Alors je publie deux chapitres aujoud'hui pour plusieurs raisons. Celui-ci va parler de la relation entre Murphy et mon OC, et comme je reprends les cours lundi, il va y avoir moins de chapitre, alors je vous envoie de la lecture en avance :D
Et pour ce chapitre je remercie Linctavia pour son aide ;)
Sur ce ...
Slap memories
Quand on les voyait s'agiter ainsi depuis l'aube pour la construction du mur, on les pensait solide comme le roc, on les pensait cabale de tenir droit, d'être fier.
Mais non. Ils étaient fatigués, affamés, apeurés. Tous. Mais personne ou presque n'osait le montrer en public, montrer ses larmes chaudes qui coulaient le long de ses joues salis par les mains pleines de terre qui coupaient le bois. On n'osait pas.
Pourtant elles étaient là, ses larmes. Elles caressaient doucement ses joues, ses lèvres, et venaient s'écraser après une chute sur ses genoux, sur sa veste ou alors elles allaient abreuver la terre. Par moment, entre deux sanglots étouffés, sa main blanche venait essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues tout aussi pâles.
-Ça va ?
Alexia releva les yeux en essuyant grossièrement ses larmes, et sourit à la jeune fille.
-Oui. Oui ça va.
-Mais tu pleures.
-C'est rien. Ne t'en fais pas. Tu veux quelque chose ?
-Je t'entendais pleurer, je voulais savoir si ça allait, continua la petite en s'approchant. Moi c'est Charlotte, et toi ?
-Alexia.
-Alors c'est toi que Murphy cherche !
-Murphy ?
-Oui, il te cherche depuis un moment, il veut te demander quelque chose.
Alexia caressa la joue de la petite, et passa sa main dans ses cheveux en souriant. Elle était jeune et belle, mais la nouvelle qu'elle venait de lui donner n'avait pour effet sur Alexia que faire remonter ses larmes. Elle n'avait pas envie de de nouveau affronter les autres, sembler fière. Mais elle devait le faire. Alors elle se leva, et Charlotte glissa sa main dans la sienne en lui souriant.
-Ah, Alexia …
Sa voix sombre n'annonçait rien de bon. Charlotte lâcha sa main quand elle s'avança vers Murphy. Il dû remarquer qu'elle avait les yeux rouges, les joues humides et pâles, mais il ne fit aucune remarque.
-Qu'est-ce ce que tu me veux ? Dit-elle calmement, comme lassée de tout.
-Ce matin, je t'ai demandé d'aller chercher de l'eau pour mon groupe, et j'apprends que tu ne l'as pas fait. Puis-je savoir pourquoi ?
Sa conscience lui insufflait de lui dire de se taire, d'arrêter de parler comme s'il était un roi, mais elle était trop lasse pour faire cela.
-Je n'ai pas eu le temps.
-Pas le temps hein ?!
Elle trembla. Il lui faisait penser à son père soudainement. Pressé, hautain, froid.
-Oui, j'ai dû-
-Je me fous de tes excuses, je t'ai demandé de faire quelque chose, alors tu le fais. On construit le mur, et sans eau on ne va pas aller loin, dit-il avec mépris tout en attrapant son poignet fermement.
-Tu n'es pas le chef ici.
-Je vais le devenir, tu ferais bien de t'y habituer !
-Et sous ce prétexte on devrait laisser mourir Jasper ?!
Clarke venait d'entendre le nom de son dernier patient, qui hurlait toujours à la mort dans le vaisseau. Alexia l'avait aidé toute la matinée, jusqu'à ce que ses nerfs craquent. Elle avait amené de l'eau pour Jasper, et aidée à refaire les bandages.
-Il va mourir de toute façon, cracha Murphy en lâchant son poignet.
-Toi aussi, répondit Alexia froidement. Le plus tôt sera le mieux, d'ailleurs.
-Répète ça, pour voir ?
-Tu vas crever comme un chien, parce que personne ne voudra t'aider ! Hurla-t-elle.
Bellamy releva la tête, croisa le regard de Mbege et tous deux rejoignirent la troupe qui s'était formé autour de la dispute naissante.
-Je suppose que ce sera pareil pour toi puisque tu ne fais pas ce qu'on te dit.
-Si j'vais fait ce qu'on me disait de faire je serais morte !
-Ça aurait été mieux.
-Pour toi aussi, Murphy.
-Moi, je vais mener des gens à la vie. Toi, si tu ne peux même pas ramener de l'eau …
-Et me prendre une lance comme Jasper ?! C'est ça que tu voulais !
-Baisse d'un ton quand tu me parles, aboya Murphy en croisant les bras.
-Oh mais bien sûr ! Sous prétexte que monsieur va peut-être éventuellement un jour devenir un leader, on devrait tous mourir pour satisfaire ses besoins !
-Tais-toi. Tu ne sais rien. Tu ne vaux rien.
Ce n'était pas le ton sur lequel il l'avait dit, si froid qu'il aurait brisé la roche, si méprisant que Clarke en aurait perdu confiance en elle, qui l'arrêta soudainement. C'était cette phrase, cette si petite phrase qu'elle avait entendu tellement de fois dans la bouche alcoolique de son père. L'odeur de l'alcool, le mépris dans sa voix, cette voix grave et sombre qui sonnait comme un claquement de fouet, elle venait de la retrouver en Murphy.
Le sourire amer qu'il eut sur le visage n'arrangea rien. Il semblait savourer ça, comme son père savourait sa peur quand elle était petite. Une peur qui l'envahissait et l'empêchait de faire le moindre mouvement jusqu'à ce qu'il dorme. Une peur qui l'avait réduite au silence toute son enfance, et qui l'avait conduit sur Terre. Et dans les yeux du psychopathe en face d'elle, elle retrouvait la prétention de son père.
Une larme se faufila un chemin sur sa joue, et les yeux bleus de Murphy la suivirent. Il connaissait ce sentiment. Mais il ne comprit pas aussitôt quand la brune fronça les sourcils et s'approcha d'elle à grands pas. Il se contenta de la regarder faire.
Le bruit sec avait retenti dans tout le camp, et tous en étaient bouche bée. Un simple bruit sec, court, qui avait frappé la joue de Murphy. Il avait la tête tourné vers le mur en construction, et un souvenir cuisant sur le visage, accompagné d'une belle marque rouge écarlate, alors qu'Alexia avait fait demi-tour et s'éloignait en silence.
Clarke et Bellamy échangèrent un regard. Personne n'osait provoquer Murphy. Du moins, pas sans être sûr d'avoir une chance de l'emporter sur lui, sauf Wells qui fonçait tête baissée.
Murphy porta sa main à sa joue brûlante tout en regardant d'une façon étonnée Alexia qui disparaissait dans un coin. Il ne chercha pas à la suivre. Sans trop savoir pourquoi lui-même.
-Qu'est-ce que vous regardez ! Cria-t-il en regardant les autres, qui retournèrent bien vite à leur travail, à la construction du mur. Il s'avança vers Fox, un air exaspéré sur le visage, et empoigna son bras.
-Toi, tu la connais. Pourquoi elle a fait ça ?!
-La dernière personne qu'elle a claqué, c'était son père.
-Pourquoi ?!
-C'est pas à moi de te le dire, déclara Fox avant de se dégager.
Murphy la regarda partir. Oui, il aurait couru derrière n'importe qui qui aurait osé le claquer. Mais juste avant de recevoir cette claque, il avait vu cette lueur dans son regard. Il la connaissait bien. C'était celle qu'il avait eu quand sa mère le lui avait dit. Lui avait dit qu'il n'était qu'un monstre, qu'un assassin, qu'il avait tué son père.
Il avait osé dire une chose qu'il n'aurait pas supporté entendre à son égard, il en assumait les conséquences mais ce qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi elle semblait ressentir la même chose qu'il avait ressenti, un deux ans plus tôt sur l'Ark.
Ça lui avait foutu un coup, et pas qu'au sens propre. Il se rappelait des yeux larmoyants de sa mère, de cette nuit qu'il avait passé à pleurer et à hurler dans sa chambre en suppliant la Mort de mettre fin à tout ça. Quand il avait eu mal comme jamais. Alors pourquoi elle aussi semblait avoir vécu ça, et pourquoi avait-elle réussi à continuer à vivre normalement, sans tuer pour se protéger envers tout et n'importe quoi ? Comment avait-elle fait, qu'est-ce qu'il s'était passé ?
L'espace d'un instant, il avait eu l'impression de se voir lui, enfant, devant le monstre qu'il était devenu. Ou son père. Son père qui avait honte de ce fils qui était devenu un psychopathe sans état d'âme.
-Murphy ? Tu ne vas pas pleurer hein ?
Il leva les yeux vers Mbege.
-Où est-elle ? Demanda-t-il doucement.
-Là-bas mais … Fait pas le con mec.
Tout en avançant, il avait comme une voile de souvenir devant les yeux. Son père, ses yeux de glace, sa mère, ses bouteilles vidées et mortes allongées sous la table, et lui, ses larmes abondantes.
-Alexia ?
Elle avait les bras croisés sur ses genoux, assise dans un coin loin de tout. Elle releva la tête vers Murphy. Elle pleurait. Et pas qu'un peu. Des larmes aussi grosses que des perles, et les yeux rouges.
-Quoi encore ?
-Désolé.
Elle le regarda sans comprendre.
-C'est Clarke qui t'envoie ? Bellamy ?
-Non. C'est moi-même.
-Tu vas te venger c'est ça ?
-Non. Je veux comprendre.
-Y a rien à comprendre, quand tu pousses les gens à bout ça-
Il lui fit signe de se taire et s'agenouilla devant elle.
-Je veux comprendre pourquoi cette phrase a eu cet effet-là, et pourquoi tu m'as regardé comme ça.
-Pourquoi ?
Murphy la fixa en silence, sans rien dire. Il hésitait. Il ne pouvait pas permettre à la moindre personne de lui faire du mal. Mais il l'avait provoqué aujourd'hui. D'ordinaire elle lui souriait, lui parlait, ne le regardait pas avec peur, haine ou pitié.
Il ne s'était jamais confié depuis deux ans, il n'avait jamais osé laisser John reprendre les commandes à la place du Murphy psychopathe qu'il était devenu. Il n'avait jamais osé vivre pleinement, il s'était toujours caché derrière le sang de ses meurtres, il avait toujours tué tout ce qu'il lui voulait ou lui faisait du mal.
-Parce que j'ai eu l'impression de me voir.
-Toi ? Elle eut un petit rire. Tu es un psychopathe.
-Si je te disais que je suis plus effrayé que quiconque ici ?
-Tu mentirais.
-Et si tu acceptais que ce soit la vérité ?
-Je me demanderais bien pourquoi.
-Et si tu m'expliquais pour que je fasse de même ?
-Je m'en fous de toi, Murphy.
Il eut un sourire et la fixa.
-Tu es la seule personne à qui je n'ai jamais avoué autant de chose en si peu de temps, dit-il avant de se lever.
-Pourquoi ? Demanda-t-elle avant qu'il ne parte.
-Parce que j'ai trop souffert je suppose, et que j'ai pris peur.
-Et pourquoi tu me dis ça ? Demanda-t-elle en essuyant ses larmes.
-Parce que pendant un instant, j'ai cru que … La Terre offrait réellement une seconde chance, dit-il avant de partir en perdant son sourire et en renfilant cette protection de psychopathe qui lui collait à la peau depuis deux ans.
Et que pendant un instant, il avait cru que parler et effacer le passé serait chose aisée. Mais il s'était trompé. Et il se trompait tout le temps. Il ne pouvait pas lui faire confiance. Il ne pouvait pas.
-Murphy ?
Il se tourna vers elle.
-Raconte-moi. S'il te plait …
Il lui fit un faible sourire et retourna vers elle pour s'asseoir à ses côtés. Elle essuya d'un revers de main les larmes qui se tarissaient sur ses joues, et le fixa. Elle le regardait non pas avec pitié, mais avec compassion.
-Même si je suppose que tu ne vas pas tout me dire.
-En effet.
-Dis-moi juste pourquoi tu fais ça.
Il la fixa dans les yeux. Jusque-là, il n'y avait jamais prêté attention.
Pas un bleu électrique, ni un marron profond, non. Elle avait les yeux noisette. Les larmes y étaient encore présentes, mais aussi une foule d'émotion. De la tristesse, de la compassion, de l'étonnement. Elle parlait plus avec ses yeux qu'avec des mots.
-J'ai eu l'impression de me voir, enfant. De me voir perdu comme j'étais. Et je sais où ça m'a mené.
-Alors dans un acte extrême de générosité tu vas faire en sorte que cela ne m'arrive pas ? Ironisa-t-elle en essuyant les dernières larmes.
-Je n'ai pas envie de voir quelqu'un d'autre laissé filer sa vie, lâcha-t-il en baissant les yeux.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est encore pire que la mort. Peut-être aussi parce qu'avant ce jour tu me regardais comme tu regardais tous les hommes ici, sans haine ou pitié, et que j'ai tout fait foiré pour me voir comme dans un miroir qui me montrerait l'intérieur de moi-même, et que j'ai pris conscience de ce que j'avais fait.
-Tu es sentimental, Murphy.
Il lâcha un petit rire et releva ses yeux vers elle.
-J'ai envie d'essayer, de voir si la confiance vaut la peine.
-Et si je refuse ?
-Alors dans ce cas j'essayerais de ne plus t'hurler dessus, et je ne te demanderais rien.
-J'avoue que je ne te comprends pas, lâcha-t-elle après un court silence tout en triturant nerveusement ses doigts. Je dois aller chercher de l'eau au fait, non ?
Il lui sourit et la laissa se lever en la regardant partir.
Faire confiance à quelqu'un, il n'avait jamais imaginé faire ça un jour, mais après tout la Terre était pleine de surprise. Il secoua la tête avant de se lever à son tour pour continuer la construction du mur, la tête pleine de pensés.
Alors ! Je sais c'est étrange la façon dont Murphy change, mais bon, c'est dur d'écrire un changement sur un psychopathe. Allez quoi, soyez sympa :3
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Kanli
