Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Voici la suite des suggestions de oO-Nena-oO que vous pouvez remercier encore. Merci à barjy02, yakusokuyumi et oO-Nena-oO pour leur commentaire sur le chapitre précédent. Je suis contente de voir que vous suivez encore ces OS malgré la longue absence que j'ai imposé.

Et n'oubliez pas que vous pouvez me proposer des noms pour la suite dans les commentaire ou en PM si vous préférez.

Bonne lecture et laissez un commentaire !


Au bout du rouleau 8

Quand Michel est au bout du rouleau

Face au roi de l'Enfer régnait le prince du Paradis.

Face à Crowley, ancien démon des croisements, il y avait Michel, ancien grand frère.

Aujourd'hui, alors que le démon ne voyait ses sujets que comme des jouets à sa merci qu'il pouvait manipuler pour rester sur le trône, l'archange ne bougeait pas de son bureau et regardait à travers la vitre les anges traverser dans un sens comme dans l'autre le couloir qui reliait les différents services.

Il reconnaissait toutes les grâce qui passaient devant lui.

Celle d'un rose pale d'Hannah qui avançait d'un pas rapide en soutenant quelques dossiers bien épais.

Celle qui hésitait encore entre le noir et le bleu de Zacharie qui entretenait une conversation passionnée avec Uriel qui prenait des notes sur un calepin et dont la grâce pétillait gentiment dans un bain de jaune.

Celle de Balthazar ressemblait à de la fumée rouge qui tentait de s'épanouir sur la plus large surface possible. L'ange ne semblait pas très concerné par ce qui l'entourait et Michel ne pouvait pas lui en vouloir. Lui-même aurait voulu se retrouver ailleurs, dans les jardins par exemple, au lieu de respirer le même air depuis des jours et des jours.

Samandriel courait, comme à son habitude, à la poursuite des déserteurs de leur poste de travail. Il semblait un peu perdu dans cet univers qu'il venait à peine d'intégrer, en commençant en bas de l'échelle. Sa grâce reflétait sa panique de ne pas trouver les délinquants en reflétant un vert maladif gluant.

Il fut interrompu quelques mètres plus loin par Castiel, brandissant une feuille que le plus jeune avait oublié derrière lui. Ce dernier ne laissait voir qu'une grâce qui oscillait entre le bleu et le violet dont la forme d'un tas de filaments ressemblait à la plupart des grâces des anges en formation pour devenir soldat.

Michel continua d'observer ceux qui avaient été ses frères et sœurs avant de devenir des soldats puis des fonctionnaires. Le Paradis n'était plus le havre de paix où seulement les archanges s'occupaient rapidement de toute cette paperasse et laissait le temps aux autres anges de se cultiver à loisir.

Un sourire aux lèvres, Michel se rappela d'un jour où le formulaire qu'il remplissait depuis une demi-heure l'avait tellement ennuyé qu'il l'avait simplement laissé sur son bureau, à côté d'un tas d'autres, pour aller profiter d'un coin d'herbe et plonger son regard dans les nuages tout en écoutant ses frères et ses sœurs jouer à quelques centimètres de lui.

Raphaël l'avait très vite rejoint pour connaître l'avancement dans la création des nouveaux paradis, la gestion des flux d'âme et la croissance des anges nouveaux-nés. L'archange lui avait donné deux ou trois chiffres pour le satisfaire puis l'avait invité à le rejoindre pour profiter un peu du monde autour d'eux. Il avait protesté un instant, voulant conserver son image de bosseur, mais céda lorsque trois petits angelots lui demandèrent avidement de leur raconter une histoire.

Raphaël en connaissait des tas. Que cela concerne la Genèse, le Christ ou même l'enfance de ses frères archanges. D'ailleurs, il profita de sa présence pour raconter comment Michel, adolescent à l'époque, avait été à son premier rendez-vous amoureux, comment il s'était évanoui durant le pique-nique qu'il avait organisé parce que la fille lui avait pris la main pour la poser sur sa cuisse et comment elle l'avait porté pour le lui rapporter, croyant qu'il était tombé malade.

Michel était rouge de honte et les enfants réunis éclataient de rire avant de s'élancer vers d'autres camarades de jeu pour tout leur raconter avec leur langage si simplifié.

A cette époque, il détestait ces histoires qui le concernaient et qui le mettaient dans l'embarras.

Mais, au moins, les enfants n'avaient pas peur de lui.

Les anges n'avait pas peur de lui.

Aujourd'hui, il ne pouvait plus faire un pas sans les voir se plier en deux devant lui, baisser le regard et le saluer le plus respectueusement.

Raphaël avait arrêté de raconter ses histoires après de maigres tentatives. Personne ne voulait plus savoir comment s'était déroulé l'anniversaire de la majorité de Michel. Ils ne voulaient pas recevoir des représailles de sa part pour avoir cherché à l'humilier.

Il aurait payé le prix fort pour que les sourires reviennent sur leur visage et qu'il continue lui-même à rougir de ses prouesses de jeunesse.

Mais tout ça avait disparu en même temps que Lucifer.

S'il n'avait pas pu veiller sur son petit frère, comment aurait-il pu veiller sur les autres ?

Le Paradis n'en était plus un pour lui.

Il était fatigué de tout ça.

Il regrettait de posséder une mémoire aussi parfaite de tout cet ancien temps.

Michel n'avait plus goût à grand chose. L'archange ne faisait plus que remplir et assigner sa signature sur les documents qu'on lui présentait. Il se conformait au rôle que son Père lui avait attribué. Il restait ce que les autres voulaient qu'il soit, le premier des archanges, celui qui fait respecter la loi sans exprimer ses propres désirs.

Il inspecta sa grâce un instant, comme pour chercher la réponse à toutes ses questions. Pour comprendre ce qui avait changé...

...

Elle n'avait pas un peu noirci ?