Ennemi(s) Intime(s)
Les blas-blas de Xérès : Ouh un chapitre complet, que voilà ! De l'humour, du suspense, des indices, du saaaaang aussi, bref, accrochez-vous !
Merci à tous mes nouveaux followers (Maelle Du Phenix, kaila121345, , faerycyn, elismaya, Nnoo-Mirabelle), ainsi qu'à Elena Grape, Djianara, laloudu77, cycy, Eliane Gil, Hardcoredrugs, Demond Eye, Petitestef, MademOiselle235463, Marion, Piitchoun, Mlle Cullen59000, steiil, Louna, Aqualys, Gouline971, PouleauPotter, Criss-Pine, aude9438, Babar, loulou, Gratt'papier, miss damdam, Anthracite77, L.E.V.W, Kathux, Saiyu-san, Areka Motionless, Fla, Alaska66, Felicia, PetitMilou, FabCissy, Goutte-de-Mer, Kendy, Loufoca-Granger, miakalily, faerycyn pour leurs reviews et à ceux qui m'ont contactée sur Facebook.
RAR :
Cycy : Non, Narcissa n'est pas forcément au courant pour Lucius et Aria (c'est le but d'une affaire extraconjugale, si bobonne est au courant, ça perd de l'intérêt, mdr). Mais elle pourrait t'étonner ! J'espère que tu auras survécu à cette semaine d'attente ) Bonne lecture et merci !
Marion : Tu peux frapper Lulu, il le mérite amplement u_u Et surtout ne te retiens pas, j'aime les théories loufoques ) Merci pour ta review !
Louna : Pour le brevet, je sais pas trop. Tu imagines regarder un film X ou un documentaire animalier avec les odeurs ? Horrible… Et pour Théo et son fils, ne te creuse plus la tête, la réponse est juste en-dessous ) Merci à toi et gros bisous !
Loulou : J'espère que l'attente n'a pas été trop longue ^^ La réponse à tes interrogations se trouve juste ici ! Merci à toi !
Areka Motionless : Non, Nott n'est pas passé au clonage, mais la manipulation génétique c'est toujours d'actualité ^^ Par contre les H, tu as tout faux, ça n'a rien à voir avec Nott ou d'éventuels sbires de celui-ci ! Quant à Lucius, c'est bien un enfoiré, je ne peux pas le nier mais Narcissa… n'est pas toute blanche non plus comme tu le verras par la suite ! Merci pour ta review et à bientôt !
Fla : bien vu ! Ta théorie est exacte ! Merci pour ton message !
Felicia : Je n'ai pas mis tant que ça ton cerveau en burn-out, vu que tu as trouvé du premier coup ! ^^ En ce qui concerne Lucius et Narcissa, il y aura des explications sur la dégradation de leur couple au moment opportun ) Merci pour ta review !
Kendy : alors oui, il y a une explication logique mais ce ne sont pas celles que tu as proposées, mdr. On va en savoir plus sur l'agresseur de Clara dans ce chapitre mais pas sûr que ça t'aide, ahah. Au contraire, ça risque de t'embrouiller un peu plus. Et la fin de ce chapitre également. Bonne lecture et merci à toi !
Chapitre 3 : Video Games
« Maman ?! »
Un bourdonnement atroce envahit les oreilles d'Hermione. Quoi ?! Ce gamin avait dû se tromper, il la prenait pour quelqu'un d'autre, il n'avait pas bien vu, il … Des milliers de raisons se bousculèrent dans le cerveau d'Hermione, avant d'être balayées par une nouvelle intervention du garçonnet.
« Mais oui, c'est bien toi ! », fit l'enfant d'une voix toute excitée. Puis il se tourna vers Théodore, qui observait toujours le gamin de cette expression indéchiffrable, sans lâcher le visage d'Hermione des mains. D'un certain côté, heureusement qu'il la tenait pressée contre lui sinon Hermione était certaine qu'elle se serait laissée tomber sur le sol comme une poupée de chiffon. L'enfant accourut de toute la force de ses petites jambes et sembla sur le point de se jeter sur Hermione mais un mètre avant, il changea d'avis, l'air quelque peu hésitant. « Papa, est-ce que je peux… ? », fit-il d'une toute petite voix.
Papa ?, répéta Hermione dans sa tête. Pourquoi ce gamin appelait-il Nott « papa » ?
Théodore s'écarta soudain d'Hermione et celle-ci nota qu'elle s'était retenue à lui plus qu'elle ne l'avait imaginé en sentant soudain son poids l'accabler, menaçant de la faire chuter. Mais elle se reprit, tandis que Théo hochait brièvement la tête en direction du garçon. Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois. Encerclant les hanches d'Hermione de ses deux petits bras d'enfant, il se jeta contre elle avec un sourire ravi. « Je suis tellement content de te rencontrer, Maman… »
Hermione tourna des yeux effarés en direction de Théodore. Les iris noirs de celui-ci se posèrent sur elle, comme pour l'avertir de ne pas faire de scandale. Incapable de bouger, Hermione fixait tour à tour le gamin qui la serrait dans ses bras et l'expression amusée et horripilante de Théo. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?!
La tête du garçon partit en arrière et il se tordit le cou pour lever les yeux vers elle, son sourire illuminant toujours son visage. Hermione remarqua alors ses yeux. L'un d'eux était d'un noir d'encre, pareil à ceux de Théodore et l'autre… était marron, ponctué de reflets jaunes en son centre. Etrangement semblable aux siens.
« Papa m'avait dit qu'on te verrait sûrement en Angleterre, mais je ne pensais pas que ça serait aussi vite ! On est arrivés seulement depuis quelques jours ! », débita le garçonnet à un rythme de parole effarant. « J'avais tellement hâte de te voir en vrai, et de découvrir l'Angleterre et Poudlard et-
Hermione se détourna des yeux étranges du gamin et fusilla Nott du regard. « Tu m'expliques ? », cracha-t-elle sèchement. En-dessous d'elle, l'enfant se tut et son étreinte se relâcha légèrement tandis que son sourire faiblissait, mais Hermione ne le remarqua pas. Elle n'avait d'yeux que pour Théodore et priait intérieurement pour que son regard furieux finisse par le brûler sur place. Nott ne prit pas feu, mais un éclair de colère passa dans son regard en voyant la déception remplacer la joie sur les traits du garçonnet. Une colère si intense qu'Hermione se souvint aussitôt quel genre de type elle avait en face d'elle.
« Tu pourrais au moins lui dire bonjour », gronda Théodore en adressant à Hermione un regard assassin.
Non mais je rêve … ?, pensa Hermione tandis que son cerveau commençait littéralement à saturer. Il me tombe dessus au bout de dix ans avec un gosse qui m'appelle maman pour je ne sais quelle obscure raison et il faudrait que je les accueille avec le sourire ?!
Hermione baissa alors le nez vers l'objet de sa surprise, dont les yeux rougissaient légèrement comme s'il se trouvait sur le point de pleurer. Et elle comprit. Oh non… il a dû raconter à ce gosse que j'étais sa mère et maintenant… Sa bouche s'ouvrit et se referma plusieurs fois, sans émettre le moindre son. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien dire à ce gamin ? Y'avait-il même quoi que ce soit à dire ?! Bon sang, je ne sais même pas comment il s'appelle…
« Elias », fit Nott dans un grognement sourd, comme s'il avait parfaitement entendu la question muette de la jeune professeur. Mais ce n'était qu'une coïncidence. L'enfant tourna la tête et adressa un regard inquisiteur à son père.
« Oui ? », demanda-t-il d'une voix fluette.
« Qu'est-ce que je t'ai dit ? », reprit Théodore sèchement.
La question fit l'effet d'une douche froide à Elias, il lâcha Hermione à regret et recula de quelques pas, le museau baissé. Avant de marmonner tristement : « Il faut laisser du temps à Maman. »
« Et pourquoi ça ? », demanda à nouveau Nott, comme s'il lui faisait répéter une leçon déjà maintes fois rabâchée. Là-dessus, Elias leva son regard étrange et fixa Hermione avec tant de tristesse que celle-ci sentit presque son cœur se briser.
« Parce que Maman ne me connaît pas… », récita Elias mécaniquement.
Oh mon Dieu, fut tout ce que le cerveau d'Hermione fut capable de traiter comme information. Mais qu'est-ce que Nott avait bien pu raconter à ce gamin pour qu'il soit à ce point persuadé qu'elle était sa mère ? Qu'il vive dans l'illusion que j'étais sa petite amie passe encore, mais qu'il entraîne un enfant innocent dans son délire scabreux… ? C'est inadmissible…
« Elias, tu veux bien me laisser seul un moment avec Hermione ? Il faut qu'on ait une petite conversation elle et moi… », fit Théodore sur un ton mielleux.
« Mais… », protesta Elias qui ne semblait pas vouloir partir aussi vite.
« Elias », siffla Théodore sur un ton sans appel. Les épaules d'Elias s'affaissèrent et il jeta un dernier regard en direction d'Hermione.
« Je suis quand même content de t'avoir vue, maman… », marmonna-t-il tristement avant de tourner lentement les talons.
Hermione déglutit. Cet enfant était vraisemblablement une autre victime de la folie de Nott. Il allait sans aucun doute souffrir de cette situation et cela, Hermione ne pouvait pas l'accepter. Elle prit donc sur elle et d'une voix qu'elle tenta de rendre sincère, répondit : « M-moi aussi, Elias. Moi aussi je suis contente de t'avoir rencontré. » Sa voix lui sembla horriblement fausse et étranglée mais le gamin parut s'en contenter et lui adressa un sourire éclatant avant de dévaler les escaliers pour repartir au rayon des livres d'école.
Pendant quelques secondes, il n'y eut plus un seul mouvement dans l'allée. Hermione ne cessait de regarder, immobile, l'endroit par où était parti Elias, tandis que Théodore la fixait sans ciller. Puis lentement, Hermione retrouva ses esprits et tourna tout doucement la tête vers l'ex-Serpentard.
« Qu'est-ce que c'est que ce bordel, Théo ? », gronda-t-elle en le fusillant du regard. Elle était tellement en colère contre lui qu'elle en oubliait même d'avoir peur. « Ça ne te suffisait pas d'avoir détruit une partie de ma vie, il fallait aussi que tu anéantisses celle d'un pauvre gosse en l'entraînant dans tes délires ? »
Théodore la regarda un instant sans comprendre. « Quels délires ? Elias est mon fils… », répondit-il posément.
« Mais je ne suis pas sa mère ! », protesta Hermione en pointant son index sur sa propre poitrine. « J'avoue avoir parfois bu un ou deux verres de trop lors de soirées étudiantes mais jamais au point d'en oublier neuf mois de grossesse et un accouchement, figure-toi ! », railla-t-elle en secouant la tête.
Théo haussa un sourcil amusé. « Tu allais aux soirées étudiantes, toi ? », s'étonna-t-il comme si l'idée de voir Hermione Granger s'amuser au lieu d'étudier était risible.
« Pourquoi est-ce que ce gamin me prend pour sa mère, Théo ? », gronda-t-elle en plissant les yeux. « Et tes explications ont intérêt à être bonnes. »
Nott pinça les lèvres et hocha doucement la tête. Puis avec un demi-sourire, il tendit sa baguette à Hermione, lui présentant d'abord le manche. La jeune femme tendit la main avec une hésitation pour reprendre son dû et allait refermer ses doigts sur la tige d'ébène lorsque Théo saisit son bras pour l'attirer contre lui. « Je t'explique ça autour d'un café ? », proposa-t-il tandis qu'Hermione tirait de toutes ses forces sur son bras pour se libérer. « Promis, je t'emmène dans un endroit plein de monde, pas de coup fourré… »
Il lâcha son bras si soudainement qu'Hermione partit un peu en arrière. Dignement, elle rajusta sa veste et le fusilla du regard avant de ranger sa baguette dans sa poche. « Est-ce que j'ai le choix ? », cracha-t-elle en haussant des sourcils dédaigneux.
« Absolument pas », répondit Théodore du tac-au-tac, avant de lui adresser un nouveau sourire copyrighté.
Puis Théodore gloussa et se détourna, tandis qu'elle récupérait sa pile de livres pour aller régler ses achats. Au moment où elle sortait quelques Gallions de sa poche, le bras costumé de Théodore surgit près de son visage et jeta une poignée de pièces en or sur le comptoir du libraire. Hermione le dévisagea, scandalisée à l'idée de lui être redevable de quelque chose, mais il l'entraîna à sa suite pour sortir du magasin, tandis qu'Elias (qui avait terminé ses achats lui aussi) les suivait en trottinant. Le gamin ne cessait de fixer Hermione avec ravissement et elle commença à se sentir mal à l'aise. Elle avait l'impression d'être le Père Noël. Lorsque Nott la fit asseoir à la terrasse d'un café (bondé, il n'avait pas menti), Elias s'assit avec eux et continua de dévisager Hermione avec insistance. Quant à Théodore, il dévorait lui aussi des yeux son ancienne captive, comme s'il tentait de faire rattraper dix années d'observation perdues à ses globes oculaires. Le malaise d'Hermione s'accentua. Maintenant qu'elle se trouvait dans un endroit public, elle se sentait légèrement rassurée et brûlait de demander à Nott des détails concernant toute cette histoire. Mais elle se refusait à le faire devant Elias. Le gamin avait certainement déjà suffisamment souffert comme ça… Elle fouilla dans sa poche à la recherche des Gallions économisés sur ses livres et en tendit deux à l'enfant, qui cessa un instant de l'observer pour esquisser un immense sourire.
« Va t'acheter quelque chose… Une glace, des sucreries, ce qui te fait plaisir, ok ? », balbutia Hermione en lui donnant les pièces. Tout ce que tu veux mais arrête de me fixer comme ça…
« Génial ! Merci M'man ! », s'écria Elias en se levant aussitôt.
« Ne m'appelle p-… », commença Hermione avant de fermer les yeux et de pousser un long soupir. Peine perdue, le gamin était déjà loin. Lorsqu'elle reporta son attention sur Nott, celui-ci la regardait avec l'un des petits sourires ignobles dont il avait le secret. « Quoi ? », aboya-t-elle.
« Non, rien », s'amusa-t-il en haussant les épaules.
« Maintenant, accouche. Je refuse de rester en ta présence plus longtemps que nécessaire », déclara-t-elle d'un air bravache. « Qui est ce gamin ? » Théodore ouvrit la bouche mais Hermione ne lui laissa pas le temps d'ajouter quoi que ce soit. « Et ne me ressert pas l'explication bidon 'C'est-ton-fils-Hermione' sinon je te jure que ça va mal se passer pour toi. »
Théodore referma la bouche et inclina la tête sur le côté, son sourire s'étirant au maximum. Ça l'éclate de me faire tourner en bourrique… Espèce de taré !, fulminait intérieurement la jeune femme.
« Il y a de nombreuses manières de faire des enfants, Hermione », murmura Théodore tout en faisant signe au serveur d'approcher. « Des manières agréables… » Il lui adressa un clin d'œil et s'interrompit quelques secondes pour commander deux cafés. « Et des manières plus scientifiques… », acheva-t-il une fois le serveur reparti. « Elias est le fruit de cette deuxième catégorie. »
« C'est un des enfants génétiquement modifiés ? », gronda-t-elle en secouant la tête. « A quelle pauvre famille américaine as-tu dérobé ce gosse, dis-moi ? »
Théodore haussa les sourcils. « Je crois que tu ne comprends vraiment pas où je veux en venir, Hermione… Une partie de tes gènes se trouve dans cet enfant. J'ai également apporté ma contribution, bien entendu », s'amusa-t-il tandis qu'Hermione esquissait une grimace de dégoût.
« Et je peux savoir comment tu as récupéré 'une partie de mes gènes', Docteur Mengele ? », railla la jeune femme en se penchant par-dessus la table, les yeux plissés. Théodore ne sembla pas apprécier la comparaison avec le tristement célèbre médecin nazi car son expression s'assombrit.
« Je t'ai prélevé ton sang, tu te souviens ? », répondit Théo tandis qu'Hermione hochait la tête, comprenant où il voulait en venir. « J'ai juste ajouté quelques-uns de tes gènes à l'embryon. Les bébés-éprouvette, c'est quand même vachement pratique. Je voulais qu'il ait tes yeux, d'ailleurs, mais quelque chose a foiré à un moment donné… »
« Oui, c'est ce qui arrive quand un pauvre type se prend pour Dieu… », cracha Hermione tandis que le serveur leur apportait leurs cafés. D'un geste rageur, elle versa son sucre dedans et mélangea le tout avec sa petite cuillère. « Cependant, cet embryon, il a quand même fallu un ovule pour le créer et une mère pour le porter… »
« C'est vrai », approuva Théo en hochant la tête. « C'était une Américaine. Elle s'appelait Connie Williams. Sa mission consistait à mener la grossesse jusqu'à son terme, puis renoncer à tous ses droits sur l'enfant et disparaître de sa vie contre une conséquente somme d'argent. »
« Parfait ! », s'exclama Hermione en jetant sa petite cuillère sur la table. « C'est elle, sa mère. Pas moi. »
L'expression de Théodore se fit encore plus menaçante et elle sentit qu'il commençait à bouillonner de colère. Hermione décida de se calmer un peu. Elle n'avait vraiment pas envie de réveiller le Théo des mauvais jours.
« Connie n'était qu'un outil, une couveuse vivante », grommela Théodore en rivant ses iris noirs sur elle. « Mais la magie d'Elias vient de toi, l'un de ses yeux vient de toi et tu seras ravie de constater au fil des jours que son caractère de cochon aussi… vient de toi. »
« Comment ça, au fil des jours ? », maugréa Hermione en fronçant les sourcils. Tu sais ce qu'il te dit, mon caractère de cochon ?, ajouta-t-elle intérieurement.
« J'ai inscrit Elias à Poudlard pour sa première année », minauda le brun en reprenant le sourire. « Ce sera l'occasion pour vous de faire connaissance. »
« Et Elias, il est au courant ? », demanda Hermione, en guise de dernier recours. « Il sait que ce n'est pas moi qui l'ai mis au monde ? »
Théo hocha la tête. « Je ne lui ai jamais caché la façon dont il a été conçu », répondit joyeusement Nott en haussant les épaules. « Je lui ai toujours dit la vérité à ce sujet. »
Hermione dévisagea un instant Théo, sidérée. « Tu as bien préparé ton coup, pas vrai ? », cracha-t-elle en le fusillant du regard.
Le jeune homme sourit largement et hocha la tête. « Oui, je suis même assez fier de moi… », ironisa-t-il.
« Espèce de malade », rétorqua Hermione.
Les petits yeux noirs de Théo se plissèrent pour ne plus former que deux étroites fentes et il éclata de rire. « Tu m'as manqué, Hermione. Je réalise maintenant à quel point. »
J'aimerais pouvoir en dire autant, grinça Hermione en son for intérieur. Elle vit le regard de Théo se détourner d'elle et fixer un point sur sa gauche. Elias revenait, une énorme glace à la main. Hermione ne put s'empêcher de l'observer avec un peu plus d'attention. Si elle avait bien suivi ce que Théo-le-taré avait expliqué, c'était sa propre magie qui avait été transmise à cet enfant. Une partie de son ADN coulait dans ses veines. Bon sang, elle qui ne voulait pas d'enfant avant quelque temps se retrouvait avec un pré-ado déjà formé sur les bras. Mais à quoi pensait Nott quand il avait eu cette idée saugrenue ?!
Soudain, elle réalisa une chose et enfouit sa tête entre ses mains. « Oh merde, comment je vais expliquer ça à Draco ? », gémit-elle à haute voix. De l'autre côté de la petite table, Théodore leva les yeux au ciel mais elle ne le remarqua pas. Elle releva le nez et vit que le jeune homme la regardait d'un air narquois. « Il va te démolir le portrait, tu en es conscient ? Il va broyer chacun de tes os et faire un collier avec tes viscères. Non pas que l'idée me dérange… »
« Qu'il essaie… », marmonna Théodore tandis qu'Elias rejoignait enfin leur table. « Alors, cette glace ? », demanda-t-il au gamin, qui lui sourit de toutes ses dents.
« Délicieuse ! Je l'ai photographiée et mise sur Facebook », déclara le garçonnet en se tournant vers Hermione. « 'La première glace avec Maman !' », annonça-t-il fièrement. « Je t'ai envoyé une demande d'ami, tu m'accepteras ? », ajouta-t-il soudain un peu moins sûr de lui.
Hermione ouvrit des yeux ronds. « Il a un compte Facebook ? », demanda-t-elle en se tournant vers Théodore. « Je croyais que l'âge limite c'était treize ans. »
Elias gloussa et Théodore secoua la tête. « Tu vois ce que je te disais, Elias ? Maman est chouette mais elle n'est absolument pas cool. »
Hermione poussa un soupir exaspéré et ressentit soudain le besoin de se retrouver seule. Plus de Théodore, plus de gamin qui la dévorait des yeux, plus de bruit, plus rien. Juste le silence et la solitude. Pour réfléchir, faire le point. Avalant son café d'un trait, elle rassembla ses affaires sous l'œil soudain maussade de Théodore et se leva.
« Tu t'en vas déjà ? », demanda Elias, déçu.
Oui, là tout de suite, j'ai besoin d'aller péter mon câble en paix, pensa Hermione en passant vivement la bandoulière de son sac sur son épaule. « J'ai une réunion avec d'autres professeurs », mentit-elle en adressant un sourire faux au petit garçon. « Et puis, on se verra à Poudlard, la semaine prochaine. » Sans ton père pour te farcir la tête d'idées stupides…
Elias hocha lentement la tête, tandis que Théodore se levait à son tour. « Tu ne veux pas rester un peu plus longtemps ? », demanda-t-il sur un ton qui ne laissait rien présager de bon. Hermione comprit alors que la présence d'Elias était un grand avantage : en temps normal, il l'aurait retenue sans lui demander son avis, quitte à lui faire peur, à la violenter peut-être, mais sous les yeux de l'enfant, il se contentait de prendre une voix menaçante pour l'inciter à rester. Hermione s'apprêtait à répondre lorsque la voix d'Elias s'éleva de nouveau.
« Est-ce que tu vas revenir habiter avec papa, comme avant ? », demanda-t-il, plein d'espoir.
« Comme avant ? », répéta Hermione incrédule.
« Il m'a dit qu'avant ma naissance, quand il était encore en Angleterre, vous avez vécu ensemble quelques mois », expliqua Elias, comme si c'était évident.
Habiter ? Vivre avec ?, s'étrangla intérieurement Hermione en tournant son regard furieux en direction de Théo. Le mot exact serait plutôt séquestrer ou emprisonner. Nott ne semblait pas ravi de la question posée par son fils et pendant un instant, son regard noir sembla la supplier de ne rien révéler.
« Oh, Papa a dit ça ? », ironisa Hermione en tentant de ne pas avoir l'air trop méprisante. « Eh bien, disons que c'était plutôt un-
« Tu vas être en retard à ta réunion, Hermione », l'interrompit brutalement Théodore en saisissant son avant-bras. Pour tout autre regard extérieur, le geste aurait pu sembler anodin, mais pour Hermione, la force avec laquelle Théo serrait ses os lui indiquait qu'elle avait tout intérêt à se taire aussitôt si elle ne voulait pas se retrouver avec un bras dans le plâtre. Ils échangèrent un regard tendu et pour ne pas alerter son fils, Théo relâcha la pression sur le bras d'Hermione et fit glisser sa main tout du long, pour ensuite porter celle d'Hermione à ses lèvres. La jeune femme lutta de toutes ses forces pour ne pas la retirer avec dégoût. « J'ai été ravi de te revoir. »
Hermione ne répondit pas et récupéra vivement sa main avant de se tourner maladroitement vers Elias. « On se verra à la rentrée. J'espère que tu es prêt et impatient d'y être. »
« Très ! », répondit Elias, ses yeux bicolores étincelants de joie. « A bientôt, Maman. Et n'oublie pas de m'accepter sur Facebook ! »
Hermione esquissa un sourire pincé et sans un autre regard pour Théodore, se mêla au flot de passants pour disparaître dans la rue. Le retour en Transplanage jusqu'à chez elle se fit dans le flou le plus total. Ses jambes la portaient mécaniquement et elle regagna sans savoir comment sa petite maison sécurisante de Pré-au-Lard. Trop d'émotions, trop d'informations, trop de tout. Lorsqu'elle fut enfin dans son salon, le contrecoup des évènements de l'après-midi s'abattit sur elle et elle sentit ses genoux trembler. Elle eut tout juste le temps de tirer une chaise pour s'y laisser tomber avant d'éclater en sanglots nerveux. La terreur d'avoir revu Théodore après tout ce temps, la surprise « Elias », la discussion et le café surréalistes qui avaient suivi et enfin l'apothéose : le gosse qui lui demandait si elle comptait venir vivre avec eux. Evoquant ses mois de captivité avec Nott comme s'il s'était agi d'une joyeuse colocation entre amis et non d'une odieuse séquestration. Théodore n'avait donc pas dit toute la vérité, comme il l'avait prétendu. Et à voir la tête qu'il avait faite lorsqu'elle avait été sur le point de tout révéler à Elias, il ne semblait pas tenir à ce que cette vérité-là éclate.
Un nouveau problème se profilait cependant à l'horizon. Draco. Hermione savait qu'il allait péter un plomb. Pas forcément à cause d'Elias, mais le simple fait de savoir Théo de retour en Angleterre allait le changer en bête sauvage. Hermione se demanda vraiment si elle devait le mettre au courant. D'une part parce qu'après tout, Nott ne lui avait rien fait et s'était même bien mieux comporté qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Il avait presque eu l'air humain. De deux parce que s'attaquer à Théodore Nott, c'était s'attaquer au plus grand laboratoire de génétique du monde et donc indirectement, à tous les gouvernements qui avaient accepté d'intégrer les sorciers à la population moldue. De trois, parce que (et elle se haïssait de penser cela) Draco ne faisait pas le poids contre Théodore. Elle-même ne pouvait imaginer le combattre en duel et pas seulement parce qu'il la tétanisait dès qu'il se trouvait à moins d'un mètre. Si Théodore avait été un adolescent aux pouvoirs démesurés lorsqu'ils s'étaient quittés, ce qu'elle retrouvait aujourd'hui était un homme sans aucun doute plus puissant encore, autant sur le plan magique que sur le plan économique et social. Il était intouchable. Et l'idée de voir Draco tué ou emprisonné pour agression sur un personnage aussi célèbre que Théodore Nott la terrorisait. Non. Draco ne devait rien savoir. Du moins, pas sans y être préparé.
Séchant ses larmes avec les paumes de ses mains, Hermione ouvrit machinalement son ordinateur et consulta ses mails, la mort dans l'âme. Heureusement qu'elle voyait le Dr Goldberg demain. Cette fois, elle aurait certainement quelque chose à lui raconter.
Une notification Facebook était apparue et elle cliqua dessus. Le navigateur la redirigea aussitôt sur le réseau social.
1 demande d'ajout à une liste d'amis : El-ias
Hermione renifla et regarda un long moment les deux options qui s'offraient à elle. Accepter ou refuser. Pauvre gosse, il n'y est pour rien…, pensa-t-elle en se prenant la tête à deux mains. Après quelques longues inspirations, Hermione rabattit sa main sur le touchpad et cliqua sur Accepter.
Elle n'aurait qu'à définir des limites avec lui. Lorsqu'il serait à Poudlard, et plus sous la surveillance de son père, elle lui dirait. De ne pas se faire d'illusions, qu'elle avait une vie ici, qu'il n'était pas censé en faire partie mais qu'elle promettait de faire quelques efforts. Si Théo disait vrai et qu'il tenait son caractère d'elle, il comprendrait… Pas vrai, qu'il comprendra ?, tenta de se convaincre Hermione en jetant un regard inquiet en direction de sa session Facebook. Comme si celle-ci pouvait lui répondre.
Le navigateur affichait maintenant son mur et celui-ci débutait par une énième photo d'une plage paradisiaque ajoutée par ses parents depuis leur retour de Bali, quinze jours plus tôt. Mais juste en-dessous, se trouvait le post d'Elias. Sa gigantesque glace lui coulant presque sur le bout des doigts trônait fièrement sur le cliché carré, surmonté du message : « La première glace payée par maman ! \o/ ». Hermione fut surprise de voir que le gamin avait déjà récolté une vingtaine de J'aime. Ainsi que plusieurs commentaires.
Colbie Buchanan : Haaan ça y est, tu as rencontré ta mère ! 3 Alors, alors ?
Eric Davy : :D
Nicholas McCarthy : Mon grand frère demande : MILF or not MILF ?
El-ias : Colbie, je te MP plus tard pour te raconter ! Nicholas C'est quoi, MILF ?
Nicholas McCarthy : euh… j'ai googlé et je n'ai qu'un mot à dire : beurk.
El-ias : …
Hermione pinça les lèvres. Manifestement, Elias avait des amis en Amérique (Des amis apparemment normaux et équilibrés, ne put-elle s'empêcher de penser) à qui il avait parlé d'elle. La jeune femme ne put s'empêcher de se sentir triste pour lui. Ce gosse avait été élevé dans l'illusion qu'il finirait par retrouver sa mère et qu'elle l'aimerait au premier regard, au moins autant qu'il l'aimait déjà. Il ne pouvait qu'être déçu… Hermione soupira et fixa la page, pensive, pendant plusieurs longues secondes. Quand soudain le petit bruit d'une nouvelle notification se fit entendre et elle sursauta. Une nouvelle demande d'ami.
1 demande d'ajout à une liste d'amis : Théodore Nott (Gordon Laboratories)
Hermione observa avec des yeux ronds la petite fenêtre sans y croire. « Non mais, pour qui il se prend !? », vociféra-t-elle devant son ordinateur. D'un geste rageur, elle cliqua sur Refuser puis sur le bouton lui permettant de bloquer l'indésirable intrus. « Et voilà, bloqué ! Qu'est-ce que tu penses de ça, hein, Théodore-Nott-de-Gordon-Laboratories ! », ricana-t-elle en adressant cette fois un doigt d'honneur à son écran. Puis elle se figea. Merlin, elle était en train d'insulter un objet inanimé…
Avec un soupir déchirant, elle saisit son agenda qui traînait non loin de là sur la table et l'ouvrit à la page du lendemain. Son rendez-vous avec Isaac était prévu pour 16h.
Je vais faire comme ça. Demain, je vois le Dr Goldberg et il me dira bien si je dois en parler avec Draco et si oui, de quelle manière je dois aborder le sujet. Voilà. Une décision sage et réfléchie.
Hermione se sentit tout de suite mieux. Plus que vingt-quatre heures et elle saurait quoi faire. Dans vingt-quatre heures, le Dr Goldberg et elle auraient trouvé une solution.
Vingt-quatre heures, c'est pas la mort…
Hermione se tortilla sur son siège.
Et puis c'est pas comme si Draco lisait en moi comme dans un livre ouvert et allait remarquer en dix secondes chrono qu'un truc clochait…
Son front s'abattit lourdement sur le bois de la table, qui trembla.
Misère, encore vingt-quatre heures …
~o~
Bellatrix Lestrange se tortilla nerveusement dans le tailleur noir que son avocat lui avait fait porter pour l'occasion. Depuis sa condamnation à vingt ans de prison, onze ans plus tôt, elle n'avait pas eu l'occasion de porter des vêtements aussi serrés et avait l'impression d'étouffer. Du calme, Bella, respire… Il faut leur donner bonne impression…
« Leur » faisait référence à la rangée de magistrats en robes noires, tous assis en face d'elle dans la grande salle d'audience du Ministère de la magie. Une bande de sardines endimanchées, voilà ce qu'ils sont…, maugréa intérieurement Bellatrix, tandis qu'une autre petite voix dans sa tête ajoutait : Oui, mais des sardines qui ont ton destin entre les mains…
« Maître Stone, quelque chose à ajouter ? », demanda la Juge Bethany Svensson, Présidente du Magenmagot en se tournant vers l'avocate du Ministère public moldu.
Bellatrix suivit le regard de la Juge et observa la jeune avocate qui venait de se lever. Même du fond de sa cellule d'Azkaban, Bellatrix savait qui était Maître Aria Stone. Beaucoup de sorciers ne la portaient pas dans leur cœur car elle défendait farouchement les Moldus et leur bien-être dans ce nouveau monde mixte, mais Bellatrix ne pouvait se résoudre à la détester… Elle avait beau être une vulgaire moldue, cette fille avait tout de même œuvré (pour une raison inconnue) avec l'organisation des Droits de l'Homme pour retirer jusqu'au dernier Détraqueur d'Azkaban. Autrement dit, c'était grâce à elle que depuis quatre ans, les détenus de la prison magique avaient récupéré un semblant de dignité. Et rien que pour ça, Bellatrix lui était reconnaissante.
« En tant que représentante du public moldu, je ne vois aucun obstacle à la libération conditionnelle de la condamnée. Si elle respecte les exigences de sa libération anticipée, à savoir l'interdiction temporaire de pratiquer la magie, la volonté de se réintégrer socialement et professionnellement, et le contrôle mensuel auprès de son agent de probation, elle ne représentera aucune menace pour le monde Moldu et je ne peux donc m'opposer à cette demande », déclara Aria, bien droite sur ses talons hauts.
Bellatrix laissa échapper un petit soupir de soulagement et reporta son attention sur la Juge.
« Madame Lestrange », reprit la Juge Svensson. « Il est écrit dans votre dossier que vous serez logée dans un premier temps au domicile de votre sœur Narcissa Black, épouse Malfoy. Pensez-vous vraiment que cet environnement sorcier traditionnel sera idéal pour le respect de votre conditionnelle ? »
« Ce ne serait que temporaire, Votre Honneur », coassa Bellatrix en tentant de stabiliser sa voix tremblotante. « Grâce à ma formation technique à Azkaban, j'ai déjà reçu une promesse d'embauche dans un atelier de restauration de tapisseries et broderies anciennes. Il va de soi que dès que j'aurai mis un peu d'argent de côté, je m'installerai seule. Dans un appartement moldu », s'empressa-t-elle d'ajouter, les yeux baissés. Il est surtout hors de question que je supporte ce sale con de Lucius plus qu'il n'est nécessaire…, acheva-t-elle intérieurement.
La Juge sembla ravie de sa réponse et hocha la tête, tandis qu'à la table de droite, Aria Stone souriait d'un air satisfait. « Et si votre époux, Rodolphus Lestrange venait à vous contacter ? », reprit Svensson.
Bellatrix se raidit. Elle n'avait plus pensé à Rodolphus depuis … longtemps. Elle savait qu'il était en cavale et n'avait pas montré le bout de son nez depuis une décennie. Et pour être honnête, elle ne s'en portait pas plus mal. Maintenant que Voldemort était décédé, elle n'aurait pas de moyen d'échapper à ce mariage atroce si jamais Rodolphus revenait la trouver. Elle frémit à cette idée.
« Si Rodolphus se présentait à ma porte, Madame le Juge, je ne resterais pas en vie suffisamment longtemps pour vous en avertir… », répondit sombrement Bellatrix, tandis que Svensson fronçait les sourcils. « Mais si jamais il ne me tue pas, alors je ferai mon possible pour vous donner ce sale fils de pute », cracha-t-elle.
Du coin de l'œil, elle vit Aria Stone hausser les sourcils et lui jeter un regard appréciateur. La Juge ne sembla cependant pas aussi charmée par son langage peu châtié. « Mrs Lestrange, veuillez surveiller vos paroles. »
« Pardonnez-moi, Votre Honneur », s'excusa Bellatrix à mi-voix.
« Bien, cela étant dit… », la Juge soupira et réfléchit un instant. « Votre comportement a été exemplaire pendant ces onze années de réclusion. Vous avez suivi une formation professionnelle, vous avez accepté d'être suivie par le thérapeute de la prison, ainsi que de vous soumettre aux conditions de votre libération. Mais à la moindre violation de ces conditions, il va de soi que vous serez renvoyée à Azkaban jusqu'à la fin de votre peine, ce qui signifie encore neuf ans de réclusion. Avez-vous bien compris, Mrs Lestrange ? »
Bellatrix hocha la tête et répondit par l'affirmative. La Juge fit claquer son marteau sur son pupitre et annonça d'une voix forte. « La détenue Bellatrix Lestrange pourra donc quitter la prison d'Azkaban dimanche prochain, soit six jours à compter d'aujourd'hui, et reprendre une vie normale selon les conditions établies. Félicitations, Mrs Lestrange. »
Bellatrix esquissa un sourire triomphant et se tourna vers son avocat, un petit homme sec qui lui serra la main chaleureusement. Dans six jours, elle quitterait sa cellule. Elle pourrait reprendre sa vie là où elle l'avait laissée, quasiment trente ans auparavant, lorsque ses parents l'avaient forcée à épouser l'héritier des Lestrange. Enfin libre.
~o~
« Avant de nous quitter, revenons une dernière fois sur ce drame survenu sur les quais de la Tamise samedi dernier. Les derniers éléments de l'enquête auraient peut-être permis d'en savoir plus sur l'assassin de la petite Clara Lauren, huit ans, qu'un coup de folie aurait vraisemblablement poussé à commettre l'irréparable. Avec notre envoyé spécial à l'Institut Médico-Légal de Londres, James O'Hara. James, avez-vous pu en savoir plus sur les résultats de l'autopsie du meurtrier, Filip Mulligan ? », demanda la présentatrice du journal télévisé, Kristie Newton en se penchant en peu plus vers la caméra, les sourcils froncés.
« Tout à fait, Kristie », répondit l'envoyé spécial en appuyant sur son oreille pour maintenir son oreillette en place. Derrière lui, le sombre bâtiment de l'IML s'élevait dans le soleil couchant. « D'après l'inspecteur chargé de l'enquête, le meurtrier Filip Mulligan, récemment licencié pour faute grave, s'était depuis plusieurs mois plongé dans l'alcool, les drogues et la violence. L'homme écumait les bars chaque soir, prenant volontiers part à des pugilats et noyant sa misère dans l'alcool. Au moment des faits, le rapport toxicologique fait état de plus de 2 grammes 80 d'alcool par litre de sang, et signale également la présence de divers agents stupéfiants tels que le cannabis ou les opiacés. D'autres traces de diverses substances ont également été décelées mais de plus amples analyses doivent être réalisées par le laboratoire. Toujours est-il que c'est un homme instable et visiblement au bout du rouleau qui s'est acharné sur la petite Clara, pour une raison malheureusement inconnue et qui restera certainement un mystère, puisqu'abattu par les forces de l'ordre. »
« Alors, la question que tout le monde se pose est bien sûr : un tel drame aurait-il pu être évité ? Cet homme, s'il avait été pris en charge et suivi par des médecins aurait-il quand même agressé cette enfant ? », s'enquit la speakerine avec une expression grave.
L'envoyé spécial hocha la tête et esquissa une grimace. « En effet, et cette question est légitime. Il est certain que cet homme aurait dû être accompagné psychologiquement à la suite de son licenciement et ce drame n'aurait certainement pas eu lieu. Une enquête est actuellement en cours auprès de l'ex-entreprise du meurtrier, afin de déterminer la responsabilité éventuelle de ses employeurs ou des agents pour l'emploi qui l'ont pris en charge en vue d'une réinsertion professionnelle. Mais pour l'instant l'enquête suit son cours. A présent, le moment est au deuil, au recueillement et il va de soi que nos pensées vont sans hésiter à la famille de la petite Clara pour laquelle une marche blanche est organisée demain à partir de 15 h, depuis les lieux même du drame. »
« Merci, James O'Hara pour ces précisions sur l'affaire Mulligan », le remercia Kristie en se redressant sur son siège. Un sourire revint sur ses lèvres et elle reprit. « Et pour finir sur une note plus joyeuse, n'oubliez pas de rester sur BBC1 pour le grand évènement de la soirée, retransmis en direct depuis-
« Ecoutez, écoutez, ça va commencer ! », glapit Ginny en rebondissant sur le canapé, son verre de Martini blanc tanguant dangereusement dans sa main.
« Oui, oui, Ginny, on a entendu », marmonna Ron en levant les yeux au ciel. « Hermione ! », appela-t-il en se retournant en direction de la cuisine. « Il te reste des chips ? On est à sec, par ici ! Et sors de ta cuisine, ça va commencer ! »
Draco se tourna lui aussi en direction de la pièce, où Hermione avait disparu depuis quelques minutes déjà. Il avait su que quelque chose clochait à la seconde où il avait posé le pied dans la maison après le travail. Mais talonné par Blaise et Ron, il n'avait pas eu l'occasion de lui demander ce qui n'allait pas. Puis Ginny (seule !) était arrivée, juste avant Fred et George, lequel avait abandonné Angelina et les enfants à la maison. Tout ce beau monde s'était joyeusement installé dans le salon, le volume sonore avait augmenté proportionnellement à la quantité d'alcool et de gâteaux apéritifs ingurgités et ils n'avaient plus eu une seule minute pour eux deux. Puis Hermione, sous prétexte d'aller chercher une bouteille de vin, avait disparu dans la cuisine et n'avait pas repointé le bout de son nez depuis quatre ou cinq bonnes minutes. Draco se leva et traversa le salon pour rejoindre sa compagne. Celle-ci était adossée au plan de travail, devant l'évier, la bouteille encore fermée à la main et le regard perdu dans le vide.
« Hermione ? », l'interpella doucement Draco en plissant les yeux.
Aucune réaction. Il ne savait pas où était Hermione en ce moment, mais ce n'était certainement pas dans ce corps.
« Eh oh », tenta-t-il de nouveau en passant une main devant ses yeux.
La brunette sursauta et ses pupilles remuèrent nerveusement avant de se fixer sur le blond. Il lui sourit, soulagé de la voir revenir sur Terre.
« D-désolée, j'étais… ailleurs », répondit-elle en secouant la tête.
« J'ai vu ça… », ironisa-t-il en lui prenant la bouteille des mains, puis le tire-bouchon abandonné sur le comptoir. « Quelque chose ne va pas ? », reprit Draco en lui jetant un regard inquiet.
Presque rien. Théo est de retour au pays, il m'a fait un enfant dans le dos, ou plutôt dans le tube à essais, cet enfant semble me considérer comme le Messie en personne et je ne sais absolument pas comment t'en parler, mais à part ça rien à signaler…, répondit-elle intérieurement. Mais extérieurement, cela donna plutôt…
« Oh, tu sais… juste la rentrée qui me stresse un peu », mentit-elle avec un sourire forcé. « Mes grands débuts à Poudlard, tout ça… »
Draco lui adressa un regard lui indiquant qu'il ne croyait pas une seule seconde à son baratin. Il posa la bouteille maintenant ouverte sur la table, soupira et attira Hermione contre lui pour entourer sa taille de ses bras.
« Tu as reçu une visite de mon père, c'est ça ? Il t'a encore insultée ou humiliée ? », gronda-t-il tandis qu'Hermione lui jetait un regard surpris.
« Bien sûr que non, pourquoi ton père-
« Il est passé à l'agence, aujourd'hui… », répondit le blond. « Je l'ai légèrement envoyé chier. »
Hermione esquissa un sourire. « Eh bien, non, je n'ai pas eu de visite de ton père. Tu sembles le seul de nous deux à avoir eu cette chance… »
« Hip hip hip, hourra », lâcha Draco d'une voix neutre.
Cette fois, Hermione éclata de rire devant son air dépité, puis le dévisagea, les yeux brillants. Même après dix ans de relation, à chaque fois qu'il la faisait rire, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à leurs débuts. Avant même qu'ils ne réalisent qu'ils étaient attirés l'un vers l'autre, elle se souvenait de la manière dont il avait changé à ses yeux. Ses sourires odieux et narquois étaient devenus drôles, ses accès de colère étaient devenus touchants. Sa maladresse, une preuve d'affection. Ses caresses et ses paroles réconfortantes, un rempart contre le mal. Un rempart qui, elle l'espérait, restait encore aujourd'hui infranchissable.
« Quoi ? », fit Draco, mal à l'aise devant le regard énamouré d'Hermione. « Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
Le sourire d'Hermione s'élargit et elle haussa les épaules. « Rien. Je suis heureuse d'être avec toi, c'est tout. »
Quelque peu déstabilisé par cette soudaine démonstration d'affection, Docteur Malfoy prit le dessus sur Mister Draco et le blond se racla la gorge. « Tu dis n'importe quoi, je crois que tu as bu trop de vin… », grommela-t-il tandis qu'Hermione éclatait de rire, se dégageait de son étreinte et attrapait la bouteille ainsi qu'un paquet de chips au vol.
« Ou peut-être que c'est toi, qui n'a pas assez bu… », s'esclaffa-t-elle en quittant la cuisine.
Bon, j'ai réussi à détourner son attention cette fois…, pensa Hermione en posant la bouteille et les chips sur la table basse. Avec un peu de chance, demain soir, Isaac m'aura donné suffisamment de courage pour tout lui avouer. Une chose à la fois, Hermione.
« Ah, c'est pas trop tôt ! », s'exclama Ron en ouvrant illico le paquet de chips. « Vous étiez passés où ? J'ai cru mourir de faim. »
« Il fallait bouger tes fesses », rétorqua Ginny qui avait déjà terminé son quatrième martini de la soirée. Visiblement, l'absence d'enfants dans ses bras lui donnait une forte tendance à lever le coude plus vite. « Ils étaient sûrement partis faire des bébés », gloussa-t-elle tandis que Blaise la resservait en douce. S'il y avait bien une chose que Blaise adorait faire, c'était saoûler Ginny à son insu. Rien que pour le plaisir de voir Ron morigéner et surveiller sa sœur comme le lait sur le feu. Ça ne manqua pas, le rouquin lui adressa un regard furieux par-dessus le paquet de chips. Blaise esquissa un sourire narquois.
« Non, ça va aller, les bébés pour aujourd'hui », grommela Hermione en se laissant tomber sur le canapé, près de Fred.
« Si tu ne veux plus faire de bébés avec Draco, je veux bien me sacrifier », railla Fred en passant un bras par-dessus les épaules d'Hermione.
Non mais quel dragueur, celui-là, soupira intérieurement Hermione en levant les yeux au ciel.
« Hé, le clone, si tu n'ôtes pas ce bras dans les trois secondes, je fais de toi le deuxième jumeau éclopé de la famille Weasley », gronda Draco en le fusillant du regard.
« Je ne suis pas éclopé », protesta George en désignant du doigt son oreille atrophiée pendant l'exfiltration d'Harry de chez les Dursleys. « Je suis handicapé auditif. »
« C'est marrant, j'aurais dit handicapé tout court, moi… », railla Ron en avalant une poignée de chips.
Une musique se fit soudain entendre dans le poste de télévision et Ginny poussa de nouveaux cris stridents. « Ca y est, ça y est, ça y est ! »
Hermione éclata de rire et reporta son attention sur l'écran.
« Bonsoir à tous, chers téléspectateurs de BBC1 et bienvenue sur ce magnifique Aviva Stadium de Dublin, où va se disputer ce soir le match d'ouverture de la saison de Ligue de Quidditch, pour la première fois retransmis à la télévision ! », annonça le commentateur Tony Costa, filmé depuis les tribunes.
« BONSOIR DUBLIIIIIIIIN ! », beugla Ginny, qui ne se retenait plus.
« Hmm, ça y est, je crois que j'ai perdu l'autre », marmonna George en grattant l'intérieur de son oreille intacte avec son petit doigt. Blaise éclata de rire tandis que Ginny assenait une grande tape sur la cuisse de son frère.
« Et pour ouvrir cette saison de Quidditch, une rencontre au sommet entre les Pies de Montrose, 32 victoires en Ligue de Grande-Bretagne et d'Irlande et 2 victoires en Championnat d'Europe, et les Tornades de Tutshill, régulièrement champions de cette Ligue depuis 1995 ! », reprit le commentateur avec entrain. « Outre sa retransmission à la télévision, ce match comporte également d'autres grands changements, n'est-ce pas Ludo ? »
Ludo Verpey, ex-batteur des Frelons de Wimbourne dans les années 80 et aujourd'hui à la retraite, se tourna à son tour vers la caméra et hocha la tête en souriant. « Tout à fait, Tony ! D'une part parce qu'il s'agit du premier match comptant des moldus parmi ses joueurs. Depuis que nos communautés sont mélangées, les Moldus se sont pris de passion pour notre sport fétiche et depuis maintenant quatre ans, ils se sont vus ouvrir les portes des stades, grâce à des balais spécialement conçus pour eux par Magicboard, Inc. Mais s'ils n'apparaissaient jusqu'alors qu'en Ligue 2, c'est aujourd'hui la première fois que deux joueurs moldus disputeront un match de cette envergure. »
« Et il y a une autre première fois, si je ne m'abuse ? », fit Tony Costa avec un sourire racoleur.
« OUIIII OUIIII OUIIII ! », hurla Ginny à pleins poumons.
« Et pas des moindres ! », approuva Ludo en acquiesçant. « Il s'agit effectivement du premier match du grand Attrapeur Harry Potter chez les Pies de Montrose, puisqu'il a rejoint l'équipe cet été après neuf années de bons et loyaux services avec les Canons de Chudley ! »
« Eh oui, les Canons ! », plaisanta Tony en adressant un clin d'œil à la caméra. « Vous vous étiez habitués à gagner ces dernières années, maintenant il va falloir vous réhabituer à perdre. »
Les deux commentateurs éclatèrent de rire et se tournèrent vers l'intérieur du stade bondé. « Bien, en attendant le coup d'envoi, voici un petit schéma de la composition de nos deux équipes. En noir et blanc, les Pies et en bleu ciel, les Tornades. »
Hermione sourit en voyant la petite icône représentant Harry s'afficher sur l'écran. Le commentateur avait dit : le grand Attrapeur Harry Potter. Pas Le-garçon-qui-avait-survécu, ni Celui-qui-nous-a-débarrassé-le-plancher-du-grand-méchant-Voldemort, ni Le Survivant. Hermione se sentit immensément heureuse pour son meilleur ami. Pour ce soir, il était véritablement célèbre pour ce qu'il faisait de mieux et non à cause de sa cicatrice ou de son combat contre le Seigneur des Ténèbres. Il était juste Harry Potter, l'un des meilleurs Attrapeurs de sa génération.
Un coup de sifflet retentit via les haut-parleurs du téléviseur. Le coup d'envoi du premier match de Quidditch retransmis en direct à la télé venait d'être lancé.
~o~
« Non mais je rêve ! C'est à cette heure-ci que tu rentres ? », vociféra sa mère lorsqu'il passa le pas de la porte. « Où tu étais passé, hein ? Ah, tu pues le cannabis… tu t'es encore drogué avec les racailles qui te servent d'amis ? »
Et voilà, c'était reparti. Comme chaque soir, à peine Justin avait-il posé le pied dans sa maison qu'une tempête de hurlements s'abattait sur lui. Lui, le drogué, le « bon à rien », le « je-m'en-foutiste », le « zéro ». 17 ans à peine et déjà plus d'avenir, voilà ce que ses parents ne se privaient pas de lui jeter à la figure. Et Justin savait que ce qu'ils disaient dans son dos était encore pire. Pas étonnant qu'il rentre de plus en plus tard dans cette foutue baraque.
Ignorant sa mère, il traversa le vestibule de leur petite maison côtière de Southampton et se dirigea vers les escaliers qui menaient à sa chambre.
« Où est-ce que tu vas, je te parle ! », aboya aussitôt sa mère, avant de ricaner amèrement. « Non, ne me dis rien, tu vas encore passer la nuit sur tes maudits jeux vidéo. Tu vas finir complètement abruti si tu n'arrêtes pas ces horreurs ! Ce n'est pas sur ton fichu ordinateur ou sur ta PlayStation que tu vas trouver du travail ou une formation utile ! Même ton petit frère sait que ces machins sont stupides ! »
Justin pinça les lèvres et commença à grimper les marches. Il avait l'habitude des remontrances. Ça faisait six ans qu'il ne connaissait plus que ça. Depuis que ce sale petit con est né.
« JUSTIN ! REVIENS ICI TOUT DE SUITE ! », s'égosilla sa mère depuis le rez-de-chaussée. Mais il avait atteint sa chambre et claqué la porte derrière lui. Se laissant tomber sur son fauteuil de bureau, l'adolescent ouvrit sa session Steam. Deux de ses amis étaient déjà en train de jouer en ligne, trucidant des zombies par milliers. Left for Dead, voilà qui sera parfait pour me défouler un peu…
Les jeux violents n'étaient pourtant pas sa grande passion. Il préférait de loin les RPG, où il incarnait tour à tour un nain brutal, un mage puissant ou encore un chevalier en armure volant au secours de la veuve et de l'orphelin. Mais rien que pour donner raison à sa traîtresse de mère, il pouvait passer des heures à hacher menu du cadavre ambulant sur son ordi.
« Salut Marl', salut Dark », fit-il d'une voix morose en enfilant son casque.
« Salut Ju' », répondit Marley, en s'engouffrant dans un refuge, bientôt suivi de Johnny, aka DarkAngel666. « Grouiiiille ferme la porte, putain ! Y'a des zombies qui nous suivent ! »
« C'est bon, craque pas ton slip, je ferme… », protesta l'autre joueur avant de répondre lui aussi à Justin. « Salut Dju, la forme ? »
« Mouais… »
« Ta mère t'a encore pris la tête ? », s'esclaffa Marley tout en faisant le plein de munitions, de kits de soin et d'armes. « En même temps, tu cherches, mec. Il est quasiment une heure du mat'. T'étais où ? »
« J'étais avec Tom, on s'est posé sur le parking du centre commercial… », répondit Justin. « Et puis des potes à lui nous ont rejoint, des gars que je connaissais pas. L'ambiance a changé, je suis parti… »
« Ouais, vous avez encore chargé, quoi… », s'esclaffa Dark en rouvrant la porte de sortie de l'abri.
« Non, on a un peu fumé, pris quelques pilules, normal quoi… », marmonna Justin, les yeux déjà rivés sur la partie qu'il venait de rejoindre enfin.
« Fais gaffe, un Boomer près du hangar… », l'avertit Marley, tandis que Justin prenait un malin plaisir à faire exploser le zombie obèse, projetant une gerbe de suc verdâtre et gluant tout autour de lui.
Les trois garçons s'esclaffèrent. L'explosion d'un boomer était toujours un grand moment de joie. Les avatars de Marley et Dark partirent en avant et ce n'est qu'après avoir contourné un bâtiment qu'ils s'aperçurent qu'il manquait le troisième joueur. Revenant en arrière, ils virent que l'avatar de Justin s'était figé, en plein milieu du village fictif.
« Justin, qu'est-ce que tu fous, t'avances ou quoi ? », l'appela Marl dans son micro-casque. Mais il n'obtint pas de réponse.
« Il est afk… », maugréa Dark en soupirant. « C'était bien la peine de rejoindre la partie… Quand tu veux, tu reviens, mec… »
Mais les deux gamers attendirent longtemps le retour de leur ami. Celui-ci avait quitté son écran d'ordinateur en pleine partie, le front couvert de sueur. D'un pas mécanique, il s'était levé de son fauteuil, avait ouvert la porte de sa chambre puis était redescendu au rez-de-chaussée, pour ouvrir lentement le placard situé sous l'escalier.
Sa main se referma sur le manche du fusil Winchester à canon superposé de son grand père, puis sur les cartouches rangées dans un petit sac kaki. Il glissa deux cartouches à l'intérieur de l'arme et remonta d'un pas mesuré à l'étage. Dans la cuisine, sa mère ne remarqua même pas son passage.
Poussant la porte de la chambre de son frère, ce petit con qui lui pourrissait la vie depuis maintenant six ans, il se planta au pied du lit et leva lentement le canon.
Le premier coup fit exploser le crâne de l'enfant paisiblement endormi, projetant une gerbe de sang et de matière grise sur la couette Mickey, sur les toupies Beyblade abandonnées sur la table de chevet et sur le poster représentant des chevaux accroché au-dessus du lit.
Au rez-de chaussée, Mr et Mrs Strong sursautèrent et levèrent les yeux en direction de l'étage. C'est ensemble qu'ils s'élancèrent dans les escaliers, ensemble encore qu'ils coururent jusqu'à la chambre de leur fils cadet, Bradley, et ensemble toujours qu'ils en poussèrent la porte. Juste à temps pour voir leur fils aîné enfoncer le manche du fusil sur la couette rougie de sang, se pencher en avant pour mettre le canon dans sa bouche… et tirer.
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Ouiii, oui, je sais encore une fin de chapitre qui fait froid dans le dos. Mais allez, y'a plein d'indices dedans, ça devient presque EVIDENT, là ! XD
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, les explications de Théo, le dilemme d'Hermione et la session Ginny torchée avant le match…
J'ai hâte d'avoir vos reviews ! En attendant, je vous fais des gros bisous et je vous dis à lundi prochain !
Xérès
