marque d'attention pour elle, il quitta sa cellule en compagnie du soldat.

Elle était de nouveau seule et n'aima pas cette sensation. Elle se surpris pendant un moment à regretter la présence de Dalton. L'idée ne lui plaisait guère mais après tout ce qui était arrivé, la solitude n'était finalement pas quelque chose qu'elle se sentait de force à affronter.

Plus tard, elle avait été étonnée que le sergent ne passe pas dans sa cellule lorsqu'elle avait entendu derrière sa porte les cadets sortir des leurs. Au lieu de ça, le déjeuner de Clementine lui avait été amené par Porter quelques temps après, avant qu'il ne disparaisse de nouveau.

Elle n'y avait pas pensé avant mais elle se demandait dans quel but il la laissait dans sa cellule. De qui venaient les ordres ? Du commandant ou de Dalton. D'ailleurs, risquait-elle des représailles pour ce qui était arrivé ? Après tout, même si elle n'avait tenté que d'aider, eux se demandaient peut-être quelle était sa part de responsabilité dans ce qui était arrivé.

Quand il revint une nouvelle fois, il dit cette fois-ci :

- Viens avec moi.

Elle comprit tout de suite qu'il allait la mener vers Jack. Du moins elle l'espérait. Après tout, il était possible qu'il la conduise jusqu'au commandant qui comptait propablement l'interroger et obtenir les détails de cette affaire puisque Jessy et Pablo restaient muets d'après les dires de Dalton.

Elle fut rassurée, même enchantée, de voir qu'une de ses espérances fut enfin récompensée lorsqu'elle et le soldat atteignirent le rez-de-chaussée et s'engagèrent en zone de soin.

La porte du médecin était grande ouverte. Elle repéra immédiatement sa présence. La plaie sur son front avait été rafistolée grâce à trois point de sutures. Elle espérait que sa blessures ne l'avait pas gêné dans les soins qu'il avait donné à Jack.

Porter s'adressa à lui et clama en guise d'ordre :

- Le capitaine a dit qu'elle pouvait passer voir Jack maintenant qu'il a repris conscience.

- Pas longtemps alors. S'exaspéra le médecin en se massant le cou.

- Comment il va ? Finit par demander Clem vivement anxieuse de sa réponse.

- Il est stable pour le moment. Il faudra juste faire attention au risque d'infection.

- Il va se remettre donc ?

- Normalement. Il y a toujours des risques post opératoires après ce genre d'opérations. Plus encore dans de tels conditions. Mais t'inquiète pas gamine, je sais ce que je fais.

C'était bien la première fois que Julian usa d'une certaine gentillesse lorsqu'il appela « gamine ».

- Tu as dix minutes. Après il faudra le laisser se reposer.

Elle hocha de la tête en remerciement et rejoint finalement la première salle de soin en compagnie du soldat. Elle fut contente qu'il reste dehors et leur autorise un peu d'intimité. Elle voulait être seul avec Jack. Elle en avait besoin.

Le jeune homme était couché sur un des quatre lits de camps des lieux. Une poche sanguine était accrochée à une barre métallique, pendant au dessus de sa tête et relié à son bras par un fin tuyau.

Elle s'approcha de son lit et finit par murmurer délicatement :

- Jack ?

Elle posa sa main sur son avant bras, caressant gentiment sa peau dans l'espoir qu'il la regarde. Elle avait besoin de voir ses yeux ouverts.

Et comme une réponse à sa demande, les paupières de son ami finirent par s'ouvrir.

- Hey... Elle chuchota chaudement. Comment tu te sens ?

- J'ai l'impression qu'on m'a arraché les entrailles avec une balles de petit calibre. Mais à part ça, je me sens bien.

Étonnement, elle trouva la force de sourire face à sa tentative d'humour. Selon elle, c'était le plus souvent bon signe. Ne serait-ce que pour l'esprit du malade ou du blessé.

- Alors dès que je suis pas là t'en profites pour t'attirer des ennuis ?

- J'aime bien quand tu t'inquiète pour moi.

- Crétin.

Il sourit faiblement et attrapa sa main dans la sienne qu'il caressa doucement du pouce. Elle sentit son amertume grandir au fur et à mesure qu'il s'apprêtait à parler :

- J'ai appris pour Pablo et Jessy... Il énonça difficilement, la voix troublé par l'émotion. Le médecin m'a dit ce qui était arrivé à leur fille.

Une certaine culpabilité envahie les traits de Clementine alors qu'elle répliquait le ton bas :

- Tu m'avais dit de garder un œil sur eux. Et j'ai essayé. Je te le jure. J'ai voulu l'empêcher mais quand je suis arrivé... il n'y avait plus rien à faire.

- Ce n'est pas ta responsabilité Clem. Parfois on ne peut ni améliorer les choses, ni les empirer. Parfois on peut seulement être témoin des événements et rien dans nos choix ne fait de réel différence. Si ce n'est peut-être sur l'impact qu'ils imposent à nos vie.

- Oui, mais peut-être que si j'étais venue avec toi, je n'aurais pas eu à affronter ce que j'ai vu ici lorsque tu étais partis. Et qui sait, peut-être que tu n'aurais pas été blessé avec moi à tes côtés.

- Je ne peux pas parler pour la première mais je pense que ta présence n'aurait rien changé à ce qu'il s'est passé lors de notre mission.

- Moi qui te croyait plus malin que ça... Qui a pu t'approcher de si près ?

Il afficha un petit rictus sous la taquinerie de Clementine et commença alors à raconter lentement son récit :

- C'était la routine. Tout se passait bien mais le dernier jour, des gens ont finalement rejoint le barrage alors Dalton a demandé à ce qu'on détruise l'installation. Selon lui, c'était un risque trop grand de leur laisser l'installation intacte après qu'ils aient repéré notre présence.

Clementine n'en revenait pas. Combien de personne avait condamné le capitaine en agissant ainsi ?

- On a posé des explosifs et on avait soixante secondes pour se tirer. Les jumeaux et Gutterman ont réussi à passer mais avec Viktor et Cindy on était encore bloqué sur l'échelle de la façade du barrage quand ça a explosé. Cindy essayait de nous couvrir mais elle est tombé et une balle l'a eu en pleine tête. Il indiqua tristement. Après ça, Viktor ai moi avons tenté une percée mais j'ai été touché dans le dos. Une femme est arrivé sur moi et j'ai entendu la voix d'un mec lui dire « Christa, tue-le ! » Il y avait des rôdeurs partout autour de nous. Et, elle... Clem ? Ça va ?

Les yeux de la jeune fille était grands ouverts. Ses lèvres ne se touchaient plus. Elle avait mal entendue. C'était obligé. Jack s'était trompé. Ce n'était qu'une coïncidence, pas vrai ?

- Tu... Tu as dis « Christa » ? Elle bafouilla sous le choc du nom. Tu en es sûr ?

- Je risque pas d'oublier ça. Elle a bien failli me tuer. Pourquoi ? Tu connaissais quelqu'un avec ce nom ?

- C'est presque impossible.

Elle ne fit pas attention à sa question et préféra alors reprendre en énonçant avec fougue :

- Comment elle était ?!

- La trentaine je dirais, les cheveux brun, la peau sombre. C'est elle, n'est ce pas ?

Dès qu'il avait commencé sa description, elle avait su. Les probabilité que quelqu'un répondant à ce nom et en plus à sa description n'était pas un hasard. Christa était en vie. Elle n'était pas très loin. Un morceau de son passé se trouvait à moins d'une centaine de kilomètre d'ici.

Comment s'en était-elle sortie ?

Mais cette question s'effaça alors qu'elle entendit le garçon gémir sous un mauvais mouvement qui relança la douleur dans son ventre. Et tandis qu'elle se remit à observer son ami avec inquiétude, elle ressentit soudain un vif élan de rancœur face à la femme qui avait failli prendre la vie de Jack. Au fond, elle n'avait jamais été proche de Christa comme elle l'était de Jack. Pas après qu'elle l'ait tenu pour responsable de la mort d'Omid.

Et une part en elle se sentait coupable de ressentir de telles émotions vis-à-vis de cette femme qui avait veillé sur elle si longtemps. C'était plus fort qu'elle toutefois. Jack faisait parti de sa vie maintenant. Christa, non.

- Ne parle de ça à personne, d'accord ? Si l'un des soldats, Dalton ou Caldwell venaient à savoir, je suis sûr qu'il mettrait en place un plan pour attaquer leur zone. Un plan qui reposerait en partie sur moi.

- T'inquiètes pas, je ne dirai rien. T'as ma parole.

Et c'était tout ce dont elle avait besoin. Rien de plus.

- Comment t'as réussi à t'en sortir alors ? Elle l'interrogea lui indiquant qu'il ne devait plus parler du sujet précédent.

Jack dût comprendre le message puisqu'il poursuivit son discours :

- Les soldats ont réussit à géré les rôdeurs et quand elle a vu qu'il s'apprêtait à faire feu sur elle, elle est repartit sur la rive Est vers ses compagnons. Les autres sont venus me tirer de là et on a fini par reprendre la route avec l'assurance que le barrage avait bien céder après notre passage. C'était un tel enfer...

- C'est vraiment pas passé loin. Clementine souffla, vraiment ravi que son ami soit encore en vie.

- J'avais de bonne raisons de m'accrocher.

Cette phrase fit écho à celle que Dalton lui avait prononcé plus tôt dans la matinée.

- C'est bizarre... C'est ce que Dalton m'a dit tout à l'heure. Que tu avais des raisons de rester en vie.

- Pas étonnant puisque c'est lui qui a fait en sorte de me donner des raisons de m'en sortir. Il soupira avec une évidente colère en détournant le regard du sien.

Elle l'observa contracter le poing jusqu'à faire blanchir ses jointures.

- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

- Des trucs sur Pablo et Jessy. Mais surtout sur toi.

Il grognait presque entre ses dents sous le souvenir qu'elle ne pouvait qu'essayer de deviner.

- Des saloperies qui ne méritent pas d'être répétées.

« Je veillerai sur eux pour toi »

La dernière phrase du capitaine avant leur départ la percuta de plein fouet.

Il l'avait fait finalement. D'une façon tordu et atypique, il avait réussit à maintenir Jack en vie. Pour la première fois, elle se sentit reconnaissante envers ses méthodes étranges. Mais le sentiment passa bien vite alors qu'elle se rappelait que trop bien sa manière d'agir et ce qu'il pouvait être. Certaines des marques qu'elle avait sur son corps et qui ne disparaîtrait jamais, c'était à lui qu'elle les devait. Cela elle ne l'oubliait pas. Ni la façon dont il avait joué à ses dépends avec AJ quelques temps après son arrivé. Et surtout pas sa façon qu'il avait de la tester selon son bon vouloir.

- Fais attention à lui Clem. Jack la mit en garde avec sévérité. Le laisse pas trop s'approcher. Je crois vraiment qu'il fait une fixation sur toi. Et j'ai l'impression que ça s'intensifie.

Elle avait appris à reconnaître cette aversion lorsqu'elle l'entendait dans la voix des autres. Elle l'avait entendu la première fois dans la bouche de Pablo après qu'il ai assassiné l'homme responsable des sévices perpétrés sur Jessy il y avait presque deux ans maintenant.

Elle n'imaginait pas Dalton comme ça. Même si elle devait avouer qu'elle ignorait pratiquement tout de cet homme difficile à cerner. Elle comptait donc bien écouter les conseils de Jack cette fois encore. Ce dernier avait toujours mis ses intérêts en avant. Elle faisait confiance à son jugement.

- Je resterai sur mes gardes. C'est promis.

Il ne fut pas totalement rassuré mais cela l'aida à le calmer. Après ça, elle dût le quitter alors que leurs dix minutes s'étaient écoulé. Porter vint la chercher et elle dit à l'attention de Jack avant de le quitter :

- Remets-toi vite. Je me sens un peu seul dans notre cellule.

Il hocha de la tête avant que la porte ne se referme.

Elle ne chercha pas à savoir où le soldat la conduisait. Elle le suivit dans le couloir de containers sans rien dire, ressassant inlassablement les événements de ce dernier jour. Tant d'horreurs étaient arrivées. Quand est-ce que tout cela s'arrêterait ?

« Jamais » Elle répondit pensivement à sa propre question.

Dès que l'homme qui se mordillait encore les lèvres les emmena à l'extérieur, en direction du terrain d'entraînements où se trouvaient les cadets, une pensée la traversa. Elle avait besoin de régler ça dès maintenant si bien qu'elle se tourna vers le soldat et appuya fermement sa requête :

- Emmenez-moi voir le commandant s'il vous plaît ?

- Maintenant ? Je ne crois pas.

- Il a dit que je devais me référer à lui pour ce que j'ai a lui demandé.

À vrai dire il avait dit lui et Dalton. Néanmoins, suite aux paroles de Jack, elle préférait maintenant régler cette question directement avec le commandant. Même si un mois plus tôt elle aurait plutôt choisi le capitaine...

Porter soupira sa lassitude et finit par consentir à sa demande.

Une fois entrée dans le bâtiment où se trouvait le bureau de Caldwell et avoir passé le pas de la porte de ce dernier, l'homme d'un mètre quatre vingt dix au moins pria au soldat d'attendre dehors. Pourquoi avait-il toujours l'air si imposant ?

Son visage était toujours dur, la lueur dans ses yeux inquiétante. Elle ne pensait pas qu'il lui était possible de s'exprimer avec compassion.

Il resta assis à son bureau, les coudes appuyés sur le bois du meuble, la guettant de l'œil comme s'il y cherchait quelque chose. Elle en avait assez de cette introspection de sa petite personne et décida de rompre le silence la première en allant droit au but :

- J'aimerais revoir AJ.

Un rictus moqueur apparut sur sa bouche. De son timbre toujours grave, il finit par énoncer :

- Après ce qu'il s'est passé, tu penses vraiment que je pourrais te permettre de revoir le gosse ?

Elle détestait les questions rhétoriques. Elle n'arrivait jamais à savoir les réponses que les autres attendaient. Pourtant, cette fois, elle n'essaya pas de réfléchir et prétexta sereinement :

- Oui. Je n'ai rien fait de mal. Je n'ai brisé aucune règle.

- Rien ne me dit que tu n'as pas donné un coup de main... Vu qu'aucun des deux ne veut plus parler, comment être sûr ?

Comme prévu un peu plus tôt, il avait bien songé à ce qu'elle soit en partie responsable des actions perpétrées par Pablo. Toutefois, s'il avait eu un doute réel sur sa culpabilité, elle aurait été conduite auprès de lui dès son réveil. Sur d'elle, elle proféra :

- J'ai essayé de l'arrêter. J'ai voulu les sauver... Lui, Jessy et Adelina. Vous le savez très bien.

- Pourquoi ne pas être aller chercher un soldat et dire ce qui était en train de se passer ?

- J'ai agi sur l'instinct. Je n'ai pensé à rien d'autre qu'arrêter ce qui allait...

Elle se stoppa puis se reprit avec une pointe d'amertume :

- Je veux dire, arrêter ce qui était déjà arrivé.

Elle ne mentait pas. Certes, elle n'avait pas voulu un instant mettre au courant qui que se soit. Mais la pulsion de sauver cette famille avait surpassé toutes autres possibilité de décisions.

Le commandant sembla alors réfléchir sagement, l'épia de haut en bas comme si un geste dans son attitude aurait pu l'aider à imposer son dernier mot sur le sujet.

- Tu seras autorisée à revoir AJ lors de tes jours repos sauf si tu es assigné à une mission de dernière minute.

Elle acquiesça silencieusement, ne sourit pas à la nouvelle mais la réponse de cette homme la libéra d'un étrange poids.

Car si il y avait une seule et unique chose positif qu'elle pouvait retirer sur ce qui était arrivé à Pablo et Jessy, c'était qu'ils lui avaient ouvert les yeux sur son besoin de renouer un lien avec AJ. Et peu importait le temps qu'il lui restait dans ce monde, à ses côtés, peut-être que la pression de Wellington serait moindre sur les épaules du petit...

Oui, peut-être...


J'espère que cela vous a plu.

Je vous retrouve dans quelques temps pour le chapitre cinq !