Hum. Comment dire... deux mois sans publier. C'est... Je suis vraiment désolée, c'est une attente très longue, et je sais ce que c'est que d'attendre un chapitre de fiction en tant que lecteur. Surtout que je vous avais laissé sur un suspens assez cruel au chapitre précedent.
J'aurais des centaines d'excuses à vous dire, comme une année plus remplie que je ne le pensais, des problèmes d'ordinateur et un début d'année 2015 pas très joyeux, mais je pense que le plus important est que le chapitre est ENFIN là. Hallelujah ! (Pour la peine il est plus long que le précédent !)
Merci aux reviewers et à ceux qui ont ajouté l'histoire en favori/follow, ça fait vraiment plaisir.
On se retrouve à la fin du chapitre, bonne lecture !
"Elle remit alors ses chaussures en retenant un juron, et ramassa le grimoire. Elle ouvrit la sacoche et s'apprêtait à le reposer à l'intérieur quand un éclat brillant attira son regard. Intriguée, elle farfouilla avec sa main et toucha alors un métal froid.
Elle attrapa l'objet et le sortit à la lumière. Là, dans sa main droite, elle tenait un pistolet."
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Après ce petit rappel de la fin du chapitre 3 (que vous devez avoir oublié après tout ce temps), place au...
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Chapitre 4 :
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L'objet pesait lourd dans sa main. Elle devina qu'il était chargé. Ce qui voulait dire que si elle pressait la détente, juste là, sous son index...
Un frisson d'horreur parcourut tout son corps. Elle éloigna immédiatement son doigt de la gâchette et pointa le canon de l'arme vers le sol, par sûreté.
Elle entendit Malefoy bouger à ce moment là. Elle cessa immédiatement de faire le moindre mouvement, elle arrête même de respirer, le regard fixé vers le jeune homme. Il était toujours tourné vers le mur, mais il n'avait qu'à se retourner un peu pour la voir, l'arme à la main.
Sans chercher à comprendre ce que ça signifiait, ce pistolet dans le sac de Malefoy, elle savait d'instinct que s'il la voyait toucher à ses affaires, ça n'allait pas bien se passer. Du tout.
Alors elle fourra l'arme dans son sac et partit aussi vite qu'elle le put, sans trop faire de bruit non plus et sans oser se retourner.
Une fois à son appartement, la première chose qu'elle fit fut de sortir le pistolet de son sac et de le poser sur la table à manger. Elle resta longtemps à le fixer, les yeux un peu écarquillés.
Que devait-elle faire ?
La sonnerie de son téléphone portable version sorcier la fit sursauter avec force. Elle vit l'appareil, posé sur le canapé, puis son regard retourna vers l'arme.
N'importe qui pouvait débarquer à tout instant. Comment pourrait-elle justifier ça ? Le port d'arme était interdit en Angleterre, autant chez les moldus que chez les sorciers.
Le téléphone continuait de sonner.
Elle saisit le pistolet et, une fois dans sa chambre, décida de le cacher dans un carton rempli de vieilles robes de Poudlard qu'elle ne mettait plus depuis longtemps. Quand elle l'eut bien caché au milieu, elle rangea le carton au fond de son placard et courut jusqu'au salon pour répondre à son portable. Évidemment, la sonnerie cessa juste quand elle se saisit de l'appareil et elle vit le prénom d'Harry disparaître de l'écran.
Elle le rappela aussitôt.
Une vingtaine de minutes plus tard, quand elle eut raccroché et promit d'apporter le dessert pour le repas qu'il organisait le lendemain, son esprit retourna directement vers ce qu'elle cachait désormais dans son placard.
Elle réalisa que non seulement elle avait volé une arme, mais surtout, qu'elle l'avait volé à Drago Malefoy. Il la tuerait s'il l'apprenait (le plus inquiétant à cet instant était qu'elle ne savait pas si l'expression était à prendre au sens propre ou au figuré).
Ce ne fut pas ça qui l'empêcha de dormir, cependant. Ce fut la question qui tournait sans cesse dans son esprit sans que jamais elle ne s'accroche à une réponse :
Que fait un ex-mangemort avec une arme moldue sur lui ?
…
Quand elle était arriva chez Harry et Ginny, le lendemain, elle était étonnée d'être devant leur petite maison avec une dizaine de minutes d'avance, alors qu'elle avait passé un temps fou à hésiter entre s'habiller comme d'habitude pour ces soirées, ou mettre une tenue que Malefoy lui avait fait acheter. Pas les longues robes qui coûtaient si chers que ses yeux en étaient encore écarquillés face au nombre, mais les tenues qu'elle avait pour « les jours normaux ». Tenues qui faisaient plus habillées que presque tout ce qu'elle avait dans son armoire, soit disant passant...
Ce fut Ginny qui lui ouvrit. Ça lui faisait toujours un petit choc de voir à quel point elle avait changé en quelques années. Comme si la Guerre et tout ce qui s'était passé pendant cette période l'avait obligé à grandir plus rapidement qu'elle ne l'aurait dû. Elle faisait maintenant réellement femme, et était devenu encore plus affirmée qu'avant. Elle n'était plus la petite sœur de Ron qu'on aurait envie de protéger et parfois, Hermione avait l'impression que c'était Ginny qui avait un an de plus et non l'inverse.
La jeune femme l'accueillit en la serrant chaleureusement dans ses bras et la félicita pour sa tenue. Hermione la remercia avec un sourire puis entra dans la maison. Dans le salon, une jeune femme aux longs cheveux blonds était couché à plat ventre sur le sol, le regard rivé sous la commode d'un meuble. Et même si ça faisait presque dix ans qu'Hermione connaissait Luna Lovegood, ce genre de chose était toujours surprenant à première vue.
- Luna ? Appela Hermione en s'approchant.
A l'entente de son prénom, ladite Luna releva vivement la tête, et se prit donc la commode au coin du front.
- Mince Luna ça va ?
Hermione se précipita pour l'aider à se relever alors que l'ex Serdaigle se tenait le front.
- Rien de bien grave, répondit-elle en retrouvant déjà son sourire. Juste une petite bosse. Papa dit toujours que les bosses sont signes de sagesse, surtout quand elles sont au front. Enfin, peu importe, comment vas-tu ?
- Bien et... euh, tu saignes Luna !
- Ah oui ? Je vais aller nettoyer ça alors !
Elle partit d'un pas léger vers la salle de bains à l'étage, les deux mains toujours sur son front.
Hermione poussa un soupir, tant pour le caractère si lunatique de son amie que pour l'innocence qu'elle semblait encore porter en elle, malgré tout. Une part d'elle l'admirait pour ça.
- Harry et Ron sont dans la cuisine, lui dit Ginny, qui était revenue dans la pièce sans qu'elle ne s'en aperçoive.
Hermione la remercia du regard et se rendit dans la grande cuisine des Potter. A chaque fois qu'elle entrait dans cette pièce, elle ne pouvait s'empêcher de penser à la cuisine du Terrier. Il y avait la même ambiance chaleureuse (et le même désordre, aussi).
Harry et Ron étaient en train de parler, tout en séchant la vaisselle. Ils s'interrompirent en voyant leur amie arriver.
- Hermione, l'accueillit Harry avec un grand sourire.
Ils se serrèrent dans les bras brièvement. Quand Hermione se sépara de lui, son regard tomba sur Ron, resté un peu en retrait, les observant d'un air neutre.
- Salut, dit-il finalement.
Il se détacha du placard contre lequel il était appuyé.
- Salut Ron.
Hermione hésita, tout comme lui, puis elle prit soudain l'initiative de le serrer lui aussi dans ses bras. Toute cette gêne était ridicule.
Combien de temps cela faisait-il qu'ils ne s'étaient pas ainsi serrés l'un contre l'autre ?
Beaucoup trop, réalisa Hermione. La chaleur de Ron lui avait manquée. Se sentir si petite et protégée dans ses bras lui rappelait Poudlard et toutes les après-midi passées au coin du feu avec Harry, dans la Salle Commune.
Le contact fut bref, toutefois, et elle remercia Harry de prendre la parole juste après, pour éviter un moment de malaise, comme un échange de regard, un air sombre, un sourire nerveux.
- T'es venue en avance aujourd'hui. Tu n'as pas fait la fermeture de la BU pour une fois ?
- Hey ! Répliqua Hermione face au ton clairement taquin de son ami. Je ne passe pas mes vendredi soirs à la BU ! …Pas tous.
- Tu travailles trop, se contenta de répondre Harry.
- C'est toi qui me dit ça ? Toi, le plus jeune chef des Aurors qu'il y ait jamais eu ? Tu veux que j'aille demander à Ginny le nombre d'heure que tu as passé au Ministère cette semaine ?
Avant que le brun n'ait pu se défendre, Ron intervint.
- Wow, vous êtes pas en train de vous disputer pour savoir qui travailles le plus quand même ?-
- …
- Vous me désespérez.
On voyait cependant qu'il n'arrivait pas à retenir un sourire amusé.
- Vous pourriez au moins vous engueulez sur des sujets intéressants.
- La dernière fois, tu as fait un débat d'une heure avec Ginny pour savoir qui de Barry Ryan ou Darren O'Hare* est le meilleur attrapeur, alors tu es mal placé pour parler, s'exclama Hermione vivement.
- Ce sont des gardiens Mione !
Harry et Ron éclatèrent tous deux de rire (comme si c'était si drôle). La jeune fille leur donna à chacun un coup sur le bras (ils ne sentirent pas grand chose mais c'était surtout un signe de protestation).
- Tu n'y connais toujours rien au Quidditch, taquina Ron.
- Tu pourrais quand même faire un effort, ton futur mari est l'un des plus grands attrapeurs du monde ! Ajouta Harry.
Sa plaisanterie tomba un peu comme un cheveu sur la soupe et le rire d'Hermione résonna jaune dans la pièce. Dès que les mots « futur mari » avaient été sorti, le sourire de Ron s'était crispé, puis il s'était raclé la gorge. On aurait dit qu'il ne se souvenait plus (ou avait partiellement oublié) ce détail, et s'en rappeler lui donna instantanément une mine sombre.
L'ambiance était devenu si tendue, entre eux. C'était toujours comme ça maintenant. Il y avait toujours un moment où la gêne venait s'infiltrer dans la conversation, un regard était rapidement échangé puis le malaise restait. C'était comme ça depuis leur rupture. Enfin, c'était tout de même mieux qu'au début, parce qu'à cette période, ils ne s'adressaient la parole que pour se crier dessus.
Les choses s'étaient calmées au bout de quelques mois (même si leur amitié avait connu une autre période de froid quand Hermione lui avait annoncé qu'elle allait se marier avec Viktor Krum) et ils étaient à peu près redevenus comme avant. Sauf qu'elle sentait que Ron l'aimait encore et elle s'en voulait de le faire souffrir, alors elle préférait l'éviter quand c'était possible. Il semblait faire de même, alors ils se voyaient assez rarement. Quand Harry parvenait à les réunir, il y avait une liste à rallonge de sujet qu'il ne fallait pas aborder sous peine de créer des tensions ou encore des disputes (son mariage et Viktor étant placé tout en haut de cette liste) alors les conversations étaient devenues plutôt bateau.
Ron lui manquait. Ce n'était pas pour rien s'il avait été son meilleur ami puis son petit ami. Le seul problème, c'est que ça n'avait pas fonctionné et qu'ils n'arrivaient pas à faire marche arrière. C'était trop tard et Hermione ne pouvait que regretter.
Ce fut Ginny qui coupa ce moment de malaise, en déboulant dans la cuisine pour demander (ou ordonner, selon le point de vue) à Ron d'amener un pichet de jus de citrouille sur la table, et à Harry d'aller ouvrir ce « foutu portail » car Seamus avait visiblement du mal avec le système d'interphone magique. Elle semblait déjà exténuée et passablement énervée, alors les deux jeunes hommes ne protestèrent pas et quittèrent la pièce rapidement.
…
Une demie-heure plus tard, une fois tout le monde arrivé, ils étaient tous installé autour de la table à manger. Ils étaient plus nombreux que d'habitude, certains qui ne venaient que rarement avaient réussi à se libérer. Hermione avait du mal à suivre toutes les conversations autour d'elle, ainsi assise entre Dean en pleine discussion avec Ernie, Seamus et Ginny, et entre Parvati qui exposait à Luna les moindres détails de la vie de couple de Lavande et son (apparament) nouveau petit ami. Si Luna s'y intéressait au moins autant qu'Hermione (c'est à dire très peu), elle avait la patience de faire semblant et de hocher la tête quand il fallait. Neville, en face de Luna,ne participait à aucune conversation et observer la jeune fille devant lui semblait lui suffire. Son regard portait tellement d'admiration et de tendresse qu'Hermione se sentit obligée de détourner les yeux. Il n'y avait bien que Luna pour ne pas remarquer qu'il la fixait comme ça.
Sans pouvoir le contrôler, les pensées d'Hermione dérivèrent vers ce qu'elle avait essayé d'oublier depuis le début de la soirée : Malefoy. Elle se demandait ce qu'il faisait en ce moment même. Est-ce qu'il s'était rendu compte que son arme avait disparu ? Sûrement. Ce n'est pas quelque chose qu'on a dans son sac comme ça, et qu'on oublie parce qu'on est tête en l'air. C'est un objet qui sert à tuer.
Elle avait besoin de savoir pourquoi il avait ça sur lui. Pendant la nuit, elle s'était dit qu'elle pourrait subtilement interroger Harry. Peut-être que si elle en savait plus sur ce qu'il faisait de sa vie, pourquoi il était en « vacances », cela l'éclairerait. Et puis, pourquoi pas essayer de lui soutirer quelques informations sur la dette qu'il lui devait.
Hermione se rendit compte qu'elle était partie trop loin dans ses pensées et n'était plus présente que physiquement dans la maison des Potter quand le silence se fit et que tous les regards étaient fixés sur elle.
- Hum, je n'ai pas écouté, quelqu'un m'a parlé ?
- Seamus vient de te demander comment ça se passait avec Malefoy, répondit Parvati.
- Ouais enfin j'ai surtout demandé comment ils avaient réussi à ne pas s'entre-tuer, rectifia Seamus, provoquant les rires de la tablée.
Et c'était drôle qu'il choisisse le verbe s'entre-tuer. Un peu ironique. Hermione se raidit sur sa chaise et fit un sourire crispé.
- Ils sont adultes maintenant, ils sont sûrement capables d'agir en tant que tels.
- Ernie, on parle de Malefoy et Hermione, elle le déteste peut-être plus que Harry lui même.
- Je ne déteste pas Malefoy, coupa Harry. Plus, en tout cas.
- Ah oui, c'est vrai, « il a changé ».
- Vous avez peut-être du mal à le croire mais c'est vrai. On est plus à Poudlard, ces querelles sont vraiment...
- Et si on laissait Hermione répondre à la question ?
Ron coupa Harry dans sa phrase et les regards se dirigèrent alternativement entre lui et Hermione -qui n'avait pas ouvert la bouche.
- Désolé, Mione, vas-y.
- Mais... vous voulez que je vous dise quoi ?
- Bah, comment ça se passe !
- Je sais pas trop, normal. On s'engueule à la moindre chose.
Hermione se sentait gênée de répondre à ces questions. Ses amis attendaient avidement ses réponses, mais la majorité détestait Malefoy autant qu'elle. Même s'il avait été acquitté devant la Justice, du moins en partie, ils le considéraient toujours comme un petit con arrogant qui avait côtoyé d'un peu trop près le mauvais camp. Le problème, c'est qu'elle ne pouvait pas dire qu'il s'était mal comporté avec elle ces derniers jours. Il ne manquait pas une occasion pour se moquer d'elle mais elle le lui rendait bien... Cela faisait partie de leur caractère et en somme, elle n'avait rien de vraiment intéressant à raconter.
Bon. A part une certaine chose mais... hors de question qu'elle leur en parle. Cela risquait de prendre des proportions gigantesques.
- C'est quand même assez ironique quand on y pense, remarqua Neville. Lui le Sang Pur fier qui t'apprend à toi les codes de la société sorcière... Je dis pas que tu ne le vaut pas, au contraire ! S'empressa-t-il d'ajouter.
- J'avais compris Neville, et puis tu as raison, c'est assez drôle quand on y pense.
- Son père doit se retourner dans sa tombe, railla Ron.
- Son père n'est pas mort, t'es con !
Ron leva les yeux au ciel face à la remarque de sa sœur.
- Tu m'as compris. Il est enfermé à vie à Azkaban, c'est pareil.
- Je doute qu'il l'ait prévenu, dit Harry. Ou alors on l'aurait retrouvé mort d'une crise cardiaque dans sa cellule.
Hermione ne put s'empêcher de rire, comme les autres, puis Parvati lui demanda ce que Malefoy pensait de son mariage avec Krum.
Oh... il a insinué que je me mariais avec lui pour qu'on oublie que je suis une née moldue, donc je pense que c'est assez clair.
Ron se racla bruyamment la gorge à ce moment là et Hermione dut se contrôler pour ne pas lui lancer son verre à la figure. Ils avaient eu cette discussion des milliers de fois, et même s'ils n'étaient toujours pas d'accord, elle pensait qu'ils étaient passé au dessus des sous entendus comme ça.
Elle ne put se retenir de se tourner vers lui, le poing serré autour de sa fourchette.
- Un problème ? Lâcha-t-elle d'un ton froid.
- Aucun.
Mais on voyait clairement que ses poings étaient serrés et qu'il se retenait de dire beaucoup de choses.
- C'est bizarre, parce qu'il m'a semblé que tu avais quelque chose à dire sur mon mariage. Alors si c'est le cas, vas-y, ne te gênes pas.
- Hermione... souffla Harry, sentant la dispute arriver.
- Tu sais très bien ce que j'en pense, de ton « mariage ».
Il mima les guillemets avec ses doigts et Hermione eut envie de le gifler.
- J'espérais que tu y aurais changé d'avis avec le temps. Mais comme on dit « il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ».
- C'est moi ou tu viens de me traiter d'imbécile ?
- Ton temps de réaction s'est visiblement amélioré depuis Poudlard, ironisa Hermione.
Elle regretta ce qu'elle venait de dire à la seconde où cela s'échappa de sa bouche. Le visage de Ron s'assombrit et la méchanceté de ses paroles semblèrent se refléter dans ses yeux.
Le silence dans la pièce était complet. Tout le monde les observait alternativement, n'osant rien dire.
- Wow, je vois que trop fréquenter Malefoy te fait parler comme lui, dit finalement Ron après un long moment sans rien répliquer. Ou peut-être que c'est devenir la femme d'un type célèbre qui te fait sentir supérieure ?
- Supérieure ? Moi je me sens supérieure ?
Ron ne répondit rien et son silence voulait tout dire.
Hermione soupira. Elle se mariait dans moins d'un mois et il n'était toujours pas capable d'accepter sa décision. Elle voulait bien faire des efforts, essayer de le comprendre, mais ça commençait à lui peser de ne pas pouvoir parler de quelque chose d'aussi important, d'un changement si radical dans sa vie. Elle était fatiguée qu'on ne croit pas en elle et en ses choix. C'était sa vie, merde.
Elle se leva sans un regard de plus pour Ron et entra dans la cuisine.
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Une assiette d'assiettes sales et quelques verres traînaient dans l'évier, en attente d'un coup de baguette pour être nettoyés. Mais Hermione décida de les laver façon Moldue, histoire de s'occuper les mains et l'esprit.
Cependant, ça ne l'empêcha pas d'entendre Ginny engueuler Ron pour avoir foutu une mauvaise ambiance. Celui-ci répliqua et leur discussion tourna bien vite en vives éclats de voix.
- J'en ai ramené une autre tournée, dit soudain Harry en entrant dans la cuisine.
Elle sursauta de surprise alors qu'il déposait les assiettes de l'entrée sur le plan de travail. Il se saisit ensuite d'un torchon propre, sous l'évier.
- Un peu d'aide ?
Hermione acquiesça et lui tendit un verre qu'elle venait de rincer.
Ils nettoyèrent plus de la moitié de la vaisselle en silence. Les discussions s'étaient calmées au salon et quelqu'un avait même mis de la musique. Une voix apaisante chantait par dessus quelques accords de guitare à un volume modéré.
- Désolée, lâcha finalement Hermione. Je voulais pas qu'on gâche encore une soirée.
- C'est pas grave. Ça devait bien arriver de toute façon...
- On dirait qu'on est plus capables de se voir sans s'engueuler.
Harry ne dit rien. Il était conscient de ça et il en souffrait sûrement. Ron et Hermione n'étaient peut-être plus ensemble, mais ils restaient ses meilleurs amis. Il ne pourrait jamais choisir entre l'un des deux. C'était sa famille, et les voir se déchirer lui faisait mal à lui aussi.
- S'il n'avait pas fait de remarque, aussi... marmonna la jeune fille.
- Il n'a rien dit, il a simplement... toussé.
- Harry, on sait toi comme moi qu'il l'a fait exprès pour montrer son désaccord. Comme si je ne l'avais pas encore compris.
- C'est dur pour lui, même après tout ce temps. Il essaye de prendre sur lui, crois moi, mais entre Krum, son amour pour toi et maintenant Malefoy...
- Malefoy ? Qu'est-ce-qu'il vient faire là ? S'étonna Hermione.
- Tu as entendu sa remarque... Il n'a pas très bien pris le fait que tu le « fréquentes ».
- A croire que je l'ai choisi, soupira-t-elle.
Hermione observa un moment de silence puis dévia subtilement la conversation, l'air détachée et concentrée sur l'assiette qu'elle frottait.
- D'ailleurs... je me demandais pourquoi c'est lui que toi, tu as choisi. Tu aurais pu demander à pleins d'autres personnes.
- Je suis en contact avec peu de Sang Pur issu d'une telle éducation. Ceux qui ne sont pas en prison à l'heure qu'il est se sont exilés.
- Il en reste tout de même...
- Il n'y en a pas beaucoup qui me porte dans leur cœur et qui accepterait de m'aider... Et je te vois arriver Hermione, mais je ne te dirais rien de plus sur la « dette » de Malefoy.
D'accord, elle n'avait peut-être pas été si subtile que ça.
N'empêche qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser que la dette de Malefoy et l'arme dans son sac avait un lien. Ou peut-être qu'elle essayait de se rassurer.
- Est-ce que ça a un rapport avec le fait qu'il soit en vacances à cette période de l'année ? Tenta-t-elle.
- Il t'a dit qu'il était en vacances ?
- Il ne l'est pas ?
Harry sembla hésiter.
- Si, en quelque sorte.
- C'est-à-dire ?
- Il dispose de quelques semaines avant de commencer son nouveau travail.
- Quel nouveau travail ?
- Je peux pas t'en dire plus.
Il lui fit une moue désolée, connaissant la détermination de son amie, mais celle-ci était déjà entrain de sur-analyser ses paroles. Elle en vint rapidement à la conclusion que si Harry, qui travaillait pour le Ministère, semblait en savoir autant sur la vie professionnelle de Malefoy, c'est que ce nouveau travail était au Ministère. Mais c'était surréaliste. Pourquoi irait-il travailler pour le Ministère ? Hermione n'était même pas sûr qu'il le puisse, avec son passé de Mangemort. Il était « fiché » et cela l'empêchait sûrement de travailler dans un bon nombre d'institutions.
- Et, je me demandais... les armes moldues sont autorisés chez les Sorciers ?
- Pourquoi cette question ?
- Oh pour rien, je lisais un article l'autre jour, qui parl ait de la régulation des objets moldus et je me suis posée la question pour les armes. Genre, des pistolets.
Harry fronça les sourcils, pas vraiment convaincu, mais répondit tout de même.
- Le Ministère est très strict sur ça. Principalement parce que ce sont des objets dangereux dont les Sorciers ne connaissent pas l'usage. On ne peut pas en posséder, mais je ne vois pas pourquoi un sorcier en aurait l'usage s'il a déjà une baguette.
Bien sûr qu'Hermione s'était fait cette réflexion. C'était insensé de vouloir une arme quand on avait un bâton de bois capable de provoquer bien pire qu'une blessure ou la mort.
- Il n'y a que le département de régulation de l'artisanat moldu qui les étudie et fait parfois des confiscations. Ça arrive très rarement.
- Oh. D'accord.
Hermione n'ajouta rien, même si elle avait des centaines de questions sur le bout de la langue. Elle risquait d'attirer les soupçons de son ami et elle ne savait pas jusqu'à quel point il était au courant des affaires de Malefoy.
…
Lorsqu'elle était retournée au salon, apportant le plat chaud avec Harry, les conversations avaient repris joyeusement autour de la table. Seul Ron avait une mine renfrognée et fixait sa fourchette. Tant mieux, pensa Hermione. Elle espérait qu'il s'en voulait et qu'il s'excuserait, parce qu'elle, elle ne le ferait pas.
Hermione Granger, trop de fierté ?
Pas le moins du monde.
Le repas se passa tranquillement. Les esprits se déridèrent au fil des verres de Cidre des Elfes ou de Whisky Pur Feu. Hermione se laissa prendre à l'ambiance festive et oublia quelque peu ce qui la tracassait. Quand Dean s'improvisa DJ et changea la musique calme pour une beaucoup plus entraînante, et que Ginny et Parvati se précipitèrent pour danser au milieu du salon où on avait déplacé les canapés pour un dancefloor improvisé, elle se surprit à les suivre. L'alcool aidait sûrement, mais ça faisait tout de même du bien de s'amuser et juste danser. Enfin, bouger dans tous les sens, sauter n'importe comment, et surtout sans aucun sens de la coordination.
Au bout de deux chansons seulement, elle se laissa tomber sur une chaise, essoufflée.
- Je crois que je passe trop de temps dans des grimoires poussiéreux, mes poumons ne tiennent plus le coup, soupira-t-elle en se servant un verre d'eau.
Elle jeta un regard autour d'elle et constata qu'elle n'avait pas parlé dans le vide puisque Neville était resté assis à table. Il n'avait cependant pas entendu la réplique de la jeune fille, concentré comme il l'était à regarder Luna. Celle-ci dansait seule, un peu à l'écart des autres, dans un rythme totalement en décalage par rapport à la musique, les yeux fermés.
Hermione appela Neville pour avoir son attention. Elle dut se répéter à trois fois avant d'obtenir une réaction et qu'il détache -difficilement- ses yeux de Luna.
- Ah tu es là, je t'avais pas vu, s'excusa-t-il. Tu ne danses plus ?
- Je fais une pause. Et toi, tu ne danses pas ?
- Oh je préfère..Enfin, je n'aime pas trop ça quoi.
Son regard dévia à nouveau vers Luna, attiré comme un aimant.
- Va la rejoindre Neville, dit Hermione alors qu'il poussait un soupir.
- Je peux pas...
- Tu ne danses pas si mal que ça, je t'assure !
Si elle tenta de le dérider, ça ne marcha pas vraiment.
- Ce n'est pas ça.
Neville hésita.
- Tu te rappelles du gars dont elle nous avait parlé il y a quelques mois ?
- Rolf Scamander, c'est ça ?
- Oui. Je pense qu'elle éprouve plus que de l'amitié pour lui, elle m'en parle tout le temps et...
- Ce n'est qu'un collègue Neville ! Je suis sûre qu'il n'y a rien entre eux, le rassura Hermione.
- Je crois que si... Elle a évoqué un voyage avec lui, pour partir à la recherche des Ronflak Cornu. Il est passionné par les créatures magiques lui aussi.
- Tu devrais lui avouer tes sentiments, tu ne peux pas continuer à garder ça pour toi.
- Je ne veux pas lui faire de mal... Elle tient énormément aux gens Luna, et je sais que je compte beaucoup pour elle, expliqua Neville. C'est quelqu'un de vrai, de sincère, mais surtout d'incroyablement gentil. Je sais que si je lui dis que je l'aime, elle s'en voudra de ne pas m'aimer en retour. Elle serait prête à le prétendre pour ne pas que je me sente mal. Je ne veux pas de ça. Je préfère l'observer de loin et la voir heureuse que l'avoir près de moi malheureuse.
Le cœur d'Hermione se serra douloureusement dans sa poitrine par tant de sincérité. C'était beau, tragiquement beau même.
Ginny débarqua à cet instant, quand la musique changea pour « Do The Hippogriff » des Weird Sisters. C'était un peu leur chanson il y a quelques années, qu'elles chantonnaient à tout moment.
- Viens danser Hermione ! Cria Ginny, sautant sur place.
Elle allait répliquer qu'elle préférait se reposer, mais Ginny s'empara de sa main et l'entraîna de force sur la piste. Hermione se laissa finalement prendre à la folie de la danse et chanta à tue-tête les paroles qu'elle connaissait par cœur. Neville, quant à lui, tourna à nouveau son entière attention vers Luna.
…
Hermione se retrouva, une heure plus tard, en train de danser énergiquement avec Ron et Luna en plein milieu du salon des Potter. Elle ne se rappelait plus comment ni pourquoi elle en était venue à danser avec le rouquin, et elle s'en fichait un peu. L'alcool courait dans son sang et elle se sentait euphorique. Tellement euphorique, qu'elle ne broncha même pas quand il posa ses mains sur sa taille pour danser « collé-serré » avec elle. Elle répondit d'ailleurs d'un vif sourire, simplement heureuse, et continua de danser à en perdre la tête.
- T'es très belle ce soir Hermione ! Lui cria-t-il d'une voix forte pour couvrir la musique.
- Quoooi ?! Tu veux une pelle ?
C'était bizarre, de vouloir une pelle maintenant, pensa Hermione.
Peut-être qu'elle n'aurait pas du accepter tous les verres que Seamus lui avait servis.
- J'ai dis : T'ES-TRES-BELLE !
Il lui hurla littéralement dans les oreilles et cela la fit éclater de rire. Ron la suivit dans la seconde et leur fou rire incontrôlable dura cinq bonnes minutes. Il suffisait que l'un croise le regard de l'autre pour que ça recommence. Hermione ne savait même plus pourquoi elle rigolait, au final.
Quand elle réussit être suffisamment calmer pour parler, elle articula un « Merci ». Il lui sourit et se mit à scander les paroles de la chanson, les bras en l'air. Cela la fit rire à nouveau.
Soudain, Harry se matérialisa à côté d'elle et lui prit le bras pour avoir son attention. Le volume de la musique était redevenu raisonnable alors il n'eut pas besoin d'hurler pour lui dire que quelqu'un était à la porte pour elle.
- Pour moi ? Qui c'est ? Demanda-t-elle, confuse.
Pour toute réponse Harry la conduisit jusqu'à la porte d'entrée où, effectivement, un homme attendait. Elle n'arriva pas à se souvenir de son identité mais elle était sûre d'avoir déjà vu son visage quelque part.
- Bonsoir, salua-t-elle. Vous voulez me voir ?
- Bonsoir Miss Granger. Je suis le chauffeur de Mr Krum, c'est lui-même qui m'envoie.
Ah oui. Maintenant qu'il l'avait dit, elle se souvenait de lui. Il s'appelait Adrian. Ou Andrei.
Elle avait les idées un peu embrouillées.
- Il se passe quelque chose ?
- Mr Krum n'a rien, si c'est ce que vous voulez savoir. Il m'envoie simplement vous chercher car il est revenu à Londres pour quelques jours.
Viktor était en voyage « d'affaire » depuis environ trois semaines. Il était allé dans différents coins d'Europe, principalement en Italie, pour établir des contacts et trouver des entreprises pour investir. Il prévoyait en fait l'après « joueur de quidditch à renommé mondial », ce moment qui était maintenant proche où il prendrait sa retraite et devrait se reconvertir dans une autre branche.
- Il est rentré ? Depuis quand ?
- Une heure à peine, confirma le chauffeur. Il vous expliquera pourquoi lui même, d'ailleurs la voiture est prête pour vous mener à votre appartement, elle vous attends en bas de la rue.
- Oh, oui, je vais aller dire au revoir à mes amis alors.
Hermione était un peu déboussolée, car elle ne s'attendait pas du tout à ce que Viktor retourne à Londres, mais elle était tout de même heureuse à l'idée de le revoir. Cela faisait tellement longtemps qu'ils ne s'étaient pas vu en vrai !
Ses amis semblèrent aussi surpris qu'elle quand elle leur annonça qu'elle devait partir. Ils ne lui en voulurent pas, dirent qu'ils comprenaient et lui souhaitèrent une bonne soirée. Elle fit semblant de ne pas remarquer que Ron avait mystérieusement disparu du salon.
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Le trajet dans la voiture passa vite, principalement parce que les effets de l'alcool retombaient et que la fatigue s'emparait peu à peu de son corps. Elle dut faire un effort surhumain pour s'extirper de la voiture et monter dans l'ascenseur.
La porte ne mit que quelques secondes à s'ouvrir quand elle sonna.
- Herrrmione !
La voix bourrue de Viktor amena un sourire sur le visage de la jeune fille et elle lui tomba dans les bras. Ça aurait pu faire très « comédie romantique » mais elle tomba surtout comme un poids mort, trop éreintée pour même tenir debout. Il la soutint facilement et la serra contre lui en riant.
- Je crois que tu vas t'endormir dans mes bras, dit-il, amusé.
- Désolé Viktor, je voulais pas t'accueillir comme ça... marmonna-t-elle en essayant de se redresser un minimum.
- C'est pas grave, tu es fatiguée c'est normal, je suis là à l'improviste. J'ai hésité à te le dire demain mais...
- Non, non, c'est très bien. Ça fait tellement longtemps qu'on s'est pas vu.
Elle approcha ensuite son visage et l'embrassa doucement. Elle avait presque oublié la sensation des lèvres de Viktor contre les siennes.
- Tu m'as manqué.
- Toi aussi.
Hermione était trop fatiguée pour ajouter autre chose, alors elle se laissa porter par Viktor, qui l'emmena jusque dans sa chambre. Il la coucha sur le lit, retira ses escarpins et elle enleva mollement sa robe. Elle se glissa sous la couette et Viktor l'y rejoignit rapidement.
Ses paupières étaient lourdes et elle sentait déjà le sommeil arriver alors qu'elle était si confortablement installé.
- Tu seras là demain matin ? Demanda-t-elle avant de sombrer.
Elle avait peur de se réveiller et de regretter de s'être endormie d'un coup s'il devait repartir directement.
Viktor déposa un léger baiser sur ses lèvres.
- Ne t'inquiètes pas, je reste deux jours. Je n'ai rien de prévu pour demain, à part toi. Dors mon Herrrmione.
Elle sourit dans la pénombre et s'endormit immédiatement après.
* Barry Ryan et Darren O'Hare sont deux gardiens de l'équipe de Quidditch d'Irlande (que de recherches j'ai fais, n'est-ce pas ? Haha).
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Alors, vous en avez pensé quoi ?
Je sais, pas de Malefoy dans ce chapitre. La confrontation était prévue mais ça faisait un chapitre trop long alors j'ai coupé avant. Vous inquiétez pas, il revient en force dans le prochain chapitre !
On en apprend un chouia plus sur lui (même si Harry semble décider à ne rien dire) et on en apprend surtout plus sur les autres personnages. Pauvre Neville. Il m'a fait de la peine (même si c'est moi qui ait décidé ça pour lui, alors bon...).
Et surtout, important: Arrivée officielle de Krum dans l'histoire ! Cela risque de ne pas plaire aux adeptes de Drago haha.
Bref, si vous êtes encore là après cette loooongue attente et ce long chapitre je vous remercie et je vous dis : à bientôt ! (on y croit, on y croit ! J'ai déjà commencé le chapitre 5, alors j'espère ne pas mettre autant de temps pour celui là).
B.
