Bonjour, bonsoir et bienvenue ! Voici le dernier OS de cette série proposé par oO-Nena-oO ! Peut-être qu'il y en aura d'autres mais pas tout de suite. Continuez de proposer des noms, je serai attentive à vos demandes.

Merci à yakusokuyumi, oO-Nena-oO, shinobu24 et barjy02 pour leur commentaires !

Bonne lecture et laissez un commentaire !


Au bout du rouleau 12

Quand Balthazar est au bout du rouleau

Il ne savait pas comment il en était arrivé là mais si il devait désigner un coupable pour son malheur, Balthazar choisirait sûrement un de ses frères et sœurs.

Tout avait bien commencé pourtant : lui dans le plus simple appareil, un bateau sublime hors de prix, des filles pas plus habillées, une quantités infinie de boisson...

La musique battait son plein, laissant à peine entendre les gloussements des filles affolées autour de lui et leurs éclats de rire aigus pour lui plaire. Elles se pavanaient pour chercher uniquement à lui plaire. Il arrivait aussi que deux d'entre elles se chamaillent, en venant très vite aux mains qui tiraient les cheveux, parce que l'une l'aurait poussé et que l'autre n'avait pas aimé sa façon de la regarder. C'était le genre de chamaillerie qui l'amusait au début, gonflant sa fierté au point d'exploser, puis qui l'ennuyait au point de la faire disparaître pour l'apparition d'une autre créature qui attendait patiemment l'autorisation d'entrer sur le bateau.

La musique changea et le rythme de la soirée reprit de plus belle. Il ne suffisait que de quelques notes dans les hauts-parleurs et d'un tas de corps se trémoussant dans la cabine et sur le pont pour rendre cette soirée très festive.

Alors, qu'est-ce qui avait mal tourné ?

En l'espace de deux secondes, pas une de plus, l'atmosphère très détendue du bateau de luxe avait viré à l'eau de rose, allant même jusqu'à faire tourner les lumières éblouissantes et flashy qui virevoltaient dans tous les coins en un rose bonbon collant comme du chewing-gum. Toutes les filles présentent sur le bateau coururent comme horrifiées vers l'extérieur et personne ne prit leur place à bord.

Le visage de Balthazar était lui aussi figé de peur dès les premières notes de musique.

Every night in my dreams

I see you, I fell you

Oh mon Dieu ! Céline Dion !

Incapable de bouger, les enceintes continuèrent de vomir leur paroles. L'atmosphère changea une nouvelle fois sans que personne n'y ait touché. Le rose devint bleu et on projeta sur le mur d'en face une courte vidéo.

Oh mon Dieu ! Titanic !

Le clip défilait sous ses yeux grands ouverts, incapable de les fermer, tandis que la musique se superposait aux images.

Il compta mentalement tout le temps que dura son supplice.

Quatre minutes et trente six secondes.

Au bout de ce délai, tout s'éteignit, le projecteur, les enceintes, les lumières dansantes.

Il ne restait plus qu'une ampoule pendouillant du plafond dans un éclat jaune délavé.

Libre de ses mouvements, Balthazar ne bougea pas, restant assis sur son canapé rembourré pour reprendre ses esprits et comprendre ce qui venait de lui arriver.

Le blagueur ne tarda pas à se montrer.

-Alors, Balthy. On s'amuse bien, non ?

Gabriel. Il l'aurait parié.

-Ça fait combien de temps que tu ne l'avais pas écouté ?

-Trois jours sept heures et huit minutes.

-Un record ! Tu m'a échappé tout ce temps mais j'ai fini par te retrouver. Tu sais ce que ça implique ?

Bien sûr qu'il le savait.

-C'est toi qui va garder Castiel cette nuit.

-Quoi ?! Non ! On avait dit cinq heures, pas plus.

-Je sais mais j'ai changé les règles du jeu. C'est comme ça, ne cherche pas. Bon, je te l'emmène ce soir comme d'habitude.

Gabriel disparut dans un nuage de fumée, laissant son frère dans le silence. Le bateau tanguait d'un bord à un autre.

Il détestait ce pari ridicule. Pourquoi il continuait d'ailleurs ? A oui, il avait signé ce papier.

C'était un formulaire tout à fait banal que Gabriel avait glissé sur son bureau alors que Balthazar signait sans même regarder tout ce qui passait à portée de main. Il n'avait donc pas lu avant de remarquer le sourire énorme de l'archange plaqué sur le visage. Il avait ensuite compris que tout ce qu'il pouvait faire, c'était fuir durant deux mois. Et si par malheur, il lui mettait la main dessus, le pauvre qu'il était devrait garder un petit angelot pour quelques heures. Enfin, une nuit maintenant.

Laissant son bateau de luxe disparaître comme il était apparut grâce à ses pouvoirs, il retourna chez lui, là où personne ne savait ce qu'il faisait sur Terre. C'était aussi une clause du contrat, comme quoi, Balthazar pouvait voyager sur Terre pour trouver une cachette et personne d'autre que Gabriel et lui ne devaient être au courant de leurs escapades sur la planète bleue des humains. Sinon, Michel leur tomberait dessus avec toutes les armes à sa disposition. Puis Lucifer lui tomberait dessus pour avoir perverti son cher et tendre bébé Gabe. Puis Raphaël leur tomberait dessus en leur rabâchant tous les mythes et légendes qui leur sont liés et qui pouvaient être dangereux si les humains apprenaient leur existence.

Dans un soupir, il passa dans un lieu fréquenté par les anges, se créant un alibi si on lui demandait où il était passé durant tout ce temps.

Il finit en traînant des pieds par rentrer chez lui. Castiel ne devrait pas tarder et il devait enlever l'odeur de parfum qu'il avait sur petit avait le nez fin et la langue bien pendue. Si jamais il humait cela, il lui poserait un tas de questions auxquelles il ne pourrait pas répondre.

Il n'avait rien contre Castiel, mais vraiment rien du tout. C'était juste qu'il préférait l'avoir chez lui à d'autres moments. Mais pas durant ces deux mois-ci. C'était qu'il était pas mal occupé ! En tout cas, c'était ce qu'il disait avant de s'éclipser.

Gabriel déposa le petit ange chez lui un peu plus tard, lui laissant le temps de rendre la maison habitable après tout le temps qu'il avait passé hors de chez lui, la poussière s'accumulant et collant sur les meubles.

-Bonjour Castiel. Comment ça va ?

-Bien. Gabriel m'a dit que tu voulais que je vienne pour regarder ta collection.

-Ma collection ?

-De miel. Gabriel a dit que tu en faisais venir jusqu'ici et que tu en avais plein et qu'on pourrait goûter.

-Ah oui. Bien sur. Ma collection de miel, affirma-t-il alors qu'il n'avait même pas un pot chez lui.

Gabriel avait une nouvelle fois inventé une histoire à dormir debout pour que le petit ne se doute de rien. Il avait du arranger cette histoire de miel au préalable. Ça expliquait pourquoi il n'avait pas pu entrer dans la cuisine. Gabriel peaufinait les détails.

-Alors, on y va. Dis au revoir à Gabriel.

-Je viendrais te chercher demain, sans faute ! fit-il avant de le serre et de disparaître.

Castiel et Balthazar allèrent donc à la cuisine, découvrir tous les deux les mets que leur avait préparé Gabriel en secret. Avec la petite cuiller, ils allèrent du miel de tournesol à celui du châtaigner, de celui du romarin jusqu'à l'oranger. Ils ne mangèrent pas tout mais ils savaient ce qu'ils aimaient ou non pour avoir plongé leur ustensile dans chaque pot.

Dès qu'ils en eurent terminé, il ne leur restait plus qu'à aller se coucher. Le moment tant redouté par Balthazar qui l'avait presque oublié tant son palais avait pris de l'importance.

En pyjama, Castiel se glissa dans le lit de la chambre d'ami et Balthazar rejoignit le sien, gardant les yeux ouverts malgré le noir qui emplit rapidement la maison. Il plongea dans ses pensées pour ces derniers moments de répits, cherchant déjà une nouvelle cachette pour la prochaine partie. Gabriel était un expert à la traque. Il ne lâchait rien avant d'avoir gagné, une capacité donnée par Lucifer, la personne la plus proche de lui.

Une petite heure plus tard, il entendit des pas dans le couloir et ne se fatigua pas à se lever ou à allumer la lumière. La porte de sa chambre était déjà ouverte, lui évitant de la faire grincer en pleine nuit. Une tête dépassa dans l'encadrement de la porte.

-Balthazar...

Il soupira.

-Avance. Je te suis.

Il se leva et Castiel ouvrit le chemin jusqu'à la cuisine où le désastre des pots de miel avait miraculeusement disparu. Gabriel ne voulait pas non plus retrouver son angelot malade à cause d'une trop grande gourmandise. Mais, étant totalement contre le gâchis, il avait tout naturellement fini toutes les substances sucrées.

Castiel attendit bien sagement que Balthazar se mette à l'ouvrage. Il n'avait pas besoin de lui dire ce qu'il voulait, il en avait l'habitude. Il sortit une bouteille du frigo et la posa sur la table, en face du petit, avant de retourner chercher deux verres. Lui aussi en aurait besoin. Pendant ce temps, l'angelot avait posé ses petites mains sur le plastique pour en apprécier le froid qui s'en dégageait. Ce qu'il adorait le plus, c'était coller son visage tout contre la bouteille et attendre que le temps passe.

Balthazar les servit et il n'en fallut pas plus pour que Castiel entame déjà son verre, laissant le liquide refroidir son organisme. L'autre fut plus lent, savourant une à une les gouttes d'eau sur sa langue pour s'en imprégner. Castiel en redemanda un verre. Il le lui servit. Lorsqu'il en demanda un troisième, alors que lui venait tout juste de terminer le sien, il ne le lui donna pas. Sinon, il finirait comme un glaçon et Gabriel lui en voudrait à mort d'avoir rendu son bébé tout mignon malade à cause du froid.

Ils retournèrent au lit, Castiel refusant de passer par la case 'toilettes' expressément recommandée par Balthazar parce qu'il n'avait pas envie. Le plus grand fonça directement dans son lit, profitant de sa largeur pour étaler ses bras et étirer ses ailes. Castiel attendit en regardant ses pieds.

-Ben viens. Tu le sais, non ?

La petite tête le rejoignit dans les draps. Il prit place sur sa portion du lit tandis que Balthazar faisait de même. Mais il ne fallut pas plus d'une minute pour que le plus petit se mette à se tortiller dans tous les sens pour trouver une position agréable. Il fut patient. Il savait que son lit n'était pas le plus douillet qui soit, comparé à celui de Gabriel. Et rapidement, Castiel sembla trouver une position assez satisfaisante pour passer le reste de la nuit à dormir ici car il ne bougea plus. L'hôte profita de cet instant de calme pour fermer les yeux, sur le dos, ne cherchant même pas une position confortable.

Il savait que ça ne servirait à rien.

Une petite demi-heure plus tard, Castiel se remit à bouger dans tous les sens, se recroquevillant par moment. Balthazar ne perdit pas de temps, sachant que ce manège pouvait durer un bon moment.

-Vas-y. Et dépêche-toi.

Ni une ni deux, Castiel se leva d'un bond en écartant dans un grand geste les draps qui lui auraient emmêlé les pieds et l'aurait fait tombé. Balthazar remit les draps pour patienter, entendant la porte des toilettes s'ouvrir avec précipitation. Le retour fut plus lent, une fois son affaire terminé. Il reprit sa place dans les draps et en un instant, il retrouva sa position idéale.

Balthazar put enfin se mettre sur le côté pour fermer les yeux et tenter de dormir. La nuit allait être longue et il aurait besoin de profiter d'un léger sommeil pour rester calme.

Il ferma à peine les yeux que le calvaire commença. Castiel avait la fâcheuse manie de se serrer contre tout ce qui se trouvait à proximité. Éveillé ou non. Et ce soir, pour ne pas déroger à la règle, il se colla au dos de l'ange. Il soupira. Avant, il lui ramenait une peluche, croyant résoudre le problème. Mais Castiel préférait la chaleur à un animal en peluche qui finissait à chaque fois au sol. Il ne se décollait que pour se retourner et retrouver ensuite un contact.

Balthazar ne bougea pas. La chaleur du gamin l'atteignait déjà. Ça allait être une longue nuit. Surtout lorsque même les anges craignaient la canicule, qu'il faisait vingt sept degrés dehors et que le seul ange qui peut dormir par ce temps avec seulement deux verres d'eau le collait comme un vieux chewing-gum à une chaussure.

La sueur perlait déjà sur son front et il se maudit de ne pas avoir retiré sa chemise de nuit plus tôt, Castiel s'accrochant déjà dessus comme un koala.

Voilà pourquoi il n'aimait pas garder Castiel durant ces deux mois précisément. Il détestait avoir un radiateur en plein été.