Voilà pour vos yeux ébahis le second petit chapitre du jour :D
Un moment de confession entre notre psychopathe favoris et notre (je l'espère) chieuse préférée ;)
Sur ce ...
Avowals
Il avait dit qu'il voulait explorer les environs, mais seul. Ça sonnait faux. Il avait dit qu'il voulait aussi se promener un peu, se retrouver face à lui-même. Mais son regard disait tout autre chose. Il lui demandait de venir. De le suivre. Et de toute façon, elle comptait bien partir du camp aujourd'hui, elle aussi. Si le mur était quasiment fini, les couples qui étalaient leur bonheur ne la rendaient pas particulièrement heureuse. Alexia préférait de loin explorer une forêt pleine de choses dangereuses et inconnues.
Ils étaient partis depuis plus d'une heure, mais ils n'avaient pas dit un mot. Alexia en avait profité pour faire le point et faire sa liste noire, les gars à surveiller. Elle n'avait pas la moindre idée de ce à quoi pouvait songer Murphy.
Murphy qui en réalité se demandait s'il pouvait lui faire confiance en tout point. Il avait besoin d'elle en tant que seconde, mais plus que ça également. Il voulait pouvoir compter sur elle. Il en ressentait le besoin, de pouvoir compter sur quelqu'un, et il voulait que ce soit elle, sans trop savoir pourquoi.
Le silence devenait gênant quand Murphy se tournait vers elle sans laisser transparaître la moindre émotion. Alors elle ne souriait pas et ils se dévisageaient sans savoir l'un ou l'autre pourquoi, avant de reprendre leur marche silencieuse dans une forêt inconnu et menaçante.
Alexia brisa le silence quand elle remarqua un peu plus loin à l'est une sorte de cabane, couverture de lierre et qui penchait contre le tronc d'un arbre. Elle s'approcha en ignorant Murphy qui lui demandait de l'attendre, ignorant son soupir exaspéré avant qu'il ne daigne avancer.
La brune observait déjà. Ce n'était pas une cabine, c'était beaucoup trop petit. Elle se dressa sur la pointe des pieds et retira la mousse bien verte qui avait recouvert une sorte de pancarte au-dessus des carreaux de verre brisés. Elle put ainsi y lire le nom de cette chose. C'était une cabine téléphonique.
En réalité il y en avait deux, collées l'une à l'autre mais le mur qui les séparait s'était brisé, tout comme la plupart des carreaux des deux cabines. Certains tenaient toujours mais étaient recouvert de boue, de mousse, de poussière. Le métal semblait bleu et froid, mais par endroit on voyait encore la peinture rouge.
Alexia y entra. Elle s'amusa de voir le fil qui pendait toujours, avec au bout de celui-ci le téléphone, qui servait de point d'ancrage à une toile d'araignée. C'était vieux, abîmé, c'était beau et triste. Un souvenir du passé qui ne servirait plus jamais, qui avait échoué dans une forêt radioactive. Si elle fermait les yeux, Alexia pouvait très bien imaginer une rue, des voitures, des piétons pressés comme dans les histoires qu'Hermann racontait. Elle pouvait imaginer les gens qui rentraient dans cette cabine. Peut-être que l'un d'entre eux y était quand il y a eu l'explosion. Peut-être même qu'il téléphonait à quelqu'un de proche, ou simplement à une personne qui voulait lui vendre une babiole.
-Il n'y a rien dedans ?
-Rien d'utile, répondit Alexia en rouvrant les yeux.
Dehors, le tonnerre grondait. Murphy jugea plus prudent de rester dans cette cabine le temps que l'orage passe, la pluie tombant déjà entre les feuilles vertes et les branches moussues des arbres géants. Il entra avec Alexia et ferma la porte, par prudence, en gardant près de lui son arme, avant de s'asseoir dos au mur qui était collé à l'arbre. Alexia ne tarda pas à faire de même et regarda les gouttes de pluie qui venaient s'écraser sur les vitres encore intactes.
Murphy lui, la regardait du coin de l'œil. Comme toujours, des mèches folles, les joues légèrement rougis, des cernes, ses yeux noisette qui scrutaient attentivement la pluie qui tombait.
-J'aime bien le bruit de la pluie.
-C'est mieux que le silence oppressant de l'espace, admit le psychopathe.
Alexia soupira avant de ramener ses genoux contre elle et d'y poser son menton. Dans ses yeux, Murphy pouvait voir ses souvenirs. Du moins il devenait qu'ils n'étaient pas joyeux. Au contraire. Et il voulait savoir, mais il ne pouvait pas remuer le couteau dans la plaie ainsi.
-Tu penses à l'Ark ?
-A ma mère.
Il tourna la tête vers Alexia. Sa voix était chevrotante, tremblante. Tout le contraire de d'habitude.
-Elle te manque beaucoup je suppose.
-Oui, répondit Alexia avec un petit rire qui intrigua Murphy, qui n'osait pas vraiment continuer à parler de ça à cause de l'intonation de la voix d'Alexia, peu assurée.
-Tu as choisi de venir ici alors qu'elle-
-Est morte.
Il fixa ses yeux bleus sur la pluie qui tombait sans dire un mot. Crétin. Ne pas remuer le couteau dans la plaie, c'est raté, songea-t-il en se mordant la lèvre avant de retourner la tête vers Alexia, qui fixait la pluie sans dire un mot.
-Je suis désolé.
-Moi aussi.
-Tu veux … En parler ? Demanda-t-il avec hésitation.
Alexia lui sourit timidement. Il voyait dans son regard qu'elle voulait en parler.
-Je n'en ai jamais parlé. Fox sait, mais je n'ai jamais rien dis à propos de tout ça. Du passé.
-Tu peux me le dire.
-Je sais.
Elle prit une grande inspiration avant de tourner les yeux vers Murphy, mais elle fixa les mains du psychopathe qui les laissaient tomber de ses genoux, ses mains.
-C'était la plus belle personne au monde. Elle voulait toujours aider tout le monde. Je me souviens de ses yeux, de sa voix. Pas d'elle, de son visage. C'est flou.
Murphy grinça des dents. Il faisait des efforts chaque jour pour que le visage de son père ne s'efface pas de sa mémoire mais pour lui aussi, il devenait de plus en plus flou.
-Elle est tombée malade, fit Alexia, les yeux dans le vide. Au début je pensais que ce n'était pas grave, qu'elle guérirait. Mais non. Elle a même arrêté de sourire, ce qu'elle ne faisait jamais, confia-t-elle avec un sourire triste. Je l'ai veillé. Et un jour, je me suis endormie. A mon réveil, c'était fini.
Murphy ne disait rien, il la regardait. Il ne lui demandait pas de tout dire d'un coup, il la laissait expliquer à son rythme, en remuant le passé.
-Mon père buvait déjà avant mais à cause de ça, ça a empiré. Il était toujours ivre.
Il la vit frissonner, mais pas à cause du froid, il en était certain. Ses yeux étaient humides et elle triturait nerveusement ses doigts en frissonnant par moment.
-Il a fait quelque chose de grave ?
-Au début, je pensais que je le méritais, que c'était ma faute, avoua-t-elle d'une petite voix en baissant les yeux. Jackson, Callie, Hermann disaient que non, mais je ne pouvais rien y faire.
-Qu'est-ce qu'il a fait.
La voix de Murphy n'était pas intriguée. Plus inquiétée. Il voulait savoir, il semblait prêt à se lever pour aller chercher le père d'Alexia et lui dire sa façon de penser. Il semblait avoir peur de la suite. Peur qu'elle est subit quelque chose d'affreux.
-Je … Je n'sais pas comment dire.
-Simplement.
-Il se passait les nerfs sur moi, en somme.
Elle leva timidement les yeux vers Murphy, qui lui semblait choqué.
Elle souriait tout le temps, elle riait, elle blaguait, que ce soit à la portée de tous ou un humour noir et cynique. Elle râlait, elle contestait, elle pensait, elle vivait pleinement sa vie. Mais jamais il n'aurait pu croire qu'elle avait été battue par son propre père, alcoolique, qui l'accusait certainement de tous les maux du monde.
Quand il la regardait, il voyait quelqu'un de rassurant, d'assurer mais seulement si elle savait sur qui compter. Pourtant en ce moment, il la voyait comme elle était au fond, triste et anxieuse, encore hantée par le passé tout comme il l'était.
-Tu ne t'attendais pas à ça, hein.
-Non. En effet.
-Et toi alors ? C'est du même ressort ou on vire encore dans quelque chose de plus joyeux ? Ironisa-t-elle en effaçant une larme naissante d'un revers de main. Pourquoi es-tu devenu un psychopathe ?
-J'ai eu la grippe, lâcha Murphy après un silence. Mon père, vu mon état, a pris peur et a volé des médicaments. Il s'est fait prendre, il a été éjecté.
Alexia sent le nœud dans la voix de Murphy, et ses yeux qui se remplissent de larmes.
-Ma mère s'est mise à boire. Beaucoup. Et ses derniers mots, les derniers qu'elle m'a dit avant qu'on ne la retrouve noyer dans son propre vomi c'est … Que …
Murphy soupir. Un soupir saccadé, comme si les larmes et les sanglots étaient là, et qu'il refusait de les laisser l'envahir.
-J'ai tué mon père.
Il baissa les yeux en ravalant ses larmes. La pluie tombait toujours mais l'ambiance était étrangement silencieuse, du moins il avait l'impression.
Il releva les yeux quand il sentit la main froide d'Alexia se poser sur la sienne. Elle glissa ses doigts entre les siens et à sa surprise, il serra sa main dans la sienne avant de lui lancer un regard qu'elle ne réussit pas à définir.
Elle avait bien compris que sa mère lui avait mis en tête qu'il avait tué son père, qu'il le pensait, qu'il se détestait et qu'il avait peur que cette situation, que la personne qu'il aime meurt à cause de lui. Qu'il a avait souffert et s'était protégé derrière cette armure, derrière cette image de psychopathe sans cœur.
-Alors c'est ça, on est deux paumés dans une cabine téléphonique morte, sous la pluie, un parent alcoolique et l'autre tué pour vouloir aimer son enfant ? Soupira Alexia avec un brin de mélancolie.
-Très joyeux.
-En effet …
Alexia posa sa tête contre la paroi de métal, sans lâcher la main de Murphy. Finalement elle se redressa, le méta n'étant pas confortable, et les larmes lui brouillant la vue. Elle finit par poser sa tête avec timidité sur l'épaule de Murphy, qui serrait toujours sa main dans la sienne en regardant la pluie qui tombait sans dire un mot.
Elle était la première personne à qui il avait avoué autant de chose en ayant confiance, en le voulant, en sachant qu'elle ne le jugerait pas pour ça.
Il était le premier à qui elle avait avoué qu'elle se sentait coupable, le premier à qui elle avait tout raconté sans avoir peur d'un jugement de sa part.
Si elle n'était pas devenue folle comme lui, c'était parce qu'elle avait eu Hermann. Un ami. Elle avait eu Fox, qui était comme sa sœur.
Lui, rien. Juste les quatre murs froids de la prison et de la cellule d'isolement. Alors maintenant qu'il lui avait dit, il espérait juste qu'elle l'aiderait, car oui, il avait besoin d'aide. Besoin de quelqu'un qui lui tiendrait la main.
Can you hear the silence?
Can you see the dark?
Can you fix the broken?
Can you feel ... Can you feel my heart?
Can you owe the hopeless?
Well, I'm begging on my knees,
Can you save my bastard soul?
Will you ache for me?
I'm changing my ways,
So turn me over,
Forgive me father,
I love you mother.
Can you hear the silence?
Can you see the dark?
Can you fix the broken?
Can you feel ... Can you feel my heart?
I'm scared to get close and I hate being alone.
I long for that feeling to not feel at all.
The higher I get, the lower I'll sink.
I can't drown my demons, they know how to swim.
Can you feel my heart?
Can you hear the silence?
Can you see the dark?
Can you fix the broken?
Can you feel ... Can you feel my heart?
Musique de fin "Can You Feel My heart" de Bring Me The Horizon.
Alors, que pensez-vous de cette évolution entre ce psychopathe et cette charmante chieuse ? :P J'attends vos avis, vos idées aussi sur ce qu'il va se passer par la suite, toussa toussa ^^
Bref, n'hésitez pas à laisser un numéro de téléphone avec votre review :D (blague parce qu'ils sont dans une cabine t'as vu c'est drôle ... Rigole.)
Kanli
