Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Voici la dernière des suggestions de oO-Nena-oO. N'oubliez pas que vous pouvez toujours proposer des noms. Ces OS marchent aussi grâce à vous.

Merci encore à yakusokuyumi et oO-Nena-oO pour leur commentaire sur le chapitre précédent !

Bonne lecture et laissez un commentaire !


Au bout du rouleau 9

Quand Adam est au bout du rouleau

La vie s'arrêtait souvent lorsqu'on croisait la route des Winchester.

Mais personne ne pensait que les malheureux avaient eu une vie AVANT leur rencontre fatidique.

C'était le cas d'Adam Milligan.

Étudiant en biologie, il menait une vie mouvementée tous les jours. Mais il n'allait pas abandonner. C'était hors de question.

Adam en avait vécu des choses depuis qu'il savait marcher. Il s'était cassé une jambe, pris un ou deux râteaux mémorables et avait fugué deux jours chez un ami. Le jeune homme avait eu une vie normale jusque là, comme tous les enfants de son âge. Même si il ne voyait son père que rarement, il était là pour les moments importants et c'était l'essentiel.

D'ailleurs, dans une semaine, il allait fêter son dix huitième anniversaire et John les avait contacté pour les prévenir de son arrivée. C'était impossible de savoir où il était ou ce qu'il faisait le reste de l'année quand il n'était pas avec eux. Mais il trouvait toujours un moyen de trouver du temps pour venir les voir.

Adam était une véritable boule de nerfs. Avec cet événement qui se rapprochait, sa mère était souvent sur son dos. Elle préparait bien quelque chose mais lui n'avait pas le droit de savoir quoi. De toute façon, il avait de quoi faire avec ses amis à la fac qui le charriait avec l'approche de la date fatidique.

Un compte à rebours s'était installé naturellement dans sa tête.

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J-5 : Quelqu'un avait placardé des affiches dans tout le bâtiment scolaire avec son visage dessus et une simple légende : « Ce gars a les sujets d'examen de tous les partiels ! ».

La seconde d'après, Adam remarqua les regards fauves qui ne le quittaient pas. Deux heures plus tard, un étudiant était venu lui demander le sésame. Et tous les étudiants dans le couloir l'imitèrent, se jetant sur lui pour obtenir ce qui sauverait leur année. S'en suivit une course mémorable où il jouait la proie et tous les autres les chasseurs.

Le seul temps mort qui lui était accordé était les heures de cours où il pouvait souffler un peu avant de reprendre la chasse à l'homme.

Le soir-même, les affiches avaient été arrachées et la rumeur avait été démenti par plusieurs professeurs et par l'élève responsable de cet événement : Judith Miller. Une de ses amies, évidemment.

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J-4 : Une fois sûr que personne n'allait l'agresser, Adam se dirigea vers son casier, chose qu'il faisait tous les jours pour prendre ses livres.

Mais ce n'était pas tous les jours que son casier était peint avec les couleurs de l'arc-en-ciel. Il n'y avait que le sien. La délimitation avait bien été marquée pour ne gêner que lui. Des stickers de licornes et de fées animaient le décors multicolore.

Sous les rires amusés de ses camarades, il ouvrit son casier, bien décidé à en finir rapidement. Mais pourquoi l'achever rapidement quand on pouvait s'amuser un peu plus ?

Un sac de paillettes explosa devant son visage. Il se recula, surpris de la nouvelle agression. Il gesticula, tentant de faire tomber les paillettes accumulées sur son visage. Au fond du casier avait été collée une feuille avec l'inscription : « C'est pas fini ! Il reste 4 jours ».

Pendant toute la journée, Adam ressembla à une boule à facettes.

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J-3 : Une bonne douche avait été nécessaire pour faire disparaître les dernières traces de paillettes. Il avait même du nettoyer la douche après utilisation. En franchissant les portes de l'établissement au matin, il avait peur de ce qui l'attendait.

Son casier n'avait pas encore été lavé des couleurs arc-en-ciel mais les paillettes ne se trouvaient plus à l'intérieur. Cela ne faisait que retarder ce qui devait arriver plus tard dans les vestiaires.

Il ne restait plus que lui sous la douche après la séance de sport hebdomadaire de son club. Le jeune homme n'avait que très peu de temps libre mais il mettait un point d'honneur à pratiquer une activité physique pour se maintenir en forme. Et puis, si c'était gratuit, pourquoi ne pas en profiter ?

Tout en se rinçant les cheveux, du shampoing restait encore éparpillé entre ses mèches alourdies par l'eau de la douche. Il se passa une main énergique, ce qui poussa les quelques bulles de mousse restantes dans les yeux.

Pinçant les lèvres et fermant les yeux, il exposa en vitesse sous visage sous le pommeau pour éliminer le plus vite possible la sensation très désagréable. Adam continua de garder les yeux fermés, à la fois par sécurité et parce que ça faisait encore mal de les ouvrir.

Malheureusement pour lui, il ne remarqua pas l'ombre glissante derrière lui. Il ne vit pas non plus la bouteille qu'elle avait dans la main se déverser en grande quantité sur sa tignasse.

Il ne le remarqua que lorsqu'il croisa une vitre lui reflétant des cheveux rose.

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J-2 : La teinture encore présente, Adam eut du mal à se lever ce matin-là.

Ce n'était qu'une blague. Il l'avait compris. De plus, ses amis, si il pouvait toujours les appeler comme ça, lui avait proposé une autre bouteille de teinture pour atténuer l'espèce de chewing-gum qu'il avait sur la tête. Il avait refusé, acceptant la sentence pour quelques jours.

Cependant, ils auraient pu choisir une couleur moins « éclatante » ! Du noir, du orange ou du bleu foncé mais pas du rose. Heureusement, si on pouvait dire, les coupables lui avaient offert un bonnet pour cacher temporairement sa chevelure anormale. Bien sûr, il avait vérifié si le bonnet n'était pas piégé en le faisant porter par un tiers.

Et puis, il aurait sa vengeance dans quelques semaines...

Bref, malgré les regards vissés sur son bonnet, il passa à peu près une bonne journée. Rien d'afficher dans tout l'établissement, rien de piéger dans le casier, pas de douche publique aujourd'hui. Voilà une petite pause dans le décompte jusqu'à son anniversaire.

Sauf que, depuis quand sa blouse de chimie, celle qu'il devait porter pour la moitié de sa journée, ressemblait à une œuvre artistique ratée ?

On aurait dit que quelqu'un avait renversé un pot de peinture bleue sur le dos avant d'essayer de rattraper le coup en ajoutant des cotillons et dessinant des spirales hypnotiques. Et n'oubliions pas les tentatives de dessin comme un éléphant disproportionné qui levait sa trompe vers un bouton, une tête de chien d'un amateur avec un haut de forme ou des fruits en suspension dans les espaces trop petits pour y mettre autre chose. Pour finir de la détourner en toile pour des collégiens en mal d'inspiration, l'intérieur était gribouillé de signatures et de petits mots doux à son attention.

Heureusement, les coupables signalaient par des flèches que la peinture et tous les ustensiles utilisés sur la blouse passaient à la machine.

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J-1 : Même si sa blouse n'était pas encore sèche – heureusement que c'était jour de lavage – on lui en avait prêté une propre.

Après avoir vérifié qu'elle n'était pas piégée d'une quelconque manière, il resta sur ses gardes le restant de la journée.

A chaque recoin, il vérifiait du coin de l'œil que personne ne s'y cachait. Dans les couloirs ou en classe, il observait ses camarades et leur mimiques, tout ce qui pourrait le prévenir d'un guet-apens futur. Mais il ne vit rien.

Malgré quelques regards sur lui, cette journée avait été calme et sans rebondissement.

On lui avait accordé un jour de repos !

Mais il redoutait le lendemain, une fois que les esprits reposés se remettraient à l'œuvre.

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Jour-J : On lui avait fait enfilé une chemise blanche dédicacée par un tas de personnes dès qu'il avait mis un pas dans la fac. Les félicitations fusaient de tous les côtés à tel point que Adam ne savait plus où donner de la tête. Les cris venaient de partout à la fois comme si il était devenu du jour au lendemain une star de cinéma.

Et puis, d'un seul coup, le groupe euphorique s'était dispersé pour le laisser seul, comme si ils étaient passé à autre chose.

Il ne bougea pas pendant quelques secondes, le temps pour lui de reprendre un fonctionnement normal.

Puis il alla en cours, déjà en retard et le cerveau embrumé par cet accueil normal. Adam eu tout juste le temps de filer à son casier et tant pis si celui-ci était rempli de petits mots attentionnés pour lui souhaiter un joyeux anniversaire.

La seule place au premier rang ne lui permit pas de remarquer les murmures échangés entre les étudiants. Il ne vit pas non plus la foule se former derrière lui au fur et à mesure qu'il traversait les couloirs pour rejoindre la cafétéria.

Là, dès qu'il poussa la porte, un flot de confettis accueillit son entrée. Des éclats de voix attiraient son attention partout à la fois. Entre des mains en l'air et les corps qui se pressaient contre lui, il discerna une banderole suspendue au plafond de la salle : « Bon anniversaire Adam ! ».

Ses amis lui avait préparé une fête surprise dans l'enceinte de l'établissement, comme ce qu'on faisait en primaire ou au collège. Des vrais gamins dans l'âme ! Une fois qu'il réussit à s'extirper de la foule autour de lui, il atterrit sur une chaise en face d'un gâteau de toutes les couleurs. Quelques mots avaient été griffonnés dessus avec de la crème pâtissière mais impossible de comprendre le message à cause de toutes les étoiles en sucre qui avaient été jeté dessus pêle-mêle.

Dans son dos, sur la chemise qu'il n'avait pas retiré, il y avait d'écrit : « A 13h à la cafèt'. C'est mon anniversaire ».

Il ne s'y était pas attendu et avec tous les cris et l'atmosphère en fête dans la pièce, il savait d'ores et déjà qu'un énorme mal de crane l'attendait à la sortie.

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Au soir, bien épuisé, il était enfin rentré chez lui. L'Impala de son père était garée. Son père et sa mère l'attendait pour fêter en famille ses dix huit ans. Bien que sa journée avait été un enfer et qu'il était physiquement à bout, il prit plaisir à cette petite fête autour d'un gâteau et de quelques cadeaux de ses parents. Grâce à ses petits moments hors du commun, hors de la routine, Adam pouvait continuer à penser à son avenir, à celui de sa mère et son père en toute tranquillité. Il se disait que rien ne pouvait briser sa famille...

… jusqu'au jour où la malédiction des Winchester, malgré les gènes maternels, refit surface.

Après la mort de sa mère, c'était à son tour de rencontrer une goule.

Il était devenu un Winchester à 100%.