Disclaimer : Parce que Sailor Moon c'est avant tout l'œuvre de Naoko Takeuchi…
Note : Malheureusement, vous ne retrouverez pas un happy end pour la fin de cette histoire. Ça aurait été difficile d'y aller autrement. J'espère malgré tout avoir le plaisir de vous recroiser dans mes prochaines fanfictions de Bunny et Diamant! Bonne lecture!
Attention! – Érotisme
Titre : Once Bitten
Chapitre 4 Libérée
Il y avait comme un rassurant arôme de lavande. Son parfum m'incitait à l'éveil. Répondant à son appel, je battis frénétiquement des paupières. Heureusement, la lumière tamisée épargna mes yeux affaiblis par mes larmes.
En jetant quelques regards à droite et à gauche, j'essayais de retrouver quelques repères qui ne tardèrent pas à m'éclaircir les idées. Un lit à baldaquins, j'étais sur un lit! J'entendais le clapotis de l'eau; mais où était donc le prince Diamant?
La panique s'empara de moi. Je n'arrivais pas à me souvenir pourquoi je me trouvais en pareil endroit. Tout ce que je me rappelais était que Diamant avait dû m'apporter ici après que… après que… Oh mon Dieu! Non! Je me souvenais! Peut-être pas de tout, mais en particulier de l'horreur qui avait failli se produire si le prince Diamant n'était pas intervenu! Effrayée, j'implorai sa présence comme si elle m'était nécessaire à l'air que je respirais.
- Diamant… Diamant…!
Le silence retomba. Il fut bientôt suivi d'un froissement de tissu. Je tournai la tête. Là, derrière un rideau, venait d'apparaître mon sauveur par une ouverture secrète. Sa tenue était toujours négligée et ses cheveux, en bataille. D'un geste nonchalant, il repoussa les quelques mèches rebelles qui m'empêchaient d'apprécier pleinement la finesse de ses traits.
Sans doute perçut-il l'essence de mon aura apeurée, car il me fixa de ses yeux violets. Ni cruels ni moqueurs, juste d'une douceur que je ne lui connaissais pas. Voyais-je là son vrai visage?
Il s'approcha d'une démarche noble pour venir rejoindre ma main tendue dans sa direction. Je ne m'étais même pas rendu compte que j'avais fait cela. Il effleura mes doigts du bout des siens avant de les glisser à travers.
Ma main glacée se réchauffa à son contact. J'attendis qu'il parle le premier, mais il me sembla que ni l'un ni l'autre nous ne sachions réellement quoi dire. Pour ma part, j'optai pour le mutisme; je préférais écouter le son de sa voix pour me rassurer.
- Impardonnable…
Diamant prit place à mes côtés, s'assoyant sur le matelas. Soucieux, il caressa ma joue avec son pouce avant d'y apposer un linge humide qui me fit le plus grand des biens. J'avais peut-être les mains froides, mais mon visage, lui, bouillait!
« Regarde-toi. Que t'ont-ils fait? »
Je frissonnai malgré moi. Je préférais ne plus y songer. Le pire était passé, ne cessais-je de me répéter. Hélas, ici comme ailleurs, le mal était toujours tapi dans les ténèbres, guettant l'instant propice pour se révéler.
- Tu es venu… lui répétais-je.
Il me sourit de ce sourire qui charme les ingénues. Je n'osais toujours pas croire à ma bonne étoile. Diamant m'avait sauvée, moi! Et pas Manoru. Oh Manoru! Je l'avais tant vainement espéré, et pourtant, il n'était pas apparu. Pourquoi? Pourquoi? Mes souvenirs demeuraient flous. Une larme brûlante roula sur ma joue.
Pourquoi me sentais-je brisée, déchirée entre bien et mal alors que Diamant se penchait au-dessus de moi. Allait-il m'embrasser? Je ne pouvais pas dire que je ne voulais pas. J'avais besoin de tendresse, une épaule sur laquelle pleurer, la chaleur d'un corps serré contre le mien...
C'est alors qu'il baisa mon front plutôt que mes lèvres.
- Repose-toi.
Il se releva. De dos à moi, il réajusta sa chemise pour remettre un peu d'ordre à son apparence. Je l'observai inquiète.
- Où vas-tu? M'enquis-je.
Je me redressai à mon tour, appuyée sur mes propres coudes. Le linge s'échoua au sol, mais je n'en avais cure à l'instant. Mon cœur battit la chamade dès que je compris ses intentions.
- Toute faute ne doit pas rester impunie.
Je m'accrochai à un pan de sa veste pour manifester mon désaccord.
- Non! Ne pars pas! Je t'en prie…
Voilà que je le suppliais maintenant. Les lèvres de Diamant s'étirèrent en un sourire.
- Sois sans crainte. Je reviendrai bien assez tôt. M'assura-t-il.
J'avais peur. Pas de devoir subir les foudres de sa colère si je m'opposais à lui, plutôt peur de me retrouver seule. Je n'en pouvais plus. Une fois de trop m'avait suffi. J'avais failli me faire violer et voilà qu'au milieu de ce monde inconnu, je me raccrochais au seul être qui m'avait tendu la main…
- Reste… osais-je, au risque de paraître ridicule.
Je ne voulais pas qu'il me quitte. Il soupira longuement, comme si cette décision lui pesait. À mon grand soulagement, il céda à mes caprices. Il s'abaissa, comme pour s'adresser à un enfant, afin que nos visages soient à la même hauteur.
- Si c'est ce que tu désires.
Oui, c'est ce que je désirais. J'étais si absorbée par son regard. Surprise, je fis de nouveau quelque chose qui échappa à mon contrôle. Je lui demandai de prendre place à mes côtés. Il le fit. Je laissai ma tête reposer contre son épaule. Je sentis ses doigts remonter le long de mon bras et glisser le long de ma nuque. Je frissonnai, appréciant la douceur de ce contact en toute innocence dans ma faiblesse…
[…]
M'étais-je assoupie sans m'en apercevoir? Pendant combien de temps?
- Mmmmh…?
En ouvrant les yeux, je me demandais bien où j'étais. Les brumes du sommeil s'estompaient peu à peu. Ah oui, c'était la chambre de Diamant. Je regardai d'abord à droite, puis à gauche. Aucun bruit. Aucune silhouette. Pas de doute, j'étais seule.
Soulagée, je me redressai en position assise. Les draps qui me couvraient glissèrent le long de mon corps, dévoilant ma peau nue.
« Oh! »
Je les rabattis brusquement sur ma poitrine, troublée. Que faisais-je dans mon plus simple appareil? Qui m'avait déshabillée? Le doute m'assaillit, bientôt confirmé par mes craintes les plus profondes. Une douleur aigue m'assaillait au bas du ventre.
J'avais passé la nuit dans le lit de mon ennemi et avec ce dernier! J'étais horrifiée et je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Les détails me revinrent comme un mauvais film qu'on aurait mieux fait d'oublier. Absurdes dans un premier temps, terriblement réels dans un second.
Je me revoyais clairement lui proposer de se joindre à moi. J'avais besoin d'humanité et il était le seul qui avait répondu à mon appel. Je l'avais laissé me toucher au début, persuadée que ses intentions étaient nobles.
Au bout d'un moment, il cessa de me caresser pour m'embrasser. Il ne le fit pas sur mes lèvres, peut-être croyait-il que je le repousserais aussitôt? Mais mon cœur blessé avait besoin d'affection pour panser ses plaies. Les petits baisers devinrent bientôt plus passionnés. Mon corps frémit. Sous le peu de tissu qui les voilaient, mes mamelons se durcirent prêts à accueillir la main qui se glissa entre eux.
Enfin, nos lèvres s'accueillirent. Je goûtais à leur saveur exquise. J'étais comblée. Je voulus m'arrêter là, même si mon corps en réclamait davantage. C'était déjà bien suffisant et j'avais craint de perdre le contrôle.
- Merci, lui dis-je pour lui faire comprendre que nous devions interrompre nos caresses avant de commettre l'irréparable.
Il s'arrêta et plongea son regard dans le mien avant de reprendre possession de mes lèvres. Je me débattis, car je ne voulais pas. Nous ne devions pas faire ça. J'avais été trop loin. Je compris trop tard que j'avais ouvert une porte que je ne pouvais refermer. Je le repoussai, peut-être avec un peu trop de mollesse. Même si ma tête me mettait en garde, mon corps, lui, était prêt à tout céder.
« Non… je… »
Il frotta la pointe durcie de mes seins avec ses pouces habiles. Quand il les pinça durement, un hoquet de surprise s'échappa de ma bouche, bientôt suivi par des gémissements de plaisir. Manoru ne m'avait jamais touché ainsi. C'était comme si Diamant comblait la femme en moi plutôt que d'y voir l'enfant à sermonner. Mes dernières réticences s'envolèrent. J'avais succombé aux perfidies du démon. La chair était si faible...
Comment avais-je pu oublier qu'il était lui-même responsable de ma souffrance? Manoru n'était pas apparu… parce que Diamant l'avait pratiquement achevé. Je ne savais même pas s'il était toujours en vie. Ses sbires m'avaient agressée… parce que Diamant leur en avait vraisemblablement donné l'ordre selon les dires de Rubéus. Tout ça pour affaiblir mes défenses. Sa gentillesse n'avait été que mensonge pour gagner ma confiance. Tout ça pour me détruire. Il poursuivait un but qui lui était propre. Tout ça pour me faire sienne!
Je suffoquai, plaquant ma main sur ma gorge pour m'aider à retrouver mon souffle. Honte à moi! Je m'étais montrée faible et Diamant en avait saisi l'opportunité. Je croyais qu'il m'offrirait sa compassion. Il avait plutôt volé mon innocence. Je pleurai même si toutes les larmes de mon corps ne s'auraient être suffisantes pour étancher le gouffre de ma peine. Un cri de désespoir s'échappa de mes lèvres.
Des éclats de rire me répondirent en écho à ma souffrance. Je plaquai mes mains sur mes oreilles. Je ne voulais pas les entendre, ni même les voir. Je fermai les yeux tant leur cruauté était profonde.
- Alors Sailor Moon, enfin éveillée?
- As-tu apprécié ta nuit parmi nous?!
Malgré mes efforts, je percevais chaque mot. Et chacun d'eux apportait sa propre douleur à mon être. Mon dieu, qu'ils se taisent! Au lieu de cela, Saphir et Rubéus ricanèrent allègrement, se moquant du peu de fierté qui me restait.
Rubéus s'avança vers moi. Il tira mon avant-bras vers lui, libérant mon oreille pour en obtenir toute l'attention.
- Je t'avais pourtant prévenu…
- Ne me touchez pas!
Il sourit, laissant retomber mon bras.
- Ta nuit parmi nous s'est achevée.
- Laissez moi… soupirai-je.
Saphir croisa les bras.
- N'as-tu pas compris, Sailor Moon? Tu es libre.
Je redressai la tête alors que Rubéus me lançait un paquet. Malgré cette nouvelle, mon cœur n'était pas à la fête. J'étais libérée, mais à quel prix?
- Voici tes vêtements.
Je serai le paquet contre ma poitrine, priant pour qu'ils s'en aillent à tout jamais bien afin que je puisse m'habiller. Cela leur semblait égal. Je n'étais plus qu'une putain, un jouet qu'on rejette après usage. Je revêtis mon costume sous leur regard impitoyable. Quand ce fut chose faite, Saphir s'approcha.
- Viens. Nous te ramènerons parmi les tiens.
Je reculai, méfiante.
- Et Diamant? bravais-je.
Ils se regardèrent et ricanèrent à l'unisson. Je serrai le poing. C'est alors que Saphir me répondit ce que je redoutais le plus. Une phrase si abjecte que je la tairai en raison de la douleur qu'elle m'infligea. Tel un fardeau accablant, elle me fit chuter sur mes genoux au sol. Je n'arrêtai pas de la repasser en boucle et en boucle dans chaque recoin de mon esprit démoli.
Saphir et Rubéus me soutinrent jusqu'au cœur du réacteur du cristal ensorcelé. Je ne sus comment mes pieds me permirent de m'y rendre. Sans une once de regret, je disparus au cœur de son passage pour regagner mon siècle bien aimé…
[…]
Le soleil apparaissait à l'horizon. Je l'avais guetté toute la nuit, refusant de fermer l'œil. Je savais le retour imminent de Bunny et je voulais être là pour elle. Bien que ma blessure fût grave, grâce aux soins prodigués par Artémis, Luna et Vénus, je pouvais me permettre de négliger ma douleur. Minako s'était endormie sur le canapé. Je n'avais pas voulu la réveiller. Il était impératif que je rencontre Bunny seul à seul, ignorant dans quel état elle me reviendrait.
En attendant, je faisais les cent pas. Il m'était impossible de rester inactif. Pourquoi était-ce si long? J'allai ouvrir de nouveau la porte pour jeter un coup d'œil. J'avais cru entendre du bruit. Peut-être était-ce comme une de ses innombrables fois où j'avais songé que c'était le cas et que le vide m'avait accueilli. Doucement, j'ouvris la porte.
Il y avait une forme recourbée au sol.
- Bunny?
Les pleurs cessèrent aussitôt. Je m'accroupis à ses côtés. Elle ne releva pas la tête. Elle devait savoir que c'était moi. Pourquoi ne me regardait-elle pas? Que s'était-il donc passé là-bas? Je me maudis intérieurement. J'étais en colère contre moi-même. Je n'avais pas pu la protéger.
« Dis-moi quelque chose, je t'en prie… »
Je l'enlaçai. Sa tête vint se coller à mon épaule. Elle renifla avant de me répondre de cette question qui devait la torturer.
- Et toi, voudrais-tu d'un fruit dans lequel on a déjà mordu?
- fin -
Réponse aux reviews :
Unknown reader
Oui, je vais bien! Je suis toujours en vie du moins. Rires. J'ai eu le plaisir de recevoir une nouvelle review de ta part qui m'a motivée à poursuivre. Mon début était déjà écrit, mais pas ma fin. Mentalement ça y était, mais c'était de savoir comment rabouter chaque parcelle pour former un sens à mon histoire.
Et c'était aujourd'hui ou jamais. Même si c'est un peu cru, j'espère que tu auras passé un bon moment à la lire. J'ai d'autres idées moins sombres pour Bunny et Diamant. Quand j'aurai le temps et l'énergie, je m'y mettrai. J'ai eu la brillante idée de retourner sur les bancs d'école alors ça risque d'être plus compliqué pour cet automne. Merci encore et à bientôt!
Noominaome
Merci pour ta review! Ton conseil m'a fait beaucoup de bien, mais peut-être pas aux lecteurs en attente de la suite. Rires. C'est pas fou. En tout cas, ça m'a permis de me laisser le temps de résoudre mon casse-tête vis-à-vis cette histoire qui méritait une fin, même plusieurs mois plus tard. J'espère qu'on se reverra à une prochaine histoire!
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont suivi cette histoire et celles que j'ai sûrement oubliées. Même si vous êtes anonymes, je vois passer le nombre de lecteurs dans mes statistiques. Cette histoire ne sera pas la dernière. D'autres idées moins sombres (je vous rassure!) naissent dans ma tête. Au plaisir de les partager avec vous tous!
Mascarade
