Bonjour !

Je sais, le bac n'est plus une excuse pour être en retard sur mes chapitres… Mais je ne savais pas comment tourner celui-ci !

Sinon ne vous en faites pas, même si je prends du retard je n'abandonnerais jamais cette fiction parce que je ne le fais jamais, c'est un principe que je respecte en tant que lectrice indignée par le nombre de fictions laissées en plan…

Donc, quatrième chapitre… Merci beaucoup pour toutes vos reviews, j'espère continuer à ne pas vous décevoir… Ce chapitre n'avance pas beaucoup pour Dean, puisqu'il reprend les évènements du point de vue de Cas. Il apportera sûrement quelques réponses.

P.S. : depuis que j'ai posté le précédent chapitre je me suis rendue compte qu'il existait un fanart où Dean porte un Sam d'environ douze ans, exactement comme dans mon chapitre 3 : je ne me suis pas inspirée de cette image si belle soit-elle, aucune accusation de plagiat ne sera tolérée sans un grand coup d'eau bénite en pleine face.

P.P.S. : Mariposa, je compte sur toi pour une review qui a la classe.

O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O.O

Castiel était confus. Et il détestait être confus.

La première fois qu'il avait ressenti ce sentiment, il l'avait amené à se rebeller contre le paradis, son Père, et tout ce qui faisait de lui un Ange.

Alors non, Castiel n'aimait pas se retrouver dans cette posture. Trois jours auparavant, il avait trouvé un cas plutôt grave dans un coin d'un état de la Terre, et il avait voulu en informer les Winchester. Joindre Dean a toujours été plus évident, puisqu'il partageait un lien plus profond avec lui qu'avec n'importe quel humain.

Alors il s'était introduit dans ses rêves. Et c'est là qu'il avait commencé à être déconcerté. Il savait comment, en théorie, les humains se reproduisaient. Il savait que certains d'entre eux mettaient en pratique cette théorie dans un autre but que dans celui de procréer, et il s'était toujours tenu loin de tout jugement impromptu.

Mais là, il s'agissait de Dean. Et il était dans une chambre de motel imaginaire, sur un lit imaginaire, couché sur un homme imaginaire.

Cas avait penché la tête, et froncé les sourcils. Qu'était-il censé faire ? Interrompre serait probablement malpoli.

La main de Dean avait lentement glissé sur le torse de l'homme, de la base du cou vers son pantalon. Celui-ci s'était cambré en poussant un râle. Cas avait tout d'abord pris ce son pour de la douleur, mais s'était souvenu que, d'après l'excellent film avec le livreur de pizza qu'il avait vu, il portait un tout autre sens dans un tel contexte.

La main de Dean s'était glissée dans le pantalon de l'autre. Cas s'était senti de plus en plus mal à l'aise, chose rare chez un Ange. Il avait détourné le regard, les joues très légèrement chaudes, et avait contemplé la pièce. Sur le sol il y avait les habits de l'homme, et la veste ainsi que le tee-shirt de Dean. Apparemment, l'homme sous Dean avait porté une chemise, une veste noire, une cravate bleue, et un trench coat beige.

Cas avait plissé les yeux. Il était presque sûr de connaître ces habits... Dean était-il en train de rêver de quelqu'un que l'Ange connaissait ? Il reporta son regard sur celui-ci, dont le front perlait de sueur. Il avait des cheveux bruns ébouriffés, et une très légère barbe. Il avait l'air à la fois jeune et très, très vieux. Il avait ouvert un court instant les yeux, et Castiel avait pu voir qu'ils étaient d'un bleu clair, si intense qu'il pouvait le voir d'où il était.

Cet homme, il le connaissait, il en était presque certain. Comment un visage pouvait échapper à sa mémoire divine ? Un Ange n'oublie presque jamais ce qu'il voit. Cas était contrarié.

Ne bougeant toujours pas de l'endroit où il s'était projeté, devant la porte imaginaire, il avait posé son regard sur Dean. Il était torse nu, et se trouvait un peu plus bas que l'autre homme. Sa tête reposait contre son torse, et il avait les yeux fermés. Malgré la sueur qui recouvrait son visage et la concentration qu'il mettait dans peu-importe-ce-qu'il-faisait-avec-sa-main, ses traits étaient étrangement apaisés. L'expression de Cas se fit plus douce, tant il était attendri. Il n'avait jamais vu Dean si à l'aise, si détendu. Il se reposait, laissait aller toutes ses responsabilités, ainsi calé sur le torse de son amant imaginaire.

C'était à ce moment que Dean avait ouvert les yeux. Il l'avait vu. Castiel avait redressé la tête, et l'avait fixé droit dans les prunelles. Il ne savait pas vraiment ce qu'il convenait de faire dans ce genre de situation, alors il n'avait pas bougé.

- Dean ? avait-il quand même demandé.

Après quelques secondes de battement, Dean s'était repoussé avec violence du lit, et s'était relevé en s'équilibrant comme il le pouvait. Cas l'avait suivi du regard, le visage impassible.

- Cas ! s'était-il exclamé.

Il avait jeté un œil à la silhouette sur le lit, qui s'était relevé sur ses coudes, puis son regard était revenu sur Cas.

- Dean, je...

Retrouver la raison de sa venue lui avait pris quelques instants.

- Je suis désolé de débarquer comme ça. J'ai des informations de première importance à vous transmettre.

- Cas...

Dean avait l'air embarrassé. Plus qu'embarrassé, il était mortifié. Il avait passé sa main sur son visage, et avait attrapé son tee-shirt sur le sol.

- On avait parlé de tout ça. Que tu évites de débarquer dans mes rêves, et tout.

- Je sais. Mais il y a urgence, et je suis surveillé. Je... Termine tout ça si tu veux, mais rendez-vous dans tu-sais-quel-restaurant dans la journée.

Cas n'aimait pas l'ambiance qui régnait. Il ne comprenait pas l'embarras de Dean, et les cas où il ne comprenait pas étaient aussi rares que de mauvaise augure. Ils s'étaient fixés quelques instants en chien de faïence, puis Castiel avait fini par déclarer avec le plus de neutralité dont il était capable :

- Je vais y aller. Si je maintiens la connexion, ils pourront me repérer.

En vérité, Castiel aurait tout à fait pu se permettre de rester une dizaine de minutes de plus ; mais il n'aspirait qu'à fuir ce rêve.

Les Winchesters étaient venus au rendez-vous. Dean ne s'en était probablement pas rendu compte, mais il manifestait un intérêt et une implication dans l'affaire qui ne lui ressemblaient pas ; c'était au-delà de son professionnalisme habituel.

Tandis que les chasseurs se rendaient dans le motel le plus proche, Castiel s'était transporté sur le toit le plus haut de la ville, à deux ou trois étages à peine. Il s'était assis sur le point culminant de la toiture, et avait réfléchi. Il avait réfléchi à l'enquête, au crédit que son Père apporterait à tout ça, aux affaires du Paradis ; bref, il avait pensé à tout sauf au sujet de Dean, qu'il évitait soigneusement.

Il n'était pas à l'aise avec l'attitude du chasseur, qui était trop incompréhensible pour lui. Comme s'il craignait que Castiel ne comprenne quelque chose. Mais quoi ? S'il détenait une information importante, il la lui aurait donné il y avait un bon bout de temps ; et puis il était meilleur menteur que ça.

Au bout de quelques heures, alors que la lune était à mi-course au-dessus du village, une émotion violente avait vrillé le crâne de Cas. Il s'était penché en avant, tous les muscles tendus, serrant ses tempes entre ses mains. Il maudit le fait d'être dans un vaisseau, ce qui limitait certaines de ses capacités ; notamment celle de recevoir des ondes télépathiques.

La peur lui avait saisi les entrailles. Une terreur sans nom, une terreur bestiale et primitive. Cas savait que l'émotion ne pouvait pas venir de lui, car un Ange ne ressentait pas les émotions de cette façon. Il avait réfléchi à toute allure, sentant son vaisseau humain commençant à réagir à la peur et ses muscles se bloquer.

L'émotion, vue sa puissance, ne pouvait provenir que d'une source proche – tant physiquement que psychiquement. Finalement, une seule source correspondait : cette terreur ne pouvait venir que de Dean. De plus Cas avait déjà ressenti les émotions du chasseur de cette façon, lorsqu'il était assez proche et que ses sentiments étaient assez puissants.

Dean courait donc un danger assez grave pour qu'il émette une terreur suffisamment forte pour atteindre l'esprit de Castiel. Il devait absolument l'aider. Il s'était concentré sur lui, et s'était transporté auprès de lui.

Dès qu'il avait atteint sa destination, il s'était mis en position de combat ; avant de se rendre compte que quelque chose clochait. Il était dans une chambre de motel dont toutes les lumières étaient éteintes, et Dean était endormi. Cas s'était un peu approché. Les draps avaient glissé de son corps agité, et toute sa peau était recouverte de sueur.

- Mais Sammy… avait-il gémit avec un frisson qui avait parcouru tout son corps.

Castiel savait que les humains expérimentaient parfois de mauvaises expériences dans leurs rêves. Le terme pour désigner ces situations, « cauchemar », était même devenu une expression populaire pour désigner ce qui se rapprochait du pire.

Le fait que « le pire » dans l'esprit de Dean concernât son frère ne l'étonnait pas. Dean avait eu un nouveau frisson. Le regard de Castiel était passé sur son poing serré aux jointures blanches, pour glisser sur son torse trempé de sueur. Il tremblait de tous ses membres. Cas avait froncé les sourcils de dépréciation, en entendant un gémissement de douleur sincère s'échapper des lèvres de Dean. En instant il avait pris une décision, et s'était transporté dans son rêve.

Dean avait sa main gauche fermement accrochée à l'épaule de Sam, et il tenait de l'autre un long couteau qui reflétait le ciel gris foncé. Il avait reculé sa main pour frapper, mais Cas avait posé la sienne sur son épaule pour l'arrêter.

- Dean.

L'intéressé s'était retourné, et le décor autour d'eux avait changé en un clin d'œil. Jetant un regard autour de lui, Castiel avait su qu'ils étaient à nouveau dans la chambre de motel où il avait pour la première fois trouvé Dean dans une position embarrassante. Il n'avait pas fait de commentaire.

Dean lui avait dit quelques mots sans importance, tentant de se justifier Cas avait fait de même. Puis le chasseur s'était affalé dans un fauteuil, et avait fait mine d'avoir oublié la présence de l'Ange. Castiel avait parfaitement compris qu'il s'agissait d'un indice plutôt clair qui signifiait « ton travail ici est fait », d'autant plus qu'il avait enfoncé le clou en le lui disant quelques instants plus tard mais plus il réfléchissait plus il se rendait compte qu'il n'était pas ici que par le hasard des rêves de Dean. Il voulait se retrouver seul avec Dean.

Alors il s'était assis en face de lui, sur le rebord du lit, et avait commencé :

- Aujourd'hui… Tu avais l'air de vouloir me dire quelque chose. Mais tu ne pouvais pas le dire, parce qu'il y avait Sam.

Dean s'était reculé dans son fauteuil. Il avait tenté de reprendre la parole, mais Castiel avait insisté :

- C'est par rapport à la nuit dernière, non ? Je me suis dit, vu que tu es toujours collé à ton frère… Peut-être que c'est le seul moyen d'avoir une conversation privée. De venir te voir dans tes rêves. D'autant plus que tu as appris à différencier la réalité de ton imagination, ce qui nous facilite les choses.

Castiel ne se rendait compte que maintenant que c'était la réelle raison de sa venue. Il devait mettre tout ça au clair avec lui, parce qu'il lui semblait que quelque chose de plutôt grave s'était passé.

- Dean ?

- Je, oui, pardon, avait répondu Dean. Oui, je voulais qu'on en cause. Ce que tu as vu, Cas…

L'Ange n'aimait pas l'embarras que montrait le chasseur. Il l'avait alors coupé, désireux de finir cette conversation :

- Ce n'était pas mes affaires, Dean, je suis désolé.

Dean avait marqué quelques secondes de pause. Il avait avalé sa salive, évitant le regard de Castiel.

- Ce n'est pas… C'est pas grave, mec. Tu pouvais pas savoir.

Dean avait tenté de relancer la conversation sur autre chose, mais Cas avait bien vu que les choses clochaient encore. Il s'était trouvé mécontent de la tournure des choses. Il avait fini par quitter le rêve en hâte, puis avait laissé la chambre de motel pour retourner se percher en haut du toit. Dans le lointain de son crâne il sentait la confusion et la colère, le dégoût, la frustration de Dean. Il s'y était joint.

Le lendemain il avait encore tenté de tirer des explications de Dean, mais tout ce qu'il avait pu obtenir était la confirmation qu'effectivement, quelque chose le tracassait. Castiel aurait pu utiliser ses pouvoirs pour lire dans son esprit ou faire quelque chose de similaire pour récupérer des informations, mais c'était probablement la pire chose à faire en la situation. Alors il s'était résigné à attendre que Dean les lui donne de son plein gré, et avait supporté son laconisme pendant la journée.

Quand la nuit était arrivée et que les Winchesters étaient retournés à leur motel, Cas s'était appuyé contre le mur d'une ruelle et avait dirigé toutes ses pensées vers Dean, pour tenter de récolter les émotions de ses rêves.

Pendant quelques minutes, tout ce qu'il avait pu ressentir était le désir sexuel, brut, pur, violent. Le même qui se dégageait de sa silhouette lors de la première nuit. Puis tout s'était stoppé d'un seul coup. Il y avait eu le tourment, les questions. Puis l'apaisement. La nostalgie. L'attendrissement. La mélancolie.

Au bout de quelques minutes de rêve, Castiel s'était rendu compte que son vaisseau ressentait beaucoup plus physiquement que la normale les émotions qu'il captait. Accablé, il avait dû à un moment donné s'assoir sur le rebord du trottoir. Puis un sourire avait couvert les lèvres de son vaisseau, et bientôt une larme avait coulé le long de sa joue.

Cas était intrigué. Les émotions qu'il recevait le touchaient en vérité plus loin que son vaisseau. Elles s'infiltraient, trouvaient la source, cherchaient encore, déterraient, et venaient toucher sa Grâce même.

Alors Castiel s'était mis à être accablé, à sourire, à pleurer avec son vaisseau et avec Dean. Ce n'était pas une mauvaise sensation. C'était à la fois terrifiant et superbe par sa nouveauté.

Avec le soleil se levant, le rêve de Dean s'était estompé. Castiel avait émergé comme une bulle de savon explosant. L'atterrissage avait été plutôt brutal.

Il n'avait jamais ressenti les émotions aussi profondément que ça, presque humainement. Il ne comprenait pas pourquoi c'était arrivé. Etait-ce à cause de la force du lien qui l'unissait à Dean ? Etait-ce leur proximité ? Cas était désireux de faire la même chose avec un autre humain, pour essayer de comprendre.

Il s'était transporté un peu plus loin dans la ville. Il y avait là, au premier étage d'une maison, un bambin dans un berceau. Il était encore profondément endormi, alors Cas s'était assis sur le rebord du trottoir qui longeait la maison. Les enfants possédaient les pensées les plus puissantes et les émotions les plus marquées, alors il s'était plongé dans l'esprit du gamin sans hésitation.

Il avait entendu chaque sentiment, chaque peur et chaque bonheur. C'était pur et primitif, exactement comme son langage.

Mais ils ne résonnaient pas en Cas comme ceux de Dean l'avaient fait. Il avait réitéré l'expérience à d'autres endroits, avec des personnes de différents âges et de différentes croyances, mais rien à faire : personne ne lui faisait ressentir les émotions tel que le faisait Dean Winchester.