Disclaimer : Shingeki no Kyojin est la propriété de Hajime Isayama

Chapitre 8 : It's a place of trust, I can meet you there

Un ange passa, personne n'osait faire le moindre mouvement, cligner des yeux et encore moins dire quelque chose. Christa aurai pu rester encore de longues minutes à fixer Jean, ainsi que Sasha, Connie et Armin – qui se tenaient un peu en retrait – si Tim ne l'avait pas bousculer pour passer et et se jeter dans les bras de l'adolescent aux cheveux bicolores.

-Cousin !

Il était vrai que les deux petits rescapés avaient annoncé qu'il leur restait de la famille à Trost, mais elle n'avait jamais pensé qu'il puisse s'agir de lui, et à en voir sa réaction, lui non plus ne s'attendait pas à la retrouver là.

La dernière fois que Christa avait vu Jean, celui-ci venait de faire une mauvaise chute, mais il semblait aller mieux, la bosse sur son front avait disparu.

Tout le petit groupe semblait s'être remis de leur dernière expédition en dehors des murs, du moins extérieurement, la trahison de leurs camarades avait sans doute laissé des séquelles plus profondes, impossible à voir à l'œil nu.

Et dans tous les cas, que la guérison soit partielle, entière ou complètement inexistante, la petite blonde éprouvait un malaise certain devant ses coéquipiers, ses anciens coéquipiers, après tout, la dernière fois qu'elle les avait vu, elle les considérait comme des ennemis.

Sasha lui fit un sourire maladroit.

Ils auraient pu rester là à se regarder en chiens de faïence pendant plusieurs heures si Elsa ne s'était pas manifestée à son tour. Jean était désormais submergé par des gosses qui cherchaient à attirer son attention en tirant, soit sur sa manche, soit sur le bas de son pantalon.

-Jean faut que je te raconte ! s'exclama Tim en zozotant, un titan a voulu nous attraper moi et Elsa, mais Christa est arrivée et nous a sauvé, elle est géniale et elle a son propre titan qui lui obéit et il est génial aussi, c'est comme si elle avait un chien savant, sauf que c'est plus grand et que...

-Un titan ? Il veut parler de...commença Jean en reposant le petit garçon sur le sol.

Christa l'interrompit aussitôt.

-Oui, mais vous ne préférez pas rentrer à l'intérieur pour me dire ce que vous faite là ?

Elle était autant gênée qu'intriguée par leur présence mais si ils étaient arrivés jusqu'ici, c'est qu'on les avait laissés passer, ce qui faisait d'eux leurs invités, or elle avait appris à ne pas laisser ses invités patienter trop longtemps sur le seuil.

En laissant passer Sasha et Connie, elle remarqua que celui-ci laissait sa main sur le dos de son amie.

Parce qu'elle pouvait toujours considérer Sasha comme son amie, n'est-ce pas ?

-Ymir n'est pas avec toi ? Demanda Armin en lançant des coups d'œil furtifs à droite et à gauche.

Le jeune stratège faisait parti des nombreuses personnes a avoir été victime de l'horrible personnalité de la grande brune et Christa ne pouvait pas le blâmer pour sa nervosité. A vrai dire, Ymir se montrait agréable envers très peu de monde, quasiment personne pour être exacte, la seule personne pour qui elle faisait une exception c'était elle.

Et Christa n'avait aucune idée de pourquoi Ymir agissait différemment avec elle, à moins que...

Non. Hanji était une scientifique exubérante qui s'enflammait un peu trop rapidement, elle se trompait probablement en affirmant que...

Ils déclinèrent tous sa proposition de boire quelque chose, quelque chose signifiant dans ce cas un verre d'eau ou une tasse de café, malgré une certaine souplesse la ferme restait un base militaire, pas un hôtel.

Et pendant ce temps Tim continuait à raconter sa vie dans le camp, imperturbable, ignorant ses aînés qui se regardaient en chiens de faïence

-Et il y a cette autre fille qui disparaît parfois pendant plusieurs heures avec Hanji, Hanji c'est le chef, c'est une scientifique aussi et elle est gentille, alors que la fille est méchante avec moi, je l'aime pas, mais Christa l'aime bien puisqu'elle lui fait tout le temps des câlins et...

Christa se sentit affreusement gênée en entendant le petit garçon décrire la façon dont elle se comportait avec Ymir, elle lui faisait autant de câlins que ça ?

Les autres allaient penser qu'elle et Ymir...Une seconde ! Elle n'avait aucune raison d'être gênée puisque c'était faux de toute manières.

Connie, gardant toujours une main sur le genou de Sasha, se pencha pour lui murmurer à l'oreille.

-Il ne sait pas...

La petite blonde secoua négativement la tête.

-Non, elle refuse qu'ils le sachent.

Le numéro huit fronça les sourcils dans un signe de réflexion intense mais ne dit rien.

La petite noble tenta une fois de plus de s'adresser à la tablée tandis qu'elle attrapait Elsa qui venait de faire pour la énième fois en avançant sur ses mains et ses genoux.

-Sinon vous êtes venus pour quoi ?

-On nous a donné une mission d'escorte de civils en nous disant qu'il fallait les conduire à Trost, mais je ne savais pas que je les connaissais et encore moins qu'on allait vous retrouver ici toutes les deux, j'ai entendu que vous vous étiez enfuies, répondit Jean.

La concernée se gratta la joue nerveusement.

-On a essayé mais ça a mal tourné et...

Rien qu'en y repensant elle ressentait l'haleine viciée de son agresseur, réentendait son cri d'agonie, revoyait ses derniers instants.

Elle préféra changer de sujet.

-Eren et Mikasa ne sont pas venus avec vous, comment vont-ils depuis...

Depuis cette dernière mission de sauvetage qui avait bouleversé la vie de tous le petit groupe.

Armin se tourna vers elle en la regardant d'un air penaud.

-Désolé, on ne peut rien vous dire, ni à toi ni à Ymir. Interdiction de vous révéler quoi que ce soit à sujet avant d'être certains que vous êtes de notre coté, il serait regrettable que des informations confidentielles soient utilisées contre nous ou à mauvais escient.

La bouche de Christa se tordit silencieusement pour former un « oh ».

Ainsi on ne leur faisait plus confiance, on les considérait comme des traîtres potentiels, Ymir était un titan infiltré et elle sa fidèle compagne prête à trahir l'humanité par...par quoi d'ailleurs ?

Sasha avait toujours cette demi-risette, demi-grimace sur la figure.

Christa accueillit l'arrivée de Hanji avec soulagement, maintenant que la chef d'escouade était là, elle allait pouvoir prendre le relais, après tout c'était elle qui dirigeait les opérations ici.

La scientifique salua chaleureusement les nouveaux venus, prenant le temps de demander ce qui s'était passé à la base des explorateurs depuis qu'on lui avait assigné une mission de baby-sitting pour titan, bon ce n'était pas vraiment du baby-sitting à proprement parler, mais parfois elle en avait l'impression.

-Par contre, il ne reste plus de chambre pour vous donc vous allez devoir vous installez chacun dans une chambre qui est déjà occupée, précisa-t-elle après avoir échangé quelques banalités avec eux.

Sasha fut la plus prompt à réagir.

-Christa, je peux m'installer avec Ymir et toi ?

Pourquoi avait-elle dit ça comme si c'était une évidence que Ymir et elle occupaient une chambre commune ?

La petite blonde bafouilla sa réponse mais accepta tout de même, l'empressement de la jeune chasseuse d'aller poser ses affaires lui donna le désagréable impression qu'on cherchait délibérément à l'écarter.

Une fois dans la cave, l'expression sur le visage de Sasha changea, tirant désormais plus sur le sourire que sur la grimace.

-Alors, Ymir et toi vous en êtes où ?

Christa ne comprenait pas, du moins elle n'était pas sûre de comprendre.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

-Ymir est comment au lit ?

-Ben, elle parle pendant son sommeille, mais ça tu le sais déjà puisque tu partageais un dortoir avec nous...

Les lèvres de la petite noble formèrent de nouveau un « oh » silencieux quand elle comprit qu'elle s'était complètement fourvoyée sur le sens de la question de sa camarade.

-Mais pourquoi tout le monde est persuadé que nous couchons ensemble ?

-Parce que vous êtes deux copines qui ont dû surmonté un tas d'épreuves après avoir révélé leurs secrets respectifs et qui occupent une chambre commune à l'écart des autres, n'importe quel autre couple dans une situation semblable en aurait profité pour...

-Sasha, arrête ça, je ne suis pas en couple avec.

-Mais tu as envie de l'être ?

Christa soupira, elle ne savait plus quoi penser. Il était vrai que parfois – lorsqu'elle posait ses yeux sur Ymir – elle s'imaginait pousser l'adolescente aux éphélides contre un mur et capturer ses lèvres, et il y avait ces fichus rêves qui faisaient bouillir son sang...

Sauf qu'elle ne pouvait pas, elle ne pouvait juste pas...Elle n'en avait pas le droit.

-Je n'ai pas envie d'en parler, changeons de sujet. Vous avez l'air de vous êtes sacrément rapprochés avec Connie.

-C'est si flagrant ?

-Un peu, oui.

-Après votre retour à l'intérieur de Rosa, ils nous ont accordé un congé de trois jours, un vrai cette fois, Connie était effondré à cause de ce qui est arrivé à son village et à sa famille et...

En écoutant Sasha raconter ce qu'elle avait manqué, Christa avait l'illusion que tout était de nouveau comme avant, elle n'était plus la fille cachée d'un puissant noble mais de nouveau un soldat comme les autres. Seulement, de temps en temps, la jeune chasseuse – se rendant compte qu'elle s'approchait d'un point sensible et top secret – s'arrêtait de parler ou se mettait à bafouiller. Brusque retour à la réalité.

Sasha ayant terminé son récit, Christa comprit que c'était à son tour de raconter ses péripéties. Le début fut quelque peu laborieux, mais au fil du récit, phrase après phrase, événement après événement, sa narration devint plus fluide, plus naturelle. Son aînée grinça des dents lorsqu'elle entama le chapitre de l'enlèvement et en particulier le moment où – pour éviter que Ymir ne se prenne une balle dans la tête – elle avait été sur le point de s'offrir au chef du réseau criminel.

-Oh Christa ! Ne me dit pas qu'il a...

-Il n'a pas eu le temps, Ymir s'est transformée et l'a tué avant.

Christa se remémora la couleur du sang, l'odeur de la mort, le bruit des os brisés, la senteur de la peur...

Ses mains se crispèrent sur l'oreiller de Ymir qu'elle avait pris dans ses bras sans s'en rendre compte en débutant son récit. L'odeur de la grande brune avait imprégné le tissu. Christa trembla.

Elle se laissa faire quand Sasha l'attrapa doucement et la tira contre elle. Posant sa tête sur son épaule et caressant doucement ses cheveux couleur d'or, la plus grande murmura d'une voix douce :

-C'est fini maintenant, c'est fini.

Le numéro dix de la 104ème session – sur le point de craquer – renifla bruyamment. La petite recrue avait honte de ce qu'elle considérait comme une faiblesse, cela faisait presque quatre ans qu'elle s'était engagée dans l'armée, bientôt six ans qu'elle avait vu pour la première fois quelqu'un mourir sous ses yeux. Pourtant certaines choses continuaient à la rendre malade.

Sans la moindre explication Sasha s'éloigna, Christa en comprit la raison seulement après avoir pivoté légèrement la tête.

Ymir était là. Debout sur la dernière marche, fixant Sasha d'un air blasé et fatigué.

Visiblement la venue des autres recrues ne lui plaisait guère. Les deux autres filles la connaissait suffisamment pour savoir que lorsqu'elle était de mauvaise humeur il fallait mieux s'en approcher le moins possible.

Aussi Sasha se contenta-t-elle de la saluer nerveusement, de loin, d'un simple geste de la maison.

Ymir s'essuya le nez avec sa manche, Christa eut juste le temps d'apercevoir une goutte de sang qui s'évapora aussitôt. En l'observant plus attentivement la petite blonde se rendit compte que sa camarade portait les marques d'un changement de forme récent, or si il y avait bien une chose qu'elle avait appris ces derniers jours c'était qu'après un long moment passé dans sans corps de titan l'adolescente avec les taches de rousseur avait tendance à être d'une humeur massacrante, déjà qu'elle n'était pas facile à vivre en temps normal...

Sans que la moindre syllabe ne soit prononcée, l'adolescente taciturne fit comprendre au numéro neuf qu'elle était de trop, la porte de la cave se referma derrière Sasha dans un léger claquement.

-Ça ne pouvait pas durer éternellement, murmura Ymir en passant délicatement la main dans la chevelure claire de sa cadette.


Christa replia correctement la manche dépliée de Ymir qui était assise à coté d'elle comme à son habitude. La petite déesse était parvenue à convaincre son amie de l'accompagner et de remonter avec elle pour dîner avec les autres, malgré l'envie clairement affichée de la grande brune de ne pas se mêler aux autres.

Maintenant qu'elle y repensait, le titan-shifter n'était pas seulement d'une humeur massacrante après une séance avec Hanji, non, elle avait aussi la fâcheuse habitude ces soirs là de ne pas la quitter d'une semelle et d'être étrangement possessive.

Et la grande brune ne se gênait pas pour lui faire savoir qu'elle préférerait retourner dans leur chambre en sa compagnie pour passer du temps seule avec elle plutôt que de rester jouer aux cartes avec les autres.

Ymir soupira d'ennui, son souffle vint chatouiller l'oreille gauche de Christa. Celle-ci manifesta aussitôt son mécontentement.

-Ymir arrête-ça ! On dirait un vrai gosse, si t'es fatigué tu n'as qu'à aller te coucher.

Le gosse en question lui répondit en prenant un air ronchon.

Connie tenta de masquer son fou-rire derrière son jeu, mais le bruit caractéristique n'échappa pas à la grande brune qui le foudroya du regard . Le petit chauve déglutit, persuadé qu'il venait de signer son arrêt de mort.

-Ymir, sois gentille, murmura Christa en lui caressant le bras.

La petite déesse avait l'habitude d'être particulièrement tactile avec le titan-shifter lorsque celui-ci était énervé après avoir remarqué un jour que cela le calmait. De ce fait elle s'était débrouillée tout le long de la soirée pour avoir toujours, soit sa main sur celle de son amie ou sur son bras, soit son genou appuyé contre, et puis elle devait avouer qu'elle apprécier le contact de la peau de l'adolescente aux éphélides sous ses doigts, sous sa paume...

En y réfléchissant, la proposition implicite de Ymir de retourner dans la chambre pour câliner en prétextant un coup de fatigue pour câliner un peu était assez tentante mais, elle pouvait déjà imaginer ce que diraient les autres, ce qu'ils en penseraient...

Or Christa tenait vraiment à les persuader, et à se persuader, qu'elle était normale, du moins autant que pouvait l'être l'enfant illégitime de la puissante famille Reiss, et que Ymir était également normale, du moins aussi normale que pouvait l'être une adolescente capable de se transformer en géant dévoreur d'êtres humains.

Alors elle accepta de faire une partie supplémentaire.

Jean proposa de pimenter un peu le jeu en instaurant une nouvelle règle stipulant que celui qui possédait le jeu le plus faible et qui par conséquent la manche devait se dévêtir d'une partie de sa tenue.

Mais, de la même façon qu'on leur avait interdit de parier leur argent – même si cela était fréquent pour les recrues de jouer ainsi lorsque aucun officier n'était là pour les surveiller – quelqu'un intervint pour les en empêcher.

Il était probable que leurs supérieurs ne voulaient pas donner une image négative des bataillons d'exploration à Tim et Elsa qui, exceptionnellement, avaient eut le droit de veiller un peu plus tard.

Enfin, ça risquait de ne plus durer encore longtemps, le petit garçon avait la fâcheuse manie de tourner autour des joueurs et de divulguer les cartes des uns et des autres et surtout celles de Jean et Connie. Évidement, les deux adolescents n'apprécient guère que tout le monde puisse savoir qu'ils avaient cette « carte avec ce drôle de gus qui portait une couronne » ou cette autre « carte sûrement très faible et certainement pour les filles puisqu'il y avait qu'un cœur dessus ».

-Tim, assied-toi et arrête de me tourner autour ! fulmina Jean en obligeant son cousin à s'asseoir.

-Mais je m'ennuie, se plaignit le garçonnet.

-Je t'ai proposé de jouer avec nous.

-Votre jeu est trop compliqué, j'y comprend rien. Je veux jouer aux dames comme je le fais avec William lorsqu'il vient nous visiter...

-Son grand frère, précisa Jean qui avait remarqué les regards interrogateurs de ses camarades.

Le petit garçon reprit aussitôt la parole, légèrement agacé d'avoir été interrompu.

-Il avait eu une permission car il était malade, il venait juste de se disputer avec Père quand...

Il s'interrompit. La plupart du temps il était joviale et insouciant, cependant, parfois le souvenir d'avoir perdu la quasi-totalité de sa famille lui revenait en pleine face avec une cruauté redoublée.

Jean le prit contre lui.

-Il est tard, c'est pas le moment de penser à ça.

Mais Tim était lancé, incapable de s'arrêter, victime d'un besoin soudain de mettre de mettre des mots sur ce qui s'étaient réellement passé ce jour là.

-William est sorti énervé, puis il s'est transformé en titan.

La partie de poker fut définitivement oubliée.

Le soldat à la chevelure bicolore se remit aussitôt sur ses pieds et marcha vers Ymir qu'il obligea à se lever.

-Je me fiche des accords que tu as fait avec Hanji ou avec je ne sais qui, mais si tu sais quelque chose dis le, tu n'as pas le droit de garder ces informations pour toi.

Il ne faisait que trois ridicules centimètres de plus qu'elle et malgré toute sa volonté d'être impressionnant et d'avoir des réponses il n'était guère convaincant.

« Lache-moi et fous-moi la paix » fut la seule réponse qu'il réussi à obtenir du titan-shifter qui se sentait agressé.

Et il se passa ce que Christa craignait depuis que la grande brune avait fait son apparition en fin d'après-midi. Ymir écrasa violemment le pied de Jean et le bouscula pour passer. Elle se dirigea vers la porte extérieure – probablement avec l'intention de sortir prendre un bol d'air frais – mais

fut immédiatement stoppée.

-Recrue, tes heures de sortie sont passées, reste ici.

L'adolescente taciturne fit demi-tour en fulminant et foudroya le groupe qui la regardait en attendant sa réaction. Elle fit le chemin en sens inverse et avança jusqu'à l'escalier conduisant à la cave, elle se retourna une dernière fois.

-Vous m'emmerdez...

Elle regarda plus particulièrement Christa.

-...Tous.

La porte claqua dans son dos.

Ymir venait à peine de quitter son champ de vision que la petite blonde sentit immédiatement les larmes lui venir aux yeux.

Jean massa son pied endolori en maugréant à des noms d'oiseaux à l'égard de la responsable entre ses dents.

-Cette fille est dangereuse et agressive, je ne comprends pourquoi pas vous la laissez se promener librement comme si elle était une personne normale. Bon sang ! On ne sait même pas si elle de notre coté, elle a peut-être l'intention de nous poignarder dans le dos, c'est un danger pour les autres, râla-t-il une fois suffisamment calmé pour prononcer autre chose que des insultes.

Hanji fit signe à l'un de ses subordonné d'accompagner Tim et Elsa jusqu'à leur chambre et replaça ses lunettes qu'elle venait de frotter avec un chiffon sur son nez.

-Je lui ai demandé de quelle coté elle était.

La scientifique attendit quelques secondes avant de poursuivre, sûrement délibérément.

-Elle m'a répondu qu'elle était du coté de Christa.

La concerné dont les yeux bleus étaient encore inondés de larmes hoqueta de surprise.

La scientifique poursuivi, sentant toute l'attention braquée sur elle et, surtout, que le public n'était pas satisfait.

-Sinon pour la question de son agressivité, je pense que tu es en partie responsable de ce qui t'es arrivé mon cher Jean, tu l'as fréquenté pendant trois ans, tu aurais du te douter qu'elle ne se serait pas laisser impunément faire en agissant ainsi avec elle. L'attraper par le bras pour la contraindre n'était pas une super idée. Mais sinon, il est vrai qu'elle a du mal à vivre avec les autres, son manque de sociabilité s'explique sans doute en grande partie par les soixante années qu'elle a passé sans contact humain.

-soixante ans sans contact humain, répéta aussitôt Christa avec automatisme.

Ymir, sa Ymir avait passé plus d'un demi-siècle sans le moindre contact humain, maintenant elle comprenait le comportement parfois étrange qu'avait le titan-shifter au début de leurs trois années de formation, pourquoi il lui reniflait les cheveux, pourquoi il sursautait quand c'était elle qui prenait l'initiative de le prendre dans ses bras...

Christa se releva, comme guidé par une force mystérieuse qui guidait ses faits et gestes, elle devait la voir, elle devait voir Ymir, maintenant.

-Il faut que j'aille lui parler, donna-t-elle comme unique explication.

Le sol de la cavé était froid sous ses pieds, Ymir était allongé à plat ventre sur son coté du lit, la tête cachée sous son oreiller. Elle avança sur la pointe des pieds et appela doucement.

-Ymir...
Un son qui ressemblait à un grognement lui répondit.

Christa hésita, restant plantée à coté du lit, puis se dit qu'il était trop tard pour faire demi-tour.

-Ymir j'ai quelque chose à te dire, tu peux t'asseoir ça sera plus simple pour parler ?

Après un temps d'attente qui semblât interminable à la petite blonde mais qui en réalité ne dura sans doute que quelques dizaines de seconde, l'adolescente aux taches de rousseur se résolu à accepter

sa demande.

La colère, brûlante, vive, pouvait encore se voir dans son regard.

-Grouilles toi, j'ai pas que ça à faire et tes amis doivent sûrement t'attendre.

-Je...Je...
Christa buta sur les mots, incapable d'énoncer clairement l'amas d'idées confuses qui tournaillait dans son esprit. Elle prit une grande inspiration.

-Je ne veux plus être amie avec toi.

Bizarrement, l'adolescente taciturne ne ressentit pas l'euphorie et la joie d'avoir atteint l'objectif qu'elle s'était fixé, au contraire une sensation de vide étrangement désagréable apparu dans son estomac. Pourtant, ça y est, elle avait réussi, Christa la détestait et allait rester loin d'elle, ce qui lui permettrait d'être plus en sécurité.

Mais la sensation déplaisante était toujours là. Elle ferma les yeux incapable de soutenir le regard bleuté de l'autre fille plus longtemps.

Avoir les yeux clos ne l'empêcha pas de savoir que la petite déesse était toujours là, à cause de l'absence de bruit de pas qui lui aurait indiqué qu'elle s'éloignait, à cause de sa respiration qu'elle entendait encore.

A croire que la petite déesse faisait exprès de rester ici pour la faire souffrir d'avantage et remuer le couteau dans la plaie.

Ymir sentit quelque chose de chaud contre ses lèvres. Si cela n'était pas totalement impossible elle aurait pensé que...

Elle ouvrit les yeux et par réflexe glissa son bras dans le dos de Christa. Ce fut la petite blonde qui rompit le contact en première, ses joues étaient roses et elle n'osait pas la regarder en face, évitant volontairement son regard.

La plus grande répondit au baiser de la seule manière qui lui passa par la tête, elle tira la petite – qui s'était de nouveau éloignée – près d'elle et posa à son tour ses lèvres sur les siennes.

La sensation était complètement différente de celle provoqué par le corps de Christa sur sa langue de titan.

La petite blonde, plus en confiance après la réponse favorable reçue, plaça une de ses mains sur sa joue droite, frottant doucement les taches de rousseur qui s'y trouvait et lui mordilla la lèvre inférieur avant de glisser sa langue dans sa bouche.

-Oh fichtre, murmura Ymir une fois que la deuxième embrassade fut rompue à son tour, tu as une drôle de façon de montrer à quelqu'un que tu le déteste.

-Je ne te déteste point, répondit Christa en s'asseyant sur les jambes tendues du titan-shifter.

Son intention de repartir pour un troisième assaut était clairement affichée.

-Christa, ma proposition est toujours valable, quand tout ce foutoir est terminé, épouse-moi.

La petite déesse sourit à son interlocutrice et lui embrassa la joue.

-Bien sur, mais avant ça j'ai 60 ans de contact humain à te faire rattraper.


Ça fait un petit moment depuis le chapitre précédent, la faute aux examens et à ce fichu syndrome de la page blanche qui m'a frappée une fois que j'ai eu de nouveau à consacré à cette histoire, le plan est écrit, à l'avance, je savais ce qui devait se passer dans ce chapitre(du moins les grandes lignes), mais impossible de mettre des mots dessus.

J'en profite d'ailleurs pour remercier La Fouineuse(j'aime beaucoup le pseudo cela dit en passant) pour son commentaire et espère qu'elle est rassurée de voir que je n'ai pas abandonné cette fiction comme elle le craignait.