Disclaimer : Shingeki no Kyojin est la propriété de Hajime Isayama.
Chapitre 11 : Leave behind your pain and sorrow, this day might be the last
Il faisait encore nuit noire au moment où Ymir se glissa dans la cour déserte du camp. Le soleil n'était pas sensé se lever avant une bonne heure mais le sommeille l'avait brutalement rejetée, comme il le faisait chaque nuit depuis que...que...
Elle aurait pu blesser Christa. Elle aurait pu blesser Christa. Elle se le répétait sans cesse depuis l'incident, comme si il s'agissait d'un mantra. Le titan-shifter ne pouvait se le pardonner et depuis il s'était débrouillé pour éviter la petite blonde, ayant trop honte pour se retrouver face à elle.
Mais de toute façon, ce jeu de cache-cache prenait fin aujourd'hui, parce que ce jour était le dernier, ce jour était celui du procès.
-C'est aujourd'hui n'est-ce pas ?
Ymir sursauta, en fait la cour n'était pas si déserte que ça.
-Tu es venu me dire au revoir Eren ? C'est sympa de ta part, ri canna l'adolescente aux taches de rousseur.
Le fils de Grisha s'extirpa de la pénombre décroissante de ce début de journée. Ymir n'était très à l'aise en présence de ce fanatique du meurtre de titans.
-Je viens ici tous les matins, pour mon entraînement personnel, je dois devenir plus fort si je veux...
-Exterminer tous les titans.
-...Les protéger, Armin et Mikasa.
Ymir essuya ses mains moites sur le tissu rêche de son pantalon, elle avait beau se dire que c'était juste un mauvais moment à passer, la perspective du procès la rendait anxieuse.
-C'est comme ça qu'on me voit, comme le gars qui veut juste tuer des titans ? demanda Eren dans un seul souffle.
-Tu ne donnes pas l'impression de vouloir être vu autrement, et puis le destin va te donner un coup de main, d'ici quelques heures il y aura un titan de moins dont tu n'auras pas eu besoin de t'occuper toi-même.
Et elle éclata de rire, d'un rire forcé.
-Ils te condamneront peut-être pas, marmonna Eren, ils m'ont laissé vivre après tout.
Il était visiblement gêné.
-Tu leur est tombé si brusquement sur les bras qu'ils ne savaient pas quoi faire et il y a eu des gens, des gens importants qui ont plaidé en ta faveur.
-Mais...
-Ce qui t'as sauvé c'est que tu ne savais rien, tu étais aussi choqué qu'eux en découvrant ta véritable nature, alors que moi...moi, j'avais conscience du titan en moi au moment où je me suis engagé, mais je n'ai rien dit, j'ai gardé ça pour moi.
-Tu ne savais pas comment les autres auraient réagi en l'apprenant.
-Cette excuse n'est plus valable à partir du moment où tu t'es dévoilé.
Elle soupira.
Et puis tu le sais aussi bien que moi, mon petit Eren, ils n'ont aucune raison de nous garder tous les deux, pour le symbolisme un seul d'entre nous est leur suffit, un seul titan dans les rangs de l'humanité est amplement suffisant.
L'obscurité de la nuit s'était dissout dans les premières lueurs du jour. Par Sina, elle ne voulait pas mourir.
-Eren, dis-moi...
L'intéressé leva la tête vers elle.
-Oui ?
-Est-ce que je suis quelqu'un de bien ?
Après tout ses mains était couvertes de sang. Le plus jeune glissa les mains dans ses poches et hocha les épaules.
-J'en sais rien.
Une carriole tirée par deux chevaux fit irruption. Hanji était assise à coté du coché.
Christa se redressa en s'appuyant sur un coude. Elle avait du se forcé pour ne pas courir dans la cour, dire au revoir, cela aurait seulement rendu les choses plus pénibles. Les cloches sonnèrent six heures, il était bien trop tard pour changer d'avis. Ses mains se serrèrent sur le drap, le chiffonnant.
Il fallait rester calme, aucune raison de s'inquiéter, tout allait bien se passer, Ymir sera de retour d'ici quelques heures, acquittée.
-Arrêtes de t'angoisser pour ce maudit titan, nous sommes là pour les combattre, pas pour nous inquiéter pour eux.
Christa frotta sa langue – devenue pâteuse – contre l'arrière de ses dents, et bascula en position assise. Le sol était froid sous ses pieds.
-Tayce, pourquoi est-ce que tu fais tout ça ?
L'enfant illégitime des Reiss ne pouvait concevoir qu'on agisse par méchanceté gratuite.
Tayce se redressa à son tout et cligna des yeux. Elle posa son menton sur sa paume ouverte, comme si elle réfléchissait.
Tayce baignait encore dans cet enthousiasme qui suivait les réussites, elle avait terminé dans le top dix de sa promotion. Elle aurai pu rentrer dans les brigades spéciales mais cela aurait signifié laisser derrière son frère, ce frère avec qui elle était liée comme les doigts de la main entre eux. Alors elle avait demandé son incorporation dans les rangs des bataillons d'exploration, histoire de rester avec lui.
Elle lança un coup d'œil rapide au cadran solaire, Noan devrait être bientôt de retour. Comme plusieurs autres jeunes recrues, il avait été envoyé en haut du mur faire la sentinelle, la prochaine expédition n'était pas prévue avant plusieurs semaines, alors en attendant ils secondaient la garnison, entre deux exercices, pas question, qu'ils se tournent les pouces.
Un claquement de pas indiqua qu'ils étaient de retour, mais quelque chose n'allait pas, c'était trop silencieux, normalement des éclats de voix accompagnaient le bruit de la marche.
Tayce compta les retours : un, deux, trois, quatre,cinq...Que des faciès inconnus sur lesquels elle n'arrivait pas encore à poser de noms mais qu'elle commençait à distinguer les uns des autres, celui-ci riait beaucoup, celui-là fronçait souvent les sourcils.
Mais où était le sixième, où était Noan ?
Tayce n'était pas idiote, du moins elle ne pensait pas l'être. Elle se rendait bien compte des regards en coin qu'on lançait dans sa direction, des messes basses...On lui cachait quelque chose, elle devait savoir, elle avait le droit de savoir. Elle se précipita vers la pote qui donnait sur la cour. Là, étendu sur le sol en terre battue, caché sous un drap jaune taché...Non, ça ne pouvait pas être...Impossible, hors de question ! C'était une simple mission de surveillance en haut du mur...
Elle se figea, incapable de faire un pas de plus.
-J'ai failli tomber, j'étais au bord en train de surveiller un groupe de titans au loin quand les briques sur lesquelles je m'appuyais ont glissées...Je...Il m'a rattrapé mais il a été entraîné en avant...Je ne voulais pas...Il m'avait jeté en arrière alors le temps que je me relève pour l'aider c'était trop tard, j'ai pas pu...prononça une voix tremblante en reniflant.
C'était une petite blonde, pâle comme un fantôme, qui posait un regard vide sur le drap qui dissimulé le corps de Noan, son image se grava dans la mémoire de Tayce, ainsi c'était à cause d'elle, c'était de sa faute si il était arrivé malheur à Noan.
Tayce releva la tête et adressa un sourire à Christa.
-Il faut forcément une raison ?
Christa la regarda un moment sans parler puis se leva, glissant ses pieds dans ses pantoufles.
-J'y vais, j'arriverais plus à dormir de toute façon.
Ymir écarta les doigts qu'elle avait placés devant ses yeux, laissant la lumière passer entre et faire rougeoyer sa paume. Mais peut-être que c'était sur ses oreilles qu'elle aurait du poser ses mains car si la porte close l'empêchait de voir ce qui se passait au delà, elle ne l'empêchait pas d'entendre. Et ça faisait mal.
Savoir qu'on était détesté seulement pour ce qu'on était, c'était une chose, l'entendre de vive voix en était une autre.
Le titan-shifter avait accueilli avec un certain plaisir le moment où on avait décidé de le mettre dans une pièce isolée pour une durée indéterminée(jusqu'à ce qu'on ai fini de juger les autres cas et on ne savait pas encore combien de temps ça allait prendre).
Ymir pencha la tête en arrière et l'appuya contre le mur, étirant son cou jusqu'à sentir ses muscles se raidir. Si on lui avait dit que ça finirait comme ça...
Soixante ans de cauchemar, cinq ans d'errance, trois ans d'entraînement militaire ou peut-être juste soixante-dix ans à faire les pires choses pour survivre.
Si on lui filait une seconde chance elle l'utiliserait pour rattraper toutes ses erreurs, sauf qu'elle avait déjà eu sa seconde chance et elle l'avait gaspillé, qu'elle vivrait pour elle-même qu'elle avait dit et au final elle s'était sacrifiée, juste pour savoir ce que ça faisait – pendant un instant, un cour instant – d'être un héros.
Pourtant elle était formelle sur un point, les héros étaient des idiots.
La porte s'entrouvrit, mouvement furtif qui attira son regard. Le moment était-il venu ?
-Le seul endroit où je suis sur que ces idiots me laisseront la paix.
Le caporal Livai, dans toute sa splendeur et sa bonne humeur. Malgré qu'ils travaillaient dans le même corps d'armée et qu'il était son supérieur, Ymir n'avait eu que peu d'occasions de le côtoyer et son instinct de titan lui soufflait la même chose qu'en présence d'Eren(mais en bien plus fort) : ne reste pas là, fuit.
Il avait l'odeur d'un tueur, l'odeur de celui qui avait eu les mains plongées dans le sang, jusqu'aux coudes.
Pourtant dans ce monde il était considéré comme une légende, le plus fort soldat de l'humanité.
-Tu es une des nouvelles recrues n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête dans un mouvement vertical affirmatif.
-Vous vous êtes donné le mot pour venir ensemble ou c'est une coïncidence, parce que les titans humains on les collectionne depuis quelques temps.
-Coïncidence.
-Pas très loquace, bon ça m'arrange, je suis venu me planquer ici pour être peinard.
Et pour appuyer ses propos il commença à se tourner les pouces, littéralement. Ymir ne lui demanda pas ce qu'il faisait ici – elle ne se sentait pas d'entamer la conversation – mais elle se posa la question. Du coin de l'œil elle regarda les bras du Caporal, pour voir si il avait une montre qui lui permettrait de se renseigner sur l'heure, évidemment il n'en avait pas, où il la portait ailleurs.
Alors elle se replongea dans ses pensées, se retranchant dans les limbes de l'esprit humain que découvrait celui qui se savait condamné et qui avait déjà abandonné la partie.
Et si elle s'était enfuis avec Reiner et Bertolt ? Et si elle n'avait pas porté Dazz ce jour là ? Et si elle ne s'était pas engagé ? Et si elle n'avait pas cherché Christa ? Et si elle n'était pas revenue ? Et si elle avait continué à errer en dehors des murs ?
Qu'était devenu l'endroit où elle avait grandi, voilà soixante-cinq ans qu'elle n'y avait plus mis les pieds. Qu'était devenus ceux qu'elle avait connus ? Morts sans doute, depuis le temps.
La porte s'ouvrit. Le moment était venu.
Puisque je te dis qu'il y a pas de raison de s'inquiéter, insista Sasha, Ymir se sort toujours des mauvais pas.
-Je ne m'inquiète pas.
-Alors pourquoi est-ce que tu regardes fixement les aiguilles de cette horloge comme si tu as attendais quelque chose.
Christa se rendit compte qu'en effet, elle n'avait pas décoller son regard de ladite horloge. Certes Ymir savait s'en sortir lorsqu'elle avait à faire à des titans en quête de chair fraîche à se mettre sous la dent ou quand il s'agissait d'instructeurs fou-furieux, mais dans le cas de magistrats corrompus et prêt avant tout à défendre leurs intérêts ?
Elle attrapa son verre et avala une gorgée d'eau poussiéreuse, il fallait qu'elle trouve quelque chose à faire, elle pouvait pas rester là à attendre, surtout si...
Non ! Elle repoussa cette pensée, Ymir allait revenir, elle revenait toujours.
-Tu passeras nous voir...
La voix de Tim tenta de se faire entendre au milieu du brouhaha de pensées qui occupait son esprit.
Christa se connaissait suffisamment pour savoir qu'elle était fragile, instable, et qu'elle était son plus grand ennemi, en temps normal elle s'appuyait – métaphoriquement – sur Ymir mais elle devait apprendre à lutter contre ses démons intérieurs par elle-même.
-...En plus on sera pas loin.
La petite blonde attrapa distraitement son manteau qui reposait sur le dossier de sa chaise et se leva.
-Où est-ce que tu vas ? s'inquiéta Sasha.
-Rendre visite à quelqu'un.
Le camp était situé à l'écart de la partie habitée de la ville et s'y rendre nécessitait un peu de marche. Comme tous ses camarades soldats, Christa était habituée à parcourir de longues distances avec un paquetage plus ou moins lourd, alors ces quelques kilomètres , les mains dans les poches, étaient une partie de rigolade.
Puisque la dernière fois qu'elle l'avait parcouru remontait à peu, la petite blonde se rappelait du chemin entre le camp et l'endroit où ils avaient déposé Tim et Elsa.
Le quartier résidentiel était composé essentiellement de maisons en torchis collées les unes aux autres. Les rues qui permettaient de circuler dans la zone étaient étroites, bien trop étroites pour permettre à un chariot de passer.
Christa dépassa deux enfants assis par terre et occupés à jouer aux osselets, une boite de la taille d'un jeu de carte était posée près de l'un d'eux. Aucun d'eux ne lui prêta attention, ils étaient bien trop concentrés sur leur partie.
La maison où résidaient depuis peu Tim et Elsa fut quelque peu dur à trouver, non pas parce qu'elle était reculée ou au fond d'une ruelle obscur, mais parce que toutes les maisons se ressemblaient et peu de signes permettaient de les distinguer entre elles.
Elle continua à avancer, esquivant les portes montées de travers qui s'ouvraient dans le mauvais sens et les seaux – dont elle ne voulait pas savoir le contenu – qu'on vidait par la fenêtre.
Une petite main sale lui fit justement signe derrière une fenêtre basse.
-Christa ! l'interpella une voix enfantine étouffée par le verre.
La porte s'ouvrit – dans le bon sens – et Tim se précipita dans la rue avec son habituel fil de morve qui lui coulait d'une narine.
Un tel enthousiasme débordait du petit corps frète que Christa oublia l'espace d'un instant ce qu'elle avait cherché à fuir en venant ici. Mais le tintement des cloches qui résonna du point culminant de la ville, à coté de la cour de justice, le lui rappela froidement et implacablement.
Ymir fixait le garde qui lui disait de le suivre sans vraiment y croire, ses jambes lui paraissaient avoir été coulé dans le plomb, elle était incapable de faire le moindre pas en avant. Aller...Un effort...Bouge...Aller...
Elle vit les lèvres du garde remuer, sans doute qu'il lui disait de se grouiller un peu, mais elle n'entendait rien.
Lentement, millimètre par millimètre, cellule par cellule, le sang recommença à circuler normalement dans ses jambes. La sensation d'ankylosement disparu.
Le titan-shifter marcha et laissa la pièce vide derrière.
En pénétrant dans la salle où devrait se dérouler son procès Ymir se demanda si en fait elle ne préférerait pas la solitude de sa cellule. Elle compta une vingtaine de personnes et reconnu parmi eux : un juge, un greffier, un représentant de la partie-civile, certains de ses supérieurs militaires...
Hanji s'approcha d'elle avant qu'elle ne rejoigne la place qui était réservée à l'accusée.
-Tu auras le droit à un procès fermé au public, enfin, ouvert qu'à un nombre limité de personne, je pense qu'ils veulent éviter de faire la même erreur qu'avec Eren, pour ça qu'ils ont essayé d'étouffer l'affaire...
Moins de personnes présentes ça voulait dire moins de personne pour l'accuser, mais aussi moins de personnes pour la défendre, mais ces derniers n'auraient jamais été très nombreux de toute façon.
-...Je pense qu'ils craignent un mouvement de panique si la population apprend qu'Eren n'est pas le seul.
Et un village entier transformé en titans ? Et des titans dans les murs ? Le gouvernement n'allait pas pas pouvoir taire ça bien longtemps.
Mais le gouvernement cachait des choses bien plus graves et depuis bien plus longtemps.
L'un des magistrats – las d'attendre que cette petite conversation à sens unique se termine – manifesta son mécontentement en toussant de façon forcée.
Hanji regagna sa place après un bref regard dans sa direction et le juge tapa dans ses mains pour réclamer le silence.
-Il est l'heure de déclarer cette séance ouverte.
L'un des hommes qui se tenait sur l'estrade – un petit sec à lunettes – se dressa sur ses pieds et déroula avec un sérieux exagéré – qui ne faisait qu'essayer tant bien que mal de masquer une joie fébrile – un long parchemin.
-Voici la liste des chefs d'accusation et des faits qui sont reprochés à l'accusé...
Ymir connaissait suffisamment les êtres humains pour reconnaître aisément ceux qui se complaisaient dans le malheur des autres, qui se roulaient dedans avec délectation, et cet homme en faisait indubitablement parti, à chaque mot, chaque terme, qui se rajoutait sur la liste « non divulgation d'informations capitales, alliance avec l'ennemi, trahison, désertion, destructions matérielles, meurtres de civiles... », il jubilait.
Et plus la liste s'allongeait, plus elle avait la certitude qu'elle n'allait pas s'en sortir, de toutes façon elle ne pouvait pas s'en sortir.
Son appréhension ne fut que renforcé lorsqu'elle constata que c'était Hanji elle-même qui se chargeait de sa défense.
-Pour le fait de ne pas dire la vérité, de trouver des alliés temporaires dans le camp adverse, de fuir, il y a une notion toute simple qui explique cela : la peur, l'envie de vivre.
-C'est un soldat non ? S'exclama un homme au crâne chauve dans le public, normalement elle a du faire le serment de mourir plutôt que de désobéir aux ordres.
Oubliant qu'en principe elle devait ignorer les piques lancées du public, Hanji répondit à l'attaque.
-Justement, ce qui concerne l'armée se règle au sein de l'armée.
Le juge tapa sur la table avec son marteau en bois (que Ymir aurait trouvé très amusant si ce n'était pas son sort qui était en train d'être décidé).
-Merci au public de garder le silence et je rappelle qu'en tant que composant de la société, l'armée à des comptes à rendre à l'état, elle ne doit pas l'oublier.
Hanji acquiesça mais ne put s'empêcher de faire un « ta » de mécontentement avec la langue.
-Et qu'en est-il du reste ? demanda le petit sec à lunettes en les redressant sur son nez, comment allez-vous justifier les saccages et les massacres ?
Les saccages ? Quels saccages ? Hanji semblait se poser la même question.
-Le château d'Utgard et le village de Teros.
-On ne va quand même pas lui imputer le moindre bâtiment qui s'effondre.
-Elle était présente sur les deux terrains.
Ymir laissa échapper un soupir blasé qu'ils arrêtent de tourner autour du pot et qu'ils lui disent comment elle allait y passer !
-Oui j'étais sur place et oui j'ai fait s'écrouler la tour d'Utgard mais pour le village de Teros, désolé c'est pas moi.
-Ymir...souffla Hanji en avertissement. Tais-toi.
Mais à quoi bon, c'était déjà trop tard, son sort était joué à partir du moment où elle avait dévoilé son secret, ça ne servait plus à rien de rester discrète maintenant.
-Je n'avais pas le choix, nous étions encerclés par des titans et dépourvus de nos équipements, la faire s'écrouler était le seul moyen de donner à mes camarades une chance d'en réchapper.
-Et pour les meurtres, vous allez les justifier comment ?
Le titan-shifter déglutit à la grande joie du camp adverse qui sentait qu'il touchait là un point sensible.
-Ne dis rien, ordonna Hanji en se retenant d'ajouter « ne gâche pas tout ».
Et elle prit la relève :
-Il s'agissait de criminels.
-Et puisqu'il s'agit de criminels, ça nous donne le droit de les tuer sans avoir de compte à rendre à la justice.
-Non certes, mais parfois on n'a pas le choix, c'est soit tuer, soit être tuer, vous ne pouvez pas condamner l'instinct de survie.
Hanji sentait bien qu'elle s'aventurait sur une pente savonneuse et qu'elle perdait prise, la situation lui échappait.
La porte de la salle s'ouvrit d'un coup – claquant contre le mur – et dévoila un gardien essoufflé.
-Feu...Le feu...Il a pris dans les quartiers résidentiels...
Il dut s'arrêter pour reprendre sa respiration.
-L'incendie progresse à une vitesse folle et la chaleur empêche les pompiers d'approcher, ils demandent l'autorisation d'isoler les zones sinistrées pour bloquer la propagation du brasier et le laissait se consumer lui-même.
Une vague de murmure secoua la salle, mais Ymir n'y fit pas gaffe, son attention était focalisé sur l'écusson en forme d'ailes croisées que tenait l'annonciateur du désastre.
Cet écusson, elle le reconnaissait, la déchirure latérale ne laissait aucun doute sur l'identité de son propriétaire.
Mais comment...Il n'avait aucune raison d'être là...A moins que...Merde !
Une panique soudaine tordit l'estomac de Ymir et fit voler en éclat tout son calme.
-Laissez-moi y aller !
L'ensemble de la salle se rappeler sa présence et se tourna vers elle. Une seconde vague secoua les groupes qui s'étaient formés. Elle répéta sa demande.
-Laissez-moi y aller.
