Hey ! Me revoilà pour... le 5ème chapitre.

J'ai mis moins de temps cette fois, on s'améliore ! En plus, il est pas mal long, j'espère qu'il vous plaira.

Bonne lecture !


Chapitre 5 :

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Le lendemain matin, quand elle se réveilla, le lit était vide à côté d'elle. La couverture était tirée et la place était froide.

Elle réfléchit quelques secondes et un sentiment d'horreur monta en elle. Elle ne se rappelait de rien, ou presque. Les souvenirs étaient flous et tout ce qu'elle pouvait affirmer, c'est qu'elle avait passé la soirée chez Harry.

Son regard paniqué tomba sur un post-it collé sur la table de nuit. Elle s'en saisit et déchiffra l'écriture brouillonne de Viktor. Là, elle se rappela qu'il était revenu sur Londres et qu'il lui avait promis de rester le lendemain.

Elle poussa un soupir, s'attendant à lire une excuse pour imprévu qui l'avait obligé à partir dès l'aube. Cependant, quand elle lut vraiment le mot, elle constata qu'elle sautait trop vite au conclusion et qu'elle avait une mauvaise opinion de son fiancé. Il était simplement parti chercher des viennoiseries françaises. Elle se sentit presque honteuse d'avoir douté de lui alors qu'il s'était levé exprès pour lui ramener son petit déjeuner préféré.

Quand la jeune fille tenta de se lever, d'autres souvenirs se rappelèrent à elle. Notamment le nombre assez important de verres qu'elle avait bu. Un mal de tête épouvantable se manifesta et elle eu la désagréable impression que des cognards s'amusaient à percuter sa boite crânienne.

Elle n'avait pas eu beaucoup de gueule de bois dans sa vie et elle se rappelait maintenant pourquoi.

Une rapide douche froide lui remit à peu près les idées en place.

Elle était en train de se sécher les cheveux avec sa baguette magique (beaucoup plus rapide qu'avec les sèches-cheveux moldus), quand elle entendit plusieurs coups frappés fort à la porte. Elle pesta contre Viktor qui n'avait même pas pensé à prendre le double des clés qu'elle lui avait passé quelques mois auparavant.

Les coups se répétèrent, et Hermione se hâta d'attacher une serviette autour de son corps pour aller ouvrir la porte.

Ce n'était pas Viktor, ni même un quelconque livreur. C'était Malefoy. Sur son palier. L'air plutôt très remonté.

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis son regard tomba sur la tenue d'Hermione. Les mots semblèrent rester coincés au fond de sa gorge et la colère qui marquait son visage se changea en surprise.

Il ne s'attendait pas à trouver Hermione en si petite tenue. Et... elle non plus. Enfin, elle ne s'attendait pas à ce que ce soit lui. Parce qu'il n'était pas en petite tenue, il portait un pull et un jean. Une tenue normal. Bref.

Ses idées s'embrouillaient et son mal de tête était plus fort que jamais.

Elle resserra sa serviette autour de son corps, pour ne pas qu'elle tombe et se retrouver dans une situation encore plus gênante (rien que de l'imaginer provoquèrent le rougissement de ses joues).

- Qu'est ce que tu fais là?

Le regard de Malefoy cessa enfin ses aller retours entre son visage et le reste de son corps, et Hermione reprit une respiration normale.

- Faut qu'on parle.

- Si ça concerne tes cours, envoie moi ton hibou avec une lettre comme d'habitude, je suis occupée là.

Et elle voulut lui claquer la porte au nez, dans un élan de théâtralité, mais il retint le battant du plat de la main et la rouvrit brusquement.

- Faut. Qu'on. Parle. Maintenant, répéta-t-il en détachant chaque mot.

Hermione fut contrainte de se décaler pour le laisser entrer en furie dans son appartement. Il alla jusqu'au salon et s'arrêta au milieu de la pièce, son regard passant dans chaque recoin, scrutateur.

- Tu permets, je vais m'habiller.

Elle s'éclipsa dans la salle de bains avant qu'il n'ait pu songer à la retenir. Une fois en sécurité enfermée derrière la porte, elle resta quelques secondes appuyée contre le battant, le cœur en panique. Elle n'avait pas peur de Malefoy, c'est juste... qu'elle avait volé son arme et qu'il était là, dans son salon, à chercher quelque chose avec un air très en colère. Même pour une Gryffondor, ça avait de quoi faire paniquer. Surtout qu'elle ne voyait pas ce qu'elle pourrait dire pour excuser son vol. Hermione n'avait aucune idée de ce qui l'avait poussé à faire ça. Elle était vraiment stupide, parfois.

Dix minutes plus tard, quand elle revint au salon dans une tenue plus convenable, Malefoy se tenait parfaitement immobile, les bras croisés.

- Enfin, dit-il dès qu'il la vit entrer. J'ai presque cru que tu t'étais enfuie.

Le ton sarcastique de l'ex Serpentard suffit presque à faire dresser les poils des bras d'Hermione.

- Pourquoi je m'enfuirais de mon propre appartement ? Ça n'a pas de sens, répliqua la jeune fille.

Un rire nerveux lui échappa et inconsciemment, elle se recula alors que Malefoy avançait de quelques pas vers elle.

- Oh je ne sais pas moi... commença-t-il avec un air se voulant détaché.

Il avança à nouveau, les yeux brillants d'une colère prête à déborder.

- Peut-être parce ce que tu as -par mégarde, n'en doutons pas une seconde- pris quelque chose qui m'appartient ?

- Moi ?

Et d'accord, ce n'était peut-être pas la chose la plus intelligente à répondre. Mais c'était la première chose qui était sortie ! Hermione avait paniqué. Elle paniquait toujours, d'ailleurs. Parce que le regard de Malefoy la clouait sur place. Qu'il était menaçant. Qu'il se rapprochait. Qu'il était beau.

Quoi ?

Beau ?

N'importe quoi. Hermione avait besoin de se remettre les idées en place. Surtout si elle voulait inventer un mensonge crédible en si peu de temps.

- Je ne suis pas quelqu'un de patient, Granger, continua le jeune homme.

- Je ne suis pas une voleuse !

- Très bien, alors, comment tu expliques que mon arme ait disparue comme par magie jeudi pendant notre leçon ?

- Et bien, je n'en sais rien ! Tu as cas savoir où tu met tes affaires.

Ton calme, réplique cinglante. Bien, Hermione.

- Oh mais je sais parfaitement où je met mes affaires. Justement. Elle était dans mon sac. Et devine quoi ? Quand je me suis réveillé, elle n'y était plus. Bizarre, mmh ?

Il était à moins d'un mètre maintenant. Il surplombait Hermione d'une bonne tête et ça n'avait rien de rassurant.

- Ça n'a rien de bizarre... De nos jours, les vols dans les salles de danses désaffectées sont de plus en plus fréquents, ça devient un véritable fléau.

Le sourire ironique que Hermione essayait tant bien que mal de ravaler disparut à la seconde. Malefoy venait de s'approcher brusquement et sa main plaquait son épaule contre le mur, l'obligeant ainsi à lui faire face. Sa poigne était forte et son visage trop près.

- On arrête de jouer maintenant Granger. Tu vas me dire ce que tu as fait de mon arme. Maintenant.

- Lâche moi, répliqua Hermione du ton le plus froid qu'elle put.

Il était si proche que leur front se touchaient presque.

- Pas avant que tu m'aies répondu.

Et Hermione aurait bien voulu se dégager ou même tenter de sortir sa baguette. Mais elle avait peur. Les bords de sa bibliothèque lui faisait mal mais elle paniquait.

Vite, un truc à dire.

- Je ne sais pas où est ton arme... Je... Et puis, qu'est-ce-que tu faisais avec une arme sur toi ? C'est illégal.

Il parût surpris du changement de sujet et un peu désorienté.

- C'est compliqué.

- Ça n'a rien de compliqué ! J'étudie la Justice Magique, j'te rappelle. Les armes sont...

- Ou as-tu mis mon arme ? coupa-t-il en plaquant son autre épaule, de telle sorte qu'elle était bien coincée cette fois.

- Lâche moi !

- Dis moi où elle est ! Qu'est ce que t'en as fait ? Je sais que c'est toi.

- Tu n'as pas de preuves.

Tant qu'à être enfoncée dans le déni, autant y aller jusqu'au bout.

- Si. Le livre.

- Le livre ? Quel livre ?

Et puis soudainement Hermione comprit. Le grimoire. Elle se revoyait le prendre pour le reposer dans le sac de Malefoy. Puis elle avait vu le pistolet. Et elle avait reposé uniquement le livre à l'intérieur.

- Si tu veux fouiner dans les affaires des autres, apprends au moins à le faire discrètement, cracha l'ex Serpentard. Et si tu veux tout savoir, cette putain d'arme n'est même pas chargée. Je m'en sers uniquement pour m'entraîner dans un club de tir. Pour le ministère. Top secret, pigé ?

Le bruit d'une porte qu'on ouvre et qu'on referme résonna soudain dans l'appartement.

- Herrrmione, je suis rentré, annonça la voix rocailleuse de Viktor, avant que son propriétaire n'apparaisse la seconde suivante dans la pièce.

Hermione et Malefoy se retournèrent de concert vers lui. Le bulgare les fixa, une expression de surprise sur le visage. Les deux jeunes se regardèrent à leur tour puis se rendirent compte de la position dans laquelle ils se trouvaient. Collés contre une bibliothèque, trop proches pour être en train de parler normalement. Une vision des plus... troublante pour quelqu'un qui entrerait dans la pièce.

Malefoy lâcha les épaules de la jeune fille et se recula de deux bons pas. C'est comme s'il venait juste de réaliser ce qu'il était en train de faire.

- Qu'est-ce-qu'il se passe ici ? Herrrmione ?

Hermione, qui était encore sous le choc, ne répondit pas. Les mots « club de tir », « ministère » et « top secret » tournaient dans son esprit.

- Qui êtes-vous ? Demanda-t-il alors à Malefoy.

Celui-ci n'accorda pas une once d'attention à Krum et reporta son regard noir vers Hermione. Il était énervé contre elle, contre Krum, contre lui-même pour avoir trop parler. Il avait envie de se foutre des baffes, vraiment.

- Herrrmione ? Tu... vous faisiez quoi? C'est... ton amant ?

Cela fit réagir la jeune fille qui sortir de sa léthargie.

- Mon amant ? Quoi ? Mais non ! Pas du tout. Viktor, c'est Drago Malefoy, c'est lui mon professeur, je t'en avais parlé, expliqua-t-elle d'une voix pressante.

- Qu'est-ce-qu'il faisait ? Vous étiez... collés.

- Non ! Enfin, c'est compliqué.

- Je viens récupérer quelque chose qui m'appartient, intervint froidement Malefoy qui en avait sérieusement marre de perdre son temps.

- Tu la menaçais ? Gronda le bulgare. Il te menaçait ? Fit-il à nouveau à Hermione.

Il s'approcha d'elle, qui se trouvait entre les deux, et sortit brusquement sa baguette qu'il dirigea en direction de Malefoy. Celui-ci réagit instinctivement et le menaça également de la sienne, le regard plus glacial que jamais.

- Hé attendez, vous faites quoi ? Baissez vos baguettes !

Aucun des deux ne l'écouta et ils continuèrent à se fixer d'un œil noir.

- Ne faites pas les idiots, vous n'allez pas vous battre ! S'écria-t-elle, son regard passant alternativement entre son fiancé et Malefoy.

- Dis-moi où est cette putain d'arme Granger.

- Une arme ? Quelle arme ?

- Son pistolet, répondit Hermione.

- Un quoi ?

- Une arme moldue. C'est une longue histoire Viktor, je t'expliquerais plus tard...

- Granger, coupa Malefoy. Va. La. Chercher.

Sa colère commençait à prendre le dessus sur son sang froid.

- Ne lui donne pas d'ordre, aboya Krum.

La baguette de Malefoy le démangeait tellement qu'une étincelle crépita à l'extrémité du bâton de bois.

- On joue au chevalier servant, Krum ?

Hermione sentit que ça allait réellement partir loin.

- OK, on se calme. Tous les deux. Baissez vos baguettes. Je vais chercher le pistolet et ensuite Malefoy, tu partiras. Baisses ta baguette, Malefoy.

Celui-ci ne lui adressa pas même un regard.
- Viktor, arrête ça, s'il te plait.

- Recule toi Herrrmione, je ne veux pas que tu sois blessée.

Hermione poussa un profond soupir, excédée.

- C'est d'un ridicule, franchement.

Elle quitta la pièce en les laissant s'affronter du regard et rejoignit sa chambre. Il n'y en avait vraiment pas un pour rattraper l'autre. Pourquoi fallait-il que les garçons jouent toujours aux fiers héros qui se battent en duel avec tout ce qui bouge ? C'était quoi cette manie de vouloir affirmer sa virilité à la moindre occasion ? Tout ça pour quoi, un bras cassé, la vitrine du meuble en morceaux ?

Vraiment, le monde se porterait beaucoup mieux s'il n'était pas dirigé par des hommes qui pensaient avec leur baguette plutôt qu'avec leur tête (et oui, le jeu de mot douteux est volontaire).

Elle sortit le carton de l'armoire en jurant dans sa barbe et regretta presque que le pistolet ne soit pas chargé quand elle le prit entre ses mains. Autant pour leur tirer dessus que sur elle même.

Parce que c'était un faux, il servait dans un club de tir. Elle avait cru à des théories de psychopathe dangereux alors qu'il n'était même pas chargé.

La honte viendrait après. Pour l'instant, il fallait qu'elle se dépêche de retourner au salon ou les deux idiots qui l'occupaient en mode « vieux Western » allaient ruiner la déco.

Elle déposa le pistolet dans une vieille boite à chaussures et sortit de la chambre.

Malefoy et Viktor n'avaient pas bouger d'un pouce. Ils ne se parlaient pas mais avaient gardé leur baguette levé.

L'ex Serpentard s'empara de la boite qu'elle lui tendit et partit dans la seconde, sans adresser un regard à personne.

- C'est bon, tu peux ranger ça, souffla Hermione à Viktor.

Il hésita, puis comme le blondinet semblait bel et bien partit, rangea le bâton de bois dans sa poche.

- Et bien... Quel accueil.

Il s'approcha de la table, où il avait posé un petit sac en papier remplis des viennoiseries françaises qu'il était allé chercher.

- Il n'y avait vraiment pas besoin de réagir comme ça.

- Il te menaçait... commença Viktor.

- Et je sais me défendre toute seule ! Je n'ai plus huit ans !

- Il a l'air dangereux ! Il avait une arme, tu l'as dis toi-même.

- Je... Oui, mais je crois que je me suis... trompée. Enfin, elle n'était pas si dangereuse que ça tout compte fait.

- Et pourquoi elle était ici ?

- C'est compliqué.

- C'est-à-dire ?

Hermione poussa un soupir.

- Je l'ai vu dans son sac quand on faisait un cours et, je l'ai, hum, prise. Je croyais que c'était une vraie et j'ai paniqué. J'ai été bête.

- Non, tu as bien réagi. On ne sait jamais, la rassura Viktor.

Il passa une main maladroite autour de sa taille pour l'attirer vers lui, et déposa un baiser sur son front.

- Je ne lui fais pas confiance. On devrait chercher quelqu'un d'autre...

- Non ! Coupa brusquement Hermione.

Viktor fronça les sourcils face à un tel aplomb.

- Je veux dire, euh, non. Enfin, on a plus le temps Viktor, le mariage est pour bientôt.

- Mais...

- Ne t'inquiètes pas, il n'y en plus pour très longtemps. Ça se passera bien.

Le jeune homme ne répondit rien, les sourcils toujours froncés.

Ils ne reparlèrent plus de Malefoy pour le reste de la journée. Quand Viktor dût repartir le soir pour ses affaires, Hermione se retrouva seule dans son appartement et elle ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement. Parce que Viktor avait abandonné l'idée de trouver un autre professeur.

Et Hermione avait vraiment envie de continuer les cours avec Malefoy. Elle avait bien trop de questions qui restaient sans réponses.

Le dimanche passa sans qu'elle ne reçoive de nouvelles. Pas qu'elle en attendait. Mais quand même, il pourrait la prévenir quand était la prochaine leçon, non ? Toute sa vie ne dépendait pas de l'organisation de monsieur.

Le lundi, elle ne reçut rien non plus. Et elle commença à douter. Il ne la prévenait pas toujours à l'avance, certes, mais ils s'étaient quittés dans une situation spéciale, non ? Hermione n'était même plus sûr qu'il veuille encore lui apprendre des trucs. Peut-être que cette histoire de pistolet l'avait mis tant en colère qu'il préférait abandonner ?

Le soir, Hermione s'empara d'un parchemin, d'une plume, et rédigea un mot rapidement. Elle ne voulait pas paraître trop pressante, ni impatiente, alors elle demanda simplement si les cours étaient maintenus, et si oui, pour quand était le prochain.

Il ne répondit pas pendant la nuit, ni dans la matinée. Et toujours rien l'après-midi. Alors Hermione, qui commençait à perdre patience, renvoya une autre lettre.

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« As-tu bien reçu mon message d'hier ? J'en déduis que oui oui, vu que ma chouette est revenue sans rien.

Une réponse serait la bienvenue. Car le temps passe et on s'approche de la date du mariage.

Je n'ai pas cours demain après-midi. Tu es là ? On pourrait faire ça à ce moment là. Sinon, jeudi après-midi comme convenu. Il nous reste pas mal de choses à voir, non ?

Bonne soirée,

H.G. »

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Le temps adopté était plutôt cordial. Mais là encore, sa chouette revint sans réponse.

Hermione se sentit mal pendant l'heure qui suivit. Elle n'arriva pas à mettre de doigt sur cette sensation qui lui tordait le ventre mais ça n'avait rien d'agréable. Elle repensa aux jours précédents, et très vite, elle devina que c'était la honte qui s'emparait doucement d'elle. Ce n'était pas elle, de voler les affaires des autres. Même celles de Malefoy. De quoi avait-elle l'air, elle qui s'engageait dans la Justice Magique ? Surtout quand lui semblait avoir autant changé. Ce n'était pas quelque chose qui se voyait au premier regard. Physiquement, il était resté à peu près le même, si ce n'est qu'il était véritablement devenu un homme maintenant, et que ses cheveux n'avaient plus cette coupe insupportable d'aristocrate. Mais ses manières, si elles restaient... Malefoyienne, s'étaient adoucis. Il avait mûri, peut-être. En tout cas, s'il travaillait vraiment au Ministère (il l'avait lui même admit, restait à savoir quel travail)... c'était un changement des plus inattendus.

Et puis, un accord tacite était passé entre eux et elle avait soudain peur de l'avoir rompu.

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« Malefoy,

Je sais que tu reçois mes lettres. Et je sais que tu n'es pas mort. Ça aurait fait les Une de tous les journaux sinon... Peut-être pas les Une non plus. Disons, une colonne. Je ne voudrais pas que tu te sentes trop important non plus.

Bon. Cette lettre est sensée être une lettre... d'excuses ? Et je ne peux m'empêcher de faire de l'ironie. C'est plus fort que moi, des années d'habitudes. Tu es en partie responsable, mais passons.

Ton silence signifie sûrement que tu m'en veux. Je le conçois, parce que je m'en veux aussi. Je ne pensais pas dire te ça avec autant de sincérité un jour mais... je suis vraiment désolée. Je me suis mêlée de quelque chose qui ne me regardait pas. Et même si je suis encore plus intriguée avec ce que tu as laissé échappé (le Ministère? Club de tir?), ça ne me regarde pas. Pas vraiment. Donc désolé. Je ne veux pas que cela retire toute la « confiance » que tu avais en moi (aussi moindre était-elle).

J'aimerais vraiment qu'on reprenne les cours. Ou au moins une réponse. Alors... réponds moi ?

Bonne soirée,

H.G »

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Cette fois une réponse arriva. Rapidement, en plus.

Hallelujah. Hermione commençait presque à perdre espoir.

Elle ouvrit l'enveloppe et déplia la lettre, presque fébrilement.

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« Tu sais qu'à ce stade, je peux porter plainte pour harcèlement ?

Pas top pour ton futur C.V. Une psychopathe pour juger des psychopathes.

Nous ne sommes pas en journée de deuil national. Alors non, je ne suis pas mort.

D.M. »

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Par-don ?

Ça n'allait pas se passer comme ça.

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« Tu te fous de moi ?! C'est ça ta réponse ? Mon dieu, je vais vraiment finir par commettre un meurtre. Et là, je serais une psychopathe.

Tu te rends compte que je me suis excusée, genre, réellement excusée ? Et tu t'en fous ? Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?

Au passage, laisse moi te rappeler que tu fais ça non pas pour m'aider, mais par gratitude envers Harry. Pour cette histoire de dettes, ou que sais-je.

H.G.

PS : (petit rappel) Un deuil national commémore un événement triste. »

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« Granger qui s'énerve. Voilà qui est plus normal.

Je garde précieusement ta lettre d'excuse sous mon oreiller. Ne t'inquiètes pas. Je vais même la graver sur ma tombe. « je suis vraiment désolée » « je m'en veux» « désolé ». Quels mots délicieux, tu ne trouves pas ?

Menacer quelqu'un dont on attend une faveur, ce n'est pas très intelligent. Rassures-moi, tu ne veux pas devenir avocate ?

D.M. »

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Hermione ne répondit pas à cette lettre là. Il ne semblait pas décidé à reprendre leurs cours. Tant pis, elle chercherait un autre professeur. Ou elle apprendrait seule. Bref, elle se débrouillerait.

La journée passa tranquillement pour Hermione.

Elle prévoyait une soirée tout aussi tranquille, passée à ficher des cours en écoutant son groupe de musique moldu préféré. Seulement, elle s'était à peine installée que des coups frappés contre la porte retentirent par dessus Sunburn(1).

- Malefoy ? S'exclama-t-elle en ouvrant la porte.

C'était bien lui, sur son palier, les mains dans les poches, son habituel air nonchalant.

- Content de voir que tu n'ouvres pas toujours la porte de chez toi en serviette, dit-il en guise de bonjour.

Hermione se sentit rougir. Elle réalisa par le même coup que c'était la deuxième fois en quatre jours qu'il venait chez elle de façon impromptue.

- Qu'est-ce-que tu fais là ?

- Je viens te chercher, répondit-il comme si c'était évident. Ce n'est pas toi qui me suppliait hier pour continuer les cours ?

Elle ne s'attarda même pas à le contredire et demanda vivement :

- Tu veux bien qu'on recommence ?

- Visiblement.

- Pourquoi ? Qu'est-ce-qui t'as fais changer d'avis ?

Malefoy haussa les épaules.

- Tu es prête ?

- Oui. On va où ?

- On peut aller à la salle de danse de la dernière fois. Mais ce qu'on va faire ne nécessite pas de grands espaces, alors on peut tout aussi bien rester ici, dit-il, indifférent.

- D'accord. Et bien... entre, je suppose.

Elle s'effaça pour le laisser entrer et referma la porte derrière lui.

- Tu veux quelque chose à boire ? Thé, café, bierraubeurre ?

Le jeune homme fronça les sourcils brièvement.

- Non, ça va.

- T'es sûr ? Même pas un verre d'eau ?

Hermione se racla la gorge, embarrassée. Elle ne savait pas pourquoi elle insistait autant, ni pourquoi elle se sentait si mal à l'aise.

- Peu importe, répondit finalement Malefoy.

Quand elle revint dans la pièce, avec une tasse de café dans chaque main, il n'avait pas bougé. Elle déposa les tasses sur la table puis s'installa sur un des canapés. Après un instant d'hésitation, Malefoy l'imita.

- Alors, commença-t-il, avec son habituel ton froid. Ce qu'on va voir maintenant est un point très important. Peut-être le plus. Et c'est malheureusement quelque chose que vous autres Gryffondors avez beaucoup de mal à faire.

- De quoi s'agit-il ?

- Le contrôle de ses émotions.

Hermione ouvrit la bouche pour le contredire, mais dut avouer qu'il n'avait pas tout à fait tord. Même si elle ne voyait pas ce qu'il y avait de mal à exprimer ce qu'on ressentait.

- Depuis tout petit, les enfants issus de famille Sang Pur apprennent à se contenir, garder pour eux ce qu'ils ressentent. Il est inconvenant de trop se laisser aller, surtout en public, expliqua-t-il ensuite.

- C'est-à-dire... ?

- C'est-à-dire il ne faut pas pleurer trop fort, encore moins pour un garçon, ne pas rire trop longtemps, parler peu mais bien, sembler heureux mais pas trop... Ce genre de truc.

- Et en quoi être « trop heureux », à compter qu'on puisse l'être trop, est une mauvaise chose ? Surtout chez un enfant.

- Je n'ai pas dis qu'être heureux était mal. Ni qu'il ne fallait pas l'être. Il faut seulement ne pas le montrer excessivement. Se contrôler. Chez les enfants, c'est surtout pour que les adultes aient la paix. Et pour les habituer le plus tôt possible aux codes.

- Et après ? Pourquoi c'est si important, le contrôle des émotions ?

- Parce que si tu laisses tes ennemis avoir accès à tes émotions, ils ont un pouvoir sur toi. Ils peuvent te faire du mal, te soumettre à leurs demandes grâce à ça. Ils les utilisent comme une arme contre toi.

Le visage de Malefoy était fermé, encore plus que d'habitude. Il regardait vers la fenêtre sur le mur en face de lui, les yeux fixes et gris. Hermione était presque sure que ces mots, à quelque chose près, n'était pas de lui. Elle était presque sûre qu'il revivait une scène où son père, par exemple, lui dictait ces mots. Elle l'imaginait parfaitement, en petit garçon qui buvait les paroles de Lucius, déjà assis bien droit sur sa chaise, imitant la posture et les moindres gestes de son géniteur pour s'en attirer la fierté.

Hermione sentit une vague de colère monter en elle. Combien d'enfants avaient été éduqués avec une vision si pessimiste de la vie, où tout le monde était considéré comme un ennemi potentiel ? Combien d'enfants avaient été élevés dans la haine de leur prochain ?

Elle était tentée de faire une réflexion sur ça, histoire de lui faire savoir combien elle trouvait cette façon de pensée démente. Mais elle ne voulait pas risquer de briser la trêve provisoire qui s'était installée.

- Comment se traduit le contrôle des émotions dans les manières de la Haute Société ? Demanda-t-elle alors.

- Il faut rester imperturbable. Adopter un sourire poli, mais garder une expression distante, froide. Paraître intéressé, mais pas concerné. Tu saisis la nuance ? Ca te permettra d'avoir toujours la bonne attitude et la bonne réaction. Parce que certaines paroles te paraitront sûrement absurde, tu auras sûrement envie de donner ton avis, ce que tu fais à la moindre occasion...

- N'importe quoi, marmonna Hermione.

- Mais il ne faudra pas le faire avec des personnes importantes, au dessus de toi.

- Alors il faut écouter sagement quand des conneries sont dites ? Il faut être d'accord avec tout ce que dit une personne « plus importante », sous prétexte qu'elle a plus d'argent ou d'ancêtres de bonne famille ?

- Bien sûr que non. Tout l'exercice repose sur les apparences. Tu peux, poliment, lui répondre en disant ce que tu penses. Tu peux même l'humilier publiquement, simplement en jouant des mots. Alors que si tu t'énerves, tu perdras toute crédibilité.

La jeune fille poussa un soupir. Elle avait l'impression que le monde qu'il décrivait n'était fait que de froides apparences, de murmures critiques et de vils serpents, qui crachaient leur venin dans le verre de leur victime plutôt que directement en face.

Malefoy observa son air dépité d'un œil désabusé.

- Ce n'est pas compliqué. Il suffit d'être rusé.

Hermione lui répondit d'un regard qui disait clairement « plus facile à dire qu'à faire ».

- C'est sûr que vous autres Gryffondors, à part votre témérité si fièrement brandie...

- Qui sert quand même plus sur un champ de bataille qu'un esprit manipulateur.

- Votre « courage » ne vous a apporté que des morts inutilement, trop sûrs d'eux pour essayer de monter une stratégie.

- C'est sûr que vous, les Serpentards, ne risquiez pas de mourir, en partant dès l'occasion présenté.

Hermione ne pensait pas forcément à Malefoy et son départ pendant la bataille de Poudlard, mais plutôt à Pansy Parkinson, et tous les Serpentard qui étaient partis quand on avait évacué les mineurs de l'école.

Malefoy avait les poings serrés quand elle releva les yeux vers lui.

- Écoute, je disais pas ça forcément pour...

- C'est bon. Je m'en fous de ce que tu penses, répliqua-t-il, avant de se lever brusquement. Bon, on va passer à la pratique.

- La pratique ?

- Oui, la pratique, Granger. Tout n'est pas que théorie et tout ne s'apprend pas dans les livres, asséna-t-il d'un ton glacial.

- Je peux savoir pourquoi tu t'énerves d'un coup ? S'exclama Hermione avec humeur.

Elle voulait bien s'excuser et essayer d'être gentille, mais elle n'était pas là pour supporter les sautes d'humeur de Malefoy.

- Je ne m'énerve pas.

- Si.

- Non. Ne dis pas que je m'énerve quand ce n'est pas le cas.

Et il se leva promptement, sa baguette dans la main droite.

- Wow tu fais quoi ? S'écria Hermione qui l'imita précipitamment.

- Calme Granger. Je n'allais pas t'attaquer.

- Pourquoi tu as sorti ta baguette, alors ?

- Pour t'apprendre à contrôler tes émotions.

Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent de stupeur. Il ne pensait quand même pas à...

- Je ne vais pas t'attaquer, répéta Malefoy, agacé. Ni te faire de mal. Je vais simplement entrer dans ton esprit, et tu devras te contrôler. Et me repousser, si tu y parviens.

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Et oui, je coupe au moment où ça devient intéressant !

Je pense que cela va pas mal vous intriguer. Je me lance dans quelque chose d'assez étrange, enfin, vous verrez bien !

On a pas mal d'altercation dans ce chapitre, et quelques échanges épistolaires, j'espère que ça vous a plu.

En tout cas, merci encore de lire, de commenter, de suivre ou d'aimer. C'est super motivant.

E.