Chaaaaapitre 3 !

J'ai tardé, je sais, mais je tiens à rappeler que je passe le bac en ce moment et que c'est donc déjà exceptionnel que j'écrive... J'espère que vous me pardonnerez.

Ce chapitre est toujours pour Mariposa, qui me souffle des idées qui me permettent de faire le contraire dans ma fiction parce qu'on va pas se mentir, ses idées c'est de la merde. (C'est évident pour nous, mais je le précise pour pas que vous ne soyez choqués par mon manque de délicatesse : ceci était une déclaration d'amour)

Merci beaucoup pour toutes vos reviews, je suis très contente de savoir que des gens suivent cette fiction.

Enjoy.

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Le lendemain, tous deux agirent comme si ni la conversation, ni la nuit d'avant n'avait existé. Ce serait mentir que de dire que Dean n'y pensait pas, ceci dit. Parce qu'il y songea quelques fois au cours de la journée.

Il voyait Castiel passer devant une vitrine, et se demandait comment il faisait pour ne pas connaître sa propre image. Il regardait sa cravate, et était persuadé qu'elle était un peu tordue. Son regard tombait sur ses cheveux, et il les trouvait trop immobiles.

Enfin, il y pensait vaguement.

En fait, regarder quelqu'un dans les yeux en sachant qu'on avait fait un rêve avec lui s'avérait beaucoup plus compliqué que prévu. Dean se maudissait, lui et sa prétendue lucidité. Il avait eu le choix. Pourquoi avait-il décidé de continuer ce que le Cas de son imaginaire avait entreprit ?

Le fait que l'Ange puisse à tout moment se rendre compte de la supercherie n'arrangeait rien, évidemment. Dean avait peur de ne pas pouvoir s'expliquer correctement auprès de lui si cela arrivait. Comment le ferait-il de toute manière ? "Hey Cas, je sais que tu es un de mes meilleurs potes et que tu es un Ange alors que je suis humain, mais j'avais envie de coucher avec toi alors je l'ai fait en rêve !"

N'importe quoi.

Et totalement faux, qui plus est.

Mais s'il comprenait ? Réellement, s'il réagissait qu'il était littéralement l'homme avec lequel il avait surpris Dean, que lui dirait-il ?

- Dean, plus besoin de te cacher, j'ai trouvé tout seul.

Le chasseur bondit d'où il était, c'est-à-dire appuyé contre l'Impala.

- Quoi ? Comment ça, comment as-tu...?

Cas se tenait à quelques pas, l'air blasé. Il tenait à la main, enroulée dans un chiffon, une poupée de collection en robe rose. Dean se souvint qu'ils étaient à la recherche d'objets hantés dans la ville, et que Cas ne pensait probablement plus du tout à ces dernières nuits.

- Ah ! fit-il, sincèrement ravi.

- Je ne comprends pas la honte que tu conçois à l'idée d'aller acheter une figurine.

Il le contourna, posa ladite poupée sur la capot de l'Impala, puis disparut.

Dean souffla. Il fallait qu'il arrête de se retourner la tête avec toute cette histoire. Castiel ne comprendrait jamais ce qu'il s'était passé, de toute façon.

Il monta dans l'Impala, sentant avec satisfaction la vieille carcasse de la voiture s'affaisser alors qu'il s'installait au volant. Il démarra, puis partit en direction du prochain objet qu'ils suspectaient.

Il avait laissé Sam s'occuper de la collecte d'informations, et il circulait en ce moment même de maison en maison en tant que Jimmy Renegade, agent fédéral. Il passait régulièrement des coups de fils à Dean, lui transmettant ce qu'il avait de nouveau.

Dean s'enfonça dans son siège, le sourire aux lèvres. Il lança une cassette au hasard, puis commença à fredonner l'air. Il s'en voulait un peu, mais il était de bonne humeur. Oui, ils couraient après des esprits qui avaient pris leurs quartiers dans des objets plus ridicules les uns que les autres, oui ils avaient laissé une poignée de chasseur se débrouiller avec un nid entier de vampires, oui son propre frère l'avait trahit trop de fois pour les compter.

Mais les haut-parleurs crachaient Bohemian Rhapsody, et Dean était de bonne humeur.

Il ne vit Castiel qu'à la fin de la chanson. Il était tranquillement apparu sur le siège passager, et Dean faillit renverser un piéton quand il le remarqua.

- Bordel, Cas !

L'Ange ne répondit pas, il le fixa d'un air poli. Dean arrêta la musique.

- T'as pas moyen d'envoyer un pigeon, avant de débarquer ? Je sais pas, fais sonner mon portable !

- Excuse-moi, dit-il finalement.

Dean ravala sa colère, plus causée par la peur qu'autre chose.

- Ouais, peu importe. Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai récupéré quelques-uns des objets.

Dean jeta un rapide coup d'œil vers lui, et se rendit compte qu'il portait une demi-douzaine d'artefact contre lui : du vinyle au poster, en passant par la boîte à cigare et à des menottes. Dean haussa les sourcils.

- Des menottes ? Sérieux ? Il y a pas mieux, à hanter ?

Cas ouvrit la bouche pour répondre, mais Dean l'arrêta :

- C'était rhétorique mec, laisse tomber. Tu veux bien mettre tout ça sur la banquette arrière ?

Cas disparut un instant, puis réapparut les mains vides.

- Bon, des nouvelles de Sam ? Il a trouvé quelque chose ?

- Je ne crois pas, Dean, c'est toi qu'il est censé–

- Je sais. Je sais, le coupa Dean.

Il appuya sa main sur son front dans un geste nerveux.

- Désolée. Je suis un peu à cran en ce moment.

C'était faux. Dean allait on ne peut mieux pour un chasseur. En vérité, c'était la présence de l'Ange qui le mettait à ce point sur la défensive, et il le savait très bien.

Quelques minutes passèrent en silence. Dean continua de rouler, et Cas ne bougea pas du siège.

- Qu'est ce qui ne va pas ? finit par demander Cas.

- Ce qui ne va pas ? répéta Dean avec un ricanement, plus pour gagner du temps qu'autre chose. Tout va bien, Cas, sérieux !

- Dean...

L'Ange soupira, cherchant ses mots.

- Tu es confus. Il y a quelque chose qui te contrarie.

- Je ne...

Dean se tut. Il savait que nier ne ferait que confirmer les paroles de Cas.

- Laisse tomber. Je ne peux pas... Ne veux pas t'en causer. Pas maintenant.

C'était au tour de Castiel d'être confus. Il savait combien le temps passé auprès des Winchesters l'avait changé, mais son besoin de savoir ce qui tracassait Dean était beaucoup trop fort. Il fronça les sourcils, chercha un instant ses mots, puis fit ce que tout Ange sain d'esprit aurait fait : il disparut.

Dean contempla quelques seconds le siège vide, puis soupira de soulagement. Il ne savait plus comment il allait pouvoir détourner la conversation.

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Dean cligna des yeux. Non, son cerveau ne pouvait pas sérieusement lui infliger ça...

Il était à nouveau dans la chambre de motel. Sur le lit, il y avait Cas. Dans les mains de Cas, il y avait une paire de menottes.

Les mêmes qu'il avait tenu dans la journée, assis dans la voiture.

Dean eut un éclat de rire incrédule, qui se stoppa immédiatement quand le regard de la projection se posa sur lui. Il redevint sérieux, et sa gorge s'assécha. Ses yeux étaient beaucoup trop foncés. Il avala sa salive avec difficulté, tandis que Cas se levait tranquillement. Le chasseur le suivit des yeux, pétrifiés. Il n'avait jamais rêvé deux fois de la même personne. Alors quoi ? Ça ne pouvait pas dire que–

Putain.

Ses lèvres sur les siennes. Toujours ce goût indescriptible. Sa respiration s'accéléra, sa bouche s'égara sur son cou. L'autre gémit. Dean planta ses dents. Posa ses mains sur son menton. Revint vers ses lèvres, repartit. C'était trop bon. Il voulait plus, tellement plus. Les mains de Cas s'accrochaient désespérément à ses cheveux, les décoiffant en tout sens. Dean laissa échapper un grognement contre sa bouche.

Et puis il se rendit compte de ce qu'il faisait.

Il repoussa violemment l'image de Castiel, et se retrouva accroupi dans un coin de la pièce, les mains sur les oreilles.

- Vas-t'en... Vas-t'en...

Il sentit le soleil sur sa peau. L'odeur de la mer. Le sable crisser sous ses chaussures. Il se releva. Il ne connaissait pas ce paysage. Peu importe. Il regarda ses pieds désormais nus, puis commença à marcher sur la plage déserte. Il posa les doigts sur ses lèvres. Il y trouvait encore le goût de la projection.

Il avait cru devenir fou de désir. Jamais un rêve érotique n'avait été si puissant à un stade si peu avancé... Comment était-ce possible ? Était-ce parce que c'était un homme ? Si c'était le cas, si les hommes lui étaient véritablement si attirants, Dean n'aurait pas tenu si longtemps sans coucher avec un.

Il se laissa tomber dans le sable, puis s'allongea. Il faisait nuit. Il resserra ses bras sur sa poitrine, contemplant le ciel étoilé. Il soupira.

- Qu'est-ce qui m'arrive ? murmura-t-il pour lui-même.

- Moi je sais, fit une voix sur sa droite.

Dean se releva sur un coude. Il y avait là Sam enfant. Il ne devait pas avoir plus de treize ou quatorze ans. Il était allongé dans l'herbe, et regardait le ciel. Soudain, Dean réalisa où il était : c'était un énième soir où leur père était absent. Il était sur une chasse au vampire, et n'avait pas donné de nouvelles depuis plusieurs jours. Dean avait dit à son frère qu'il allait bien, mais il était en vérité terrifié à l'idée que quoi que ce soit lui soit arrivé. Alors il l'avait juste emmené en haut de la ville où ils étudiaient tous les deux, sur une colline qui surplombait presque tout. C'était la demi-lune. Dean ne se serait jamais risqué à sortir Sam un soir de pleine lune.

Il s'étaient allongé, et avaient regardé les étoiles toute la nuit. Aucun des deux n'avaient idée de leurs noms, alors il avaient finit par renommer chaque étoile comme bon leur semblait. Les noms les plus stupides y étaient passé, de "la constellation du Bouleau" à "l'étoile du Mouton".

Sam avait finit par s'endormir, épuisé. Dean l'avait soulevé dans ses bras, et l'avait porté jusqu'à la voiture. Il avait alors levé la tête, avait trouvé une étoile qu'ils n'avaient pas nommé, et lui avait donné son nom.

"Papa."

Leur père était revenu deux jours plus tard. Il était amoché, mais il était en vie. Dean avait oublié cette histoire.

- Celle-ci, c'est la constellation des Amants Qui S'ignorent, lui dit Sam en tendant le bras. Il y a l'étoile de l'évidence, l'étoile du déni, l'étoile des heures perdues, et l'étoile de l'amitié.

À l'époque, Dean l'avait taquiné en lui demandant s'il n'était pas amoureux. À la place, il dit seulement, d'une petite voix :

- Tu crois ?

Sam tourna la tête vers lui, le regard brillant.

- Certain ! Quand on fait un vœu à l'une des étoiles des Amants Qui S'ignorent, on rêve de la personne pour laquelle on est faite la nuit suivante.

Son ton blaguait, mais son expression était très sérieuse.

- Fais un vœu, proposa-t-il.

Dean quitta son frère des yeux. Il n'y avait plus que cette constellation dans le ciel. Elle brillait plus fort que n'importe quelle constellation n'avait jamais brillé. Il songea que chaque étoile était un soleil, autour de laquelle il y avait des dizaines de planètes. Peut-être qu'il y avait deux frères sur l'une d'elles, en train de renommer leur Soleil "Étoile des Amis perdus."

Il sourit. Et puis, il fit un vœu.