Merci pour vos gentils mots, vous êtes tops !
Je vais aussi en profiter pour remercier Justine, que je commence à connaitre depuis longtemps maintenant et qui est toujours là pour me donner son avis et ses conseils (malgré son emploi du temps chargé en ce moment !)
Bonne lecture, on se retrouve en bas !
Chapitre 2:
Le soleil était à son zénith alors qu'Hermione marchait d'un pas tranquille dans les rues de Londres. Elle habitait à 15 minutes de marche de l'université et avait décidé de rentrer de sa matinée de cours à pied plutôt que de transplaner. Cela lui aérait l'esprit et lui permettait de reposer son cerveau après quatre heures de droit.
Elle arriva à son immeuble et salua la concierge à l'entrée, qui passait le balais. C'était une Cracmolle d'une cinquantaine d'année. L'immeuble était occupé aussi bien par des sorciers que par des moldus, ce qui avaient quelques désavantages, comme faire preuve de discrétion pour les hiboux ou les transplanages. Mais le quartier était calme et sympathique, situé non loin du Chemin de Traverse et pourtant tout près de commerces moldus où Hermione se rendait souvent.
- Ah tiens, bonjour Hermione, s'exclama la concierge, d'une voix essoufflée par l'effort.
Elle s'appuya son balai tandis que Hermione lui souriait en se dirigeant vers l'ascenseur.
- Un jeune homme est arrivé pour vous il y a un quart d'heure.
- Un jeune homme ? S'étonna Hermione.
- Oui, un collègue m'a t-il dit ! Alors je l'ai fais rentrer, je savais que vous reviendriez bientôt.
Les sourcils d'Hermione se froncèrent de surprise, car elle ne voyait pas qui voulait tellement la voir pour aller jusque chez elle au lieu d'attendre demain à l'université. Ses réflexes lui firent serrer sa baguette fort entre ses doigts, cachée dans sa poche. Elle resta sur ses gardes pendant toute la montée de l'ascenseur, puis devant sa porte. Celle-ci était en effet déverrouillée et elle ne savait pas ce qu'elle allait trouver derrière. Peut-être était-ce un simple camarade de classe, ou peut-être était-ce un mage noir venu prendre sa revanche ?
Bon. Il fallait bien qu'elle le découvre un jour de toute façon. Elle souffla un coup et avança lentement dans son entrée, les sens en alerte.
Elle entra dans le salon, et là, elle vit que quelques livres de sa bibliothèque étaient étalés sur la table à manger. Elle était sur de ne pas les avoir sorti ce matin.
Un bruit de page qu'on tourne la fit se retourner brusquement et elle poussa un hurlement strident. Elle reconnut alors la silhouette de Malefoy, qui se retournait lui aussi en sursaut, un livre ouvert à la main. Les deux jeunes se dévisagèrent, lui dos à la bibliothèque et le choc de la surprise sur le visage, elle la main crispée dans sa poche et un reste de hurlement mourant au fond de sa gorge.
- Tu m'as fais peur ! Lancèrent-ils de concert.
Ils sursautèrent à nouveau puis Hermione abandonna sa posture défensive et Malefoy ferma le livre qu'il tenait entre les mains.
- La prochaine fois, préviens quand tu rentres, dit-il.
- Pardon ? Je suis chez moi il me semble ! Rétorqua Hermione. C'est toi qui t'es introduit dans mon appart' et qui squatte depuis quinze minutes.
- Vingt, rectifia Malefoy. D'ailleurs, je constate que tu n'es pas très ponctuelle. Ça aussi, il faut que je te l'apprenne ? Tes parents n'ont pas inclus ça à ton éducation ?
- Et les tiens, ils ne t'ont pas appris que c'était mal de fouiller chez les autres ?
Un partout, la balle au centre comme on dit.
- Pour ce qu'il y a voir, se moqua le jeune homme. J'espère que Krum ne va pas te confier la déco de votre maison.
Il fixa tour à tour les meubles dépareillés, le vieux parquet qui avait bien besoin d'un cirage et les murs blancs qu'Hermione n'avait pas pris le temps de décorer. Il est vrai qu'elle ne s'était pas trop attardée sur les détails et que son salon (comme les autres pièces de la maison d'ailleurs) ressemblait davantage à une librairie qu'à un salon.
- Je suis navrée que ça ne convienne pas à son altesse princière, singea la jeune fille. La porte de sortie est GRANDE ouverte !
- Avec plaisir, mais avant ça, on a des trucs à faire.
Il replaça le livre qu'il tenait dans les mains dans les rayons pleins à craquer de la bibliothèque et s'installa sur un fauteuil. Il alluma d'un coup de baguette la cheminée et croisa ses longues jambes sur la table basse.
- Et bien vas-y, fais comme chez toi... ironisa Hermione face aux manières détendues du blondinet.
- Merci Granger, répondit-il sur le même ton. Surtout, ne te fatigues pas pour me faire du thé ou quoi, je ne tiens pas à être empoisonné.
- J'en avais pas l'intention, mais c'est une bonne idée. De t'empoisonner.
La jeune fille quitta alors la pièce pour aller poser ses affaires. Quand elle revint, l'ex Serpentard avait sorti un petit carnet qu'il compulsait. Elle s'installa sur le fauteuil d'en face et le fixa en attendant qu'il relève la tête vers elle. Comme la dernière fois, il portait des vêtements moldus, cette fois un jean délavé et un t-shirt noir, et ceci avec beaucoup trop d'aisance pour paraître inhabituelle. Depuis quand Malefoy passait son temps habillé en moldu ? Même après la Guerre, la plupart des sorciers avaient continué à chérir les longues robes noires, qu'ils soient du « bon » camp ou pas.
Avant qu'Hermione ait pu poser une question à ce sujet, un regard gris et froid se planta sur elle.
- Selon mes calculs, il reste trois semaines avant que tu ne partes en Bulgarie. Il ne nous reste donc pas beaucoup de temps. Comme tu n'as pas cours le mardi après-midi, j'ai prévu qu'on se voit à ce moment là, ainsi que les week-ends. On pourra aussi se voir certains soirs de semaine, si on est en retard ou si tu as du mal avec certains trucs.
- Et toi ? T'as pas... un travail ?
En fait, Hermione ne savait pas vraiment ce que faisait Malefoy. Il n'avait pas fait sa huitième année à Poudlard, comme tous ceux de son camp d'ailleurs. Ils n'avaient pas été nombreux à recommencer leur septième année en général, Hermione s'était d'ailleurs sentie bien seule sans Harry et Ron. Ceux-ci avaient préférés commencer directement leur formation d'auror. Et la jeune fille avait entendu que l'année d'après, Malefoy avait aussi aspiré à une carrière au ministère. Depuis, elle n'avait pas vraiment prêté attention à ce qu'il devenait.
- Je suis en « vacances ».
Il mima bien les guillemets, indiquant clairement que passer son temps avec elle n'était pas de vraies vacances.
- Je ne vois vraiment pas ce qui t'as poussé à accepter la proposition de Harry.
- Une dette, je te l'ai déjà dit.
- Mais quelle dette ? Qu'a fait Harry pour...
- Je ne te dirais rien Granger. Ca te concerne pas. Et avant que tu ne me contredises, je te rappelle qu'il nous reste peu de temps et que tu es très loin d'être prête.
La mise en garde de Malefoy sembla fonctionner puisque la jeune fille afficha un air frustrée mais garda la bouche fermée.
- Bon. Pour que tout se passe au mieux, j'ai établi trois règles. Trois règles, Granger.
Il leva trois doigts pour appuyer ses propos.
- Un, ne pas s'entre-tuer. Enfin, essayer.
- Ça va être dur, coupa Hermione.
Il ignora sa remarque et baissa un doigt.
- Deux, ne pas m'interrompre. Et trois, ne pas parlez du passé. Bref, on essaye d'oublier que je te déteste et que tu me détestes. On fait en sorte de se supporter pour trois semaines et après, chacun repart faire sa vie de son côté.
- D'accord, ça me va.
- Quoi ? C'est tout ?
Hermione afficha un sourire narquois.
- Tu préfères que je proteste peut-être ?
- Non ça va merci, rétorqua-t-il.
- Bon, par quoi on commence alors ?
- J'avais d'abord prévu de voir la partie théorique, entre autre un historique des plus grandes familles sorcières, certaines traditions, etc. Mais j'ai vu dans ta bibliothèque que tu étais assez bien documentée sur le sujet.
Il désigna d'un vague signe de la main les livres qui se trouvaient sur la table à manger.
- Je suppose que tu les a tous lu.
- Bien sur que oui. Pourquoi avoir des livres dans sa bibliothèque si ce n'est pas pour les lire ?
- Demande ça à mon père... marmonna le jeune homme dans sa barbe.
Hermione s'imagina sans mal d'immenses étagères débordantes de livres dans le salon des Malefoy, uniquement là pour remplir l'espace et donner un air intellectuel aux propriétaires. « Tout dans l'apparence », voilà une devise qui collait parfaitement à cette famille.
- Tu as du te renseigner sur la famille Krum aussi ?
Hermione se retint de rouler des yeux. Bien sûr qu'elle s'était renseignée sur sa future belle famille ! C'était la moindre des choses, non ?
- Je sais même pas pourquoi je demande. Tu connais sûrement leurs ancêtres jusqu'à 1800-
- 1700...
- Et que c'est la troisième famille la plus riche de Bulgarie-
- Deuxième depuis cette année... corrigea Hermione à voix basse.
- Bon. On peut donc abandonner la partie historique et passer à la pratique. C'est déjà ça de gagner, dit Malefoy. Le premier point important que nous verrons est primordial puisqu'il concerne l'apparence.
- C'est marrant, parce que j'étais justement en train de penser il n'y a pas deux minutes qu'il n'y avait que ça qui comptait pour les familles comme la tienne, remarqua Hermione avec un rire sarcastique.
Malefoy serra les poings mais haussa les épaules par le même coup, comme si les remarques sur sa famille ne l'atteignait pas vraiment.
- Par apparence, j'entends ainsi posture, attitude et puis évidemment, le style vestimentaire.
Le regard qu'il porta à la tenue d'Hermione ne laissait pas vraiment de doutes sur ce qu'il en pensait. C'est vrai qu'elle ne faisait pas vraiment attention à ce qu'elle mettait. Attention, cela ne voulait pas dire qu'elle prenait les habits sales qui traînaient par terre ! Déjà, parce qu'Hermione n'avait jamais d'habits sales qui traînaient par terre. Ensuite, parce qu'elle avait un minimum d'hygiène. Elle s'habillait simplement, en robe de sorcier privilégiant le pratique, c'est à dire des jeans, des pulls ou encore des chemises Elle n'était pas le genre de fille fashion victime que Malefoy fréquentait.
- Je crois que ce dernier point est le plus urgent, commenta Drago, le nez plissé.
- Si tu crois que tes petites réflexions vont m'atteindre...
- Ça te ferait pas de mal si c'était le cas, railla le jeune homme.
- Espèce de...
Hermione ne termina pas sa menace puisque l'objet de son insulte venait de passer sous son nez sans lui adresser le moindre regard et d'entrer dans sa chambre, aka la porte au fond du couloir.
Elle accourut pour l'empêcher d'y faire un pas de plus. Il avait déjà ouvert son armoire quand elle déboula dans la pièce.
- Malefoy ! S'exclama-t-elle, outrée. De quel droit tu regardes dans mes affaires ?!
- Je regarde tes vêtements, Granger. Pour voir si y a des trucs... potables.
Il sortit à ce moment là un sweat à capuche du placard, largement trop grand pour Hermione, qu'elle mettait le dimanche, pendant les journées froides d'hiver où elle restait lire sur son fauteuil. Il était noir, usé sur les manches, avec la tête de Mickey Mouse délavé sur le devant.
Malefoy leva un sourcil, le sweat pendant par la manche au bout de sa main. Hermione le lui arracha des mains et le colla contre sa poitrine.
- Touche pas à ça ! C'est mon sweat préféré.
Le jeune homme afficha une moue méprisante puis retourna à son exploration.
- Non mais pour qui il se prenait au juste, ce blondinet peroxydé ?
A peine trois secondes plus tard, il ressortit sa tête de l'armoire, l'air de se retenir d'exploser de rire. Si tant est qu'un Malefoy puisse un jour exploser de rire.
- Je peux savoir ce qui... commença Hermione.
Elle se stoppa en pleine phrase, livide. Il tenait...
- C'est quoi ça ? Dit-il la voix tremblante par le fou rire qui le parcourait.
Il tenait un soutien gorge. Pas n'importe lequel. Celui qu'Hermione mettait quand elle ne sortait pas et que il ne restait plus que celui là de propre, et pour cause il ressemblait aux sous vêtements des années 50, les petits papillons violets en plus.
Elle ne savait même plus comment ça avait atterri dans son placard. Ni qui avait bien pu lui acheter quelque chose d'aussi horrible. Mais elle le maudissait pour le siècle à venir.
- Même McGonagall ne mettrait pas cette chose ! S'exclama Malefoy, ahuri.
- Ce n'est pas à moi ! C'est... à une amie. Rend moi ça maintenant et arrête de fouiller dans ma vie privée !
La voix d'Hermione partit dans les aiguës et elle était sûre d'avoir viré au rouge. Autant par la colère que par la gêne.
Elle reprit le sous vêtement, le jeta dans l'armoire et la referma d'un coup tellement brusque qu'elle manqua de briser le bois de la porte. Elle se tourna ensuite telle une furie vers le blondinet qui avait toujours un sourire hilare.
- Bon ! C'est pas toi qui n'arrêtes pas de me dire que le temps presse ?! Je ne pense pas que t'observer faire une tête d'imbécile m'aide beaucoup ! maugréa la jeune fille avec humeur.
- Je ne pensais pas dire ça un jour, mais tu as raison Granger. Après ce que j'ai vu, c'est sur qu'on a beaucoup de travail.
…
Et Hermione ne pensait pas dire ça un jour mais Malefoy avait raison quand il parlait de beaucoup de travail.
Ils étaient partis de son appartement deux heures plus tôt et ils n'avaient pas arrêter de courir.
Ils étaient d'abord allé dans un centre commercial moldu, l'un des plus grands de Londres. L'endroit était bondé de monde et Hermione se souvenait pourquoi elle rechignait toujours à faire les boutiques dans ce genre d'endroit. Elle détestait cette oppression qu'elle ressentait au milieu d'un magasin sombre, où il faisait une chaleur étouffante, avec des enfants agités qui couraient entre les rayons en criant.
Malefoy n'avait pas l'air d'aimer ça non plus, puisqu'il lançait un regard glacial à quiconque l'effleurait de trop près.
Ils n'étaient allé que dans un magasin, que Drago avait parcouru de long en large, s'arrêtant parfois pour regarder un pull, un jean, mais sans jamais le prendre avec lui. Hermione essaya de le suivre mais elle le perdit au moins trois fois. Malefoy semblait ne pas se soucier de son existence, ce qui était assez fort pour quelqu'un sensé lui apprendre les codes vestimentaires de la Haute Société.
Au bout de la quatrième fois où elle se retrouva seule dans un rayon sans Malefoy à l'horizon, elle poussa un profond soupir et décida de l'attendre à la sortie. Là au moins, elle était sûre de ne pas le manquer.
Elle attendit un bon quart d'heure avant de le voir sortir du magasin, les bras chargés de deux sacs.
- Et bah enfin ! C'est pas trop tôt, s'exclama-t-elle en se levant de son banc.
Malefoy lui lança un regard indifférent et se dirigea vers la sortie du centre commercial, Hermione à ses trousses.
- Tu aurais pu m'attendre et me demander mon avis, lui reprocha la jeune fille.
- Sur quoi ?
- Bah, ce que t'as achetés.
- Tu crois vraiment que j'ai besoin de l'avis de quelqu'un qui porte des sous vêtements de grand mère ? Je sais choisir mes habits avec goûts, moi, répondit-il d'un ton méprisant.
- Tes habits ?
Oui, mes habits Granger. J'avais besoin de quelques trucs et j'ai, comme tu le vois, trouver mon bonheur.
- Pardon ? Tu veux dire qu'on a passé une demi-heure, que j'ai passé une demi-heure à te suivre comme un toutou pour rien, tout ça parce que Monsieur faisait son shopping d'été ?!
- Je ne t'ai jamais demandé de m'accompagner dans le magasin, rétorqua Malefoy avec un haussement d'épaule.
Elle allait le tuer.
.
Ensuite, ils étaient allé sur le Chemin de Traverse. Drago avait déclaré que ça semblait évident que c'était ici qu'ils feraient leurs achats pour Hermione. La jeune fille avait du se retenir de lui sauter à la gorge.
Retrouver l'ambiance de l'allée remplis de sorciers lui avait fait du bien, cependant. Il y avait presque autant de monde qu'au centre commercial mais elle se sentait beaucoup moins étouffée. Les magasins, avec leurs stands débordant sur la rue, lui donnaient toujours le sourire. Ça faisait bientôt douze ans qu'elle était venu ici pour la première fois, après avoir reçu sa lettre, et elle continuait d'être émerveillée par tout ce qu'on pouvait y trouver. La Bierraubeurre fumante, les chaudrons parlants, les fils de bonbons interminables recouverts de sucres multicolores... Tout semblait sortit d'un conte pour enfants et c'était exactement ce qu'elle avait pensé, douze ans plus tôt.
Quand ils passèrent devant l'animalerie magique, Hermione observa les chouettes stoïques, les grenouilles croassantes et les chatons endormis dans leur cage. Elle repensa à Pattenrond, son fidèle chat au nez écrasé et aux pattes arquées d'une manière étrange. Elle se rappela de l'air soulagée de la vendeuse quand elle l'avait acheté sur un coup de tête. Elle s'était beaucoup disputé avec Ron pendant sa troisième année à cause de l'animal, elle avait même cru que ça aurait raison de leur amitié, mais elle n'avait jamais regretté de l'avoir pris avec elle. Son chat était intelligent, il l'avait montré avec Pettigrow, et il ne s'échappait jamais des bras d'Hermione quand elle le serrait fort contre elle pour un peu de réconfort. Malheureusement, elle avait du le laisser derrière elle quand elle était partie à la chasse aux Horcruxes, et elle ne savait pas ce qu'il était devenu ensuite. Il lui manquait, mais elle n'arrivait pas à se résoudre à prendre un autre animal. Harry non plus n'avait jamais remplacé Hedwige.
- Bon, tu viens ? S'impatienta Malefoy, quelques mètres plus loin, venant de se rendre compte que l'ex Gryffondor ne le suivait plus.
Elle détacha alors son regard de l'animalerie et le rejoignit. Il s'était arrêté devant Muggle Disguise, l'un des nouveaux magasins du Chemin de Traverse. Beaucoup d'encre avait été versé sur cette boutique, et pour cause, elle vendait des habits moldus. Les plus conservateurs des sorciers avaient beau être scandalisés, l'enseigne avait connu une énorme popularité. En effet, après la Guerre, le monde des sorciers s'était ouvert au monde moldu. Le Ministère encourageait les sorciers à aller habiter et à se mélanger aux moldus. Il était aussi devenu plus strict envers ceux ne respectant pas la règle du secret sorcier, dont l'une des plus importantes, à savoir s'habiller en fonction du climat, de la mode et des circonstances quand on voyageait dans une zone répertoriée comme « moldu ». Muggle Disguise, en plus de fournir toute la tenue du parfait moldu en toute situation, prodiguait des conseils aux plus désemparés qui ne savaient vraiment pas comment accorder ces vêtements « étranges ».
Quand ils entrèrent, le magasin n'était pas trop rempli, et une vendeuse se précipita vers eux, un grand sourire aux lèvres. Elle les accueillit et les invita à entrer d'un ton enjoué.
Les deux jeunes sorciers lui répondirent par un sourire poli.
- Vous avez besoin de quelque chose Mr Malefoy ? demanda la vendeuse.
- Pas cette fois, merci Hannah.
Hermione fut étonnée de voir qu'ils semblaient se connaître et surtout, que Malefoy soit déjà venu ici.
En même temps, il avait toujours été habillé en moldu depuis qu'elle l'avait vu. Ça ne semblait plus le déranger, mais ça restait bizarre pour Hermione de le voir se déplacer avec autant d'aisance avec de tels vêtements.
La vendeuse (Hannah, donc), les laissa pour aller aider un couple qui semblait perdu face à un bermuda de plage à grandes fleurs colorées.
Drago se tourna alors vers Hermione.
- Tu te doutes que pendant les cérémonies et les réceptions auxquelles tu vas assister, tu ne vas pas t'habiller en moldue. Même si le monde sorcier s'est beaucoup ouvert, la Haute Société Sorcière est restée encore plutôt conservatrice. Tu porteras plutôt des robes de soirées.
- Alors qu'est-ce qu'on fait ici ? Demanda Hermione.
- On va acheter plusieurs tenues, plus classes que les gros pulls et les jeans que tu mets.
- Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas les garder.
- Parce que tu vas devenir la femme de Krum ! Tu es sensée avoir une certaine allure, un certain luxe.
L'ex Gryffondor ne trouva rien à répondre, parce que c'était vrai. Alors elle le suivit dans plusieurs rayons, où il choisit plusieurs pulls en cachemires de différentes couleurs, ainsi que quelques pantalons de tailleurs sombres et deux paires de chaussures à talons de 5cm. Il lui donna le tout et l'envoya se changer dans les cabines.
Hermione devait avouer que ce que lui avait choisit le blondinet était joli. Tout se mariait bien ensemble et elle faisait définitivement plus mature et féminine ainsi. Même si elle se voyait mal s'habiller comme ça tous les jours et surtout, porter ces maudits talons toute la journée. Elle avait déjà mal aux pieds.
- Tu compte sortir un jour de cette foutue cabine, Granger ?! S'énerva Malefoy de l'autre côté du rideau.
Hermione se vengeait-elle de tout à l'heure ? Absolument pas. Voyons.
.
Après les essayages des tenues « simples », pour les journées ordinaires, l'ex Serpentard sélectionna un nombre effarant de robes. Elles étaient plus ou moins habillées mais la plupart se ressemblaient assez. Elles lui arrivaient au genou, n'avaient pas de décolleté trop grands et ne moulaient pas chaque partie de son corps. A sa grande surprise, elle s'imagina sans trop de mal les porter.
Sortis de la cabine, elle regardait son reflet, vêtue d'une robe bleue marine. Drago la jaugea du regard, le visage neutre.
- On va la prendre aussi, déclara-t-il après un moment de réflexion.
- Ça nous en fait au moins dix, c'est bon maintenant non ? Souffla Hermione, qui commençait à en avoir marre.
- Je pense que oui, acquiesça Malefoy. Tu les mettras lors des réceptions, des cocktails.
Enfin, il amena trois robes, longues, qui coûtaient toutes des prix exorbitants.
La première était noire, tombait droite sur ses jambes et était enserré à la taille d'un bandeau argenté. La deuxième était aussi noire, mais bustier. La troisième, enfin, était blanche et largement fendue sur le devant. Cette dernière lui plaisait particulièrement mais elle savait qu'elle n'oserait jamais porter ça. C'était trop beau, luxueux... et un peu provocant, aussi.
- Et bien Granger, qui aurait pu croire un jour que tu sois aussi luxueusement habillée ?
Elle venait de sortir de la cabine et de se placer face au large miroir mural.
- Certainement pas moi, répliqua la jeune fille.
Elle s'observa sous toutes les coutures et elle pouvait sentir le regard du blondinet sur elle. Quand elle rencontra ses yeux dans le miroir, il se racla la gorge et fixa une des robes accrochés à un portant.
- Tu... Il ne faudra pas porter deux fois la même robe à une soirée différente, donc tu devras sûrement t'en racheter. Mais elles ne servent que pour les cérémonies officielles, les grandes occasions, alors ça n'arrivera pas non plus toutes les semaines, expliqua-t-il.
- Je ne vais les porter qu'une fois ? Alors qu'elles coûtent aussi chères ?
- Krum a assez d'argent pour t'acheter toute les robes que tu veux, si c'est ça qui t'inquiètes.
- Mais enfin Malefoy, c'est complètement dément ! S'exclama Hermione en ignorant sa remarque sarcastique. C'est jeter de l'argent par les fenêtres, c'est...
- C'est comme ça, dans ce monde. C'est à celle qui aura la plus belle robe, celui qui aura la plus belle demeure. C'est exposer ses richesses aux yeux de tous ! Tu trouves ça dément maintenant mais dans quelques mois, tu seras comme toutes les autres, à dépenser ton argent inutilement parce que tu en as trop !
- Je ne serais jamais comme ça Malefoy ! Je continuerais de croire que c'est un mode de vie stupide !
- Et bien, grand bien te fasse ! En attendant, c'est comme ça et c'est pas toi qui va changer les choses.
Le ton de Malefoy était glacial et ça coupa l'envie à Hermione de répliquer. Elle en brûlait d'envie, pourtant, pour prouver à ce petit con arrogant qu'il avait tord, mais elle se contenta de le fixer avec des yeux meurtriers.
Elle avait en ce moment même envie de l'égorger avec un cintre.
Heureusement pour lui (et pour sa robe étincelante de blanc qui aurait eu l'air légèrement moins classe, tachée de sang), il tourna les talons et sortit brusquement de la boutique sans dire au revoir.
Hermione paya tous ses articles en se sentant mal de dépenser autant d'argent, surtout qu'il n'était pas à elle. Elle aurait bien voulu payer avec ses économies mais même ce qu'elle gardait précieusement depuis plusieurs années dans son coffre à Gringotts ne suffirait pas. Viktor lui avait dit qu'elle pouvait acheter ce qu'elle voulait, car son argent était aussi le sien, mais elle n'osa pas s'offrir ne serais-ce qu'une Bierraubeurre ensuite, une fois sortis du magasin. Elle ne voulait pas dépenser une Noise de plus aujourd'hui.
Elle retrouva Malefoy en face de Madame Guipure, les mains dans les poches. Il fixait une affiche collée à la vitrine de la boutique. On y voyait la tête de Harry, avec pour légende « l'Elu est venu ici pour sa première rentrée ». D'autres commerçants avaient des affiches du même genre, et ça avait toujours le don d'énerver Hermione. Elle ne pouvait cependant par leur en vouloir de surfer sur l'effet de mode et la popularité de Harry. Et puis, c'était toujours mieux que les affiches « Indésirable n°1 » qui inondaient le Chemin de Traverse, quelques années auparavant.
- Potter accepte qu'on se fasse de l'argent comme ça sur son dos ? Demanda abruptement Malefoy.
Hermione ne s'attendait pas à ce qu'il lui adresse la parole, mais visiblement, la colère du jeune homme s'était déplacé vers cette affiche qu'il regardait avec dégoût.
- Il ne peut pas vraiment interdire de telles pratiques, ça n'a rien de mensonger. Par contre, il a déjà fait retiré des publicités sur des baguettes magiques ou des bonbons qui, selon leurs vendeurs, permettaient d'être aussi fort que « Celui-Qui-A-Vaincu ».
Elle mima des guillemets avec ses doigts car elle trouvait ce surnom débile. Comme si Harry n'en avez pas déjà assez avec l'Élu ou le Héros.
- Il y a vraiment des gens pour croire à de telles conneries ?
- Apparemment.
Malefoy ne dit rien pendant plus d'une minute, puis il sembla se rappeler de quelques choses.
- J'étais là, le premier jour où il est entré chez Madame Guipure. On a parlé mais il ne m'a pas dit qu'il était Harry Potter. Je l'ai pris pour un né Moldu parce qu'il semblait ne rien connaître à Poudlard. Il ne m'appréciait pas trop dès le début, il a tout de suite cerner quelle genre de personne j'étais. Pas moi.
Quelques secondes de parfait silence suivirent la révélation du blondinet, avant qu'il ne s'en aille d'un pas rapide. Encore une fois -et pour la dernière fois de la journée- il laissa une Hermione déboussolée derrière lui.
Concernant les robes de soirées que Hermione essaye, je me suis inspirée de trois tenues que Emma Watson a porté. Je peux mettre le lien sur mon profil si vous voulez mieux les visualiser.
Je ne suis pas hyper satisfaite de moi pour ce chapitre, mais j'espère qu'il vous a plu quand même !
Au plaisir de lire votre avis (héhé)
B.
Ps: Le chapitre 3 n'est même pas encore commencé... mais je vais essayé de me servir de ces deux semaines de vacances au mieux ! ;)
