Disclaimer : Parce que Sailor Moon, c'est avant tout l'œuvre de Naoko Takeuchi…
Auteur : Mascarade
Note : Ouf! Non seulement, j'ai réussi - quel défi! – mais ce chapitre est plus long que le précédent. Ce chapitre est vachement rude… et je crains que le prochain ne le soit encore plus pour la pauvre Bunny. Et encore un happy end qui s'en va à la poubelle. Non mais, vous vous attendiez à quoi? Rires.
Bon, pas de scènes hot dans ce chapitre, ça ira dans le dernier. Je dévoile certaines intrigues du manga, mais pour les remanier à ma sauce. Donc, pas de surprise si on retrouve des dialogues issus du manga. Réponse aux reviews à la fin du chapitre. Bonne lecture!
Titre : Once Bitten
(Chapitre 2 : Captive)
…Moon
…Or Moon
Sailor Moon
J'avais beau répéter ce nom, il me semblait qu'il ne parvenait pas à franchir mes lèvres. Mon esprit divaguait. Il tâchait d'assembler les pièces d'un puzzle qui n'obéissaient à aucune logique. Il n'y avait qu'une seule chose qui faisait du sens dans ces échos troubles. Je devais retrouver Bunny!
- Vite Artémis! Un autre pansement!
- Moi, l'onguent!
J'essayais de percer le voile qui obscurcissait sa figure. C'était comme regarder à travers des jumelles inversées avec des verres floutés. L'image minuscule semble éloignée alors qu'elle est si près de soi en réalité. Ma propre tête dodelinait pour obtenir le meilleur angle qui semblait inaccessible.
- Bun…ny…?
- Reste allongé!
Je sentis une main douce mais ferme contre mon torse dénudé. Je grimaçai. Mes efforts pour me redresser s'avéraient fort pénibles. La douleur me clouait sur place.
J'avais mal. Si mal que je ne pouvais pas être mort, et pourtant, j'en avais l'impression. En demeurant immobile, mon corps avait fait taire le mal qui m'achevait à petit feu. En bougeant, je l'avais réveillé ainsi que ma conscience, mes peurs et mes cauchemars!
Je revenais à moi. Je voyais plus clair. La silhouette que j'avais prise pour celle de ma moitié était en fait celle d'une amie aux mêmes cheveux dorés.
- Minako?
- Voilà. Il revient à lui.
J'avais beau regarder, je ne comprenais pas. Je ne comprenais plus.
- Où est Bunny? Soufflai-je entre deux gémissements de douleur.
Je regardai tour à tour Artémis et Luna et enfin Minako. Je redoutais toutefois d'entendre la réponse. La cruelle vérité fit place dans ma tête alors que je compris par moi-même ce qu'il en était.
Les deux chats s'observaient presque timidement parce qu'ils le savaient tout comme moi. Minako se contentait de mordiller sa lèvre inférieure en baissant les yeux. J'étais revenu seul. J'avais échoué dans ma mission.
Je serrai les poings, m'agrippant au drap glissé sous moi. Puis, je hurlai de rage. Mon cri se mua en une plainte désolante. Je ne connaissais même pas le nom de notre ennemi. Tout ce que je savais, c'est qu'il tenait entre ses griffes l'être qui m'était le plus cher en ce monde et que, forcément, il le détruirait.
L'horreur apporte bien souvent une vision ironique. Par une fenêtre entrouverte, j'apercevais une lune bien ronde dont l'éclat blafard veillait sur la ville alors que le seul cœur qu'elle ne pouvait atteindre était celui de ma tendre moitié. Elle en aurait bien eu besoin… me doutais-je seulement à quel point?
…Ru
…Noru
Manoru
Je ne pensais qu'à lui. J'espérais tant. Pourvu qu'il soit encore en vie. Rien d'autre n'importait plus en cet instant. Diamant m'avait abandonnée dans une pièce tout aussi morne que les autres de son palais. Je ne rêvais que d'une chose : que cette nuit éternelle finisse au plus vite pour que je puisse rejoindre mon aimé.
Accoudée à la fenêtre de cette chambre, je cherchais un peu de lumière par son ouverture. Hélas! Partout où je regardais, il n'y avait que les ténèbres et elles n'offraient aucun réconfort. Je respirai librement.
Ici, je n'aurais su dire pourquoi, je parvenais à vaincre la force du cristal noir. Je ne pouvais en dire autant pour la noirceur qui ravageait mon cœur. Ah! Si seulement je pouvais apercevoir ne serait-ce qu'un éclat de lune. Pourtant, je la devinais là dans ce néant galactique.
Je me sentais éteinte. Or, sa simple vue aurait suffi à me raviver. Je fermai les yeux l'espace d'un moment. J'étais en quête d'une paix intérieure qui ne pouvait durer. Non. Jamais je ne pourrai faire partie de ce monde misérable où seule règne la désolation.
- À quoi songes-tu…?
Je frémis. Le responsable de mon malheur se tenait juste derrière moi, apparu d'on ne sait où. Je pouvais sentir son souffle caresser ma nuque dénudée. Cette proximité incongrue me troubla bien plus lorsqu'il glissa sa main gantée à travers ma chevelure. Peut-être même en humait-il le parfum? Je ne saurais dire. Aussi, je demeurai silencieuse. Cela lui déplut sans doute, car il tira mes cheveux de ses doigts repliés.
- Ah!
Mon dos se plaqua contre son torse alors que son bras gauche enserrait fermement ma taille. J'étais sous le choc. Je ne pouvais donc réagir. Il retira quelques-unes de mes mèches. Puis, il approcha ses lèvres de mon oreille pour en glisser sournoisement la question empoisonnée.
- … Ou à qui?
Quelle réponse autre que celle qui refusait de franchir mes lèvres pouvais-je bien lui donner? Heureusement, je retrouvai force et contenance. D'un coup de bassin, je me défis de son étreinte. Je lui faisais maintenant face.
Ne te laisse pas faire, Bunny! Ne cessais-je de me répéter. Je repris courage.
- Vous aviez promis pour Manoru, bravais-je, mon menton fièrement redressé.
Je serrai les poings, guettant sa réaction qui ne tarda pas. Ses lèvres s'étirèrent en sourire narquois alors qu'il s'appuya nonchalamment coude contre le mur où je me tenais auparavant.
- Oh! C'est donc cela…
Je ne reculai pas devant pareil affront. Bien au contraire, j'en saisis l'opportunité. Je le giflai avec toute ma rage.
- Qui vous donne droit de vous en moquer?
La tension était palpable. J'attendis. Quelques secondes s'écoulèrent alors qu'il demeurait tête tournée. Sa joue se colora d'une teinte rouge là où je l'avais frappée.
- Serait-ce une rébellion?
Le prince Diamant ne bougea que subtilement. Comme s'il savourait la douleur qu'il devait ressentir, ses lèvres s'étirèrent un peu plus, découvrant une dentition trop parfaite pour une ordure de son rang.
Lentement, il tourna la tête pour me faire face de nouveau. Il plongea son regard dans le mien, me défiant malgré notre mutisme commun. Je le soutins. C'est alors que mon souffle s'accéléra. Je sentis la colère ramper le long de mes bras.
- Vous ne comprenez dont pas que je l'aime?!
- Vraiment? Je me demande bien ce que tu peux ressentir à mon égard…
Je ne saisissais franchement pas le lien, mais comment laissez passer pareille occasion? Il semblait si concentré qu'il ne pourrait visiblement pas parer une attaque surprise. C'était ma seule chance.
- La haine! Voilà ce que vous m'inspirez!
Et je bondis sur lui. C'est pourtant sans effort qu'il attrapa mes mains dans les siennes. D'un jeu de jambes, il me fit basculer sous lui. Nous avions chuté contre le sol. J'eus beau vouloir me débattre, j'étais celle que la situation avait prise de court.
Je ne savais plus franchement où j'en étais si ce n'est que Diamant me maintenait contre le sol, enserrant mes jambes avec les siennes. Visiblement, il savourait ma peur. Ses cheveux argentés me chatouillaient le visage au moindre mouvement. L'idée me vint de les lui arracher avec mes dents.
- Oui! Haine et amour ne font qu'un!
Fou! Il était complètement fou! Des larmes d'impuissance roulaient sur mes joues. J'avais lamentablement échoué et voilà que je découvrais son horrible dessein. Quelle idiote! J'étais bien plus que fascination pour lui, je ne le comprenais que trop tard. Comment pouvait-il me désirer, moi? Cela me paraissait inconcevable.
- Nous sommes ennemis!
Il ne pouvait en être autrement, non?!
- Alors rejoins-nous, rejoins-moi.
Je hochai négativement de la tête.
- Non!
Il se pencha un peu plus. Ses lèvres effleurèrent mon visage.
- Il y a des amours qui se conquièrent par la force.
Avec ses dents, il tira sur mon lobe d'oreille pour ajouter crédit à ses paroles. Je hoquetai de surprise.
« N'es-tu pas épuisée de lutter seule? »
- Jamais! Je ne suis pas seule. Vous, si.
Pourtant, ma voix tremblait. Je me sentais si faible et abandonnée. Les doigts de Diamant traçaient la courbe gracile de mon cou avant d'en saisir brutalement la chair pour m'obliger à tourner la tête vers lui. Son visage était si près, trop près. Horreur! Il allait bientôt m'embrasser. Son regard en trahissait l'envie.
- Nous sommes intimement liés, quoi que tu puisses en penser.
- Jamais je ne serai liée à un monstre!
- Tu as besoin de moi, comme j'ai besoin de toi.
- …?
- Vers qui te tourneras-tu alors lorsque tu chercheras protection?
- Mais de quoi parlez-vous?
Troublée, je fermai les yeux contre toute bonne volonté. Je ne voulais pas voir ce qui allait suivre. Je ne voulais pas le voir poser ses lèvres sur les miennes. Je ne voulais pas lui donner satisfaction de lire ma détresse sur mes pupilles agitées.
- Tu verras, tôt au tard, tu verras…
J'attendis, encore et encore, un baiser qui ne vint jamais. Quand je battis des paupières à nouveau, je constatai qu'il avait mystérieusement disparu. Je ne pus m'empêcher de balayer les lieux du regard pour m'assurer que j'étais bel et bien seule dans la pièce. Soulagée, je me redressai en position assise avant de me remettre debout.
Je retirai la poussière de mes vêtements d'un geste nerveux. Je disais mes vêtements, mais Diamant m'avait obligée à les revêtir sans que je n'aie mon mot à dire. Je portais une robe blanche avec des perles au décolleté, copie presque conforme de la robe de la reine Sérénité. Je pensai d'ailleurs à elle. Si forte. Si fière. Je me rappelai alors de ses paroles :
Souviens-toi, princesse Sérénité… Le pouvoir du cristal d'argent ne dépend que de ton cœur.
Ai-je eu un moment de doute…? J'étais jalouse de Mini Bunny quand Manoru s'occupait d'elle. Je n'avais pas confiance en moi. J'avais la tête ailleurs. Et dire que je m'étais laissé embrasser par l'ennemi et pire, presque devant Manoru! Était-ce un manque de concentration? Je suis… la future reine Sérénité. J'ai le devoir de protéger la Terre et tous ses habitants.
Je revoyais chacun de leur visage, amies, enfant ou amour. Je sentais une force renouvelée en moi. Elle avait été toujours là, elle attendait simplement que je la libère. Dès lors, je compris. Je sus que je n'étais plus seule. Ils étaient tous avec moi. Aie confiance en toi! J'ai une mission à accomplir. À défaut de Manoru, je devais au moins retrouver Mercure, Mars et Jupiter. Elles devaient être sur Némésis. Il fallait que je les retrouve. Elles, assurément, pourraient me venir en aide.
[…]
Le palais de la lune noire était un véritable labyrinthe. Je me rappelais avoir si longuement marché que mes pieds en ressentirent la douleur. D'ailleurs, tout mon corps n'était que douleur. Dès l'instant où j'avais quitté la chambre maudite, le pouvoir du cristal noir semblait s'être décuplé, me plongeant à nouveau dans une léthargie.
J'avais l'impression de tourner en rond. Où pouvaient-elles bien être? J'avais la certitude qu'elles ne devaient pas être loin et pourtant.
- Haaa!
Épuisée après ces pas, je m'appuyai contre une colonne. Je passai le dos de ma main sur mon front afin d'en retirer la sueur. Une voix parvenait à mes oreilles. Ce n'était pas celle de Diamant, mais elle lui ressemblait quelque peu.
Je repoussai un haut le cœur. Je voyais des ombres vaporeuses danser autour de cette silhouette dont je ne distinguais pas le visage. Merde! Il venait de relever ma présence, son corps se tournant vers le mien. Je déglutis difficilement, reculant d'un pas. J'avais l'impression d'être au mauvais endroit au mauvais moment.
« Tiens! Future reine Sérénité, belle souveraine… »
Il plongea son regard dans le mien. En s'approchant, je crus avoir une hallucination.
- Manoru? Murmurais-je bien que je sus que ce devait être impossible et pourtant!
Je ne pouvais me tromper. Je courus me jeter dans ses bras. Comme j'avais besoin d'être rassurée! Je pleurai, cherchant sa chaleur, et, ne serait-ce qu'un peu de tendresse en ces heures sombres. Quelque chose clochait. Il ne m'étreignait pas. Il recula. Horrifiée, je saisis ma méprise.
« Vous n'êtes pas…! »
J'étouffai une plainte, une main plaquée sur ma bouche. Comment avais-je pu ne pas noter ce croissant de lune noir inversé sur son front? La ressemblance était si frappante.
- Je suis Saphir.
Il se saisit de ma main et je frissonnai lorsqu'il la baisa pourtant avec douceur. Je la retirai dès que j'en eus la chance. Il ricana.
« Vous êtes la bienvenue au centre de Némésis, le réacteur du cristal ensorcelé. »
- Où sont mes amies?
Il sembla perdu dans ses pensées alors qu'il me fixait de ses yeux bleus.
- Ta question devrait plutôt être où se trouve Diamant, non?
Je secouai la tête.
- Où sont-elles?
- Où est Diamant? me questionna-t-il à nouveau, têtu.
- Répondez à ma question!
- Toi, réponds à la mienne!
Je soupirai longuement.
- Je l'ignore.
- Parfait.
Sur le coup, je me demandais ce que cela lui importait. Ce n'est que quand il me serra la gorge que je compris la gravité de mon erreur.
- Qu'est-ce… qui vous… prend?!
- C'est toi qui a provoqué la folie de mon frère!
- …argh…
- Ne vois-tu pas ce que tu as fait?
- Je ne… comprends…pas…!
Il se mit à rire amèrement.
- Avec ta beauté… tu l'as séduit… Lui qui ne devait obéir qu'au Sage!
Je suffoquai. Je pensais qu'il m'étranglerait jusqu'à mon dernier souffle, mais il relâcha mon cou. Je tombai à quatre pattes. Je cherchais mon souffle comme s'il fut le premier d'un enfant naissant. Je voulus me redresser, mais d'un coup de pied, Saphir me fit tomber à la renverse.
Il se pencha sur moi. Je compris qu'il m'empêcherait de me sauver quand il posa ses bras et ses jambes de part et d'autre de mon corps. Qu'attendait-il pour me tuer? Car c'était bien ce qu'il voulait n'est-ce pas? Je n'étais qu'un obstacle à ses yeux. Mais ce qu'il s'apprêta à m'avouer me paru pire encore que toute douleur. C'est avec effroi que je l'entendis vilement me susurrer à l'oreille :
« Peut-être une fois que je t'aurai souillée, il reviendra docilement à la raison? »
[À suivre]
Réponses aux reviews :
Noominaome : Merci! Je sais c'est pas très original, mais ça fait toujours du bien de voir que des personnes prennent le temps de nous écrire. Et tant mieux, si les commentaires sont positifs. La suite est un peu tordue à mes yeux. C'est tout un défi que d'écrire en une semaine! Je capotais! Sérieux. Une chance que je n'étais pas trop occupée. J'ai toujours aimé écrire des fanfictions, et même encore aujourd'hui, au grand dam de mon entourage… parce que beaucoup de projets personnels m'attendent et que je devrais leur consacrer plus de temps. Sens-toi bien à l'aise de me dire si tu détestes ou non la suite. C'est comme ça que je peux m'améliorer.
Unknown Reader : Merci de me rassurer! Non seulement je n'ai pas supprimé mon histoire, mais j'en poste la suite après plusieurs heures de travail. Ouf! Je compatis pour les examens. Je suis passée par là aussi et je ne m'en ennuie pas! Je te dirai la même chose qu'à Noominaome, sens-toi bien à l'aise de me dire si tu détestes ou non la suite. C'est comme ça que je peux m'améliorer.
