Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Voici un nouveau chapitre proposé par oO-Nena-oO ! Merci encore à elle pour tous ses noms qui me permettent d'avoir plus d'expérience dans l'écriture et d'explorer davantage l'univers de Supernatural !
N'oubliez pas que vous pouvez proposer des noms!
Merci à barjy02, yakusokuyumi et oO-Nena-oO pour leur commentaire !
Bonne lecture et laissez un commentaire !
Au bout du rouleau 11
Quand Gadreel est au bout du rouleau
Il continuait d'errer sans aucun but précis dans le brouillard que son esprit lui matérialisait, laissant son corps immobile comme si il dormait.
Gadreel, seul comme souvent, ne comprenait pas ce qu'on voulait lui enseigner en lui attribuant cette tache de préserver le jardin d'Eden de toute intrusion.
Dieu l'avait créé, l'avait doté d'une grâce et lui avait enfilé un costume dont il ne voulait pas.
Il aurait du être fier d'exister, heureux de se trouver du bon côté de la barrière, admiratif de ses aînés qui avaient tant à lui apprendre, souriant face à ses cadets.
Il aurait du mais il ne pouvait s'y résoudre. Gadreel n'était pas une personne que l'on approcherait de prime à bord. Les autres anges lui adressaient la parole, partageaient avec lui quelques moments de répit avant de se remettre au travail.
Cependant, ce n'était pas à lui qu'ils pensaient lorsqu'ils devaient se confier. Ce n'était pas non plus vers lui qu'ils se dirigeaient pour entamer une relation plus intime. En fait, Gadreel était le genre de personne à passer inaperçue.
Il ne s'en plaindrait pas, sachant que cela l'avait sorti de tout un tas de situations délicates. Ça lui rappelait la fois où il avait voulu participer à une conversation en prenant la parole mais le brouhaha qui en provenait avait couvert sa voix frêle et pourtant motivée. Et puis, la conversation devint un peu plus houleuse et Gadreel avait pu s'en aller sans se faire remarquer par qui que ce soit.
Donc non, il ne se plaindrait pas de ce don. Il ne s'en plaignait pas mais, parfois, il aimerait juste pouvoir le désactiver ou trouver quelqu'un qui n'en subissait pas l'influence.
Ce serait l'idéal...
Un idéal qu'on lui avait refusé dès l'apparition.
Gadreel continuait d'avancer, en tout cas c'était l'impression qu'il avait, parmi ses frères et sœurs qu'il ne voyait plus que comme un amas de brume impossible à attraper. Sa grâce semblait étouffer sous le poids de ses tourments. Elle tourbillonnait de plus en plus vite sur elle-même, se recroquevillant et se débattant à la fois pour se sortir de ce cauchemar.
Il était à bout de se débattre parmi ces êtres qui se disaient être ses frères et sœurs. Il arrivait des fois où il se perdait lui-même durant un moment de réflexion.
Il se retrouva assis, dans un coin ombragé du bâtiment de musique, là où une fenêtre ouverte le laissait écouter un brin de mélodie au piano.
Ce n'était que lors de ces moments que le brouillard semblait se dissiper et devenir un cocon pour le laisser écouter la partition. Gadreel n'avait pas besoin de réfléchir à qui jouait dans la salle à cette heure de la journée. Il savait que quelqu'un jouait et personne ne savait qu'il abandonnait son oreille à la mélodie.
Il n'y avait qu'à cet instant que le monde qui l'entourait prenait des couleurs. Les anges qui passaient devant lui sans le voir émettaient des rayonnements qui ne provenaient pas de leur grâce. Certains étaient rouges de honte, d'autre verts de jalousie, ou encore marron de s'être fait avoir. Ils passaient d'une couleur à une autre aussi vite que leur humeur.
Aussi vite que les notes d'un piano qui s'enchaînaient.
Il n'avait pas besoin de penser, de chercher à savoir si quelqu'un se souciait de lui car, maintenant, il ne s'en souciait pas. C'était un moment de liberté où il pouvait déployer ses ailes et s'envoler dans les air pour prendre de l'altitude et sentir le vent dans ses plumes balayer tous ses doutes.
A cet instant, il n'avait pas besoin que quelqu'un le regarde ou lui adresse la parole.
Et la mélodie s'arrêta nette, bien plus tôt que d'habitude. Gadreel ouvrit les yeux, ne se souvenant plus de les avoir fermé, et remarqua que le monde était de nouveau gris et inaccessible. Ses ailes, pliées dans son dos, frissonnaient encore de la liberté si vite retirée dont elles avaient pu profiter en rêve.
Ce n'était pas une sensation agréable de se réveiller de cette façon, aussi brusquement que si on le jetait hors de son lit douillet.
Gadreel reprenait sa place d'ange invisible au milieu de ses frères et sœurs. Il devait retourner à son rôle de gardien du Jardin d'Eden, là où il n'avait besoin que d'être attentif.
Lorsqu'il se releva pour quitter sa place, il ne put s'empêcher de se retourner, comme s'il était pris d'instinct.
Il vit un ange accoudé à la fenêtre depuis l'intérieur qui le regardait avec un brin de malice dans le regard. Gadreel ne fit pas un pas de plus pour s'en aller. Il ne quitta pas des yeux l'ange en face de lui qui le détaillait de la tête au pied.
Étrangement, il avait l'impression qu'il le voyait comme une personne à part entière, comme un être doué de vie avec une histoire qui le définissait. Gadreel avait l'impression de compter.
Mais ce n'était pas possible. Ça ne devait être qu'une impression. Il devait ressembler à l'une de ses connaissances, tout simplement. Alors il s'en alla. Mais, quelques pas plus loin, il fut interrompu.
-Tu pourrais venir à l'intérieur pour une fois.
Il n'y en avait eu qu'un qui avait su le voir au-delà de l'illusion sans même qu'il s'en aperçoive.
Lucifer.
