Rebonjour !
Comme je l'ai dit à certains, quand j'écris, ou j'écris très vite, ou très lentement… Voici donc (déjà) la suite j'espère qu'elle vous plaira / vous frustrera / vous divertira / ou whatever, je n'en ai rien à faire, du temps que je ne suis pas chiante à lire.
Je vous laisse tout ça, moi je vais dormir parce que c'était très con d'attaquer un nouveau chapitre à cette heure-là…
N'oubliez pas une petite review. Merci beaucoup à tous ceux qui m'ont déjà laissé des commentaires encourageants…
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La route vers leur point de rendez-vous leur prit presque toute la journée. Dean ne parla presque pas, et il ne songea même pas à mettre un peu de Styx tant il était plongé dans ses pensées. Sam lui jetait des regards inquiets de temps en temps, mais finit par se dire qu'ils faisaient un job stressant, et abandonna l'affaire.
Ils atteignirent le petit restaurant dans une petite ville d'un petit comté perdu alors que le soleil se couchait. L'Impala garée, les deux frères sortirent et se dirigèrent vers l'établissement sans un mot.
Le patron semblait considérer l'éclairage comme un luxe inutile, puisque la salle quasi-vide était à peine éclairée par les néons qui pendaient tristement au-dessus des deux tables de billard. Dean regarda à droite, puis à gauche, avant de repérer dans le fond une silhouette immobile. Il s'y dirigea à grand pas, les jambes encore engourdies par leur voyage.
Quand il les vit arriver, le visage de Cas s'éclaira de cette manière si discrète qu'elle aurait pu passer inaperçue. Cette vision arracha un léger sourire à Dean.
- Alors mon pote, qu'est-ce qu'il y a de si important ? J'espère qu'on n'a pas roulé toute la journée pour rien !
Il s'assit en face de lui, et Sam prit la chaise à côté. Puis il se pencha, écoutant avec attention ce que l'Ange voulait leur dire.
De temps en temps Cas hésitait un peu, et Dean ne pouvait pas s'empêcher de s'empresser de l'aider. Sam semblait de plus en plus perplexe, mais restait très professionnel et concentré malgré tout.
Une petite heure plus tard, tout avait été dit. Il aurait du travail à faire ensemble le lendemain, aussi décidèrent-ils de se revoir à la sortie de la ville à l'aube. Ils se levèrent, Dean déposa un billet sur le comptoir que plus personne ne surveillait, il franchirent la porte, puis Cas disparut en un souffle avant que Dean n'ai pu lui parler de ce qui lui importait.
- Bon sang, je déteste quand il fait ça ! pesta-t-il contre le vent, se dirigeant vers l'Impala.
- Tu peux m'expliquer ce que c'était ? lui demanda Sam en le suivant.
- Ce qu'était quoi ?
- Tout ça, dans le restau ! On aurait dit que tu étais ailleurs, mec ! Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?
Dean prit le temps d'avaler sa salive, et profita du moment de répit que lui offrait la manœuvre qu'il avait à faire. Si son boulot même était de mentir, il n'aimait jamais mentir à son frère. Il aurait aimé ne pas avoir à le faire, mais comment lui expliquer tout ça alors qu'il ne se l'expliquait même pas ?
- Je te cache rien, Sammy, si c'est ce que tu crois.
Sam fronça les sourcils, mais n'ajouta rien. Dean arbora un air contrarié sur tout le chemin qui les séparait encore du motel le plus proche.
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Le ciel s'assombrissait de seconde en seconde. Dean baissa des yeux terrifiés vers son père.
- Qu'est-ce qu'il se passe, papa ?
- Les Anges, Dean. Les Anges sont en train d'assombrir toute la terre.
- Je croyais que c'était les démons qui faisaient ça !
- Quels démons ? demanda Sam d'une voix beaucoup trop enjouée.
Dean se tourna vers lui. Il cligna des paupières. Ses yeux devinrent noirs.
- Tu dois le tuer, Dean, fit la voix de John dans son dos.
Il lui tendit un couteau, que Dean saisit sans vraiment réfléchir.
- Mais Sammy…
- On n'a pas le choix, lui dit son père.
- Pas le choix, lui fit écho le démon en son frère en chantonnant.
Les larmes aux yeux, le ciel s'assombrissant toujours, Dean posa une main ferme sur l'épaule de son frère et recula celle qui tenait l'arme, se préparant à frapper.
- Dean.
Une main se posa sur son épaule. Il se retourna, et tout disparut autour de lui. Il se trouvait à présent dans la chambre de motel dont il avait déjà rêvé, et faisait face à Castiel. Le vrai.
Dean passa sa main sur son front en sueur, et prit une profonde inspiration. Il essuya ses paumes tremblantes sur son jean, constatant que le couteau avait disparu de ses mains.
- Normalement je contrôle, mais quand c'est un cauchemar je– je sais pas, je perds tous mes moyens, je–
- Je sais, lui répondit Cas. Je peux capter certaines de tes émotions, Dean. J'ai entendu ta peur. Je croyais que tu étais en danger.
- Un cerveau humain ne pas différencier un cauchemar d'une situation à risques, répondit Dean. Merci en tout cas, ajouta-t-il après une courte pause.
Il ne savait pas pourquoi il avait ce besoin de se justifier, mais ne chercha pas plus loin. Il s'affala sur une chaise, et but une gorgée d'un whisky qui venait d'apparaitre. Quand il releva les yeux, il fut surpris de voir que Castiel n'avait pas bougé.
- Je veux pas te paraitre grossier, mon pote, mais… Qu'est-ce que tu fais encore là ? Maintenant que t'as joué les Batman, tu peux peut-être me rendre mon esprit, qu'est-ce que t'en dis ?
Cas ne répondit pas tout de suite, pensif. Puis il finit par dire lentement, tout en s'asseyant en face de Dean, sur un coin du lit :
- Aujourd'hui… Tu avais l'air de vouloir me dire quelque chose. Mais tu ne pouvais pas le dire, parce qu'il y avait Sam.
Dean haussa les sourcils, impressionné par l'imagination de l'Ange. Il se renversa dans son fauteuil, et commença :
- Pour le coup mec, je pense que–
- C'est par rapport à la nuit dernière, non ? Je me suis dit, vu que tu es toujours collé à ton frère… Peut-être que c'est le seul moyen d'avoir une conversation privée. De venir te voir dans tes rêves. D'autant plus que tu as appris à différencier la réalité de ton imagination, ce qui nous facilite les choses.
Dean ne parlait pas. Il était de toute façon muet depuis le « rapport à la nuit dernière ».
- Dean ?
- Je, oui, pardon. Oui, je voulais qu'on en cause. Ce que tu as vu, Cas…
- Ce n'était pas mes affaires, Dean, je suis désolé.
Dean se tut. Il avait donc raison : Cas n'avait pas du tout remarqué qu'il était l'homme de son précédent rêve. Mais au lieu d'être soulagé comme il aurait dû l'être, il sentit une bizarre boule se former dans sa gorge, amère.
- Ce n'est pas… C'est pas grave, mec. Tu pouvais pas savoir.
Les mots lui écorchèrent étrangement la bouche. Il chercha quelque chose d'autre à dire, pour calmer le froid polaire qui s'était installé sans raison apparente dans sa poitrine.
- Donc, tu peux modifier mes rêves ? Me tirer d'un cauchemar, et tout ?
- Oui, répondit Castiel. C'est très simple à faire.
- Dans ce cas, pourquoi les humains font-ils encore des cauchemars, s'il y a moyen de les éviter ?
Cas haussa les épaules :
- Les Anges s'en fichent un peu, des terreurs nocturnes des humains.
« Toi, tu ne te fiches pas des miennes », songea Dean, et son cœur eut un léger rebond à cette idée.
- Un rêve est contrôlé par des pensées. Quand je suis dans tes rêves Dean, je peux entendre presque tout ce que tu penses. Ça par exemple, je l'ai entendu.
Dean aurait bien aimé être un peu gêné, mais, à son grand étonnement, il ne l'était pas.
- Dans ce cas, tu devrais passer un peu plus souvent quand je flippe dans mon sommeil, dit-il avec un sourire entendu. Me sortir de là.
- Je ne suis pas sûr, lu répondit l'Ange avec ce sérieux presque ennuyeux. J'ai compris hier que tu avais des choses plutôt privées, il me semble, dans tes rêves.
Puis il disparut, au plus grand soulagement de Dean qui n'avait pu s'empêcher de penser avec une ironie teintée de cynisme quelque chose comme « Tu fais partie de ces choses privées, imbécile » et c'était bien les derniers mots qu'il voulait que l'Ange entende.
Il soupira. Son cœur se serra légèrement, alors qu'il songea qu'il avait tiré cette affaire au clair. Il grogna d'incompréhension, et avala cul sec son verre de whiskey à nouveau plein. Au moins dans ses rêves, les boissons n'étaient jamais décevantes.
Et puis, sans raison, une larme coula sur sa joue. Dans sa tête chamboulée, se mêlèrent un court mais puissant instant la colère, le cynisme, et un sentiment d'avoir raté quelque chose. Il l'essuya du revers de la main, fâché par l'incompréhension.
- C'est toi qui a foutu le bordel dans ma tête, Cas, ou quoi ? murmura-t-il pour lui-même.
